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Full text of "Les sources inédites de l'histoire du Maroc de 1530 à 1845"

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University of Ottawa 



littp://www.arcliive.org/details/s1 p1 Iessourcesindi04cast 



LES 

SOURCES INÉDITES 

DE 

L'HISTOIRE DU MAROC 



PREMIÈRE SÉRIE — DYNASTIE SAADIENNE 

COLLECTION DE LETTRES. DOCUMENTS ET MEMOIRES 

ESPAGNE 




FAC-Sl.MIl.l 
DE l'Atlas m. Mercai 



PI. I 




NE CARTE 
Amsterdam en 1607. 



PUBLICATIONS DE LA SECTION HISTORIQUE DU MAROC 



LES 



SOURCES INÉDITES 



L'HISTOIRE DU MAROC 



Le L'-Golonel H. DE CASTRIES 
ARCHIVES ET BIBLIOTHÈQUES D'ESPAGNE 

V, ^ 

TOME I 



History cannot be writtenfrom manuscripU 

MUK PATtlSOU. 




PARIS 
EDITIONS ERNEST LEROUX 

28, RUE BONAPARTE, 38 



MADRID 
RUIZ HERMANOS 

l3, PLAZA DK SANTA ANA, l3 



I92I 



(^- f 

v;4. 
h I 




ONT COLLABORÉ A CE VOLUME 



MM. Léon Bogaert.' 

André Dreux, archiviste paléographe. 

Gilbert Jacqueton — 

Albert Mousset — 
Jean Régné — 



INTRODUCTION 



MELILLA AL XVP SIÈCLE 

Il ne pouvait être question pour l'Espagne, alors qu'elle luttait 
pour reconquérir son propre sol et en expulser l'envahisseur 
musulman, de s'engager dans des entreprises africaines. Mais, le 
2 janvier 1A92, Grenade succombait, le dernier royaume maure 
de la péninsule disparaissait. Ferdinand et Isabelle eurent à cœur 
de continuer leur croisade pour atteindre au delà de la Méditer- 
ranée ces infidèles qui étaient venus si souvent au secours de leurs 
frères d'Espagne'. Dans l'exécution de ce dessein qui affermissait 
la paix, tout en contribuant à la gloire de Dieu et du pays, la 
noblesse seconda les Rois Catholiques par sa généreuse initiative '\ 

Déjà plusieurs expéditions avaient été faites sur les cotes maro- 
caines par des arraez espagnols ; le sultan ouattasside Mohammed 
ech-Cheikh, qui régnait à Fez, avait même envoyé, en 1^85, une 
ambassade aux Rois Catholiques pour demander que les capitaines 
espagnols s'abstinssent de coups de main sur ses sujets ^ L'auteur 

1. Lors du siège de Malaga par les Rois la union de los Reinos de Castilla y de Ara- 
Callioliqucs, en 1^87, des indigènes de la rjon, t. I, p. 62. 

tribu des Ghomara prirent pari à la dépense 3. Cette ambassade ouallasside amenait 

de la ville. Hekna.ndo DEL Pui.GA.B, Crontca au roi Ferdinand, comme présent, des 

de los Seûores Rey es Calolicos. paTl.lU, cap. chevaux avec leur harnachement; elle 

'Jl^,apud RiyA.DE^E\R\, Bibtioleca de aiitores apportait à la reine Isabelle des étoffes de 

espanoles, t. L\X, pp. 223-53i. soie et des parfums. Les souverains espa- 

2. Si les chroniques ou histoires gêné- gnols accordèrent au roi de Fez ce qu'il 
raies ne relatent pas certaines de ces expé- demandait, sous la condition que ses sujets 
dilions africaines, c'est qu'elles étaient le ne feraient pas la guerre aux Chrétiens et 
fait d'initiatives particulières et que la n'enverraient pas de secours aux rois mau- 
Couronne n'y avait aucune part. Cesakeo res d'Espagne. Herxando del Pclcar, 
Fernandez Duro, Armada espanola desde part. 111, cap. ^o. 

De Castries. X. — a 



IT 



INTRODUCTION 



anonvme des Memoriales^ relate les descentes qu'ils faisaient à 
Casa del Caballero^, aux îles Mezemma (Albouzèmes) '. à Tagaza*, 
à Fedala et à La Mamora '" : il n'indique pas les dates de ces 
razzias, dans lesquelles Ion pillait quelques douars et l'on capturait 
plusieurs centaines d'esclaves, mais, d'après Tordre chronologique 
de son récit, elles doivent se placer entre 1A79 ^^ 1^90. En i/igS 
et 1^9^, Lezcano et Lorenzo de Zafra ^ visitèrent plusieurs lois le 
littoral méditerranéen du Maghreb à 1 Ouest de l'embouchure de la 
Tafna. Toute la côte reconnue par eux était habitée par des tribus 
remuantes, sur le territoire desquelles les sultans abd el-ouadites 
ou mérinides avaient installé des postes fortifiés : Honeïn ', Taount^ 
Tabaha^it^ Melilla'", Cacaca". Tazouta '% etc. Des caïds officiels v 



1 . Memoriales y nombres de capitanes para 
la guerra de allende, publié par Jimenfz de 
LA. EsPADA, La guerra del Moro, dans Bole- 
lin de la Real Academia de la Historia, t. 
X\V. pp. 17/1-181. 

2. V. ibidem, p. 176. Sur ce point, V. 
j''' Série, Lrance, l. Il, p. 262 el note i. 

3. ^ . Memoriales..., p. 180. 

1. V. ibidem. Au xvi* siècle, Tagaza l'Iail 
le nom de deux localités voisines, Tune sur 
le bord de la mer, l'autre sur la hauteur, 
situées à 5 lieues à TEst de Targa et à une 
lieue à l'Ouest du Castel de Pescadores 
(Ras Djebba). Les deux loralilés avai' nt 
ensemble 3oo liabitants. Relacion de la costa 
de allende. par le commandeur Juan fiav- 
lan, publiée par Villa-Amil y Castro, 
dans le Bolelin de la Sociedad Geograjlca de 
Madrid, t. VII ((87(1), p. l5o. 

5. Sur les descentes à Fedala et à La 
Mamora, V. les Memorinles.. , p. 180. 

6. Xeveu du secrétaire Fernando de 
Zafra. V. infra, p. m, noie 3. 

7. Port à 3o kilomètres à lEsl de 
Nemnurs, cpii desservait au moyen âge 
r()rnn:e, et parlicuiii rcment la réirion de 
'1 lcmc<-n ; il lut supplanté par Oran. Les 
Espagnols l'iircuptTciil eu i.'i.'^i et Téva- 
ru'rcnt en 1034- 

>!. Sur une colline ."i 1 kilnDii'Irc ii l'K'-l 
d.- N'inours. (if Kl-15ikiii. p. ii'i2 de la 



traduction Mac Glcki.n de Si.ane (nou- 
velle édition). 

9. Cette localili', dont le nom signifiait 
« la maritime », servait de port à Taount. 
Elle était située un peu à rOuesl de 
Nemours. Cf. El-Bfkri, p. 176. 

10. Sur la position el l'histoire delà ville 
maure de Melilla, V. infra. pp. vi-viii. 
La graphie correrte serait Melila, Irans- 

cripti.in de «dJ,*, mais on rencontre ipwl- 

quefois aJLL*, qui a donné Melilla. 

ir. Les ruines de la ville de («içaça et 
celles de la forteresse espagnole ont été 
retrouvées sur une colline, près de la plage 
d'Igsasen (forme berbère de Caçaça), par 
M. Rafaël Fernandez de Caslro y Pedrera. 
Auparavant, dès 1910, le commandant 
Baigorri avait signalé des vestiges de 
constructions sur la pente de la colline. 
Xous devons à la bienveillance du général 
Berenguer, haut commissaire d'Espagne 
au Maroc, ces renseignement*, qui nous 
avaient manqué pour l'appareil critique du 
présent volume el nous avaient fait hésiter 
entre deux soluli(jns pour l'idontillration 
de Caçaça (V. p. ('t2, noie i). — Sur cette 
\ille, V. aussi infra, pp. vu, viii el note i. 

11. Kasba dont les mines se trouvent 
dans le massif monla::neu.\ du Goumuu'ou, 



INTRODUCTION 



III 



résidaient avec de faibles garnisons, mal ravitaillées et plus mal 
payées ; bien loin de commander aux tribus, ils étaient le plus 
souvent prisonniers de leurs administrés ; leur situation était des 
plus précaires '. Aussi le projet de démanteler toutes les forteresses 
de la côte et* de replier les garnisons dans lintérieur avait-il été 
envisagé ". 

Au retour de leur mission, Le/xano et Lorenzo de Zafra rappor- 
tèrent que les tribus de la côte méditerranéenne, désireuses de 
secouer le joug de Fez aussi bien que celui de Tlemcen, parais- 
saient disposées à livrer aux Rois Catlioliques les places situées sur 
leur territoire. « Tout le pays d'outre-mer, écrivait Fernando de 
Zafra ', est dans un tel état d'esprit qu'il semble que Dieu veuille 
le donnera Leurs Altesses*. » Parmi ces places, il en était une, 
Melilla, qui venait de se mettre en révolte ouverte contre le souve- 
rain de Fez ; elle avait chassé son caïd et proclamé son indépen- 
dance. Ses habitants oITraient de livrer leur ville à l'Espagne. 
« Par Melilla, écrivait Fernando de Zafra. on se rendrait facilement 
maître de Caçaça et de toute la presqu'île. » Il insistait pour quo 
1 on profitât de l'occasion, car, ù son avis, la question de savoir si 
Melilla et Caçaça faisaient ou non partie du royaume de Fez ne 
se poserait pas, le pays jouissant en fait d'une indépendance 
complète. 



à environ 8 kilomètres au Siid-Esl de 
Caçaç.i. — Sur Tazoula, \ . InJ'rn, pp. 
V cl vi:-viii. 

1. Sur la situation j)oliti(jue de celle 
région à la fin du xv* siècle, V. les lettres 
de Fernando de Zafra aux Rois Catholi- 
ques, ligS-iig'i, publiét's dans !a Coleccion 
de Doruiitenlos ineditos, t. \I, pp. /ifii- 
571, XIV, pp. 462-5o4 ft LI. pp. ^6-109. 

2. « De la parte de Fez dicen cfue estan 
de acuerdo de dcrribar todas las forlalezas 
de la Costa, y metersc en la licrra adentro, 
porque dcsta manera dicen que piensan 
tener algun remcdio conlra las fuerzas de 
\'^^ Altezas. » Lettre de Fernando de 
Zafra aux Rois Catholiques, 1^ janvier 
[iig4]. Coleccion de Docuinentns ineditos. t. 
LI, p. 73. 



3. Secrétaire du Conseil des Rois Catho- 
liques, il fut charge, après la prise de Gre- 
nade en 1492, de surveiller le passage en 
Afrique des Maures exilés. Sa correspon- 
dance avec les Rois Catholiques a été 
publiée. V. supra, note 1. En i5o5, il fut 
procureiu" de Grenade aux Cortès de Toro, 
qui acconlèr ni au roi Fenlinand le gouver- 
nemcnl de (bastille. (_^ubita, Historiadel liev 
Don Ilcrnando cl llnlholuo, hh. \ I, cap. 3. 

l\. « Toda la tierra de allende esta de 
manera que paresco que Dios milap^rosa- 
mente (a el sean dadas muchas gracias) 
con su mano poderosa e piadosa la quiere 
dar para su servicio v a V'^* .\Uezas. » 
Lettre de Fernando de Zafra aux Rois 
Catholiques, 26 avril il\^'\. Coleccion df 
Documentas ineditos, t. LI, p. 90. 



jy INTRODUCTION 

Cependant le Portugal avait pris ombrage des entreprises des 
capitaines espagnols sur la côte rifaine. La cour de Lisbonne sou- 
tenait que Melilla et Caçaça faisaient partie du royaume de Fez* et 
étaient, par conséquent, « de la conquête du Portugal », d'après 
le traité d'Alcaçovas (f\ septembre 1/479 "0- Le règlement de cette 
contestation fut soumis auv plénipotentiaires des deux Couronnes 
réunis à Tordesillas (juin i/ig/i) pour statuer sur d'aulres litiges. 
Par le traité de Tordesillas (7 juin) \ il fut admis que la limite entre 
les royaumes de Fez et de Tlemcen passait à l'Est des deux villes 
contestées, ce qui revenait à en reconnaître la légitime possession 
au Portugal. Toutefois le roi Jean II consentit à céder à l'Espagne 
ses droits sur Melilla et Caçaça, à la condition qu'interdiction serait 
faite aux sujets espagnols d'aller en pêche au delà du cap Bojador. 

La consécration papale vint mettre le sceau à cet arrangement ; 
par une première bulle du 1 2 novembre i /Ig/i, le pape Alexandre VI 
requit tous les fidèles d'assister de leurs personnes et de leurs biens 
les souverains espagnols, et, par une seconde du i3 février i/igS, il 
conféra à Ferdinand et à Isabelle l'investiture des royaumes et 
seigneuries à conquérir en Afrique. 

Toutsemblaitprêt en Espagne pour la croisade africaine, quandles 
affaires deNaples vinrent détourner l'attention des Rois Catholiques. 
Avertis des armements que faisait le roi de France Charles VIII 
pour revendiquer les droits qu'il prétendait avoir sur le royaume de 
Naples, ils lui dépêchèrent Alonso de Silva. Cet ambassadeur 
devait amener Charles VIII à soumettre ses prétentions à un arbi- 
trage et lui suggérer en môme temps d'employer les forces qu'il 
avait rassemblées à une expédition africaine. Le roi de France aurait 
gardé pour lui les conquêtes qu'il ferait en Afrique, bien que ces 

1. Par cette expression, il faut entendre royaume de Fez. On en trouvera aussi quel- 
ici le Maroc tout entier. ques clauses dans Alguns documentos do 

2. Il y a 3 traités d'Alcaçovas entre Archiva Nncional da Torre do Tombo, Lis- 
l'Espagne et le Portugal, tous conclus le bonne, i8(j2, jip. 4 2-43. 

nnômc jour. Ils n'ont jamais été publiés en 3. Il y a deux traités de même date 

entier, V. dans Santauem, Quadro clcmen- signés à Tordesillas, l'un sur les îles et terres 

inr dus relaçûes polilicas e diplomalicas de de la mer Océane, l'autre sur les limites du 

Pùrluijal com as diversas potencias do mundo, royaume de Fez. Le texte de ce dernier a 

t. II, pp. 3()S-378, un résumé du traité été public in extenso dans Alguns docu- 

rchilif à la Guinée, aux Canaries et au mentos..., pp. 80-90. 



INTRODUCTION V 

territoires fussent dévolus à l'Espagne par le traité de Tordesillas et 
l'investiture pontificale. Charles VIII rejeta les propositions de 
l'ambassadeur espagnol (20 juillet i/JQÔ) et le traita « d'une 
façon si outrageante que des ennemis eux-mêmes n'eussent pas agi 
plus mal' ». 

En septembre 1/497, ^^o^'s cjue la question de Naples ne donnait 
plus de préoccupations, on apprit en Espagne que les Maures, à la 
suite de dissensions, avaient évacué Melilla. Ordre fut aussitôt 
donné par le roi Ferdinand à D. Juan de Guzman, duc de Medina- 
Sidonia, de faire occuper la ville ^. Le Duc fit partir pour cette opé- 
ration la flotte qui s armait à Gibraltar, en vue du deuxième voyage 
de Christophe Colomb, et il confia à Pedro Estopinan la conduite 
de l'entreprise. Le débarquement se fit sans difficultés ; on trouva 
la ville abandonnée et à moitié détruite. Le roi de Fez, Mohammed 
ech-Cheikh, qui avait été prévenu de cette expédition, avait 
envoyé un grand nombre de cavaliers sous les ordres du caïd 
El-Attar, avec mission de s'opposer à l'installation des Chrétiens 
dans Melilla ; mais ces contingents, après avoir été tenus en respect 
par l'artillerie du Duc, furent contraints de se replier dans la 
vallée des Bottouia. Mohammed ech-Cheikh prescrivit alors au 
caïd El-Attar de renforcer les garnisons de Caçaça, de Tazouta et 
des autres places voisines \ d'où l'on pourrait harceler les Espagnols 
de Melilla. Les forces espagnoles levées par le Duc se composaient 
de 3 000 fantassins, de 200 lances et d'une nombreuse artillerie. 
Les frais de l'expédition s'élevèrent à 82000 ducats; ils furent 
remboursés par les Rois Catholiques au duc de Medina-Sido- 

I. Mûmoire sur ce qui s'est passé entre de Documentos inedilos, t. ^III, pp. 1-267; 

Ferdinand et Isabelle et le roi de France. Pedro de Médina, Cronicade los miiy exce- 

Simancas, Estado, Tratados con Inglalerra. lentes senores dugues de Médina Sidonia, dans 

Lecjajo 2 Coleccion de Documentosineditos. t. W\l\, 

3. Sur l'occupation de Melilla par les pp. 317-821; Gironi.mo Çitrit.v, Historia 

Espagnols, V. Axdrfs Bernaldez, Cro- del Rcy D. Hernando el CalhoUco, lib. III, 

nica de los Reyes de Caslilla Don Fernando cap. 16. 

y Doha Isabel, cap. i56 ; Alonso de 3. « Y fortificaron los Mores a Caçaça, 

EsTANQUES, Chronica de los Reyes Don para tener en ella la principal guarnicion ; 

Fernando i Doha Isabel, cap 38. (Brilish y a Tezota, Motabel y Alcala, que eran 

Muséum, Add. mss., 20816); Lokenzo de lugares fuerlcs y muy vezinos de Melilla, 

Padilla, Cronica de Don Felipe I, llamado y junto al pic de la sierra ». Gerommo 

el Hermoso, lib. I, cap. la, dans Coleccion Çurita, loc. cit. 



VI 



INTRODUCTION 



nia ' ; la lieutenance de la ville de Melilla lui fut concédée à lui et 
à ses descendants. 

Que valait cette place africaine qui détournait momentanément 
le roi Ferdinand « des choses de l'Inde », au grand désespoir de 
l'amiral Christophe Colomb'? 



LA FRONTERA DE MELILLA' 

Les géographes El-Bekri et El-Edrisi nous représentent Melilla 
au XI* et au xii' siècle comme « une ville environnée de murailles, 
renfermant une citadelle très forte, une mosquée, un bain el 
quelques bazars' ». Le compilateur du Kitab el-htibqar, qui 
écrivait en 119 1 (Hég. 587), reproduit à peu près cette description. 
Mais les géographes arabes — et Léon l'Africain ne fait pas excep- 
tion — sont enclins à une grande exagération ; ils donnent volon- 
tiers le nom de ville à toute kasba entourée de quelques échoppes 
d'artisans. Le témoignage des historiens est moins sujet à caution, 
et l'on peut apprécier l'importance géographique ou politique d'une 



I. Pedro de Médina, le chroniqueur tic 
la maison de Medina-Sidonia, et Makmol, 
dans sa Descripcion yeneral de Africa (lib. 
W , cap. 91, f. i53) placent roccupalion de 
Melilla en septembre i^QÔ, et celte date 
erronée est reproduite par Morales (Datas 
para la hisloria de Melilla, p. 21 et note i). 
La date, septembre i497, est établie par les 
témoignages concordants des chroniqueurs 
des Rois Catholiques Bernaldez, Estan- 
«<UES et ÇuRiTA ; elle l'est aussi d'une façon 
authentique, par un passage d'une lettre 
des Rois Catholiques au duc do Medina- 
Sidonia du 18 octobre 1^97, oîi il est dit 
que la nouvelle de la prise de Melilla a 
CDiilribué à calmer la douleur qu'ils resscii- 
Inienl de la mort de l'infant Don Juan. Cf. 
Coleccionde Dociimenlos inedilos, t. XXXVI, 
pp. 468-4fi9. 

a. ÇuRITA, loc. cit. 

3. Dans le présent ^olume, on a supprimé 
à rlesscin les lettres et mémoires relatifs à 



l'administration et à la vie intérieure de 
Melilla, comme ne présentant pas un inté- 
rêt immédiat pour l'histoire du Maroc. 
Pour la même raison, on a retranché dans 
les documents publiés les passages de 
même nature. Aussi se réfèrc-t-on, dans les 
notes qui suivent, aux cotes des Archives 
de Simancas, même lorsqu'il s'agit de docu- 
ments publiés dans le volume. 



»^\>- Ss 



.* \,,^ j <»jU i.oî lU-b j 



tj\ yJ^i aL-s- j-El Rekri, a^-éd., p. AA ; 
Traduction Mac Gickin de Slane, p. 178. 

J»-« OO 'Ua.-Jl^ 4jL,a^ 4Jl)-k.« il L« 4.1) Jt« i 
■ Cj^ 3 )«~u« — El-Ei>kism, 



r-. 



\ Y \ ; Trad., p. aoô. 



INTRODUCTIO' VII 

localité, d après le nombre de fois où son nom revient dans 
l'histoire. Si tant est que Meliila au xi* et au xif siècle ait répondu 
à la description d'El-Bekri, il est certain que cette ville avait dû 
déchoir considérablement depuis lors. Ibn Khaldoùn, dans sa 
monumentale histoire des Berbères, n en fait mention qu'une seule 
fois: le sultan Abou Youssef Yacoub (1258-1286), rapporte cet 
historien, revenant en août 1272 d'une expédition sur la cùte nord 
du Maghreb, a s'empara de Meliila, forteresse située sur le littoral 
du Rif ». Aucun mouvement maritime n'y est signalé. Le port 
important du Rif à cette époque est Caçaça. C'est là que pendant 
les années 1292 et I2y3, alors que le sultan mérinide Abou\acoub 
\oussef (i286-i3o~) est occupé au siège de Tazouta. débarquent 
successivement une flottille amenant une ambassade du roi de 
Grenade Ibn el-Ahmar. une députation de Génois chargée d offrir 
au souverain de magnifiques présents, les envoyés du roi de Por- 
tugal et du roi d Aragon". En i328. Abou Zakaria, fils du sultan 
hafside Abou ^ahia. venant demander l'appui des Mérinides, aborde 
à Caçaça, et de là se rend à Fez pour conférer avec le sultan Abou 
Saïd (i3io-i33i). A la suite de cette mission, un mariage est 
conclu entre le prince Abou el-Hassen, fils d'Abou Saïd, et une 
fille du sultan Abou Yahia : la princesse hafside arrive en i33o au 
port de Caçaça et y débarque, accompagnée d'une suite nombreuse '. 
Après le désastre de Cairouan (10 avril i348), une révolte ayant 
éclaté à Fez. le gouverneur des provinces mérinides d'Espagne, 
Aïssa ben el-Hassen. traverse le détroit et gagne Caçaça, d'où il se 
rend à Taza*. En 13^5, le vizir Ibn el-Ghazzi, ayant excité les 
soupçons du sultan Abou el-Abbas Ahmed (i 37^-1 38^), est conduit 
à Caçaça et de là embarqué pour Mayorque ; après quelques mois 
de disgrâce, il revient à Caçaça, dont il est nommé gouverneur'. 
Meliila n'a pas un semblable passé ; elle n'apparaîtra, jusqu'à la fin 



I ^ ,14 étaient de? oiseaux qui chantaient au moyen 

'• ^iJ^ J^^ '^^■^ ir^T ^^ f d'un mécanisme. Cf. Rowih el-Ka/tas. 

Trad. Beaumier, pp. 53g-54i, et Ibn 

Ibn Khaldoùn. texte arabe, t. II, p. T AY Khaldol-.n, t. IV, p. i36. 

Trad. M. G. DE Sl\>e, t. IV, p. 62. 3. Ib.n KHXLDot.v, t. IV, pp. ao8-aio. 

a. Parmi les présents apportés par les 4. V. ibidem, p. 3o8. 

Génois figurait un arbre en or, sur lequel 5. \. ibidem, p. ^16. 



VUI INTRODUCTION 

du xv' siècle, que comme une place médiocre, commandée par des 
caïds dontla fidélité est plus ou moins douteuse. Toute l'attention 
des Béni Merin est concentrée sur le port de Caçaça, ainsi que sur 
Tazouta, qui le commande et le protège. L'occupation de Melilla 
par l'Espagne allait inverser cette situation et faire perdre à Caçaça 
son importance, en attendant le jour prochain oii cette ville allait 
elle-même devenir un fief de la maison de Medina-Sidonia*. 

Les troupes débarquées à Melilla s installèrent dans l'enceinte de 
la ville indigène. Celle-ci était construite au pied de la hauteur ou 
padrastro de la Horca, d'oii 1 on dominait au Sud une étendue maré- 
cageuse et le promontoire sur lequel allait bientôt s'élever la 
nouvelle Melilla. Entre ce promontoire et la côte marécageuse, on 
voyait une crique où pouvaient mouiller les navires ; au Nord du 
promontoire se trouvait une anse étroite et allongée connue sous le 
nom de Caleta de los Galapagos. Ce fut dans la ville indigène que 
s'élevèrent les premières constructions espagnoles, notamment 
l'église " et la résidence du gouverneur \ 

En i525, après la malheureuse tentative pour reprendre le Penon 
de Vêlez, il fut jugé utile de renforcer la position de Melilla : la 
garnison espagnole fut transportée sur le promontoire, et l'on traça 
à l'Ouest une ligne de circonvallation, qui mesurait 80 pas \ et qui 

I. Dès le mois de février i^gi, les Alonso de Guzman, 19 jamier i533, et 

habitants de Caçaça avaient envoyé une Doc. IX, p. 66, lettre du nnéme aux muni- 

députation en Espagne pour faire des offres tionnaires de Malaga, aS janvier i533. 
desoumission. V.lettredeFcrnandodeZafra 3. Elle ne fut démolie qu'en mars ibltg. 

aui Rois Catholiques, a5 février [i^gi], Lettre de Miguel de Perea a Maximilien et 

dans Coleccion de Documenlos ineditos, t. à Marie d'Autriche, 2i mars iSig. Siman- 

XIV, pp. 469-475. Caçaça fut concédé le cas, Estado. Legajo 4/4. 
4 octobre i5o4 au duc de Medina-Sido- 3. Mémoire du veedor de Melilla, Iler- 

nia. V. le texte de l'acte dans Coleccion de nando de Bustillo, du 17 avril 1557. Lejajo 

Documenlos ineditos, t. XXXVI. pp. 48(j- 483. — Postérieurement, dans la nouvelle 

49a. Toutefois la ville ne fut occupée qu'en ville, la maison du gouverneur n'était 

avril i5o6, par Gonçalo Marifio de Ribera, qu'une construction en pisé, « es de tierra ». 

gouverneur de Melilla pour le duc de Lettre d'Alonso de Gurrea du 20 avril 1657. 

Medina-Sidonia. Çlrita, Hisloria del Rey Ibidem. 

Don Hernundo el Calholico. lib. VI, cap. 4- « Por la banda rie la tierra son 

3i. Caçaça fut repris par les Maures le 7 ochenta pasos ». Lettre d'Àlonso de Gurrea 

janvier i533. V. infra, Doc. VIII, p. 61, à la Princesse Régente, 6 août i556. 

lettre de Cristobal de Abreo à Don Juan Lerjnjo 482. 



INTRODUCTION IX 

allait de la mer à la mer ' et englobait une portion de la ville indi- 
gène ; ces travaux s'exécutèrent de i525 à i532 ^ Mais, à côte de 
la nouvelle ville, les ruines de la ville indigène subsistèrent encore 
longtemps. En août i55o, cette dernière n'était rasée qu'en partie; 
les Maures y pénétraient comme ils voulaient, et cela causait le 
plus grand embarras à la nouvelle ville ^. Quant au front de mer, 
moins exposé, les fortifications n'en furent commencées qu'en 
i533*. Si mal construit que fût le rempart ouest, il suffisait à 
préserver Melilla d'un coup de main des tribus environnantes. 
L'avènement des chérifs saadiens et la marche victorieuse de 
Moulay Mohammed ech-Cheikh, qui affirmait son intention de 
n'entrer dans F'ez qu'après avoir expulsé les Chiéliens du Maroc', 
firent craindre aux Espagnols une attaque des troupes chérifiennes 
(i5^9), et Ion se décida à reconstruire sur le front de terre le 
rempart qui tombait en ruines. Les travaux en furent confiés au 
capitaine Miguel de Perea, qui arriva d'Espagne le i3 mars \o!\^ ^ 
Afin d'isoler complètement la nouvelle Melilla, Miguel de Perea 
proposa de créer un fossé coupant le promontoire à sa base, et qui, 
par conséquent, se serait trouvé en arrière du mur d enceinte. Le 
comte de ïendillafit observer très justement qu'un tel fossé serait 
difficile à garder et qu'il serait, en outre, dominé par le padrastro^ ; 
il ne fut pas donné suite à ce projet. 

Le plus grave inconvénient que présentât la nouvelle ville 



I. Cette ligne de circonvallation du de Miguel de Perea à Maximilien et à 

front de terre, dont il subsiste encore au- Marie d'Autriche, ii août i55o, et CLIV, 

jourd'hui quelques parties, est indiquée, p. !x02, lettre de Juan de Perea à Masi- 

ainsi que celle du front de mer, sur le milien et à Marie d'Autriche, 1 1 août 

carton représentant Melilla et ses environs, i55o. V. aussi i" Séri^, Angleterre, t. I, 

qui se trouve p. i36, PI. II, Carte du Rif Doc. XWIII, p. 65, Relation de Pedro 

au xvi^ siècle. Venegas de Cordoba, aS juin i56^. 

a. Heinando de Bustillo, dans une lettre 4. Contrat avec Sancho de Escalanlc, 

de 15^7 (legajo 4/2), dit qu'il a été à maître-maçon, 5 déc. i533. Legajo 4^8. 

Melilla tout le temps que durèrent les tra- 5. V. infra, Doc. LVII, p. igo. Rapport 

vaux de fortification du côté de la terre. de Luis de Rueda. 

Dans une lettre du i'' septembre i556 6. Lettre de Miguel de Perea à ^L^xi- 

(legajo 48i), le même personnage rapporte milien et à Marie d'.\.utrichc, 21 mars lo^g- 

que son premier séjour à .Melilla comme Legajo 4/4- 

veedor dura de iSaS à i532. 7. Mémoire du comte de Tendilla, iS^g. 

3. V. injra. Doc. CLIII, p. 447, lettre Leijajo 474- 



INTRODUCTION 



transférée sur le promontoire, inconvénient sur lequel les gouver- 
neurs reviennent constamment dans leur correspondance, était le 
manque absolu d'eau douce ' : la création de citernes n'y remédia 
([ue d'une façon insutïisante, et parfois le ravitaillement en eau 
douce par Malaga fut une nécessité. 

Ces conditions défavorables auraient pu être compensées, si 
Melilla avait eu 1 avantage d un jjon port, mais il n en était rien ; 
les navires au mouillage étaient exposés aux vents de l'Est et du 
Nord-Est. Aussi D. Bernardino de Mendoza, capitaine général de 
la mer, conseillait fortement d'évacuer cette position et d'aller 
s'établir sur la Lagune (Mar Chica "). 

Au milieu du xvi* siècle, l'effectif de la garnison, composée de 
cavaliers, d'arquebusiers, d'arbalétriers et de piquiers, s'élevait au 
cbiffre de 3oo à /joo hommes; l'élément civil, représenté par les 
ouvriers (gastadores de la obra). une vingtaine d'esclaves des deux 
sexes, cent garçons et filles, soixante femmes mariées et une dizaine 
de coureuses (erradas), comprenait à peine deux cents personnes ^ 

Resserrée dans ses étroites limites et sans relations avec les indi- 
gènes, Melilla devait tout faire venir d'Espagne : le ravitaillement 
de la garnison incombait au duc de Medina-Sidonia, tandis que 
celui des ouvriers était assuré par les proveedores de Malaga. Les 
denrées importées et vendues par le commerce ne représentaient 
qu'un appoint insignifiant : « Es tan poco el caudal que traen que 
antes que de aqui vaian se lo an comido '. » Dans ces conditions, 
les réserves de vivres n'étaient jamais très considérables dans la 
place. Aussi, lorsque, dans les époques troublées, les prétendants 
maures et leurs partisans se réfugient à Melilla et qu'il faut pourvoir 



1. « Quanto a lo que V. A. me manda tillo. Mémoire à Charles-Quint du i" sep- 
que yo abise a V. A. que medio se pucda tcmbre i556. Legajo 4^1. 11 arrive au 
Icner para mclcr agua de la fucnle y do la total de 687 personnes. — On verra plus 
voga sin pcligro, no sicnlo olro mcdin sino loin. p. xviii, qu'à la mi^mc époque (3 
liazfT algibcs ». Lettre d'Alonso de Gurrca septembre i5d6), le gouverneur Alonso de 
à la Princesse Régente, i3 juin i557. durrca donne le chiffre de 6-'»5 personnes. 
Lerjajo 4^3. z^. « La valeur de ce qu'ils apportent est 

2. V. infra, Doc. LUI, p. 178, lettre si faible, qu'ils l'ont dépensée avant de 
de Don Bernardino de Mendoza à Maximi- repartir ». Mémoire de Barlolome Dorador 
lien et à Marie d'Autriche, i^ mars id^q. à la Princesse Régente, du [aS juillet] 



3. D'après le verdor llcriinmlo de |{us- i55.t. Legajo //So. 



INTRODUCTION XI 

à leur subsistance, ils afTament littéralement la garnison et les 
habitants. Le fait se produit, lors des séjours que font à Melilla 
Abou Hassoùn, roi de Velcz', et Moulay Amar, roideDebdou^ Par 
surcroît, on doit déloger des habitants pour donner leurs maisons 
à ces encombrants personnages. Quant à la troupe, elle est sur les 
dents, car son service de surveillance est doublé'. On craignait 
toujours en effet quelque coup de traîtrise comme celui du Peîïon 
de Vêlez, dont la perte avait été causée par des Maures que le gou- 
verneur avait introduits dans la place (i522)\ Tout indigène se 
présentant devant Melilla était retenu à la porte de la ville (piierta 
de fuera) ; c'est là que se discutaient les échanges d'esclaves (Moros 
de rescate) contre les Chrétiens captifs ''. L'usage était de suspendre 
trois jours les hostilités pour faciliter ces négociations": l'agent 
indigène qui en était chargé était appelé exea, ajea ou yfjea' . Si. 
d'aventure, un Maure survenait, déclarant vouloir se convertu' au 
christianisme, on lui donnait 5oo maravédis par mois, mais il ne 
devait pas séjourner dans la ville plus de trois mois ; ce délai passé, 
il était envoyé en Espagne**. 

Le roi Ferdinand, comme on la vu, avait fait rembourser au duc 
de Medina-Sidonia les frais avancés par lui pour l'occupation de Me- 
hlla, et il lui avait, en outre, donné la lieulcnance de la place. Les 
conditions de cette charge furent déterminées par un « asiento » passé 
par lui à Alcala dellenares, le i3 avril 1498, avec la Real Hacienda. 

1. Abou Hassoùn arriva à Melilla le 17 lome Durndor, i*''' juin i55i). 

avril i5^9 (V. infra. Doc. LXW, p. ilii, 3. V. infra. Doc. CI^XVII, p. 4^5, lettre 

lettre de Miguel de Perça, 18 avril iS^g) d'Âlonso de Mclgar, i!\ septembre i55o, 

et il en partit en juillet (V. infra. Doc. et Doc. CLXXX, p. 517, lettre do Juan 

XCIX, p. 3i5, lettre de Don Bernardino de Perça, 5 décembre i55o. 

de Mendoza). 4. Mémoire de Bustillo à Charlcs-Quint, 

2. Moulay Amar, fuyant devant le Ghé- i556. Lcijajo 4^1. 

rif, arriva à Melilla le 12 juillet i55o avec 5. Lettre d'Alonso de Gurrea, 18 février 

ime suite de 3oo personnes (V. infra, Doc. i558. Legajo 4S4- 

CXLVI, p. /iaS, Ici Ire d'Alonso de Mclgar). 6. V. infra. Doc. CCXX, p. 60G, lettre 

Il en repartit le 23 février i55i (\ . infra, fie Bartolome Dorador à Abou Ilassoilii, 3 

Doc. CXCIV, p. 545, lettre d'Alonso de août i55i. 

Mclgar), mais il laissa à Melilla 18/4 per- 7. V. infra. pp. ^i.'j et note 3, 606 et 

sonnes, femmes et enfants pour la plupart, note /), G60 et note r. 

qu'il ne revint chercher que le 28 mai (V. 8. I^ettre de Ilcrnando de Bustillo, 19 

infra, Doc. CGXVI, p. SyS, lettre de Barlo- février i558. Le'jajo 484- 



XII mTRODUCTION 

Aux termes. de ce contrat, le Duo s'engageait à tenir dans la place 
une garnison de 700 hommes. Sur ce nombre, le Roi lui donnait 
200 écuyers de sa garde, dont 5o à cheval. Le reste du contingent 
devait être recruté par les soins du Duc ; il comprenait 3oo arbalé- 
triers, 100 arquebusiers, 20 artilleurs (tiradores), 35 ouvriers (ofi- 
ciales), 2 clercs, i médecin, i chirurgien, i pharmacien et 4o marins 
(hombres de la mar), formant l'équipage de quatre fustes que le Duc 
devait fournir. L'asiento fixait la solde de la garnison, qui s'élevait 
à 29A9789 maravédis, ainsi que les approvisionnements en blé 
soit 100082 fanègues ; le tout était fourni par le Roi, qui s'enga- 
geait, en outre, à verser, pour l'année 1498 seulement, une somme 
de 1 000000 de maravédis destinée aux travaux en cours. Les 
armes, les magasins et le transport des vivres étaient à la charge 
du Duc. L'asiento devait commencer à courir le i" mai 1498'. 

En 152", un nouvel asiento fut conclu avec le due de Medina- 
Sidonia'. A cette date, le transfert de la ville sur le promontoire et 
la construction du rempart ouest parurent justifier une notable ré- 
duction dans lelTectif de la garnison, qui fut ramené à 4o cavaliers, 
[5o fantassins et 10 artilleurs. En même temps, il fut jugé plus 
jiratique de charger le Duc, non seulement de recruter la garnison, 
mais encore d'en payer la solde et d en assurer la subsistance. A cet 
effet, il lui fut alloué une subvention forfaitaire annuelle (situado) 
de 2800000 maravédis et de 2000 fanègues de blé. Ce forfait était 
très inférieur aux dépenses réelles. La solde de la garnison propre- 
ment dite, compris le traitement du gouverneur (i5o 000 mrs) et 
celui du veedor (60000 mrs), absorbait 1998750 maravédis et 
I 800 fanègues de blé ^ Avec le restant, soit 801 25o maravédis et 
200 fanègues de blé, le Duc devait entretenir 8 atajadores gineles 
(éclaireurs à cheval), 12 hombres del campo avec leur adalid, 12 
escuderos de puerta, un alcalde de puerta, 25 marins, des patrons 
de brigantins, un veedor-contador (différent du veedor du Roi), 
un notaire, des juges et des alguazils, un vicaire, un curé \ un 

I. Le fcxle de cet asiento, conservé dans Charles-Quint, [i3 avril] i54ô. Legajo 47i- 
les archives du duc de Medina-Sidonia, a 3. V. infra. Doc. XVII, pp. 86-87, note 

été publié dans Coleccion de Documentos sur les obligations du duc de Medina-Sido- 

inedilos. t. XXXVI, pp. 469-488. nia, i538. 

a. Mémoire de Ilernando de Busiillo à 4. Bien que le duc de Medina-Sidonia 



INTRODUCTION XIII 

clerc et un sacrislain, un chirurgien-médecin, un barbier, un apo- 
thicaire et un infirmier. En ajoutant à ces charges les frais de 
transport, les assurances, les achats de munitions, l'entretien du 
culte, de l'hôpital et des magasins, on arrivait à une dépense totale 
de I 270000 maravédis pour ces frais accessoires. Un mémoire 
établi par le Duc en i549 faisait ressortir que, pour la garde de 
Melilla, il était obligé de prélever sur ses revenus personnels une 
somme de 470 000 maravédis \ 

En i552, on s'efforça de remédier à celte situation par un troi- 
sième asiento passé avec le duc de Medina-Sidonia\ La nouvelle 
convention fixa l'effectif de la garnison de Melilla à 190 fantassins, 
[\o cavaliers '' et 1 2 marins ' ; les emplois spéciaux tels que ceux d'ataja- 
dores, d'escuderos do puerta, etc., furent supprimés; on décida que 
les soldats y seraient affectés à tour de rôle '. Quant à la solde, elle 
fut sensiblement relevée * : sous le régime du précédent asiento, 
elle était payée soit en nature sur place, soit en argent à San Lucar 
ou à Séville ^ : il fut convenu qu'elle serait désormais payée en 
argent à Melilla même^ Ce nouvel asiento ne fut envoyé à Melilla 
qu'au bout de deux ans ; le lieutenant de veedor Bartolome Dora- 
dor le fit publier le 28 février i55/i^ 

Le duc de Medina-Sidonia, qui était déjà âgé lors de la signa- 
ture de cette convention, se déchargea, dès la fin de l'année ibô^. 
de toutes les afiaires de Melilla sur son fils, le comte de Niebla '". On 

nomme un cura après le vicario (y del 4- Mémoire d'Alonso de Gurrea au Con- 

vicario y cura y clerigo y sacristan), il n'y seil de la Guerre, i4 mars i555. Legajo 

eut jamais, à l'époque primitive, de curé à j8o. 

Melilla; le desservant portait le titre de 5. Lettre de Francisco de Médina au 

« vicario ». secrétaire Francisco de Lcdesma, 20 a^■ril 

1. Mémoire du duc de Mediua-Sidunia à i552. Le(jajo 477- 
Charles-Quint, iS/Jg. Legajo 474- 6. Y. ibidem. 

2. « El duque de Médina me escri- 7. Mémoire de Hernando de Bustillo, 

bio que ténia liecho nucbo asiento con Y" i54o. Legajo 468. 

Allc'za sobre la jentc de gucrra que a de 8. Lcllre de H. Dorador à la Princesse 

aber en esta ciudad, que an de ser cicnto y Régente, 20 juillet i555. Legajo 4^0. 

noventa soldados y quarcnta de caballo ». 9 Lettre de B. Dorador à Don Philippe, 

Lettre de Francisco de Médina k Don Piii- sans date, mais de mars i554. Legajo 478, 

lippe, 2/1 février i55a. Legajo 477- Cf. 10. Don Juan Glaros de Guzman. 9"= 

Infra. Doc. CGXXXY, p. 036, lettre de B. comte de Niebla. Il avait épousé Doua 

Dorador du 24 février i552. Lconor de Zufiiga y Sotomayor. Haru, 

3. Y. note précédente. Nobiliario, t. L p. 62. 



MV 



INTRODUCTION 



voit, à pirlir de cette époque, celal-ci s'occuper de l'approvision- 
nement de la ville, tandis que la Comtesse se charge be'névolement 
de l'église et de l'hôpital'. Malheureusement, le comte de ^iebla 
mourut prématurément au commencement de i356, ne laissant 
qu'un fils alors en bas âge'. Accablé par ce malheur, le vieux Duc 
résolut de renoncer à la lieutenance de Melilla. Le gouverneur 
Alonso de Gurrea fait allusion au motif de cette détermination, dans 
une lettre qu'il adresse à la princesse régente d'Espagne : « V'^ 
Alteza me escrlbe que el duque de Médina Cidonia ha hecho dexa- 
cion desla plaça, ahunque V" Alteza no lo ha consentido hasta 
que lo liaga saber a Su Mag'' ; no me marabillo, segun los grandes 
Irabajùs que Dlos le ha dado con la muerte de su hijo el 
Conde ^ . » 

Le duc de Medina-Sidonia fit renonciation solennelle de Melilla 
à la Couronne, le 7 juin i5ô6''. Le gouverneur en exercice, 
D. Alonso de Gurrea, fut maintenu dans ses fonctions avec le titre 
iWilcaide y capilan rjenercd" . Au début du nouveau régime, on con- 
tinua l'application de l'asienlo de i55':>. tant pour l'effectif de la 
garnison que pour la solde". 

Dans tous les temps et chez toutes les nations, la hiérarchie 
entre les pouvoirs est difficile à maintenir dans les dépendances 
lointaines de la métropole, et les conflits d'attribution y trouvent 



I. I.cllro ilr R. I)ora<lor ;i la Princosso 
Ri'ijcnlr, 3 janvirr iôdd. Lcijajo 47'.h 

À. ho comte do Xiebla mourut en jan- 
vier i5â6, à ràp;o de 87 ans. Sa mèro ne 
lui survécut cfuo peu do jours. Le duc do 
Medina-Sidonia lui-môme, malade, ne 
tpiilla plus le lit jusqu'à sa mort. Pf.dko 
UT. Mfdina, Cronica de los iniiy excelenles 
seilores dtiques de Médina Sidonia, publié 
ilans Coleccion de Doctimenlns ineditos, t. 
\XXIX, pp. 365-367. 

3. Cl V"= Altesse m'écrit que le duc de 
Médina Sidonia a fait renonciation de cette 
place, mais que \" Altesse n'y a pas con- 
senti, jusqu'à ce qu'elle l'ail fait savoir à 
Sa M'^; cola ne me surprend pas, vu les 
grandes épreuves que Dieu lui a données. 



en lui enlevant son fils lo Comte ». Lettre 
d'Alonso de Gurrea à la Princesse Régente, 
i5 avril i556. Legajo ^Ss. 

!\. MoRALFS, Datas para la historia de 
Melilla. p. 24- 

5. I^ellro d'Alonso de Gurrea à la Prin- 
cesse Régente, aoiU i55G. Leyajo 4^2. 
Alonso do Gurrea prêta hommage, le iti 
août i5.5l"), entre les mains du veedor Hor- 
nando doRustillo. V. la lettre d Alonso de 
Gurrea à la Princesse Régente, 20 août 
i556, et celle de HernantJo de Bustillo à 
Charles-Quint, aoiit i556, même leijajo. 

6. V. la correspondance d'Alonso de 
Gurrea et de Ilernando do Bustillo avec 
la Cour pour les années i5n6-i558. Legajos 
48/. 483 ot 484- 



INTRODUCTION W 



leur terre d'élection. La frontera de Melilla ne fit pas excoptlon à 
cette loi. Les asientos de 1027 et de i532, en déterminant sur le 
pied d'une indépendance réciproque les attributions des deux plus 
hauts fonctionnaires de la frontera, le gouverneur et le veedor, 
aboutirent à créer le dualisme le plus discordant. 

Le gouverneur était nommé par le duc de Medina-Sidonia. Il 
avait Tin pouvoir très étendu, et un proverbe disail : « rey en 
Caslilla o alcaide en Berberia'. » Bien que la justice fût assurée 
par un alcaide, ce dernier n'étail en réalité que l'assesseur du gou- 
veincur. Les soldats se livraient aux pires désordres, sans rtre 
poursuivis, et l'alcalde reconnaissait publiquement liiiaiiité de 
sa fonction judiciaire. « Pourquoi voulez-vous, disait-il, cjuil y 
ait une justice à Melilla.^ Il vaut mieux ytouv les soldats c|u"il n'y en 
ait pas '. )) 

La nomination du veedor appartenait à la Couronne. Ce l'oiic- 
tionnaire avait des attributions multiples, dont le détail nous est 
donné, d après lasiento de lôôa, parle veedor lïernando de Buslillo' 
lui-même. On relève parmi les obligations de sa charge les 
suivantes: 

Contrôler l'effectif des hommes de la garnison ; fixer le prix 
des denrées qui étaient fournies aux hommes en à-compte sur leur 
solde; tenir compte et raison du droit de cjuint, c'est-à-dire de la 
cinquième partie du butin fait sur les Maures, qui revenait à la 
Couronne^. 

Le veedor, comme on le voit, ne pouvait exercer sa charge quen 
contiolant le gouverneur, d'où entre ces deux fonctionnaires une 
iiostihlé sourde. « El odio que tienen a los veedores los générales 
es antiguo yy, écrivait Hernando de Bustillo à Ledesma, le 10 mai 



I. Murai. 1 s, oj). cit., p. GS. veednr. V. infra. p. Oo^i cl note 3. Lors du 

a. A . infra, Doc. CLXX.p. ^QÔ, lellrc n-tour de Molilla ;i la Coiironno, il reçut 

do Miguel do Perea, 28 septembre i55o. l'ordre tle rejoindre son poste, et y arri\a 

.!. Ce personnage avait résidé à Melilla, le 12 août iSSfi. V. sa lettre de [fin août) 

en qiialilé de veedor, de iSîô à i53-!. 1 556. Le</a/o 4*2. Cela explique qu'il peut 

comme il le dit Iiii-mème (V. supra, j). ix, donner des renseignements sur une période 

note :>.). \\ rentra ensuite en Espagne, où de trente années. 

il demeura, sauf de courts séjours à Melilla, 4- Lettre de Hernando de Bustillo à 

se faisant représenter par un Imii'utf de Ledesma, 10 mai i558. Legajo 4^4- 



INTRODUCTION 



i558'. Ce qui achevait d'exaspérer le gouverneur, c'est que le 
veedor correspondait directement avec la Cour, sans passer par son 
intermédiaire ". 

La comptabilité était, comme bien on pense, la source des con- 
flits les plus irritants, car le veedor ne manquait pas une occasion 
de réduire les mémoires de dépenses présentés par le gouverneur \ 
S'agissait-il de l'attribution du quint, le veedor le réclamait pour 
la Couronne, tandis que le gouverneur prétendait qu'il devait reve- 
nir au duc de Medina-Sidonia, dont il était le représentante Quand 
Melilla eut fait retour à la Couronne, le Roi fit abandon du droit 
de quint au gouverneur Alonso de Gurrea". 

Le veedor protestait, non sans raison, contre le faitqueladminis- 
tralion de la justice se trouvait pratiquement entre les mains du 
gouverneur; aussi réclamait-il 1 envoi d un juge à Melilla. a 11 y a 
trente ans, écrivait Hernando de Bustillo, que j'ai demandé au Duc 
que les gouverneurs ne soient pas chargés de rendre la justice. Le 
Duc a bien envoyé deux fois un juge inspecteur (juez de residencia)% 
mais, comme on savait que, celui-ci une fois parti, la justice devait 
revenir au gouverneur, personne n'osait se plaindre . » Dans une 
lettre adressée à Ledesma, Hernando de Bustillo revenait sur les 
inconvénients qui résultaient de celte concentration dans la même 
main du pouvoir exécutif et du pouvoir judiciaire. « L'administra- 
tion de la justice ne devrait pas être confiée aux gouverneurs 
généraux de Barbarie, et ceux-ci ne devraient pas avoir plus de 



1. Legajo 484- faisait rendre à un magistrat de sa gestion. 

2. Lettre de Hernando de Bustillo au Le juez de residencia était un juge envoyé 
secrétaire Francisco de Ledesma, 1 3 juillet en mission temporaire pour recevoir ce 
ibb"]. Legajo 4^3. compte (tomar residencia) du juge ordi- 

3. V. infra, pp. 3^7, 376 et 619 et naire. 

note I. 7- " Treynta afios a que a procurado 

(t. V. infra, pp. /|8i-/482. Cf. Mémorial con el Duque que los capitanes y alcaydes 

de las cavalgadas que se hizieroii en Melilla que an sido aqui no tuviesen cargo de la 

desde primero de Marzo dcl afio cinquenta justicia ; y represontandole lo que impor- 

y scis, y de lo que cupo délias al quinte, tava, embio dos vezes juez de residencia, 

par le veedor Hernando de Bustillo, i556. mas, como la gente entendian que avian 

Legajo 4^i ■ de bolver a tencr la justicia los capitanes 

5. Lettre d'Alonso de Gurrea, i3 juin y alcavdes, no osavan pcdir los agravios. » 

lôô'j. Legajo 483. Mémoire de Hernando de Bustillo, i556, 

C. On appelait resû/eficJa le compte qu'on Legajo 4^/ . 



INTRODUCTION XVII 

pouvoir dans les fronteras que les corrégidors dans leurs circon- 
scriptions. )) Il ajoute que les gouverneurs ne devraient pas rester 
en fonctions plus de trois ans'. 

Dans une situation aussi tendue, tout était prétexte à conflit. 
Les veedors ne prétendaient-ils pas devoir assister aux entretiens du 
gouverneur avec les Maures, et spécialement avec les espions '^.'^ 
Alonso de Gurrea regardait cette présence du veedor comme atten- 
tatoire à sa dignité ; il ne pouvait admettre qu'on se défiât de lui, 
(( étant un gentilhomme incapable d'une bassesse pour toutes les 
richesses du monde'. » D'ailleurs, cette prétention des veedors 
n'était pas pour l'étonner, car ce sont des gens ambitieux voulant 
toul commander. Melilla, d'après lui, avait failli se perdre parle 
dualisme du commandement *. 

Nous avons vu plus haut quels étaient l'eflectil et la com- 
position réglementaires de la garnison de Melilla, tels qu'ils 
avaient été fixés successivement par les divers asienlos. Pour la 
période qui nous occupe, on peut dire que l'eirectif réel fut en 
moyenne de 3oo fantassins et de 3o cavaliers. Cet ed'ectif fut 
exceptionnellement porté à /ii8 fantassins et /io cavaliers, au mo- 
ment de la prise de Fez par le Cliérif '. Nous connaissons par les 
(dardes (revues d'eflectif) la composition de la garnisf)n à diverser 
époques. Lalarde du 3 septembre i55G'' est parliculièrement inté 
ressaut, parce qu'il fait connaître, en même temps que l'efTeclif des 

I. « La juslicia minca dcve eslar en los plaça en algunos casos, Io qiial se ha do 

gonrralcs de Berberia, ni ellos en las fron- rcmitir todo a mi, como a hombre a quien 

tpras mas que los corregidorcs on sus corre- N . A. licne confijda esta plaça, y que soy 

gimicnlos, y que si a ellas los embiarc Su caballei-o v que no liare bilcza por todos 

Alteza, se les diga : 1res anos aveys dcslar los habc les dol mundo. « Lettre d'Alonso 

alli. » Lettre de Hernando de Buslillo à de Gurrea à la Princesse Régente, i3 juin 

Ledesma, lo mai i558. Legar/o 484. 15.^)7. Legajo 48-'i. 

•1. V. Mémoire de Hernando de Buslillo !\. ^ . ibidem. 

à Charles-Quint, i556. Lcgajo 4^i- Lettre 5. Revue (alarde) du 5 mal lô'i*), par 

de Buslillo à Ledesma, i3 juillel ib'S- . Barlolome Dorador, leniente de veedor. 

Leijajo 4S^. l-egojo 47 i- 

3. «Quanloaloquc V" Alteza meescrive G. Relacion delà gente que resi.le al 

de que el behcdor se halle présente quando présente en esta ciudad de .Melilla, par 

biniere alguna espia, no conbicne al servi- Alonso de Gurrea, 3 septembre i3J6. 

cio de ¥"■* Alteza ni a la conserijacinn desla Leifajo 4^' ■ 

De Gastries. X. — 6 



XVIII 



INTRODUCTION 



o-ens de fuerre, le chiffre et la composition de la population civile. 
On en trouvera ci-dessous le détail : 



Capitaine 

Caporaux 

Arbalétriers et piqxiiers.. 

Arquebusiers 

Cavaliers 

Artilleurs 

Marins 

Oficiales de la frontera. . 

A reporter. 



10 
167 
i63 

20 

9 



'ao'a 



Report. 
Oficiales du Roi. . 
Terrassiers (azadoneros\ 

Carriers 

Clercs 

Sacristain 

Femmes 

Enfants 

Esclaves des deux sexes. . 

Total. 



3 
3o 

7 
2 
I 

70 

100 

28 

6i5 



Le recrutement des cavaliers était particulièrement difficile, car 
ils devaient se monter à leurs frais. Alonso de Gurrea déclarait qu'il 
était impossible de trouver un cavalier qui consentît à acheter un 
cheval pour servir à Melilla et qu'il était nécessaire d'en faire 
l'avance'. C'est ainsi qu'avait procédé le duc de Medina-Sidonia : 
il fournissait une monture au cavalier, et celui-ci en remboursait le 
prix par des retenues sur sa solde'. 

C'était parmi les cavaliers qu'on prenait les atajadores ou éclai- 
reurs à cheval* ; ils ne poussaient pas leuis reconnaissances à plus 
de trois quarts de lieue de la ville, et la zone de leur exploration 
avait été délimitée par des tas de pierre (majanos) élevés de loin en 
loin dans la campagne \ 

Les quelques artilleurs de la place avaient à servir u pasamuros, 
I (juarto canon pedrero de métal, i quarto canon de bierro, 1 
autre pièce de fer, 3 demi-coulevrines, dont une desLocada, 2 sa- 
cres et I fauconneau \ Lne grande partie de ces pièces était en 
mauvais état, et l'agent de la comtesse de Niebla recommandait 
expressément à Alonso de Gurrea de ne pas les faire tirer, le 



1 . Lettre d'Alonso de Gurrea à la prin- 
cesse régente Jeanne de Portugal, 3i dé- 
cembre i556. Lefjajo 4^i. 

2. Mémoire du veedor Hcrnando de 
IJiislillo à Cliarles-Quint, i*"' sejitembre 
I 5r)(j. I^egajo 4^' ■ 

;i. V. infra. Doc. CI.WW, p 'riC>^ 
l!l;il de la j:;irnison d<' Mi lilla. 8 janvier 



i55i. Cf. Mémoire de Ilernando de Bus- 
tillo à Charles-Quint, i*"" septembre i55G. 
Leijajo 48 1. 

li. Relacion del sitio y comarca questa 
al rrededor de Melilla, iS^g. Leiiajo 4/4- 

5. Lettre-mémoire de Miguel de Pcrea 
il Mavimilicn <l Marie 2i mars lô'ig. 
Leijnjo 4; 4. 



INTRODUCTION XIX 

prévenant que, si une pièce éclatait, il devrait la remplacer à ses 
Irais ^ 

La solde, au mécontentement général, était payée non en argent, 
mais en nature. « Le Duc, écrivait le veedor, envoie des denrées à 
des prix modérés et inférieurs à ceux du commerce ; l'homme prend 
ce qu'il veut en vivres ou en vêtements ; la dépense est portée à son 
compte". » Ce crédit l'ait aux soldats leur permettait de trafiquer 
des fournitures dont ils obtenaient livraison, ce qui les entraînait 
à des dépenses abusives : ils payaient une poule d'une valeur de 
cinq réaux avec douze ou quinze réaux de marchandises, qui leur 
étaient retenus sur leur solde ^ « Les hommes, écrit Dorador, 
vendent leurs vivres pour la moitié de leur valeur *. » Avec ce 
système d'avances, il arrivait qu'au bout de quelques années de 
services, le soldat se trouvait endetté, et l'on évitait de coni?édier 
ceux qui avaient fait leur temps, afin que le duc de Medina-Sido- 
nia ne perdît pas l'argent qu il leur avait prêté \ Le document le 
plus suggestif sur ce sujet est une pétition des gens de guerre de 
Melilla, datée de iblig: « Nous nous endettons, chaque année, 
écrivent-ils, de plus de la moitié de ce que nous gagnons, et il n'est 
pas un de nous qui ne doive au Duc un an et plus de solde ; cela 
provient de ce qu'il y a vingt-six ans que la solde n'a été payée en 
argent dans cette ville \ » 

On a vu que, pour faire cesser ces abus, l'asiento de i552 avait 
spécifié que la solde serait dorénavant payée sur place \ mais le 
comte de Niebla ne voulut pas courir le risque d'un envoi de fonds 

i . Lettre d'Alonso de Garrca à la priii- poco y, de cabsa de no se lo pagar, lo ven- 

cesse régente Jeanne de Portugal, 3i dé- den en menos de la meatad de lo que es. « 

cembre i556. Lecjajo 48 1- Lettre de Barlolome Dorador à Maxi- 

2. « Llevase baslimicntos en precios milicn et à Marie d'Autriche, 1 5 septembre 
moderados por cl Duque, y mas barato lâ^g Leijajo 474- 

que ningun mercader podria dallos; toman 5. Lettre de Aligucl de Pcrca à ^laximi- 

dellos los soldados lo que quieren para su lien et à Marie, 2^ mai i55o. Leijajo 4/0. 
mantenimiento y vcslir, y cargase a sus 6. a En fyn del ano nos allamos con mas 

quentas. » Mémoire de Ilcrnando de Bus- de la meytad de lo que ganamos de dcuda, 

tillo à Charles-Quint, i54o. Lecjajo 468. que no ay ninguno que no deba al Duque 

3. Mémoire de Bustillo à Charlcs-Quint, un ano y mas de dcuda ; y csto causa lo que 
i5 juin i545. Legajo 47 1 . ha bcynle e seys anos que no bino paga a 

4. « V" Real Alteza mande quel sueldo esta cibdad ». Legajo 474- 

que ganan se les paguc aqui, purque es 7. V. supra, p. xiii et noie 8. 



XX INTRODUCTION 

à Melilla, et la seule amélioration obtenue fut que le payement de 
la solde eut lieu à Malaga ' au lieu de San Lucar ou de Séville. 
Cette situation ne prit fin qu'après le retour de Melilla à la Cou- 
ronne. En i558, il fut décidé qu'il ne serait plus fait aux hommes 
d'avances en nature et que ceux qui leur vendraient à crédit ne 
seraient réglés qu'après le paiement de la solde '. 

Chaque homme touchait, le premier du mois, dix celemines de 
blé\ représentant une ration journalière d'environ i'""6o. Pour 
transformer ce blé en pain, un quart de la troupe faisait le métier 
de meunier, un autre quart, celui de boulanger*. Comme, d'autre 
part, les autorités civiles, les gradés militaires et même les cavaliers 
de service ne pouvaient faire eux-mêmes leur pain, on leur don- 
nait à chacun pour cet usage un soldat qu'on dispensait de faction '. 
C'est vainement que les gouverneurs et les veedors avaient de- 
mandé au Duc de fournir les rations en farine*. 

Le manque de bois pour la cuisson du pain et des aliments venait 
encore compliquer la situation ; il fallait le chercher au loin, et 
c'était presque une opération militaire ; en cas d'alerte, les cava- 
liers ramenaient en croupe la corvée \ 

Les conditions précaires de l'existence à Melilla avaient leur 
répercussion sur le moral de la troupe : les soldats désertaient % 
d'autres se livraient au jeu et à la débauche^ 

Pour assurer les communications de Melilla avec Malaga, le duc 

I. Lettre de Bartolomc Dorador à la 6. V. entre autres le mémoire de Her- 

princcsse régente Jeanne de Portugal, 25 nando de Bustillo à Charles-Quint du [i3 

juillet i555. Legajo 4So. avril i545]. Legajo If-ji. 

a. Lettre du vccdor Hernando de Bus- 7. Lettre de Francisco de Médina à Don 

tillo à la Princesse Régente, 19 février Philippe, 37 janvier iSSa. Legajo 4/7- 

1558. Legajo 484- Lettre de B. Dorador au même, 2 janvier 

3. V. infra, Doc. XVII, p. 86, Note sur i553. Legajo 478. Lettre d'Alonso de Gur- 
li's ohligations du duc de Mediua-Sidonia rca à la Princesse Rcgenlo, 3i décembre 
à Mflilla, 1 538. Cf. Mémoire de Ileniando i556. Legajo 4^/. 

de Bustillo à Charles-Quint, i3 avril i545. 8. V. infra. Doc. CCI, p. 565, lotlrc de 

Legajo 471- Verdugo et Caçalla à Marie d'Autriche, 1 5 

4. Lettre de Miguel de Perea à Maxi- mars 1 55 1. Cf. lettre de B. Dorador à Maxi- 
milicn et à Marie d'Autriche, 13 avril iSi^Q. milieu et à Marie, i5 septembre lô^g 
Legajo 474- {Legajo 474)> etc., etc. 

5. Lettre de Miguel de Perea à Maxi- 9. V. infra. Doc. CXII, p. 3^6, Icllrc 
milieu et à Marie fl'Autriche, 3 septembre de Miguel de Perea à Maximilicn et à 
1549. Legajo 474- Mario, 2 septembre 1549. 



INTRODUCTION XXI 

de Medina-Sidonia entretenait un brigantin et quelques hommes 
d'équipage*. Lors du retour de la frontera à la Couronne, il fut 
décidé que le gouverneur et le veedor disposeraient chacun d'un 
brigantin^ et que le nombre des marins serait porté à l8^ A leur 
tête, se trouvait comme arraez maître Francisco, grec ou albanais, 
aussi apprécié pour ses connaissances nautiques que pour sou habi- 
leté comme charpentier-calfat *. 

Un second élément de la population de Melilla était constitué par 
les ouvriers employés aux travaux de la défense, travaux pour les- 
quels la main-d'œuvre militaire était insuffisante. On avait beau 
promettre aux soldats des suppléments de solde ; ils préféraient 
mourir de faim que de travailler. Aussi Miguel de Perea réclamait- 
il l'envoi de terrassiers ^ Le recensement du 3 septembre i5o6 
mentionne la présence à Melilla de sept carriers (canleros) et de 
trente terrassiers (azadoneros) ^ Ces ouvriers n'étaient pas, d'ail- 
leurs, plus exactement payés que les soldats. « Il y a deux mois 
qu'on n'a pas donné un maravédis aux ouvriers, écrit Miguel de 
Perea, et c'est pourquoi il y en a beaucoup qui abandonnent le tra- 
vail . )) Pour eux, comme pour la troupe, on prati((uait le fâcheux 
système des avances en nature. Hernando de Bustillo demande à la 
Princesse Régente d'interdire cet abus : « Il convient au service de 
V'* Altesse qu'elle m'ordonne de ne pas accepter que l'on paye les 
travailleurs autrement qu'avec 1 argent qui est verse pour eux par 



1. Par l'asiento de 1027, le duc de du 3 sopti-mbre id56 (V. supra, p. xviii). 
Medina-Sidonia était obligé, dune manière 4- Mémoire de Hernando do Bustillo à 
générale, de fournir des navires et des Cliarles-Quint, i^^ septembre i556. Leijajo 
fusles, avec l'équipage nécessaire (V. infra, 481 ■ Lettre d'Alonso de Gurrca à la prin- 
Doc. XVII, p. 87, note sur les obligations cc^s<' régente Jeanne de Portugal, iSfévrier 
du duc de Medina-Sidonia, i538j. Il se ibÔS. Legajo 484- 

bornait à entretenir un brigantin, qui fut 5. Lettres de Miguel de Perça à Maxi- 

capturé par les Maures le 2 septembre i549 milieu et à Marie des i3 juillet et 2 sep- 

(V. in/ra, pp. 3^9 et 353). Melilla se trou- tcmbre lô^Q- Legajo 474- 

va alors sans moyen de communiquer avec (5. V. supra, p. xviii. 

l'Espagne (p. 36o). 7. « Se pasan los dos meses que no se 

2. Lettre du veedor Ilernando de Bus- da un maravedi a la génie ; y a esta causa 
tillo à la Princesse Régente, 2/4 février travaja muy poca gente. » Lettre de Miguel 
1559. ^^9°jo 485. de Perea à Marie d'Autriche, 8 janvier 

3. C'est le chiflre de l'alarde ou revue i55l. Legajo 476. 

b. 



XXa INTRODUCTION 

le trésor de V""' Altesse. Je pourrai alors empêcher les malversations 
par lesquelles on ruine les ouvriers... et obliger ceux-ci à faire 
attention à leurs dépenses \ » 

De ce qui précède, on peut inférer que le service hospitalier 
était des plus primitifs dans la frontera. Le duc de Medina-Sidonia 
avait bien fait construire un hôpital, la Duchesse avait donné 
quelques lits, la Cour payait 5 4oo maravédis pour un infirmier et 
une infirmière. Mais rien n'était prévu pour la nourriture des ma- 
lades, pour les remèdes, etc. Seuls, les cofrades, soldats faisant par- 
rie d'une confrérie de secours mutuels, étaient tant bien que mal 
pourvus du nécessaire ; ils versaient, chaque année, un real de 
cotisation pour s'assurer des soins, en cas de maladie ^ 

Le veedor ne manquait pas d'attribuer cette situation à la mau- 
vaise administration du gouverneur : « Si l'hôpital de cette ville est 
mal pourvu, c'est que le gouverneur y prétend être le maître, bien 
que le Duc lui ait mandé que cela ne devait pas être et que l'hôpi- 
tal devait être géré par son veedor \ » 

Un rapport de Hernando de Bustillo, daté de i556, donne sur 
le fonctionnement de cet hôpital des détails suggestifs. « Votre 
Majesté m'a demandé de lui adresser un rapport particulier sur les 
ressources de cet hôpital et sur les soins que les malades peuvent y 
trouver. En dehors du logement de l'infirmière, la maison contient 
deux pièces, une pour huit lits et une autre pour deux. Il est pos- 
sible de l'agrandir, en faisant d'autres salles de dix à douze lits et une 
chapelle que Votre Majesté ordonnera sans doute de construire pour 
remplacer celle qui a été démolie Les malades entrant à l'hôpi- 
tal n ont pas autre chose que le logement et le lit. Ce que les sol- 

I. « Digo que convicne a su servicio 3. Lettre do Miguel de Perea à Mexi- 
que tambien se me mande que no consienla milien et à Marie d'Autriche, i a avril 1 549- 
que se de por paga a los travajadores sino Legajo 474- 

loque recibicren de haziendade V''' Alteza, 3. « Otrosi, el espital desla cibdad esta 

ponpie con esto podre yo dcsviar las pasa- mal proveydo, porquel Ciapilan pret'jnde 

quentas con que se destrujeu los travaja- scr patron del, auuqucl Ducjun le ha en- 

dores y que se haran atcntados en su biado a mandar que no losea, sino que se 

gasto. » Lettre de Hernando de Bustillo à provca por su veedor. » Lettre de B. Do- 
la Princesse Hégentc, 2^ février \b5g. rador à Ma\imilien et h Mario, i5 septem- 
Leyajo 4fiô. hrc 15/19. Legajo 474- 



INTRODUCTION XXIII 

dats peuvent réunir entre eux de cotisations est si peu de chose que 
cela ne suffit même pas à leur assurer une nourriture de régime 
pendant neuf jours. Et encore, pour ce régime, il faudrait du sucre, 
du raisin, des amandes, de la calabazate, etc., et ici il n'y a 
rien. Passé lés neuf jours, les malades se nourrissent sur leur 
solde*. » 



Le « spirituel » n'était pas en plus brillant état dans la frontera 
que le matériel. « Melilla avait mauvaise réputation » et le casuel y 
était maigre, « tant parce que la population est très pauvre que 
parce qu'elle n'est pas très dévote » ; quand le soldat a pourvu avec 
sa solde à sa nourriture et à son vêtement, « il a plus envie de 
quêter que de donner au Seigneur". » Pour ces raisons, il était 
très difficile de trouver des clercs assurant le service religieux de la 
frontera. La nomination des desservants soulevait, d'ailleurs, une 
de ces questions de hiérarchie ecclésiastique sur lesquelles les digni- 
taires de l'église d'Espagne se montraient intransigeants. De quel 
évêché relevait Melilla. ►^ La question n'avait pas été résolue. Le 
comte de Niebla ayant envoyé comme vicaire le licencié Melchior 
de Sanabria, celui-ci s'était vu refuser les saintes huiles par lévêque 
de Malaga ; l'archevêque de Séville ne s'était pas montré plus ac( om- 
modant. Hernando de Bustillo ajoutait : « Votre Majesté déviait 
ordonner par une cédule à lévêque de Malaga de donner l'huile et 
le saint chrême nécessaires à Melilla, quand on viendrait les lui 
demander. S il était possible de créer un évêché à Melilla, Votre 



I. « Manda V""^ Mag* que de parlicu'ar dos es tan poco, que aun no basta para 

aviso de la provision que tiene este hospi- darlcs diela nueve dias. Y por la dieta no 

tal y dcl recaiido que ay para los enfermes. ay de ocho meses aca açucar, ni pasas, ni 

La casa liene una pieça para ocho camas, y almcndras, ni una tajada de calabaçate, ni 

otra para la enfermera. Ay dispusicion en otra cosa. Pasados los nueve dias, comen 

el suclo de la casa para labrar otros aposen- los enfermos de sus sueldos. » Mémoire de 

tes para otras dicz o doze camas y para Hernando de liuslillo, i556. Legajo 48 1- 
hazer una iglcsia, como se espéra que V""* 2. «Tan mala fama deve (cner Melilla. » 

Mag* la mandara hazer a su tiempo, pues « Asi porque la gente es muy pobre, como 

se dcrribo la que aqui solia aver No porque no es muy devola. » — «Masocasion 

tiencn los dolientes otro refrigerio quando le quedapara pedirque para darpor Dios. » 

alli van, sino la posada y camas ; y lo que Lettre de Hernando de Bustillo à la Prin- 

se puede Uegar de limosnas entre los solda- cesse Ilégente, 24 février lôSg. 



XXIV INTRODUCTION 

Majesté le ferait sans doute: mais, comme elle n'a pas voulu le 
faire pour les autres frouteras, elle ne voudra probablement pas le 
faire pour celle-ci'. » 

La nomination des clercs, sous le régime des asientos, appartint 
en fait au duc de Medina-Sidonia. qui la délégua dans la suite à 
son (ils. le comte de Niebla. Lorsque le Duc eut renoncé à ses 
droits, cette nomination revint à la Couronne. Un bref pontifical 
de Grégoire XIII, en date du 5 février 1676, fit cesser ce qu'il y avait 
d'irrégulier dans cette situation, en rattachant à l'évêché de Malaga 
les fronteras africaines ^ à l'exception d'Oran \ 

Les divers asientos prévoyaient deux clercs pour desservir Melilla 
qui, en i553. ne comptait pas moins de trois églises ou chapelles^ 
Les gouverneurs, dont l'autorité, comme on Ta vu, était presque 
souveraine, leur faisaient parfois la vie dure, s'ingérant dans leur 
ministère. Un de ces clercs, Alonso de Alcaraz, prêtre distingué, ayant 
adressé des réprimandes à des hommes qui vivaient en concubinage 
depuis dix ou douze années, se vit signifier par le lieutenant-gouver- 
neur Juan de Perea ° l'ordre d'avoir à quitter la ville. Le malheureux 
clerc, après avoir vainement demandé justice, s'adressa au veedor; 
le gouverneur maintint son ordre et répondit au veodor « que le 

1. « \ sobre que aqiii ava olio V chrisma. Essais sur l'Administration de la Castille au 

\" Mag' por su cedula deve mandar al XVI'' siècle, p. lo; Fey, Histoire d'Oran, 

obispo de Malaga que, quando gela pidie- p. 228. 

ren para aqui, que la de. Si se çufriera 4- Les églises de San Miguel et de Santa 

dar titulo de obispo de Melilla, V''^ Mag* Rarbola (lettre de Francisco de Médina à 

le diera, mas, como noie a dado a las otras Don Philippe, 10 septembre i553, legajo 

fronteras, tampoco querra darle a esta. » 47^} et la chapelle de Santiago, que le ca- 

Mémoire deHernandode Buslilloà Charles- pitaine Miguel de Perea avait voulu faire 

Quint, 1" septembre i556. Legajo 481. construire, l'année même de sa mort(i 55 1), 

3. Morales, op. cit.. p. 5^3. dans l'épaisseur de la muraille d'un ravelin 

3. Le cardinal Ximenez de Cisneros, (lettre dWlonso de Melgar au secrétaire 

archevêque de Tolède, ayant conquis Oran Francisco de Ledesma, i5 juillet i553, 

en i5o9 avec une armée de 20000 hommes même legajoy Cf. MoRALKS,op.cit.,p. 543. 

levée à ses frais, avait obtenu le gouver- 5. Pendant l'absence de Francisco de 

nemenl ecclésiastique de cette ville, à Médina, gouverneur en titre ( i54o-i553), 

défaut du gouvernement civil, auquel il Juan de Perea exerça phisieurs fois les 

prétendait aussi, mais que Ferdinand le fonctionsdc lieutenant-gouverneur (teniente 

Catliolique ne voulut pas lui concéder. La de alcaide e capitan), du i*' septembre 

ville d'Oran demeura sous la juridiction i547 à avril i549, ^^ ^ septembre i549 

immédiate de Tolède tant que dura la au i5 mai i55i, et d'octobre i553 au i5 

domination espagnole. Gounon-Loubens, décembre i554- Legajos 4/3-478, passim. 



irVTRODUCTION XXV 

clerc ne resterait pas à Melilla et qu'il en partirait, dùt-il le traîner 
au caveçon '. » 

Les torts n'étaient pas toujours aussi nettement du côté du gou- 
verneur : le recrutement de desservants pour Melilla étant très dif- 
ficile, comme on l'a fait observer, force était d'accepter des sujets 
douteux. f( Le clerc qu'on a chassé d'ici, écrit HernandodeBustillo, 
se prenait de vin, comme ils le font dans son pays ; il était, m'a-t-on 
dit, de Flandres... J'ai fait observer au gouverneur qu il aurait 
bien pu le garder, en le réprimandant, jusqu'à ce qu'il en vînt un 
autre. Mais les mauvaises langues prétendent que c'est le desser- 
vant qui l'a fait partir par cupidité, pour n avoir pas à partager avec 
lui les messes et le reste du casuel'. » La passion du vin n était 
malheureusement pas la seule à laquelle certains clercs se laissaient 
aller. Dans une lettre adressée à la Princesse Régente par ce même 
Bustillo, il signale, comme un cas digne d'être remarqué, que le 
clerc qui est actuellement à Melilla n'a pas de femme. « Cependant 
ajoute-t-il, il est homme et célèbre la messe tous les jours, sans 
s'être confessé depuis huit mois \ » 

Sous le gouvernement du duc de Medina-Sidonia, comme sous 
l'autorité directe du Roi. la frontera de Melilla n eut pas toujours 
les deux clercs qui avaient été prévus dans les asientos. « Nous 
n'avons plus qu'un seul clerc depuis le mois d'août, écrit Bustillo, 
et, s'il venait à mourir, nous resterions alors comme les Berbères 
de cette montagne *. » Le premier des deux clercs portait le titre de 
(( vicario" » ; la nécessité de lui donner un adjoint nous est indiquée 
par Bustillo, et elle est bien caractéristique des mœurs religieuses 

1. « Y el dixo que no abia de qiicdar, pornolc dar una misa ni otra cota. « Lettre 
sino que lo abia de ymbiar, arrastrando de du veedor Ilernando de Bustillo à la Prin- 
los cabczones. » Lettre de B. Dorador à cesse Régente, 'i!x février lôSg. Ldjajo 4*-ï. 
Maximilien et à Marie d'Autriche, 2i mai 3. « Es hombre v célébra cada dia sin 
i55o. Leijajo 47Ô- confcsarse ocho mescs a. » Ibidem. 

2. (c El que echaron de aqui se tomava 4- Ibidem. 

dcl bino, como les de su tierra, que me 5. C'était aussi le titre que portait le des- 

diio que era de Flandes y dise al servant de Bougie. Apris la prise de celte 

Capitanquebienpudicraserreprchcndidoy ville par les Turcs en 1 555, son «vicario», 

corregido, entre tanto que venia otro ; mas, Alonso de Liique, fut envoyé en la même 

como los hombres echan las cosas comun- qualité à Melilla, où il arriva le r6 février 

mente a la peor parte, dixeron. lo que yo i558. Lettre d'Alonso de Luque, 32 février 

no creo, que la codicia del vicario le écho i55S. Letjajo 4S4- 



XXVI INTRODUCTION 

de l'époque : le soldat était quasiment obligé de se confesser, et 
l'on ne voulait pas qu'il arguât, pour se soustraire à ce pieux 
devoir, de ce qu'il était mal avec le vicaire'. 



Bien que la garnison y fût réduite, et que 1 on y fît maigre chère, 
la frontera de Melilla était pour la couronne d'Espagne « de plus 
de dépense que de profit', » L'occupation de cette position, nous 
le rappelons, avait été le résultat d'une circonstance tout à fait 
fortuite: son abandon par ses habitants : aucun avantage naturel"' 
n'avait déterminé ce choix, car elle se prêtait fort mal à des des- 
seins plus ambitieux. 

On oppose parfois la situation des Portugais au Maroc à celle 
des Espagnols à cette même époque et dans le même pays. Les 
premiers établissent leur hégémonie sur les tribus voisines de leurs 
possessions ; ces tribus acquittent des redevances en argent ou en 
nature ; elles fournissent des contingents armés à leurs expéditions. 
Par contre, les Espagnols confinés dans leur frontera de Melilla y 
sont si étroitement bloqués qu il faut des prises d'armes de la gar- 
nison pour aller « à leau y ou « au bois ». Cette différence de 
situation s'explique autant par la configuration des deux régions du 
Maroc, où chacune de ces nations avait tenté d'établir sa domina- 
tion, que par la profonde dissemblance des populations habitant ces 
contrées. 

La côte océane, où se trouvaient les établissements portugais, est, 
à la vérité, très inhospitalière, mais l'arrière-pays est d'un accès 
facile ; il était habité au xvi^ siècle par des populations que les cir- 
constances avaient rendues vassales ou sujettes des dynasties de Fez 
et de Mcrrakech, dépourvues, d'ailleurs, de tout loyalisme à leur 
endroit ; les opposer les unes aux autres, pratiquer ce qu'on a 

1. « Porquc el soldado no tenga des- nando al Catholico , lib. III, cap. i6. 
cargo de su ciilpa con dczir que no esta 3. Aujourd'hui, la situation a changé, 
bion con cl hicario. » V. lettre de lier- le sous-sol de la région de Melilla s'élant 
nando de Bustillo, 2^ février iSSg. Legajo révélé très riche en minerais. L'exploita- 
4*5. iion active des gisenrients de galène, do 

2. « .V los principios parecio esta empre- calamine, d'hématîTe a transformé les con- 
sa de Melilla de mucho mas gasto que pro- ditions économiques de Melilla, dont le 
vecho » ÇuuiTA, lUsloria dalRey Don lier- port a pris une grande importance. 



INTRODUCTION XXVII 

appelé de nos jours la politique de tribus, était pour les gouver- 
neurs portugais une méthode tout indiquée. A lencontre de 
l'Atlantique, la Méditerranée ne vient pas briser sur la côte du 
Maroc, mais une chaîne abrupte s'élève au long du rivage, bai rant 
les communications avec l'intérieur ; elle est habitée par des tribus 
qui n'avaient jamais subi de domination réelle et qui étaient farou- 
chement jalouses de leur indépendance. Il aurait fallu aux Rois 
Catholiques des forces considérables et une lutte pied à pied pour 
vaincre la résistance des montagnards rifains. D'ailleurs le Rif 
dépendait du royaume de Fez ; il faisait donc partie de ce qu'on 
appelait alors « la conquête ' du Portugal w, et l'Espagne était sans 
droits pour tenter de s'y établir. Quanta la ville de Melilla. située 
à l'extrémité de la région, les Rois Catholiques avaient pu soutenir 
qu'elle relevait du royaume de Tlemcen et qu'elle était de ce fait 
comprise dans a la conquête de l'Espagne ». Il avait fallu peser à 
Tordesillas sur les plénipoleiitiaires portugais pour la leur faire 
accepter^ cette prétention, mais elle ne donnait aux Rois Catholiques 
aucun titre à opérer dans l'arrière pays. Aussi bien, l'expérience 
leur apprit vite qu'il y avait peu de profit à retirer de l'occu- 
pation de Melilla. Ils jugèrent avec raison qu'Honeïn, Oran, 
Alger, Bougie et Tunis étaient des acquisitions d un plus grand 
intérêt: ils ne tentèrent aucun effort sérieux pour agrandir leur 
frontera du Rit. Néanmoins, par une singularité de la destinée, 
celle-ci est demeurée à l'Espagne, alors que furent perdus le 
Penon d Alger en 1529, Iloneïn en i53'i, Bougie en 1505. 
Tunis en 15^^ et finalement Oran en 17(12. 

Si la ville de Melilla ne fut pas abandonnée, bien que le projet 
en ait été parfois envisagé \ elle le doit sans doute à sa proximité de 
la côte d'Andalousie et à l'avantage que retirait le Trésor espagnol 
de la bulle de la Santa Cruzada ' : la Papauté assimilait la présence 
à Melilla d'une petite garnison luttant contre l'Infidèle à une véri- 



1. \ . supra, p. IV et notes i el 2. velable tous les cinq ans, avait été, à l'ori- 

2. \. ibidem el noie S. t'inc, accordée par les papes aux Rois 

3. \ . infra. Doc. CLXI, p. [\i')(j, lettre Catliolicjues pour leur fournir les movens 
(le Charles-Quint à Maximilien et à Marie de lutter contre les Maures. En fait, après 
d'Autriche. i/| septembre i55o. la conquête du royaume de Grenade, cette 

!i. La huile de la Santa Crnzada, renou- bulle n'avait plus de raison d'être. Mais la 



XXVllI INTRODUCTION 

table croisade. Quoi qu'il en soit de ces motifs, ils ne furent pas 
assez puissants pour déterminer Tenvoi dans cette frontera de 
forces suffisantes et de ravitaillements réguliers ; les conditions de 
la vie matérielle et la sécurité furent toujours très précaires à 
Melilla, qui, bien loin de trouver des alliés dans les tribus les plus 
les plus rapprochées, comme les Guelaïa et les Kebdana, eut toujours 
h se défendre contre leurs continuelles attaques. 

Cependant les tioubles qui marquèrent la chute des Béni Ouat- 
tas et l'avènement des Saadiens auraient pu fournir à Charles-Quint et 
à Philippe II l'occasion d'intervenir au Maroc, politique dont ils 
étaient en droit d'attendre une extension territoriale. Mais de plus 
vastes desseins hantaient leurs esprits depuis la découverte de l'Amé- 
rique. Oubliant le testament d'Isabelle la Catholique, qui leur prescri- 
vait de faire de la conquête de l'Afrique et de la lutte contre l'Islam 
leur constante préoccupation, ils préférèrent porter leurs armes 
dans les Indes Occidentales, oii leur ambition et leur esprit de 
prosélytisme trouvaient une plus complète satisfaction. Sur toute 
l'étendue delà côte rifaine, l'Espagne devait se borner à occuper 
quelques îlots rocheux et la ville de Melilla, presque séparée elle- 
même du Maroc. 

cour de Romo, vivfmont sollicitée par les impôt rapportant au Trusor dos sommes 

Rois Catholiques, et prenant, d'autre part, considérables, ear tout sujet du roi d'Espa- 

en considération la guerre qu'ils soutenaient gne, dans la péninsule comme dans les 

en Afrique contre les infidèles, consentit à culonies, était obligé d'acheter la bulle de 

la renouveler. Cette bulle, qui conférait, la Croisade, alors même qu'il ne faisait 

entre autres privilèges, certaines dispenses pas usage des dispenses qu'elle conférait, 

d'abslincnce, était devenue un véritable Cf. Gounon-Loubf..ns, pp. 3i2-3i3. 



LETTRE DE LA VILLE DE GIBRALTAR 



LETTRE DE LA VILLE DE GIBRALTAR 
A LA VILLE DE SÉVILLE 

Barheroiisse a quitte Alyer avec plusieurs navires, vingt-six autres l'ont 
rejoint et quelques-uns ont relâché à Tétouan. — On rassemble dans 
cette ville tout le blé du district, qui a eu, cette année, la meilleure récolte 
du royaume de Fez, et l'on y fabrique beaucoup de biscuit. — Ces 
approvisionnements semblent destinés à Barberousse, car il y a disette 
de blé à Alger. — En prévision d'une attaque prochaine de Gibraltar, le 
Conseil de cette ville deniande à celui de Séville de lui envoyer au plus 
tôt un secours. 



Gibraltar, 25 avril i53i. 

Sur la couverture, alla manu: Gibraltar, 20 de Abril i53i*. 
Adresse: A los muv illustres seûores, los seàores Justicia y 
Regimiento de la cibdad de Se villa. 

Muy ylluslres Seàores, 

Va V. S. terna aviso como Barba Roxa Iraya fuera de Argel 
cierlo numéro de galeras y fuslas, y las que agora dcmas de 
aquellas lian salido^ Pero, porque esta cibdad esta en el camino 
por donde algunas vezes pasan los avisos, hazemos saber a V. S. 
que tenemos por nueva cierla que lian salido de Argel veyiite et 
seys fustas, syn las que andavan l'uera ; y destas o de otras son 

1. Au-dessous de cette mention, se trouve ou maures avaient été signalés vers le c.ip 
un résumé de la lettre de la main du ciia- de Gala, et l'on avait appris que des fustis 
noine Tomas Gonzalez, archiviste de Si- de ïétouan ou de Valez se préparaient à 
mancas au xvm*' siècle. opérer sur les côtes d'Espagne. Arcldvo 

2. A 'a fin do i53o, des corsaires turcs General de Siinancas, Estado, leg" /tOi, 

De Gastries, \. — 1 



2 2 5 AVRIL l53l 

ac'ora llejradas al rio de Tituan ciertas fustas de Turcos, v no 
sabemos quantas, por quel puerto esta cerrado, que no viene de 
alla nadie. 

Y tanbien nos dizen que en Tituan se llega todo el trigo que ay 
en su comarca ; y es donde ogafio ay mas pan que en todo el reyno 
de Fez. Y juntamente con esto se sabe que hazen mucho viscocho. 
De cuya platica venimos a sospechar que esta panatica es para 
Barba Roxa, por que tiene necesidad de pan y la ay en aquella 
comarca de Argel. 

Y como esta cibdad ynporta tanto al servicio de Dios y de Su 
Mag'\ como V. S. sabe, y no esta tan bien proveyda como es 
menester para su guarda y defensa. tenemos alguna sospecha de 
necesidat, porque en muy pocos dias podria Barba Roxa llegar, 
si quiere bazerlo a esta cibdad. A V. S. suplicamos nos haga mer- 
ced como suele de favorescernos y enbiarnos alguna gente que 
nos ayude a vclar y guardar esta cibdad, basta que Su Mag'' provea 
lo que fuere servida. Y la que al présente avemos menester es cient 
escopeteros. Y, pues en esto concurre hazer servicio a Su Mag'' y 
a nosotros la merced que su grandeza y magnificiencia les obliga, 
no tenemos mas que dezir, sino que la brevedad es muy necesaria. 

Xuestro Sefior las muy illustres personas de V. S. guarde y su 
estado acresciente. 

De Gibraltar, a xxv de Abril de itSoxxxi" aaos. 
Besamos las manos de V. S. 

Signé: El bacliiller Alf. — Figueredas. — Francisco de 

Pyna. — Andres de Yyllavicello, — Pedro de Mesa. — Cristoval 
Cîordo. — Francisco de Nortera. 

Por mandado de los seùores Justicia y Regimiento, 
Signé: Alonso de Andujar. escrivano del Concejo. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 'iGl. — OriijinaL 

I. V. iiifrn. p. /(, nfito 3. 



LETTRE DE D. GABRIEL DE CORDOBA 



II 



LETTRE DE DON GABRIEL DE CORDOBA 
A ISABELLE DE PORTUGAL' 

Don Gabriel de Cordoba , faisant voile vers le Ponant, n appris rjue plusieurs 
navi7-es turcs étaient sortis de la rivière de Larache. — // s'est porté à 
leur rencontre, mais il les a trouvés échoués ; il lui a été impossible de les 
incendier, parce que les Maures de la côte étaient en éveil. — De Larache, 
il est allé sur Tétouan, où se trouvaient mouillés d'autres corsaires, mais, 
malfjré tous ses efforts, il n'a pu les décider à sortir. — Il a ensuite 
croisé devant la cùle du Bif Jusqu'à hauteur des îles Zaffarines, où le 
mauvais temps l'a retenu quatre jours, puis il est rentré à Makuja. — 
// allait en repartir, quand il a été avisé que les navires de Larache et 
de Tétouan s'étaient réunis en vue d'une incursion sur Cadix ou le comté 
d'Ayamonle. — Comme les fjaVeres suffisent [jrésentement à garder la 
réfjion du Levant, D. Gabriel de Cordoba croit devoir partir avec sa 
/lotte à la poursuite de ces corsaires. — // espère bon succès de son 
entreprise. 

Malaga, 12 août [i53i -]. 

Sur la couverture, alia manu: Malao^a, 12 de Airoslo. 
Adresse : A la Sacra Cesarea Catolica Mag' de la Empeiatryz 
nuestra sefiora. 

Sacra Cesarea Catolica Mag', 
Yo sali de aqui el dia que a V" Mag' escrevi y fui la buella de 

I. Isabelle de Portugal, femme de Char- V'* -^îag' manda que diga de las fuslas de 

les-Quint, qui lui avait confié la régence du l'on Gravicl. clsalio de Malaga, como a \ ■■' 

royaume d'Espagne. ^^^g' cscrivicron, hazia el Eslrcciio. A dioz 

a. La date de l'année a été restituée d'après y nucvc de Jullio estuvo a Gibraltar, dcs- 

le passage suivantd'unclettre de Don Alvaro pues supe que avia pasado a Ccbta. No ho 

de Bazan à rimpcratrice, datée de Salo- sah'ido mas dc\. n Archiva General de Siinan- 

brena, 29 juillet i33i : « Quanlo a lo que cas, Eslado, leg" 4(^1 > 



4 12 AOUT l53l 

ponienle, por nueva que luve de ciertos navios de Turcos que avian 
salido del rio de Arnarache\ y dime toda la priesa que pude hasta 
Uegar a el, donde los halle varados. Y, por estar avisados los Moios 
del lugar, no lo uvo de quemallos. De ay torne la buelta de Tituan, 
porque alli ay otros navios, y hize todas las diligencias^ possibles 
i3ara que saliessen. Y, por estar tan descubierta nuestia armada, 
por lo mucho que aqui me detuve entendiendo en ello, no salieron, 
como otras vezes lo solian hazer, viendo algun vergantin. De ay 
fui corriendo a luengo de costa de Berberia, hasta las Aljafarinas, 
donde estuve quatro dias sin poder hazer cosa, con muy rezio 
tiempo ; ni créa V" Mag* que se podia hazer en toda esta costa de 
poniente sin aventurarse mucha gente, por estar tan sobrel aviso 
los Moros como estan. Vine en esta cibdad con aver andado por 
alla un mes, que me falto el pan que saque délia ; y esto lo causo 
aver tenido armados los navios lantos dias sin que se me tomasse 
alarde. Yo los lie proveido para poder servir a V" Mag' todo un 
mes, y asi lo hare todo lo demas que V'^ Mag* mandare. 

Estando de camino para salir deste puerto, me vino una carta de 
rebato en que me dizen que los navios del rio de Arnarache y los 
de Tituan se an junlado, y que quieren yr a hazer salto en Caliz o 
al condado de Ayamonte. Y a esta salida les a movido saber que 
nosotros queriamos yr la buelta de levante y que no aviamos de 
tornar tan presto. Y, pues las gâteras van tan bien en orden que 
bastan a guardar lo que agora ay en levante, parecio que deviamos 
yr con esta armada de V'^ Mag' en seguimiento destos navios ; y asi 
lo voy a poner por obra. Y, ya que por alguna causa no se puedan 
aver con escusar que no salgan a hazer dano como suelen hazello, 
pienso que hago mas servicio a Y'" Mag' que podia hazer en otra 
parte \ 

1. Arnaraclie, Alaraclie, forme ordinaire raient do concert. Une lettre de Carthagcne 
de Larache dans les documents espagnols. du 27 mai i53i signale le passage de trente 

2. C'est-à-dire qu'il a usé de tous les fustcs algériennes « al rio de ïctuan », et 
stralagcmes jiour décider les corsaires à prévoit leur jonction avec les fustcs de Valez 
venir l'altaquiir. el do Tétouan j le gouverneur de Majorque 

3. Les côtes d'Espagne avaient beaucoup rapporte, le 8 octobre suivant, que Barbe- 
à souffrir des ravages des pirates barba- rousse a mouillé plusieurs jours durant, 
resques, aussi bien de ceux d'Alger que do avec quatorze fustcs et deux galères, dans 
ceux des ports marocains, qui souvent opé- le port de Cabrera (^Siinancas, Estado, leg" 



LETTRE DE D. GABRIEL DE CORDOBA O 

Suposse como estos navios querian salir y esperavan a los de 
Tituan por un Cristiano que se solto de quarenta que tornaron 
antes que yo armasse. Y soltose este Cristiano oy a doze dias des- 
pues que nosotros passâmes por el lugar', el quai llevo en mi com- 
pania para que nos guie a las emposlas que ellos suelen tomar 
quando salen a hazer salto. Yo espero en Dios que en el viage 
V" Mag' sera servida de una manera o de otra. En todo V" Mag' 
embie a mandar lo que mas sea su servicio, por que no se esceda 
cosa. 

En Malaga, a \u de Agosto. 

Vasallo que las reaies manos de V" Mag' besa, 

Signé : Don Gravyel de Cordova. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legojo U6l. — Original. 

46 1^. La rivière de ïétouan (rio Marlil) rations sur les côtes du royaume de Grenade 

constituait un mouillage que les corsaires et de l'Andalousie. 

d'Alger appréciaient tout particulièrement i. La phrase est peu claire; il est logi- 

ct qu'ils utilisaient, de connivence avec les que de penser que le lieu dont il est ques- 

gens du pays, comme base pour leurs ope- lion n'est autre que Larache. 



NOTE BIBLIOGRAPHIQUE 



LES RELATIONS DL MARTYRE D'ANDRÉ DE SPOLÈTE 



Note bibliographique. 



La relation du martvre d'André de Spolète, écrite en latin par le P. Antonio 
de Olave, franciscain portugais du couvent de Setubal, et imprimée à Toulouse 
en i532, aurait dû, en conformité des règles de notre publication ', être insérée 
à sa date dans la Sous-série Archives et Bibliothèques de France; mais nous 
ignorions alors l'existence de la plaquette où elle est éditée avec une traduction 
française contemporaine'- et deux autres lettres édifiantes. Toutefois cette rela- 
tion ne sera pas déplacée dans la Sous-série Archives et Bibliothèques d'Espagne, 
puisque la Bibliothèque Colombine de Séville en possède une autre traduction 
française signalée par M. Jean Babelo.n dans son précieux ouvrage La Biblio- 
thèque Française de Fernand Colomb^, et qu'il en existe une traduction espa- 
gnole, parue dès l'année i5:i3,à Medlna-del-Campo*. Aussi bien la « Passion 
d'zVndré de Spolète » a donné Heu, comme l'a remarqué M. Pérez Pastor^, à 
plusieurs erreurs bibliographiques, et une difficulté nouvelle est soulevée 
aujourd'hui par l'existence de la traduction suspecte conservée à la Colombine, 
publiée sans nom de Heu ni d'éditeur et sans date, avec des altérations confi- 
nant à des falsincations de texte. Avant d'aborder la question bibliographique, 
il a paru utile d'exposer brièvement l'événement qui fait l'objet de cette relation 
et les circonstances dans lesquelles elle a été composée. 

Un religieux franciscain, venu à Fez en i53i, autant pour exercer son 
ministère auprès des captifs chrétiens que pour chercher une occasion de subir 
le martyre, ainsi que l'avaient déjà fait antérieurement d'autres disciples de 

I. V. /'■« Série, France, t. I, Avant- Colomb, fut « à la fois diplomate, naviga- 

propos, p. VIII. leur, mathématicien et humaniste ». Au 

3. C'est à celte traduction française de retour de ses na^gations, il fit de nombreux 

la Bibliothèque Nationale de Paris que se voyages en Europe, au cours desquels il col- 

réfcre le P. Marcellino da Civezza dans lectionna des livres. Il légua sa bibliothèque, 

sa Storia un'wersale dette Missioni Fronces- qui comptait à sa mort 15870 volumes, 

cane. Fircnze, 1894. au chapitre de la cathédrale de Séville. 

3. Paris, Champion, igiS, in-S», n" 167. 4- V. infra, p. i4. 

— Fernand Colomb (i5 août i/188-ia b. PéREZ Pastor, La Imprenla en Mcdina 

juillet lâSg), fils naturel de Christophe Je/ Campo, Madrid, iSgS, in-S», pp. a^-Si- 



LES RELATIONS DU MARTYRE D ANDRE DE SPOLETE ^ 

saint François ', se mit à répandre publiquement la parole divine. Le roi de 
Fez - et son vizir Moulay Ibrahim ■', ayant été informés de la conduite impru- 
dente de l'ardent franciscain, le firent comparaître en leur présence. André de 
Spolète manifestcf hautement son intention de convertir les musulmans et, 
s'exaltant de plus en plus, proposa, en témoignage de sa foi, d'entrer au 
milieu d'un bûcher ardent et d'en sortir sain et sauf. Cette proposition ne 
laissa pas que d'embarrasser le roi de Fez et Moulay Ibrahim. Outre qu'à celte 
époque, les captifs chrétiens jouissaient dans le royaume de Fez d'une tolérance 
relative, un accord passé avec le roi de Portugal Alphonse V et confirmé par 
Jean II stipulait qu'ils ne devaient être l'objet d'aucun mauvais traitement. La 
proposition du P. André de Spolèle ne fut donc pas acceptée et on le ramena 
au fondouk des Chrétiens. 

Plusieurs jours après, sur l'ordre du Roi, qui cherchait, sans doute, en 
gagnant du temps, à calmer l'ardeur religieuse du Père, on le conduisit dans 
une synagogue du Mellah, pour que son zèle apostolique pût s'exercer sur les 
rabbins et les Juifs, mais l'ardente parole du disciple de saint François ne 
réussit pas à émouvoir la dureté de leur cœur. Alors, voyant que sa prédica- 
tion auprès des Juifs était sans résultat*, le P. André de Spolète se décida, 
malgré la vive opposition de tous les captifs chrétiens, qui lui remontraient 
la folie de lentreprise, à pénétrer dans la ville de Fez et à prêcher publique- 
ment la parole de Dieu. C'est pourquoi il se rendit auprès de Moulay Ibrahim 
et lui demanda de faire dresser un grand bûcher au milieu duquel il se pro- 
posait de pénétrer tout nu. Le vizir ne voulut y consentir qu'à la condition 
suivante: les plus nobles d'entre les captifs chrétiens certifieraient par écrit 
que c'était spontanément que le P. André s'exposait à ce supplice. Pedro Arias 
et Fernando de Menezes signèrent l'attestation demandée par le vizir pour sa 
décharge. 

. Mais Moulay Ibrahim, espérant toujours que le temps arriverait à calmer 
l'exaltation du Père, remit à trois jours la cérémonie. Le délai expiré, André 
de Spolète se rend sur le lieu du bûcher, où Chrétiens et Maures étaient venus 
en grand nombre. Il adresse une dernière exhortation aux musulmans, les 
adjurant de renoncer à la loi du « maudit Mahomet » ° pour éviter les peines 
de l'enfer. Furieux, les Maures se saisissent de sa personne ; le Père André 
dépouille ses vêtements jusqu'à la ceinture, pénétre au milieu du bûcher et, se 
mettant à genoux, récite des prières. En hâte, les bourreaux s'apprêtent à 
allumer le bois, mais par trois fois ils ne peuvent y parvenir. Alors on répand 
sur le bûcher du soufre et tout un baril de poudre qui s'enflamme violemment. 

I. V. SS. IIiST. Maroc, /'* Série, 3. V. infra. p. 17, note 4- 

France, t. III, Introduction critique: Les 4. « Nec ad aliquid bonum duritiam cor- 

Chrétiens au Maroc, p. g3. dis corum flectere potuissct. » V. infra, 

a. Ahmed el-Oualtassi. V. p. 162, PI. p. 19. 

IV, Tableau généalogique des princes de 5. « Illc maledictus Mahomctus. » V. 

la dynastie ouattasside, note q. infra. p. 20. 



8 >OTE BIELIOGRAPHIQUE 

Dès que la fumée est dissipée, on aperçoit au milieu des flammes le martyr sain 
et sauf et le visaf^e souriant. Les Chrétiens sont remplis d'une pieuse émotion, 
les Maures saisis de rage se jettent sur le religieux et le mettent à mort. 

Tel serait l'événement, d'après la relation du P. Antonio de Olave, que le 
P. Castellanos qualifie de « sumamente rara »'. Quelles sont l'origine et la 
provenance de ce document et par quel enchaînement de circonstances se 
trouva-t-il imprimé et publié à Toulouse? 

Un illustre Portugais, Don Fernando de Menezes, fils du gouverneur de Tan- 
i^er. Don Duarte, se trouvant en captivité à Fez depuis le mois de février 
i53i, assista au martyre du P. André de Spolète, et, comme nous l'avons 
dit, il fut un des deux signataires de l'attestation demandée par le vizir Mou- 
lav Ibrahim. Rempli d'une pieuse admiration pour le miracle dont il avait été 
témoin, il écrivit une longue lettre ^ à son père, lui faisant un récit circonstancié 
du martyre. Don Duarte crut devoir faire parvenir cette lettre à la Cour, 
sachant qu'elle intéresserait le roi Jean 111, réputé pour sa grande piété. Le Roi 
s'empressa de la communiquer au supérieur des Franciscains de la maison 
de Selubal, le P. Antonio de Olave. Comme, dans cette année loSa, le cha- 
pitre général de l'ordre des Frères Mineurs devait se réunir à Toulouse, le jour 
de la Pentecôte, le Père Antonio de Olave rédigea en latin, d'après la lettre de 
Fernando de Menezes, une relation du martyre destinée à être lue devant l'as- 
semblée des Révérends Pères de l'Observance. Sa relation est datée de Setubal, 
lo avril loSa ; la fête de la Pentecôte se célébrait cette année-là le 19 mai. 

Un honorable commerçant de Toulouse, nommé Jean Barrll, fit traduire en 
français les lettres édifiantes dont on avait donné lecture au chapitre général 
et dont le martyre du P. André de Spolète formait la pièce principale % puis il 
fit imprimer à ses frais une plaquette donnant les dites lettres en français et 
dans leur texte latin. Voici, d'après l'exemplaire conservé à la Bibliothèque 
Nationale, à Paris (Rés. Inv. K. 6^75/), la description de cette plaquette qui, en 
réalité, en contient trois ayant chacune un litre distinct, mais reliées dans un 
même cartonnage. 

I. Fr. Manuel P. Castellanos, Apos- Machado, la lettre de D. Fernando de 

lolado serajico en Marruecos, p. 210, note i . Menezes commençait ainsi : « La Ihe tenho 

a. Si l'on s'en rapporte à Barbosa escrita como a esta cidade era vindo hum 
Machado, cette longue lettre, « huma larga frade de la Observancia. » Elle se lermi- 
carta », aurait été trouvée en France dans nait par cette invocation : «Prazaao Senhor 
les papiers de Dom Antonio, prieur de Crato, Deos que Ihe de o paraizo e a nos de a sua 
et aurait été rapportée en Portugal par le f e 1 Amen. « Cf. Bibl. LusiL, à l'art. Fer- 
docteur Christovâo Soares de Abreu, qui nando de Menezes. 

la communiqua au licencié Jorge Car- 3. C'est la réunion de ces lettres de pro- 

doso. Il est inutile de faire remarquer qu'à venances et d'auteurs différents qui a causé 

la date de l'arrivée en France de D. Antonio, la méprise de plusieurs bibliographes, les 

il y avait déjà près de cinquante ans qu'avait empêchant de discerner le véritable auteur 

paru, en latin et en français, la relation du de la relation du martyre d'André de Spolète. 

P. Antonio de Olave. D'après Barbosa V. infra, p. g, note 3. 



LES RELATIONS DU MARTYRE D ANDRÉ DE «POLÈTE Q 

La première plaquette, que nous appellerons plaquette A, a pour titre : 

CL Hysioire el lettres du glo- 
rieux } bienkeure frère André de Spolete de V ordre des frè- 
res mineurs de la régulière observance. Lequel a souffert 
martyre en la cite de Fez en affricque. Lan m.d.xxxii el le 
IX. de Janvier. Comme a envoyé par exprès message le hault l 
très puissant roy de Portugal t Algarbe \ au chapitre gênerai 
des frères mineurs célèbre en la illustre î magnificque cite 
de Tlwlose en lan que dessus \ en la solennité de la penthecoste. 
CE Est contenu aussi la teneur de aultres certaines lettres de 
la miraculeuse conversion 1 augmentation de lafoy calholicqae 
au pays de Hukelan aultrement dict terre neufve ou bien 
neufve Hespaigne. 

C'est un petit in-4° de six feuillets non chitTrés, de 33 lignes, à caractères 
gothiques. Signatures: A, A^, A', A*, B, B-. Initiale gravée. Le titre est imprimé 
en rouge et en noir. Il porte une figure sur bois représentant le martyre du fran- 
ciscain, entouré de trois bourreaux armés respectivement d'une massue, d'une 
pierre et d'une lance. Dieu le Père, portant le globe du monde et bénissant, 
se voit dans l'angle supérieur gauche de la gravure. La figure est retirée en 
rouge pour les flammes du bûcher el les rais partant du trône de Dieu. Un 
phylactère sort de la bouche du martyr, portant ces mots : In manus tuas, 
Domine, commendo spiritum meum. 

A la suite de la version française du martyre d'André de Spolète publiée ci- 
après', se trouvent, également traduites en français, les deux lettres provenant du 
Yucatan mentionnées au titre. La première, du P. Martin de ^ alence -, gardien 
des Frères Mineurs en Nouvelle-Espagne (Mexique), est adressée au P. Mathias 
Wensen, « commissaire général sur tous les frères mineurs deçà les monts ». Elle 
est datée « de nostre couvent de Thalmanaco auprès de la grande cité messi- 
kanan de la custoderie du sainct evangille. Le xii. jour de Juing de ceste 
année m. cccccxxxi ». La seconde a été écrite à la même date ^ par l'évèqae 
de Temistitan '* aux Révérends Pères du chapitre général réuni à Toulouse ^. 

1. V. infra, pp. 22-28. 3. C'est par erreur que Pérez Pastok, 

2. John RussELL Bartlett (Bj6iio</ieca citant colle letlre, écrit: « No tiene fc- 
Americana. — A Catalogue of books rela- cha. » Le texte latin porte: « sub eadem 
tiiKj to North and South America in the tibrary data ». 

of John Carier Brown of Providence. — ^. Le texte latin dit : k epi^copum illius 

Providence, 1866) indique le P. Martin de civitatis magne que dicilur Timistilan 

Valence comme l'auteur de la relation du mexico in huketan. » — Temistitan était le 

martyre d'André de Spolète. La même nom indigène de Mexico. Fr. Juan de 

erreur est commise par H. Hakrisse dans Zumarraga en fut le premier évêque. 

sa Bibliotheca Americana vetuslissima. .\ddi- 5. Pérez Pastor, dans sa notice, inter- 

tions, n" 97. vertil l'ordre de ces deux lettres. 



lO NOTE BIBLIOGRAPHIQUE 

Cette première plaquette (plaquette A) se termine par le quatrain suivant : 

C Imprime fut cesluy petit propos 
A la requeste du marchant Jehan Barril 
Par celuy.la qui ne quiert que repos 
Au. vin se preuve la bonté du Barril. 



Suit l'adresse 



C A Tholose Mil cinq cens xxxir. 



La deuxième plaquette (plaquette B), reliée dans le même cartonnage que 
la précédente, est un petit in-A" de dix feuillets non chiffrés, de 34 lignes, à 
caractères gothiques. Signatures ' : A'^, A^, B, B^, B% B^, C, C'^. Initiale gravée. 
Le litre-planche est imprimé en noir seulement. On v lit : 

Lettres envoyés au 
chapitre gênerai des frères Mineurs de la ré- 
gulière observance \ célèbre en la ires illustre X ma- 
gnifcque cite de Tholose | en la solennité de la 
penthecoste. Lan Mil. D. xx.Mi. Par magnificque 
homme sire Jehan de Bernai docteur es droictz 
et conseiller de la Cesaree mageste \ louchant les 
affaires des Indes } parties orientalles. 
C Xouvellement translatées de latin en francoys 
au plus prez de la lettre que a este possible. 
fL Joincte a icelles une salutaire exhortation a 
tous bons î loyaux chrestiens utile l profitable^ . 

Une gravure sur bois représente saint François recevant les stigmates de la 
crucifixion aux mains et aux pieds, ainsi qu'au côté, stigmates qui lui viennent 
d'un Christ en croix placé dans le ciel. La gravure est placée dans un médaillon 
formé d'une couronne d'épines avec quatre tctcs d'anges aux coins. Toute la 
page est entourée d'un encadrement formé de frontons et de colonnes antiques. 

La lettre de Jean de Bernai est datée de « Metine, le m. jour de Apvril 

M. D. XXXII ». 

Cette deuxième plaquette a, comme la première, été éditée aux frais de Jean 
Barril, dont on voit le monogramme gravé sur bois au verso du dernier feuillet '. 

I. La signature A ne se trouve pas sur sion »). V. supra, p. g, note a. 
le litre, qui est orné d'un encadrement. 3. Bnv^^zT (Manueîdu Libraire, t. IV, col. 

3. II. Barrisse, dans la Bibliographie 4^^) contient un court article sur les pla- 

précilée et sous le numéro 98, suppose à quettes A et B. Cf. également Ternaux- 

lort que cette plaquette est une traduction Compans, Bibl. as. et afr., n° 280, et Play- 

franrai.'.c du n" 97 (tcilc latin do la « Pas- pair, Bibl. of Morocco, n" ^i. 



LES RELATIONS DU MARTYRE D ANDRE DE SPOLETE ] I 

La troisième plaquette (plaquette C), également indépendante, reproduit le 
texte latin de la relation du martyre d'André de Spolète, ainsi que celui des 
deux lettres du Yucatan. C'est un petit in-4° de quatre feuillets non chiffrés, 
de 35 lignes, à caractères gothiques. Signature : A^. Initiale gravée. Le titre- 
planche est imprimé en noir seulement comme celui de la plaquette B. On y lit : 

(L Passio gloriosi marty- 
ris beaii palris fralris Andrée de 
Spolelo ordinis minorum regula- 
ris observantie pro cathoUce Jîdei ve- 
ritale passi in Affrica civilale Fez. 
Anno d[omi]ni m.d.x.yxii. 

La gravure sur bois représente saint François élevant les bras et montrant 
SCS mains percées de trous. Ln ange à six ailes ou séraphin est placé sur une 
croix dans le ciel à droite. Au fond, on aperçoit une ville et des rochers. L'en- 
cadrement est le même que celui du titre de la plaquette B. 

Contrairement à l'ordre adopté dans la plaquette A, les deux lettres du 
Yucatan sont placées avant la relation du martyre du P. André de Spolète*, 
laquelle ne commence qu'au tiers inférieur du verso du feuillet A^. C'est le 
texte latin de celte relation qui est publié ci-après'. On lit in fine : 

Impressum Tholose expensis honesti viri Johannis 
barril mercaioris Tholose. 

Laus Deo 

La Bibliothèque Colombine de Séville, ainsi que nous l'avons dit en com- 
mençant, possède une relation en français de la « Passion d'André de Spolète ». 
Bien que faite d'après le texte latin d'Antonio de Olave, elle diflère notable- 
ment de la traduction française imprimée à Toulouse qu'on trouve dans la 
plaquette A. 

L'opuscule de la Colombine est un petit in-4" de quatre feuillets non chiffrés, 
de 39 lignes, à caractères gothiques. Signatures: A^, A*, A*. Initiale gravée. 

Au recto du premier feuillet se trouve le titre : 

Sensuyt la passio[n] du 

glorieux martyr et amy de dieu benoisl père 

Frère André Despoleie de tordre 

des frères mineurs 

I. C'est donc par erreur que Pérez Tolosa a continuacion del Martirio de Fr. 
Pastor écrit: « Estas dos cartas se en- Martin [lapsus pour Andres] de Espoleto ». 
cuenlran tambien en la edicion latina de a. V. infra. pp. i5-3i. 



I 2 NOTE BIBLIOGRAPHIQUE 

Au verso du feuillet-titre, l'auteur ou l'éditeur a placé un avant-propos qui 
ne se trouve pas dans l'exemplaire de la Bibliothèque Nationale de Paris 
(Plaquette A) et qu'il a intitulé k Prologue capital ». Nous donnons ci-dessous 
cet exorde rempli des affirmations les plus invraisemblables. On sait qu'à cette 
époque les auteurs d'ouvrages de dévotion étaient coutumiers de ces exagérations, 
par lesquelles ils cherchaient à provoquer lédilication du lecteur. 

a Prologue capital 
Dieu nostre souverain seign[eu]r qui congnoist 
T prévoit toutes choses pour mieulx demo[n]- 
strer 'l approuver ces amys fait des choses 
admirables\ } en plusieurs régions. Com[m]e 
entre lesquelles nous a este mande despuis 
peu de temps en ca que en Affricque ont este co[n]vertis a la 
foy catholicque plus de deux cens cinquante mille paYe[n]s 
'i cinqua[n]te te[m]ples de leurs f aulx dieux destruict: T hruslez: 
l plus de vingt mille figures de diables ro[m]pues'l tresbu- 
chees a la parolle du benoist sainct j et au lieu ont esleve 
crucifix 5 fciict maintes belles chapelles \ ou jour l nuit 
les co[n]vertis louent nostre souverain seigneur Jesuchrist. 
Et a la requeste 'l preschement du dévot religieux\ leq\ue\l a 
si verlueuseme[n\t bataille a lencontre de ces ennemys quil 
est en la fin entre par martyre en la gloire du paradis \ en 
laquelle nous doint parvenir le Père, le filz I le Sainct 
Esperit. Amen. 

Le récit du martvre commence après le prologue, précédé du titre : 

C Sensuit lordre du martyre. 

L'auteur a pris avec le texte latin de grandes libertés, bien loin de le 
« translater en français au plus près de la lettre que a esté possible », comme 
on disait alors. Sa traduction, sans parler des fautes d'impression, contient de 
nombreuses inexactitudes. C'est ainsi que le roi de Fez est appelé du nom de 
son vizir « Mulcy Abraam » et que la présence de ce dernier, qui tient 
cependant une place importante dans le récit du P. Antonio de Olave, n est 
pas même mentionnée. On trouve également, dans la plaquette de la Colom- 
bine, des développements plus ou moins étendus qui ne figurent pas dans le 
texte latin. Ces altérations sont trop nombreuses pour pouvoir être signalées 
en notes dans l'appareil critique qui accompagne ce texte, et il a paru pré- 
férable de publier ci-après ' cette pseudo-traduction. 

Comme la relation latine, la traduction française de la Colombinc se tcr- 

i. V. infra. pp. 29-84. 



LES RELATIONS DU MAhTYlŒ d'aNDKÉ DK SPOLÈTE i3 

mine par une attestation du P. Antonio de Olave. Mais c'est là que les deux 
textes présentent la plus grande divergence, et une question se pose : le traduc- 
teur comprenait-il bien le latin ou a-t-il voulu sciemment ("alsifier le texte '} 
Quelle que soit la réponse, sa méprise aura été grossière, car il s'est mis, à son 
insu, en flagrante contradiction avec le début de son récit. En effet, le P. An- 
tonio de Olave atteste qu'il a été présent au martyre, alors qu'il a déclaré au com- 
mencement que la relation était faite d'après des lettres de Fernando de Menezes, 
« qui présent estoit audict martyre ». C est, d'ailleurs, avec la seule intention 
de garantir la conformité de sa rédaction avec les lettres de ce seigneur portugais 
que le P. de Olave a signé l'attestation qu'on lit à la fin du texte latin. 

Voici l'attestation de la plaquette de la Colombine qu'il est intéressant de 
rapprocher de celle de la relation latine publiée ci-après. 

(E Moy frère Anthoine de olave certifie que lliisloire cy- 
deva[n]t récitée est vraye car inoymesine y estais présent X jl- 
delleme\n\t le voulu rescripre au noble roy de Portugal affln 
que ledict roy le feist assavoir a nos frères de V observance 
a tholouze J a tous bo[n^s chrestie[n]s affin de louer dieu T pour 
tousiours exaulcer la foy catholieque : 'l en tesmoing de ce 
ay voulu mettre mon signe manuel le .x. dapvril .m.d. 
XXXII en nostre co[n]vent de Seplubal province de Portu- 
gal I ainsi signe Frater André ^ de Olave 
C FINIS. 
Tout par moyen. 

Suit une note de la main de Fernand Colomb : Este libro costo i dinero y 
m" en Monpeller a (j de Julio de i533 y el diicado vale 564 dineros '-. 

De cet examen on peut conclure que la plaquette de la Colombine a été faite 
d'après le texte latin du P. Antonio de Olave, et probablement en ignorance 
de la traduction française éditée aux frais de Jean Barril. Le second éditeur 
ne semble pas avoir apporté un grand soin à son œuvre ; son récit, peu fidèle, 
est rempli de négligences, et c'est sans doute la raison pour laquelle il l'a publié 
sans aucune indication typographique. 

1. André. lapsus pour : Antoine. bibliophile ne dédaignait pas de faire 

2. Au dernier feuillet de chaque livre l'acquisition de publications toutes popu- 
de sa bibliothèque, Fernand Colomb pre- laircs, d'impressions à bon marché, de ces 
nait soin d'inscrire le lieu, la date de pamphlets éphémères qu'on répandait à 
l'acquisition, le prix de chaque volume en profusion dans le gros public, sans se pré- 
monnaie du pays, donnant par surcroît occuper, en raison même de leur dcstina- 
l'équivalence de la somme déboursée en tion, de leur assurer aucune garantie de 
ducats d'or. On voit, par le prix payé à véracité ni mémo de vraisemblance. Cf. 
Montpellier pour l'exemplaire de la « Tas- Jea.n Babf.lon, La Dibliollùque française de 
sion d'André de Spolèle », que le savant Fernand Colomb, Introd., pp. ix cl xv. 



l'I 



NOTE BIBLIOGRAPIIIQUR 



En i5A3, onze années après la réunion du chapitre général des Frères Mineurs 
à Toulouse, un Franciscain portugais, Alonso de la Isla, écrivait en espagnol un 
livre de dévotion qu'il intitulait Thesoro de virtades '...et qu'il faisait imprimer 
à Medina-del-Gampo dans les presses de Pedro de Castro. L'ouvrage était déjà 
composé et contenait i35 feuillets, quand la relation latine du martyre d'André 
de Spolcle, ou plutôt la plaquette C tout entière avec les deux lettres du 
Yucatan-, vint à tomber entre les mains du P. Aloxso de la Isla. Il s'empressa 
d'en faire une traduction en espagnol, qu'il fit imprimer en manière d'appendice 
à la suite de son Thesoro de virtades. La composition prit douze feuillets supplé- 
mentaires, qui ne furent pas chiffrés. Après le récit du martyre, on trouve, 
traduites en espagnol, les deux lettres du Yucatan, et l'appendice se termine 
par une conclusion dans laquelle le P. Alonso de la Isla se félicite de la 
progression de la foi dans les pavs du Nouveau-Monde. 

Nous donnons ci-après la traduction espagnole de la « Passion d'André de 
Spolète^ ». 



I . Le titre complet est : Thesoro de 
virlu[[des muy util y copioso. Copilado por 
un religioso portuguez de || lahorden d'I sera- 
Jico padre sant Francisco. Dirigido al rnuv 
magnijico [\ srnor Francisco Pessoa, tesorero 
d'I miiY esclarecido e invictissimo ; principe 

nuestro sehor Fue impressa la 

présente obra, llamada Tesoro de virtudes en 
la villa de Médina del Campo, por Pedro de 
Castro, iinpressor de libros. Acabose a vcynte 
dias d'Otubre ano M. D. XLIII. Le nom de 
l'auteur, non indiqué sur le titre, se lit au 
verso du frontispice. — L'ouvrage est un 
in-4° de i35 feuillets chifTrés, suivis d'un 
feuillet blanc et de I2 feuillets non chiffres 
qui sont ceux du « Martirio de Fr. Andres 
de Espoleto ». C'est par le Thesoro de Vir- 
tudes que Pcrez Pastor, l'ayant eu entre les 
mains, lorsqu'il a dressé le catalogue des 



livres imprimés à Medina-del-Campo, a 
connu la Passion d'André de Spolète et les 
deux lettres du Yucatan. Il ne semble pas 
qu'il ait vu l'édition latine ni les deux 
éditions françaises de ces textes. 

2. Ces lettres avaient paru en iSSa dans 
l'ouvrage suivant : De insolis no '\\per inoentis 
Ferdinandi Cortesii |] ad Carolum V Rom. 
Imperatorem Narrations, cum alio \\ quodam 
Pétri Martyris ad Clementem Vllponti \\ficem 
Maximum coiisimilis argumenti ]j libello. |j His 
accesserunt epistolae duae de felicissimo apud 
Indos \\ Evangelii incremento. quas superiori- 
bus hisce diebus qui ] dam fratres mino. ab 

India in Hispaniam transmisserunt 

Coloniœ, ex ofTicina Melchioris Novesiani, 
Anno MDXXXII, decimo Kalendas mcnsis 
septcmbris. 

3. V. infra, pp. 35-')0. 



RELATION DU MARTYRE D ANDRE DE SPOLETE 



i5 



m 



RELATION DU MARTYRE D'ANDRÉ DE SPOLÈTE 



Le Père Antonio de Olave, à qui le roi de Portugal avait transmis des 
lettres de F. de Meneses, captif à Fez, relatant le martyre du frère 
André de Spolète, a voulu en écrire le récit pour le chapitre général des 



1. Le P. André de la Rosa était né vers 
i483 à Cassia, petite bourgade à proxinnité 
de la >ille do Spolète d'où il tira son nom 
religieux (Barbosa Machado, Bihl. Lusit., 
à l'art. Fernando de Menezes). 11 reçut la 
prêtrise au sortir de la jeunesse, mais sa 
vocation sacerdotale était si loin d'être affir- 
mée qu'il continua de faire partie des bandes 
qui, depuis les luttes entre Guelfes et Gibe- 
lins, divisaient le pavs, se montrant partout 
le plus inhumain et le plus cruel, objet de 
scandale pour ses compatriotes, qui le regar- 
daient plutôt comme un soldat sanguinaire 
que comme un ministre du Christ. Touché 
par la grâce, il prit l'habit de franciscain 
dans la province de San Francesco et se livra 
aux austérités et à la pénitence ; mais avant 
appris que ses parents étaient exposés aux 
menaces et aux vengeances de ses anciens 
adversaires, son ardeur guerrière se réveilla 
et il quitta le couvent. Il y rentra peu do 
temps après avec la ferme résolution de per- 
sévérer dans la vie monastique. 11 Gide tels 
progrès dans l'étude des lettres sacrées que 
ses supérieurs l'envoyèrent prêcher au mi- 
lieu des populations qu'il avait autrefois 
scandalisées par ses violences. Le P. André 
de Spolète exerça quelque temps ce minis- 
tère. Son zèle religieux aspirait toutefois à 
de plus grands sacrifices ; il tlé-irait, en 



outre, s'éloigner d'un pays où il avait offensé 
le Christ. C'est pourquoi il passa, avec l'au- 
torisation de ses supérieurs, en Corse, où 
sévissait la peste, et se consacra avec une 
grande charité aux malades et aux mourants. 
Le fléau avant disparu, il obtint du Général 
de l'Ordre et du Saint-Siège l'autorisation 
de s'embarquer sur un navire génois, qui 
faisait voile vers le Maroc ; mais, assailli 
par une tempête, le navire dut rentrer à 
Gênes. Le P. André résolut alors de gagner 
le Maroc par l'Espagne et il fit à pieds et 
sans ressources le voyage de Gênes à Sévillc. 
Après un court arrêt dans cette ville, il 
gagna Cadix, où il s'embarqtia pour Coûta. 
Les Franciscains portugais lui firent le 
meilleur accueil ; mais, lorsqu'ils connurent 
son dessein d'aller prêcher l'Evangile aux 
Maures et de verser son sang en témoi- 
gnage de sa foi, ils cherchèrent à l'en di.s- 
suader, lui objectant que le pays était 
actuellement bouleversé par la lutte entre 
le Cliérif et les Béni Ouattass. Rien ne put 
ébranler le P. André de Spolète, qui partit 
pour Fez en i53o. — Godard (p. !i!i!i) et 
Henrion (^Hist. gén. des Missions catltoli- 
ques, liv. I, chap. 4i), copiant Torres (cap. 
gô), l'appellent à tort Martin. Cf. Del 
Puerto, Lib. IL cap. iG. cl la présente 
relation. 



ï6 lO AVRIL l532 

Frères Mineurs. — Arrivée du frétée André de Spolète à Fez. — // 
propose au Roi et à son vizir, Moulay Ibrahim, d'accomplir divers 
prodiges pour leur démontrer la vérité de sa foi. — // discute dans la 
synagogue. — Sur sa demande, Moulay Ibrahim consent à faire dresser 
et allumer un bûcher. — Le frère André de Spolète y pénètre sans 
souffrir aucun mal. — // est massacré sur place par les Maures, que 
ce prodige a mis en fureur. 



Selubal, lo avril i533. 

Passio gloriosi martyris beati patrls fratris Andrée de Spoleto, 
ordinis Minorum ' regularis observai! tie, pro catholice fidei veritate 
passi in Affrica civitate Fez, anno Domini m.d.xxxii, nona die 
Januarii". Quam quidem passionem Iransmisit serenissimus ac 
potenlissiinus dominus Johannes^ Portugalie & Algerbiorum * rex, 
generali capitule Fratrum Minorum regularis observantie in civitate 
Tiiolosana, anno Domini m.d.xxxii, in die sancto Penthecostes, 
celebrato. 

Si Dominum in sanctis ejus ore prophetico laudare jubemur, 
non procul dubio in sanclis duntaxat, quos antiquilas nobis tra- 
didit celebrandos, sed in his quoque quos ipsa pietas & clementia 
divina successive secundum tempora ab ipsa sapienter previsa in 
lucem tradit Ecclesie mililanti imitandos. Inter quos his diebus 
novissimis resplenduit in AITrica célèbre marlyrium recenlissimum 
cujusdam fratris nostri ordinis Minorum regularis observantie, 
prout Régie Majestati serenissimi régis Portugalie per litteras cujus- 
dam capilanei sui in civitate Tagatensi ^ residentis fuit insinuatum. 
Scripsorat enim predlclas litteras nobills vir dominus Ferdinandus 

1. I,;i [iromitTC mission dos Fi-i'-rcs arriver on i53o à Fez le P. Andrc' rie SpoU-le 
Miiicnrs au Maroc avait eu lieu en 12 19. (cap. 95). 

V. SS. HisT. Maroc, y'"' Série, France, 3. Le roi Jean III (i52i-i557). 

t III, p. gS, Inlroduclion crilicpie, Les (x. Aljerbiurum, Algarve. 

Chrétiens au Maroc. 5. ïagatensi est probablement une mau- 

2. Le Fr. del Puerto (p. i5o) écrit: vaise lecture de l'imprimeur de Toulouse. 
« un vicrnes do Enero ». Torres n'in- Le P. Antonio de Olavc avait dû écrire, soit 
diquc pas la date du martyre, mais fait Tanjcricnsi, soit Tingilemi. 



HELATION DU MARTVnE D ANDRE DE SPOLETE l'J 

de Meneses\ captivus in civitate &. regno de Fez, qui presens afTuit 
predicto martyrio, & omnibus diebus quibus ante martyrium in 
predlcta civitate gloriosus martyr stetit comes fuitejus, direxitque 
eas predicto capitaneo régis Portugalie. Rex autem serenissimus 
misit eas mihi, ut glorificarem Deum pro tam glorioso martyrio. 
Volens igitur et cupiens hujus tante rei ad Dei gloriam \. Re. P. " 
veritatem certissimam nuntiare, presentibus duxi nudam inserere 
hystoriam. ut ad omnium possit venire notitiam. 

In AfTrica civitate Fez passio beati fratris Andrée de Spoleto, 
quam sustinuit pro Christo et pro veritate fidei catholice, sexta 
feria, die ix mensis Januarii presentis anni, videlicet m.d.xxxii. 
Hic siquidem frater ordinis Minorum regularis observantie, cum 
ad martyrium pro Christo sustinendum ardore nimio ferveret, 
etatis sue quinquagesimo anno peracto 6: ultra, jDcrvenit in AITri- 
cam in civitate Fez, in qua Deus suum desiderium implevit ordine 
qui sequitur. 

Altéra enim die, postquam civitati illi applicuit, cum tanquam 
ebrius vino divini amoris semper verba depromeret divina vS: ad 
aures régis ^ adventus ejus per satellites suos pervenisset, tam 
ipse rex quam etiam quidam alius potentissimus iiiter Mahome- 
ticos vir, vocatus Muley Abraen \ jusserunt predictum fratrem suis 



I. Don Fernando de Menezes apparte- 
nait à une illustre famille portugaise, dont 
le nom était connu et redouté de tous les 
Maures d'Afrique et dans laquelle le gou- 
vernement de Tanger était presque hérédi- 
taire. Il était le troisième fils de Don 
Duartc de Menezes, gouverneur de Tanger 
de iSag à i532. Capturé en i53i, il jouis- 
sait à Fez, eu égard à son rang, d'une cer- 
taine liberté ; il avait reçu dans sa maison 
le P. André de Spolète. Don Fernando por- 
tait le surnom de « Os Narizcs » ; il mourut 
en captivité. Cf. Fr. Marcos de Lisboa, 
Chron. ant. de... los Frailes Menores, parte 
III. lib. IX, cap. 17; Barbosa Macbado, 
Bibl. Port., à l'article Fernando de Menezes. 
a. Vobis Reverendis Patribus, 
3. Le roi de Fez Ahmed el-Ouattassi. V. 
p. l6a, PI. IV, Tableau généalogique des 
De Castrif.s. 



princes de la dynastie ouattasside, note 9. 
4. Moulav Ibrahim, de la branche des 
chérifs Chechaounioun, qui commandaieiit 
à Chcchaouen et à Targa. Il était fils du dy- 
naste Ali ber-Rached (Ali Barrax) et d'une 
sœur du renégat Martine Elche (D. db 
GoES, IV, 47). Les auteurs chrétiens l'ap- 
pellent Malabrin, Muliabraen, etc. Moulav 
Ibrahim, (pii mourut en iSSg, était frire 
de Mohammed ben Ali, caïd de Checha- 
ouen, et de Sida el-Horra, qui exerça un 
pouvoir presque souverain à Tétouan jus- 
qu'en 15^2; il était beau-frère du sou- 
verain ouattasside Ahmed ben Mohammed 
et son vizir. Son autorité était grande ; il 
passait « pour tout faire dans le royaume » . 
Les Chrétiens n'avaient qu'à se louer du 
sultan. '< No erael rey de genio muy tirano, 
G no cra muv dcsafecto a el nombre cliris- 
\. — 2 



l8 lO AVRIL l532 

astare conspectibus, quem ante ipsos conslitutum sicaggrediunlur: 
« Qualis, inquiunt, est adventus tuus ? » Quibus respondil: « Ad 
nihil aliud venio, nisi ut veritatem fidei manifestum' vobis & falsi- 
tatem sub qua ceci mililatis omnino ciim adjutorio divino eradicem 
a cordibus vestris. » Ad quem Muley Abraen dixit : a Ouale proba- 
tionis testimonium aut signum dabis nobis eorum que ila audacter 
loquutus es? )) Gui servus Dei respondit : « Si veritatem quam 
dictis meis vobis propono credendam non creditis, faciam quod 
pater tuus resurgat a mortuis & denuntiet libi ore suo quod non 
poleris beatitudinem consequi, nisi baptizeris tu, nec quisquam 
alius. Et si hoc tibi signum non suffîcit ut omnes vos ab erroris 
semita ad veritatem fidei convertamini, orabo Dominum Deum 
meum Jesum-Christum quod illuminet coram vobis unum cecum ; 
vel ut cordium vestrorum duricies mollificetur, inlrabo cum 
leone ferocissimo in lacum^ solus & mansuefiet atite me. Et si magis 
vultis quod intrem nudus struem lignorum ardentium, faciam 
propter salvationem animarum vestrarum & gloriam Dei mei. » 

Sed quia, secundum fédéra intcr serenissimum regem Portugalie 
(k regem illum mahometicum inila, tenetur prediclus rex in Cbris- 
tianos nuUa exercere questionis tormenta^ ideo respondit Muley 
Abraen: <( Nihil eorum ad que te ofPers consentimus quodfacias. 
Sed potius volumus quod revertaris in domum tuam. » 

Post dies ahquot, videntibus rege & satelhtibus ejus quendam 
leonem currere, jusserunt vocari ante se fratrem predictum, cui 
dicunt : « Nunquid vis introire in lacum sohis cum illo leone, 
ut mansuescas illum? » Quibus ipse respondit: « Libentissime 
faciam. » Sed cogitantibus eis quod ipsc mutaret propositum, si 
aliquantulum introitus diflerrelur, sustinuerunt parumper, ut 
vidèrent vertibilitatem vel constantiam ejus. Cumque ipse cons- 

tiiino. » Son minislrc et lui sont qualitiés à JNIeknès par Sidi Kasscm. 
« ambosMorosde génies no muy cruelcs » i. Sic, pour : manifcstcm. 

(l'R. DRL Puerto, p. 1 45). Une dos femmes 2. Laciim. aveclesensdefosse(auxlions), 

de Moiilay Ihraliim fut Lella Yclto, fille de que l'on trouve dans Prudence. 
Moiiammcd el-Aroussi, caïd d'ICl-Ksar cl- 3. Le traité d'Arzila, qui avait été signé 

Kebir, qui devint folle, à la suite d'une ma- le 29 août 1/171. Ce traité, confirmé par 

lédiclion de Sida cl-IIorra (Ibn el-Ask.'IR, Jean II, était encore en vigueur en i537. 

pp. 5i, Sa). Le tombeau de Lella Yetlo se Y. SS. IIist. Maroc, i" Série, Portugal, 

voit aclucllcraent sur la route de El-Kenitra à la date du 1 '1 aoiit 1587. 



RELATION DU MARTYRE D ANDRE DE SPOLETE 1 y 

ianter insisleret quod ducerent eum in lacum, rex, videns ejus 
consfantiam, jussit eum reduci in hospitium suum\ 

Altéra autejii die, jussit rex ipsum ad Judeorum synagogam, 
ubi omnes illius civitatis Judei conveniunt, adduci, ut eum eis de 
verilale fidei publiée conferret. Cumque diu eum rabinis dispu- 
lasset & sepissime eis veritatem aperuisset 6: de suo errore illos 
confudissct, & plures illis quesliones proposuisset, nec ad aliquid 
bonum duriliam cordis eorum flectere potuisset, videns quod ibi 
iiibil proficeret, decrevit introire civilatem" ^: ad modum preconis 
lidei veritatem alta voce manifeste declarare. Cui omnino captivi 
cbrisliani reverenter tamen restiterunt, dicentcs quod nuUo pacto 
boc facerel, eo quia inde nullum posset consequifructum, quoniam 
nullus posset eum intelligere ; sed posset mori & sine fructu aliquo. 
Sed fervorem ejus nec opportunis precibus, nec persuasionibus 
plurimis, tepefacere potuerunt. 

Exiit ergo a domo totus fervidus, eum magnanimitate 6: fortitudine 
admiranda. ad domum Muley Abraen, petens ab eo quod magnam 
struem lignorum faceret in loco publico aptari, quoniam volcbat 
in illam accensam igné validissimo nudus introire. Muley Abraen, 
timens fédéra eum rese PortuD;alieinitaviolare, renuit hoc concedcre, 

CD ' ' 

nisi prius ipsi nobiliores captivi cbristiani cyrographum suis conscrip- 
tum manibus darent, in quo falerenlur quod ille frater christianus 
non jussus, sed spontanea mente, intrabat in ignem : quod subscrip- 
sorunt dominus Petrus Arias *S: dominus Ferdinandus de Mcneses. 

Hoc facto, ecce aptanlur ligna in magna quantitate. Erant enim 
quadraginta onera lignorum aptata in modum sphericum. altilu- 
dine unius hominis erecti intus 6c foris. Noluit tamen quod statim 
introiret, suspicans quod fervorem relinqueret *S: propositum muta- 
ret, si aliquantulum detineretur. Cumque diebus tribus dilTcretur 
ejus martyrium, ipse anxielate nimia angustiabatur supra quam 
credibile sil^ timens ne martyrium ejus impediretur. Habilo igitur 
consensu Muley Abraen pro introitu suo, convocatis omnibus 
Cbristianis, rogavit eos quod Virginem gloriosam rogarent pro illo. 

Muley Abraen autem, accersito ad se fralre Andréa prcdicto, 

I. //ospi<ium suum. Probablement le fon- did, dont renceinte sud était eontiguc 
douk des Chrétiens. au mellah. 

a. Civilalcm, probablement Fez el-Djc- 3. Le texte porte : sic, coquille pour : sil. 



20 10 AVRIL lb3'2 

coram omnibus magnatibus regni & multitudine populorum inter- 
rogavit eum, utrum in premissis habebat firmitatem & perseve- 
rantiam. Ipso respondente quod sic, statim conceditur illi liber 
introitus in ignem. Sed ipse beatus Andréas, ante introitum in 
ignem, alloquitur Muley Abraen, sic dicens : « Audi me, obsecro, 
tu & omnes circumslantes : percipite verba mea ex parte Omnipo- 
tentis Dei, qui pro vobis & toto mundo factus homo, mortem 
sustinuit horrendam. Hortor vos convertamini ad veritatem fidei 
ejus ; quoniam certiores vos facio quod, nisi in sanctam Trinitatem 
credideritis, & fonte baptismi abluti fueritis, non poteritis salvi 
fieri. Omnes enim vos perditi estis in statu quem tenetis & infe- 
licior omnibus existentibus in inferno estille maledictus Mahometus 
quem vos sequimini. » Hoc audito, fuit clamor omnium infidelium 
tantus in eum frementium quod sine dilatione aliqua rapientes 
illum ducunt ad struem lignorum pro ipso concremando paratam. 

Cumque ante struem se vidisset constitutum, spoliavit se usque 
ad femoralia et, flexis genibus, oravit devotissime. Peracta igitur 
oratione, introivit struem lignorum & in medio positus, flectens 
genua, iterum orabat. Propinant ministri ignem, sed semel, bis 6i 
ter non accendebatur. Sed super infuso igné sulphureo, &. inter 
ligna magna in quantitate seminato, &: pulvere etiam tormentario 
sparso abundanter super omnia ligna, accenso sic igné, fuit tantus 
strepitus subito factus ac si duodecim bombarde simul solverentur. 
El eum transisset fumus, ecce viderunt eum in medio ignis stan- 
lem illesum, liinc inde deambulantem, & ridentem, & ostendentem 
se omnibus illesum. Erat enim caro corporis ejus albissima, sicut 
quando introierat, Inter flammas ignis deambulans, gaudebat & 
laudabat Dominum. Quod videntes Christiani, ingenti gaudio per- 
fusi, dulces per oculos distillabant guttas, laudantes et benedicentes 
Dominum. Quorum multi sic fuerunt igné divini amoris accensi, 
quod ad intrandum in ignem materialem, incredibili fîde & ardore 
succensi, currebant ; sed Satlianas per manus infidelium illos impe- 
diebat. Quantum autem unus captivus inter alios pugnaverit ut 
eum predicto bealo pâtre Andréa Deo oflerret vitam in sacrificium, 
longo indigeremus sermone ad disserendum. 

Pagani vcro, eum viderunt bcatum patrcm Andream in medio 
tam validissimi ignis illesum, ridentem & deambulantem, furore 



RELATION DU MARTYRE D ANDRE DE SPOLETE 2 I 

nimio repleti, irruerunt in eum unusquisque prout poterat ipsum 
ferire tam fustibus quam ceteris jaculis. De lapidantibus autem 
eumunus letaliter caput ejus beatissimum tam immanitcr percussit 
quod, aperiens ccrebrum ejus, dejecit eum in terram. Sine motu 
aliquo membrorurn permansit per aliquam morulam ; labia tantum 
ejus moveri videbantur. Orabat forte quemadmodum Stephanus 
ne statueret Deus illis hoc peccatum. Et sic beatus pater Andréas 
obdormi\it in Domino. Rapuerunt captivi christiani unum pedem 
ejus, quem in magna reverentia tenent, qui usque in hodiernum 
diem sine fetore permanet, sicut erat die martyrii sui. Captivi 
christiani, inter quos conversatus est, de austeritate vite ejus fidèle 
perhibent testimonium, de martyrio autem fidèles & infidèles, ad 
laudem & gloriam Domini Nostri Jesu-Chrisli, qui eum Pâtre & 
Spiritu Sancto vivit et régnât unus Deus per infinita seculorum 
secula. Amen. 

Et ego frater Anthonius de Olave fideliter ex litteris Régie Majcs- 
tati missis excerpsi omnia & singula supra scripla et V. R. P. 
debitis eum reverentia & humilitate mitto, ut in triumpho tam 
gloriosi martyris letentur celi et exultet terra, jocundetur pariter 
ictus orbis, & ordo Minorum cordium exultatione tripudiet & ad 
similia pro Christo cetramina sustinenda animetur. In cujus rei 
testimonium et fidem manum apposui eum sigillo consueto. 

Die x Aprilis, anno Domini m.d. xxxii. In conventu nostro de 
Septubal, provincie Portugalie. 

Sic signatum : Frater Anthonius de Olave. 

Impressum Tholose, expensis honesti viri Johannis Barril, mcr- 
catoris Tholose. 

Laus Deo. 

Bibliothèque Nationale. — Imprimés, Réserve K. 679 '. 

I . La Bibliothèque Nationale possède un contient que le texte latin de la Relation 
autre exemplaire (Réserve K. 556), qui ne du martyre d'André de Spolète. 



22 



lO AVRIL l532 



IIP" 



RELATION DU MARTYRE D'ANDRÉ DE SPOLÈTE 
(Traduction de Toulouse') 



lo avril i532. 

Hvstoire et lettres du glorieux et bienheuré frère André de Spolete, 
de l'ordre des Frères Mineurs de la régulière Observance, lequel a 
souffert martyre en la cité de Fez en Affricque, l'an m.d.xxxii et le 
IX de janvier, comme a envoyé par exprès message le hault et très 
puissant roy de Portugal et Algarbe au chapitre gênerai desdicts 
frères Mineurs, célébré en la illustre et magnificque cité de Tholose 
en l'an que dessus, en la solennité de la Penthecoste. 

Est contenu aussi la teneur de aultres certaines lettres de la 
miraculeuse conversion et augmentation de la foy catholicque au 
pays de Huketan, aultrement dicl Terre ?Seufve ou bien Neufve 
Hespaigne. 

Prologue en l'hystoire dudict martyre et passion glorieuse, selon 
la teneur desdictes lettres. 

Comme ainsi soit que, selon le dict du prophète royal David 
nous devons Dieu louer en ces sainctz, le dict n'est pas entendu 
des sainctz tant seullement que l'ancienneté de noz jDcres ecclésias- 
tiques nous ont baillé et commandé de honnorer. mais aussy de 
cculx que la pitié et clémence divine, successivement selon les temps 
d'icelle, saigement precongneuz. a donnez comme vrayes lumières 
à imiter^ et ensuyvre à l'Esglise militante. Entre lesquelz, ces jours 

I. Pour distinguer la traduction fran- la Biblioth'^que Colombinc, nous appcl- 

raise qui a été éditée à Toulouse, en i533, lerons la première : Traduction de Tou- 

ct q>ii est conservée à la Bibliothèque ^ta- louse, et la seconde : Traduction de la 

lionalc, de celle qui a paru sans indication Colombine. 

de lieu ni de date et qui est conservée à a. Le texte porte; inviter. 



RELATION DU MARTYRE d' ANDRÉ DE SPOLÈTE 2 3 

derniers passez, a resluit et c'est apparu en Aphricque le célèbre 
martyre et novissime d'aulcun frère de l'ordre des frères Mineurs 
de la régulière Observance, ainsi comme la Majesté royale du sere- 
nissime roy de Portugal, par lettres d'aulcun son capitaine, 
demourant en la cité TagatenseS luy a esté véritablement signifié, 
auquel avoit escript la teneur desdictes lettres ung noble seigneur, 
dict seigneur Ferdinand de Meneses^ captif en la cité et royaulme 
de Fez, lequel fut présent audict martyre et tous les jours ausquelz 
ledict frère demoura en ladicte cité, devant son martyre, fut en la 
compaignie d'icelluy. Or doncques, ayant ledict capitaine repreins ' 
lesdictes lettres dudict seigneur Ferdinand de Meneses, les adressa 
au susdict roy et très victorieux prince, lequel, zelant l'honneur 
divin, à celle fin que ung chascun chrestien, glorifiant Dieu tout 
puissant pour ung si glorieulx martyre, faict en son temps, et a 
voulu la certaineté et vérité dudict martyre audict chapitre signifier. 
Duquel riiystoire et teneur s'ensuyt. 

En Aphricque, cité de Fez, l'an mil ccccc. xxxii, le vendredy 
neufviesme du moys de janvier, a souffert martyre pour la vérité 
de la foy catholique bienheuré frère André de Spolete, lequel, 
estant de l'ordre des Frères Mineurs de la régulière Observance, 
comme ainsi fust que luy, aagé de cinquante ans ou environ, 
embrasé d'ung ardant désir et ferveur merveilleuse de souffrir 
martyre, parvint en Aphricque en la cité de Fez, en laquelle Dieu 
tout puissant accomplist son désir, en la manière que s'ensuyt. 

Landemain qu'il eust prins terre en ladicte cité, luy, comme 
ennivré du vin de l'amour divine, commença à prescher joublicque- 
ment la foy chrestienne et en tous lieux où il ce Irouvoit. Pour 
quoy son advenement et prédication bien tost fut par ses satellites 
au roy de ladicte cité annoncée. Pour quoy incontinent manda, 
ensemble avec icelluy, ung puissant prince entre iceulx macho- 
melistes, nommé Muley Abraen*, que il leur fust amené ; lequel à 
iceulx présenté luy vont dire : « A quoy es-tu \eini de pardeça.*^ » 
Et il leur va respondre : « Je ne suys à aultre chose venu, fors que 
pour vous manifester la vérité de la vraye foy chrestienne et la 

1. Tagatensc, Tangf^r. \. supra, p. 16, 3. I.o texte porte : avant ledict capitaine 
note 5. reprenez. 

2. V. svpra. p. 17. note i. 4- V. supra, p. 17, note !i. 



2/^ TO AVRIL Io32 

faulceté de celle de Mahomet, soubz laquelle vous demourez 
aveuglez, pour la povoir arracher de voz cueurs entièrement, 
moyennant l'ayde de la grâce de Dieu » . Auquel ledict Muley Abraen 
va dire : « Quelle probation en tesmoignage ou bien quel signe ou 
miracle nous pourras-tu donner de ce que si hardiment as parlé? » 
Auquel le serviteur de Dieu va respondre : « Si vous ne voulez 
croyre à la vérité que je vous ay preschée et vous proposer de 
croyre, je feray que ton père, qui est trespassé, resuscitera de 
mort à vie et te anoncera de sa bouche que toy, ne nul aultre, ne 
peulx estre saulvé ne à béatitude parvenir éternelle, sinon que tu 
soyes, et eulx aussi, baptisez. Et ce' tel miracle n'est souffisant 
à vous tous pour vous de vostre erreur convertir au chemin de la 
vérité et droicte foy et voye de Paradis, je feray oraison à mon 
Dieu Jesu-Christ que présentement, devant vous tous, il illumine 
ung aveugle, ou bien, à celle fin que la durté et obstination de voz 
cueurs soyt molhfiée, je entreray seul dedans ung lac" avec ung 
lyon, le plus saulvaige et cruel que me vouldrés assigner, et devant 
voz yeulx le rendre paisible, sans aulcun mal me faire. Encores, 
se mieulx aymez, faictes alumer ung grant feu pour l'honneur, foy 
et gloire de mon Dieu et salvation de voz âmes, et je y entreray 
présentement. » 

Lequel ayant ainsi parlé, à cause des pactes que sont entre les- 
dicls roy illustre de Portugal et icelluy roy machometan, et que en 
ung des articles d'iceulx est contenu que ne peust tormenter aulcun 
chrestien ne contraindre par question ou bien torture, luy va 
respondre ledict Muley Abraen : « Nous ne acceptons aulcune offre 
de celles que tu nous faictz, mais plustost voulons que retournes 
en ta maison. » 

Peu de jours après, regardant le Roy, et avec ledict Muley Abraen, 
courir' ung lyon fort terrible, firent appeller et amener en leur 
présence ledict frère, en luy disant : (( Ne veulx-tu point entrer en 
la cave tout seul avecques ce lyon pour le rendre paisible et domes- 
ticque ? » Ausquelz il va respondre : (( Très volentiers le veulx 
faire! » Lesquelz, pensans que icelluy mueroyt son propos, ce l'on 

1. Ce. Entendez : si. 3. Le texte porte : trouvit. Cf. supra, 

2. Lac, pour: fosse. Sur ce mot, V. p. i8, originallatin :currerc,etm/ra, p. 36, 
supra, p. i8, note 2. traduction espagnole : correr. 



RELATION DU MARTYRE D ANDRE DE i«POLETE 20 

faisoit attendre par aulcun espasse de temps, ilz vont dissimuler 
par aultres heures, pour approuver sa constance ou sa mutabilité. 
Mais, le serviteur de Dieu demourant ferme en son propos, deman- 
dant que on le laissât entrer au lac dudict lyon, le Roy, esbahy de 
sa constance, commanda qu'il fust réduit en son logis. Ung aultre 
jour, commanda ledict roy qui fust mené en la synagogue des Juifz 
qui est en icelle cité, où tous les Juifz d'icelle estoient assemblez, 
à celle fin que avecques iceulx publicquement disputât de la vérité 
de nostre foy. Et comme ainsi fust que longuement eust disputé 
avec les rabins et souventes foy s leur eust la vérité apertement 
demonstrée et de leur erreur confondu, leur proposa après plusieurs 
questions ; ce nonobstant, pour l'obstination et dureté de leurs 
cueurs, ne les peust à aulcun bien convertir. Pour quoy, ce voyant, 
délibéra les laisser et entrer dedans la cité, et, comme ung pres- 
cheur et vray annunciateur de la vérité et foy catholicque, publicque- 
ment et à liaulte voix à ung chascun la manifester et declairer. 
Auquel tous les chrestiens captifz ensemble, avec toute révérence 
vont résister, en disant que en nulle manière ne la debvoit faire, 
pour raison que, entre ses gens obstinez, ne pouvoit faire aulcun 
fruict, aussi que nul ne le vouloit entendre, et par ainsi pourroit 
mourir sans aulcun fruict. Mais ne leur parler, ne prières, ne per- 
suasions ne pevent aulcunnem.ent refroider la ferveur de son bon 
et très excellent désir. 

Ains s'en va incontinent sortir de ladicte maison, fervent 
d'esperit, ardant de cueur. embrasé de l'amour céleste, armé de 
magnanimité, forte et admirable constance, va aller en la maison 
dudict Muley Abraen, luy requérant faire apporter ung grant 
moule ou quantité de boys en place publicque et qu'il la fist alumer. 
car, pour la foy chrestienne estre vraye soustenir, tout nud y vouloit 
entrer, voyant tout le peuple. A quoy ledict Muley Abraen, crai- 
gnant rompre les pactes et convenances entre eulx et le roy de 
Portugal, refusa de ce luy concéder, sinon que premièrement les 
plus nobles des captifz chrestiens escripvissent de leurs propres 
mains une attestation en laquelle contestoit' que icelluy frère, non 



I. Contestoit, erreur d'impression pour : faterenlur. La traduction espagnole porte 
confessoit. Cf. supra, p. ig, original latin : confessassen, p. 3". 



2^ lO AVRIL I032 

contrainct dudict roy ne de ces princes et peuple, mais de son bon 
gré entroit dedans ledict feu. Et vont escripre sur cecy deux 
seigneurs prisonniers, c'est assavoir les nobles seigneurs Pierre 
Arias et le seigneur Ferdinand de Meneses. 

Laquelle subscription faicte, l'on va apporter de boys en grant 
quantité jusques à quarante charges et en rond abiller ledict boys, 
laissant au meillieu une espasse vuide, de la liaulteur d'ung homme, 
et une entrée. Doncques, le tout prest et disposé à mettre le feu, 
ne voulist ledict Muley Abraen que y entrast incontinent, pensant 
que, se aulcunement estoit retardé, sa ferveur se refroideroit et par 
ainsi cliangeroit son propos. Pour quoy, différant l'affaire par 
l'espace de troys jours, Iny merveilleusement affligé pour la dilation 
de son martyre, trop plus que ne seroit facille à croyre, estoit en 
tristesse et angoisse, craignant que son martyre ne fut empesché. 
Et fmablement, obtenu le consentement dudict Muley Abraen 
dentrer nud dedans le feu, assemblés tous les chrestiens, leur va 
supplier de prier la Benoiste Vierge Marie pour luy. 

Ce faict, Muley Abraen va appeller ledict frère André devant tous 
les princes et grans seigneurs dudict royaulme de Fez et grant 
multitude de peuple, l'interrogant ce en ce que avoit proposé estoit 
ferme et persévérant, lequel respondit que ouy. Incontinent luy 
fut concédé d'entrer au feu. Mais, devant qu'il y entrast, va dire 
audict Muley Abraen : « Entens-moy. je te prie, toy et tous les 
circumstans, de la part de Dieu tout puissant, qui pour vous a prins 
chair humaine et. pour tout le monde rachapter, a soustenu mort 
cruelle. Je vous exhorte vous convertir à la vérité de la foy, car je 
vous rens certains que, ce vous ne croyés en la Saincte Trinité et 
ne estes baptisez de l'eau du sainct baptesme, jamais ne pourrés 
estre saulvez, car, en lestât que vous tenez, vous estes tous perdus 
et damnez; et le plus malheureux de tous ceulx qui sont en 
enfer est celluy mauldict Mahomet que vous ensuy vez ! » Ce ouy, 
commença ung cry grant et horrible de tous les Infidèles, fremis- 
sans et hulans à l'encontre de luy, lesquelz sans dilation aulcunne le 
vont prendre et ravir, le menant au moule du boys appareillé, 
pour le brusler. 

Lequel, ce voyant auprès, ce va despouiller entièrement tout 
nud et les parties honteuses tant seullement d'ung linge couvertes, 



RELATION DU "MARTYRE D ANDRE DE SPOLETE 3" 

ce mectant à genoulx va faire dévotement oraison à Dieu, laquelle 
parachevée, va entrer dedans le moule du boys et derechief ce 
mectant à genoulx faisoit son oraison, et se efforçant les tirans et 
bourreaulx mectre le feu de tous quartiés, jusques à troys foys ne 
peult estre alumé. Ce voyant, commencèrent à gecter feu et souffre 
et sur le boys gecter grant quantité de pouldre de canon. Finable- 
ment, le feu ce va alumer, gectant ung si grant tonnoirre comme 
ce douze bombardes fussent en ung coup descliargées, et, après que 
la fumée iust passée, Ion va veoir ledict frère au millieu du feu et 
de la flamme estant debout et cheminant parmy le feu, ce riant et 
louant Dieu, sans avoir aulcun mal. Et en cest estât par long temps 
ce demonstroit à tous, sa chair blanche et sans aulcunne brusleurc 
ne tache, comme estoit devant que fust entré dans ledict feu, aiiis 
cheminoit et louoit Nostre-Seigneur, voyant et ouyant tous. De 
quoylesChrestiens qui estoientpresens, degrantjoye remplis, plou- 
roient àdoulces larines avecques icelluy, louans et bcgnissans Rostre- 
Seigneur. Entre lesquelz plusieurs furent tellement du feu d'amour 
divine enflammées, que, d'une incredible ferveur, courroient 
pour entrer avecques icelluy glorieux martyr dedans le feu. Mais 
Sathan, par la malice de ces membres, les infidèles payens macho- 
metistes, les empesclioit. Et ce ' je vouloys dcscripre combien de foys 
entre les aultres captifz ung d iceulx s'efforça par plusieurs moyens 
de offrir à Dieu Tout Puissant sa vie, avec ledict benoist père frère 
André, en sacrifice, trop prolixe hystoire m'en fauldroit escripre. 
Finablement, voyant lesdicts payens ce benoist père frère André 
au millieu dudict feu, si très grant et enflammé, cheminer sans 
aulcun mal, mais joyeusement à visaige riant louer Dieu, remplis 
d'ire et fureur, commencèrent à courir à l'entour dudict feu, s'en 
approchant ung chascun comme pouvoit. luy gectant pierres, dars, 
bastons et aultres choses, pour le mettre à mort. Entre lesquelz 
ung en y eust qui d'une pierre frappa si très cruellement la teste 
dudict glorieux martyr, que luy va ouvrir le cerveau. Pour quoy 
luy, mectant les genoulx à terre, sans aulcunncment bouger pied 
ne main, demouroit en oraison et par aulcun espasse de temps on 
luy veoit les lèvres mouvoir, mais l'on ne entendoit sa paroUe, 

I. V. supra, p. ai. note i. 



28 lO AVRIL loSa 

mais croit l'on que, ainsi que le benoist sainct Estienne, protho- 
martyr, prioit Dieu ne leur imputer ceste cruaulté en péché, et, 
ainsi estant en oraison, rendit son esperit à Dieu, l'an et jour que 
dessus. Du corps duquel les Chrestiens captifz là estans prindrent 
ung pie, lequel tiennent en grant révérence, et demoure jusques 
au jour d'huy sans corruption ne aulcune puanteur, mais entière- 
ment en l'esfat que estoit le jour propre de son martyre. De la 
saincte vie et austérité d'icelle baillent fidèle tesmoingnage les 
Chrestiens captifz, mais de son martyre tant les fidèles que infidèles, 
Chrestiens que Sarrazins, à la louenge et gloire de Nostre Saulveur 
Jesu-Christ, lequel avec le Père et le Sainct Esperit vit et règne 
ung Dieu éternel. Amen. 

Et moy, frère Anthoine de Olave, des lettres de la royalle Majesté 
à moy envoyées ay prins le contenu dudict martyre, avec toute 
humilité et obédience, le envoyant à Vostre Révérende Paternité, à 
celle fin que, au triumphe d'ung si glorieux martyre, ce resjouyssent 
le ciel, exulte la terre, soit exhylare toute la rehgion chrestienne, 
et l'ordre des Frères Mineurs, en joye de cueur, chante à Nostre- 
Seigneur et soit armé à sous tenir semblable bataille et martyre pour 
Nostre-Seigneur Jésus. 

En foy et tesmoingnage de quoy, ay mys au présentes mon seel 
et signet manuel acoustumé. 

Ce .X. jour d'apvril mil cinq cens xxxii, en nostre convent de 
Septubal, province de Portugal. 

Ainsi sienne : F. Anthoine de Olave. 



'D' 



Imprimé fut cestuy petit propos 
A la requeste du marchant Jehan Barril 
Par celuy-la qui ne quiert que repos 
Au vin se preuve la bonté du barril. 

A Tholose, Mil cinq cens xxxii. 
Bibliothèque Nationale. — Imprimés, Réserve K. 679. 



^9 



RELATIOA DL MAUTYKE D A.NDRE DE Sl'ÙLtTE 
IIP" 

RELATION DU MARTYRE D'ANDRÉ DE SPOLÈTE 
(Traduction de la Golombine') 

lo avril i532. 



Prologue capital. 

Dieu, nostre souverain seigneur, qui congnoist et prévoit toutes 
choses, pour mieulx demonstrer et approuver ces amys, fait des 
choses admirables et en plusieurs régions. Comme entre lesquelles 
nous a esté mandé, depuis peu de temps en ça, que en AfPricque 
ont esté convertis à la foy catholicque plus de deux cens cinquante 
mille payens et cinquante temples de leur faulx dieux destruictz et 
bruslez, et plus de vingt mille figures de diables rompues et tres- 
buchées à la parolle du benoist sainct, et au lieu ont eslevé crucifix 
et faict maintes belles chappelles, oii jour et nuit les convertis 
louent Nostre Souverain Seigneur Jesu-Christ, et à la requeste et 
preschement du dévot religieux, lequel a si vertueusement bataillé 
à rencontre de ces ennemys qu'il est en la fin entré par martyre 
en la gloire de Paradis, en laquelle nous doint parvenir le Père, le 
Filz et le Sainct-Esperit. Amen. 

S'ensuit l'ordre du martyre. 

Puis que ainsi est que nous louons Dieu en ces sainctz par la 
bouche des prophètes, sans aucune doublance, comme noz prédé- 
cesseurs, les debvons louer et honnorer mais^ en ceulx desquelz la 
pitié et clémence divine a succédé sapientement, pour les tirer en 
la lumière de l'église militante, pour estre leurs imitateurs, comme 

I. V. supra, [). 22, note i. 2. Mais, au sens de « niagis ». 



3o '<> AVUII. 1032 

il a falct, puis ung peu, resplandir en Affricque, par martyre, l'uiig 
de noz frères et sainct religieux de Tordre de l'Observance, comme 
nous a esté rescript par ung capitaine du roy de Portugal estant 
en la cité de Taganse résident. Et les a escriptes le noble capitaine 
Ferdinannus de Meneses, luy estant captif en cedict rovaulmc de 
la cité de Fez, qui présent estoit audict martyre, et tous les jours 
devant le martyre le noble Ferdinaudus assistoit aux prédications 
du glorieux martyr et estoit tousjours quant et quant luy. Et de 
bon cueur et d'affection les envoyât au roy de Portugal, affin qu'il 
louast Dieu du glorieux martyre, et voulant ensuyvir pour celle 
cause la gloire de Dieu pour le révérend Père en vérité certaine- 
ment envoyé, nonceray ces présentes, où ay descript toute listoire 
du benoist martyr, aflln qu'il fust à tous notoire en la manière 
qui s'ensuit. 

Et premièrement : 

En Affricque, en la cité de Fez, a souffert le benoist frère André 
de Spolete, lequel a soustenu pour Jesu-Ghrist [et] pour la vérité 
de la foy catholicque, la sixiesme ferie du [mois] de janvier de 
ceste présente année mil cinq cens xxn', et [estjoit le benoist sainct 
si ambrasé de l'amour de Xostre-Seigneur Jesu-Clirist, que ferven- 
tement sepresentoit au martyre, et si avoit cinquante ans accompliz 
et davantage. Et après grosse peine est parvenu en Affricque en la 
cité de Fez, en laquelle a accomply le désir de Dieu et faict sa 
volunté en la manière qui s'ensuit. 

Ung aultre jour, après qu'il se fut applicqué en la sorte comme 
ung liomme yvre de la divine amour de Dieu, tousjours verballe- 
ment prescboit tant qu'il est venu jusques aux oreilles du Uoy, 
lequel par ces salalitcs l'a envoyé quérir, tant le Roy que plusieurs 
puissans Maliommetiques. Le Roy s'appelle Muley Abraam '^ El 
l'ont envoyé prescher ces frères ; et quand il a esté devant eulx 
constitué, le Roy et les Mahommetiques luy ont demandé cecy : 
« Quel est ton advenement? » Ausquelz il a respondu : o Rien, car 
je ne viens pour aultre cbose, sinon afîin de vousprcscber et magni- 
fesler la saincte foy catholique et pour vous reprendre de la folle 

I. Lapsus. Il faut rclablir: xxxii. duclcur, V. supra, p. 12. — Sur Moulay 

a. Sur celte erreur commise par le tra- Ibrahim, V. supra, p. 17, note ^. 



RELATION J)L MAKIYKL D ANDRÉ DL SPÛLÈïE 3l 

incredalité dont vous estes aveuglez, et avec la divine Providence 
esvader et dechasser l'erreur de voz cueurs î » Auquel Mulev a dit : 
(( Vien ça ! Quelle probation ne quel tesmoignage ou quel signe 
nous donneras-tu de ce que tu parles? » Auquel le serviteur de 
Dieu respondlt : « Si la vérité, que vous me dictes que je vous av 
dit, vous ne croyez, je feray que vostre père resuscitera de mort et 
dénoncera à vostre oreille que vous ne povez avoir la gloire éternelle, 
si vous n'estes baptisez, vous ne homme quelconques; et, si ce signe 
ne vous profite ou suffist à voz erreurs pour vous convertir à la 
foy, je priray mon Dieu Jesu-Chrih que il illumine ung aveugle 
devant vous, afïin que voz cueurs il molifie, et entreray avec ung 
fier lyon en son lieu * tout seul et le f[erjay tout doulx devant moy, 
ou si vous aymez mieulx que je ". . . . dans ung feu ardant, 
je le feray pour le salut de voz am[es et] pour l'amour de mon 
Dieu ! )) 

Se nonobstant, pour les trefves ou fédérations qui estoient e[n]tre 
le roy de Portugal et le roy Muley, ledict Muley n'osoit permettre 
que ledict frère eust aucun mal, car il a promis par ses fédérations 
de ne faire lésion à aucun prisonnier chreslien. Et pour ceste cause 
a respondu audict frère qu'il ne permettroit point qu'il entra avec 
le lyon ne au feu, comme avoit demandé, mais plus tost vouloit 
qu'il retornast en sa maison, 

Lng peu après, le Iioy. voyant passer ung lyon, a commandé 
qu'on appellast ledict frère, auquel a demandé s'il vouloit entrer 
en la fosse du lyon, et le rendre tout humble; à laquelle demande 
voluntiers il c'est accordé. Et ce voyant, lesdicts iniidelles, pour 
quelque petit de temps, ont différé pour vcoir s'il changeroit son 
coarage et bonne amour qu'il avoit en son Dieu ; mais, pour la 
bonne amour qu'il avoit en Nostre-Seigneur, les a incitez de le 
mener avec ladicte beste. Et le Roy, voyant sa constance, luy a 
commandé retorner à son loîïis. 

Lng aultre jour après, l'a remandé et l'a faict congreger avec les 
Juifz de la Sinagogue, et, après plusieurs disputations de la foy 



I. Le traducteur a lu locum au lieu de a. Lacune du papier. Le texte latin 

lacLim. Sur ce mot, V, supra, p. i8, note a. porte : ijuod inlrcm. 



32 10 AVRIL l532 

catholique par luy preschées, furent confonduz tant qu'ilz ne 
sçavoyent que respondre, et ce faisoit le Sainct Esperit; mais, 
pour la dure obstination d'iceulx, aucun il ne sceut convertir. Le 
sainct, voyant qu'il ne proffitoit, c'est departy du lieu et publique- 
ment est allé presché en la cité à liaulte voix, auquel les prisonniers 
chrestiens ont dit qu'il perdoit temps, car à prescher telz chiens 
obstinez, il ne povoit rien gaigner ; mais l'amour qu'il avoit en 
nostre Dieu estoit si grande que ilz ne le sceurent garder de pronon- 
cer la paroUe de Dieu et e[n] celle grande amour s'en est allé à la 
maison du Roy, auquel il [apjrié qu'il fisl faire le feu, pourdemons- 
trer la vertu du puissant [Dijeu, et qu'en celluy vouloit entrer 
pour leur salut et augmenta[ti]on de la Chrestienté. Muley, crai- 
gnant la fédération cy devant [djicte, ne si vouloit consentir, si les 
Chrestiens prisonniers n'estoient presens, pour certifier que c'estoit 
de son consentement et non du Roy, laquelle chose ont testifié, par 
lettre signée de leur main, nobles et puissans seigneurs maistre 
Pierre Arias et Ferdinandus de Meneses. 

Et le Roy, ayant lesdicts signes, commanda faire ung grand feu, 
en abondance de bois, grand et large, jusques à la haulteur dung 
homme, mais, ledict bois amassé, Muley ne luy permist entrer, 
pensant qu il mueroit son courage, et, après trois jours de différence, 
le benoist André, craignant de n'avoir le martyre, pria qu'on le 
menast au feu, à laquelle requesle s'acorda le Roy. Et se voyant le 
benoist André auprès du bois, se retourna vers les Chrestiens et 
leur pria dévotement de prier la glorieuse Vierge Marie qu'elle priast 
Dieu pour luy. Les Chrestiens priant la Vierge, le Roy derechief a 
demandé audict martyr s'il vouloit persévérer, lequel soubdain et 
à grand joye a dit ouy, et ce dit, le Roy se consent, mais le benoist 
André, désirant le salut du Roy et des assistans, les admonneste de 
soy convertir à la foy de Dieu : « Car, comme je vous ay devant 
dit, il est impossible désire saulvé, comme disent les evangelistcs 
sainct Mathieu et sainct Marc, au .xxvni. et .xvi. chapitre, sans 
croyre à la Trinité et au sainct sacrement de baptesme estre lavé. 
Congnoissez-vous pas que vous estes perduz en la foy que vous 
tenez, ô pouvre gens? Que pensez-vous faire .^ Vostre meschant 
Mahommet, lequel vous adorez, est damné! » Et ce dit. fut ouye 
une grande clameur des payens par ire, en serrant les dens comme 



RELATION DU MARTYRE DANDRÉ DE SPOLÈTE 33 

chiens enragez, le[squeljz furieusement et par grande cruaulté l'ont 
getté dedans le[dict] bois, auquel devoit estie le feu. Le benoist 
sainct, se vo[yant] dans la grandeur du bois, c'est despouillé jus- 
ques à la ceinc[tu]re, puis c'est prosterné à deux genoulx, baisant 
la terre, pleurant à grosses larmes pour leur conversion, priant 
Nostre-Seigneur en la manière qui s'ensuit * : 

« Dieu éternel, qui créa tout le monde, 

(( Pardonne à ces gens obstinez, 

« Convertissant leur cueur, où mal habonde, 

« Car nul à mal tu n'as prédestinez, 

(( Faictz que leurs cueurs soyent à la foy donnez 

« En l'honneur de ta Passion, 

(( Et pour le mal qui me font, condamnez 

« Ne soient, mais ayent remission. Amen. » 

L'oraison finie, les bourreaux ont cuidé alumer le feu par une 
fois, .H. fois, jusques à au. fois, et ne povoyent en nulle manière 
alumer ledict feu, et, se voyant, de rage qu'ilz avoient, ont prins 
souffre et pouldre à canon en si grande habondance quil en ont 
tout couvert le bois, puis ont mis le feu, et alors y a eu si grand 
bruyt et tempeste comme si .x. bombardes ou gros canons eussent 
la delaché, et c'est faict si grande flambe fumée, que quasi on ne 
povoit veoir lair. Et la fumée passée, c'est demonstré tout sain 
parmy le feu, soy esjouissant et louant Dieu, et avoit la chair aussi 
blanche comme quand il y estoit entré. Laquelle chose veue, les 
captifz chrestiens qui là estoient eussiez veu plorer de grand joye, 
tant que d'aulcuns couroyent de grand amour et se vouloyent 
getter dedans pour endurer ledict martyre. Les payens. voyant que 
le benoist sainct, par si long temps au feu. n'avoit nul mal, comme 
lyons enragez et hors d[ej sens ont commencé à luy getter darz, 
fuzez, en grosse abon[da]nce, entre lesquelz l'ung a donné si grand 
coup de dard qu'il [la r]ué par terre, et tout desrompu le cerveau, 
tellement quon ne [vejoit membre mouvoir fors ces lèvres, que 
l'on veoit ung [pjeu mouvoir, etestimoienl les bons Chrestiens, ce 

I. Cette oraison est une addition du traducteur. 

De Gastries. ^- — ' 



34 lO AVRIL l532 

qui est vraysemblable, qui jDrioit comme sainct Estienne pour les 
persécuteurs. Et en ceste heure le benoist martyr rendit son esperit 
à Dieu nostre Créateur, et les bons chrestiensprindrent ung des piedz 
du benoist martyr par dévotion et le gardent en grande révérence, 
et c'est gardé jusques à présent ledict pied sans putréfaction, non 
plus que le jour du martyre. 

Moy, frère Antlioine de Olave, certifie que l'histoire cy devant 
recitée est vraye, car moy mesme y estoys présent et Rdellement le 
voulu rescripre au noble roy de Portugal, affin que ledict roy le 
feist assavoir à noz frères de l'Observance à Tholouze et à tous bons 
Chrestiens, afïïn de louer Dieu, et pour tousjours exaulcer la foy 
catholicque. Et en tesmoing de ce, ay voulu mettre mon signe 
manuel, le .x. d'apvril .m.d.xxxm, en nostre couvent de Septu- 
bal, province de Portugal. 

Ainsi signé : Frater André de Olave. 

FINIS. 

Tout par moyen. 
Bibliothèque Coloinbine de Séville. — Fonds français. 



UELATIO-N DU MARTYRE D ANDRÉ DE SPOLÈTE 35 



TTT4(uater 

RELATION DU MARTYRE DWNDRÉ DE SPOLÈTE 
(Traduction espagnole du P. Alonso de la Isla') 

lo avril lâSa. 

A gloria y loor de Dios y para dechado y exemple de los fieles. 
Siguese el glorioso martyrio del bienaventurado padre fray Andres 
de Espoleto, frayle de los menores de la orden del serafico padre 
nuestro, sant Francisco. El quai martyrio recibio en la ciudad de 
Fez por la verdad de nuestra sagrada fe. A nueve dias del mes de 
Enero del aùo de m. d. xxxh. 

Siguese la passion del bien aventurado fray Andres de Espoleto. 
La quai sufrio por amor de Jesu Christo y por la verdad de la 
sancta fe catholica en la ciudad de Fez, feria sexta a nueve dias de 
Enero del ano de i532. 

Este bendito frayle de la orden de los menores de la regular 
observancia, como quiera que con grandissime ardor estuviesse 
ferviente y desseoso de recibir y sufrir martyrio por Cbristo, cum- 
pliendo ya los cinquenta afïos y mas de su liedad, vino a Africa a 
la ciudad de Fez, en la quai Dios le cumplio sus desseos en la 
orden y manera que se signe. Luego el otro dia despues que llcgo 
a la diclia ciudad, asi como embriagado de vino del divino amor, 
liablava siempre y exprimia palabras muy divinas. Pues, como a 
las orejas del Rey por sus satelites fuesse denunciada la su venida, 
assi el Rey como otro varon que entre los Moros es muy poderoso, 
el quai se llama Muley Ilabraben, mandaron que el diclio frayle 

I. M. P. P.vsroR a public cette traduction dan» son ouvrage cité snpra. p. 6, note 5. 



36 lO AVRIL l532 

fiiesse presentado delante dellos. El quai, como les fuesse presen- 
tado. començaronle a preguntar : « q A que fue aqui tu venida ? » A 
los quales el respondio : « A ninguna otra cosa vengo aqui, sino a 
manifestaros la verdad de nuestra fe y la falsedad de la vuestra, 
debaxo de la quai vosotros ciegosmilitays, para que de todo con la 
avuda divina os la quite de los coraçones ». Al quai Mulev Abrahen 
dixo : (( Q Que testigos o senales nos daras tu para que te creamos y 
para provança y certeza dessas cosas que asi tan osadamente 
hablaste? » Al quai el siervo de Dios respondio : « Si la verdad que 
con mis dichos os propongo no creeys (la quai es de créer), yo 
hare que tu padre resuscite de los muerlos y te diga con su propia 
boca que no puedes alcançar tu, ni otro ninguno. la bienaventu- 
rança sino os baptizays. \ si aquesta seùal no basta para que, a 
todos vosotros, aparté de la carrera del error, y os convierta a la 
verdad de la fe, yo rogare a mi seiior Jesu Christo que alumbre 
delante todos vosotros a un ciego. si quereys, para que mas la 
dureza de vuestros coraçones se molefique y ablande, yo solo 
entrare en un pozo con un bravo y feroz leon, y delante de mi se 
liara muv manso. \ si mas quisieredes, yo entrare en una hoguera 
de lena encendida ; yo lo hare por la salud de vuestras animas y 
por la muy gran gloria y honra de mi senor Dios ». 

Mas, porque. segun la confederacion y aun las pazes que entre 
el serenissimo rey de Portugal y aquel rey moro estavan entonces 
assentadas y firmadas. no podia el dicho rey moro en los Xristianos 
exercitar ningun genero de tormentos, y por tanto respondio Muley 
Abrahen al dicho padre y le dixo : « Ninguna dessas cosas a que te 
ofreces consentimos que hagas, mas antes queremos que te buelvas 
a tu casa. » 

Despues de passados algunos dias, viendo el Rey y su gente 
correr un leon, mandaron Uamar al dicho frayle y dixeronle : 
« ,; Quieres por ventura entrar con aquel leon en un pozo para 
que lo amanses.^ » A lo quai el respondio diziendo : « De muy 
bucna voluntad hare yo esso. » Empcro, pensando ellos que 
mudassc el su proposito, si algun cspacio le deluviesen la en- 
trada, dexaron passar algunos dias para ver su mutabihdad o 
constancia. 

Como el viesse que se delenian, començo constantemente a 



RELATION DU MARTYRE DANDRÉ DE SPOLÈTE 3": 

insistir que lo llevasen al pozo con el leon ; mas el Key, como vio su 
gran constancia, mandole que se bolviesse a su posada. 

El otro dia.luego siguiente, mandole el Rey llevar a la sinagoga, 
a do todos los Judios de aquella ciudad se ayuntavan, para que con 
ellos publicamente disputase de la verdad de la fe. Como quiera 
que con los rabies disputase gran espacio de tiempo y muy sabia- 
mente les abriesse y declarase la verdad de nuestra sagrada fe y 
assi les confundiesse en la ceguera y error que tenian con muchas 
quistiones verdaderas que les propuso y con todo no pudiendo 
ablandar la dureza de sus coraçones para los atraer a algun bien, 
viendo pues que alli ninguna cosa aprovechaba, determino entrar 
en la ciudad y, a manera de pregonero, con altas bozes, publica- 
mente declarar la verdad de la santa fe. Al quai los captivos Xris- 
tianos que en la ciudad estavan con toda reverencia contradezian, 
y assi le suplicavan que lo tal no hiziesse, diziendole que de 
aquello no se podria seguir ningun fruto, porque los Moros no lo 
podrian entender y que lo matarian sin hazer fruto ninguno. 
Empero a su gran fervor, ni los afetuosos ruegos ni las muchas 
persuasiones y amonestaciones nunca lo pudieron resfriar ni aun 
entibiar. 

Assi que. saliendo todo ferviente de la casa do posava, con admi- 
rable magnanimidad y fortaleza se fue al palacio de Muley Abrahen, 
y suplicole que mandasse ayuntar un gran monton de lena en la 
plaça, porque el queria entrar en el, despues que estuviesse encen- 
dido con muy validissimo y gran fuego. Empero Muley Abrahen, 
temiendo de quebrantar las pazes que ténia assentadas con el sere- 
nissimo rey de Portugal no le quiso concéder lo que demandava si 
primero no le diesse una cedula hecha y fîrmada por mano de algu- 
nos captivos Xristianos que ay estavan, en la quai confessassen que 
aquel frayle Xristiano no fuera apremiado, mas que de su propia 
voluntad entrava en el fuego. La quai cedula a ruego del dicho 
padre hizieron y firmaron el senor Don Pedro Arias y el senor Don 
Fernando de Meneses, que ay cativos estavan. Esto hecho, luego 
ayuntaron mucha lena en gran cantidad, porque serian quarenta 
cargas délia, toda compuesta a manera de un cerco espherico o 
redondo, derecho de dentro y de fuera, todo en levado en altura de 
un hombre. Empero Muley Abrahen no quiso que entrasse luego, 



38 lO AVRIL l532 

pareciendole que se le resfriaria el fervor y que mudaria el propo- 
sito si le dilatasse la entrada por algunos dias. Como quier que 
por dias le dilatasse el martyrio, el se angustiava con tan gran 
congoxa que era cosa increyble, porque temia que le impidirian su 
martyrio. Assi que avida licencia y 'consentimiento de Muley 
Abrahen para que entrasse en la hoguera, Uamo a todos los Xris- 
tianos y rogoles que rogasen a la gloriosa virgen por el. Pues, 
viendo Muley Abrahen el determinado proposito del dicho padre, 
llamolo delante de todos los grandes del reyno y de otra gran mul- 
titud del pueblo que ay estava présente ; y delante lodos le pregunto 
si ternia firmeza y perseverancia en las cosas que dicho havia ; y, 
como el dixesse que si, luego le concedio libremente licencia para 
que entrasse en la hoguera. Mas el bienaventurado padre fray 
Andres, an tes que entrasse en el fuego, hablo a Muley Habrahen, 
diziendole assi : a Oyeme : yo te ruego, a ti, y a todos los circuns- 
tantes suplico que rescibays mis palabras de la parte del Todo- 
poderoso Dios, el quai por vosotros y por todo el genero humano 
se hizo hombre y sufrio muy horrible muerte. Por amor del quai, 
os amonesto que os convertays a la verdad de su santa fe, porque 
yo os hago muy cierto que, si no creyerdes en la sanctissima Tri- 
nidad y no fuerdes limpios en la fuente del sagrado baptismo, que 
no podreys ser salvos, porque todos vosotros estays perdidos en cl 
estado que teneys : y mas os hago saber c|uc, de todos quantos estan 
en el infierno, el mas mal aventurado es aquel maldito Mahoma a 
quien vosotros ciegos seguis. » 

Oyendo esto los infieles, fue el bramido y clamor tan grande 
sobre el que, sin ninguna dilacion, lo arrcbataron y lo llevaron al 
mouton de lefia que estava aparejado, para lo quemar. Como 
quiera que el glorioso martir se vio puesto junto a la lena, desnu- 
dose hasla quedar en los panos menores e, hincadas las rodillas 
en tieria, oro devotissimamenle. Acabada la oracion, enlro en el 
monton de la lefia y, puestas las rodillas en medio, hizo otra vez 
muy devota oracion. Luego començaron los ministros de maldad 
allegar el fuego a la lena, mas como gelo ' pusiessen una y dos y 
très vezes, y la lena no se quisiesse cncendor. echaronle encima 

i . Probablement : selo. 



RELATION DU MARTYRE D ANDRÉ DE SPOLÈTE Sq 

fuego de piedra sufre y sembraron entre la lena gran cantidad de 
polvora y echaronle por cima mucha trementina, de suerte que, 
cncendido el fuego. fue tan grande el estrepito y estruendo que 
hizo como si juntamente tiraran una dozena de lonbardas. Y, des- 
pues de buen espacio que passo aquel gran impetu y la fuerça del 
humo, vieron al glorioso martyr en medio de las Hamas del fuego sin 
ninguna lision y sin se quemar ninguna cosa del ; y andava de una 
parte a otra riendose y amostrandose a todos sin mal ninguno : y 
su carne estava tan blanca como antes que entrasse en el fuego. 

Como quier que los Xristianos lo viessen entre las Hamas del 
huego andar alegre y loando a Dios, fue en ellos un inmenso 
gozo y alegria, con el quai de sus ojos destilavan muy gran abun- 
dancia de dulces lagrimas y con sus bocas loavan y bendezian a 
Dios por querer mostrar tan gran milagro y maravilla para confir- 
macion de su santa fe. De los quales Xristianos, muchos fueron 
assi encendidos en el fuego del divino amor que corrian con 
increyble encendimiento y ardor de la fe a entrar y echarse en el 
fuego material. Empero Satanas, por las manos de los infieles, los 
impedian; porque. para contar quanto un cativo entre todos los 
otros mas resistio y se esforço para con el bienaventurado padre 
fray Andres ofrecer en sacrificio su vida a Dios, avriamos menester 
hazer muy largo sermon. 

Como quiera que los incredulos paganos viesen al bienaventu- 
rado padre andar en medio de tan grandissimo fuego sin lision ni 
mal ninguno y que se estava rien do, fueron Uenos de muy gran 
yra y furor, y arremetieron contra el, cada uno como podia, para 
lo herir, porque unos le tiravan saetas, otros lanças y dardos, otros 
le tiravan con piedras : y uno de aquellos que tiravan piedras liirio 
aquella sanctissima cabeça de una tan cruel pedrada que le abrio 
lodo el cerebro y lo derribo en tierra y estuvo assi el bienaventurado 
padre sin hazer movimiento de ningun miembro. salvo los labios 
que le veyan mover; dondc es de créer que orava fuerlementc, 
como hazia el bienaventurado sant Estevan, suplicando a Dios que 
no les demandase aquel pecado. E assi el bienaventurado padre 
fray Andres dormio en el Senor. Los captivos Xristianos tomaron 
un pie. el quai tienen en grande reverencia y veneracion, cl (|ual 
esta, liasta el dia de oy. sin hedor. y assi permanece como estava 



4o lO AVRIL l532 

el dia de su martyrio. Los captives Xristianos con los quales el con- 
verse dan fiel testimonio de la austeridad y aspereza de su vida ; 
empero, de su glorioso martyrio, assi los infieles como los fieles, 
a loor y gloria de nuestro senor Jesu Christo. El quai, conel Padre 
y Spiritu Sancto, bive y reyna, en el siglo de los siglos, un Dios, 
amen. 

Yo, Iray Antonio de Olave, de las letras que la magestad real me' 
embio, cogi todas y cada una destas cosas ya dichas, y a vuestra 
reverendissima paternidad, con la dévida reverencia y bumildad, 
las embio, para que, en el Uiumpho de tan glorioso martyr, se 
alegren los cielos y se goze la tierra, y juntamente se glorie toda la 
redondez del mundo y los coraçones de los frayles menores se ani- 
men y con gozo se esfuercen a por Christo sufrir semejantes com- 
bates ; en cuyo testimonio y fe, yo lo firme de mi mano con la 
firma acostunbrada, a diez dias de Abril, ano del Senor dcMoxxxn. 
En el nuestro convento de Setuval de la provincia de Portugal. 

Laus Deo. 



LETTRE DE HURTADO A ISABELLE DE PORTUGAL 4I 



IV 

LETTRE DE DON LOPE IIURTADO' A ISABELLE DE PORTUGAL 

(Extrait). 

Le roi de Portugal Jean III a reçu des capitaines des fronteras les nou- 
velles suivantes : Le roi de Fez Ahmed el-CJuaitassi et le Chérif sont 
partis en campagne : le premier amène des chariots pour lartillerie 
d'El-Ksar el-Kebir ; Barberousse équipe des vaisseaux et ion craint 
qu'il ne soit d'intelligence avec Ahmed el-Ouattassi pour attaquer Ceuta. 
— Jean III a fait partir aussitôt Don Jorge de Noronha pour Malaga, 
afin de lever des troupes et d'armer des navires ; il envoie en outre douze 
caravelles dans le Détroit. — Il a dit à Don Lope Hurtado qu il serait 
fort désirable de chasser Barberousse d'Alger et que, si l'Espagne vou- 
lait faire cette entreprise, le Portugal y contribuerait volontiers. — 
Hier est arrivé un courrier de Nuno Alvarez Pereira, gouverneur de 
Ceuta. — D'après lui, Barberousse a envoyé un ambassadeur au roi 
de Fez, lui faisant savoir qu'il était prêt à venir avec ses vaisseaux atta- 
quer la place qu'il voudrait et demandant une provision de salpêtre, que 
le dit roi et Moulay Ibrahim se sont empressés de fournir. — Le bruit 
court qu'ils doivent marcher sur Ceuta'qui a besoin d'être secouru. — 
Dès la réception de ce courrier, le roi Jean III a hâté le départ des cara- 
velles pour le Détroit et a fait d'autres préparatifs. — D'après un avis 
d'Arzila donné par le comte de Redondo, le roi de Fez se trouve à huit 
lieues de cette f routera dans la direction d'El-Ksar el-Kebir, dont il aurait 
retiré l'artillerie ; il marcherait sur Arzila. — Le Comte demande qu'on 
le ravitaille. 

Setubal, ai avril i533. 

Sur la couverture , alla manu : Setubal. — A Su Mag'. — lÔ.Sa. 
— D. Lope Hurtado. 

Adresse : A la muy alla y muy poderosa seûora la Einperadri/ y 
Reyna, nuestra senora. 

1. D. Lope Hurtado de Mcndoza, ambassadeur de Charlcs-Qiiint à la cour de Lisbonne. 



^2 2 1 AVRIL l532 

Muy alta y muy poderosa Senora. 

A dos deste vino aqui un hermano del embaxador que tienc cl 
rrey en Francia por la posta. 

El Rey tuvo nueva que sus capitanes de allende que el rrey de 
Fez y el Xerife heran en campo *, y que el Rrey traya carrelas para 
su hartilleria de Alcaçar " ; y que tenian aviso que Barba Roxa 
aparejava lx vêlas, que avian myedo que tubiese inteligencia con 
el Rey para venir sobre Ceuta. que liene mejor puerto y es mas 
flaca por la mar. 

Luego tubo consejo y se despacho don Jorge de Lorofia "^ para 
Malaga, con provision de hazergente, syfuese menester. y navics. 
y lo que mas fuese necesario segun la nueva tuviese. Manda har- 
mar doze caravelas para embiar al Estrecho y hazer prestos otros 
navios*. E, sy las caravelas no fueren menester, parte délias vran 
por las naos de la India. 

Esto me dixo el Rrey para que lo escreviese a V " Mag', v que el 
mandava a su embaxador que le escreviese las nuevas que V" Mag' 
tuviese de Barba Roxa, deziendome que séria bien dar forma como 
hecliar este tirano de Argel. Los mas de su consejo me han dicho 
lo que todos lo desean. A lo que lie entendido del Rrey y dellos, sy 
V" Mag' mandase armar para ganar a Argel, de buena gana ayu- 
darian aca ; que gran temor tienen que el por mar y los Moros por 
tierra, sy se conciertan. les tomaran alguna de las fronteras que 
tienen en allende, y lo que an de gastar en armadillas cada ano 

I. La phrase est ambiguë. Il faut pro- de lôSa, à une nouvelle attaque des Maures 

bablement entendre: le roi de Fez et le par terre et par mer (Cf. /"Sérje, Portugal, 

Chérif sont partis en campagne contre les à la date du 6 avril lôSa). D'antre part, les 

fronteras, chacun de leur côté. En février deux Chcrifs faisaient à cette époque dos pré- 

i53i. Diego et Fernando de Menezcs, Ois paratifs pour attaquer Santa-Cruz-du-Cap- 

de Don Duarte, gouverneur de Tanger, rcve- de-Guir. Cf. i6((/(;m, àladatedu aojuin i532. 
nant avec i^o cavaliers d'une expédition 2. El-Ksar el-Kebir. 

dans l'Andjera, avaient été surpris par Mou- 3. Don Jorge de Noronha. Il était gou- 

lay Ibrahim. Il ne s'échappa que 4o cava- verneur de Safi en i533. 
liers. D. Diego fut tué et D. Fernando fait .'|. Sur les mesures prises par Jean III 

pnsonnier (Cf. B. Rodrigues, Anais de pour parer aux menaces du roi de Fez con- 

Arzila, t. II, pp. 194-196. et supra, p. 17, tre Tanger et Arzila, V. i'"' série, Portugal, 

noie i). Le roi Jean III s'attendait, au début aux dates des 6, 7 et 8 avril lôSa. 



LETTRE DE HUKTAOO A ISABELLE DE PORTUGAL ^3 

para defender sus fronteras, pareceles que séria mejor gastallo junto 
para ofendelle y hechalle dalli. 

Ayer ha tenido el Rey correo de Don Nunalvarez', de Ceuta. 
Escrive que tiene aviso, por via de los Moros, que Barba Roxa 
enbio un enbaxador al rey de Fez, hiziendole saber que tenya 
sesenta y très navios prestos, que le faltava salitre para liazer 
polvora, que le mandase socorrer con la mayor cantidad que 
pudiese, que le ofrecia, dentro de un mes que le llegase, de venir 
con su armada sobre el lugar que quisiese. El Rey le avia enbiado 
cien quintales de salitre, y una mezquila de Fez, donde ay muni- 
cion, otros ciento, y Moley Abraen", cinquenta. \ que dezia que 
avia de venir sobre Ceuta, que Su Alteza lo mandase socorrer, que 
estava mal proveyda y a mal recado. 

Luego que llego el correo, el Rey tuvo consejo ; y me dizen que 
manda dar mas priesa a que las caravelas que lie dicho vayan al 
Estrecho, y hazer prestos mas navios y otras provisiones. Esto me 
han dicho ; hasta agora no se nada de parte del Rrey ni de persona 
de su consejo, porque no ha avido tiempo para eso despues que 
vino la nueva hasta que este se parte. Yo avisare lucgo de lo que 
mas supiere. 

Tanbien tiene aviso de Arzila del conde de Redondo ^ que el rey 
de Fez stava a vin" léguas de Arzila cave Alcaçar, que avia sacado 
la artillcria de alli, donde el la tiene, y que dezian que venia sobre 
el. ïanbien pide que le manden proveer, porque esta a mal recado. 

l Guarde Nuestro Sefior la muy rcal vida de ^ " Mag' y acrecienle 
su muy poderoso estado ! 

De Setubal, a xxi de Abril i532. 

De V" Mag'. 
Basallo y criado que las reaies manos de V" Mag' besa, 

Signé : Lope Hurtado. 

Airhivo General de Slinancas. — Estado. — Lefjajo 369. — On^/inal. 

i. ÎNuno Alvarez Pcreira. gouverneur de 3. I^. Joâo Coutinliu, comte île lUdomlo. 

Ceuta. gouverneur d'Arzila de lôiii à 1025 et i\c 

2. Moulay Ibrahim, grand-vizir du rui de 1529 a i538. Il était l'ami du vizir Mou- 
Fez. Sur ce personnage, V. supra, p. 17, lay Ibrahim, quoiqxi'il eût souvent à com- 
nole 4- battre contre lui. 



44 lO MAI l532 



ENQUÊTE SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES' 

Diverses villes et personnalités font connaître leur avis sur l'interdiction 
éventuelle du commerce avec les Maures. 



lo mai iDoa. 

Sur la couverture , alla manu : Relacion de lo que los Concejos 
e personas particulares responden " a lo que Su Mag' les escribio 
sobre lo de la contratacion de Africa. — lo de Mayo de i532. 

Relacion de lo que los Concejos e personas particulares responden 
a lo que Su Mag' les escribio sobre lo de la contratacion de Africa. 



Malaga *. 

La ville se prononce pour une prohibition s'applicjuant à toute la Chrétienté, 
car si elle était restreinte à l'Espagne, elle ferait passer le trafic aux 
mains des étrangers. — Si le commerce doit continuer, on propose la 
création d'un entrepôt à Oran, à Bougie ou dans un autre port. — 
Une prohibition générale fera baisser les recettes douanières. 

I. Le commerce avec les Maures fut (i525), la prohibition avait été générale; 

l'objet de nombreuses réglementations. seul le port d'Oran avait été excepté. Cette 

Suivant les circonstances, tantôt il fut rigou- mesure fut rapportée peu de temps après, 

rcusement interdit, tantôt toléré pour un V. infra. Doc. VU, p. 5ç). 

seul port nommément spécifié, tantôt enfin 2. On peut inférer de la comparaison 

on leva toutes les prohibitions. Cf. Chronol. des réponses que l'enquête comportait un 

crit. aux dates: i^qS, 3i mai; i5i6, i3 questionnaire précis, 

août ; i5i8, 9 février; i528, ii mars. — 3. Les noms des villes ou personnalités 

.\prcs la malheureuse expédition des Espa- déposant à l'enquête Bgurent en marge 

gnols pour reprendre le Pcfion de Vclcz dans l'original. 



ENQUETE SLK LE COMMERCE AVEC LES MAURES 45 

La cibdad de Malaga dize que le paresce que, en este caso, lo 
mas probechoso séria la proybicion gênerai en todas partes, y que, 
para ello, se pysiese todo el buen recaudo que fuese posible. de 
manera que de ninguna parle de Cristianos llebasen mercaderias 
a los dichos Moros ; y que, si la proybizion se fiziese solamente 
en los reynos de Gastilla, séria quitar el trato a los subditos de 
Su Mag' y darlo a los estranos. Y, aviendo de aver trato, les parece 
que los navios que llebasen mercaderias a los Moros las descargasen 
en un puerto de Su Mag' que fuese Oran o Bugia o otro puerto, 
e alli se fiziese una casa donde metiesen las dichas mercaderias, a la 
que viniesen los Moros a conprarlas, teniendo aviso que no entrasen 
en el lugar o cibdad de Cristianos. \ que, si se fiziese vedamiento 
gênerai, bendria algund dano a la renta del almoxarifazgo. 

Diego de Caçalla * . 
Dize lo mismo que la cibdad de Malaga. 

Juan Lopes de Recalde. 

Il serait bon que les personnes et les marchandises passant en Afrique s'em- 
barqaent à Malaga ou à Cadix et débarquent à Oran ou à Honeïn, 
où se trouveraient des inspecteurs qui retiendraient les marchandises 
prohibées. On y établirait des entrepôts, où devraient avoir lieu exclu- 
sivement les rapports entre Maures et Chrétiens. — En aucun cas, 
le commerce espagnol ne devrait se faire par Santa-Cruz, qui est au 
Portugal. 

Dize que le parece que, despues de aver dado Su Mag' orden, 
como los reyes e potentados de Cristianos, de la manera que lian 
de pasar mercaderias a tierra de Moros, séria bien que Su Mag' 
mandase senalar un lugar o dos en el Andaluzia. que fuese cl uno 
la cibdad de Malaga, y el otro, si este no vastase, la cibdad de Cadiz, 
para que desde alli y de no de otra parte se embarquen las merca- 
derias y personas que obieran de pasar a tierra de Moros y que vayan 

I. Il était en i547 proveedor à Malaga avec Francisco Verdugo. \. infra. p. ia3. 



46 lo MAI i533 

a desenbarcar a Oran o One ' o a otro lugar de Su Mag', donde aya 
personas que vean las mercaderias, y si fueren de las vedadas las 
tomen presdadas ; y tanbien los cosasen que los Moros no tratasen 
con los Cristianos ni los Cristianos pasasen a tierra de Moros, 
por manera que en cada lugar de estos obiese una casa aprestada 
para este trato, donde los Moros viniesen a contratar, y de esta 
manera se les cosaria que muclios malos Cristianos convertidos de 
judios se passan alla e se tornan judios. e otros^ moros. Y que en 
ninguna manera le parece que la contratacion de estos reynos sea 
por Santa Cruz, puerto de Portogal. 



La 



CIBDAD DE LiARTAGE.NA. 



La prohibition du commerce avec les Maures doit être- générale, car, res- 
treinte à l'Espagne, elle serait peu utile et diminuerait les revenus de Sa 
Majesté. 

Dize que Su Mag' debe quitar del todo la contratacion con los 
Moros, dando ordenquede ninguna parte de Cristianos se les llebe 
mercaderias, por que de otra manera poco aprobecharia que Su Mag' 
lo remediase en sus reynos y de otras partes les llebasen merca- 
derias, e que las renias de Su MagS si asi se fiziese, se diminuyrian. 



Ju.VN DE HeREDIA, VECINO DE CaRTAGENA. 

Les marchandises à destination des régions voisines des territoires portugais 
devraient être visitées à Santa-Cruz, celles destinées aux régions voisines 
de l'Espagne seraient visitées à Carlhagène, d'où elles seraient débarquées 
soit à Honeïn soit à Oran. — Les Vénitiens devraient renoncer à ce 
commerce. — Le mieux serait que les Maures vinssent faire le commerce 
à Carthagène. 

> 
I. One, Iloncïn /p**» sur la Méditer- Tlemcen. Les Espagnols s'en emparèrent 

ranéc, à 3o kilomètres environ à l'est de en i53i ; ils l'évacuÎTenl en i534, après 

Nemours. Celte ville, mentionnée des le l'avoir détruite. 

ix« siècle et décrite au xi^ siècle par El- 2. Il faut sous-entendre : convertidos de 

Bekri cl par El-Edrisi, était le port de moros... se tornan. 



ENQUÊTE SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES l\n 

Dize que le parece que las mercaderias que se Uevaren aquellas 
partes de Moros que confinan con las tierras del serenysimo rev 
de Portugal se pueden registrar en Santa Cruz, y los que pasaren 
mercaderias a las tierras de Moros que confinan con estas partes 
se registren en Cartagena, y de alli las Ueven a One o a Oran, 
para desde alli se contraten. \ que ante todas cosas conviene que 
se tenga medio con los ^ enecianos non las pasen, por que ellos las 
lleban, e que lo mejor séria que los Moros pasasen aca a contratar. 

NiCOLAO FORNE. VECINO DE CaRTAGENA. 

Si ion peut obtenir l'adhésion des puissances chrétiennes, spécialement 
celle des Vénitiens, le mieux serait d'interdire le commerce avec les 
Maures. — // serait préjudiciable à l'Espagne que la prohibition ne 
s'appliquât qu'à elle seule. — ■ L' inspection des marchandises aurait lieu 
pour les places du Portugal à Santa-Cruz et pour les places de Castille à 
Oran ou à Honeïn. 

Dize que, concordandose los reyes y potentados cristianos, 
especialmente Benecianos, séria bien que no oviesen contratazion 
con los Moros : e que, si no se concertasen todos, le parece que séria 
perjuizio de estos reynos que dellos solamente dexasen de pasar 
mercaderias ; y pasando le parece que las mercaderias que se pasasen 
a las fronteras del reyno de Portogal se registrasen en Santa Cruz, 
y las que pasasen a las fronteras de Castilla se registren en Oran 
o One, so graves penas. 

Juan de Salamanca, otro vecino de Cartagena. 

Si le commerce avec les Maures est interdit, la prohibition doit s'appliquer 
à toute la Chrétienté, car il ne serait pas convenable qu'elle frappât 
l'Espagne seule. — Si le commerce continue, il faudrait désigner les 
ports du royaume où les marchandises seraient visitées et acquitteraient 
les droits. 

Dize que, aviendo de quitarse la contratacion a los Moros, avra 
de ser concertando que de ninguna parte de la Cristianidad no 
les Uevasen mercaderias; pero, no siendo asi, no conbiene que 



^8 lo MAI i532 

solamente destos reynos se dexen de pasar ; y en tal caso, que Su 
Mag' sefiale puertos donde por fuerça se registren y paguen los 
derechos, y pierdan las mercaderias que llebaien, si no fueren que 
no les deven : y estos sean en puertos destos reynos, non consln- 
tiendo que sea en reyno estrano. 

Pedro Xarbaez, otro de Cartagena. 

// serait bon que le commerce avec les Maures fût interdit par toutes les 
puissances chrétiennes : si la prohibition n'est pas générale, elle sera préju- 
diciable à S. M. et diminuera ses ?^evenus. — Si le commerce continue, 
il faudra désigner aux Maures un port du royaume pour y trafiquer, les 
Chrétiens ne devant pas aller chez eux. — On ne doit pas permettre 
que les navires espagnols soient visités dans un pays étranger. 

Que le parece que séria bien que vedasen generalmente por todos 
los reyes e potentados de Cristianos que no se pasasen mercaderias 
a tierrade Moros ; pero, no siendo generalmente, que Su Mag' séria 
deservido y sus renias diminuydas ; y, aviendo de aver contratazion, 
dize que séria bien que los Moros que obiesen de coutratar vinyesen 
algund puerto de Cristianos que les fuera senalado y no pasasen 
los Cristianos a ellos por los dampnos que dello se siguen ; y que 
no se debe dar lugar que los navios de los naturales destos reynos 
sean catados en reyno estrafio. por el escandalo que dello se seguiria. 

Juan Nabarro. vecino de Cartagena. 

Le commerce avec les Maures devrait être interdit par tous les rois chré- 
tiens. — Si l'on n'est pas d'accord sur cette question, il ne convient pas 
que les sujets de S. M. cessent le commerce. — Désignation de ports 
pour la visite des marchandises . 

Dize que su parecer es que se cierre del todo la contratacion con 
los Moros por todos los reyes cristianos ; y que, no siendo de 
concordia de todos, no conbiene que los naturales de Su Mag' 
dexen de contratar ; y que séria bien que senalen puertos donde 
se registren. 



ENQUÊTE SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES ^Q 



El lisenciado Valcarcel, vecino de Cartagena. 

/i ne Jaut pas interdire totalement le commerce ni faire visiter les navires 
en pays étranger. — On doit empécJier la contrebande des armes et des 
marchandises prohibées. — Il faut désigner des ports en Espagne, où les 
marchandises seraient visitées et où les Maures viendraient les acheter. 

Dize que no le parece que se cierre del todo la conlralacion, ny 
registren los navios en reyno estrano, sino que se ponga gran 
diligencia que no pasen armas, ni otras mercaderias de las vedadas; 
y para ello es bien que aya puertos seûalados en este reyno donde 
se registren las mercaderias, e que le parece que los Moros bengan 
a estas partes a las conprar. 

Juan Basquez del Campillo. 

Les marchandises à destination du Maroc seront visitées à Gibraltar ou à 
Cadix pour être de là débarquées à Santa-Cruz ; celles à destination du 
royaume de Tlemcen et des régions à l'est du Détroit iront par Cartha- 
gène à Oran, où elles seront visitées. — Les puissances chrétiennes seront 
prévenues que toutes les marchandises dirigées sur d'autres ports seront 
confisquées. — // serait nuisible de permettre aux Maures de venir 
commercer dans un port chrétien. 

Dize que le parece que las mercaderias que pasarcn a la parle de 
Cebta o Tituan que Su Mag' mande que se registren en Gibraltar 
o en Cadiz, para que alli se vea lo que lleban, y desde alli las 
lleben al castillo de Santa j ; y que las que pasaren al reyno de 
Tremecen e azia aquellas partes, que es del Estrecho aca, bayan a 
Cartagena e de alli a Oran ; y que Su Mag' mande a lodos los reynos 
que estan debaxo de su senorio que las mercaderias que obieren 
de llebar a Verberia las lleven a registrar a la dicha Oran, y alli 
tomen testimonio de ello ; y que se escriba a los reynos y potentados 
de Cristianos que no consientan que se lleven mercaderias a los 
Moros por otros puertos, avisandoles que lomaran por perdidas 
las que tomaren en la conquista de Su Mag' ; y para la seguridad de 
esto, deven andar requeriendo todas las costas las gâteras de Su 

De Gastiïies. X. — !\ 



5o lo MAI i532 

Mag* ; y que le parece que sera muy grande ynconbiniente que se 
de sef^uro a los Moros de allende para que vengan a contratar a nin- 
gund puerto de Cristianos, porque comunicarian estos reynos y 
sabrian lo que en ellos pasa ; y que teniendose la horden suso dicha, 
no se diminuyria la renta del almoxarifazgo ni ofra renta. 

El corregidor de Cadiz. 

Il ne faut pas interdire le commerce, mais faire visiter les navires gui vont 
au Maroc. — La prohibition diminuerait des deux tiers les revenus de 
la douane et les Français et autres étrangers s'empareraient du commerce. 

Dize que no le parece que se quite el trato ; anles se deve man- 
dar poner muy buen recaudo en los puertos de la mar, para que 
registren los navios que pasaren a A erberia ; y que si cesasen de 
pasar las mercaderias que pasan a Verberia, se diminuyria la renia 
del almoxarifazgo en mas de las dos tercias partes ; e que si aca 
afloxasen el trato, los Franceses e otros estrangeros les llevarian 
mercaderias. 

Francisco Leardo, vecino de Sevilla. 

Impossibilité de supprimer totalement le commerce. — Les rois chrétiens 
ne devraient pas tolérer que des armes et marchandises prohibées soient 
importées au Maroc. — Les navires allant au Maroc devraient prendre 
l'engagement, datis les ports où ils chargeraient, d'aller vendre leurs mar- 
chandises dans une frontera : ceux pour la région du Cap-de-Guir, dans 
une place portugaise, ceux à destination du pays de Tlcmcen, dans le 
port d'Oran. — Les marchandises seraient visitées dans ces ports. 

Dize que le parece cosa ynposible quitarse del todo la contra- 
tacion ; y que, para que no se Ueben cosas vcdadas, a su parecer, 
dize que séria lo principal comunicar con los reyes cristianos que 
non consienlan que de sus reynos se lleven las armas e otras merca- 
derias vedadas, porque de alli se probeen mas que de aca ; y que 
poco aprobecharia que Espaûa y Portugal se concertasen y los 
olros se qucdasen fuera ; y que los navios que ovieren de yr a 
lierra de Moros se tomcn dcllos seguridad, en los puertos donde 



ENQUETE SLR LE COMMERCE AVEC LES MALUES O I 

cargaren, que yriaii a descargar y vender sus mercaderias a puertos 
de Cristianos, o los que fueren al Cabo de Aguer', a un puerto 
del rey de Portugal, e los que obieren de yr a Tremecen o sus 
comarcas, a Oran o a otro puerto, e alli aya quien los registre y 
vean las mercaderias que lleban. 

Jlan de Polanco, vecino de Sevilla. 

Impossibilité de supprimer le commerce arec les Maures, ce qui diminuerait 
les revenus du Roi. — Difficulté de faire visiter les navires en Portugal. — 
Il faut remédier aux abus gui se commettent dans le rachat des captifs 
et le faire surveiller. — Le passage en Afrique des Chrétiens nouvelle- 
ment convertis doit être interdit, car ces derniers retourneraient au 
judaïsme. 

Dize que liene por cosa ynposible quitarse dcl todo el tralo de la 
Yerberla ; y que, si en Espafia del todo se mandase quilar, las ren- 
ias de Su Mag' se diminuyrian : y que tanbien tiene por dificultoso 
registrarse los navios en iiingund puerto de Portugal : y que se 
devria poner remedlo en el rescate de los caulibos% porque ha avido 
marcada solucion en ello, niandando que no se concertase el precio 
del rescate dentro en ^ erberia, sino en puertos de Cristianos, e que 
alli aya personas de diligencia e concença que tengan cuenta con 
las mercaderias e rescates que se fîzieren ; e que, por hevitar los 
ynconbinientes que se siguen en pasar Cristianos nuebamente con- 
verlidos, porque se buelven alla Judios, que Su Mag' mande que 
non pasen alla pcrsona de sospecha, e que se mande que ningund 
mercader crisliano tengan conpania con ningund Moro ni Judio, 
so grave pena. 

Fr.ANCisco de Çavallos y Melchior de Carrion. 

Impossibilité de supprimer le commerce avec les Maures. — La visite des 

I. Ca6o de A^uer. Le port de Santa-Cruz- côte allanlique. 
du-Cap-de-Guir, aujourd'hui Agadir. Ce a. Sur ces abus, V. i" Série, France, 
port, plusieurs fois cité dans ce document, t. III, Introduction critique. Les ordres ré- 
semble avoir été considéré comme le point dcmpleurs et les captifs chrétiens au .Maroc, 
extrême où s'arrêtait le commerce sur la pp. 56i-56:i. 



52 lO MAI l532 

marchandises espagnoles à Santa-Cruz ou dans une autre fronlera por- 
tugaise aurait pour conséquence de nuire au trafic espagnol et de favoriser 
le commerce étranger. — Le revenu des douanes diminuerait des trois 
quarts, sans que la contrebande des armes soit empêchée. 

Dizen que tienen por ynposible quitarse del todo el trato que 
los Cristianos tienen con los Moros ; y que si se obiesen de registrar 
las mercaderias que llebasen de Espana en Santa Cruz o en otros 
puertos de Portugal, séria quitar el probecho a los naturales y dallo 
a los estrangeros ; y si esto se hiziese, crehen que se diminuyria la 
renta del almoxarifazgo en mas de très quartos de mercaderias, e 
que los mercaderes serian mallratados ; y por esto, no dexarian de 
llebar por otra parte armas a los Moros. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^6i. — Copie. 



LETTRE DE LA VILLE DE XEREZ A CHARLES-QUINT 53 



VI 



LETTRE DE LA VILLE DE XEREZ A CHARLES-QUINT 

La ville de Xerez fait connaître son avis sur une convention commerciale 
proposée par le roi de Portugal. — // n'est pas exact qu'il soit importé 
d'Andalousie à Tercouco et à Teftana des armes, de l'acier, du cuivre, 
du soufre, du fer, de la pierre et du salpêtre, vu que ces choses s'y 
trouvent en abondance et s'y vendent à meilleur marché qu'en Espagne. 
— Le roi de Portugal propose que les Espagnols renoncent à commercer 
à Tercouco et à Teftana et qu'ils viennent exclusivement trafiquer à 
Santa-Cruz, où ils ne payeront aucun droit. — Cela n'est acceptable 
que si les Maures et les Juifs n'y payent également aucun droit, comme 
à Tercouco et à Teftana. — Les autorités portugaises ne devront pas 
visiter les navires espagnols. — Si, sous ces réserves, la convention est 
acceptée, sa durée sera limitée et garantie sera donnée que les droits sup- 
primés ne seront oas rétablis ultérieurement. 



Xerez, lo mai iSSa. 

Sur la couverture, alla manu : Copia de la carta que a Su Mag' 
escrivio la ciudad de Xerez de la Frontera en x de Mayo de 
Dxxxii anos. 

Copia de la carta que escrivio a Su Mag' la ciudad de Xerez, x 
de May G de dxxxii anos. 

S. C. C. Mag'. 

La ciudad de Xerez de la Frontera besa los pies de V" S. Mag' 
y dize que V" Mag' mando a la dicha ciudad v-iese cierta capitu- 
lacion de cosas que el serenisimo rey de Portugal pide sobre la 
contratacion que los mercaderes de estos reynos tienen en la 
Berberia. Y en complimiento de lo que V" Mag' manda y de lo que 
toca a su rreal servicio, se a puesto mucho cuydado en saber los 



5^ lO MAI l532 

ynconbinyentes que ay o pueden aver en probeersc aquello que 
se pide: y despues de averse puesto en ello con diligencia. la reso- 
lucion que la dicha ciudad toma en dezir lo que combiene al ser- 
vicio de V" Mag' es lo siguiente : 

Quanto al primer capitulo, dize que de estas partes del Andaluzia 
se llevan armas, azero, cobre e açufre y otras cosas de municion. 
A esto se halla que no se ha de presuniirlo tal, porque fasta oy tal 
[no] se a averiguado ; ni tanpoco ay nescesidad de lo llevar, porque 
de Torocuco ' y Tafetana", donde se dize que se lleva lo sobre dicho, 
ay tanto cobre, que aca se trae por mercaduria, y \ale mucho 
menos que aca ; y asi mismo yerro hazero ay tanto como en 
Vizcaya, pues, siendo asy y valiendo mas barato, poca nescesidad 
ay que se lleve de estas partes; piedra açufre y salitre, en la misma 
tierra lo hazen y tienen aparejo para fazer quanto quisieren, 
sin que de aca lo lleven. Asy que, por aver en Berberia abundancia 
de todas estas cosas y valer mas barato que no en estas partes, no 
se ha de presumir que se ha de llevar por mercaduria, ny fasta oy 
se averigua que de estos puertos del Andaluzia se aya Uevado, 
aunque valiese niuchos dineros, quanto mas que sobre esto de cosas 
vedadas ay puestas graves penas por V" Mag'. 

En lo que se dize que tiene mandado el serenessimo rey de 
Portugal que en su villa de Santa Cruz reciban los mercaderes 
subditos de V" Mag', no les lleven derechos, a esto se dize que mu- 
chas vezes se a dicho y olrescido por el dicho senor rey o por sus 
capitanes, en su nombre, la dicha villa de Santa Cruz que se haria 
asy, pero esto dura quanto es su voluntad; y que mandandolo y 
haziendolo asy, que no se lleven derechos ningunos de entrada ni 



1. Torocouco, et alias : Taracouco, Ter- MARMOL,lib. III, cap. i5. Comme le mouil- 
couco. Sur cette ville, V. Damiào DE GoEs, lage de Tercouco, celui de Teftana se 
IV, 21 et5i. On peut l'identifier avec le trouve abrité du N. et du N.-O. par un 
liuudit de Tercouco, qui désigne une colline massif de hautes terres, le plateau de Ta- 
que couronnent des ruines en contrehaut guent de la carte au aooooo*", dont l'cxtré- 
dc l'ancienne kasbad'Aghroud, sur le rivage mité 0. porte le nom de Ras Teftana; 
au S.-E. du cap Guir; le massif du cap dans la baie qui s'ouvre au S.-E. débouche 
en abrite le mouillage des vents du N. et un cours d'eau formé par la réunion de l'assif 
du N.-O. Iguczoullen et de l'assif Assoufid ; il y faut 

2. Sur ce port, V. France, t. I, p. io8, sans doute voir le « fiumiccllo » dont parle 
note a; Léon l'Africain, f. i5 v°-i6 r° et Léon l'Africain. 



I.ETTHE DE LA VILLE DE XEREZ A Cil ARLES-Ql IM" 55 

de salicla en la dicha villa y torre de Santa Cruz, ni en ningunos 
de los otros lugares de su conquista donde el diclio sefior rey quiere 
que se vayan a registrar las dichas mercadurias, que en tal caso 
poco ynconbiniente séria yr a los diclios lugares, antes todos los 
que tratan en la Berberia, subditos de A '^ Mag', lo abrian por bueno, 
con tal aditamento que, despues de aver regislrado las mercadurias 
y visto que no ay cosa vedada en ellas, los dexen yr librementc 
desde la diclia villa y torre de Santa Cruz con sus mercadurias a 
los lugares que quisieren llevarlas a contratar, porque asy lo solian 
liazer en la dicha villa, quando por alli tratavan los subditos de 
V" Mag', sin que por ello agora paguen derechos ningunos. como 
el dicho seùor rey se ofresce. \ siendo desta manera que todas las 
dichas mercadurias vayan a la dicha torre y villa de Santa Cruz, 
para el despacho délias, por fuerça se lia de dar seguro a los Moros 
y Judios que vengan a contratar a la dicha torre y a estos taies, 
pues todo se haze debaxo de fin que no se lleven cossas vedadas ; 
que asymismo no se les lleven derechos a los Moros y Judios, por- 
que de mejor voluntad vengan a contratar y los Cristianos des- 
pachen mejor sus mercadurias, y tanbien porque lo que se quita 
de derechos a los Cristianos lo podrian echar a los Moros, de cuya 
causa, como se dize, no vernian a contratar y séria muclio perjuy- 
zio, porque tanto menos darian por las mercadurias quantos dere- 
chos se les cargasen, porque, en los puertos de Tafetana y Toro- 
cuco, no se les Ueva a los Cristianos mas derechos de los que les 
Uevan yendo y entrando por la dicha villa de Santa Cruz, y los 
Moros por alli son libres de todos derechos. Y no haziendose desta 
manera, los subditos de V" Mag' no despacharian sus mercadurias, 
y, no despachandose, no yrian mas mercaderes con ellas y el trato 
se perderia, por donde vernia mas daào y perjuyzio a las renias 
reaies de V" Mag'. cerrando y mandando que no contratasen los 
subditos de Su Mag' por Torocuco y Tafetana, como el dicho senor 
rey de Portugal lo dize e pide. 

Y en quanto a lo que se dize por parte del senor rey que V^" Mag' 
mande dar su probision para que los capitanes y justicia del senor 
rey tengan libertad de catar y buscar los nabios que fueren car- 
gados de los vasallos de V" Mag', a esto se dize que, aviendo de yr 
a la dicha torre todas las mercadurias y los nabios que las Uevan, 



56 lo MAI i532 

asentandose le suso diclio, que poca nesecidad ay de ser catados, 
pues en tierra se an de descargar, y alli se podra ver sy Uevan 
cosas vedadas, y tanbien porque, siendo libres de derechos, como 
se dize que se hara, no tendran nesecidad de yr por Torocuco ny 
Tafetana, y, no yendo, no ay para que catallos ; y, dando probision, 
séria dar causa para que los capitanes del seiior rey de Portugal 
tubiesen facultad para levantar enbargos y achaque, con que los 
subditos de V" Mag* fuesen fatigados. 

Porque el fin de todo esto que pide el senor rey de Portugal es 
a efecto que el trato que los subditos de Su Mag' tienen en la Ber- 
beria buelba y se haga por la dicha torre, como antes solia, lo que 
se perdio por los malos tratamientos y sobornaciones y cohechos 
que los capitanes y aduaneros de la dicha villa de Santa Cruz liazian, 
y a esta causa la dicha villa no esta tan poblada como solia, querria 
y procura que agora tornase el dicho trato por alli ; y podria ser 
que, despues de bueltos, les tornasen a poner los derechos, como 
lo an fecho otras vezes, aviendoles prometido que no se les llevaria 
y se les haria buen tratamiento, y, despues de tenellos alli, hazen 
lo contrario ; y, no aviendo, como no ay, de donde sean remediados 
de justicia, por ser tan desbiado de estos reynos como es, conbiene 
que, si V" Mag' a de concéder en lo que el seiior rey de Portugal 
pide, a de ser con toda seguridad que se cumplira lo suso dicho, 
y por cierto tiempo limitado, y porque en este medio se vea mejor 
sy conbiene al servicio de V" Mag^ y a sus rentas que se efetue por 
mas tiempo o no. 

Todo lo suso dicho es lo que la dicha ciudad de Xerez alla que 
V" Mag' deve ser avisada y certificada. V" Mag' sea servida de 
mandallo veer y probeer en ello lo que a su real servicio sea y mas 
combinyente al bien destos sus reynos y de sus vasallos y naturales. 

De Xerez, a diez de Mayo de i^dxxxii anos. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^61. — Copie. 



AVIS SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES 07 



VII 

AVIS SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES' 

Au temps des Rois Catholiques, le trafic avec les Maures était prohibé: 
deux galéasses vénitiennes ayant violé cette interdiction furent prises par 
Alvaro de Mendoza, capitaine (jénéral de la mer, et vendues à son profit. 
— // est notoire que l'Église défend tout commerce avec les Maures. — 
Les Bois ont toléré une exception à cette défense, afin de faciliter le 
rachat des captifs, qui étaient échanges contre des draps et de la toile. — 
A vec le régime de liberté actuel, ce rachat est devenu très onéreux : le prix 
d'un captif s'est élevé de vingt à cent cinquante ducats. — Le capitaine 
Sancho de Biedma et le veedor Francisco Verdugo, ayant été capturés lors 
de l'affaire du Pehon de Vêlez, se sont plaints au Conseil de la Guerre des 
difficultés que rencontrait leur rachat par suite de l'avilissement des mar- 
chandises ci Vêlez, oii on les trouvait aussi nombreuses que dans un marché 
ou une foire d'Espagne. — A la suite de ce fait, le Conseil de la Guerre 
décida d'interdire tout commerce avec les Maures ; exception fut faite 
pour le port d'Oran, mais cette mesure fut rapportée par le Conseil 
Royal ou par la Chambre de Castille. — A ujouirrhui les villes demandent 
que le libre trafic soit limité aux places que Sa Majesté possède outrée 
mer. — Mais il faut considérer que, si l'on exporte du blé chez les Maures, 
cette denrée enchérira en Espagne, et que, si l'on exporte des draps 
et de la toile, la rédemption des captifs sera rendue plus difficile. En 
outre, à la faveur du commerce, il sera fait de la contrebande de guerre, 

■ et déjà on constate que les Maures ont beaucoup plus d'armes qu'ils 
n'en avaient autrefois. — Cette question du trafic ainsi que la décision 
à prendre semblent devoir appartenir au Conseil de la Justice. — Un 
autre inconvénient du libre trafc est de permettre aux Maures d'être 
avisés de ce qui se passe en Espagne. — C'est ainsi que la perte du 
Penon d'Alger est due à un avis qu'un marchand de Majorque a fait 
passer à Barberousse. — Si le libre trafc continue, Barberousse et les 
Maures sauront chaque jour où se trouve la flotte et ils opéreront à coup 

I. L'auteur de cet avis était membre du plusieurs passages du présent document. 
Conseil de la Guerre, ainsi qu'il résulte de Cf. ci-après p. 58, note 3, et p. Sg. 



58 i532 

sûr. — Pour toutes ces raisons, l on pense qu d faut s'en tenir à la 
décision du Conseil de la Guerre interdisant tout commerce avec ces 
régions. 



[lôSa] 



Sur la couverture : Sobre lo que toca al trato de Africa. 

El senor Cardenal' me encomendo en el Consejo^ de ayer que 
oy nos juntasemos para ver lo que las ciudades^ escriven cerca del 
trato de aliende, y a esto devemos ser llamados. Suplico a V. md. 
y a esos senores, por que esta noclie no lie dormido a causa de aver 
ecedido en la cena, perdone la poca falta que yo puedo hazer. 

En esto del trato de aliende dire, Senor, aqui lo que alla dixera 
a Vs. mds., porque con mas causa me ayan por escusado de no yr. 

En el tiempo del reynar de los Keyes Catliolicos, fue defendido 
el trato de aliende a todos sus subditos ; e, sien do capitan gênerai 
en la mar por Sus Altezas el condc de Castro, Albaro de Mendoça, 
tomo dos galeaças de Venecianos, porque yvan a tratar a aliende y 
les hallo algunas cosas de las vedadas. Andubo el pleyto en Consejo 
de Justicia e sentenciose que heran bien tomadas, de que el conde 
dezian que avia quedado rico de la presa. 

Notorio es que la Yglesia defiende todo trato con los Moros ; y, 
quando los reyes en algo lo solian permitir, era dar licencia que 
para los rescates de los cautivos se pudiese llevar el rrescate en 
mercaderias de panos o lienços, con que venia en convertirse en 
ganancia de salir barato los cautibos. Agora, como a los mercaderes 



I. Cette date est restituée d'après les S. M. sur les côtes d'Afrique, proposition 

données suivantes : i" le document est dont il est question dans le Doc. V, daté 

antérieur au départ d'Alger de Kheir cd- du lo mai i532. V. supra, p. 4^. 
Din (Barberoussc), départ qui eut lieu en 2. Le cardinal de Santiago. Sur ce per- 

aoùt i533 ; 2° il est postérieur à la prise sonnage, V. /" Série, France, t. I, p. Sg, 

du Penon d'Alger (mai 1029), dont il est note l\, et infra. p. 97, note 4- 
parlé comme d'un fait passé (V. infra, 3. Le Conseil de la Guerre. V. infra, 

p. 60) ; 3° on examine dans le présent p. 69. 

document une proposition relative à la pro- 4- ^ . supra. Doc. V, pp. 44-03, les obscr- 

hibition du trafic avec les villes que possède vations présentées par les villes. 



AVIS SUR LE COMMERCE AVEC LES MAURES ÔQ 

no se deficnde el tralo, ganan ellos aquello que solian ganar y venia 
a los cautibos ; y, por eso el caulibo, que enlonces saiia con veyntc 
() treynta ducados, sale agora con cl o ce. Y el capitan Biezma y 
cl vecdor Francisco Yerdugo, que cautivaron en lo de Vclez de la 
Gomera', salidos de cautiverio, se quexaron en el Gonsejo de la 
Guerra del gran dano que ellos e los otros cabtivos avian rescebido 
en sus rescates, porque, de la mercaderia que ellos se avian de 
aprobechar para salir mas barato, avia alla en Yelez tanta abundancia 
de mercaduria como en un mercado o feria de aca. \ , por lo que 
estos dixeron, se probeyo en el Gonsejo de la Guerra que se apre- 
gonase en Malaga y en los otros puertos de aca que ninguno fuese 
osado de Uevar mercaderias alicnde, ecebto a Oran que estava dada 
licencia por Sus Altezas ; y que, los que fuesen a otra parte sino a 
Oran, los que quisiesen armar sobre ellos los pudiesen tomar de 
buena guerra ; y desto podra dar fee Ondarça, si se asento en el 
libro. Y no se guardo, porque, o por Gonsejo Real o por Ganiara", 
se dieron mandamientos rebocando lo que se avia mandado en el 
Gonsejo de la Guerra, de que Ys. mds. se podran bien acordar, que 
fueron los que lo probeyeron. 

Si las ciudades agora escriven que sera bueno el tralo con tanto 
que sea en los lugares que Su Mag' liene en aliende, si la mercaduria 
es pan, por que el ano pasado lo tubieron muy caro, por aver sido 
muy malo, el pan que se sacare para alla encarescera lo de aca, con 
que padesceran mucho trabajo los pobres en gênerai; si la merca- 
duria ha de ser en panos y licnços, padescen los cautibos. ^ , demas 
destas mercadurias que van publicas, suelen llevar so sota armas 
dcfendidas, que paresce byen claro por las muchas que tienen agora 
los Moros que no solian lener. Y, pues dcl mandar tratar a aliende 
se seguiran todos estos ynconbinyentes y mas, la determinacion 

I. Il s'agit de l'expcdition malheureuse du colonel Francisco Vcrdugo(i 536- 1097), 

du marquis de Mondejar contre Vêlez en qui se distingua dans les Pays-Bas et 

septembre-octobre iSaS, dont le récit est qui écrivit le Commenlario — de la (juerra 

donncpar Salazar, ///'spa/i/auJc/rix, cap. 5, de Fma, réimprime à Madrid en 1873 

et d'après lui par Marmol, lib. IV, cap. 37. dans la Colcccion de libros espanoles raroso 

Sanclio de Biedma et Francisco A erdugo y curiosos. 

furent faits prisonniers. On retrouvera ce 2. La Camara de Caslilla. \ . Gol.no.n- 

dernier ci-dessous comme proveedor de Loubens, Essai sur l'administration de la 

Malaga. V. infra, p. laS. Ce fut le père Castille, pp. igS-igS. 



6o io32 

deslo en el Consejo de Justicia paresce toca mas que a otro Consejo, 
y que alli se devria tomar. 

Demas de los ynconbinyentes dichos, ay otro que mucho ynporta, 
que con los tratos saben los Moros continuamente todo lo que aca 
pasa. Y esto es de tan gran dano que supimos cierto que se perdio 
el Penon de Argel ' por el aviso que dio aquel mercader de Mallorca 
que se llama Castellon a Barbarroxa ; el quai ténia va retrayda su 
artilleria sin esperança de tomalle, y, como Uego aquel mercader 
y le dixo que el Enperador avia fecho vêla para \lalia, con aquel 
aviso torno a poncr su artilleria y apretolos y tomolos. Con saber 
que haze e) enemigo se acierta las mas vezes las cosas de la guerra, 
y, con escusar que el no sepa lo de aca. se defiende mejor la tierra ; 
lo quai no se puede escusar que Barbarroxa e los Moros no lo sepan, 
sv a de andar el trato en tantas partes. Cada dia sabran donde anda 
nuestra armada y si anda mal o bien probeyda, y guerrearan y 
haran danos mas a su salbo, con tener continua noticia de lo de aca. 

Y por esto y por todo lo que esta diclio, aunque mi parescer, 
siendo de tan poca ynportancia, ara poco al caso de lo que se a de 
determinar, mas todavia me atengo a que lo que probeymos en 
escusar el trato por lodas partes hera bien acertado ; y por tal lo 
ternya agora, si tal paresciese a Vs. mds. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo U6l. — Copie. 

1. Le Penon d'Alger fut pris par Kheir ed-Din le 37 mai iSsg. 



LETTRE DE CRI8TOBAL DE ABREO 6l 



VIII 



LETTRE DE CRISTOBAL DE ABREO' A DON JUAN ALONSO 

DE GLZMAN^ 

Relation de la prise de Caçaca par les Maures : quelques soldats de la 
garnison, après avoir tué le gouverneur Luis de Chaves, leur ont livré 
la ville. — La nouvelle a été apportée à Melilla par un soldat fugitij, 
dont le récit a été confirmé par le caïd El-Atar, venu à Mellila, huit jours 
après — Capture à Caçaca d'une barque et de son équipage par les 
Maures. — Causes de la mutinerie. — El-Atar a laissé à Caçaca une 
garnison de 5o arbalétriers et de 80 cavaliers. — // est nécessaire que 
les navires chargés du ravitaillement de Melilla se tiennent sur leurs 
gardes et soient bien armés, car ils seront en danger dans ces parages. — 
La perte de Caçaca est imputable, non à l' insuffisance de sa garnison, 
mais uniquement à la trahison. — Une patache est arrivée à Melilla 
et repartie à destination de Carthagène. 



Melilla, 19 janvier i533. 

iS«/' la couverture, alla manu: A Don Juan Alonso de Guzman. — 
El alcaide de Melilla. — La perdida de Caçaca — i533\ 

Muy illustre Sefior, 

En martes, siete del présente, escribi a V. S. en las caravclas 
con Pedro de Léon, el quai y las carias que llebava se perdio en 

I. On voit par la date du présent docu- par G. de Morales. Dalos para la hisloria 

ment que Crislobal de Abreo était entré en de Melilla, p. 020. 

charge, sans doute à litre intérimaire et 2. Sur ce personnage, \ . infra, p. ySt 

comme lieutenant-gouverneur, avant l'an- note a. 

née i535, où il figure dans la liste chrono- 3. Marmol (Lib. III, cap. 92) place par 

logique des gouverneurs de Melilla donnée erreur cet événement en iii34. 



62 19 JANVIER l533 

Caçaça \ como V. S. avra sabido. Despues tornamos a aver las 



I. Nulle ville du Maroc n'a c'Ié l'objet 
d'identifications plus fantaisistes. On l'a 
placée tantôt à l'Est, tantôt à l'Ouest de la 
presqu'île de Melllla (^ . Castro y Pedre- 
KA, El Rif, préface de Morales, p. ix). 
On rencontre, même pour le nom de ce 
lieu, des graphies différentes. El-Bekri 
(Traduction de Slane, pp. 180-181), et Ibn 
Khaldoùn (Traduction de Slane, t. I, pp. 
171, 190, ig^, 19Ï, 227, 23o et t. II, p. 

i37)écrivenl Giiaçaça «U-L„c- a\ccun (jhnin. 
El-Kadiri (Traduction Graui le, t. II, p. 

222) nomme ce lieu Khaçaça i-«Lw^>- avec 

un /i/ifl. D'après lui, l'ethnique El-Khaçaci au- 
rait été donné à Sidi Abou Fcdliol Kassem, 
parce que celui-ci était originaire deKhaça- 
ça, « ville située au bord de la mer, au pied 
du Djebel Guelaya». Il est très probable que 
la graphie Caçaça, qui est conservée dans 
les titres de la maison de Mcdina-Sidonia 
etc[ui correspond à la forme berbère Igsasa, 
Igsasen, est seule correcte. — Ce nom de 
Caçaça, sur la carte de l'Etat-Major espa- 
gnol au i/5oooo, est applicjué à deux anses 
situées sur la côte ouest de la presqu'ile des 
Guelaya, l'une au nord (Cala Igsasa), à 9 
kilomètres du cap Très Forças, et l'autre au 
sud (Playa Igsasen), à la base même de la 
presqu'ile et à 21 kilomètres du cap susdit. 
A un kilomètre environ de l'anse nord se 
trouve un lieu habité portant également le 
nomd'Igsasa. D'autre part, BarlolomeDora- 
dor (V. i''^ Série, Espagne, t. Il, à la date du 
1 1 mars i55^) nous dit que cette ville était 
pou éloignée du cap Très Forças. D'après 
le commandc'ur Juan de Gaitan (Rclacion 
de la Costa de allende dans Bolelin de la Socic- 
dad geografica de Madrid, 1879, t. VII, p. 
152), la distance de Mclilla à Caçaça serait 
do dou.\ licuos par terre et de quatre par 
mer, en doublant le cap Très Forças, Ces 
diverses données s'appliquent à peu près 
aussi bien à Gala Igsasa et à Playa Igsasen, 



ot il est difficile de choisir entre l'un ou 
l'autre de ces points pour identifier l'ancien 
fief des Medina-Sidonia. Une seule chose 
est établie d'une façon irréfutable, c'est 
que Caçaça se trouvait sur la côte occiden- 
tale de la presqu'île. Cependant, sur la foi 
de Marmol, qui dans sa Descripcion de 
Africa (Lib. IV, cap. 92, f. i55 v"), écrit : 
« La ciudad de Caçaça esta sietc Icgoas a 
Levante de Melilla », cpielcjues géographes 
ont cherché à placer Caçaça dans le voisi- 
nage de la lagune de Mar Cliica. Nous 
pensons qu'il faut voir dans le mot Levante 
vui lapsus de l'auteur ou une faute d'im- 
pression, car Marmol signale lui-même que 
la distance entre, les deux villes est très 
supérieure par mer à la distance par la voie 
de terre ; cette différence de distance serait 
incompréhensible, si Caçaça était à l'Est de 
la presqu'ile des Guelaya. Signalons toute- 
fois un passage assez obscur d'un document 
de i552 (V. infra, p. 660, et note 3), qui, 
à première lecture, confirmerait l'erreur de 
Marmol. — Malgré les difficidtés que pré- 
sentait co mouillage pour le chargement 
ou le déchargement des navires (V. infra, 
p. 68), il était autrefois très fréquenté. 
L'historien Ibn KiialdovIn fait mention 
d'une flotte andalouse cjui s'y trouvait à 

l'ancre en 1292: ^J^S- ^ÀJsV^' 'y^J'3 

i--Li^ (Texte arabe, t. II, p. V'^ A). Plus 

tard, les Turcs d'Alger en firent une base 
maritime dans leurs opérations contre le 
Maroc (V. Grammoist, p. 81). La ville 
de Caçaça ne se trouvait pas sur la côte, 
mais elle était située sur une position domi- 
nant la mer. Ses habitants étaient appelés 

gens du djebel Ilourk £La A>>- J>AI (El- 
Bekri, ibidem). Ce' djebel Ilourk, qu'on 
désigne aussi sous le nom cl(> djebel Gue- 
laya, forme l'étroite presqu'ile de Melilla ; 
il se termine par un promontoire trifurqué, 



LETTRE DE CRISTOBAL DE ABREO 63 

cartas de los Moros y es la que va con esta'. En quanto a la des- 
ventura de perderse Caçaça y la manera como acontescio, dire a 
y. S. en esta Irrevemente. 

El martes, siete dlas deste mes de Henero, estando el alcaide 
Luys de Chavcs en Caçaça en un mirador, que cae sobre el rio 
Verde, mirando al canpo, salieron alli dos soldados, que tenian 
concertado de matallo. y, llegando juuto con el, desarmaron en el 
dos arcabuzes ; uno le liirio por los lomos y otro por una pierna ; 
en el mismo momento, otro que liera en el concierto dio otro arca- 
buzaso a un artillero que alli avia llamado, maestre Antonio, y 
todos ires se subieron a una pena que dizen el Alafia, que es lo 
mas alto y mas fuerte de Caçaça, donde tenian puestos otros dos 
traydores. Subidos alli, pusieronse en armas, defendieron a los de 
la fortaleza aquella 2:)eMa, de manera que ninguno subio a ellos, 
aunque lo pudieran fazer, sy tuvieran saber y animo. Los de abaxo, 
viendo que no los podian tomar. movieronles partido que los dexa- 
rian yr a Castilla en salvo o a los Moros y que dexasen la pena ; 
los traydores no quisieron salir a ningund partido, antes dixeron 
a los de abaxo que guardasen ellos lo baxo, que ellos guardarian el 
Alafia y todo lo alto ; y los malaventurados creyeron lo que les 
prometieron los traydores. Desque fue ya bien noclie, ecliaron 
uno de los traydores que fuese a llamar los Moros ; el quai fue y 
los traxo, y, aunque toda la noclie anduA'ieron arredor de Caçaça, 
no osaron acometerla hasta que fue de dia claro, temiendo que el 
traydor no dezia verdad. ^a que fue claro el dia, llegaronse al pie 
del Alafia y los traydores ecliaronles sogas y por alli los mcticron 
en la fortaleza. En la toriezilla que esta junto a la mar, eslavan 
très honbres ; el uno destos se hallo en la fortaleza, quando mata- 
ron a Cliaves, y, antes que muriese, le mando que se viniese a la 

appelé le tap Très Forças (Enlrefolcos dans son, mais elle ne fut occupée parlai qu'en 

les documents du xvi** s.) et Ras Ilourk en avril i5oO (Çlrita, VI, 3i). 

arabe (transcrit fautivement Ourk sur nos i. Les lettres perdues à Caçaça claienl 

cartes du Maroc). Il est, d'ailleurs, à reraar- tombées entre les mains des Maures; mai- 

quer que ce mot Hourk n'est autre qiie le son parvint à les ravoir. Parmi ces lettres, 

mot latin /urca(/4orca ou /orca en espagnol). s'en trouvait une du 7 janvier i533, à la- 

— La ville de Caçaça fut concédée en i5oi quelle Abreo fait allusion, qu'il envova, 

au duc de Mcdina-Sidonia avec l'obligation jointe à la présente, à D. Juan .\lonso de 

de la conquérir cl d'v entretenir une garni- Gii/nuui. 



04 19 JANVIER l533 

torrezilla. Este honbre, como el miercoles, a la manana, vido los 
Moros dentro en Caçaça, ecliose a nado de la torrezilla y >inose 
aqui a Melilla el mismo miercoles en la noche y llego aqui a la una 
despues de média noche, y este dio la nueva que he diclio, como 
testigo que se hallo a todo. 

Las cara vêlas avian partido de aqui este mismo miercoles por 
la manana y llcgaron a Caçaça de noche, Asy como vino aqui este 
soldado y me dio la nueba, temiendo que echarian las barcas en 
tierra y que aquellos traydores las armarian como lo fizieron, a la 
ora arme el bergantin y lo embie para que dièse aviso a las carave- 
las. Por mucha priesa que se dio, y a las barcas heran ydas a tierra, 
y tomaron la una y en ella a Pedro de Léon y al maestre Alonso 
Rodrigues y a otro escudero que yba de aqui, y mataron otros quatro 
honbres. El bergantin salio todavia tras las caravelas la via de Cas- 
tilla, para dezilles que bolviesen a dar aqui lo que para Caçaça lleva- 
van, y no las pudo alcançar. Asy acontecio que se perdiese Caçaça 
el mismo dia que las caravelas y van a ella, para que la barca tan- 
bien se perdiese. 

Dende a ocho dias, vino el Alatar' a alafia" aqui, del quai y de 
los Moros supimos que todo acontescio de la manera que lo conto 
el soldado que vino. La cabsa porque estos traydores^ se movieron 
a faser tanto mal lue porque Chaves dio por su mano cinco o seys 
açotes con un latigo a una muger, con quien aquellos traydores 
tenian parte, y al uno dellos, porque dexava la vêla, le mando 
que no se echase con ella, y a el dio por esto una vez de moxicones. 

El Alatar dexa en Caçaça cinquenta ballesteros de guarnicion y 
ochenta de cavallo ; ha se nos Uegado muy cerca la mala vezindad 
a cabsa des la desdicha, y por esto y porque toda la guerra que se 

1. Alalar. le caïd Ahmed el-Alar, qui de « honbre muypoderoso » (V. infra. pp. 

avait été, au cours des années précédentes, C8 et 69). On le retrouvera ci-dessous 

caïd de Fichtala et qui avait joué un rôle Doc. XIII, p. 78. 

important dans la lutte contre les Portugais. 2. A /(i/ia, de l'arabe «UaJI. paix, sûreté. 

C'était lui qui représentait, à la date du 3. Marmol rencontra plus tard à Fez un 

présent Document, le roi de Fez dans la de ces traîtres, nommés Mansilla, qui, 

région de Melilla et qui y dirigeait les opé- après son apostasie, avait pris le nom de 

rations contre les Espagnols. Cristobal de SHman ; il était dans la misère et en hor- 

Ahreo, (|ui rut occasion de s'entretenir avec reur aussi bien aux Maures qu'aux Chré- 

lui peu après la perte de Caçaça, le qualilie liens. Cf. Lib. III, cap. 92, f. i50. 



LETTRE DE CRISTOBAL DE ABREO 65 

fazia a Caçaça se ha de convertir en Melilla, conbiene a mi andar 
muy sobie aviso y que la provisyon desta cibdad se haga muy 
mucho con tiempo, y vengan navios bien armados a ello, porque 
asy de Caçaça, como del cabo de Entrefolcos, tienen mucho peligro 
los navios. 

La perdida de Caçaça fue a liempo que, sy avia de ser, no 
pudiera acontescer con menos culpa, porque avia en ella cinquenta 
honbres todos escogidos de aqui y mucha polvora y armas y trigo 
para mas de très meses, y estava mejor que avia eslado de seys anos 
a esta parte y, sy traycion no huviera dentro, ella estava bien segura. 
Aunque avia Chaves perdido aquella génie este verano, el estava 
satisfeclîo con los cinquenta honbres que le quedaron ; pero a 
traycion no ay casa fuerte, y, sy a el no le mataran, créa V. S. que 
no se escaparan los traydores en el Alafia, syn que los tomara, 
antes que se pudieran yr a los Moros. 

El mismo miercoles, en la noche, 11 ego aqui el patax que corrio 
con tiempo a Cartajena, el quai alijo alguna ropa a la mar de la de 
sobre cubicrta ; vino en cl el veedor, y dende a quatro oras que 
llego el, llcgola nueva de Caçaça. Yo le lie diclio que escrivia sobre 
esto acontescido a la Corte, haziendo relacion de la buena provisyon 
que Caçaça ténia, y como, syn la traicion que huvo, no pudiera 
pcrderse, porque se sepa como esto aconlescio no por mal recabdo, 
ni por otra falta. 

j Guarde Nuestro Sefior la muy illustre persona de V. S. con 
acrescenlamiento de mayor estado I 

De Melilla, a xix de Ilenero de i533. 

Muy Illustre Senor, 
Criado de V. S. que sus muy illustres manos y pies besa, 

Signé : Cristobal de Abreo. 
Archiva General de Simancas. — Eslado. — Lerjojo -'tOl . — Oriijinal. 



Dr Gastrihs. a. — 5 



56 23 JANVIER l533 



IX 



LETTRE DE GRISTOBAL DE ABREO AUX MUNITION^AIRES 

DE MALAGA 



Perle de Caçaça : nouveaux détails sur l'occupation de la ville par les 
Maures. — Les approvisionnements de Melilla en vivres et en muni- 
tions sont suffisants , mais il est urgent de restaurer les fortifications de 
cette place, en raison du peu de distance gui la sépare de Caçaça et de 
l'éventualité d'un siège. 



Melilla, 2 3 janvier l533. 

Sur la couverture, alla manu : El alcaide de Melilla sobre lo de 
Caçaça. 

En tête : Copia de la carta que escribio Cristobal de Abreo, alcaide 
de Melilla, a los probedores de Malaga, en xxiii de Henero de 
Dxxxiii anos. 

Senores, 

Ayer miercoles, xxii del présente, a las honze de la noche, llego 
aqui Pedro de Burgos. del quai recibi una carta de Vs. mds. y el 
trasladodeotra, que el senor marques de Mondejar' les escribio sobre 
la nueba, que las caravelas dieron, de la perdida de Caçaça, por la 
quai manda les avise de como paso este y de la génie que se perdio 
en aquella fortaleza y de la artilleria y otras municiones que los 

I. D. Luis Ilurtado de Mendoza, 3^ mar- du Conseil d'Etat (V. p. ga, note i) et de 

qiiis de Mondejar, 3^ comte de Tendilla, celui de la fîuerre, président des Conseils de 

capitaine général du royaume de Grenade Castillectdes Indes. Il mourut en i56^. Cf. 

(i 012-1 535), vice-roi de Navarre, membre Haro, Nobiliario genealogico, t. I, p. 370 



LETTRE DE CRISTOBAL DE ABREO 67 

INIoros lomaron en ella, y ansi mismo del estado desta cibdad, 
para que ynforme a Su Mag' de todo. Lo que yo lie aqui savido 
ccrca de lo de Caçaça es que ella se perdio por traycion, que siii ella 
no pudieran aver[la] los Moros, ansi por la dispusicion del sitio como 
por el recaudo que dentro avia de gente y bastimenlos y arlilleria 
y municiones. Paso de esta manera : 

El martes, que fueron siete del présente, dos horas antes que se 
pusiese el sol, se juntaron cinco traydores, que estavan conjurados 
de matar al alcaide y dar la fortaleza a los Moros, y los dos de 
ellos se subieron a una peila, que dizen el Alafia, que es dentro de la 
fortaleza, muy fuerte e muy alla, y los otros très quedaron abaxo. 
Fueronse donde el alcaide estaba, que liera sobre un mirador mi- 
rando al canpo, y tiraron los dos arcabuzes, con que lo mataron ; y 
a otro artillero, que hallaron cerca, tiraron olro y mataronlo. Hecho 
esto, subieronse con los otros dos en aquella pena, y todos cinco 
se fizieron allifuertes, y, aunquelos de abaxo les acometieron, como 
gente que ya eslava sin cabdillo, fizieronlo tan floxamente que ni por 
fuerza, ni por otro partido les pudieron de alli quitar. Yenida la noche, 
echaron uno de los traydores por aquella estancia que tenian y fue a 
los Moros que eslavan média légua de alli, y dixoles que veniesen 
a tomar aquella fortaleza, que el y sus conpaneros los meterlan sin 
peligro dentro por una ystancia, y contoles todo lo que dexaban 
fecho. Los Moros venieron a la fortaleza y, temiendo que aquel 
traydor no les dezia verdad, non osaron llegar a ella fasta que fue 
dia claro, que los otros traydores les ecliaron sogas de aquella pena, 
por donde los subieron ; entraron dentro mill onl)res. Esta es la 
manera como acontescio, y ansi lo cuenta un soldado que se escapo 
de una torrezilla que esta junto a Caçaça en el puerto délia, y de los 
Moros que aqui han venido e sabido lo mismo. 

No se balla cabsa que a estos traydores moviese a esta traycion, 
sino aver dado el alcaide dos o très açotes, con un latigo que traya 
en la mano, a una amiga del uno dellos. 

La gente que alli se perdio fueron sesenta e cinco onbrcs. con los 
quales estavan las estancias conplidas y sobraban veynte onbres. 
Tomaron los Moros en ella veynte pieças de arlilleria buenas, las 
mas de ellas de bronze, tomaron niuchas armas de vallestas y csco- 
pelas y arcabuzes y muclia polbora y plomo, porque de esta sienpre 



68 23 JANVIER i533 

aquella fortaleza ténia mucho de respeto, porque se ténia conside- 
racion a que con pocos tienpos le podian dar carga los navios. De 
pan ténia para mas de cinco meses, sin lo que llevaban estas caravelas 
agora. Ella estava de maneia que los Moros estaban bien syn cuy- 
dado de acometerla ; y ansi me lo ha dicho el alcaide Alatar\ que 
vino aqui a correr y me hablo sobre esto . 

En lo que toca a Melilla, pues Vs. mds. lo mandan y tienen el zelo 
que por su carta dizen de la buena guarda desta cibdad y an de 
avisar a Su Mag' de ello, la relacion verdadera que de ella se puede 
dar es esta. Ay en esta cibdad los dozientos y veynte onbres que 
Su Mag' manda que aya y los quarenta de caballo ; y este verano 
yo he tenido, demas de estos, otros oclienta soldados, que el Duque, 
mi senor, me mando hazer en esa cibdad, quando vine, como Vs. 
mds. vieron, porque para la buena goarda de esta cibdad Su Se- 
îîoria no esta satisfecho con la gente que Su Mag' mando dexar, 
en el nuevo concierto que se tomo, quando esta obra se començo. 
De trigo y otros baslimentos, lo que ay es que aqui me dexaron las 
caravelas todo lo que es menester para hasla San Juan venidero. De 
armas, lanças, vallestas y arcabuzes, esta la gente de mi conpafiia 
bien armada y tengo municion. En el bastimento buena copia de 
respeto, y ansi mismo la tengo de polvora y plomo. De artilleria 
tengo cinco bandas délia de fuslera, sin otras pieças de fierro. Yo 
halle en esta cibdad algunas pieças buenas rotas y las he enbiado 
a Su Senoria de San Lucar, y me mando escribir que aquellas me 
tornara a enbiar fundidas en el primer navio ; y aun en esa cibdad 
ay en mi casa y a la puerta de la taraçana otros très pieças, que se 
llevaron de aqui rolas, que han lanbien de bénir aca fundidas de 
todas très una pieça. 

El dapno que esta cibdad al présente tiene es que, desde la puerta 
de la mar toda en derredor hasta bolver a la obra nueva, que son 
sielecienlos pasos, todos los muros estan por el suelo. Ya se ha fecho 
saber a Su Mag' e enbiado la traça y muestra dello, para que se 
mandasc reparar, la quai traça dio el capitan Vallejo y el beedor 
do Su Mag', y Su Mag' no lo ha mandado reparar; y aunque hasla 
agora lenia mucha necesidad dello, liagora tiene mucha mas, 

I. Sur co personnago, V. supra, p. 64, noie i. 



LETTRE DE CRISTOBAL DE ABREO 69 

ansi porque cada dia se hallana mas, como por la vezindad de 
Caçaça, que esta dos léguas desta cibdad, y es puerto ; tienela el 
Alatar que es honbre muv poderoso. Lo que yo siento desto es que 
conbiene rreparar lo que he dicho muy bien y que Su Mag' mande 
que tenga la gente que solia tener por el primer asiento y con esto 
se podia tener seguramente, y sin ella, aunque los que la tovieren 
a cargo hagan lo que deben hasta morir, como yo lo hare quando 
caso se ofresca, no se deve tener por sigura. 

Esta relacion pueden Vs. mds. enbiar por cierta a Su Mag'. En 
este vergantin enbio un mensagero al Duque mi seûor ; con el pue- 
den Vs. mds. escrebir a Su Senoria, aunque en otro navio que partio 
ayer, que antes por falta de tiempo no pudo partir, yo he escripto 
a Su Senoria largo * . 

j Goarde Nuestro Senor las muy nobles personas de Vs. mds. y su 
estado acreciente! 

De Melilla, a xxin de Henero. 

Veso las manos de Vs. mds. 

Signé : Cristobal de Abreo. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^61. — Copie. 

I. Il s'agit de la lettre écrite à Juan ci ne portait pas encore le titre de duc de 
Alonsode Guzman(Doc.A 111, p. 61). Celui- Medina-Sidonia. ^. infra. p. 78, note 2. 



■yo i3 JUIN i534 



LETTRE DE DON HERNANDO DE ANDRADA ' 
A CHARLES-QUINT 

(Extrait) 

// a, dans une précédente lettre, donné avis du siège de Saji. — // est arrivé 
à Séville un agent du roi de Portugal avec ordre de lever deux mille 
hommes. — Andrada, n'ayant pas d'instructions, n'a pas donné l'auto- 
risation d'embarquer ces contingents , empruntés pour la plupart aux 
troupes qui doivent aller aux Indes. — // est d'ailleurs probable que les 
Maures auront pris SaJi ou levé le siège avant l'arrivée du secours. — 
Andrada attend des ordres. — On affirme que les Maures vont investir 
Tanger. 

Séville, 1 3 juin i534. 

Sur la couverture, alla manu : Africa. — A Su Mag**. — El 
conde Don Hernando de Andrada, xiii de Junio. — Respondida. 

S. C. C. Mag^ 

Yo hize saver a V"^* Mag"* el otro dia con correo a posta el cerco 
de Çafy ^ para que V" Mag** lo supiese y proveyese en ello lo que 
fuese su servicio. V" Mag'' no me riespondio nada a ello. Agora a 
esta ora es Uegado aqui por la posta un factor del senor rrey de 
Portugal para hazer dos mill honbres ; aunque yo tengo por cierto 
que V" Mag'' sera servido de dar todo favor e ayuda para cosa tan 

I. Hernaiiflo de Andrada appartenait à 2. Ce siège de Safi est celui qui est râ- 
la maison galicienne des comtes d'Andrade conté avec détails par Torres (cap. ^o), 
et de Villalba ; il était « asistente » de mais sous la date fausse de ibSg. Il dura 
Séville et « l'un des personnages les plus environ six mois (mai-octobre). Apres des 
estimés de son siècle». Cf. Diego Ortiz de attaques réitérées, le Chérif se retira. Cf. 
ZvxiGK,Annal.ecclesiasl... deSeviUa.t.lU, Francisco de Andrada, Cronica de.... 
p. 363; Haro, Nob. Geneal . t. II, p. i36. Joâo III, Part. II, cap. 90. 



LETTRE DE DOX HERNANDO DE A.NDRADA A CIIARLESQLIXT ~. I 

santa y tan justa como esta, no he osado dalle la licencia para que 
la gente se enbarcase, por que la mas que aqui ay es de la que esta 
para yr con ciertos capitanes que aqui estan a las Indias: pero estos 
no pueden partir sino de aqui a dos o très meses y podran yr al 
socorro y bolver a tiempo, porque, segund la gente ay sobre la 
cibdad, que son, segund dizen, mas de cient mill honbres a pie y 
veynte niill a cavallo, y, siendo tanta, creo que el socorro yra tarde 
y que los Moros la avran tomado o se avran ya levantado, porque 
no ternan bastimento para tantos dias. 

Yo he permitido que el factor haga la gente entre tanto que este 
correo va a V" Mag'' ; y, si V" Mag** no fuere servido que en bar- 
que, enbiemelo a mandar; y, si fuere servido que vaya, tanbien 
me lo enbie a mandar, porque muchos yran conociendo que V" Mag' 
es servido que vayan a enpresa tan justa y tan buena. 

j Nuestro Seilor la muy rreal persona de V" Mag** guarde y acre- 
ciente! 

De Sevilla, a xni de Junio i53A. 

Tanbien hago saver a V'* Mag'' que tienen aqui por cierta nueba 
que vienen a cercar a Tanger. 

S. C. C. Mag''., 

Basallo y serbydor de V"^* Magestad, 

que sus rryales pyes y manos besa, 

Signé : El con de Don Hernando. 
Archiva General de Sirnancas. — Estado. — Legajo ^i6l. — Original. 



JUIN 



i535 



XI 

LETTRE D'ISABELLE DE PORTUGAL A CHARLES QUINT 

(Extrait) 

Le gouverneur de Melilla et les proveedores de Malaga ont donné avis que le 
roi de Fez attaquait Melilla. — Les pataches de Biscaye, qui se trouvaient 
dans le port, ont fourni une aide opportune. — L'Impératrice a immé- 
diatement écrit au duc de Medina-Sidonia et à Don Juan Alonso, son 
frère, de donner à Melilla toute l'assistance quils pourront. — Vu la 
maladie du Duc et l'absence du marquis de Mondejar, elle a pourvu 
provisoirement Don Juan Alonso de la charge de capitaine-général de 
l'Andalousie, à seul effet d'assurer le secours de la place. — Les lettres 
de provision ont été envoyées aux proveedores de Malaga, avec recom- 
mandation de les tenir secrètes et de ne les communiquer à Don Juan 
Alonso qu'en cas de nécessité. — On a également adressé aux provee- 
dores des cédules prescrivant de faire concourir les milices des villes 
d'Andalousie au secours de Melilla. — Don Ihigo Lopez de Mendoza a 
reçu l'ordre de tenir prêts les troupes et gardes-côtes du royaume de 
Grenade. 

Madrid, i- juin i535. 

S. C. C. Mag'. 

Con Rruy Gomez rescivi las dos cartas de V" Mag' de xxx de 
Mayo. 

Por las cartas del capitan' y veedores de Melilla" y de los pro- 

I. Crislobal de Abreo. pes, tout passait par ses mains. C'était 

3. Le vcedor avait une autorité presque un véritable intendant' militaire, avec plus 

égale à celle du capitaine ou gouverneur de de liberté et plus d'autorité, car il ne dépen- 

la frontera. Ses pouvoirs étaient très éten- dail que du Secrétaire des Finances. Sesfonc- 

dus. Excepté le commandement des trou- lions comportaient la réception, le magasi- 



LETTRE D ISABELLE DE PORTUGAL A Cil AKLES-OLINT "jS 

veedores de Malaga que van con esta, sabra V" Mag' lo quel rey 
de Fez ha vntentado en aquella cibdad' y el socorro que con las 
patachas vizcavnas se liizo de presto, y fue bien hallarse alli para 
aquel efecto. Espero en Dios que, con esto y con algund otro 
socorio quel duque de Médina Sidonia abra fecho, sera remediado ; 
y asi se deve créer, por que no ha venido mas nueva. 

Yo scrivi luego al Duque" y a Don Juan Alonso^ su liermano, 
para que socorran de aquella casa con todo lo que pudieren. V, 
para en caso que la nescesidad pase mas adelante, vista la yndis- 
pusicion del Duque y ausencia del marques de Mondejar* y del 
asistente de Sevilla % provey de capitan gênerai al dicho Don Juan 
Alonso por esta vez y para solo este efecto, para que vaya al diclio 
socorro. Y enbie la provision dello a los diclios proveedores de 



nage et la distribution des vivres et de 
l'eau, l'entretien des navires, los transports 
de personnel et de matériel, la garde et le 
maniement des fonds, les revues d'effectifs, 
etc. Il assistait à toutes les conférences avec 
les Maures. Le veedor de Melilla s'intitulait : 
« Comisario de Guerra de los ejercitos de 
S. M., Veedor, Contador y Ministre de 
Hacienda y de Marina de la plaza y fuerza de 
Melilla ». Les ordres du Roi étaient tou- 
jours transmis en double au gouverneur et 
au veedor, et ceux-ci y répondaient sous 
plis séparés et scellés. « Si l'on tient compte 
de l'étendue de pareilles fonctions, de 
l'âpreté des caractères de l'époque, de l'irri- 
tabilité naturelle chez des personnes resser- 
rées dans un étroit espace et exposées con- 
tinuellement à des privations et à des dan- 
gers, on comprendra facilement que les rap- 
ports entre gouverneur et veedor devaient 
être très tendus ». Gabriel de Morales, 
Datos para la Hisl. de Melilla, pp. 535-536. 

I. Les chroniqueurs et les historiens ne 
font aucune mention de cette attaque de 
Melilla qui, suivant de près la prise de 
Caçaça (V. supra. Doc. VIII et IX), en fut 
sans doute la conséquence. 

a. Al Duque, Don Alonso Ferez de Guz- 
man, 5* duc de Medina-Sidonia, 3* marquis 



de Caçaça. Il était fils de D. Juan Perez de 
Guzman, 3* duc de Medina-Sidonia et i*"' 
marquis de Caçaça, qui avait occupé Melilla 
en 1497. D. Alonso Ferez épousa Dona Ana 
de Aragon y Gurrea, dont le mariage fut 
annulé peu après et qui se remaria avec 
D. Juan Alonso, frère de son premier 
mari. Vu la débilité d'esprit du 5* duc, 
les biens de la famille étaient administrés 
par D. Juan Alonso, mais comme cette 
situation prolongée entraînait des incon- 
vénients, Charles-Quint conféra à D. Juan 
Alonso, du vivant de son frère, les titres 
et dignités de celui-ci, y compris la charge 
de capitaine général d'Andalousie. Juan 
Alonso devint ainsi 6^ duc de Medina- 
Sidonia; il mourut le 36 novembre i558. 
On voit par le présent document qu'en 
i535, la charge de capitaine-général d'An 
dalousie était encore exercée par D. Alonso 
Ferez. Cf. Pedro de Medi.na, Cronica de 
los duqaes de Médina Sidonia, dans Coleccion 
de doc. ined., t. XXXIX, pp. 3^3-3^7, et A. 
DE BuRGOS, Blason de Espana. t. IV. 

3. Voir note ci-dessus. 

'i. Sur ce personnage, V. sopra, p. 66, 
note I . 

5. Asistente de Sevilla, Don Hernando de 
Andrada. V. suora, p. 70 el noie i. 



-/( 17 JUIN ib'Sn 

Malaga, a los quales mande que no le dixiesen nada, ny le diesen 
noticia dello, salvo en caso de nescesidad, como dicho es. Y tanbien 
les enbie cedulas para que, en el caso, le hagan acudir con la gente 
de las ciudades del Andaluzia que a ellos paresciere ; y otras de 
apercibimientos para las dichas ciudades, para que usen délias como 
convenga, siendo nescesario, por que con mas presteza se pueda 
proveer ; y que procuren quel dicho Duque ayude lo mas que ser 
pueda. 

Y tanbien lie scripto a Don Ynigo Lopez de Mendoça' que tenga 
apercebida la gente del reyno de Granada y la que rreside en el 
para la guarda de la costa, y provea para el dicho efecto si ubiere 
de yr armada de la gente y otras cosas que los proveedores le pidie- 
ren. De lo que subcediere dare aviso a V" Mag'. 

Cuya ynperial persona &c^ 

De Madrid, xvii de Junyo de dxxxv anos. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 31. — Minute. 

I. Don Inigo Lopez de Mendoza, A* comte i535 à 1672, puis vice-roi de Valence et 
de Tendilla, 3'' marquis de Mondejar, capi- de A^aples (1575-1579). Cf. Haro, Nobi- 
laine général du royaume de Grenade de liario genealogico, t. I, p. 870. 



LETTRE DE J. HANNAERT A ISABELLE DE PORTUGAL 



XII 

LETTRE DE J. HA?^NÂERT' A ISABELLE DE PORTUGAL 

(Extrait) 

// est arrivé à Lyon un ambassadeur du roi de Vêlez, avec un présent de 
chevaux pour le roi de France. — On ne sait pas encore le but de cette 
mission, mais Hannaert Jera en sorte de le découvrir et en donnera avis 
à l'Impératrice. 

Lyon, 26 mai i536. 

Sur la couverture, alla manu : A Su Mag'. — Del enbaxador de 
Francia, de xxvi de Mayo de i536. 

Adresse : A la sacra y muy catolica y poderosa Mag'' de la Empe- 
ratriz y Reyna, nuestra seîiora. 

Sacra y muy poderosa y catolica Mag'*, 

El cardenal de Lorrena es buelto en esta corte sin aver écho 
concierto de paz con el Emperador y Rey mi seîior. 

Aqui a venido un embaxador del rey de Vêlez de la Gomera^, con 
présente de los cavallos para el Cristlanisimo, y asta agora no 
sentiende a que negocios. Travajare de saberlo y avisar dello a\" 
Mag**. 



I. Jean Hannaert, seigneur de Liede- 1 536. Il avait épousé Marguerite, dame de 

kerke, vicomte de Lombeck, né dans la Liedekerkc, vicomtesse de Lombeck. 

deuxième moitié du xV^ siècle et mort le 'J. Abou Ilassoùn. oncle du roi de Fez 

aSdécembre lôSg, secrétaire de l'empereur Ahmed el-Ouattassi. Il avait lui-même oc- 

Maximilien, appartenait à une famille cupé un instant le trône de Fez en iSaô. 

patricienne de Louvain. Il fut ambassadeur Cf. p. ifia, PI. IV, Tableau généalogique 

de Charles-Quint en France, de iSSa à des princesdela dynastie ouattasside, note 7. 



-6 2 6 MAI i536 

La Corte esta aqui y se dize que partira la buelta de ^ alencia, 
allegandose a Davifion' de aqui a un" o v dias. 

j Nuestro Senor la sacra y catolica persona de \" Mag'^ y casa 
real guarde y poderoso estado acreciente como dessea ! 
De Léon" so la Rrona, a xxvi de Mayo de mdxxxvi anos. 
De \" sacra y muy poderosa y catolica Mag'", 

Muy humilde y obediente sudito y menor criado, 
que sus pies y manos reaies besa. 

Signé: J. Hannaert, visconde. 

Archivo General rie Simancas. — Estado. — Legajo 2687 modijîcado. 
— Original. 

1. Davihon. Avignon. trouver la trace du passage de cet ambassa- 

2. Les recherches faites à Lvon pour re- deur n'ont pas doAné de résultat. 



AVIS DU COMTE D ALCAUDETE nn 

XIII 

AVIS DU COMTE D'ALGAUDETE' 

Nouvelles rapportées par un Juif revenant de Fez et de Vêlez. — Lutte du roi 
de Fez contre le Chérif, dont les troupes ont été défaites près de l'Ounim 
er-Rbia. — Mesures prises pour résister à un retour offensif du Chérif et 
aussi pour parer à une tentative éventuelle de la flotte espagnole contre un 
port marocain. — Effectif des troupes du roi de Fez. — Ce prince aurait 
envoyé le juif Rosales en Portugal pour négocier avec Jean III une trêve 
de sept années. — On a appris à Fez que la guerre venait d'éclater entre 
l'empereur Charles-Quint et le roi de France. — État de l'artillerie de 
Fez. — On attend dans cette ville une réponse de Barberousse. à qui le 
roi de Fez a proposé une alliance offensive pour reprendre aux Chrétiens 
Tanger et Arzila. — Nombre des captifs qui sont à Fez. — Le roi de 
Fez a quitté la ville le 1 5 avril pour marcher contre le Chérif. — Ce 
dernier se dirigerait sur Meknès, où Moulay Ibrahim s'est rendu. — 
Artillerie de Meknès et de Tétouan. — Nouvelles de Vêlez : canon.% et 
navires se trouvant dans cette place. — Entente entre Abou Hassoùn et 
Barberousse en vue d'une action contre les Chrétiens. — Effectif des troupes 
de Vêlez. 

[Oran. i536-^.] 

Sur la couverture, alia manu : Nuebas de Fez y Bêlez. 

Las nuevas que truxo el Judio que se avia enbiado a Fez son las 
syguientes : 

Quel rey de Fez tiene muy gran guerra con el Xarifee ', y quel 

I. D. Martin de Corcloba y Velasco, pre- Le comte d'.Vlcauilclc, dont le service de 

mier comte d'Alcaudete, gouverneur d'O- renseignements était très bien organisé, 

ran du 4 juin i534 au 2O août i558. — était tenu au courant des é>énements du 

La situation des Espagnols à Oran était Maroc et en informait la Cour dLspagne. 

tout autre que celle qu'ils avaient à xMelilla ; 2. Sur cette date restituée. V. infra. pp. 

elle pouvait se comparer à celle des Porlu- 78, note 6, el 79, noU^ i. 

gais à Safi. Comme ces derniers, ils avaient 3. El Xarifee. Moulay Ahmed el Aaredj. 

(les tribus reconnaissant leur suzeraineté. Sur ce cliérif qui. avec son frère Moulay 



-8 i53G 



alcaide Muley Abrahen ' y el alcayde Alatar" desbarataron a la 
gente del Xarifee ^ y le malaron un alcaide principal, que se llamava 
Abrahen ben Bucid, sobre un rio que se dize Umarbe*, y toma- 
ronles quinientos cavallos a los del Xarife y hizieron en ellos gran 
desbaralo. 

Que esperan al Xarife, que dizen que viene sobrellos, y estan a 
punto y hazian sacar el artilleria y adereçalla ; y dezian que querian 
repartyr la gente, la mitad contra el Xarifee y la otra mitad para 
la guarda de los puertos, porque tenian por muy cierlo quel 
armada de Castilla avia de venir sobrellos este ano. 

Que a los mercadcres cristianos que estavan en Fez les an en- 
biado a dezir sus gentes que se fuesen presto, y algunos eran ya 
ydos y otros quedavan. 

El pan vale muy barato, asy el trigo como la cevada, porque ay 
por nmy gran abundancia dello. 

El rey de Fez hizo pregonar guerra y estan prestos todos los del 
rreyno para ella, y hizieron cuenta de la gente que ténia y dizen 
que ay diez mill de cavallo y diez mill en machos y mulas y veynte 
myll escopeteros y vallesteros, las dos partes en vallesteros, y de 
otra gente muy gran cantidad. 

Deziase quel rrey de Fez queria hazer pazes con el rey de Por- 
tugal por syete aûos y questo enbio a dezir Rosales, Judio ' questa 
por mensajero del rey de Fez en Portugal, y la gente del reyno 
quieren la paz, por que tyenen myedo de la armada de Castilla. 

Tyenen nueva en Fez que entre el Enperador y el rey de Francia*^ 
ay guerra, y esto escrivio el rey de Fez al de Vêles por nueva cierta. 

Mohammed ('c/i-CAetA-/i, fonda au Maroc la /(. Lmarbe, l'oued Oumm er-Rbia. 

puissance saadienne, V. /'"^ Série. France, 5. Sur ce Juif, \ . z""* Série, France, 1. 1, 

t. I, p. /i3. Sommaire. p. 28, note 5. — Jaco Rosales était, depuis 

I. Muley Abrahen. Moulay Ibrahim ben le 28 septembre i534, à Lisbonne, chargé 

Ali ber-Rached. Sur ce personnage, V. par le roi de Fez Ahmed e/-0((o^^issj d'ou- 

siipra, p. 17. note !\. vrir les négociations qui aboutirent au 

3. Alalar, le caïd Ahmed el-Atar. V. traité signé à Arzila le 8 mai i538, stipulant 

supra, p. 64, note i. la paix pour onze années. ^ . inj'ra. Doc. 

3. 11 s'agit d'un engagement qui dut avoir XV, p. 83, et note i. 

lieu au début du printemps, puisqu'il est G. La guerre venait d'éclater entre 

antérieur à l'entrée en campagne du Ghérif, Cliarles Quint et François I<='", dont les 

contre lequel le roi de Fez marcha le i5 troupes étaient entrées en Piémont le 6 

avril. V. iiifra. p. 7g. mars i536. Il ne peut s agir ici de la guerre 



AVIS DU COMTE D ALCAUDETE nn 

El artylleria que en Fez ay es treynta e cinco pieças de bronce 
encavalgadas, las quinze grandes e las diez pequenas. 

Tiene otros dpzientos tyros pequenos de bronce e de bierro ; no 
tyene arlyllero ninguno cristiano ni renegado, syno moros anda- 
luzes e del reyno de Valencia y de Aragon. 

De Barbarroxa no tienen nueva ninguna, mas que le esperan, 
por que, antes quel fuese de Argel, escrivio al Rey e le dixo que 
anles del verano venia con grande armada y que queria que fuescn 
anbos a una para venir sobre todos los puertos que an ganado los 
Gristianos en tyerra de Moros, y dixo que le ayudase con el vys- 
cocbo y armas e quel daria la gente y navios, y conccrtaronse desta 
manera que, sy el uno tomava a Tanjar, el olro lomase Arzilla, y 
desta manera en todas las otras fuerças, y esto paso entrellos por 
cierto. 

Ay en Fez ocbocientos catyvos, pocos mas o menos, todos con 
hierros ; ay treynta Gristianos que tiene el Rey oficiales, que andan 
sueltos e tyenen un aposento por sy, donde estan e fazen sus ccri- 
monias de Gristianos. 

A quinze de Abril, bizo sacar el Rey sus tiendas al canpo para 
salir contra cl Xarifee', para que todos sacasen las suyas ; creese 
que ya seran partydos, porque yban de mucba priesa, antes quel 
Xarifee le entrase por su tyerra, e lienenlc mucbo myedo. 

En Fez tienen algunos por cierto la yda de la armada de Gastilla 
alli, y otros no, por la guerra de Francia; temen todavia mucbo el 
armada. 

Muley Abraben fue a Mequinez para bazer adereçar lo que bara 
menester para el armada contra el Xarifee, y en Fez se davan muy 
gran priesa, por que dezian que venia el Xarifee con gran fuerça 
en esta cibdad de Mequinez, que ay otras veynte pieças de artylleria. 

A Tituan an enbiado un alcaide para fortyficar las murallas y 
proveer lodo lo que avian menester, por lo que oyan dezir del 



précédente entre la France et l'Espagne, sent document est postérieur en dalc au 

qui s'était terminée par le traité de Cam- 6 mars iô3(). 

brai (i5 août 1529), puisque le comte d'Al- [. Cette campagne se termina par la 

caudete ne fut nommé gouverneur d'Oran bataille de Bou Akba, le 2^ juillet i536, 

qu'en i534. V. supra, p. 77, note i. On où l'armée du roi de Fez fut complètement 

peut inférer de ce qui précède que le pré- défaite par celle du Cliérif. 



8o i53fi 

armada ; aquy disen que ay otras doze o quinze pieças de artilleria 
y ay veynte e cinco navios entre chicos y grandes. 

Deziase en Fez que avia Uegado un navio de Argel a Tytuan e 
que dixo al Rey el capitan del navio : « Hazen Aga^ os dize que no 
olvideys el juramento que entre bos y el rey Barbarroxa paso, y, 
aunque se detenga un poco, esperaldo ». Y quel Rey les respondio, 
y no se sabe que. 

Las que truxo de Vêlez son : 

Que en el Penon de Vêlez ay sesenta lionbres y quinze pieças de 
artilleria gruesas e diez pequenas. 

En una torre, que se dize Borjalanca", ay treinta honbres e 
diez tyros y un artillero cristiano, que se llania Antonelo de Mahon. 

En casa del Rey ay diez tyros y tenian por cierto quel armada 
de Castilla venga sobrellos este verano. 

En Vêlez ay otro artyllero chrisliano. que se llama maestre Her- 
nando de Jaen. 

Que ay acabados y por acabar en Vêlez ^ veynte e cinco navios ; 
destos son los quinze de Barbarroxa y los diez del rey de Vêlez * ; 
destos quinze son ydos a Argel très galeotas e una galera, que Uevo 
Gara Memi" ; e que abra veynte dias que llevo otra galera al Hachi 
Mostafa ; y que a enbiado a dezir Barbarroxa al Rey que liaga 
hazer todos los navios que pudiere e que todos los pagara hasta 
ciento ; tienen esperança de Barbarroxa, mas no saben ninguna 
nueva del, y el rey de Vêlez enbio un correo por tyerra a Argel, y 
bolvio, e no le truxeron nuevas ningunas del. 

Dize quel rey de Vêlez no entyende en otra cosa syno en fazer 
navios, y tiene quarenta Gristianos carpinteros e quarenta berreros 
y diez calafates, todos cristianos, que no entyenden otra cosa ; 

1. //azcn aga,Hassan-Aga, renégat sarde; 3. En Vêlez, c'est-à-dire dans le port de 
il avait été désigné, en i533, par Klieir Vêlez (Badis), situé sur la côte en face do 
cd-Din (Barberousse), lorsque celui-ci avait l'îlot rocheux du Peiïon. 

quitté Alger, comme son khalifa dans 4- Rey de Vêlez, Abou Ilassoùn. V. su- 

cette ville; il le resta jusqu'en i543. Cf. pra. p. ^5, note 3. 

Gram.mg.nt, pp. 56-72 et infra. p. 210, 5. Cara Meini, Kara Manii. Ce corsaire 

note 2. commanda les Iroupos de débarquomonf , 

2. Borjalanca, probablement pour Bordj lors du sac do Gibraltar en lô^o ; il fui tué 
el-Anka. La position de cette forteresse est dans le combat devant l'île d'Alboran du i" 
difBcilc à identifier. octobre i5/lo. V. infra, p. 89. nolo 1. 



AVIS DU COMTE D ALCAUDETE 8l 

pensâvan que este verano avian de haser gran dano en tyeria de 
Cristianos con la venyda de Barbarroxa. 

Dezlase en \e\ez que los dias pasados avia enbiado cl Gran Turco 
a dezir al rey de \ elez que hiziese lo que Barbarroxa le dixese, quel 
le daria muy grande armada para venyr contra Cristianos. y que 
avian de començar por Cicilia. 

El rey de Vêlez pregunto a este Judio sy teniamos aqui por cierto 
que se fazia muy gran armada en Caslilla : y cl respondio que los 
Cristianos la nonbravan ; y el Rey le dixo que asy lo avia oydo, 
pero que sabia que se estorvava por la guerra de Francia. 

El rey de Vêlez tyene dentro en la clbdad docientas lanças, e fuera 
Alaraves, que se dizen Elecur ', liasta quinientas lanças. 

Esto es lo quel Judio certlfica como testimonio de vista ; es 
vecino de aqui, e se obliga a que. si se hallare mentyra alguna cosa 
destas. que le corteti la cabeça. 

Signé : El conde de Alcaudete. 

Archiva General de Simancas. — Eslado. — Legajo ^63. — Original. 

I. Elccur. nom qui n'a pu être identifié. 



De Gastries. ^- — ti 



82 i6 ^i-^i i538 



XIV 



LETTRE DE GUZMAN DE HERRERA' A VAZQUEZ DE MOLINA 

La ville de Gibraltar a annoncé à Charles-Quint la conclusion d'un traité 
entre Jean III et Ahmed el-Ouattassi. — Herrera envoie la traduction 
des articles de ce traité. — // attend d'urgence des instructions. 



Gibraltar. lO mai i538. 

Adresse: Al muv manyfico senor Juan Vazquez de Molyna, my 
sefior, secrelario de Su Mag'. 

Muy manyfico Senor, 

Aver, que se contaron xv del présente, escryvyo esta cyudad a 
Su Mag' la nueva de ser asentadas las pazes entre el serenvsymo 
senor rey de Purtugal y el rey de Fez y de ^ elez, segun que parecya 
por una caria de Don Nuno Alvarez, capytan de Ceuta: despues 
vvno caria del conde de Redondo, capytan de Arzilla, y los capy- 
tulos de las pazes, dyrygydos a Don Alvaro de Baçan. El traslado 
de los capytulos, sacados en castellano de purluguez, enbio a \ . md. , 
los quales me parecen tan abrebyados como la ley de los Moros. 

Suplico a V. md. provea de que la respuesta de Su Mag' venga 
brève, porque esta cyudad, ny yo en nombre de Su Mag', no 
concedymos nras de que avisaryamos a Su Mag', para que enbyase 
a mandar lo que fuese servyda. \ porque se escryvyo mas largo 
con Don Alvaro de Baçan. no dyre aquy mas que Nuestro Senor 
guarde la muy manyficapersonade V. md. y su eslado acrecyende. 

De Gybraltar, xvi de Mayo de itSoxxviii anos. 

Muy manyfico Senor. 
Besa las manos de \ . md. 
Sir/ né : Pedro de Guzman y de Herrera. 

Archivo General de Simancas. — Eslado. — Lcnajo '166. — Original. 

I. Il rtait corrégidor de Gibraltar. V. infra. p. 83. 



TKAITÉ ENTKE LE PORTUGAL ET AHMED EL-OLATTASSl 83 



XV 



RÉSUMÉ DU TRAITÉ ENTRE LE PORTUGAL 
ET AHMED EL-OUATTASSI 

Giizman de Herrera a envoyé une copie du traité de paix entre le roi de 
Portugal et le roi de Fez Ahmed el-Ouattassi. — Conditions de cette 
paix : Elle est conclue pour onze ans ; les Maures des environs d'Arzila, 
de Tanger, d'El-Ksar es-Seghir et de Ceaia seront placés sous la juridic- 
tion du roi de Fez ; les sujets de ce dernier pourront trafiquer librement 
dans les dites places, exception faite pour le commerce des armes et des 
marchandises prohibées ; si des navires turcs, français ou appartenant à 
des Chrétiens qui ne soient ni Espagnols ni Portugais, viennent en terre 
portugaise avec une prise faite sur les Maures, il ne leur sera rien 
acheté, et semblablemenl les Maures n'achèteront pas de Chrétiens aux 
Turcs ; les prises seront saisies et restituées de part et d'autre, à moins 
que les forces de l'ennemi ne permettent pas de l'attaquer. — Guzniande 
Herrera demande qu'on l'avise de ce qu'il faudra répondre. 



Mai i538. 

Sur In couverture . alia manu : Relacion de la caita de Guzman 
de Herrera y de los capilulos de la paz que se asento con el rey 
de Fez. Mayo i538. — Que se embie a Su Mag'. — Respondida. 

En fêle: Guzman de Herrera. corregidor de Gibraltar, eml)ia 
una copia de los capitulos de la paz que se asento entre el rey de 
Fez y de Vêlez y el condo de Redondo. en nombre del serenisimo 
rey de Portugal' ; y lo que en efecto dizen es lo signiente : 

Que las pazes se asientan por xi anos por mar y por tierra ron 

I. V. /" Sérii-. Portugal, à la date du 8 mai i533. le texte portugais de ce traité . 



1^ MAI i538 



el rev de Portugal y con Su Mag', y que los Moros que an poblado 
en los campos de Arzila, Tanjar. Alcaçar y Ceuta sean de la jure- 
dicion de Fez. con tanto que el Rey sea obligado a dar por ello 
X cavallos cada aùo al de Portugal, y que el que quebrare los 
capitulos de la paz pague \13 dobla> de pena. 

Que los Moros del dicho reyno puedan bénir a bender y conprar 
todo lo que quisieren segurament, ecevto armas y municiones y 
las otras cosas bedadas. 

Oue si aUunos navios de reinos estraûos de Moros. siendo 
Turcos o Franceses o Cristianos que no sean de Su Mag' ni del rey 
de Portugal, vinieren con presa de Moros con que el dicho rey de 
Fez V de Vêlez* tenga paz, no se rrecojan ni conpre dellos nada, ni 
los Moros a los Turcos que fueren con presa de Cristianos ; y que, 
saliendo de los puertos y bolviendo a ellos con presa, que se tomen 
V rrestituvan a quien fuere hecho el dafio, si los enemigos no fue- 
ren tanlos que no se puedan ofender, so la dicha pena. 

Demas desto, ay otros capitulos particulares, que no ay nesce- 
sidad de berlos ; y dize Guznian de Herrera que se le abise de lo que 
se respondera. por que liasta agora no se a hecho. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo U66. — Copie. 

I. El rey de Fez y de Vêlez. Ce double et qui ne figure pas dans le texte du traité, 
titre, employé déjà plus haut (V. p. 83) désigne le roi Ahmed el-Ouattassi . 



LETTRE DE CHARLES-QUINT A ISABELLE DE PORTUGAL 85 

XVI 

LETTRE DE CHARLES-QUINT A ISABELLE DE PORTUGAL 

(Extrait) 

Le roi de Portugal a conclu avec le roi de Fez une trêve de dix ans. — 
Une clause stipule que l'Empereur pourra être compris dans cet accord. 
— L'Impératrice fera examiner la question, afin que l'Empereur, à son 
retour en Espagne, puis.^e prendre la décision qui conviendra. 

Marseille \ 1 3 juillet i538. 

Sur la couverture, alla manu : Marsella. — i3 de Julio t538. — 
Del Emperador a la Emperatriz. 

Luis Sarmienlo nos scrive quel serenisimo rey de Portugal, 
nuestro heimano, ha concertado tregua de diezanos con el rey de 
Fez^, y que capilulo que, si yo quisiesse, pudiesse entrar en la 
capitulacion, el Iraslado de la quai os embio. Mandareis, Senora, 
que se vea y platique, para que, Uegado yo alla en buena ora, se 
responda lo que mas convenga. \ vos, Scnoia, dareys las gracias 
al Rey del cuydado y voluntad que desto tuvo 

Pues ya el mes de Jullio es entrado, mandara, Senora, a Alonso 
de Baeça que provea y embien luego a Barcelona la paga de las 
galeras del princij^e Andréa Doria de los meses de Jullio y Agosto, 
de manera que sean alli lo mas presto que ser pudiere. 

Degalera, a las Pomesas de Marsella, a xiiide Jullio de dxxxviii" 

^'■'O'- Signé: Yo el Rey. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo ^2. — Original. 

I . En réalité, à bord d'une galère, devant roi de I*"cz ; ce dernier notifia cette rupture 

l'île do Pomègue. par une lettre qui fut lue. le 7 octobre de 

a. Cette trêve, dont la durée réelle était cette année, dans la cathédrale de Tanger, 

de onze années, et non de dix (V. snpra. Fernando de Menkzes, Historia de Tan- 

p. 83), devait élre dénoncée dès 15^3 par le (jere, p. 67. 



86 io38 



XVII 



NOTE SUR LES OBLIGATIONS DU DUC DE MEDINA-SIDONIA 

A MELILLA 

Les revenus assignés au duc de Medina-Sidonia pour la garde de Melilla 
s'élèvent annuellement à 2800000 maravédis et 2 000 fanègues de blé. 
— Il prélève sur ces revenus iggSjBo maravédis et i 800 fanègues de 
blé pour les soldes et appointements de la garnison. — Avec le reste, il 
doit pourvoir à la sécurité de la place sur te/re comme sur mer, à son 
armement, aux frais du culte et à ceux du service médical. 



Melilla, i538. 

Sur la couverture, ((lia manu : Melilla. — Lo de Melilla. — i538. 
Visla. 

Lo que al duque de Médina Sidonia sta siluado para lo de 
Melilla es 11 quentos dccc U o en dinero y 11 13 fanegas de 
trigo ; y con esto es obligado a tener lo siguiente para la guarda 
délia : 

XL lanças ginetas, a los quales ha de dar cada xv 15 o por ano. 

cxLHi peones, vi cabo de cscoadras y un alferez, que son por 
lodos cient y cinquenta peones ; a los peones ha de dar cada 
ducado y medio por mes y diez celemines de arina. y a los cabo 
de esquadras cada très ducados y x celemines de arina. y lo mismo 
al alferez. 

x artilleros : a los très dellos ha de [dar] cada xx ^ ^ por ano. y a 
los otros a xvni 15. 

Ha de pagar al alcaide que pusiere en la fortaleza cl 13 ■^ cada 
ano, y al veedor l\ 13 o, y alferez de la gente de cavallo xv 13 de- 
mas dcl salarie que se le a de dar por su lança. 



OBLIGATIONS DU DUC DE MEDINA- SIDOMA A MELILLA 87 

Que son los maravedis y pan quel dicho duque ha de pagar a 
todas las personas susodichas : i quento dcccc xcviiitX dccl o en 
dinero y mill'y ochocientas hanegas de harina. 

Assi mismo ha de poner todas las guardas y ensanchas y ataja- 
doies e atalayas y navios y fustas de remos, con la gente que fuere 
menester, y todas las otras cosas e cada una délias, asi por mar 
como por tierra, que para la buena guarda y recado de la dicha 
ciudad convengan, 

iten, toda la artilleria, polvora, pelotas e municiones y armas y 
almazen y herramientas y todas las otras cosas que para este efleto 
fueren nescesarias. 

Y si la voluntad de Su Mag' fuere en algun tienpo de proveer de 
otra manera la dicha ciudad, porque el dicho Duque rescibio todo 
esto de su padre, que se le pague cada cosa particularmente en lo 
que fuere estimado. 

Tanbien es obligado a tener clerigos, sacristanes y hornamentos 
que, para administrar el culto divino a la gente que residiere en la 
dicha Melilla, fuere nescesarios. 

Tanbien es obligado a tener medico y cirujano y boticario. 

V para todo lo susodicho ha de tener de respecto todos los basti- 
menlos que fueren nescessarios, por lo quai se le libra lo que riesta 
demas del dicho i quento dcccc xcviii^ dccl o y iWdccc hane- 
gas de trigo, para cumplimiento de los dichos ii quentos Dccc?i o 
y iilS fanegas de trigo. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo ^466. — Copie 
contemporaine . 



3o SEPTEMBRE l5Ao 



XVIII 

LETTRE DABOU HASSOÛN A FRANCISCO VEUDIGO 

// demande des nouvelles de ses caravelles envoyées à Malaga et rappelle à 
Verdugo sa demande d'une paire de faucons. — Il a retenu des navires 
turcs à bords desquels se trouvaient soixante-dix Chrétiens pris à Gibral- 
tar, afin d'éviter qu'on menât ceux-ci à Alger pour les vendre. 



Vêlez de la Gomera, 3o septembre i5^o. 

Sur la couverture , cdia manu : En Oran, i bl\o. — Del rey de ^ elez. 
Adresse : Al muy manifyco sefior, el senor Francisco Yerduguo, 
en Malega. 

Muy manifyco Senor. 

E scripto a ^ . nid. très o quatro carias ; no se que es la causa. 
Mucho holgara de ver carta de V. md. por saber como esta, que, 
vyendo su carta, perderyamos parte del deseo, en saber que esta 
bueno, y lolgarya que me hysyese saber desas mis caravelas, que 
alla porlaron, en que an pasado, aunque byen se que V. md. tyenc 
tamto quydado dello como yo, y alguo mas por amor de my ; que, 
se no son ydos, que de avyamiento a quomo se vayan ; y ruegole 
mucho que por el primero que vynyera que en todo cauzo me 
scripvas para saber quomo esta y alguo de lo que alla pasa ; y, se 
algo le cunplyere de aca. no dexe de me lo enbyar a dezyr. 

\ alla le scripto a V. md. por un par de halconçs ; por amor de 
my, si los ay, que me los enbye. 

No tengo mas (|ue rogar a V. md., syno que Dyos acresyente su 
vyda y onrra, quomo por el es deseado. 



LETTRE DABOU HASSOLN A FRANCISCO VERDUGO 8q 

De Bêlez de la Guomera, poslrero de Setyenbre, ano de mil 
DXL afios. 



Queyrole hazer a saber a V. md. quomo vynyeron aquy syertos 
navyos de Turcos, losque saqueyaronaGybaltar'. y traxeron setenta 
anymas cristianas, antre chycos y grandes. Y yo, porque no se 
esperdysyasen, llevandolas a Argel, acorde de detener aquy los 
navyos hasta que scripvy al lustre senor rey de Fez, y los mercamos 
aquy por la entensyon dycha, que es que no se esperdysyasen y 
nunca salyesen de catybo ny los pudyesen ajuntar con muchos 
dineros mas de lo que aora los quostaran, por eran mojeres y crya- 
turas lo mas dello u todo. \ esto le dygo a V. md. porque sepa el 
cauzo quomo paso ay. 






Seing manuel 
.d'Abou Hassoûn'' 



Archiva General de Simancos. — Estado. — Legajo ^68. — Original. 



1. Dans la nuit du g au lo septembre, 
les corsaires dAlger, ayant à leur lète Kara 
Mami et Ali Hamet, arrivèrent à Timpro- 
viste sur Gibraltar, et pénétrèrent par sur- 
prise dans la ville, où ils firent un grand 
butin et de nombreux prisonniers. Les au- 
torités de Gibraltar, prévoyant qiic ceux-ci 
seraient vendus surla côte marocaine, firent 
prévenir le roi de Fez, Abou Hassoùn et 
Sidael-Horra. Aprèss'èlrc défaits à Téfouan 
d'une partie de leur butin, les corsaires 
allèrent à Vêlez (i4 septembre iS^o) caré- 
ner leurs vaisseaux. Abou Hassoùn racheta 
les captifs espagnols pour la somme de ôooo 
ducats, dont il réclama le payement à la 
ville de Gibraltar. La flotte turque repartit 
le 3o septembre, se dirigeant sur l'ile d'Al- 
boran. Cependant Don Hcrnardino de Men- 
doza, qui croisait avec la flotte d'Espajrne 
devant le cap de Palos, ayant été informé, 
le ig septembre, du coup de main des cor- 



saires d'Alger, était parti à leur recberche ; 
il passait successivement à Arzeu, à Oran, 
aux îles Zebibat (Habibas), aux îles Ali- 
maques, aux Zafi'arines et arrivait, le ag, 
au cap Très Forças. Prévenu par Melilla de 
la présence des Turcs à \ elez. il alla prendre 
position à l'île dAlboran. Les deux flottes 
se rencontrèrent le i" octobre. Les Turcs 
complètement défaits eurent i ooo tués, 
parmi lesquels Kara Mami, et ^oo prison- 
niers ; ils perdirent 12 galères et 4 galiotes. 
Les captifs chrétiens délivrés furent au 
nombre de 700. Cf. Dialogo entre Pedro 
Barrantes Maldonado y un rnballero extran- 
jero... i506, réédité en i88g dans Coleccion 
de libros espaholes raros curiosos. t. XI\, 
pp. 1-161, et M.\RMOL, Lib. U. cap. '10, 
fl". 371 v»-a75. 

3. On lit à gauche du seing manuel sur 
deux lignes : « Dieu fasse réussir ses entre- 
prises ! » 



qO APRÈS LE l" OCTOBRE 10 'lO 



XIX 



EXTRAIT D'UNE LETTRE DE CRISTOBAL DE ABREO 
A FRANCISCO VERDUGO 

Cristobal do Abreo a appris de source sûre qiiAboii Ilassoùn, en dépit des 
stipulations qui le lient à l'Espagne, aurait fait demander quarante navires 
à Alger pour offrir le combat à l'escadre de Don Bernardino de Mendoza. 
— // est nécessaire de prévenir ce dernier, afm qu'il se tienne sur ses 
gardes. — // ne faut pas douter que, malgré la paix, Abou Hassoûn 
ne cessera de J aire indirectement tout le mal qu'il pourra. 



Melilla, [après le i^'' octobre i54o']. 

Sur la couverture : Melilla, i5/|0. — Copia del aviso de Melilla. 

Traslado del capitulo de ima carta que Cristoval de Abreo, alcaide 
y capitan de Melilla, enbio a Francisco Yerdugo, proveedor de las 
armadas de Su Mag''. 

Yo tengo aviso de persona que me suele avisar y le e hallado ver- 
dadero, que el rey de Vêlez a enbiado mensajero propio a Arjel a 
llamar quarenta navios, que diz que avian de venir alli y en ellos 
Cinan Arraez^ y que eslo a Teclio despues de la victoria del sefior 
Don Bernaldino de Mendoça, y a me dicho que este sobre aviso, 
porque se crée que daran aqui o en esa cosla ; pero lo que a my 
me parece, es que antes querran buscar las galeras o poncrse en 
parte que las galeras los ayan de buscar a ellos, y, con la pujança 
de tantos navios, pensaran de ganar lo perdido. Sy esto es verdad, 

I. La date est founiio par la mention 2. C//ia«-.lrrfle;, Sinan-Raïs, plus connu 

de la victoire de Don Bernardino de Men- sous le nom df Sii.an-Pacha (iSitî-iôgG); 
doza. V. supra, p. 89, note 1. il fut cinq lois grand vizir. 



LETTRE DE CRISTOBAL DE ABREO A FR . VERDUGO qi 

escosa para lenieila, poique a tan grande armada séria diticultosa la 
rresistencia. No se sabe quando vernan. \o procurare de saber sien- 
pre lo que sobre esto se hiziere o se dixere. 

En tanto, deve V. md. dar aviso al senor Don Bernnldino para 
que, si se uviere de ver con ellas, que sepa que pueden ser quarenta, 
como se a dicho, y mientras no tuviere nueva cierta de las que son, 
las tenga por tanlas, pues las ay ; y en los lugares sospechosos se 
tenga rrecabdo. Una de las cosas que mas temo es las galeras ser 
acometidas donde ynvernaren, pues estan entonces menos armadas 
y aparejadas a rrecibir todo dano. En todo mire el senor Don Bcr- 
naldino, pues ya a visto de la manera que los Turcos osan acomeler 
y como pelean. 

Créa Y. md. que, aunque aya pazes', que el rey de Yelez es ene- 
migo délias y que por vias yndiretas no dexara de hazer lo que 
pudiere, quando derechamente no osare. Lo que supiere escrivire 
a V. md.. y si fuere cosa que convenga, hare mensajero propio. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo Ù68. — Copie. 

I. Il s'agit (lu traité du 8 mai i538 question ci- dessus (V. Doc. XIV et XV, 

conclu par le comte de Redondo, gouver- pp. Sa et 83). L'Empereur avait été com- 

neur d'Arzila, au nom du roi de Portugal, pris dans ce traité, sans avoir été consulté, 

entre ce prince et le roi de Fez, dont il a été V. supra, Doc. XVI, p. 85. 



g2 lO AVRIL l5^I 

XX 

LETTRE D'AHMED EL-OUATTASSI AU CONSEIL D'ÉTAT' 

Un navire lui appartenant , qui se rendait de Tanger à Ar:ila, a été contraint 
par le mauvais temps de relâcher à Cadix, où il a été saisi, contrairement 
aux dispositions du traité passé avec le Portugal. — Le corrégidor de 
Cadix, auquel il a écrit à ce sujet, n'a pas fait droit à sa réclamation. 
— // demande la restitution immédiate de la cargaison de ce navire, 
ainsi qu'une sanction contre les délinquants. — // rappelle les facilités 
commerciales qu'il donne à l'Espagne. — Sébastien de Vargas certifie 
l'authenticité de la signature du roi de Fez. 

Fez, lo avril i5^i. 

Sur la couverture, alla manu : A los seiïores del Consejo de Estado 
de Su Mag''. — Del rey de Fez. — Sepase sy es venida la relacion 
y si no al corrégidor que la enbie. 

Adresse : Al muy poderoso Consejo y Estado del Enperador, en 
Gastilla. 

Invocation "' ; d-b>.j ^ Jui-1 

Muy poderoso Consejo y Estado del Enperador en Castilla. 

\o Muley Hamet, rey de Fez, muchas saludes y dias de bida les 
enbio, como para mi querria. 

\ , despues desto, les ago saver que a Santi Petro ^ y Caliz, lugares 
del reyno del Andalozia, Tue a leiier un nabio que yba de Taujer 

I. Le «Consejo de Estado « ; il n'avait 3. Le fort de Santi-Pctri est situe à 

que voix consultative. — V. infrn. PI. I, l'entrée du bras de mer qui sépare du 

p. 9/1, un fac-similé de cotte lettre. continent l'île de Léon, où s'élève la ville 

t. « l.,ouangc au Dieu unique ! » de Cadix. 



LETTHE D AHMED EL-OL ATTASSI AL CONSEIL D ETAT q3 

para Arzilla con tiempo contraryo, el quai yba cargado de hazienda 
mya y de basallos myos ; y soy ynformado que fue tomado en los 
diclios lugares y- la hazienda secrestada y [parle] délia robada. 

De lo que yo e sydo muy maravillado, siendoles notorio las pazcs 
y amislad que yo tengo con el Enperador, por mano e yntercesion 
del rey de Portugal', mi muy grande amigo y senor. Sobre lo 
quai yo escrelji una carta fyrmada de mi mano a el corregidor y 
justicia de Galiz. liazlendoles saver como la hazienda era mya y de 
mis vasallos, y que les rogaba que luego mandasen largar y dar 
libremente la dicha hazienda. por ser mya y de mis vasallos, como 
dicho es, y que en ello farian servicio a el Enperador e a mi mucho 
plazer. De lo quai no e visto respuesta ; mas antes soy ynformado 
que de mi caria no se hyzo minsion, segun parece por la obra ; mas 
an tes soy ynformado que en ello no se a dado ninguna deliberacion. 

Por lo quai me aran msrced que, con toda brebedad. manden 
acodir a eso y dar deliberacion, mandando que la dicha hazienda 
sea lornada y resliluyda a mi fazedor, que en Cahz con my procu- 
racion esta, y que manden castigar a quien eslo fyzo y pena merece. 
segun la conlratacion de las pazes y amislad entre nos feclia. E bien 
deben de ser ynformados de la bezindad y prestança que Castilla 
de mis reynos recibe, en sacar del trigo y ganados y cavallos y olras 
cosas^ lo que no se haze entre Cristiano? de reyno a reyno, aunque 
tengan pazes ; y en eslo no e querido acudir con ninguna reguridad 
fasta se lo azer saver. E si algo de mi reyno mandaren, créa que 
lo hallaran en mi de muy buena voluntad. 

De Fez, a lo de Abril . 

I. Le traité du 8 mai 1 538, dans lequel Africa ha hccho con Espana agora por 

l'Empereur avait été compris. V. supra, Doc. once afios, pasan de Espana en Berbcria 

X\ et p. 91, note i. L'article 2 de ce traité muchos Crislianos de esta Andalucia con 

stipulait que les Maures du royaume de sus ganados, y los apacientan, y siembran 

Fez pourraient venir en toute sécurité se en Africa tan seguros como si sembrasen en 

ravitailler dans les ports chrétiens, ainsi Europa ; y como aquella lierra es ferlil, no 

qu'y vendre et y acheter des marchandises menos que la campina de Cordoba o la 

de toutes sortes, à l'exception des armes, vega de Garmona, han cogi<lo en eila tante 

des munitions et du matériel de guerre. pan y Iraidolo a Espana que es cosa mas 

a. La conclusion de la paix (V. note pré- para cspanlar que para contar. » I'edbo 

cédente) avait contribué à développer les Bakr.vstes Maldo.nado, Dta/o</o , Réé- 

relations commerciales entre l'Espagne et dition de 1889, p. 19. 

le royaume de Fez. « Por las paces que 3. On lit ensuite, écrite par le secrétaire 



94 



lO AVRIL 10^1 



, iM 1 1 / Seing manuel \ u. i* i 



f^^'^^c/ 



7 Eu, Bastiâo de Vargas ', estante hora nesle reyno de Fez por 
mando del Rey, noso senhor de Porlugall, em seu service, certef- 
fico que este synall e regra mays baxa he tudo del rey de Fez de 
sua mâo e de sua letra. E dizem as letras : quedo em lodo ho 
escripto nesta carta : Hamet, fillio de Mahamed, fdho do Xeque. 

E por certeza dello asyney esta de minlia mâo, e ffîz oje, xi de 



Abryll de i5^i afios. 



Signé : Bastiâo deVargas. 



Arrhivo General de Slmancas. — Estado. — Le(jajo U68. — Original. 



du roi de Fez, la mention suivante : « Lettre 
au conseil de l'Empereur (Consedj de 
Lanberadour) au sujet du navire capturé 
à Cadix. )) Le roi de Fez a ajouté de sa 
main : « Approuve la teneur de cette lettre, 
le serviteur de Dieu Ahmed ben Mohamw.ed 
ben ecIi-Cheikh. Que Dieu fasse prospérer 
ses entreprises ! » Les mots erv italiques for- 
mant monogramme constituent le seing 
manuel du roi de Fez que, par convention, 
nous avons appelé Ahmed el-Oualtassl. Afin 
de faire ressortir plus nettement, de l'en- 
semble du seing manuel, les noms Ahmed, 



Mohammed et Ech Choïkli, nous les repro- 
duisons ci-dessous, en noir plein, les autres 
caractères et les traits parasitaires étant 
en pointillé. La date de Fhégire 9^7 est 
écrite sur une troisième ligne, suivant le 
système de numération cryptographique 
El-Qlam el-Fasi. Sur ce système, ^ . H. 
DE Castries, La diplomatique des princes 
de la dynastie saadiennc, à l'article Date, 
i . Sébastien de Vargas était l'agent du 
roi de Portugal à la cour de Fez. V. i" 
Série, Portugal, t. l. passim. de nombreuses 
lettres de lui. 



Dkchiffkement du seing manuel. 




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LETTRE DU P. CONTREKAS A DON PHILIPPE 



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XXI 



LETTRE DU P. GONTRERA.S' A DON PHILIPPE^ 



Juan de Herrera, parti de Tétouan avec la mission que Don Philippe con- 
naît, n'est pas encore de retour dans celte ville. — Le P. Contreras 
demande une pronipte réponse au mémoire qu'il a envoyé par la voie de 
Séville, car il s' est fait fort auprès du caïd de Tétouan de l'acquiescement 
de la cour d'Esparjne à l'entreprise projetée. — D. Bernardino de Men- 
doza, qui est à proximité, pourrait recevoir des instructions à ce sujet 



I . Le P. Fernando Contreras naquit à 
Séville en 1470. A Tàge de 16 ans, il se des- 
tina à l'état ecclésiastique et obtint un béné- 
fice pour subvenir auï frais de ses études. 
Djs qu'il fut ordonné prêtre, il renonça à 
ce bénéfice pour pratiquer la pauvreté évan- 
gélique. En i5ii, le cardinal Cisneros le 
nomma « capellan mayor » du couvent de 
S'-Ildofonse. à Alcala de Henares. Il retourna 
à Séville en i526 et s'adonna à la prédica- 
tion. Emporté par sa grande charité, il fit 
trois voyages de rédemption à Tunis et à 
Vlger. A celte époque, les troubles qui 
marquèrent l'avènement desChérifssaadiens 
avaient amené le départ des missions fran- 
ciscaines et la vacance du siège épiscopal 
du Maroc. Cependant, en i53o, sous le pon- 
tifical de Clément VII, ce siège fut rétabli 
et le bénédictin Sébastien de Obregon fut 
consacré évèque du Maroc avec autorisation 
do résider à Séville. Un des premiers actes 
du nouvel évèque fut de prendre comme 
coadjuteur le P. Contreras et de l'envoyer 
au Maroc exercer son ministère auprès des 
captifs. En i539,leP. Contreras partit pour 
Ceuta ; il aurait voulu pousser jusqu'à 
Merrakech, mais il en fut empêché par la 
situation troublée de cette ville et ne dépassa 
]i:i5 Foz. Il fixa sa résidence principale à 
Tétouan, où il v avait alors le plus grand en- 



trepôt d'esclaves, provenant tant du Maroc 
quedesEtats Barbaresques, et où l'ardeur do 
son zèle trouva à se manifester. Après s'être 
entremis dans de nombreuses rédemptions, 
il rentra à Séville, où il mourut en odeur 
de sainteté le 16 février ID^S; il fui enlcrn' 
dans la cathédrale. \ . infra. p. 98, son l'pi- 
laphe. — Le P. Contreras, qui avait acquis 
une grande influence auprès du souverain 
mérinide Ahmed el-OuaUassi et du caïd de 
Tétouan Ahmed el-Hassen, ne s'occupait 
pas seulement de son ministère religieux, 
mais, ainsi qu'on peut en juger par ce docu- 
ment et les suivants (V. Doc. XXII à 
XXVI, pp. 99-119), il s'employait au 
Maroc en faveur des intérêts espagnols. 
Cf. Francisco de Sax Juan del Puekto, 
Mission historial de .Marruecos. Lib. II, 
cap. 17; Castkllanos, Apostolado Sera- 
fic I. pp. 228-230 ; /'■' Série, France, t. I, p. 
i38 et note 2. 

2. Cette lettre fait allusion à un plan 
d'occupation de Tétouan par l'Espagne, 
conçu par le P. Contreras et qui est expli- 
qué dans les trois documents suivants (\ . 
pp. 99-1 16). Comme ce projet est très mys- 
térieux, le P. Conlreras n'en écrit qu'à mots 
couverts. Les analyses et l'appareil critique 
ont été développés de manière à rendre ces 
documents intelligibles. 



96 

[Post-scriptiim :\ Le P. Contreras, qui a communiqué la présente lettre 
au caïd, insiste ainsi que ce dernier pour que S . A. vienne à Gibraltar. — 
S. A. devra, dans ce cas, se décider, soit pour le plan convenu avec le 
caïd, soit pour celui que le P. Contreras a exposé dans d'autres lettres. 
— Ce plan permettra de prendre la ville sans effusion de sançj et sans 
compromettre personne. — Le pays en sera tellement effrayé, qu'on 
pourra s'avancer jusqu'à Fez sans rencontrer de résistance. — Le P. 
Contreras demande que S. A. lui envoie immédiatement un courrier et 
donne des instructions au gouverneur de Ceuta. 



fTclouan, avril i545 *•] 

Copia de una carta que Ilernando de Contreras scrivio a Su 
Alteza. 

Con el negocio ' que Yuestra Alteza sabe. de Tituan fue Juan de 
Herrera^ v no viene ; ay necesidad que \ uestra Alteza socoria con 
respuesta de lo que manda hazer. Vea N uestra Alteza una relacion ^ 
que. en ausencia de cierto mensagero, enbie a Se villa para que la 
enbiasen a Vuestra Alteza, y mande responder luego ; que yo lie 
dado palabra que le plaze a A uestra Alteza. Y sea luego para levante 
o poniente o estando al servicio de Su Magestad y de ^ uestra 

1. V. in/ra. Doc. XXVI, p. 1 19. — Cette fréquents voyages à Tétouan, soit pour 
lettre et les trois documents qui suivent ont négocier des rachats de captifs, soit pour 
été reçus en même temps par le cardinal aller aux renseignements. Il est appelé « cl 
de Tolède avant le 8 mai i545. D'autre part. gran servidor ». Cf. infra. Doc. XXV, p, 
la présente lettre est de la même date que 1 17; Doc. XXX-XXXI,pp. 136-128: Doc. 
le Mémoire duP. Contreras (Doc. XXIV, p. LVIII, p. 19a. Le P. Contreras l'avait cn- 
loii), lequel a été écrit « casi medio Abril ». voyé deux fois en mission auprès du prince 
— La date de lieu est restituée d'après de D. Philippe et du cardinal de Tolède. V. 
nombreux passages de la présente lettre infra. p. 102. 

et des trois documents suivants, desquels i. V. infra ce mémoire. Doc. XXIN . 

il résulte manifestement que la machination page loA- 

du P. Contreras visait la ville de Tétouan. 5. Celte relation, ainsi que les lettres du 

2. Cette mission secrète confiée iMIerrcra P. Contreras, était adressée par lintermé- 
se rapportait aux projets chimériques du diaire du proviseur de Séville et de Her- 
P. Contreras. nando de la Torre. chanoine de Séville. \ . 

3. Juan de Herrera était un marchand infra. Doc. XXIII, p. 102. et Doc. XXV , 
de Séville établi à Ceiila et qui faisait de p. 117. 



LETTRE DU P. CONTRERAS A DON PHILIPPE QH 

Alteza' ; y, pues Don Bernardino^ esta cerca, mandele lo que deve 
hazer ; Y gloria a Dios y sea a Vuestra Alteza ! 

Post-scriptam'' : Ley esta carta y la del Présidente* al alcaide" ; 
dize que escriviese mas lo que vera Vuestra Alteza en la del Prési- 
dente. Y alli vera que le dixe que, si yo yva, que liaria con Vuestra 
Alteza que viniese a Gibraltar. \ assi lo digo y he diclio en mi 
pensamiento y al captiAO de la minara *" que, si yo fuera a Vuestra 
Alteza con el, que, no solo a Vuestra Alteza, mas al hijo que Dios 
le diera truxera en la cuna, porque fuera la mas alta coronica que 
nunca fue ' que niùo en cuna ganara tanta cosa. Mas, si es posible, 
venga Vuestra Alteza o con el concierto^ que se dara o con el que 
yo tengo de la mina, que vera por otras cartas\ que, para no ynpe- 
dir lo uno a lo otro, digo que se dexaran tomar*". Y assi no liavra 



1 . 11 l'aiil entendre que le caïd de Tôlouan 
est prêt à servir Sa Majesté soit à l'est, soit 
à l'ouest, soit partout où Sa Majesté voudra. 

3. Don Bernardino de Mendoza, capitaine 
général de la mor. 

3. Ce post-scriplum, d'après une indica- 
tion du copiste, se trouvait « a las cspaldas 
desta carta «. 

4. Présidente, Juan VIIPardodeTavera, 
dont il a été question ci-dessus p. 58, 
note 2 ; il était à cette date archevêque de 
Santiago; il avait été nommé cardinal on 
l53i ; il devint archevêque de Tolède en 
i53/|, et fut dès lors appelé le cardinal de 
Tolède. Il était président du Conseil ntval 
de Castille. Il mourut cette même année 
ï5il5. V. /'■' Série, France, t. I, p. 3(), 
note 4- 

5. Sidi Ahmed el-IIasscn, caïd do Té- 
touan. C'était, comme la plupart dos liahi- 
tants de Tétouan, un Antlalou et il était 
originaire de Baza. Son père était le fameux 

El-Mandri ^£jXi\ (Âlmandarim), qui, 

après la prise de Grenade, était venu au 
Maroc et avait relevé Tétouan de ses ruines. 
Un des fils d'Ahmed el-Hassen était caïd 
de Tétouan et gendre de Sida el-Horra (sur 
cette femme, V. infra, p. 107, note l\), qui, 
De Gastries. 



de sa zaouïa de Chochaouen, commandait 
en réalité tout le pays des Ghomara. Sidi 
Ahmed el-Hassen, hrouilié avec le roi de 
Fez, ayant voulu rentrer dans Tétouan, fut 
obligé d'en expulser Sida cl-Horra (iSAa), 
qui Y était installée en souveraine dep\iis 
longtemps. Sur ce caïd, V. ci-après pcissim, 
et notamment Doc. XXX, p. 12O et Doc, 
XXXIV, p. i38. 

6. Alcaptivo de la minara, c'est-à-dire au 
captif qui a creusé la mine sous le rempart 
de Tétouan. V. infra. Doc. XXIV, n. 108. 

7. La mas alta coronica que nunca fue, 
c'est-à-dire: le plus haut fait qui fut jamais 
raconté dans les chroniques. 

8. con cl concierto... con el que yo 
tengo de la mina. Phrase obscure qui doit 
être interprétée ainsi : soit que Votre .\ltessc 
approuve le projet d'occupation de 'lélouan 
arrêté par moi |lc P. Contreras], d'accord 
avec le caïd, soit qu'elle se décide pour le 
plan que j'ai conçu de pénétrer dans la ville 
par une mine. V. Doc. XXIII, p. i<>i. 

9. Otras cartas, la lettre au cardinal de 
Tolède, où le plan du P. Contreras e>t 
expliqué avec détails (^Ibidem). 

10. Se dexaran tomar. Il faut entendre que 
le caïd do Tétouan ferait semblant d'avoir 
été pris par force (Ibidem). 

X. - 7 



û8 AA'RIL l5/l5 

muertes ni que culpar, y quedara tan atemorizada la lierra que 
liasta Fez no aya zagaya enhiesta, quanto menos lança. Y tomara 
Vuestra Alteza luego la via de Levante', que nada se le dcterna. 
Mande Vuestra Alteza luego venga el mensagero y no espère a 
Juan de Herrera, aunque traya despaclio ; y enbie a mandar Vuestra 
Alteza al capitan de Cepta^ no lo detenga una ora, que vicne sobre 
ciertos captif os ; que muclios seran libres, plaziendo a Dios. Y 
gloria a Dios, etc. 

Archiva General de Simancas. — Eslado. — Legajo 1^7. — Copie. 

I. La via de Levante, c'est-à-dire: Votre 2. D. Affonso de Noronha, gouverneur 

Altesse pourra marcher sur Tlemcen et les de Geuta de i54o à iSZlg, vice-roi de l'Inde 
possessions du pacha d'Alger. de i55o à i55/i. 



Épitaphe du p. Coxtreras 



DORMIT • HIC 
CLARVS • VIRTVTIS • OIMNIS • ALVMNVS 

FERNANDVS ■ A • CONTRERAS 

GVADICEIN'SIS • EPISCOPVS • DESIGNATVS 

QVI • POST • OMNIA • MONSTRA • DEVICTA 

PAVPERIEM • MANSVEFECIT 

IIABVIT • QVE • COMITEM 

ET • CAPTIVORVM • IN • AFRICA 

REDEMPTIONI 

5IAGNIS • EXHAVSTVS • AERVMMS 

VSQVE • AD • SENIVM • INSERVIVIT 

rOSTQVAM • IVDAEOS ■ AC • SARRACENOS 

AD • VERITATIS • AGNITIONEM • COMPVLERAT 

OBIIT • ANN . DM • MDXLVm • XIV • KAL • M ART. 

QVAE • SIBI • FVERVNT • LVCRA 

ARlîITRATVS • EST • DETRIMENTA • PROPTER 

DOMINVM. 



LETTRE DU P. CONTRERAS A DON PHIMPPE QQ 



XXII 

LETTRE DU P. CONTRERAS A DON PHILIPPE' 

Son Altesse sera abondamment récompensée de ses charités par un trésor 
caché fjii'il a découvert à Tétouan. — Qu'elle vienne seulement jusqu'à 
Séville et tous les Maures se déclareront pour elle. — Le P. Contreras 
demande l'envoi d'un négociateur, Don Bernardino de Mendoza de pré- 
férence, fjour s'entendre avec le caïd de Tétouan. — L'Empereur et le 
roi de Portuyal devront donner leur approbation à l'entreprise. 



[Tétouan, avril i54â-] 



Otra copia del dicho Contreras a Su Alteza, 

Pues, en lan lierna hedad que aun no haveis liecho pucheruelos 
para vuestra casa, Iiazcis tan largas limosnas que aun si tuviera va 
Vucstra Alteza niuclios tesoros, aun bien mas Dios lo puso a Vuestra 
Alteza, porque le quiere dar el ciento tanto y mas la vida eterna : 
quatrocientos ducados mando dar Vuestra Alteza, quatrocientos 
niill' espero en Nuestro Senor le dara en esta tierra. ^enga, 
vcnga, venga Vuestra Alteza siquiera a Sevilla o Andaluzia, que 
lodos cstos Moros son suvos. \, porque en olras^ digo lo que 
ay, no alargo aqui, sino suplico no se fatigue en ver las cartas, y 
note bien las palabras que digo de este alcaide', y venga quicn lo 

I. Celle seconde lettre du P. Contreras, 2. Sur ce lré>or que prélcnd;\il avoir 

où il est fait allusion à la découverte d'un trouve le P. Contreras et sur son oricrinc, 

trésor caché à Tétouan, est aussi peu claire V. infra. Doc. XXIN , p. lia. 

que la première. Elle a été expliquée à 3. Le P. Contreras se réfère ici à la lettre 

laide du Mémoire du P. Contreras (Doc. qu'il écrivait à la même date au cardinal 

XXIV, pp. 10ZÎ-116). V. aussi supra. Doc. de Tolède. V. infra. Doc. XXIK, p. loi. 

XXI, p. f)5 note 2. 4- Le caïd deTctouan, Ahmed el-Hassen. 



lOO AVRIL l5/|5 

oyga a su boca como digo. \, aunque con Juan de Herrera* aya 
scripto Vuestra Alteza, porque podra ser no venir tan presto, y mas 
porque ay mas cosas sobre que escrevir, haga Vuestra Alteza 
mensagero que convenga para dar asiento, o el que dize el alcaide, 
Don Bernardino, como va en el pliego^. No digo mas aqui, sino 
que deseo ver aqui a Vuestra Alteza, por liijo de Su IMagestad, que 
quieren muclio estos Moros, y por yerno del senor rey de Portugal, 
cuya es la conquista ; que, siendo Vuestra Alteza el conquistador o 
su mandado, lo havra por bien Su Magestad y Su Alteza portuguesa, 
y mas Dios, que de la vitoria j Y gloria a Dios y sea con Vuestra 
Alteza y con la sefiora Princesa y fructo de bendicion ! etc. 

A?xhivo General de Simancas. — Estado. — Lcf/ajo ^û 1 . — Copie. 

I. Sur ce personnage, ^, supra. Doc. sait le caïd de Tctouan et une seconde fois 

XXI, p. 96, note 3. — D'après le Mémoire pour lui parler de la mine creusée par un 

du P. Contreras, Hcrrera était allé une prc- captif. V. infra, pp. 102 et ii3. 
mière fois en Espagne pour entretenir le 2. C'est-à-dire dans le courrier qu'expé- 

prince D. Philippe des ouvertures que fai- diait le P. Contreras. 



LETTRE DU P. CONTRERAS AU CARDINAL DE TOLEDE lOl 

XXIII 

LETTRE DU P. CONTRERAS AU CARDINAL DE TOLÈDE^ 

Le P. Contreras a envoyé deux Jois en Espajjne Juan de Herrera pour 
l'affaire de Tétouan et n'a pas reçu de réponse. — // écrit de nouveau 
par ordre du caïd et adresse un mémoire. — Le Cardinal, après l'avoir 
lu, fera connaître au plus tôt sa décision sur le meilleur parti à prendre, 
soit qu'il faille laisser à un autre cette entreprise, soit qu'il faille, au 
contraire, la tenter soi-même, conquérir le Maroc prêt à se soumettre, 
puis de là pousser jusqu'au Haut Atlas et au pays des Nègres, où l'on 
trouve de l'or, et qui s'étend Jusqu'au Pérou. — Le caïd, qui a lu la 
présente lettre, demande l'envoi immédiat d'un négociateur pour s'en- 
tendre avec lui. — Il pense que, si le prince Don Philippe pouvait venir 
à Gibraltar, tout le Maroc se déclarera'it pour lui ; 'il n'y aurait qu'à 
régler cette question avec le roi de Portugal. — Le caïd parle suffisam- 
ment l'espagnol pour dispenser le négociateur de savoir l'arabe. — // 
souhaiterait que ce négociateur fût Don Bernardino de Mendoza, dont le 
père a connu le sien. — // retient le P. Contreras, n ayant personne d'autre 
à qui se fier. — Sans lui en dévoiler les détails, le P. Contreras a indiqué 
au caïd le plan général de l'entreprise : les Chrétiens pénétreraient dans 
Tétouan par ruse ; ils s'empareraient de lui, de façon à le mettre à l'abri 
de tout soupçon de la part des musulmans ; il recevrait préalablement, 
pour la sécurité de sa personne, une garantie signée de l'Empereur. — 
Le caïd, après avoir entendu le P. Contreras, a répondu qu'il attendrait 
l'arrivée du négociateur pour traiter avec lui toutes ces questions. — Le 
P. Contreras demande que le prince Don Philippe prenne connaissance 
de la présente lettre, qui est plus détaillée que celles qu'il lui adresse. 

[Tétouan. avril lôiS.] 

Copia de otra carta del misnio al cardenal de Toledo. 

Como no he visto respuesta sobrel negocio de Tituan', de que 

I. Sur ce personnage. V. supra, p. 97. 3. C'est l'entreprise chimérique conçue 

note 4- par le P. Contreras. 



I02 AVRIL l5A5 

llevo relacion a Vuestra Sefioria y a Su Alteza Juan de Herrera 
dos vezes, torno a escrevir por mandado del alcaide como antano. 
Vea Vuestra Senoria una memoria ' que enbie a los muy révéren- 
des senores provisor de Sevilla y canonigo Fernando de la Torre% 
y provea lo que sea servido ; y sea luego, porque ay necesidad, 
conforme a otra^ que a Su Alteza del seiïor Principe escrivo ; y 
vea lo mejor, o daros por inibidos y otro haga el négocie, o dar 
salvo conduto, o venir a favorecer y tomar toda esta lierra, pues se 
da, y de aqui pasar adelante, que con lo que de aqui se havra yran 
hasta los Montes Claros* y a los Negros, donde ay el oro% y por 
tierra diz que a an por aqui al Peru, mas antes que lleguen alla ay 
otros lugares como Peru jy gloria a Dios ! etc. 

j Gloria a Dios ! ley esta carta y la del senor Principe al alcaide ; 
contentose y alegrose mucho. Dixo que escriviese esto, mas que 
luego venga presonero*^ con quien se de el mejor conciertoque sea. 
Yo dixe que, si yo y va, que liaria con el senor Principe que viniese 
hasta Gibraltar. Dize : « Si eso liazer", todo estar suyo, que el 
hazer con rey de Portugal que no hablar ». Estas palabras digo asi 
suyas como el las marca, porque sepan que el que viniere lo en- 
tendera, aunque mejor séria si supiese algaravia, mas basta que 
liabla de manera que se entiende y entiende lo que le dizen. Yo 
veo que tiene razon en no dexarme yr, porque no ay otro con quien 
se descubra, que ni a muger ni hijos lo dize, y con mucha alicion 
dize que estas cartas que se me tomen para rasgarlas el, porque, 
si muriere yo o el, no se sepan, o que las rasguen alla y digan que 
se rasgaron, porque no las vean. Y torno a dezir que luego venga 
el que ha de hazer el concierto, o que sea Don Bernardino, porque 
conoscio su padre al suyo*. 

1. V. ce mémoire in/ra, Doc. XXIV, pp. qu'on recueillait cet or comme du sable. 
io4-ii6. 6. Presonero. ccst-a-àirc : personero, un 

2. Il était chanoine de Séville. V. infra, homme de confiance. 

Doc. XXV, p. 117. 7. Si eso hazer. On voit que le caïd de 

3. V. supra, Doc. XXI, p. gS. Tétouan parlait l'espagnol en employant 

4. Montes Claros, nom que les Portugais la forme infinitivc, qui évite les flexions et 
et les Espagnols donnaient au Haut Atlas. qui est, pour cette raison, familière aux 

5. La poudre d'or appelée tibar, or de primitifs. 

tibar. Cf. z""' Série, France, t. II, p. SSg 8. On se rappelle que le caïd Ahmed 

p\. note 3 ; t. III, p. liig et p. 707, note a. el-IIasscn était originaire de Baza. V. 
Le P. Contreras, dans son mémoire, prétend supra, p. 97, note b, cl infra, p. i38. 



LETTRE DU P. CONTRERAS AU CARDINAL DE TOLEDE lOO 

Hize una diligencia — no se si fue bien — que por lo del cap- 
tivo que en otra digo ' que no me culpe. Digole : « Senor, no crco 
que el Emperador querra darte gente, aunque fiase de ti, mas lu 
dizes que, si se fia, le daras toda esta tierra? » Dize : « Si », Digo : 
(( Sefior, mira que seras culpado y que diran otros Cristianos : 
pues que el Emperador metio Cristianos en favor de Moros, tanbien 
meteran Cristianos Turcos en su favor, y tan pecado es el uno 
como el otro en vosotros como en nosotros. Mas seaassi (j tu te fias 
de miP » Dize : « Si ». — Digo : « \o me fio de ti y te descubro 
un secreto que te an de armar les Cristianos y te an de tomar por 
tal saltadero y tal (mas no dixe mas, no dixe mina ni canos", y 
muclias senas que le di, que las creyo todas), y saben que de noche 
no sales sino entre las dos puertas, pues acometerante por tal parte 
y saldras y a tus espaldas tocaran las tronpetas y aun una canpana^ 
para espantar los Moros, que haras ? — No se, dize, que dezir tu. 
— Digo que vengan y te tomen asi, con seguro que tengas del 
Emperador firme que no te haran mal ni a tus cosas ni a los Moros 
ni aun Judios, y que te tomara el Emperador por vasallo. Y en- 
tonces, dando la tierra como dizes, no pensaran tus Moros, sino 
que hazes como tomado y no como dado por concierto ». Dize: 
(( Venga el que a de venir que alli hablar todo », y otras cosas que 
no se puede tanto escrevir. 

Vea esto el senor Principe, porque no me alargare tanto en su 
carta j y gloria a Dios y a Vuestra Senoria Reverendisima ! y venga 
luego presonero. Torno a dezir el alcaide que vengan las cartas a 
su mano. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Le^ajo ^71. — Copie. 

1. V. supra. Doc. XXI, p. 97. creusées parle captif. 

2. On verra plus loin, p. 109, que le P. 3. Les Maures ont horreur du son des 
Contreras n'avait pas dévoilé au caïd ce qui cloches. V. z" Série, France, t. III, p. io(3, 
concernait la mine et la galerie souterraine note 3. 



Io4 AVRIL lb!\b 



XXIV 



MÉMOIRE* DU P. CONTRERAS 

Ahmed el-Hassen, caïd de Tétoiian, s'étonne de n'avoir pas reçu de réponse 
d'Espagne. — Il donne le choix à l Empereur entre trois propositions : 
/" Ahmed el-Hassen sera simplement reconnu vassal de Sa Majesté. 
2" On lui enverra des troupes pour marcher contre le roi de Fez, et il 
se fait fort de conquérir le Maroc en deux mois, auquel cas Sa Majesté 
devra par considération pour le roi de Portugal faire un accord avec 
lui. 3° Si cet accord ne peut se conclure, Ahmed el-Hassen sera trans- 
porté dans le Levant par les soins de Sa Majesté. — Le caïd de Tétouan 
est contraint de prendre l'un de ces ti'ois partis pour se soustraire à la 
haine du roi de Fez; celui-ci veut le faire périr, lui et ses enfants, 
parce qu'il à supplanté à Tétouan sa femme Sida el-Horra, qui y exer- 
çait un pouvoir souverain. — Le caïd Ber-Rached, seigneur de Che- 
chaouen, donnera sa coopération pour la conquête du royaume de Fez. 
— L'Empereur, quelle que soit celle des trois propositions ci-dessus à 
laquelle il se rallie, fera remettre au caïd de Tétouan une garantie signée 
de sa main. — Sa Majesté devra également envoyer Don Bernardino de 
Mendoza avec ses galères pour prendre les dispositions qu'elle trouvera 
les meilleures. — Le P. Contreras a eu, en outre, un entretien avec un 
captif qui a creusé une mine par oii mille hommes peuvent passer sans 
être vus et s'emparer du trésor dont il a parlé ailleurs; on pourrait 
arriver au même résultat en traitant avec le caïd. — Sa Majesté se 
prononcera sur le meilleur parti à prendre, en admettant que les rensei- 
gnements donnés soient dignes de foi, ce dont le P. Contreras ne se 
porte pas garant. — Pour éviter que le caïd de Tétouan ne soit accusé 
de connivence, on lui a proposé de se laisser prendre par les Chrétiens, 

1. Il est difficile de designer dun nom tantôt « rclacion » (V. supra. Doc. XXI, p. 

exact un document dans lequel le P. Gon- g6) et tantôt « mcmoria » (V. supra, p. loa). 

Ireras rapporte ses entretiens avec le caïd Comme pour les précédents documents du 

de Tétouan, expose à mots couverts ses même auteur, on s'est appliqué dans la pré- 

visceschimériques, tout en donnant carrière sente analyse à clarifier ce texte presque 

aux élans de sa piété. Lui-môme l'appelle inintelligible. 



MEMOIRE DU P. CONTRERAS 100 

comme par surprise ; il n'aurait d'ailleurs rien à redouter pour sa vie, 
étant porteur d'un sauf-conduit de l'Empereur. — Le caïd a répondu 
que, si on lui tient parole, lui, de son côté, serajidèle à ses engagements. 

— Les marabouts et les fekih de Fez, pour exciter contre lui Ahmed 
el-Ouattassi, l'ont accusé de retenir à Tétouan le P. Contreras dans le 
dessein d'introduire les Chrétiens dans la ville. — Le caïd a insisté pour 
que cette situation fût portée à la connaissance du prince D. Philippe et 
du cardinal de Tolède et pour que l'on pressât l'arrivée de D. Bernardino 
chargé de conclure l'accord. — C'est alors que le P. Contreras a envoyé 
à Séville son projet d'occupation de Tétouan, auquel il n'a pas été répondu. 

— Le caïd est menacé d'être appelé à Fez pour jurer devant un mara- 
bout vénéré de ne pas traiter avec les Chrétiens. — // est donc urgent 
de prendre une décision. — Le manque d'argent ne saurait être un 
obstacle, car le royaume de Fez est un grand Pérou plus proclœ que 
l'autre. — Si un accord est impossible avec le roi de Portugal, que 
l'Espagne garde le Maroc pour elle-même. — Dès qu'on aura reçu une 
réponse, le captif mentionné ci- dessus se rendra en Espagne pour exposer 
l'affaire de la mine ; il donnera quelques indications sur le trésor, que 
le P. Contreras complétera, quand il aura des garanties sur l'emploi qui en 
sera fait. — Ce trésor ne doit pas servir à faire la guerre à des nations 
chrétiennes, mais il doit être employé à conquérir les royaumes de Fez , 
de Vêlez, de Merrakech et même le Sahara, où l'on recueille la poudre 
d'or comme du sable, ainsi qu'à la délivrance des captifs et à d'autres 
œuvres pies. — Le P. Contreras supplie le Prince de venir à Gibraltar 
ou à Séville ou en Andalousie. — Le seul bruit de son approche terrorisera 
l'Afrique entière et réjouira ses partisans, Maures et Juifs. — Que le 
cardinal de Tolède fasse les avances nécessaires, le P. Contreras rembour- 
sera le tout. — Il possède, en effet, un bourdon quia la vertu de découvrir 
les trésors cachés ; le captif qui, sur ses indications, est allé à la cachette, 
a été stupéfait. — Ce trésor est celui de trois caïds et d'un roi: car les 
Maures se figurent qu'en enterrant leurs richesses, ils en jouiront 
dans l'autre monde. — Le P. Contreras s'ouvre librement de tous ces 
projets, parce qu'il sait sa correspondance à l'abri des indiscrétions, ce 
qui n'avait pas lieu lors des deux derniers voyages faits par Herrera : 
il ignorait, en outre, à cette époque, l'affaire de la mine, ainsi que la vertu 
de son bourdon, et il n'avait pas encore obtenu la liberté du captif. — Le 
caïd offre d'envoyer en Castille un de ses fils comme otage ; il demande 
que D. Bernardino débarque avec des troupes, soit à l'embouchure de 
la rivière de Tétouan, soit à Almunecar, et il ira s'aboucher avec lui, 
comme faisait autrefois Moulay Ibrahim. — Description des abords de 



I06 AVRIL i5/l5 

la mine. — Le caïd aurait pu s'entendre avec le roi de Portugal, il a 
préféré s'adresser à l'Empereur, en gui il a placé sa confiance. — Si 
i Empereur est occupé avec les Turcs, le Prince pourra faire l'expédition 
au compte du roi de Portugal son beau-père ; si celui-ci ne veut pas y 
contribuer, le Prince, ayant fait la conquête du Maroc avec les l'essources 
du pays, en disposera en faveur de qui il voudra. — Si on avait envoyé 
au P. Contreras un messager sans attendre le retour louJou?'s différé de 
Herrera, tout serait terminé. — Le caïd aurait l'intention défaire une 
trêve avec le gouverneur de Ceuta pour assurer la libre circulation des 
messagers. — Le P. Contreras est d'avis, au cas où cet accord ne pour- 
rait pas se faire, de se servir de la voie de Gibraltar. — Le P. Con- 
treras insiste encore pour qu'une personne vienne sur place se rendre 
compte de la situation. — Il y a à Tctouan 5 ooo captifs, dont la rançon 
atteindrait un prix très élevé ; // en coûtera moin:^ de les délivrer tous 
d'un coup et aux frais du Maroc. — Si le P. Contreras ne reçoit pas 
de réponse, il engagera le caïd à faire la paix avec le roi de Fez. — 
Avec le trésor qu'il connaît déjà et ceux qu'il se flatte de découvrir, il 
arrivera, quand même, à délivrer les captifs. — Mais cet argent donné 
aux Maures leur permettra d'armer des galiotes et défaire de nouveaux 
captifs, qu'il faudra derechef racheter à des prix onéreux. — Cette 
lamentable situation continuera, puisque, Dieu offrant l'occasion de con- 
quérir un royaume à peu de frais, il n'y a personne qui réponde depuis 
trois ans aux propositions du P. Contreras. — // lui est arrivé de sou- 
haiter que la paix se rétablit entre le roi de Fez et le caïd pour racheter 
les captifs au moyen du trésor ; // a même songé à porter à Rome ses 
propositions, qui auraient rendu le Saint-Père maître du Maroc. — Le 
P. Contreras aurait bien d'autres choses à dire, qu'il fera connaître quand 
il aura reçu une réponse favorable. — // serait opportun de s'entendre 
avec le gouverneur de Ceuta, qui, depuis quinze jours, ne laisse passer 
personne. — La communication par Gibraltar ne serait-elle pas préférable? 



[Tétouan, avril i545.] 

Copia de otra del dicho Contreras. 

Porqae es el negocio todo une j no dividirlo en cartas ni escre- 
virlo dos vezes, y porque se de pricsa. va assi. El alcaide me llamo 



MEMOIRE DU P. CO> TREKAS I O7 

despues de haver scripto esotras carias * y me pregunto como no 
venia respuesta de alla, y que luego tornase a escrevir mas claro, 
y que diga que una de très cosas pide a Su Magestad y, en su non- 
bre, a vos : 

que lo tenga por vasallo y, quando lo oviere menesler, que 
le responda y que el lo servira muy bien y lealmeiilc. 

O que le de lavor y gente para contra el rey de Fez, que jura que 
en dos meses le de ganado a Fez y todo el reyno ; y que, si esto 
no puede ser por amor del rey de Portugal ", que se conforme, 
pues son consuegros y suegros, que lo que dize lo cunplira con jura- 
mento que hizo que en dos meses dara el reyno y Fez en sus ma- 
nos. Y que lo que le mueve a ello es que este su rey ^ lo quiere 
destruir y degollar a el y a sus hijos, porque se vino aqui y porque 
le eclio su muger *, mas que esto hizo porque el Rey le liavia 
dado très cedulas de ponerlo aqui en Tituan y, como no las cun- 
plia, dize que se entrego, pensando que lo oviera por bien, que 



1. Esotras carias, les deux lettres adres- 
sées au prince d'Espagne, Doc. XXI, p. g5 
et Doc. XXII, p. 99. 

2. Cet accord était d'autant plus néces- 
saire que le royaume de Fez était de la 
« conquête » du Portugal, d'après le traité 
d'Alcaçovas. Y. infra, p. ^Qçj, note 3. 

3. Su rey, Ahmed el-Ouattassi. 

4- Cette femme, qui joua un rôle per- 
sonnel dans l'histoire du Ilabt, était connue 
parmi les Mauresetles Ghrétienssous le nom 

deSidael-Horra(Cyle Alhorra)* i-l oJ^„^ 

« la noble Dame ». Elle s'appelait en réa- 
lité Aïcha bent Ali ber-Rached et elle 
était sœur du vizir Moulay Ibrahim ben 
Ali ber-Rached et du dynastedeChcchaoucn 
(alias : Chefchaouen, Chaoucn) Mohammed 
ben Ali ber-Rached (V. p. 108, note i). La 
« noble Dame » , douée d'une grande intelli- 
gence et d'un ascendant moral qui la pré- 
parait à l'exercice du pouvoir, suivit l'en- 
seignement des principaux cheikhs spirituels 
de son temps. Sous le nom de son gendre 
le caïd de Tétouan, fils d'Ahmed el-Haesen, 
clic exerçait dans cette ville l'autorité sou- 



veraine dès 1537. En i54i, le roi de Fez 
Ahmed el-Ouattassi, venu à Tétouan, épousa 
Sida el-IIorra, sans doute dans un but poli- 
tique, pour mieux asseoir son autorité sur 
cette ville. Elle eut des démêlés avec le 
capitaine de Ccuta AlTonso de Noronha. 
Sébastien de Vargas porte sur elle le juge- 
ment suivant : « C'est une femme très belli- 
queuse et très emportée en tout ». Sida 
el-IIorra pratiquait en grand la traite des 
esclaves chrétiens; ses fusles étaient tou- 
jours occupées à pirater et les navires d'Al- 
ger étaient bien accueillis dans le port de 
Tétouan. La noble Dame avait eu d'un de 
ses premiers mariages Ibn cI-Askar, l'auteur 
du recueil hagiographique intitulé Daouhat 
en-Xachir. Ibn cl-Askar, dansla notice qu'il 
consacre à sa mère, loue sa science reli- 
gieuse, sa très grande piété, et raconte 
plusieurs miracles qui lui sont attribues. — 
Sida el-Horra fut expulsée de Tétouan à la 
fin de 15^2 par Ahmed el-IIassen. Elle 
mourut le i4 juillet i563 et fut enterrée à 
l'extérieur de Bab Sabla, l'une des portes 
d El-Ksar el-Kcbir. Cf. Ibn el-Askar. pp. 
48-54 de la Traduction. 



Io8 AVRIL 1545 

mejor guardava alcaide el lugar que muger. Vo le dixe : « Pues (jque 
haremos de Barrax*, que es el senor desta tierra? » Dize ; « Ese 
esta en mi mano lo que yo quisiere hazer ». Y es que anbos se 
concertaron para tomar esta tierra, y assi estaran a una para contra 
el reyno. Y en dos meses dize lo daran. 

Y que, quando no se concertasen Emperador y rey de Portugal 
para darle favor para tomar el reyno, que el Emperador mande que 
lopasen en Levante, pues el se da por suyo. 

Y que, para qualquiera cosa destas très, de su mano y seguro 
como Emperador, y que luego mande venir a Don Bernardino 
con dos o très galeras, para dar el concierto que mejor este a Su 
Magestad. 

Mas sepa Vuestra Alteza que yo tengo otrd concierto con un 
captivo que liizo una mina, que alla enbie debuxada a Su Senoria 
lleverendisima, y que por alli pueden entrar i 000 honbres y no 
ser sentidos y toniarlos durmiendo, y asi tomaran los thesoros que 
en otra digo '. Verdad es que tanbien se podran sacar, dandose a 
parlido, porque todo es tomar las casas donde estan en lanto que 
ellos van fuera. Digo lo uno y lo otro, porque alla se tome el mejor 
consejo, si se disimulara con lo uno o con lo otro para mejor, siendo 
verdad lo uno y lo otro, porque yo no se mas de lo que me dizen 
y andamos sobrello si lo ay debaxo el thesoro. 

I. Barrax, Moliammed bcn Ali ben med Barrax) devint caïd de Chechaouen. 
Moussa ber-Rached. Les Ber-Rachcd (con- Dès le débul, il se montra hostile à Ahmed 
traction de ben er-Rached qui explique la el-OualtassL qui lui fit la guerre en i54i, 
transcription Barrax des historiens espagnols et il entra en relations avec le chcrif Moulay 
et portugais) étaient une famille issue des Mohammed ech-Cheikh (V. /*■* Série, 
chérifs édrisides du Djebel el-Alam. En Portugal, aux dates des 3o mai et 4 juin 
liyi, l'un d'eux, Ali ber-Rached, qui avait i54i)- Lorsqu'Ahmed ei-Oua»assi eut été 
guerroyé dans sa jeunesse en Espagne avec contraint de céder le Gharb au Chérif, Sér- 
ies rois de Grenade, revint au Maroc et se Rached alla faire sa soumission à ce dernier 
fixa dans le pays des Ghomara ; il y con- à Merrakech (Y. ibidem, aux dates des 26 
struisit la ville de Chechaouen. dans le juilletet 20aoùt i5A7)- Moulay AbdallaheZ- 
dessein d'en faire une base pour combattre Ghalib, peu de temps après son avènement, 
les Portugais ; il exerçait dans la région dut envoyer une armée à Chechaouen 
un pouvoir presque indépendant du roi de contre Mohammed ben AU ber-Rached, 
Fez; il mourut en i5ii. Lorsque Moula v qui s'enfuit et se retira à Médine, où il 
Ibrahim, fils aîné d'Ali ber-Rached, mourut mourut. Cf. Ibn el-Askar, p. 53, et En- 
en iSSg, le second fils de ce dernier, ISassiri, t. III, p. 19. 
Mohammed ben Ali ber-Rached (Moham- a. Cf. supra. Doc. X\II, p. yg. 



MEMOIRE DU P. CONTRERAS I OQ 

Yo le dixe de yndustria que no queria que fuese traidor a sus 
Moros, pues se puede liazer. \ preguntome como esto dezia, 
creyendo que podian enlrar por la mina, aunque a el no lo déclare 
ni se lo que Dios querra hazer y los humanos. Digo : « Cierto an 
de venir Cristianos y tomarte por los salladeros que te lie dicho y, 
siendo assi, tomando con seguro que te daran los que vinieren, 
que yo se lo suplicare y creo que ellos lo haran. que y a vernan 
apercebidos, y asi no te culparan ». Dize « ^ Como lomar a mi? » 
Digo que: « Llegaran a esta puerta, estando darmiendo, y te 
diran : Cristianos somos y vasallos del Emperador, y sabemos 
que seras su leal vasallo y criado y serviras en quanto pudieres ; 
estate quedo, no saïgas a pelear. que no puedes, y no ayasmiedo. 
que tu cabeça y casa sera muy guardada ». Dize que, si le guardan 
la palabra, que el hara lo que dize. y que, si se fian del como con- 
certare, que dara lo que dize y al Rey. 

Y aun dize : « Si no se huye con lodos los diablos andar, que 
queria hazer mal para mi. ^o querer buscar' bien para mi y mis 
hijos ». Y tomome la mano, diziendo : « ^o querer dezir lo que 
dizen nuestros morabitos y alfaquies en Fez al Rey, que yo tener 
aqui carias que dezir ellos al Rey : « Xo hagas mal para este Hacen, 
cala que metera Cristianos, que no tiene para otra cosa alli a Con- 
treras ^ » ^ que le dizen: « Di tu, Rey, (; para que toner très 
aîïos^ alli a Contreras, sino para que, si le hazes mal, que le haga 
traer Cristianos.'^ » Dize a mi saber todo esto. Digo : « (^ Pues, 
Sefior, todos lo dizen ? » Dize : « Si, dizen que lo dizen a todos 
los morabitos y al Rey. » Dixele : « Todo esoescrivire al Principe. » 
Dize : (( Si. todo lo escrevir y al Cardenal, y que venga luego Don 
Bemardino a dar concierto. » Sepa Vueslra Real Alteza que yo he 
escrito a Sevilla vcngan a tomar este lugar, antes que quieran 
venir de alla a este concierto ; no me responden. 

Vea Vuestra Alteza y Reverendisima Senoria quai es lo mejor ; 
y sea presto, porque dize este mas lo que en otra digo. que lo 

I. Sur le jargon espagnol dont se servait Série. France, t. I, Doc. XXIN, p. i3S. 
lecaïddeTétouan, V.5upra, p. loa, note 7. 3. Il est établi par là qu'il y avait trois 

a. Dès l'année ib '42 , A.hmed el-Ouattassi ans en i5^5 que le caïd .\hmed el-Hassen 

avait demandé à Sebastien de Vargas de s'était installé à Tctouan en expulsant Sida 

lui amener à Fez le P. Contreras. V. /'"« el-Horra. 



IIO AVRIL l5^5 

quieren Uamar para hazer juramento en manos de un morabito 
que tienen ellos por santo, y que no podra hazer concierto con 
Cristianos, porque aquel es el juramento que le piden, temiendo 
que yo le tengo de traer los Cristianos aqui. Mas yo pienso que el 
mas teme que lo llaman para degollarlo que para jurar. Yealo todo 
Yueslra Alteza y Reverendisima Sefioria. Verdad es que yo pienso 
que, aunque haga juramento, que no le ligara en su sela. Digo ; y 
la razon es que me paresce que, tomandolo durmiendo o Aelando 
por la mina, si es cierto que entren por alli, que el no llama Cris- 
tianos, que ellos se vienen ; y no se da, sino que lo toman ; y, 
tomado, servira como prisionero o captivo o criado o vasallo, y, 
ayudando a su seûor, no es obligado a su rey. 

j senores, senores cristianos, senores zelosos del ensalçamiento 
de nuestra fee catholica. animaos para lanto bien! Que en dos 
meses es esto heclio, que para esto me ha detenido aqui Dios mas 
que para sacar captivos. Una cosa podria estorvar : no haver dine- 
ros. Aqui les daremos paga para un aùo o dos. quiriendo Dios, que 
es este el pequeno Peru, y, ganado Fez, es el muy grandisimo 
Peru, y mas cerca. Concierte con Su Alteza del rey de Portugal ; 
o, si no se conciertan, tomemoslo, que luego lo havra por bien. 
Nunca ovo tiempo para ver cunplido tenporal lo que Nuestro Senor 
Jesu Cristo dixo espirituala sus discipulos : « Beati oculi qui vident 
que vos videtis » ; que muchos reyes y principes an deseado ver 
lomado a Fez y nunca lo lian visto, y seremos conlados con los que 
lo veremos. Desta bienaventurança las unas cartasy lasotras veran ; 
llamen honbres que sepan de taies negocios y tomen lo mejor. 

Y presto cl caplivo yra, plaziendo a Dios, en viniendo su despa- 
clio. El dira lodo el ncgocio de la mina y lunbreras y algo de los 
tesoros : y exsaminen lo posible. Mas yo le digo no los diga todos, 
hasla lener seguro que no los gastaran contra Cristianos, sino en 
ganaresle reyno y sacar los captivos, como en Tunez ; y una parte, 
si lo ay todo, para obras pias, que para todo ay, si no lo ha sacado ; 
y otra para un ospilal grande en Sevilla, si lo ay. Y que la vandera 
de Portundo ', si esta alli la mismalaque venia en la galera, quando 



I. Portundo. le capitainp Rodrigo Por- Trinidad » qiir, le 3i mai i525, après la 
tuondo. Ce fut sur sa capilane la « Sanla- dûfaite de Pavio, fut embarqué le roi Fran- 



MEMOIRE DU P. CONTRERAS III 

traya al rey de Francia, que es de oro de martillo y tiene flor de 
lises y armas dé Su Magestad, segun dize este captivo que la puso, 
el que esta en un silo con otros tesoros y pendoncs y joyas, que la 
vandera y pendones son para el Anligua de Sevilla ' que hagan una 
fiesta ; y tanbien las cadenas y hierros de captivos y las arcas en- 
cadenadas donde eslan los thesoros tanbien para el Antigua ; y los 
tesoros seran para lo diclio, para ganar este reyno y Vêlez y adelante, 
plazicndo a Dios, hasta Marruecos y conquistar la Zahara. que es 
donde viene el oro de tibar, que sin cavar lo cojen como arena. 

l Y, gloria a Dios, ea seàor Principe ! que no fue tal coronica 
que en vuestra bienaventurada tierna liedad. j Os de Dios tal Vic- 
toria en otra ! Suplico os vengais a Gibraltar o a Sevilla o al Anda- 
luzia, para poner temor a toda Africa en solo saber que se acerca. 
Mas no digo nada temor, que todos desean con amor vuestra venida, 
assi Moros como Judios, con esperança que los hara mercedes y 
no les llevaran tantos pechos. Mande ver Vuestra Alteza una me- 
moria" que hago desto que los tractaran bien ; y. con tratallos bien, 
ellos manternan la tierra, que labraran y criaran, que aya para aca 
y Uevar a Gastilla. 

j Ea, senor Cardenal ! que mas es esto que Oran. Lo que gastais 

çois I"' à destination de l'Espagne. Le P. général jusqu'à Arzila et négligea de rem ■ 

Contreras fait allusion ici à un événcmenl plir ses obligations. Moulay Ibraliim adressa 

sur lequel les Anais de Arzila, l. II, pp. à ce sujet de vaines réclamalions au roi 

102-10^, donnent des renseignements cir- de Portugal el à l'Empereur. • — Dailleurs, 

constanciés. En 1027, Portuondocomman- le capitaine Portuondo joua île malheur: 

dait, en qualité de capitaine général, une le 25 octobre 1629, il fut complètement 

escadre de huit galères dans la baie de défait par le corsaire Cachidiablo et perdit 

Cadix. Une nuit, les forçats de sa galère se la vie au cours du combat; ses galères 

révoltèrent, le firent prisonnier, et prirent furent enmenées triomphalement à Alger 

le large. Poursuivis par les autres galères, (F. Duro, La Armada espailola, t. I, pp. 

ils furent forcés de s'échouer dans la rivière i4o, iSg et 160). — La capilane de Por- 

dc Tétouan. Moulay Ibrahim, qui se trou- tuondo échouée en i52y dans la rivière de 

vait à Cliechaouen, accourut sur les lieux Tétouan était-elle la « Sanla ïrinidad » .•* 

et s'adjugea pour sa part de prise le capi- Le P. Contreras n'en doutait pas, puisqu'il 

tainc Portuondo, Oo 000 cruzades et l'ar- comptait retrouver la bannière llcurdeli.séc 

tillerie de la galère. Portuondo ne resta qui v avait été arborée lors du transport 

pas longtemps captif. Il fut racheté par en Espagne de François I•■^ 
l'intermédiaire d'un marchand génois, i. Antigua de Sevilla. Nom d'une cha- 

nommé Luis de Presenda, qui, après s'ôtrc pelle latérale de la cathédrale de Séviile. 
porté caution du payement de la rançon, 2. Sur cet autre mémoire du P. Contre 

obtint permission d'escorler le capitaine ras, V. infra. p. 112, n<i|e 3. 



I J2 AVRIL l5A<') 

en piedras muertas, gastad en piedras buenas ; que todo se os 
pagaraaca, aunque con perdon lo digo, que mas franco sera Vuestra 
Senoria Reverendisima. Mas, ya que no querais sino prestado, 
prestamelo para hazer de presto gente para el negocio que por esta 
digo ; que yo os lo pagare todo, y aun, si quereis sin pecado logro, 
tanbien lo dare. 

No se maravillende mi atrevimiento que oso dezir esto, porque, 
por un bordon que tengo, me lia dado Dios a saber donde estan 
los tesoros principales, que se espanto el captivo que quien me lo 
dixo; y aun lo que cl no me descubrio le descubri, por manera que 
me descubrio lo que liavia. porque yo no sabia el que, sino el 
donde *. Y el me dixo que era verdad y que el lo puso por su mano. 
que es officiai para ponello. Y, porque sepan que es mucho, es de 
ires alcaides y un rey y que es mucho, conque dizen los Moros, 
como ynfieles, que. quanto mas guardaren, que tanto mas goza- 
ran en el otro mundo', y que nunca descubren lo enterrado, por 
lenerlo acuUa. Y, pues nadie se a de aprovechar dello, bien es se 
den priesa para aprovecbar a ganar mas. Todo esto pasamos el cap- 
tivo y yo ; mas no se lo que esta so tierra. De lo que dize el alcaide, 
venga a tomarle la palabra. 

Estas cosas oso escrevir tan largas y claras, con que yran seguras 
mis carias que Moro no osara abrirlas ; que dixe al alcaide que, 
aunque tiene mandado que cartas que vengan para mi o yo enbie 
que no las tomen como otras, le dixe mas aora : « Manda de nuevo 
que a estas no toqucn, porque ya ves lo que te va a ti en ello ». 
Dize : « Si ». — « Dar tu aficionado Moro que no ver nadie, digo 
ni capitan, sino al que yo dixere las de ». Dize que : « Asi lo hare- 
mos ». Y, por eso, oso dezir las cosas mas claras que otras vezes. 
j I o ! o ! j dense priesa ! j O ! o ! o ! j Dios de gracia para ello ! 
^ , como diîïo en otro mémorial \ si no se creen de mi, enbicn 
uiia pcrsona que se ynformc, que muy seguro verna, que, pues 

I . Le P. Contreras, grâce à son bourdon, tend le P. Contreras, maispourlessouslraire 

avait drcouvert l'emplacement du tn'sor, à la rapacité des caïds et des agents du makh- 

mais ignorait son contenu. zen. 

a. Les Maures ont, de tout temps, déposé 3. Cet autre mémoire, dont il a été déjà 

leurs richesses, tant en espèces qu'en objets parlé (V. supra, p. m, note 2), ne figure 

précieux, dans des silos secrets, non pour pas au dossier de cette affaire. Il fut proba- 

rn jouir dans l'autre monde, comme le pré- blemcnt remis au captif. V. infra. p. i i/j. 



MÉMOIRE DU P. CONTRERAS ll3 

el negocio es que le va la vida al alcaide y seûor de la tierra, claro es 
que asegura a quien viene a mi. No tengan a mucha fantasia o gran 
locura dezir yo, siendo pobre, que pagaie todo lo que se me prestare, 
que para mas me lia dado Dios a saber donde esta, si lo hallamos ; 
y mas me dara, hallado lo uno, que liallare mucho mas. Lo que 
he sabido es como honbre : si me engafio aca, no se engafien alla. 

Suplico no me culpen porque anles no he dicho estas cosas. que 
liavia dos ynconvinientes : el uno que no sabia, y el otro que no 
osava. El que no sabia es que, quando la primera vez fue Herrera, 
no sabia de la mina ; y, a la segunda que lo sabia, enbie la muestra, 
mas no sabia de los tesoros entonces ni creya a mi bordon, aun- 
que hartas seùales me hazia, ni ténia ganadala libertad del captivo, 
como aora, aunque tarda ; mas todavia digo que tengo lo que me 
dize, y no se mas. La otra es que no osava escrevir, porque abrian 
todas las cartas, liasta que mando el alcaide que no tomen carta 
mia. Y, si en algun enboltorio venia carta mia, luego me la en- 
biava el alcaide, diziendo que no la abrieron. 

Dizeme que escriviese como se fiavaen las manos del Emperador 
y, en su ausencia, del Principe y Gardenal, y que le guardase la 
palabra, como quien son y Cristianos, asi lo dixo, y el secreto, 
como de quien se fia ; y que todavia tomen las cartas a su mano, 
que las traiga Don Bernardino o el que viniere, porque si muric- 
remos, no las hallen ; y que el tiene las cartas del Gardenal guar- 
dadas ; y que porna un liijo suyo en Gastilla. donde mandate, o 
dos. Yo le dixe que ,; quai ? Dize : a El que tu quisieres y sefia- 
lares ; y, si mas es menester, mas hare. Venga Bernardino, que ya 
te dixe que venir a boca de rio y salir a rebate y alçar vandera y 
llegar contigo a hablarle : o, si no quiere venir a rio, sea a Al- 
munecar', que es casi medio camlno entre Gepta y este Tituan. » 
Digole : (( f; Que diran los Moros, vie ado que le vamos a liablar ."' » 
Dize : « A.ndar para perros, que asi lo liazer Muli Abraen quando 
asi venir alçar vandera, y liablar que querer. » Digo : « Pues que 
se usa, bien esta, asi sea ». Dize : (( Asi estar ». 

Casi medio Abril " fuemos, el captivo y yo, a ver la boca de la 

1. Alnmncciir. jUj.1 (le bec), le cap moire et les lettres du P. Contreras sont 
Negro. postérieurs au i5 avril i545. Ces pièces 

2. Il est établi par cette date que le mé- sont d'autre part antérieures au 3o avril 

De Gastries. ^- — ^ 



llf^ AVRIL i545 

mina. Y estavan unos Moros cavando ; bolvimonos, mas miramos 
los caminos por donde an de venir los de cavallo y los que entra- 
ran en la mina ; y cercamos todo el lugar por unos penascos, que 
sonde dos lanças en alto, liazia el rio. Y encima esta un llano de 
piedrabiva que terna dos tiros de vallesta en ancho y largo, y que 
alli se hara una fuerça, que ni a menester cava ni cimientos, ni a 
la parte del rio mas que una tapia, y asenorea el lugar y ajusta con 
elarabalejo, junto con el muro a la parte del alcaçava y fuerça. \ 
en la decendida deste penasco ay ciertos molinos del agua que sale 
del remaniente del lugar, y puedense hazer 20 paradas al rededor 
del muro y otras tantas al otro cabo. Y baxo delà pena del pefiasco 
ay fuentesque con dos tapias la meten en la fuerça, y otras cosas, 
que quien sabe de guerra se contentara desto que veo ; bien puede 
certificar de lo demas alla este cativo. 

Bien fuera a Portugal y fuera bien recebido ; mas ay dos cosas 
que para su negocio conviene mas yr a Su Magestad : porque tiene 
officios reaies de los Reyes pasados y de Su Magestad, segun dize ; 
y, para el otro negocio, no quiere el alcaide sino fiarse de Vuestra 
Alteza en nombre de Su ^Magestad, y no del rey de Portugal ; que 
alla hagan su confederacion, que elno se pone sino en vuestras ma- 
nos. De una cosa se esfuerce Vuestra Alteza, y de gracias a Dios, 
que qualquier de los dos negocios esta muy bien, y, si anbos, muy 
mejor, y si el uno sale verdadero, si no el otro ; y, si anbos, como 
espero en Dios, muy mejor. 

Es tanto lo que dize el captivo que ay que me pone dubda ; son 
tantas las senas que da, y que dize que no dize todo, que mas crée 
que hallaremos, y como lo puso y en que y por que, que haze 
créer. Pues el alcaide es tanta la congoja de este que, porque un 
dia no fui dos vezes a vello, dixo que : « ^ Por que no yr ? » Dixe : 
(( Ya vine a la manana ». Dize : (( Tanbien tarde que venir, cosas 
que querer luego bablar contigo, y, en viniendo mensagero de 
Moros, luego te llamar y venir ». 

En una memoria que di al cativo* digo que, se ande Su Magestad 



i5/|5, puisque, à celle dalc, Hcrnando do i. C'csl probablemcnl cet « oiro memo- 

laTorre les avail reçues. V. infra, Doc. XXV, rial » dont il a été parlé plus haut. V. supra, 
p. I 17. p. 112. 



MÉMOIUE DU V. CONTKEUAS ll5 

alla coritru ïurcos, que aca \ueslra Alteza ganàra por su suegro * ; 
y, si no quisiere ayudar a la conquista, ganemos el reyno con lo 
mismo que del hallaremos % y despues sea de quien uiandardes. 

\ no hagan costa en lo pasado, que, por no enbiar con un mensa- 
gero que oviera venido y no esperar a que nunca verna Herrera, 
no esta hecho todo ; pues, con perdon lo digo, que yo soy un po- 
bre capellan y oso dezir que sobre mi hagan correos y mensageros 
que cuesten lo que coslaren por este gran servicio de Dios ; y de 
alla, donde tantas bo[tas] ay, mejor liaran un peon ; pues digo asi 
que hagan luego presonero que venga. que por esta digo que lo que 
gastare, yo lo pagare, aunque no lo halle aqui : y no se pierda 
tanta cosa. Perdonadme. que con gran deseo lo digo de ver eslo 
de Gristianos. 

Noten que dixe al alcaide que tuviese los puertos abiertos por dos 
meses, porque no se detuviesen los mensageros ; y dize que el hara 
pazes con el capitan de Cepta ^ por los dos meses. porque no se cier- 
ren los puertos, y que haga otro tanto el capitan. Y ensenele como 
lo escrivo ; y dize que y aun por très meses y por quatro hara 
pazes. Mas yo digo que no esperen tanto esto de alla, se lo ha de 
enbiar a dezir que al menos para mensageros que vayan y vengan 
a mi no aya puerto cerrado ; y, si no quisiere el capitan de Cepta, 
mandelo en Gibraltar, aunque son dos dias mas de camino ; mas 
mejor es por via de Cepta. 

El alcaide queria enbiar un mayordomo suyo con ciertos cavallos 
y jaezes, y no osa, que ay muchos vergantines en Cepta, no los 
lomen y captiven a los que fueren. Mas digo yo que lo menos es 
los cavallos vengan. para estotros negocios, que alli es la gloria y 
honrra de Dios ; y los cavallos guardense para yr adelante. como 
lo tiene en deseo y que dize que se fien del y sus hijos alla o aca, 
que el cunplira. 

Venga quien oyga todo esto a su boca y no se crean de mi. que, 
con pensar quan baxo y quan poco soy, tienen razon venga per- 
sona que sea creido. Y eclien quenta de cinco mill captivos, y 



I. iiu suf;/ro; le roi de PortugalJean III. a. C'est-à-dire : avec les trésors que nous 

dont la fille Marie avait épousé le prince Don trouverons au Maroc. 
Philippe. 3. D. Affonso de Norordia. 



Il6 AVRIL 1545 

algunos de a 10 000 ducados y mas, y el que menos, si es castel- 
lano o portugues, 200 ducados y 3oo y muchos a 5oo ; y dos cle- 
rigos solos, uno castellano y otro portugues, no nos ha querido dar 
a 5oo, sino 1200; y el levantisco 100 ducados. ^. pues sumara 
esto, diganlo alla que con menos se sacaran todos, quanto mas que 
de aqui saldra todo el costo y sobrara para otras obras. 

Y, si me responden que quieren venir o de un a manera o de otra 
o anbas, esperare ; y. si no, hare que haga este paz con el Rey ; y, 
con dar al Key el un silo y a este el otro, si ay otro en ellos, me 
dara sus captivos. \ el otro silo mayor, yo terne mana como lo 
pueda sacar, si ay algo. Y, con lo que dieren a Moros. si lo ay, 
podra ser que armen estos Moros ciertas galeotas y traigan otros 
tantos cativos ; donde gasten otros tantos quentos en armar contra 
ellos, y no los tomaran, que se saben bien guardar, y otros tantos 
para rescatar los que ellos traeran. Y todo yra sobre no se quien, 
pues que da Dios en las manos a mi parecer un rey no sin gastar 
mucho, y no ay quien me responda. en dos afïos alla y uno aca que 
lo digo. 

j ! pensava, hagan paz con estos y el Rey, diziendo que de 
alla no responden, para que yo pueda yr y, si fuere bien, yrme a 
Su Sanlidad de Nuestro muy Santo Padre y darle aviso destos 
tesoros, con la condicion, si los ay y que me de gente, y sea suyo 
el reyno o de quien Dios quisierc ; que, si no fuera por lo que devo 
a mi rey y reyno, yo oviera enbiado adonde con manos alçadas 
ovieran venido, sin esperar atloxuras de Herrera ni de nadie. 

Otras cosas mas diria, sino que espero buena respuesta, y, ganado 
esto, las dire para adelante. Y no se maravillen desto y mas. que 
révéla Dios a los pequefios o parvulos, si no me engano, y asconde 
a los sabios y grandes, j Y gloria a Dios por ello y sea con todos ! 

Lo que suplico que digan al capitan de Ccpta, que iiaga las 
pazes por los quatro meses, conviene, porque i5 dias lia que no 
dexa venir y no se quantos mas estara, que ya ovieran ydo y venido. 
^ vean si es mejor por Gibraltar a Tituan, y dense priesa al venir. 

Arch'uH) General de Simancas. — Estado. — Legajn 'i7i . — Copie. 



LETTRE DE HERNANDO DE LA TORUE 1 I ' 



XXV 

LETTRE DE HERNANDO DE LA TORRE AU CARDINAL 
DE TOLÈDE 

Le P. Contreras l'a chargé de lui remettre des lettres qui ont été apportées 
par une personne de confiance; celle-ci donnera les informations complé- 
mentaires qui lui seront demandées. — Les précédentes lettres du P. Con- 
treras étant restées sans réponse, il a prié Hernando de la Torre d'insis- 
ter auprès du Cardinal (fin qu'il favorise une entreprise pour l'exécution 
de laquelle on ne saurait trouver conjoncture plus favorable. 



[Séville] 3o avril i545. 

Copia de una carta que Hernando de la Torre. canonigo de 
Sevilla, escrivio al cardenal de Toledo. a postrero de Abril i5/i5. 

El padre Hernando de Contreras, capellan de Vuestra Senoria, 
que esta en Tituan, me enbio a mandar que con muclia diligencia 
enbiase estas carias a Vuestra Seùoria Illustrisima. que. con la 
grande atlicion en que esta puesto por sacar aquellas animas de 
aquel pueblo, enbia este mensagero que a estado con el, de quien 
Vuestra Senoria Reverendisima podra ser ynformado de lo quefuere 
servido saber del, y es persona de quicn se puede fiar todo secreto. 
Y, porque el padre Contreras a scripto a vuestra Senoria Reveren- 
disima olras vezes, y la postrera tue con un mercader que se dize 
Juan de Herrera*, y no lia avido resolucion de lo que Vuestra 
Senoria Illustrisima manda, como tengo diclio. enbiome a mandar 
que liiziese esta otra diligencia. suplicando a Vuestra Senoria que, 
por amor de Nuestra Sefiora, pues por su ynfinita misericordia lo 

I . .luaii tlo Ilrrrcra a\ait apporte égalemont la premit're lettre. Cf. Doc. WlII. p. loa. 



1 18 3o AVRIL i5/i5 

colioco en tan gran estado y dignidad y tan benemerito y lo colo- 
cara con otra mayor en la tierra, que Vuestra Senoria Illustrisima 
gane otra muy mayor que todas estas en el cielo, en favorecer y 
avudar a tan santa y buena obra, porque creo no se podra hallar 
mejor coyuntura que la que al présente se ofrece. 

Yo, como siervo y capellan de Vuestra Senoria. lo suplico por 
amorde Dios. 

Guarde. etc. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Ler/ajo 'i7 1 . — Copie. 



LETTRE DU CARDINAL DE TOLEDE 



"9 



XXVI 

LETTRE DU CARDINAL DE TOLÈDE AU COMMANDEUR 

DE LÉON^ 

Les lettres et la relation envoyées de Tétouan par le P. Contreras con- 
cernent un projet qui ne semble pas sérieux; le Cardinal les adresse 
an commandeur de Léon. — // y aura lieu d'en faire un rapport au 
prince Don Philippe ainsi qu'au Conseil de la Guerre et d'écrire ensuite 
au P. Contreras ce qui aura été décidé, afin qu'il ne se lance pas dans 
une entreprise actuellement irréalisable. 

[ToKde], 8 mai i5/15. 

Copia de una carta que el cardenal de Toledo escrivio al comen- 
dador mayor de Léon, a 8 de Mayo ibl\b. 

El padre Hernando de Contreras, que esta en Tituan, escrive al 
Principe, nuestro sefior, dos cartas y a mi una, las quales y cierta 
relacion" que assi mesmo enbia va con esta. \, aunque las cosas 
que dize tienen a mi ver poco fundamento, acorde de enbiarlo a 
V. md. con este mensagero, para effetto que, si le pareciere, haga 
relacion dello a Su Alteza y lo comunique V. md. con esos senores 
del Consejo de la Guerra. v. consultado, escriva V. md. a este padre 
conforme a lo que se acordare, porque no se ponga a enprender 
negocios que no convengan y sin disposicion y aparejo para poderse 
efletuar al présente. 

Guarde Nuestro Sefior, etc. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo 'i7 1 . — Copie. 

I. Francisco de los Cobos, secrétaire de gnols. Cf. Ferreras, Historia de Espaiio. 

Charles-Quint, laissé par lui auprès du t. XIII, p. 266. 

prince Don Philippe comme conseil pour 2. V. supra ces trois lettres et ce méninirc, 

les affaires politiques des royaumes espa- Doc. XXI-XXI\ , pp. gô-iit). 



120 7 Jui> i5/i6 



XXYII 



LETTRE DE DON PHILIPPE A CHARLES-QUINT 
(Extrait) 

Le Chérif continue ses conquêtes dans le royaume de Fez. — Le roi de 
Portugal voudrait recruter des soldats en Andalousie pour envoyer au 
secours de ses /routeras. — On fera le possible pour favoriser cette levée, 
vu l'importance qu'il y a pour l' Espagne à empêcher le Chérif de s'em- 
parer des places de la cote. 

Madrid, le - juin i546. 

Sur la couverture : A Su Mag''. — Del Principe. — De Madrid, 
a VII de Junio i546. 

La caita de \ " Ma<j'^ de xx de ma\o iccibi 



'o 



Por las copias de las cartas de Lope Hurlado ' que se embian con 
esta, vera V" M'' lo que se entiende del Xarife de Marruecos, y como 
ha passade adelante para conquistar cl reyno de Fez', En lo que el 
serenisimo rey de Portugal pide que se le dexe hazer gente en cl 
Aridaluzia para embiar al socorro y provision de sus tierras, se liara 
todo lo que se pudiere para que la pueda hazer levantar, por lo cjue 
importa al bien destos reynos que aquello se conserve y que el Xarife 
no se ensenoree de las fuerças de lacosta. Y de lo que mas se enten- 
diere se dara de conlino aviso a V'' Mag''. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Ler/ajo 73. — Minute. 

I. Sur ce personnage, V. siipni, [>. !\i, retirer au commencement de juin. \. 

noie I. SS. HisT. Maroc, z*"* Série. Portugal, à 

a. F^c Chérif vint au printemps de i5'i<'> la date du ii juin lô^ti, lettre de Ber- 

metlrc le siège devant Mekm's el dut se n.ddiin Av (]ar\alho. 



NOTE SUR LA SITUATION DE MAZAGAN 121 

XXVIII 

NOTE SUR LA SITUATION DE MAZAGAN' 

Liiiz de Loureiro, capitaine de Mazagan, a écrit le ro avril qu'il a été griève- 
ment blessé au cours d'une rencontre avec les troupes chérifiennes et 
il a demandé des renforts. — L'agent du roi de Portugal à Malaga a 
appris cjue six cents hommes avaient été tués. — // demande que l'ordre 
soit donné aux villes d'Andalousie d'envoyer des secours à Mazagan. 

S. 1. II. fl. [après lo 10 avril] 1047. 

Sur la couverture, alla m«/m ; Berberia. io47- — Lo del socorro 
de Mazagan. — Para yr. 

La relacion de lo que scrive el capitan de Mazagaon a \ de Abiil 
15/17. 

Que el queda iiiuy mal lierido con una mano cortada y con qua- 
tre lançadas, y a la niuerle, y pide, adonde quiera que llegare el 
mensajero que la dicha carta trae, que le socoiran con gente,por la 
muclia nescesidad en que queda, y que se embie con un coirco una 
carta que embia al rey de Portugal con mucha priesa. 

Scrive el factor del rey de Portugal que esta en Malaga, que un 
ombre que vino de Mazagaon dize como quedavan dc ombres 
muertos, los ce de cavallo, y el liijo del Xarife con cinco mill de 

I. Le Chérif avait envoyé le caïd Ham- sicrs, tomba dans l'embuscade et fut com- 

mou ben Daoud à la tète de six mille ca- plMement battu : quatre cents Portugais 

valiers, avec ordre do tout risquer pour restèrent sur le terrain, le fils du pouver- 

lui apporter la tête de Loureiro. Après neur, Luiz Annez de Loureiro, fut au 

s'être poste en embuscade, suivant la tac- nombre des morts. Cf. Do Colto de 

tique habituelle, le caïd Hamniou fit faire Albuquerque, Me marias para a hisloria da 

une démonstration devant la place par deux praça de Ma:agâo. pp. 21-2'i, Tokrfs, cap. 

cents cavaliers. Loureiro, étant sorti avec 55, et /'"* Série, Portugal, à la date du 37 

cent vingt cavaliers et huit cents arquebu- n\ril 1547- 



122 APRÈS LE lO AVRIL 15^7 

cavallo quedava fuera de los muros ; y, por la poca defensa que en 
el lugar quedava, havia sciipto a su padre que le embiase luego 
escalas, porque sin duda tomaria el lugar. Pide el dicho factor que 
V" Alteza' leprovea y mande una provision alas Justicias de Malaga, 
Xerez, Puerto de Santa Maria e a otras qualesquier Justicias destos 
reynos, que den fabor e ayuda, para socorro de la dicha nescesidad, 
de gente, mantenimientos, municiones y todas las otras cosas nes- 
cesarias, con toda brevedad. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo 4'72. — Copie. 
I. V" Alteza, le prince de Castille, Don Philippe. 



LETTRE DE VERDUGO ET DE CAÇALLA A DON PHILIPPE 123 



XXIX 

LETTRE DE VERDUGO ET DE CAÇALLA A DON PHILIPPE 

(Extrait) 

Les fils du ChériJ se sont rendus maîtres de Meknès, Salé, Larachc, 
Tétouan, (]hechaouen, Tarcja et El-Ksar el-Kehir ; il ne reste plus à 
Ahmed el-Ouattassi que la seule ville de Fez. — Le Chêrif lui-même est venu 
camper à deux lieues de cette place et a sommé Ahmed de l'évacuer. — 
Les gens de Fez ont fait une sortie et le Chéri/ a été forcé de se retirer 
à Meknès. — Ahmed el-Ouattassi a écrit au roi de Porturjal pour lui 
demander du secours, ainsi que Charles-Quint en a accordé aux rois de 
Tunis et de Tlemcen. 

Malaga, 4 novembre 1D47. 

Sur la couverture , alia manu : Malaga. — A Su Alteza. — Los 
proveedores de Malaga, un" de 9'''* 10/17. 

Adresse : Al muy alto y muy poderoso sefior el Principe, nuestm 
senor. 

Muy alto y muy poderoso Senor, 

A los diez e nueve de Octubre rescevimos la carta de \ " Allcza 
hecha a primero de Septiembre. 

Lo que desto' aqui sabemos de présente es que, aviendose 
apoderado los hijos del Xarife de las principales fuerças del reyno 
de Fez, que son Mequinez, Cale, Alaraclie, Tetuan, Xexuan, Taraga, 

I. Desto. la g\iciTC cntro Alimod el-Onntlassi ci \o Chérit'. 



i2a 



/J NOVEMBRE 10^7 



Alcaçar Quibir'. por manera que al Rey solamente le quedava el 
cuerpo de la ciudad de Fez-, el Xarife viejo vino hasta dos legoas 
de Fez, con mill y dozientos de cavallo, no mas. y enbio a dezir al 
Rrey que el no queria estar por lo que sus liijos avian concertado y 
que le desenbaraçase luego la ciudad e se saliese délia ; y porque le 
parescio que no abria contradicion, no traxo mas jente. \ este hera 
en el principio deste mes de Otubre ^ 

Savese que, despues desto, salio jente de Fez y tuvieron una esca- 
ramuça con los del Xarife. Dizen que le mataron setecientos honbres, 
6 que se retiro a Mequinez. y que enbio luego a Marruecos portoda 
su jente de gueira, y que se crée que en brève tiempo tomara la 
ciudad, porque los de dentro no quieren ponerse en defensa, y ha 
juntado materiales para liazer una fuerça junto a Arcilla. 

El rey de Fez escrevio al senor rey de Portugal que se acordase de 
los socorros que Su Mag'' ^ avia heclio al rey de Tu nez ' e al rey de 
Tremecen'', y que asi le pedia que le socorriese a el. pues le yba 
su parte, por la mala vezindad que ternia en sus fronteras. Todo 



I. Ahmed el-Ouatlnssi. qui avait été fait 
prisonnier par le Chérif à la bataille de 
l'oued Derna (septembre i545), avait dû 
abandonner à celui-ci pour sa rançon la ville 
de Meknès. Moulav Mohammed ech-Cheikh 
envoya son fils Moulay Abd el-Kader en 
prendre possession. Cet événement eut lieu 
avant le 30 août iS^y. V. j''' Série. Por- 
tugal, à cette date. Lettre de Jacob Bute à 
Francisco Botelho. C'est à tort qu'EL- 
OuFKÀNi (p. 53) place la remise de Meknès 
au Chérif en gSô de l'hégire (i i février 
i548-3o janvier lâ^g). Moulay Mohammed 
bcn-Ali ber-Rached (Barrax), caïd de Che- 
chaouen, Sidi Mohammed el-.\roussi, caïd 
d'El-Ksar el-Kebir, Sidi el-Hassen, caïd 
de Tétouan, et Sidi en-Nasser, caïd de 
Larache, qui avaient refusé de reconnaître 
la régence d'El-Caccri, avaient fait leur 
soumission au Chérif dès lo début de 15^7, 
quand les fils de celui-ci étaient allés giior- 
royer dans le Gharb. Sur ces événements, 
V. /'■'■. S(^r(>, France, t I.p. 149, Sommaire 

3. EU'eclivement. en i548, Ahmed <•/- 



Ouattassi ne pouvait plus communiquer 
avec Ceuta que par Vêlez (Badis). V. /'"'■ 
Série, France, t. I, pp. i5o-i5i, Lettre 
de Jorge Pimentel à Jean IIL du i4 février 
lb!^8 (traduction), et Portugal, à la même 
date (texte original). 

3. Diego de Tobres, qui assista au 
départ du Chérif. dit qu'il quitta Merra- 
kech le 27 septembre iô^~. V. Relacion 
del oriijen y sucesso de los Xarifes, cap. 66. 

4. Su Magd, l'empereur Charles-Quint. 

5. En i535, Charles-Quint avait conquis 
Tunis sur Kheïr ed-Din et rétabli Moulay 
el-Hassen. En i542, le vice-roi de Naples 
avait envové à celui-ci un secours de deux 
mille hommes. 

6. Le 27 janvier id43, le comte d'.\l- 
caiidetc, gouverneur d'Oran, avait marché 
sur ïlemcen, s'en était emparé, le 6 février, 
et y avait installé pour roi .\bou Abdallah, 
qui se reconnut vassal de l'Espagne. V. Fr 
DE LA. CuEVA, Historio de la gucrra de 
Tremecen, Madrid, 1881,8°, et P. Ruff, 
La donxinalion espagnole à Oran,[)[^. 74-102. 



LETTRE DE VERDLGO ET DE CaÇALLA A DON PHILIPPE 120 

esto se sabe de cierto por un vezino desta cludad. que se liallo en 
Fez a la sazon.'y vio escrivir las cartas para el senor rey de Portugal 
y las traxo encomendadas y las dio a mi, Francisco Verdugo. e vo 
las di a su fattor'. 

Las galeras llegaron aqui bispera de Todos Santos con rrezio 
tiempo de bendaval, y otro dia se fueron a Gibraltar. 

j Nuestro Senor la muy alta y muy poderosa persona y estado de 
V" Alteza ensalce ! 

De Malaga. a quatro de Novienbre de dxlvii afios. 

Signe : Francisco Yerdugo. — Diego de Caçalla. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Lefjajo 79. — Ori'/inal. 
I. Sufaltor. l'agent du roi de Portugal à Malaga. 



2 6 6 AVRIL i54B 



XXX 

LETTRE D'AHMED EL-HASSEN ' A DON PHILIPPE 

Il proteste de son dévoument à l'égard du Prince. — La mort du P. Con- 
treras l'a vivement affecté. — Juan de Herrera, porteur de la lettre, 
rendra compte de l'emploi qui a été fait de la libéralité du marquis de 
Villena. 

Tétouan, 6 avril lô^S. 

Sur la couverture, alla manu : Tituan, — A Su Alteza. — 1 5.^1 8. — 
Berberia. — Del alcaide de Tituan. 

Adresse: Al muy alto y muy poderoso el principe de Castilla, 
etc. . mi senor. 



Invocation ^ : ôA>._5 «oi A^i-i 



Muy alto e muy poderoso Senor, 

Los dias pasados, rrecebi una carta de V" Alteza que me dio el 
padre Contreras, y siempre rruego a Dios por bien y acrecentamiento 
de V" Alteza, como su criado ; y a me pesado muclio de la muerte 
del padre Contreras \ por quien el era. Y esta casa es de\" Alteza, 
y en todo lo que en ella mandare, se hara con muy gran voluntad. 

Y el portador desta, que es el gran servidor Juan de Herrera* de 
V" Alteza. conlara lo que se a heclio en esta limosna del marques 

1. Caïd de ïctouan. Sur ce personnage, février. Sur ce missionnaire, V. supra. 
V. supra, p. 97, note 5. Doc. XXI-XXVI, pp. gS-iig. 

2. « Louange au Dieu unique! » ^. Sur ce personnage, V. supra. Doc. 

3. Le Père Contreras était mort le i6 XXI, p. 96. note 3. 



LETTRE D AHMED EL-HASSEN A DON PHILIPPE I27 

de Villena', y como yo soy servidor de V""' Alteza, al quid me 
rremito. 

j Guarde Nuestro Sefior la muy alla y poderosa persona de V" AI toza 
con el acrecenlamiento que sus criados deseamos ! 

De Tituan, 6 de Abril de i5/i8. 

Signature arabe' : <UJi Aidj /V-*- -U>-i <yJl -Le- 

Muy alto e muy poderoso Scnor, 
Besa las manos de V" Alleza 

Gide Hamehacen. 
Archiva General de Simancas. — Eslado. — L,egajn U73. — Original. 

1. Don Diego Lopez Pacheco, marquis une somme pour !c rachat de captifs, 
de Villena, 3"* duc d'Eecalona, mort en 2. « Le serviteur de Dieu Almiod 

i556. Le marquis avait sans doute envoyé Hassen. — Dieu lui soit favorable ! » 



128 29 AVRIL l5/f8 



XXXI 



LETTRE DU DUC DE MEDINA-SIDOMA A DON PHILIPPE 

(Extrait) 

Retour de Juan de Herrera envoyé au Maroc pour la rédemption des cap- 
tifs. — Nouvelles rapportées par lui : le Chérif serre de près la ville de 
Fez, dont il se rendra maître sans nul doute. — Le Duc demande au Prince 
d'examiner l'opportunité d'une intervention en faveur du roi de Fez. 

San-Lucar do Barratncda, 2(j avril ij^8. 

Adresse : Al muy alto y muy poderoso seûor el Principe, nuestro 
senor etc. 

Muy alto y muy poderoso Senor. 

Juan de Herrera', levador desta, vino aora de Africa con la reden- 
cion de cautivos, de que a V'' Alteza hara relacion. A me diclio que 
el Xarife esta muy poderoso y muy cerca de Fez, y que, segun la 
mucha jente tiene y el balor de su persona, se tiene por cierto la 
tomara ; y esto séria muy gran dano para la Gristiandad y tener 
esta Andaluzia muy ruyn vezindad. 

Y aunque me puedan culpar de delantero, aviendo en su real 
consejo personas de tanta sciencia y expiriencia en las cosas de la 
guerra, a me parecido, por lo que al servicio de Su Mag' y de V" 
Alteza devo, hazerlo saber, para que mande consultar si sera bien 
socorrer al rey de Fez. como se hizo en el reyno de Granada, que 
aquello fue ocasion de ganarlo despues los Reyes Catolicos, que 
estan en gloria, porque, si una vez el Xarife se haze senor de 
toda aquella tierra, sera muy dificultoso echarlo de ella y podra 
hazer grandes danos en esta 

De San Lucar de Barrameda, xxi\ de Abril 10/48. 

Signé: El Duque. 

Àrchivo General de Simanras. — Estado. — Legajo ^73. — Original. 

l. Sur ce personnage, \ . supra, ji. y6, noie 3. 



LETTRE DE MOHAMMED EL-CACERI A MAXIMILIEN 120 



XXXII 

LETTRE DE MOHAMMED EL-CACERI' 
A MAXIMILIEN D'AUTRICHE 

Le roi (V Espagne a accordé son aide à tous les souverains maures qui ont 
fait appel à lui ; Une refusera pas semblable faveur au roi de Fez assiégé 
par le Chérif. — Le roi de Portugal a été sollicité, et il était disposé à 
accorder le secours demandé, mais le roi de Fez a pensé que l'appui de 
ce prince ne serait pas aussi efficace que celui du roi d'Espagne. — La 
situation critique du roi de Fez exige une réponse immédiate. 



Fez, a décembre i548. 

Sur la couverture, alla manu: A Su Alteza. — Del rey de Fez. 
Adresse : A la G. Mag' del principe Maximiliano". 

C. MagS 

Ya V" Mag' abra sabido los trabajos y nescesidades que he tenido 
y tengo con las grandes guerras que nos a liecho y liaze de cada dia 

1 . Cette lettre, d'après sa teneur, semble %Tai que, dans l'énoncé du nom de ce prince 

émaner du roi de Fez Ahmed el-Oaatlassi. il n'est pas fait mention de son aïeul Moham- 

mais le seing manuel apposé à la fin du med, mais ces omissions d'un ascendant 

document difTèrc de celui qui figure sur la sont fréquentes. Le nom complet du lils 

lettre du lo avril iS^i et que Sébastien de d'Ahmed el-Oualtassi serait régulièrement 

^ argas certifie être celui de ce souverain. Mohammed bcn Ahmed ben Mohammed 

V. Supra. Doc. XX, p. 94. Quoique ce ben ech-Cheikh. — Si l'on admctccttc iden- 

nionogramme soit d'une lecture dillicile, tificalion, la lettre aurait été écrite par ce 

on peut y reconnaître le nom de Mohammed prince ovi tout au moins validée par lui. 
ben Ahmed ben ech-Cheikh, nom qui, a. Maximilien, roi de Bohôme, et sa 

d'ailleurs, a été écrit au-dessous en arabe femme Marie d'Autriche, fdle de Charlcs- 

d'une façon claire. Ce Mohammed ne serait Quint, gouvernèrent l'Espagne depuis la lin 

autre que le fils du roi de Fez, appelé habi- de 10^8 jusqu'au retour d'Allemagne du 

tiuUomcnf Mohammed el-Caceri. Il est prince D. Philippe, le la juillet i55i. 
Du Castries. X — ij 



l3o 2 DÉCEMBRE 1 548 

el Xarife. A nos benido a la memoria los grandes socorros y labores 
que sienpre Su Mag' a dado a todos los otros reyes moros que se 
lo an pedido. Suplicamos a Y" Mag' asi sea yo faborescido como 
los otros, lo mas brebe que ser pueda, por causa que estamos cer- 
cados, porque y a al serenisimo sefior rey de Portogal le escrevimos 
sobre el socorro ' que nos podia dar y el nos lo daba, sino que tene- 
mos creydo que no séria tan cunplido como hordenado de mano 
de V" Mag', a la quai suplico sea yo avisado lo mas brebe que ser 
pueda, porque no se sufre mas dilacion. 

Fecha en Fez, a dos dias de Diziembre de i548 anos de quenta 
de Cristo. 







Arch'wo General de Simancas. — Estado. — Legajo U7U. — Original. 

1 . Sur le secours demandé par Ahmed rinvocation : « Dieu fasse réussir ses entre- 
el-Oualtassi au roi de Portugal, V. supra. prises! » et au-dessous le nom de l'auteur 
Doc. XXIX, p. 134- de la lettre: « Moulav Mohammed ben 

2. On lit à gauche du seing manuel Moulay Ahmed ben Ech-Cheikh ». 



LETTRE D ABOU HASSOUN A MAXIMILIEN D AUTRICHE lOl 



XXXIII 

LETTRE DABOU HASSOUN A MAXIMILIEN D'AUTRICHE' 

Situalion critique d'Ahmed el-Oiiatlassi et d'Ahoii Hassoûn, qui sont assié- 
gés dans Fe: par le ChériJ. — Ils font appel à l'assistance de Maximi- 
lien et demandent un prompt secours. 

Fez, a décembre i548. 

Sur la couverture, alla manu : Argel. — A Su Alteza. — 10^9. 
Del rey de Vêlez. 

Adresse : A la C. Mag' de principe Maximiano. 



Invocation ^ : J5ol ^J^jè ^\ 



C. Magestad, 

Ya V" Mag' abra sabido los trabajos y nescesidades que el rey 
de Fez y nosotros hemos tenido y tenemos con las grandes guerras 
que nos da de cada dia el Xarife. A acordado mi bermano' el rrey 
de Fez e yo que fucsemos socorridos por mano de V" Mag', pues 
V" Mag' lo da a todos quantos se lo an pedido y los a repueslo en 
su estado. Y a esta causa nos hemos movido a escrevir sobre ello a 
V'* Mag', suplicandole nos liaga la merced que a todos se les haze : 
y para ello, es nescesario que V" Mag' nos avise en brebe para que 
sepamos la orden que se a de tener en ello, porquc estamos cer- 

1. V. supra, Doc. XXXIl, p. 129, laleltre PI. IV, Tableau gcnéalogicjuc des princes de 
presque identique de Moliammcde^C«rtTJ. la dynastie ouallasside, note 7), bien qu'il 

2. « Dieu au-dessus de tout! » appelle ici ce prince « mi hermano » et un 

3. Abou Ilassoùn était, en réalité. Ton- peu plus loin « mi primo ». V. infra. Doc. 
cle d'Abmcd el-Ouatlassi (V. infra, p. 162, \XX\ I, p. i'm. 



l32 



2 DÉCEMBRE l548 



cados. Y porque mi hermano el rrey de Fez escrive sobrello mas 
largo a V" Mag'\ ceso en esta. 

De Fez, a dos dias de Diziembre de i548 afios aquenta de Cristo. 




Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^71*. — Original. 



I. La lettre dont il est ici question 
comme étant émanée du roi de Fez doit 
être celle de son fils Mohammed el-Caceri 
qui a été publiée supra, Doc. XXXII. S'il 
y a eu une autre lettre signée d'Ahmed 
el-Ouattassi, elle n'a pas été retrouvée. 
L'existence d'une telle lettre est, d'ailleurs, 



peu probable, car on verra ci-dessous, p. 
il\o, que Verdugo et Caçalla ne parlent 
que de deux lettres, qu'ils attribuent aux 
rois de Fez et de Volez. 

2. On lit à gauche du seing manuel 
l'invocation : « Dieu fasse prospérer ses 
entreprises ! « 



LETTRE DE JERONYMO DIEZ SANCHEZ l33 



XXXIV 

LETTRE DE JERONYMO DIEZ SANCHEZ' AU DUC 
DE MEDINA-SIDONIA ^ 

Le ChériJ est en guerre depuis quatre années avec le roi de Fez. Après 
l'avoir réduit en captivité', il l'a remis en liberté en échange de Meknès, 
puis a recommencé la guerre et assiège Fez. — // bloque cette ville depuis 
l'année passée avec quinze mille cavaliers. Il s'est porté à Ras el-Ma pour 
y passer l'hiver ; le froid a fait périr cinq nulle chevaux. — La ville est 
chaque jour l'objet de nouvelles attaques. — Pour plus de sûreté, le 
Mérinide a fait garder chaque porte par un de ses parents ; son fils 
El-Caceri occupe la kasba de Fez el-Bali ; il n'y a plus dans la ville que 
huit cents cavaliers. — Le Chérif est maître de tout le pays hors de Fez, 
à l'exception de Taza. — Son impopularité : il serait abandonné, s'il 
éprouvait un seul échec. — Sans un secours des Chrétiens, la prise de 
Fez est certaine : les vivres y sont hors de prix ; chaque jour de nombreux 
habitants quittent la ville, surtout les pauvres et les Juifs ; ces derniers, 
au nombre de deux mille cinq cents, ont été recueillis par leurs coreligion- 
naires de Meknès. — Hausse de prix du blé. — Activité du roi de Vêlez. 

— Ses encouragements aux assiégés. — Il a perdu sept cent cinquante 
chevaux dans une sortie malheureuse. — Le roi de Fez a épuisé ses res- 
sources. — Il serait facile de venir au secours de la ville par Larache et 
El-Ksar el-Kebir ; la nouvelle d'un débarquement des Chrétiens aurait 
un retentissement énorme et suffirait à faire lever le siège par le Chérif. 

— Si, d'autre part, le Chérif s'empare de Fez, il menacera les f routeras. 

— Ses forces militaires et sa richesse. — Le duc de Médina- Sidonia 
devrait informer le roi d'Espagne des conséquences qu'aurait la prise de 
Fez et de l'urgence d'un secours, ainsi que Diez en a prévenu le roi de 

I. Marchand portugais établi à Tétouan. 2. C'est la mention de Dofia Ana de 
Après la rentrée à Fez d'Abou Hassovln en Aragon y Gurrea, épouse en secondes 
i554, on le voit dans cette ville, occupé noces de D. Juan Alonso de Guzman, duc 
avec Francisco Rodriguez et Diego de Tor- de Medina-Sidonia (V. sapra, p. 73, 
res à racheter les esclaves portugais aban- note 2), dans la formule finale de la pré- 
donnés par le Chérif. Cf. D. de Torres, sente lettre (p. 109), qui permet de réta- 
cap, lOl. blir le nom du destinataire. 



34 II JANVIER 1049 

Portugal. — El-Hassen, caïd de Tétoiian, est prêt à chasser le ChériJ 
hors du royaume de Fez, s'il peut compter sur quelque secours. — Le 
roi de Vêlez a écrit au duc de Médina- Sidonia. 



Tctouan. 11 janvier iSjg. 

Mui illustre Senor, 

Siendo vo tan criado como lo soy de V. S., estando en estas par- 
tes, me parecia que no hazia lo que devo al servicio de V. S. en no 
avisai" lo que en este rreyno de Fez av. V. S. avra sabido como el 
Xarife, rrev de Marruecos, tiene, de quatre anos* a esta parte, guerra 
con el de Fez, el quai fue cativo, y despues, por les conciertos que 
hizieron, con que le dieron a Miquinez, solto eldicho Xarife al rrey 
de Fez. Y dende a cinco meses vino el diclio Xarife sobre el de 
Fez, el quai le a dado tanta guerra que le a puesto en gran trabaxo. 

El dicho Xarife esta tan pujante de jente de cavallo y de pie y de 
bastimentos quantos a menester y demasiados, y a la contina sien- 
pre pagada su jente adelantada. Este ano pasado, sienpre se anduvo 
a quatro léguas y a seis de Fez con quinze mill de cavallos, comiendo 
los panes de Fez y, los que no podia corner, los mandava quemar. 
Y començando a entrar el ynbierno, se puso con su rreal légua y 
média de Fez, ques en Rraz al Ma, y fue su yntencion que, puesto 
alli, se dara Fez. A sido tan rremiso que, con todas las aguas y 
nieves, se esta todavia sobre el dicho Fez en este Rraz al Ma, donde 
dize que no se levantara hasta que el dicho Fez se le de. Ansele 
muerto en este lugar cinco mill cavallos de las muchas frialdades, 
segun dizen los que de su almahala vienen. Todos los dias corren 
los del Xarife hasta las puertas de Fez. 

Estan tan acorralados que no sale nadie de Fez, y ansi estan las 
puerlas cerradas y en cada una un pariente del Rrey por mejor 
guardada, y su hijo, el que fue rrey", estando cativo su padre, esta 



I. Sur les événements de ces quatre dviiaslie oualtassidc, notes 9 el 17. 
années (i5/i5-i5A8), V. infra, p. i6a, PI. a. On sait que Mohammed el-Caceri 

V, Tableau généalogique des princes de la avait été reconnu régent du royaume de Fez 



LETTRE DE JERONYMO DIEZ SANGHEZ ] 35 

en Fez el Viejo', en el Alcaçaba. Tiene dentro en Fez el dicho Rrey 
ochocientos de'cavallo escasos. Estos dias pasados, ténia pocos mas 
de setecientos, y con estos, quando les vienen hasta las puertas 
a correr, salen no mas de fuera de la puerta a hazer rrostro. 

Este Xarife es seilor, de ios muros de Fez afuera, de todos los 
canpos y Alarves y lugares y adixares^ salvo Teza, que es un dia de 
Fez, la quai Fez no tiene, en todo, lo demas de los muros adentro. 
Esta la dicha Fez con su rrey y dizen que an de morir primero que 
darsela ; y ansi dizen que, escrito el nonbre del Xarife, no lo quer- 
rian oyr, quanto mas vello. No ay Moro en todo este rrey no que 
lo quiera, ni menos los suyos, los quales estan desesperados, por- 
que a dos afios los trae en esta guerra fuera de sus casas ; y cierto 
que, si alguna cosa le çucediese de afrenta al dicho Xarife, de alguna 
jente que de Fez saliese e de noche e de dia dièse sobre el, que los 
suyos lo desbaratasen primero que los de Fez. 

V. S. sea cierto que, si Fez no tiene socorro de Cristianos, que 
se perdera sin falta ninguna, porque, como digo, esta muy traba- 
xada y el trigo vale en ella, oy dia de la fecha, la çafa^ a veinte onças 
de la moneda de aca : que vale la hanega de Castilla por quatro 
ducados, donde solia valer dos rreales y rreal y medio. 

Todos los dias, se salen de Fez huyendo mucha jente por la 
hanbre, y estos son los mas pobres ; y de la Juderia, con aquerdo 
de todos los Judios, an salido dos mill y quinientas animas, los 
quales no pudiendo sufrir y pagar el pecho al Rey, que son doze 
mill ducados cada ano y dan cada mes mill ducados, y sustentar a 
estos que heran los mas pobres, fueron a pedir licencia al Rrey, 
diziendole que la dièse para que saliesen los Judios que ellos sena- 
lasen, porque no los podian mantener, ni a el pagalle el pecho. 
Tubolo por lo bien, con que lepagasen su pecho los que quedasen. 

La primera vez, salie ron secienlas animas de onbres y mugeres 
y nifios. y con su salida hizieron mucho sentimiento todos los 
Hebreos. Y a la segunda vez, salieron mill animas, y quando salian, 

pendant la captivitc de son père, fait pri- 2. Adixares, du mol arabe ^^^i dechar, 

sonnier à la bataille de l'oued Derna (sep- jg^^r, hameau, village. 



tembre i5^5). V. ibidem. 
I. Fez el Viejo, Fez el-Bali. 



3. La ça/a. «UatoJl sa/i/a, mesure de ca- 
pacité dont l'identification est incertaine. 



l36 II JANVIER 10^9 

SUS rrabies con toda la Juderia se senlaron en el suelo, tiznaron sus 
caras y hecharon ceniza sobre sus cabeças y hizieron gran llanto, 
como lo liazia Jeremias sobre Jerusalen. En ver apartar las liijas y 
hijos de los padres y parientes de parientes, dizen los Moros que 
toda Fez les tuvo muy gran conpasion y dolor. Todos estos Judios, 
con novecientos otros que despues salieron, se fueron al rreal del 
Xarife, y en el los rrecibieron Judios de Miquinez y de alli fueron 
al dicho Miquinez. Tiene mandado el dicho Xarife a toda su jente 
que a Moro ni a Judio, que venga huyendo de Fez, no toquen a ellos, 
ni les tomen cosa ninguna, so pena de mueite. 

El trigo a valido, estos dias pasados, hasta treinta onças la çafa ; 
y abaxo, porque los que tenian trigo no osavan abrir sus silos para 
vender, por miedo no se lo tomase el Rey, el quai mando apre- 
gonar que los que tubiesen trigo que vendiesen a como quisiesen, 
porque el no les mandaria tomar ninguno y que ansi se lo pro- 
metia. 

El rey de Bêlez, todos los dias, anda por Fez el Viejo a pie con 
quinientos onbres, animando a la jente y diziendoles que tengan 
con su rey natural, y que miren que el Xarife que es un onbre 
levantado de poco tienpo y ques un tirano y rrobador y cochillo 
para degoUar a los del rreino de Fez. Cada dia, anda deste arte que 
digo a V. S., animando a su jente; y pluguiera a Dios que el no 
saliera de Fez en busca de un hijo del Xarife que estava un dia de 
Fez, defendiendo que no Uevasen mantinimientos a Fez. y todavia 
se esta alli ; de quia salida supo el Xarife, y mando a otro hijo 
suyo y a Barrax^ con quatro mill lanças, y dieron sobre el con no 
tener mas de novecientas lanças ; el quai rrey de Bêlez se rretruxo 
al pie de una sierra y alli avino valiente cavallero, en que le mato 
quatrocientos y en ellos dos alcaides y onbres de quenta, y alli le 
fue forçado apearse, y con ballesteros de pie y de cavallo que traya, 
les defendio la subida de la sierra. Perdio alli setecientos y cinquenla 
cavallos, y de los suyos murieron treinta. 

Quiero a V. S. dar la razon porque Fez se a de perder, si no tiene 
algun socorro de Cristianos. El rrey de Fez, quando se perdio y 



I. Barrax, Bcr-Rached. Il s'agit ici de Chechaouen depuis lôSg. V. supra, p. io8, 
Mohammed bcn Ali bcr-Rached, caïd de note i . 



\ 



PI. II 




AU XVI^ SIECLE 



Kl lo mètres 



10 20 30 ao 50 



LETTRIi DE JERONYMO DIEZ SANCHEZ iS^ 

cativo, perdio todo quanto Uevava consigo, y lo que dexava en su 
casa gasto el hîjo, quando lo hizieron rrey, y para asentarse y alla- 
nar la tierra. Venido el Rey de su cativerio a su casa, vino luego el 
Xarit'e a le liazer guerra ; a gaslado todo quanto le rrestava y las 
jentes le an dado ; las rrentas que ténia de fuera, aselas tomado. 
El Xarife, el ano que paso, comio los panes de Fez y. los que no 
pudo, se los quemo. Y en este ano no senbraron grano, para que 
tengan esperança de lo cojer, para se poder sustentar. Fez cerrada, 
mantinimientos no entran. Por todas estas sefiales, se a de perder, 
y mas que Fez no tiene jente de cavallo para quitar el cerco de 
encima délia, para que le entren bastimentos. 

Sea V. S. cierlo que, si por Alarache viniese algun socorro de 
Cristianos y le tomasen, que es nada de tomar, en aquella ora no 
queda nadie en Alcaçar Quibir, que es cinco léguas, porque todos 
se yrian huiendo, que el Xarife en toda su vida lomasc ' a Fez, por- 
que, en yendole la nueva, como el esta sobre el aviso, de dczir que 
Gristianos an de socorrer a Fez, e venir abaxo a los Cristianos, e 
se yr huyendo, porque, en dezir vienen Cristianos, si venian cin- 
quenta caravelas, avian de dezir los Moros eran quinientas, y, si 
venian diez mill onbres, avian de dezir por todo el rey no eran cin 
mill ; y, si el Xarife abaxase abaxo a defender Alcaçar Quibir, que- 
daria descercado Fez y cntrarianle muchos mantinimientos ; y, si 
se huyese, mejor, en aquella ora se alçava cl reyno todo en favor 
de Fez y los Alarves que tiene se vernian Alarache con los Cris- 
tianos. Muy mayor servicio de Dios séria dar socorro a Fez con 
tomar Alarache y Alcaçar Quibir, para que este tirano no tomase 
a Fez, que no yr treze mill onbres a saquear a Tremecen, que en 
hazello o no y va poco. 

Este tirano tiene malos pensamientos y, en la ora que tome a Fez, 
a de poner cerco a estas fronteras de Arzilla y Tanjar y Alcaçar y 
Cepta, y quiera Dios no Ueve alguna, como llevo al Cabo de Aguer , 
y ansi a de hazer en Bêlez muchos navios de rremos y en el rio de 
Tituan y en Alarache y Cale ; y ansi dize que, agora que los Turcos 
tienen paz con Su Mag'", que quicre traer cinco mill y dalles 

I. Il faut entendre la phrase avec le a. Sur la trêve avec les Turcs. V. in/ra. 

sens négatif : en toda su vida no tomase. p. i53, note a. 



l38 II JANVIER i5/i9 

sueldo y para que anden en los navios, tomado a Fez. Tiene cin- 
quenta mill de cavallo ; al présente liene todos los que quiere. Esta 
este tirano muy puxante y muy rrico de gran tesoro que tiene, y 
para esta guerra no saca cosa del, todo el reyno de Marruecos y de 
Tarudante y el de Fez se lo da, y que le sobra. 

V. S. sea servido de ynformar a Su Mag' de este tirano quan 
prospero esta y de lo mucho mas que se haria, si toma a Fez, la 
quai, aunque los Moros la tienen por perdida, se sustentara estos 
quatro meses. Todo el mas animo que tienen los de Fez es con 
esperança que los Cristianos les an de dar favor. Yo tengo escrito 
muchas vezes al serenisimo rrey de Portugal de todo lo que en este 
rreyno a çucedido y ay', y de los malos pensamientos deste tirano 
y de su poder y de lo que haze y piensa hazer. Torno a dezir a V, S. 
que toda la vida de Fez esta en que tenga algun socorro de Cris- 
tianos por Alarache, el quai no es nada de tomar y menos Alcaçar 
Quibir. Y si esto se hiziese, yo me obligo a que me corten la cabeça, 
si a Fez toma este tirano, porque luego se alçan todos los Moros con 
Fez, los quales estan todos sujetos, porque se a apoderado con todo 
y a Fez vien sin fuerças y sin jente de cavallo, de lo quai estan 
todos arrepentidos. Como vino a este rreyno el Xarife, querrianle 
todos, con pensar que fuera otro, y dantes les diera como rrico, que 
les pedir, ni menos tomara como a tomado a Fez, y rrobales todo 
quanto tienen, ansi Alarves como Barvaros y a los demas. Y con 
el favor de los Cristianos, como digo a V. S., todo el rreyno se 
alçaria con Fez y le dexarian solo a este tirano, y luego en Fez entran 
bastimentos que le sobren. 

Y, si esto oviese, esta aqui un servidor de V. S., que su padre 
lo fue del de V. S., quando Baça era de Moros, que es H£lzen^ 
alcaide desta villa, que si el viese algun socorro, es parte para lo 
hechar el fuera del rreyno, porque en este rreyno no ay otro mayor 
onbre de guerra ni de consojo que es el, y el favorezera a Fez. Todo 
el mundo era con el, aunque agora esta por el Xarife. Quisiera estar 
en presencia de V. S. para le contar cosas que se de este su servidor 
sobre este caso. Desea hechar a este rrey Xarife deste rreyno, tanto 

I. V. i" Série, Portugal, aux dates des relatives aux progrès faits par le Chérif. 
a5 et 36 juillet i547, 3 février et i5 mai 2. Ahmed cl-Hassen, caïd de Tétouan j 

i548, des lettres de Jeronymo Diez Sanchez V. supra, p. 97, note 5. 



LETTRE DE JERONYMO DIEZ SA.XCHEZ l3() 

y mas que los Crislianos. Y de su parte se muchos avisos y cosas 
deste lirano, las' quales esciivo a Portugal, como digo a V. S., de 
todo lo quai sabc bien y, como sea tan mi seùor, me lo consiente 
y porque el querria ver cortada la cabeça a este tirano. 

En la verdad, Sefior, que yo no puedo mas de avisai* de todo y 
estar puesto aqui a que el Xarife mande por mi y me mande cortar 
la cabeça, con dezille alguno estoy aqui en su perjuyzio j Provealo 
Dios todo, como sabe que es menester! 

V. S. ynforme del poder deste tirano a Su Mag' y del mucho mas 
que ternia, si a Fez toma, el quai tomara, si socorro no liene, donde 
viene muy gran perjuyzio. Y es tanto quanto, bien mirado y A^sto, 
se vera muy claro ; y, dantes que a Fez se tome, se avia de dar el 
rremedio. Y, mientras mas brève mejor, al alcaide de Gibraltar 
mando esta, al quai escrivo que luego se la mande a V. S. con 
dilijencia. 

El rrey de Bêlez escrivio a V. S., segun un Moro de Fez me a 
dicho. 

De todo lo que oviere y çucediere deste rreyno, dare aviso a V. S. . 
Y tenga en memoria al alcaide de Hacen, que es el todo para des- 
terrar a este tirano, si favor tuviese de Cristianos. 

j Guarde Nuestro Sefior el illustre estado de V. S. , con el de Doua 
Ana\ mi seiîora, quias illustres manos beso ! 

De Tituan, a 1 1 de Henero de i549- 

Illustre Sefior, 
Besa las manos de V. S.. 

Signé : Hieronymo Diez Sanchez. 
Archiva General de Sunancas. — Estado. — Leijajo U7U. — Orujinal. 

I. Dofia Ana de Aragon y Gurrea. V. supra, p. 78, note 2. 



I/Jo 12 JANVIER 15^9 



XXXV 

LETTRE DE VERDUGO ET DE CAÇALLA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Us Iransinettent à Leurs Altesses deux lettres des rois de Fez et de 
Vêlez. — La vdle de Fez est dans une situation trk§ critique : beaucoup 
d'habitants passent au camp du Chéri/; ceux qui restent refusent de 
combattre contre des coreligionnaires et sont opposés à une intervention 
des Chrétiens. — La ville souffre d'une grande disette de blé. — Le bas 
peuple souhaite la victoire du Chéri/ et la reprise par lui des /ronteras. 



Malaga, 12 janvier 1549- 

Sur la couverture , alla manu : Malaga. — A Sus Altezas. — 
15^9. — De los proveedores de Malaga, xii de Enero lô^g. 

Adresse : A los muy al los y muy poderosos senores el principe 
Maximiliano y princesa Maria, governadores destos reynos. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

No se a ofrescido cosa nueva de que deviesemos dar quenta a V" 
Alteza, liasla agora que rescebimos las dos carias* que van con esta 
para V" Alteza de los rreyes de Fez y Vêlez de la Gomera. 

\, segund lo que de halla escriven, la ciudad de Fez esta muy 
apretada, por que muchos vezinos délia se an sallido y pasado al 
rreal del Xarife, y los que quedan no quieren pelear por su rrey, 

I. Ce sont les lettres du 2 décembre XXXIII. Sur l'attribution de la premiîre 
i548, de Muhammcd el-Caceri et d'Abou avi roi de Fez, bien qu'elle soit signée par 
Hassoùn publiées supra, Doc. XXXII et son fils, V. p. lag, note i, et p. i Sa, note i. 



LETTRE DE VERDUCO ET DE CAÇALLA 1 '\ I 

pues la guerra np es en ofensa en su ley ; y el pueblo no desea ni 
querria socorro de Gristianos, por que se temen de lo que le podria 
subceder. Demas desto, ay en Fez gran falta de pan', por que el 
Xarife les tiene tomados todos los caminos por donde les puede 
venir. Todo el bulgo lo desea, por que esperan que, seyendo senor 
de aquella tierra, sera poderoso para hazer guerra y conquistar las 
fronteras que tienen los Gristianos. 

Malaga, xn de Henero i5/|f). 

Signé : Francisco Verdugo. — Diego de Gaçalla. 

Archiva General de Simancan. — Estado. — Legajo 79. — Original. 

1. On a vu clans le document prcccdent nourrir son armée, qu'il avait fait brûler 
(p. 187) que le Chérif s'était emparé des tout ce qu'il n'avait pu utiliser, et que les 
récoltes dans les environs de Fez pour habitants n'avaient pas fait de semailles. 



l42 3 FÉVRIER lollÇi 



XXXVI 



LETTRE D'ABOU HASSOUN A CHARLES-QUINT' 

Il rappelle les lettres que lui et son parent, le roi de Fez, ont adressées à 
l'Empereur pour lui demander son appui contre le Chérif. — Ce dernier 
a pris Fez-le-Vieil, le 28 janvier, par la famine et la trahison. — Voyant 
la ville perdue, Abou Hassoûn est retourné dans son royaume, où il attend 
des secours de Charles-Quint. 



Vêlez, 3 février lô^Q. 

Sur la couverture, alia manu: En Oran. — A Su Mag"^. — 15/49. 
- Del rey de Vêlez, très de Hebrero i549. 
Adresse : A Su Sacra Maa^estad. 



Invocation^ : ^^\ ^jè «^1 



Sacra Magestad, 

Los dias pasados, le escrevi una, pidiendole socorro para contra 
el Xarife, y otra mi seûor primo el rrey de Fez^ ; y porque despues 
a çucedido que el Xarife a tomado a Fez, le torno a escrevir esta y 
sera para darle cuenla por enlcro a V" Magestad. 

Sabra V" Magestad que el lunes, que se conlaron vcynle e ocbo 
(le Enero del présente, tomo el Xarife a Fez el Viejo por dos cosas : 
la nna por lianbre y la otra por que los de dentro fueron traydores. 

Y, visto que la cibdad estava perdida, me vinc a mi tierra, 
adonde quedo, esperando el socorro de V'^ Magestad ; y a de ser 
con muclia brevedad. 

I. V. ci-conlrc, PI. III, nii fac-similé do 3. Ces deux lettres étaicn» datées du 

cfUo Icltre. 2 décembre i548. V. supra. Doc. XXXII 

a. « Dieu au-dessus de tout ! >> el XXXIII. 



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LETTRE D ABOL" HASSOUN A CHAULES-OIINT 



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Y, porque al senor Francisco Verdugo escrivo mas largo, no 
quiero ser ynportuno por el présente. El sefior Francisco escrevira 
mas largo a V" Magestad, y a su carta me rremito\ 

j Nuestro Senor prospère V'* Real Magestad por largos tiempos ! 

De Bêles, a 3 de Hebrero de iS/ig. 

A mandado de V" Magestad. 



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iîeing manuel 
^ d'A bou Hui 



Archiva General de Simancas. — Estado. — Leyajo U7^. — Original. 



I. La lettre écrite par Abou Hassoùn à 
Verdugo n'a pas été retrouvée ; mais on 
verra plus loin (Doc. XLI) une lettre de 
\erdugo et de Caçalla mentionnant la 
transmission par leurs soins de la présente 



lettre et donnant certains renseignements 
qui doivent provenir de la communication 
reçue par Verdugo. 

2. « Que Dieu fasse prospérer ses entre 
prises ! » 



1^4 5 FÉVRIEH 10^9 



XXXVII 

RELATION DE JERONYMO DIEZ SANGHEZ' 

Les troupes du Chéri/ sont entrées à Fez par la porte dite Bah Fetouh 
le mardi 28 janvier. — Abou Hassoûn s'est replié ainsi que Ahmed el- 
Ouattassi sur la porte de la Kasba, devant laquelle s'est engagé un furieux 
combat; les troupes chérijiennes ayant réussi à pénétrer dans la Kasba, 
Abou Ilassoûn et Ahmed ont fait retraite sur Fez-lerl\euf. — Occupation 
de Fez-le-Vieil. — Soumission de Fez-le-Neuf au Cher if le 3 1 janvier. — 
Ahmed el-Ouattassi s'est livré au vainqueur; le bruit court qu'on lui 
laisserait Taza. — Abou Hassoûn s'est enfui, on ne sait où. 

[Geuta^], 5 février i549- 

Sur la couverture: Fez, iS/ig. — Relacion de lo que subcedio 
en Fez. — Embiola el conde de Tendilla '. 

A veintc y oclio del passade, martes \ se allegaron los del Xarife 
a la puerta de Fez que se dize la Bava Fortoa% y sobre ella se 
allegaron los alcaydes del Xarife, y unos por las murallas y otros 
aziendo las puertas pedaços, entraron en la ciudad. 

Y el rrey de Yelez, con su gente y de la ciudad, no podiendolos 
resistir, dando y matando en ellos, se fue rrelrayendo asta la puerla 
del AlGazava*^ ; y, allegando a ella el rey de Fez que allegava, que 

I . V. in//a, Doc. XXXIX, p. i!n},LeUre 2. Sur la date de lieu restituée. V. note 

rfe Lnia de. Riieda au comte de Tendilla. Dans précédonte. 

celle lettre datée du 6 février id'jQ, Luis 3. Sur co personnage, V. siipro, p. 7/1, 

de Hueda dit que la veille il s'est rendu de note i . 

Gibraltar à Gcula, où il s'est rencontré '|. Le aH janvier i5'i9 était en réalité un 

avec Jeronymo Diez venant de Tétouan et lundi. 

(pi'il a demandé à ce dernier d'écrire une ro- 5. Bava Fortoa, Bab Fetouii, porte au 

lation des événements de Fez pour l'envoyer sud-est de Fez el-Bali. 
au comte de Tendilla. 6. La kasba de Fez el-Bali. V. ibidem 



RELATION DE JEKO.NYMO DIEZ SANCHEZ 1^5 

le avian dado el, rrevato en Fez el Nuevo', y cou su gente dio en 
ellos muy animosamente ; y ansi fueron dando y mataiido en ellos 
por la calle abaxo del Alcaçava, que ninguno ténia cuydado de 
pelear sino de uyr, y muclios de los que entraron con los alcaides 
a cavallo avian perdido los cavallos. 

Ya no tlienian rremedio sino perdida la geutc de Xarife, vino la 
rrevato al diclio rey de Fez como el Alcaçava era tomada por los del 
Xarife. \ fue que, como el rey de Fez se avia abaxado a pelear a 
la puerta del Alcaçava, salio toda la gente que dentro estava a pelear 
con el Rey, y todos, con su pelea y vitorla que llevavan, olvidaronla. 
Tan de mienlras quen la balalla estavan, por detras del Alcaçava, 
echaron escalas y subieron, y, coino no allaron quien les rresistiese, 
defendiendole la salida, enarbolaron quatro vanderas. 

Quando los de Fez bieron el Alcaçava tomada, fueronle a dar 
el rrevato al rey, asi al de Vêlez, donde hestavan. Con su viloria, 
la dexaron desmayados y se subieron a Fez el Xuevo, antes que lo 
tomasen ; el quai rey lue lierido, el de Fez, y el de Vêlez tanbien 
metido en su Fez el Nuevo. \ Fez el \ iexo quedo pacifico por el 
Xarife, con dos alcaydes que entraron por la puerta Bafoloa^ 

\ los dclanteros fueron Muley Maliame Barax, sefior de Xixuan^ y 
elalcayde de Al Arozde AlcazarQuivir*, y Citalcha Al Aroz , alcayde 
de Xazen \ Estos fueron los primeros, y el alcayde de Buxema", 
que es de los principales, y el alcayde de Colote\ y cl alcayde de 
sobrino del Mezuar ; estos son los alcaydes con quien pclc^ el Krey 
con su gente y otra mas del dicho Xarife. 

El dicho Xarife se esluvo en su almaliala, que no quiso entrar 



1. Que le avian dado en Fezel Nuevo. cjiii l'a supplantée aujourd'hui. Le caïd 

Alimed el-Ouallussi sj trouvait à Fez el- d'.\zcdjen avait comme obligation dentre- 

Djedid, quand on l'avertit. tenir une force de 4oo chevaux pour proté- 

2. V. supra, p. l!^!^, note 5. gcr le pays contre les incursions des Porlu- 

3. Sur ce personnage, V. supra, p. io8, gais, qui s'avançaient parfois jusqu'à !^o 
note I. milles des fronteras. Cf. Léon i.'Africai.n, 

4- Sidi Moliammedel-Aroussi, caïdd'El- éd. i55o, f. 5i ; Massignon, Le .Varoc..., 

Ksar el-Kebir. V. supra, p. 12^, note i. p. aSS ; Michalx-Bellaire, Lef/aô/. dans 

5. Ct<aic/»a A /aro,:, SidiTalliael-.\roussi. Arc/i..Va/oc., t. XVII, pp. ^iG-^aa. 

6. Xazen, Azedjen, Izaguen, etc. Ville 7. Alcayde de Buxema. pour alcayde 
du Flabt, autrefois importante ; elle est Buxema, le caïd Buu Djcma. 

située à 7 kilomètres au nord d'Ouezzan, 8. .Ucarderfe Co/o/e: le caïd des Kheloth. 

De Castkies. \ — 10 



1/^6 5 FÉVRIER l5^9 

as ta tomar a Fez el Nuevo. Ayer lunes, vino carta al alcayde Hazen 
de Titaan, que Barrax avia escrito a Xixuan, en que le decia como 
el Xarife, postrero del pasado. entro en Fez el Nuevo \ y que salio 
del el rey de Fez para se lo desenbaracar y se puso fuera de la ciu- 
dad en una casa grande que hesta en el Alamiz^ que es cerca de la 
cludad. Dizen le dan a Tezar : esto de le dar a Tezar no se save 
cierto. Enpero estar en Fez el Nuevo el Xarife lo hesta, segun el 
alcayde me dixo le escrivieron. Segun parece, se dio apartido: pues 
le dizen daraïezar y es fuerte. No lo creo que se la den. Esto escri- 
vio el xeque de Taragi ^ al diclio alcayde Hacen, como digo que lo 
avia escrito Barrax. 

El rey de \ elez se uyo y del no saven , ni por donde fue ni adonde. 
Todo el rreyno esta muy alvorotado. ypesanle con la partida de su 
buen rey de Fez. 

Esto es lo que a suzedido hasta oy, cinco de Hebrero de 15^9 
anos. 

Lo mesmo se ha entendido por otras cartas de Gibraltar \ 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Leqajo U7U. — Copie. 

1. D'après ToRREs(cap.69), le Chérifserait !\. Cette mention ne fait évidemment 
entré à Fez-le-Ncuf, le i5 févrieri55o. Cette pas partie de la relation de Joronymo 
erreur est reproduite parlecapitaincVoiNOT Diez ; elle a dû être ajoutée par le comte 
dans son ouvrage Ouf//(iae<ri4/na^a<(p. 27/4)- de Tendilla, qui avait reçu par la voie de 

2. Alamiz, la place du Souk el-Khemis Gibraltar, entre autres lettres, celle de Luis 
devant Bab el-Mahrouk. de Rueda du 6 février. V. ci-après, Doc. 

3. Tara;//, pour Targa. XXXIX, p. 1^9. 



LETTRE DE LUIS DE RUEDA l/j- 



XXXVIII 

LETTRE DE LUIS DE RUEDA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

// a recueilli de Jeronynio Die:, agent très bien informé au service du roi 
de Portugal, des détails sur la prise de Fez: assaut de Fez-le-Vieil et de 
la Kasha ; pertes considérables des deux partis ; blessures d'Abou Hassoûn 
et d'Ahmed el-Ouattassi , leur retraite sur Fez-lc-Neuf; le premier s'est, 
croit-on, enfui au Pehon, le second s'est rendu à composition, et les caïds 
du Chérif sont entrés dans Fez-le-Meuf. — D'après le caïd de Tétouan, 
le Chérif aurait donné Taza à Ahmed el-Ouattassi. — Le Chérif dispose 
de forces considérables bien payées et bien armées, surtout en pièces d'ar- 
tillerie. — // s'est entendu avec les Turcs et les Renégats qui sont auprès 
de lui pour faire construire des navires afin de lutter contre les Chrétiens , 
ce qui le rend très populaire. 

Gibraltar, 6 février iS^Q. 

Sur la couverture, alla manu: Gibraltar. — A Sus Altezas. — 
1549. — ^^^ corregldor de Gibraltar, vi de Hebrero lô/jg. 

Adresse: A los muy altos y muy poderosos sefiores el principe 
Maximyliano y la princesa Dona Maria, governadores de Espafia, etc. 

Muy altos e muy poderosos Seîîores, 

A los quatro deste, di aviso a V'' AUeza como el Xarifee 
avia tomado a Fez el Viejo y el Alcaçaba : y con la mya embie 
la carta del capitan de Cebta ". por donde lo supe. 

Y como el negocio es de tan gran calidad, por mejor poder ynformar 
a V" Alteza, luego otro dia de manana pase a Cebta, y, estando alli. 
vino de Tituan un mercader que se llama Geronymo Dias. honbre 

I. Xffonso de Noroalia. gouverneur de Ceuta. 



1^8 FÉVIUEK l5/|9 

que tiene mucha razon de las cosas del Xarifee e reyes de Fez y 
Vêlez, que, por mandado del seienysymo rey de Portogal, ha tratado 
con los dichos reyes cosas tocantes a la defensa del dicho Xarifee. 

Supe del que se avia tomado Feez el Viejo y el Alcaçaba a escala 
vista, e que murio mucha gente de la una j)arte y de la otra ; y los 
rêves de Feez y \ elez salieron heridos y con la geiile que pudieron 
se retraxeron a Feez el Xuevo ; e de alli el rey de \ elez se desapa- 
rescio, que no se sabe del ; crehese que se retruxo al Penon. 

E, dende a dos dias, el rey de Feez se salio a una casa de canpo ', 
y los alcaides del Xarifee entraron a Feez el Xuevo. Crée el alcaidc 
de Tituan ' que le dio el Xarifee al rey de Feez un lugar que esta 
cerca de Feez, que se dize Teza. de partido, para en quebivyese. lo 
quai yo no creeo, porque me dizen ques fuerte. 

Certefycome este mercader quel Xarifee tiene pagados veyntc 
mill honbres, arcabuzeros y ballesteros, a cinco doblas cada uno, 
cada mes, un ano adelantados, y que, quando no puede pasar 
artilleria adonde quiere, por la aspereza de la tierra. que lie van el 
métal en pedaços y todos los demas aparejos nescesarios, y haze 
fundir las pieças que le paresce en las partes que son nesccsarias. 

Dize mas que tiene consygo juntos sesenta mill de a cavallo y 
que los peones no tienen numéro : y que ha tralado, con los Turcos 
y Renegados que tiene consygo, de baser con toda brevedad los mas 
navios que pudiere para hazeer guerra en estas partes ; lo quai lodo 
dize que da lanto contento generalmente a todos los Moros, que lo 
tienen por otro Mahoma. 

; Xuestro Senor las muy allas e poderosas presonas de V"' Altezas 
guarde y prospère con acrecentamiento de muchos reynos y senorios ! 

De Gibraltar, en seys dias de llebrero de iUdxlix anos. 
Muy altos y muy poderosos Sefiores, 
Besa los reaies pies y manos de V"' Altezas, 

Signé : Luys de Rueda. 
Archiva General rie Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 
I. V.su/)ra, Doc. XWVII, p. 1 ^Oetn. 2. 2. Le caïd \limed el-Hasscn. 



LETTRE DE LUIS DE HUED.A AL COMTE DE TEND1LL\ l'iQ 

XXXIX 

LETTRE DE LLIS DE RIEDA' AU COMTE DE TENDILLA-. 

Lundi est arrivée la nouvelle de la prise de Fez-le-Vieil par le Chéri f. — 
Le roi de Fez a été autorisé à emporter ses hardes et à emmener ses femmes. 
— On dit même que le Chérif lui donnera une place forte . — Ahou Ilassoûn 
s'est enfui à Vêlez, à moins qu'il n'ait été tué en route. — Il se peut qu'il 
entre en accord avec l'Espagne au sujet du Penon. — Luis de Rueda 
voulait envoyer un bric/antin au Penon, mais il n'a pas voulu agir sans 
ordres. — lia écrit au capitaine d'El-Ksar es-Seghir et à celui de Tanqer 
de le tenir au courant. — Il croit que le Chérif s'emparera de la frontera 
d'El-Ksar, s'il l'assiège avec deux ou trois mille hommes. — Le Chérif 
aurait avancé à ses troupes un an de solde; il en enverrait une partie 
contre les fronteras du Portugal. 

[Gibraltar. 6 fi'vrior lô^rj.^] 

Muy illustre Sefior, 

El lunes llcgo aqui nueva por la via de Ceuta y Tiluon como el 
Xariie avia tomado a Fez el Biejo ; y con un correo, queste lugar 
despacho a la Cortecon esta nueva, scrivi al Marques*, mi seiior. lo 
que se sabia desto y que yo yva a Ceula a saber lo cierto. 

Fuy ayer: y vino alli Geronimo Diaz, el questa en Tiluan. y hize 
que hiziesse la relacion ' que embio a A . S. 

I. Celte lettre n'est pas signée, mais du nataire de la présente lettre, comme il y 

contexte de la lettre précédente, qui est est dit ; or cette relation fut transmise à 

signée Luis de Rueda (Doc. XXXVIII), il la Cour par le comte de Tendilla. ^ . supra. 

découle clairement que celui-ci est bien p. i^4- 
l'auteur des deux documents. 3. La restitution de la date découle de 

3. Le nom du destinataire est restitué ce qui a été établi dans les deux notes pré- 

d'apns la donnée suivante : la relation de cédantes. 

Jeronymo Diez du 5 février (V. supra. 4- Le marquis de Mondejar. père du 

Doc. WXVlI.p. i4^)aélp remise à Luis de comte de Tendilla. V. supra, p. 6ti, note r . 
Rueda. puis envoyée par celui-ri au desti- 5. ^. supra. Doc. XXX\II. p. iVi- 



l5o 6 FÉVRIER i5/i9 

Yo creo que ha sido partido el que el rey de Fez ha hecho, pues le 
dexan sacar su ropa y sus mugeres y dizen que le dan un lugar 
fuerte don de este. 

El rev de Vêlez huyo y creen que se avia y do a Vêlez, si por el 
camino no le an muerto ; como se sepa del avisare a V. S. ; y pares- 
cerne que podria ser que aora hiziesse algun partido con el Penon, 
porque, no siendo servidor del Emperador, mal se podra sostener, 
y el dizen que no se fiara del Xarife. 

Yo queria embiar un bergantin a saber como estava aquello. y 
no lo hare hasta saber de V. S. de que mancra es servido que se haga, 
porque, si el a de dar al Peîïon, porque me dize aquel Geronimo 
Diaz que se platicava entre los Moros, séria mejor que fuesse por 
mano de V. S. que por otra. 

Al capitan de Alcaçar' y al de Tanjar^ he scripto me avisen si 
huvieren menester algo, porque con lo que se pudiere les ayudare, 
y yo creo que a de tomar a Alcaçar, sy vienen sobre ella dos o très 
mil hombres y aun con menos ; y, trayendo artilleria, puedenla pro- 
veer en partes que ni por mar ni por tierra no puede ser socorrida. 

Dizen quel Xarife a pagado un ano adelantado su gente, y que 
embia parte délia a que tengan frontera a las de Portugal y les hagan 
agora la guerra. 

Archiva General de Simancas. — Esiado. — Legajo Ulk. — Copie. 

I. Le capitaine d'El-Ksar es-Seghir était été mise en état de défense par les Porlu- 

alors Alvaro de Garvalho. Sur l'importance gais comme Mazagan et Ccuta ; ce fui 

qu'avait à cette époque le port d'El-Ksar es- seulement en février lô/îg, à la nouvelle de 

Seghir, si oublié aujourd'hui, Cf. i'"' Série, la marche victorieuse du Chérif, que le roi 

France, t. I, p. 174, note 3. — L'ambi- Jean III se décida à la fortifier et à s'em- 

lieux Chérif, maître de Fez et du Gharb, parer de la hauteur du Seinal qui dominait 

aspirait à s'emparer d'El-Ksar es-Seghir, la rade. Cf. Andrada, IV. 35. 
pour Y abriter ses galères eten faire, comme 2. LegouverneurdeTangerétaitD. Pedro 

autempsdesAlmohadcs, une base maritime de Menczes. Cf. Fernando de Menezes, 

contre l'Espagne. Cette frontera n'avait pas Hist. de Tangere. p. 68. 



RELATION DE LA PRISE DE FEZ 10 1 

XL 

RELATION DE LA PRISE DE FEZ 

Le Chéri/ a pris Fez. — Le roi Ahmed el-OuattassI est hors de la ville 
dans une maison de campagne et se dispose à se rendre à Taza dans 
un lieu nommé El-Adjeraf avec son trésor et ses femmes. — Abon 
Ilassoûn a disparu; on croit qu'il a dû se rendre au Penon. — Le 
(Shérif aurait avancé une année de solde à vingt mille hommes : ce sont 
surtout des Turcs et des Renégats. — Les Maures le croient un autre 
Mahomet et disent qu'il a conquis le royaume de Fez, parce que le Roi 
était l'ami des Chrétiens. — Il a l'intention de s'emparer des fronteras du 
Portugal, puis de passer en Espagne. — Ces renseignements ont été con- 
firmés par un marchand de Tétouan. — La nouvelle vient d'arriver en 
dernier lieu que le Chérif est en marche sur Ceuta et ElKsir es-Seghir 
et qu'il aurait refusé d'entrer dans Fez, ayant fait serment de s'emparer 
d'abord des fronteras. — D'autres personnes dignes de foi donnent les 
mêmes détails sur la prise de Fez. — Les Maures jugent que le Chérif s'est 
montré clément envers Ahmed el-Ouattassi , en lui attribuant une résidence 
où d puisse vivre. — La ville de Fez a fait des réjouissances en l'hon- 
neur de son nouveau roi. — Le Chérif a auprès de lui un grand nombre 
de Turcs et de Renégats qui sont venus dans son armée à la suite de 
la trêve de i54y entre la Hongrie et la Porte. — Ceux-ci le poussent 
à construire des navires pour conquérir l'Espagne. — Avances de solde 
et gratifications consenties par le Chérif. 

|Gil)raltar, entre le 6 et le la février lô^g*-] 

Sur la couverture, alla manu : Lo del Xarife. — Embio esta 
relacion el duque de Médina Sidonia. 

El Xarife ha tomado a Fez : saiieron Iicridos de la batalla los 

I. L'auteur anonyme de cette relation Rueda le mardi ; par conséquent sa relation 
ditlui-même (V. infra. p. i52)qu'il s'était est postérieure à ce jour-là, mais antérieure 
rendu de Gibraltar à Coûta avec Luis de au mardi suivant. Or c'est le mardi 5 



l52 ENTRE LE 6 ET LE 12 FÉVKIEK l5^9 

rêves del y Bêlez. El de Fez esta fuera del en una cassa de campo 
por sacar su hazienda y muger y mugeres y pasarse a Tezar, un 
lugar que dizen el Aljarefe'. \ el de Vêlez desaparecio : creen se 
pudo venir a mêler en el Pefioii. Dizen que el Xarife pago xx^ 
hombres un ano adelantado a cinco meticalles cada mes ; tiene 
mucha mas gente de pie y de cavallo, a quien da olros diferentes 
partidos : a los que dio doze pagas, son dellos muclios Turcos y 
Renegados, todos vallesteros y arcabuzeros. Eslionbreque baze jus- 
licia y mercedes, temenle y lienen los Moros que lia resucitado 
Mahoma ; es su dibissa hazer guerra a Cristianos, Dizen que tomo 
el reyno porque el Rey hera nuesfro amigo^ ; prétende luego tomar 
las fronteras del rey de Portugal y de alli passar a estas partes ^ Se 
esto porque el corregidor* y yo pasamos el martes a Cepta, en las 
galeras, para savello y screvillo a V. S. ; y, estando alli, llego un 
mercader de Tituan\ honbre de seso, que tiene mucba razon del 
negocio, porque ha entendido en el de parte del rey de Portugal, 
y dixome lo que digo. 

Estando zerrando esta, ha venido nueva quel Xarife ha venido 
sobre Cepta y Alcazar, y que no quiso entrar en Fez, porque tiene 
jurado que ha de ganar primero las fronteras de Africa. 

Por otras parles me ban scripto personas de fee, y que lo jDodran 
saver, la toma de Fez de la manera que aqui se dize ; que los Moros 
tienen quel Xarife a usado de misericordia con el rey de Fez, en 

février qvie Luis de Rueda était allé à Portugal. 

Ceuta. La date de la présente relation se 3. La l'ostauralion do la dominalii>n 
place donc entre le mercredi 6 février et des Maures en Espagne a toujours fait par- 
le mardi 12 février. tio des aspirations politiques des souverains 

I. Aljarefe: en amont de Taza, l'oued du Maroc ayant régné avec quelque éclat. 

Innaouen est appelé oued Bou el-Adjeraf. Elles furent souvent pour l'Espagne un réel 

'2. Les relations des Béni Ouattass avec sujet d'inquiétudes. Parmi les motifs qui 

le Portugal et l'Espagne avaient été très décidèrent Charles-Quint à revenir en 

suivies et, à part quelques razzias et quel- Espagne figure « la grande perturbation 

qiies combats particuliers que les Chevaliers et effroy » dans lesquels se trouvait le 

du Christ et les Moudjahadin se livraient pays à la suite des nouvelles conquêtes du 

par acquit de conscience, on peut dire que Chérif. Cf. Lettre de Marillac à Henri II. 

d.nns les fronteras on vivait en bonne intel- 39 juillet i55o, dans Ribif.r, Lettres el 

ligence nvec les tribus. Le roi de Fez .\hmed Mémoires d'Élat. t. H, ]). îS^. 

el-Oiinttftssi et surtout le roi de Volez A bou li. El corregiilor. Luis de Rueda. 

Hassoùn étaient en continuelles négocia- 5. Jeronymo Diez Sanchez. V. supra. 

tions avec les souverains d'Espagne et do p. iVi, note i. 



RELATION DIC LA PRISE DE FE/, 1 53 

dalle aquel lugar en que biva ; y en Fez an hecho alegrias por el 
nuebo rey ; y que esta tan poderoso, con sus reynos y con el que 
agora gano, que podia poner en campo \13 de cavallo y gente de 
pie sin numéro ; y que son muchos los arteficios que son de guerra, 
en Ire los quales trae mucho métal y adereços de fundiclon para 
poder hazer artilleria en las partes que no pudiere passar la que trac 
heclia. Trae consigo i 15 g ïurcos y Renegados' que se le an venido 
con las pazes que se han hecho con el Turco^ ; estos le han como- 
bido a que procure y haga muchos navios, diziendole que con ellos 
sera senor del eslrccho de Gibraltar y conquistara estos reinos : y que 
acude tanbien a esto. que ha mandado cortar madera en muchas 
partes, que en el reyno de Fez ay gran aparejo para ello ; y que, 
antes que tomase a Fez, pago xxlS tiradores, escopeteros y balles- 
teros de su exercito dozc pagas a cada uno, a cinco doblas cada 
mes, sin otras pagas que hizo a alcaides y gantes de cavallo y pcr- 
sonas de ventaja. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^7't. — Copie. 

I . Le nombre i ^ g, maintenu aprè s plu- Hongrie et la Porte, conclue pour cinq ans, 
sieurs collationnements. paraît singulier. ri dans laquelle furent compris l'Empereur, 

3. La trêve du rg juin i547 f'o're la le Pape, le roi de France et Venise. 



l54 8 FÉVRIER 1049 



XLI 



LETTRE DE VERDUGO ET DE CAÇALLA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Le Cher if s'est emparé de Fez-le-Vieil le 28 janvier, des traîtres lui ayant 
ouvert une porte. — Ahmed el-Ouattassi et Abou.Hassoûn luttèrent du 
matin au soir: profitant d'une sortie de la garnison de la Kasba, les 
troupes du Chérif y pénétrèrent. — Cependant elles pliaient sur un autre 
point, mais la prise de la Kasba découragea les assiégés, qui se mwent à 
fuir. — Abou Hassoûn est parti pour Vêlez. — Le 3 janvier, le Chérif 
est entré dans Fez-le-Xeuf. — Les marabouts s'emploient pour obtenir 
que Taza soit laissé à Ahmed el-Ouattassi. — Le Chérif se propose 
d'attaquer El-Ksar es-Seghir, ce dont le ?^oi de Portugal a été avisé. — 
Abou Hassoûn, qui se défie des offres de paix que le Chérif pourrait 
lui Jaire, demande l'envoi d'un secours, mais les otages quil offre ne 
sont pas suffisants. — Verdugoet Caralla transmettent une lettre cVAbou 
Hassoûn. 



Malaga, 8 février iSig. 

Sur la couverture, nlia manu: A Sus Altezas. — De los provee- 
dores de Malaga. vin" de Hebrero i549- 

Adresse : A los muy altos e muy poderosos senores cl principe 
Maximiliano y princesa Dona Maria, governadores destos reynos. 

Muy altos y muy poderosos Senores, . 

Por cartas de Tituan y Vêlez de la Gomera' tenemos aviso que el 
Xarife tomo a Fez el Viejo a los xxviii" de Henero. Dizen que huvo 

I II doit s'a^j'ir là de la lettre d'Abou dont il a été question plus haut. Doc. 
Hassoûn au proveedor Francisco Verdugo WXVI, p. i^'^ et note 1. 



LETTRE DE VEBDLGO ET DE CAÇALLA 100 

traycion en les de dentro, que les dieron una puerla por donde 
entrasen. Los rreyes de Fez y Vêlez pelearon con elles desde la 
manana hasta la tarde, y la jente que estava en goarda del Alcaçava 
salio a pelear y dexaron la casa scia. Y los del Xarife tuvieron lugar 
de entrar en el Alcaçava, por que no huvo defensa, y, al tiempo que 
los del Xarife se rretiravan e començavan a huyrpor el mucho dano 
que los rreyes les hazian, dieron bozes del Alcaçava e alçaron ban- 
deras por el Xarife, y la jente de los rreyes desmayo con esto, v 
se pusieron en huyda. ^ el rey de Vêlez se vino a su lierra. Y olro 
dia seguiente' tomo el Xarife a Fez el JNuevo. por manera que tienc 
y a todo el rey no. \ Iratan con el los moravitos que de al Rrey a 
Teza en que biva. 

Tanbien escriven que enbiaria el Xarife luego jente sobre Alcaçar 
Çaguer, de lo quai emos dado aviso al falor del seTior rrey de 
Portugal que esta en Sevilla. El rrey de ^ elez pide socorro confu- 
samente ; pero es de créer que el Xarife le concédera al présente la 
paz que quisiere, para poderle despues cortar la cabeça ; y. por que 
el lo tiene asi entendido, no se querria confiar del. Las prendas 
que ofresce para el socorro que pide valen poco, porque son los 
hijos de algunos xeques, sus basallos. Con esta va una carta del 
dicho rrey de Vêlez para V" Alteza'. 

Malaga, a vni" de Hebrero de dxlix afios. 

De vuestras muy altas y muy poderosas personas 
Humilldes servidores que sus manos besamos. 

Signé : Francisco Verdugo. — Diego de Caçalla. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 

I. Jeronymo Diez dit que Fez-le-Neuf La date à adopter est celle de Jeronvmo 

fut pris le 3i janvier. V. supra, p. i^5. Diez : 3i janvier iS^g. 
D'après Luis de Rucda, ce serait deux jours a. Cette lettre d'Abou HassoAn à Ma\i- 

après la prise de Fez-le-Vieil que le Chérif milicn d'Autriche est celle qui a été publiée 

aurait pris Fcz-le-Neuf. V. supra, p. i '|8. ci-dessus. Doc. XXXVL 



56 9 FÉVRIER 15^9 



XLII 

LETTRE DU COMTE DE TENDILLA A FRANCISCO 
DE LEDESMA 

Les Pnrtiir/ais doivent l'avoir avisé de la prise de Fez-le-Vieil par le Chcrif 
et de celle imminente de Fe:-le-Neiif. — // lui transmet la lettre de Fran- 
cisco Verdugo relative à ces événements. 

Alliam'jrn, c\ février lô^f). 

Sur la couverture, alla manu: De la Alambra. — Conclu de 
Tendilla, a ix de Hebrero. ano lÔ/ig. 

Adresse : Al muy magnifico senor, el scfior Francisco de Ledesma, 
secretario y del consejo de Su Mag'' etc. 

Muy magnifico Senor, 

Aunque creo que los Portuguesses no son tan descuydados que 
avran dexado de avissar de como el Xarife a tomado a Fez el ^iejo 
y estava en terminos de tomar a Fez el >iuevo, todavia me a pares- 
cido embiar la carta que Francisco ^ erdugo me escrive sobre ello*, 
para que, en casso que no lo ayan hecho saber los Portuguesses, 
Sus Altezas sean avissados de lo que passa. 

Y en esta no tengo mas que dezir, sino que Juan de Aguilar me 
escrive la merced que \ . nid. me haze en mis negocios, que no es 
cossa nueva para mi. Plega a Dios que se ofrezca en que pueda 
servilla. 

j Nuestro Senor la muy magnifica persona de \ . md. guarde ! 

Del Alhambra, a i.v de Hebrero de lô/jQ. 

A servicio de V. md. 
Signé : El conde de Tendilla. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Leyajo 'ù'^. — Original. 

I. Cetlu lettre de Francisco Verdugo n'a Maxiniilien et à Marie d'Autriche parles 
pas été retrouvée; elle devait cire de la provecdorcs de Malaga, le 8 février lô^g. 
même date que celle qui l'ut adre.sséc à V. supra. Doc. \LI. 



lettuh; de don beunaudino de mendoza i o' 



XLIII 

LETTRE DE DON BERN.\RDINO DE MENDOZA 
A FRANCISCO DE LEDESMA 

Ma/(/ré le pouvoir grandissant du Chérif, Don Bernardino ne croit pas 
qu'il y ait lieu de s'alarmer. 

Grenado, g f(''vrier i5(i9. 

Adresse : A mi sefior, el seilor Francisco de Ledesma, scciellario 
y del conscjo de Su Mag'\ etc. 

Senor, 

Por las cartas del senor condc de Tendilla vera V. md. las nuevas 
que ay del XarilTe. Y, aunque su poder sea tan grande como dizen, 
si no se descubre alguna puente en el Estrecho, pueden estar mas 
siguros en Valladolid' de lo que algunos dezian este veiano". Y 
porqueallaseentenderan mejor estas cosas de lo que yo sabre dezir, 
sperare lo que me mandaren liazer y no sera la mia la mejor parte. 
Al senor Juan Vazquez beso las manos y las de V. md., cuva muy 
magnifica persona Nuestro Seîïor guarde y prospère. 

De Granada, a 9 de Hebrero lb^^. 

A servicyo de V. md. 

Signé: Don Bernardino de Mendoça. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^û'4. — Original. 

I. La Cour se trouvait à Valladolid à dire l'été do i5'48. On prévoyait déjà à 
cette époque. cette époque la priso de Foz par le Clurif 

•2. Este oerano, l'été dernier, c'est-à- et on s'en alarmait. 



l58 lO FÉVRIER 10^9 



XLIV 

LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA* 
A FRANCISCO DE LEDESMA 

// importe peu qu'il règne en Afrique un Ahmed ou un Mansour. 

Grenade, lo février [i549]- 

Sur la couverture, alla manu: Don Bernardino de Mendoça. 
Adresse: A mi senor, el sefior Francisco de Ledesma, secretario 
de Su Mag^ etc. 

Senor, 

Esta mafiana, Uego un coreo de Don Juan' que truxo la nueva 
del Xaiyfe que alla avian dado los Portugueses. Vien creo que ellos 
y otros lo encareceran ; mas como ay tan buen foso entre ellos y 
nosotros, no tengo cuydado. Los que no lo tienen proveanse y 
fotiifiquense, que a nosotros no nos va mas en que en Afryca sea rey 
Hamete que Mançor ; y esta a sido y sera sienpre my opinyon. 

Nuestro Senor la muy magnyfica persona de V. md. guarde y 
prospère. 

En Granada, a lo de Hebrero. 

Al senor Juan Vazquez beso las manos y las de V. md. por lo 
que me escryve de Alemania y Flandes. 

I Dios guarde a Su Mag'" como todos emos menester ! 

A servicyo de V. md. 

Signé: Don Bernardino de Mendoça. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo U7U. — Original. 

I. Diin Bernardino de McMKJoza, fils du Nobiliario ijenealoyico, t. I, p. 869. 
I*'' marquis de Mondejar, Don Inigo Lôpez 2. Don Juan de Mcndoza, fils de Don 

de Mendoza et frère du 2* marquis, dont Bernardino. V. Hako, ibidem, p. B']lt. Il 

il a été question ci-dessus, p. 66, note i. Il commandait une escadre d'observation dans 

était capitaine général de la mer. Cf. Hako, le détroit de Gibraltar. 



LETTRE DU DUC DE MEDINA-SIDOMA lOC) 



XLV 

LETTRE DU DUC DE MEDINA-SIDOMA 
A MAXIMILIEN D'AUTRICHE 

Il signale la nécessité de fortifier Melilla et de pourvoir cette place de troupes, 
d'artillerie et de munitions, car il est à craindre que, si le ChériJ étend 
ses conquêtes, il devienne un danger pour l'Espagne. 



San-Lucar de Barrameda, i5 février iS^y. 

Adresse : Al serenissimo y muy poderoso seilor el principe Maxi- 
miliano, mi senor. 

Serenissimo y muy poderoso Senor, 

Francisco de Herrera, que réside en esa corte en mis négocies, 
hara relacion a V" Alteza, de mi parte, de la necesidad que ay de forti- 
ficar la cibdad de Melilla y proveerla de jente, artilleria y muni- 
ciones; que, por aver aora tomado el Xarife a Fez y estar tan pode- 
roso como dizen que esta, corre muy gran riesgo que este procura 
senorear toda aquella tierra y de alli hazer el daûo que pudiere en 
esta. A V'' Alteza suplico le mande oyr y dar entero credito, y proveer 
con la brevedad que se requière lo que para la defensa de aquella 
frontera conviene. 

i Nuestro Senor la muy real persona de V'^ Alteza guarde v pros- 
père con muchos reynos y senorios ! 

De San Lucar de Barrameda, xv de Hebrero lô/ig. 

De V" Alteza 
Servydor que sus muy reaies manos besa, 
Signé : VA Duque. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — l-egajo 79. — Original. 



l6o l8 FÉVRIER 15^9 



XLVI 

LETTRE DE GRISTOBAL DE ABREO AU DUC 
DE MEDINA-SIDO.MA 

On croit à Malaga qae le Chérif se prépare à attaquer les f routeras ; cette 
attaque n'aura pas lieu vraisemblablement avant l'été, mais il est bon 
(Vawjmenter les approvisionnements de ces places. — Abreo a adressé au 
duc de Medina-Sidonia de nombreuses lettres, lui donnant des nouvelles 
de Fez, mais n'a jamais reçu de réponse. — Puissance et richesse du 
Chérif, qui dispose de nombreuses troupes; il ne lui manque qu'une 
marine, que les Turcs lui donneront bientôt. 

Malaga, 18 février iS^g. 

Adresse : Al excelente seùor el duque de Médina Sydonia, mi 
senor. 

Muy excelente Senor, 

La car ta de V. S. de xvi del présente recebi oy, y, leyda, di al 
proveedor Francisco \erdugo la que para el veiiia. \, aviendo pla- 
licado sobre el negocio, quedo que por su parte hara lo que pudiere 
por servir V. S. Tanbien me dixo que oy escrivio ' a V. S., con 
uno que yba al Puerto^, lo que sabia y de Bêlez le avian escrilo. 
Gréa V. S. que lo que pudiere hazer en todo lo liara muy cum- 
plidamente, porque asy le he hallado siempre en lo que se ha ofre- 
cido, y es bien que el sepa que V. S. le tienepor servidor, pues loes. 

En lo que V. S. manda que yo haga. aviendo nueva de MellUa, 
en que pidan algund socorro, ofrescome a lo hazer con la diligencia 
y cuydado necesaria y con mi posyl)ilidad y la de mis amigos, y no 

I. \.infra, Doc.\LVII,p. i63,lalellre Sidonia. 
de Francisco Vordugo au duc de Mcdina- 2. Al Pucrlu. Puerto de Santa Maria 



LETTRE nE CRISTOBAL DE ARREO l6l 

se meneara cosa'de que en esta cibdad aya noticla de que no la de 
luego a V. S. 

Aqui sehadicho, ysecree, quel Xerife querraacometer las fi ente- 
ras. Hase de temer que acometara a las mas flacas. Y tanhien. en 
lo del tiempo en que lo hara, se deve consvderar quel exercito quel 
tiene esta muv cansado del largo cerco que lia tenido sobre Fez, asy 
que su benida no sera luego ; pero podria ser en este verano. Bien 
es tener proveydas las fuerças de Africa de algo mas de lo ordina- 
rio, para que a un rebato o acometimyento repentino se puedan 
tener basta ser socorridas mas gruesamente, aviendo dello necesy- 
dad. V. S. mande mirar sobre todo. 

Lo que V. S. manda que se escriva al principe Maximiliano y al 
Consejo, antes esta escripto por el proveedor y tanbien lo bara 
agora. Yo lo solicitare siempre, porque cada dia nos vemos y comu- 
nicamos y terne cuydado mas especial dello. 

De todo lo subcedido en Fez, tengo avisado a Y. S. por via del 
Puerto y del factor una Aez, y esto fue el mismo dia que llego aqui 
la nueva, que fue a seys de Hebrero ; otra vez, por via de Sevilla 
embiando mi carta con una del proveedor a Francisco de Lixalde, 
para que la embiase, y fue encargado por la carta del proveedor que 
lo liiziese asy, porque yo no le conocia ; otra vez, con el peon que 
fue a Melilla, que yo despacbe ; y otra vez, anteayer, con otro peon 
que vino a saber del otro : y tanbien a\da dado aviso a \ . S. de 
como el qae vino para pasar a Melilla liera ydo y a muy buen recabdo 
y en un buen navio y a poca costa. De ninguna carta que a \ . S. 
cscrivo, jamas me manda responder que la recibio. Creo que no 
deven llegar alla algunas. porque en viendo mi Ictra ay quien las 
toma, que ay oficiales desto que lia mucho tiempo que lo usan. 
Y . S. créa que vo no me descuydo y que en el servicio de \ . S. liago 
mas que en mi ha/ienda y que la dexo, quando es menester, por 
hazerlo. Tengo pena desto y por eso lo digo asy : pero de aqui ade- 
lanle en cosa que algo ynporte. aunque no sea mucho, bare mcn- 
sajero propio, que, por ducado y medio, no quiero tener dui)da de sy 
llego mi carta o fue salteada o se perdio. 

Lo que siento del Xerife es que es rey de Africa y no ay en clla 
quien le haga contradicion. Es polcntisymo de gente, y entienda 
Y. S. que de la mcjor de Africa. por que lo es la que el tiene agora 

De Castries. X. — ii 



,()2 l8 FÉVRIER l5^|9 

que del rio de Manolias y Dugudu* al Lebante no es tal como la 
de alli al Poniente. Tiene oro y mineros de cobre y fierro, mucha 
artilleria. Tiene rios muy buenos para tener y ynvernar navios^ 
montes de enzinas^ y alerzes^ parafazerlos muy buenos y en cantidad 
ynumerable. Sy no tiene copia de gente maiitima, luego la terna, y 
sera que los Turcos, que no osan llegarse a Argel y conocen bien la 
ganancia que hallan en la mar, luego se han de venir a el. Gana de 
hazer mal a Cristianos no le falta, ni diablos al oydo. Esto consy- 
deren los grandes y principes, que los soldados y pobres no tenemos 
que liazer mas que holgarnos dello. Este peon despaclie luego y 
Ueva carta del proveedor en respuesta. 

; Guarde Nuestro Senor la muy excelente persona de V. S. con 
acrecentamiento de mayor estado ! 

De Malaga, a xvin" de Hebrero lo/ig. 

DeV. S. 
Criado que sus yllustrissimas manos y pies besa, 

Signé: Cristobal de Abreo. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Ornjinal. 

I . Rio de Manolias y Dugudu, l'oued quelques galères seules pouvaient y trouver 
Moulouya et Debdou. Cf. infra, p. '|i3, un abri. 

note I . , . I . 

■-, . 1 '1 -t „„'„/ à. /?/!ciHas, chênes zéens u'3- 

3. Le renseignement était exagère: ^^ 

aucun fleuve du Maroc n'ofTre à son cmbou- . . | 

chure un bon mouillage pour des navires; ^- ^'*'''^"- cèdres jj^ . 



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LETTRE DE VERDUGO AL DUC DE MEDIN.VSIDONIA 1 G3 

XLVII 

LETTRE DE VERDUGO AU DUC DE MEDINA-SIDONIÂ 

Ahoii Hassoûn revenu à Vêlez écrit qu'il a reçu du Che'rif des propositions 
d'amitié, mais qu'il les a repoussées. — // réunit des approvisionnements au 
Penon. — Le Chéri/fait courir le bruit qu'il prépare une attaque contre 
Ël-Ksar es-Seghir, mais, en réalité, il songe à Melilla. 

Malaga, 18 février [i 5^9]. 

Sur la couverture, alia manu : Francisco Berdugo. 

Adresse : AU illustrissimo sefior, el sefior duque de Médina. 

lUiistrissimo Sefior, 

Luego que el rey de Vêlez de la Gomera se vino a su ticrra, despa- 
cho un verganlin y me escrivio lo sucedido en la perdida de Fez. Yo 
torne a despacliar liuna varca, la quai bolvio aqui antenoche. 
Escriveme el Rey que el Xarife le ofrece mucha amistad y que le 
dcxara sus tierras v aun le dara mas en el revno de Fez, v (luc le 
ruega mucho que le vaya a ver ; pero que el no piensa liazerlo ny 
se quyere confiar dol, antes mete bastimentos en su Penon, donde 
se piensa recoger. 

Avisame por su caria que. como quiera que el Xarife y los suyos 
publican que quieren hir sobre las fronteras del senor rey de Portugal , 
especialmente sobre Alcaçar, pero que la verdad es que su desino es 
liir sobre Mellila y que el sabe eslo de buena parle, y por eso me 
avisa dello. Pareciome que, sicndo cosa verisimile y cl autor de 
autorydad, que dévia dar aviso dello a V. S., cuva illuslrisima 
persona y estado Nueslro Senor prospère. 

De Malaga y de Hebrero a xvui". 

Besa las manos de V. S. illustrissima su servidor. 
Signé: Francisco Verdugo. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 



iG'l 18 FÉVRIER l549 



XLYIII 

MESURES PRESCRITES PAR LA COUR D'ESPAGNE 
APRÈS LA PRISE DE FEZ 

Graves conséquences que peut avoir pour l'Espagne l'occupation de Fez par 
le Chérif. — Instructions données pour l'achèvement des fortifications de 
Melilla. — Mesures de sécurité prescrites pour Gibraltar et Cadix. — 
Le comte de Tendilla devra approvisionner les villes de la côte d'Anda- 
lousie. — Ordres donnés à Don Juan de Mendoza de visiter les fronteras 
portugaises du Détroit. 

fi8 février i5/i9*-] 

Sur la couverture : Relacion de lo que Sus Allezas Lan proveydo, 
sabida la toma de Fez. 

Relacion de lo que Sus Altezas, con parescer del Consejo de 
Estado, acoidaron que se proveyesse, sabido quel Xarife havia 
tomado a Fez. 

Paresce quel poder del dicho Xarife y el haver lomado a Fez, ques 
tan cerca dcstos reynos, es negocio de importancia y qualidad, y 
que se deve tener en mucbo y no descuidarse del, porque, aunque 
de présente paresce a algunos que no puede Iiazer dano a estos 
reynos ni a lo de las Indias, pues no tiene navios, adelante podria 
ser causa de muclio inconveniente y desasosiego. 

Y acordose que luego de présente, con toda diligencia, se acabe de 
forlificar Melila, por estar tan vecina a los enemigos, y que vaya a 
liazerlopersona quelo entienda bien, laquai sepa como estaproveyda 
aquella plaza de gente, bastimentos, arlilleria y municiones, para 
quesy algofaltare, seprovca. Yya se lia despacbado la dicliapersona" 
y proveydo de cinco inill ducados, que dizen son menester para 

I. La date est rostiluéc d'après la lettre a<lrcsséos par la Cour on suite du présent 

du comte de Tendilla du 26 février i5^9 mémoire. 

(V. infrn. p. ifig), dans laquelle il accuse 2. La dicha pcrsona. le capitaine Miguel 

réception des instructions rpii lui ont été de Peroa. V. iiifra, Doc. LWV, p. 2.''(i, 



MESURES PRESCRITES PAU LA COUR D KSPAGNE 



i65 



acabar de fortificarla ; y se ha scripto al duque de Médina 
Sydonia, a cuyo cargo esta, que tenga muy especlal ciiydado de la 
buena guarda y recaudo délia y de proveer lo que pudiere y fuere 
menester para su seguiidad. 

Assy mesmo se acordo que se fortifique Gibraltar, haziendo cierto 
atajo que al marques de Mondejar, quando visito a aquella ciudad 
por mando de Su Mag', y a otras personas, antes de agora, parescio 
se dévia hazer ; y que se repare la fortaleza y murallas y otras cosas 
que para su dcfensa seran menester; y que se aderesce y ponga en 
horden la artilleria que ay en la dicha ciudad y su fortaleza, y se 
provea de la polvora y municiones y artillerosquefueren menester; 
y se entiende en buscar el dinero que para ello es menester. Y, 
entre tanto, se ha scripto al corrcgidor', que es hombre de guerra, 
este muy sobre aviso y con cuydado de la buena guarda y recaudo 
della; y lo mismo se ha hordenado al alcaide. 

Tambien se ha scripto al corregidor de Caliz y al alcaide de la 
fortaleza della questen con mucho cuydado de la buena guarda y 
recaudo délias. 

lien, se ha scripto a algunos grandes del Andaluzia, que tienen 
lugares a la marina, que esten sobre aviso y con cuydado para lo 
que se podria offrescer, y provean lo que fuere menester para que 
aquellos no resciban dano. 

Al conde de Tendilla, capitan gênerai del reyno de Granada, se ha 
hordenado que aperciba los lugares de la costa de aquel reyno y 
provea que ellos. y las fortalezas del, esten con el mejor recaudo que 
ser pueda, para que no resciban dano. 

Assy mesmo, se ha hordenado, antes de ver lo que el rey de Por- 
tugal scrive y pide cerca desto, de que se embia copia: a Don Juan 
de Mendoça, que anda con las galeras de Espana, que, con la parte 
délias que le paresciere, visite las fronteras de Portugal que estan 
en el Estrecho, y, sy tovieren necesidad de alguna cosa, les provea 
dello ; y que se informe particularmente de como ha pasado lo de 
Fez, y de lo que despues ha subcedido y el Xarife ha hecho y 
entiende hazer, y del estado en questan las dichas fronteras. 

Archiva General de Siniancas. — Eslado. — t-<^'J<^jo //• — Copie. 
I . Luis de Rueda. 



6G 2 2 FÉVRIER lÔliQ 



\L1\ 

LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

// a envoyé de Ceuta une relation de la prise de Fez à Don Bernardino de 
Mendoza. — L'opinion générale est que le Chérif mettra le siège devant 
El-Ksar es-Seghir, qui est une place moins facile â, défendre que Ceuta 
et Tanger. — Si le Chérif s'empare d'El-Ksar es-Seghir, il y disposera 
d'une rivière capable de servir d'abri à quelques navires à rames. — // 
n'est pas probable que le Chérif arme des vaisseaux, à moins qu'il ne 
s'empare de Vêlez; il ne possède actuellement qu'une faste et deux brigan- 
tins mouillés à Larache. — // recrutera des équipages parmi ses merce- 
naires turcs. — Don Juan de Mendoza enverra à Leurs Altesses un rap- 
port détaillé sur les défenses de Ceuta, d'El-Ksar es-Seghir et de Tanger. 
— Domingo de Arriola conduira à Puerto de Santa-Maria les galères 
qui ont besoin d'être réparées. 

Gibraltar, 33 février ibliCj. 

Sur la couverture, alia manu : Gibraltar. — A Sus Altezas. 
— loA'j- — De Don Juan de Mendoça, xxii de Hebrero i549- 

Adresse: A los muy altos y muy poderosos senores los principes 
de Bohemia. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

Recebi la carta de V'" Altezas, y, luego como screvi al marques 
de Mondejar lo que V"^ Altezas an visto, fui a Ceuta con clnco 
galeras y me informe de la toma de Fez y de lo que del Xarife se 
sabia, y enbie relacion de todo a Don Bernardino, para que la enbiase 
a V"' Altezas. A me escrito que la a enbiado. Despues no se a sabido 
mas de que el Xarife esta en Fez y a metido dentro de la ciudad 
toda su gente y cchado fuera la que hallo dentro el dia que la lomo. 



LETTRE DE DON JLAN DE ME.NDOZA 167 

Tienese por cierto que, como tenga sosegado lo de aquel reino, 
verna sobre Alcaçar, por que es la mas flaca frontera de las del 
Estrecho, y, si trae artilleria, tiene peligro, por que las murallas 
son flacas y tiene muchos padrastos, donde se puede bâtir. Tiene 
un cerro grande encima del lugar, y, de la mar, subiendo alli artilleria, 
no podria ser socorrida sin gran rriesgo de los navios que fuessen ; 
y tanbien, si el tienpo no es muy bueno, no se podria yr alla por no 
tener abrigo de Poniente y el que tiene de Levante esta una légua de 
tierra, por manera que la plaça es flaca y esta en condicion si se 
podra socorrer. 

Cepta esta muy fuerte por la vanda de la tierra, y por la de el 
Almina, que es lo mas flaco, no podria entrar gente sino fuesse por 
mar, y no tiniendo muchos navios, no puede hazelle dafio y puede 
ser socorrida con qualquier tiempo. 

Tanjar es lugar de gran sitio y, aunque es flaco, tiene rrazonables 
murallas y buen abrigo de Lebante y no tal de Poniente, y puedesele 
dar socorro sin que los enemigos lo puedan estorvar. De Caliz se 
puede ir con Levante y con Poniente y, si tuviese la gente que ha 
menester, podriase defender, y aunque el Xarife tiene artilleria v 
mil Turcos con otra mucha gente platica en la guerra, porque ha 
dias que lo usan. Si toma alguno destos dos lugares, terna muy 
buen aparejo para armar navios, porque en Alcaçar ay un rrio 
grande y, aunque agora tiene cerrada la boca, podria se hazer a poca 
Costa y en poco tiempo que entren qualesquier navios de rremos. 
Tienen mucha madera para fabricallos. Ay un arracifle donde 
podrian estar diez o doze navios de rremos pequeiios con qualquier 
tienpo y podriase hazer facilmente para que cupiesen mas. 

De cabo de Espartel a poniente, no lie eslado ; tengo relacion 
que tiene el Xarife dos o très rrios donde pueden estar navios '; mas 
por ser lexos desta costa y la mar braba y aber de nabegar con las 
mareas, no les biene tan bien que se oscn abenturar hasta tencr 
algun lugar destos del Estrecho. 

No creo que armara navios, porque no ai donde los pueda tener, 
si no tomasse a Vêlez para hazellos y algun lugar para lenellos 
seguros. Agora no tiene mas de una fusta y dos vergantines, que 

I. V. supra, p. i6a et note 2. 



l58 2 2 FÉVRIER IÔAq 

estan en Alarache, que es de cabo de Espartel a poniente de veinte 
llec'uas, V estos eslan alli dias ha. Entre los mill Turcos que tiene, 
sera la mavor parte gente de mar y en Tituan havra hasta oient 
marineros, poco mas o menos. 

De aqui partire en tiniendo tienpo y, si a salvamento de las 
galeras se pudiere hazer, visitare a Gepta y Alcaçar y a Tanjar y 
enbiare a Y"' Altezas relacion de la gente de artilleria y municiones 
que tienen y de la que an menester y de la fortificacion y de lo que 
me paresciere que sera necesario para poderse defender'. No pienso 
Uevar mas de seis galeras y las demas enbiare al Puerto de Santa 
Maria con el capitan Domingo de Arriola, para que las enpiece a 
adobar con diligencia ; y yo hare lo mismo en Uegando, para questen 
présentes y en orden, para quando V"' Altezas fueren servidos de 
mandar que salgan. Teniendo consideracion a estas cosas y la nece- 
sidad que se podria ofrecer, hare pagar y despedir la gente que me 
paresciere que conviene. 

j Nuestro Senor las muy allas y muy poderosas personas de V"' 
Altezas guarde y en mayor acrecentamiento de estados y seùorios ! 

De galera y de Gibraltar, a 22 de Hebrero de i549 anos. 

Criado de V"' Altezas, 

Signé : Don Juan de Mendoça. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 

I. Les places portugaises de Ceuta, d"El- veillât pas à leur mise en état de défense. 

Ksar es-Seghir et de Tanger, par leur posi- Cette question ne fut pas sans créer des 

tlon sur le Détroit, intéressaient trop la diCGcidtés entre les souverains des deux pays, 

sécurité de l'Espagne, pour que celle-ci ne ^ . infra. Doc. LI\ , p. 179. 



LETTHE DU COMTE DE TENDILLA 1 69 



LETTRE DU COMTE DE TENDILLA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

La mesure prescrite de fortifier Melilla est très opportune, car l'intention 
du Chérif est d'attaquer cette fronlera. — // set^i bon d'en faire autant 
à Gibraltar. — Le comte de Tendilla joint copie des ordres qu'il a envoyés 
dans les ports du royaume de Grenade ; il sera utile d'en donner de sem- 
blables à Gibraltar et à Cadix. — Mesures prises pour tenir les troupes 
de la côte prêtes et équipées. — Le Chérif n'a pas encore bougé de Fez. 

— Abou Hassoûn écrit que ce dernier lui a offert son amitié; mais il 
paraîtrait que c'est le contraire: le Chérif aurait refusé de le reconnaître 
pour vassal, ayant promis ses États à un Turc. — C'est pourquoi Abou 
Hassoûn a envoyé demander un sauf-conduit pour passer en Espagne. 

— Le comte de TendUla conseille de ne lui accorder de secours que moyen- 
nant la cession du Penon. — Publication de la trêve avec les Turcs. 



Grenade, 30 février lôjg- 

Sur la couverture, alla manu: Granada. — A Sus Altezas. — 
Del conde de Tendilla, xxv de Hebrero lO^Q- 

Adresse : A los muy poderosos seùores, el principe y princessa 
de Ungria, governadores destos reynos. 

Muy poderosos Senores, 

Recebi la carta de V"' Altezas de xviii" del présente y la copia 
de la carta que elcapitan de Cepta' escrivio al corregidor de Gibral- 
tar; y el aver mandado tbrtificar a Melilla y proveella do artilleria 
y municiones a sido cossa muy nescessaria, por ser la frontera mas 
cercana a aquella tierra y por qae, segun se a diclio por via de mer- 

I. Affonso de Xoronha, gouverneur de Ceula. 



l^O 20 FEVRIER lO^C) 

caderes. el Xarife ténia fin de yr sobre ella, acabada la jornada de 
Fez. 

Assi mismo a sydo cossa muy acertada mandar que se haga en 
Gibraltar el atajo que V"' Altezas dizen y el reparar las murallas y 
fortaleza y poner en orden el artilleria y proveella de polvora y muni- 
ciones y artilleros, de que creo que ay alguna nescessidad ; y el aver 
escrito al corregidor y alcayde de la ciudad de Caliz y a algunos 
grandes del Andaluzia lo que \"' Altezas dizen. 

Lo que yo e proveido en lo que toca a este reyno entenderan 
V"' Altezas por la copia que con esta va de la orden que embie a los 
lugares de la costa, porque, aunque la nescessidad que al pressente 
ay no sea muy urgente, el poder del Xarife es grande y a se de temer 
lo que podria suceder ; y el prévenir las cossas desta calidad con 
tiempo es cossa que no puede danar. No me paresce que séria 
malo que se guardasse en las ciudades de Gibraltar y Caliz la orden 
que e dado en las de la costa deste reino, en lo quai no me e querido 
entremeter porno embiarmelo V"' Altezas a mandar, aunque, las vezes 
que se a ofrescido nescessidad, Su Mag** nos a cometido y mandado, 
a mi padre y a mi, que proveamos lo que conviene a la guarda y 
seguridad de aquellas plaças, y assi lo avemos hecho. 

A los alcaides de las fortalezas de la costa deste reino e ordenado 
que tengan en ellas el recaudo que conviene, assi de la gente que 
son obligados a tener, como de bastimentos, polvora, artilleria y 
municiones y otros pertrechos, y que las hagan guardar y velar 
como son obligados*. Assi mismo e escrito a los capitanes de la 
Costa que por aora no consientan que ningun ombre de guerra haga 
ausencia y que tengan la gente que esta a su cargo bien armada y 
encavalgada y apercebida para lo que podria suceder. Las capitanias 
de guardas, que estan alojadas fuera de la costa, no me a parescido 
embiar a ella hasta la primavera, por la molestia que hazen en los 
lugares donde an de yr a ressidir, la quai trabajo de escussar lo que 
puedo, alojandolos de manera que el trabajo se reparla por todos 
los lugares deste reino, mientras no ay nescessidad que ressidan en 
la costa, y la que aora se podria ofrescer no sera de manera que no 
aya lugar de embiallos a tiempo. 

I. On lit cil marge : « Bien; para lo de Gibraltar y Galiz, que provea lo mismo >i. 



LETTRE DU COMTE DE TE>DILLA 



El Xarife esta pacificamente en Fez y el rey de Vêlez se recogio 
a Vêlez de la Gomera, como V"' Altezas avran entendido. Y, aunque 
el escrive que el Xarife le a escrito alabandole lo que hizo en favor 
del rey de Fez, por ser su pariente y amigo, y que le a embiado a 
ofrescer su amistad y que el no la a querido aceptar por no fiarse 
dcl, por via de mercaderes se a escrito muy al contrario desto, por- 
que dizen que el rey de Vêlez se a embiado a ofrescer por vasallo del 
Xarife, y que le respondio que no queria admitille por lai y que ténia 
prometido su estado a un Turco ; y que, visto esto, procura de ser 
socorrido de Su Mag'' y que estan muy mal en ello sus vasallos. 
Y esto tengo por lo mas cierto. 

El, segun a escrito, querria passar a estas partes a tratallo y para 
cUo embia a pedir seguro ; y, aunque Francisco Verdugo me a escrito 
que le parescia que dévia yo darselo', no me paresce que es cossa 
que conviene, porque, teniendo asegurada su persona y la de sus 
hijos y parte de su hazienda, es de créer que no vendra en hazer 
tan buen partido como estando en el aventura y peligro que agora 
lo tiene ; y a mi juizio, si el, a trueque del socorro que pide, no da 
el Pefion, todo lo demas que puede ofrescer es de poca sustancia. 
V"' Altezas veran en todo lo que mas convenga al servicio de Su Mag**'. 

La carta que V"' Altezas me escrivieron acerca de lo de las tre- 
guas con el Turco y el sumario délias hize pregonar en esta ciudad 
y en todos los olros lugares de la costa deste reino, para que se 
observen y guarden de la manera que V"' Altezas mandan. 

j Nuestro Senor ensalce y prospère las muy poderosas personas 
y estado de V"' Altezas ! 

Del Alhambra, a xxv de Hebrero de lô/jg. 

De V"' Altezas 

Servidor que sus manos besa, 

Signé : El conde de Tendilla. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Lerjajo 79. — Orifjmal. 

I. Cf. infra. Doc. LU, p, 176. milieu : « Para lo dcl seguro, se espère la 

3. On lit en marge, delà main lie Maxi- respuosta ». 



2 MARS l5/|i9 



LI 



LETTRE DU CONSEIL DE VILLE DE GIBRALTAR 
A MAXIMILIEN ET A MARIE D'AUTRICHE 

Le Conseil de ville remercie Leurs Altesses des ordres qu'elles ont donnés 
pour renforcer les déjenses de la ville et de la citadelle. — Ces travaux 
s'imposent, car le Chéri/, maître de Fez et de tout le Maroc, a fait appel 
aux corsaires et convoqué les cheikhs du pays pour attaquer les fron- 
teras du Portugal. 

Gibraltar, a mars lo^g- 

Sur la couverture, alla manu : Gibraltar. — A Sus Altezas. — 
15/19. — ^^ ^^ ciudad de Gibraltar, dos de Marco lo/ig. 

Adresse : A los mui altos y mui poderosos senores el principe 
Maximiliano y la princesa Doîïa Maria, governadores de los reynos 
de Castilla. 

Mui altos y mui poderosos Senores, 

Primero deste mes, rescibimos la de V"' Altezas de xvni" del 
pasado, respuesta de una nuestra de aviso, como el Xerife avia 
ganado a Fez el Viejo. Besamos los reaies pies y manos de V"' 
Altezas por tan gran merced como se nos haze en mandar proveer 
y forlilicar esta cibdad y su fortaleza ; y ansi suplicamos se mande 
hazer con toda presteza, porque tiene mas nescesidad dello que 
ninguna otra de estos reynos, porque, dcmas de tener el Xerife a 
Fez cl Xuevo y lodo el reyno sujeto y pacificô, como V"' Atezas 
ternan sabido, se tiene por muy cierto que, con gran dilijencia, 
a enbiado a llamar cosarios y convoca todos los principales del 
reyno de Fez y liaze hazer grandes pertrechos y ystrumentos de 
guerra para venir sobre los lugares que el serenisimo senor rey de 
Portugal tiene en Africa. 



LETTRE DU CONSEIL DE VILLE DE CIRHALTAH 1 "O 






Ansi mismo resôebimos muy seîîalaJa merced que la fortificacion 
y obras desta cibdad se cometan al capitan Luis de Rueda, corregidor 
délia, porque, por el ser de su persona y larga ispiriencia que tiene 
de taies négocies de guerra, lo liara mui bien y cou mas brevedad 
y a menos cosla que olro alguno, por([ue lo que aqui se a de bazer 
lo tiene muy bien entendido y comunicado con esla cibdad, la quai 
estara con la vijilancia y cuidado que enbian a mandar Y'^' Allezas, 
cuyas mui allas y mui poderosas personas Nue>tro Sonor conserve 
y en mas y mayores reines anplle, como sus subdilos descamos. 

De Gibraltar y de Maiço dos lo'io- 

Signé: Francisco de Madrid, escrivano del Concejo. 

Mui altos y mui poderosos Seûorcs, 
Besan los reaies pies y manos de V"* Altezas, 

Signé : Luis de Rueda. — Andres de Çuaço. — Pedro de Mcsa. 
— Francisco de Mendoça. 

Archiva General de Simancas. — Estaclo. — Legajo 7i>. — Original. 



r[i 2 MARS l549 



17a 



LU 



LETTRE DE VERDUGO ET DE CAÇALLA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Aboa Hassoûn prétend avoir reçu des avances du Chérif, qui approuverait 
son attitude à F égard d'Ahmed el-Ouattassi ; le Chérif lui aurait demandé 
de venir le trouver, l'assurant que non seulement il lui conserverait ses 
États, mais encore quil lui en offrirait d'autres. Ahou Hassoûn se serait 
excusé, sous prétexte de maladie. — Les commerçants de Vêlez écrivent au 
contraire qu'Ahou Hassoûn se préparait à envoyer au Chérif son fis aîné 
avec un présent. — Sur la nouvelle que le Chérif avait l'intention d'opérer 
contre Melilla, Verdugo et Caçalla en ont donné avis au duc de Medina- 
Sidonia. — Mesures que fait prendre celui-ci pour la défense de la place. 
— Le marchand Francisco de Molina a été envoyé à Vêle: pour pressentir 
Abou Hassoûn sur la cession du Pehon. — Ce dernier demande un 
sauf-conduit ; il serait convenable de le lui accorder. 



Malaga, 2 mars i5/^9. 

Sur la couverture, alla manu : Malaga. — A Sus Altezas. — 
1049. — ^^ ^^^ proveedores de Malaga, 11 de Marco 15/19. 

Adresse: A los muy altos e muy poderosos sefiores, el principe 
Maximiliano y princesa Doua Maria, governadores destos reynos. 

Muy altos e muy poderosos Sefiores. 

ilescebimos la caria de \ " Alteza de seys de Hebrero, y por la 
nueslra de ocho del dimos quenta a V" Alteza como el Xarife avia 
tomado a Fez ; y, como quiera que hemos procurado por todas vias 
de savcr lo que en aquel rrcyno se haze, no hemos tenido nueva dello. 



LETTRE DE VERDIGO ET DE OAÇAI.LA J jb 

Cada dia esperamos un navio que esta en Vêlez de la Gomera. El 
rrey délia escrivio que elXarife le aviaescripto graciosamente, apro- 
vando y alabando lo que avia hecho en ayudar al rrey de Fez, pues 
hera su pariente y amigo, y que le rrogava que le fuese a ver, y 
que, no solamente le dexaria libre sus tierras, pero que le daria otras 
en aquel rreyno. El rrey se escuso, deziendo que estava mal dispuesto, 
e proveyo el Penon de jente e bastimentos. Los mercaderes que alli 
estan escriven lo mismo ; pero dizen que el Rey aparejava de enbiar 
un présente al Xarife con su bijo mayor ' . 

No escrivieron entonces otra cosa nueva, sino que se ablava en que 
el Xarife enbiaria jente st)bre Melilla. Desto dimos aviso al duque de 
Médina, el quai enbio aqui dos criados suyos, para que biziesen 
trezientos soldados y llevasen algunos bastimentos; y a nosotros 
nos escrivio que le diesemos oclio pieças de artilleria, las mas délias 
gruesas y cien quin taies de polvora. Respondimosle que no avia 
en esta casa las pieças que pedia, ni podiamos disponer délias ni 
de la polvora y municiones sin esprcso mandatto de V" Alleza. 
Creemos que abra escrito sobre ello ; y para este efeto enbiamos, con 
esta, unarelacion de las pieças de artilleria que ay en esta casa y los 
lugares donde estan puestas ; pero parescenos que lo de Melilla se 
podria prover de la artilleria que se saco de la nao que dio al traves 
en San Lucar, y se vende por mandado de V'' Alteza. En hazer los 
trezientos soldados se dan mucha priesa, y los ciento que se hazen 
aqui yran luego en una caravela, y los dozientos se hazen en los 
lugares desta comarca y tanbien se enbarcaran brevemente : y con 
ellos va el capitan Francisco de Médina'. 

Como quiera que, con la entrada del Xarife en Fez, ceso la oppor- 
lunidad de enbiar la persona que V" Alteza mandava para que supicse 
las parlicularidades contenidas en su carta, pero porquc lo del 
Penon podria ser que huviese efeto, si el Xarife quisiese apretar al 
rrey de Vêlez, hemos tratado con Francisco de Molina^ mercader 
vezino desta ciudad, que cargue alguna ropa y vaya a Vêlez, por 

I. D'après la lettre du 2 1 mars suivant, 2. Il était gouverneur de Melilla. \. 

ce serait, non l'aîné, mais le cadet des fils infra. p. 199 et note i. 

d'Abou Hassoûn qui aurait été envoyé au 3. Sur la mission do ce personnage, \ . 

Clu'rif. V. infra. Doc. LXI, p. aoo. infra. Doc. I.XVl, p. 2 i8..t I.XVIII-L\\. 



1-6 3 MAHS l5^9 

que es la persona de quien el Rey mas se confia e a quien descubrira 
su intencion. Y, porque el negocio lleve mas autoridad, le enbiamos 
a Gibraltar a Don Joan de Mendoça. el quai le dio instrucion de lo 
que ha de hazer e dezir. Escrivenos Don Joan que esta muy con- 
tento de su avilidad. El navio en que ha de yr esta presto e partira 
con el primer tiempo, y del ternemos aviso cierto de lo que halla 
pasa e de lo que se podra hazer. 

El rrey de ^ elez pide que ^ "^^ Alteza le enbie un seguro para que 
pueda venir en estos reynos. Paresce que convernia que V" Alteza 
se le enbiase, o lo cometiese al conde de Tendilla que hiziese en 
ello segund la subcesion de los negocios'. 

Malaga, a ii de Marco 10/19. 

Signé: Francisco Yerdugo. — Diego de Caçalla. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 



i. D'après Mar.mol, Lib. II, ca[i. 4o, f. 
260, après la prise de Fez, Abou Hassoùn, dès 
qu'il fut arrivé à ^ clez, écrivit à Don Alvaro 
de Bazan pour se mettre sous la protection 
de lEmpereur et lui offrir le Peùon, pourvu 
qu'il le secourût contre le Cbérif. Il deman- 
dait aussi à Don Alvaro de lui envoyer des 
galères pour passer en Espagne. Cependant, 
le Chérif envoya prier Abou Hassoûn de 
venir à Fez afin de conférer avec lui, mais 
le roi de Vêlez se contenta d'envoyer son 
fils En-Nasser. Le Chérif traita alors avec 
les habitants de Vêlez pour se saisir d'Abou 
Hassoûn, qui, en ayant eu avis, pensa à se 
réfugier dans le Peùon. Le gouverneur, 
Ez-Zerhouni, ne voulut pas le recevoir, tout 
en se refusant, d'un autre côté, à remettre 



la forteresse au Chérif. Abou Hassoûn se 
rendit alors à cheval sur la place de Vêlez 
et commanda à ses troupes de se tenir prêtes 
pour l'accompagner à Fez. Le lendemain, 
il alla coucher à quatre lieues de là, puis, 
au milieu de la nuit, il partit secrètement 
avec vingt-cinq captifs chrétiens, s'em- 
barqua dans une barque de pêcheurs et se 
rendit à Mclilla, laissant son cheval sellé et 
bridé sur le rivage. — On ^e^ra plus loin, 
j). 2 33, quAbou Hassoûn arriva à Melilla 
le 17 avril ï^[\Q. Il n'a pas été retrouvé de 
trace des relations qui auraient eu lieu entre 
lui et Don Alvaro de Bazan ; c'est avec 
Don Bernardino de Mendoza qu'on voit le 
roi de Velcz entrer en rapports. V. infra, 
pp. 178, 180, 3o3 et note i, 35i et note 2. 



LETTRE DE DON BEKNARDINO DE MENDOZA 



Ï77 



LUI 



LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D AUTRICHE 

En prcvision des secours à envoyer aux fronteras, il a retenu les galères à 
Gibraltar et différé le licenciement des troupes. — Le roi Jean III fait 
concentrer des vivres à Puerto de Santa-Maria et a demandé avec instance 
que les galères soient dirigées sur ce port. — Don Bernardino de Mendoza 
y a envoyé son fils D. Juan. — Le Cher if attend que son fils soit arrivé 
de Merrakech pour se porter contre quelque frontera. — Les rensei- 
gnements sur les forces du Chérlf sont contradictoires . — Ha paru 
bon à Don Bernardino de Mendoza et au comte de Tendilla d'envoyer 
un agent auprès d'Abou Hassoân pour négocier le recouvrement du Pehon. 
— Existence près de Melilla d'une vaste lagune où pourraient s'abriter 
plusieurs flottes. — Il serait bonde la faire reconnaître, car il pourrait 
être utile de transférer sur cette lagune la forteresse de Melilla, dont le 
mouillage ne vaut rien: il est à craindre que le Chérif vienne l'occuper. 



Grenade, i4 mars lo'ig. 

Sur la couverture, alla manu : Granada. — A Sus Altezas. — 
1549. — ^^ Don Bernardino de Mendoça, xiiii" de Marco lô/ig. 

Adresse : A los muy altos y muy poderosos senores el principe 
y princesa de Ungria, governadores destos reynos. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

Teniendo entendido lo que conviene al bien destos reynos que se 
conserven las fronteras que en AfTrica tiene el serenisimo rey de Por- 
tugal y que V'^' Altezas eran servidos que fuessen socorridas, teniendo 
necessidad, lie hecho detener las galeras en Gibraltar y dexar de 
despedir la gente de guerra, porque, si alguna necessidad buvicra, 
no avia otra inanera para ser socorridas aquellas plaças mas breve- 
mente*. Y, visto que el Serenisimo Rey a proveydo y que las 

I. On lit en marge : « Bien ». 

De Gastries. X- — lï 



lyS lA MARS iS/lg 

provisiones que haze an de ser en el Puerto de Santa Maria, y con gran 
ynstancia, como V"' Altezas veran por sus cartas, pide que las galeras 
vavan al dicho lugar, lie scripto a Don Juan que assi lo haga, aunque, 
para el socorro de las plazas que tienen necessidad, estavan mas 
a proposito en Gibraltar. Tendrase muclio cuydado de fa vo rescelles 
y ayudalles en todo, como V'* Alteza lo manda. 

Don Juan me a scripto que el Xarife esta esperando su liijo. que 
a de venir de Marruecos, para ponerse sobre alguna destas fron- 
teras ; y que defieren tanto los que ha esaminado cerca del poder 
del Xarife, que, hasta que aya entendido lo cicrto, no lo a querido 
scrivir a V"' Altezas ; que aviendo visitado aquellas fronteras, 
embiara relacion cierla y particular de todo. ■ 

Visto que el rey de Vêlez no se podia sostener sin el favor de 
Su Mag'', parecio al conde de ïendilla y a mi que era bien embiar 
alguna persona a tractar con el, porque en esta coyuntura podria 
aver aparejo para recobrar el Penon, que es una cosa de gran impor- 
tancia para eslos reynos. Gometiose a Don Juan que la embiase y 
ynstruyese de lo que avia de hazer. Y, por no aver hasta aora cosa 
sustancial de que dar quenta a V"* Altezas, no se a hecho. 

Gerça de Melilla esta una laguna^ que tiene très léguas y pueden 
entrar y estar en ella grandes armadas. Séria bien que Y"" Altezas 
mandasen vello ^ , porque podria ser que conviniesse mas al servicio de 
Su Mag'' tener alli la fortaleza de Melilla que adonde aora esta, que 
a mi juyzio es de ninguna importancia, porque en ella no pueden 
estar navios, ni tiene las otras qualidades que son necessarias para 
que importe sostenella ; y, estando el Xarife pacifïico y no teniendo 
puertos para tener navios, es de créer que no dexara de ocupar 
este, siendo tan grande y tan bueno. 

j Nuestro Seùor las muy altas y muy poiero.^as persona s de Y'^ 
Altezas guarde con mayor acrecentamiento de reynos y senorios! 

De Granada, a xini" de Marco i5A9. 

Las manos de Y"' Altezas besa su servidor, 
Signé: Don Rernardino de Mendoça. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — J-'Cgaj'^ ^'^- — Original. 

1. Sur cr-tlo lagune, V. infra. p. fi']b, 3. On lit en marge : « Que las galeras 

noie a. la vean ». 



LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA I TQ 



LIV 

LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA 
A FRANCISCO DE LEDESMA 

(Extrait) 

Le roi de Portugal ne cesse d'indiquer dans ses lettres que la défense de 
ses fronleras incombe en partie au roi d'Espagne. — /). Bernardino de 
Mendoza ne juge celte prétention admissible que si les Portugais sup- 
portent les frais de cette défens'. — On exagère la puissance du Chéri f. 
— D. Bernardino adressera sous peu une relation exacte à ce sujet, 
que son fils D. Juan n'a pas été à même d'envoyer. — // est regrettable 
que ce dernier n'ait pas été mis au courant de la mission confiée au 
corrégidor de Gibraltar. — Agent envoyé auprès d'Abou Hassoûn. — 
Il est préférable de r^e fuser à ce dernier le sauf-conduit qu'il demande. 



Grenade, i/j mars iS^g. 

Adresse: A mi senor, el sefior Francisco de Ledesma, secret- 
tario y del consejo de Su Mag'', etc. 

Senor, 

Resebi las cartas de V.md. juntamente con la que Sus Altesas me 
scriven ; y, por las quel serenisimo rey de Portugal scrive a mi y a 
Don Juan', vcra V.md. que no les' faltamiedo y no dexande apunlar 
que esta enpresa toca a Su Mag'; y de mi parescer nunca esto se 

I. En dehors de ces lettres, le roi Jean III grande importance pour la sécurité de l'Es- 

écrivil à Maximilien d'Autriche et fit agir pagne. L'Empr^reur, outre la pénurie de 

Lourenço Pires, son ambassadeur auprès de ses finances, objecta qu'il était trop occupe 

l'Empereur. 11 attirait l'attention de Charles- des affaires de ses autres Etats pour s'en- 

Quint sur le danger qui menaçait les fron- gager à fond dans une campagne d'Afrique, 

tcras et l'invitait à participer à la défense Cf. .\ndr\d\, Part. IN, cap. Ao. 
de places dont la conservation avait une si a. Les. les Portugais. 



i8o i4 MARS i549 

les admitiria ', sino que Su Mag'' les favorezca y ayude para que sos- 
tengan sus fronteras. poniendo ellos el dinero. 

Estas cosas siempre liazen mas ruydo en los que estan mas lexos ; 
ya V.md. havra visto que no soy amigo de encarescerlo, que no 
ay razon para hazello, aunque a los capitanes générales no les esta 
mal que su senor tenga necessidad dellos y que aya en que servirle, 
porque no ay tan triste habe " en el mundo, en tiempo de paz, como 
un capitan gênerai. 

El poder del Xarife no creo que es tan grande como alla dizen. 
Con el primero, embiare cierta relacion de lo que es, que, por no 
aver podido Don Juan atrabesar a las fronteras de Portugal, no a 
embiado la relacion verdadera, para que mejar se pueda entender. 
Algo quexoso esta de que estando el alli con las galeras, se aya 
cometido al corregidor de Gibraltar * que embie persona a Affrica, 
sin hazelle saber a el ninguna cosa, y paresceme que tiene rrazon. 
Hase heclio un gran hierro, por averse estendido el corregidor a mas 
de lo que le mandaron. 

El senor conde de Tendilla y yo aviamos embiado a tractar con el 
rey de Vêlez de la Gomera ; y. sigun el miedo ténia, tengo por cierto 
que se hiziera algun buen elTetto ; con ver que se le a requerido, 
paresce que se estlende. Aunque pide seguro para venirse con sus 
liijos y las personas que quislere traer a estos reynos, no nos a 
parecido que es bien darselo, porque, si algo bueno a de hazer, a 
de ser por no porder la cabeça, y por que. amostrando el siguro al 
Xarife, podria ser que hiziesse su partido con el porque no se con- 
certase con nosotros. Procederse a todavia en el tratto y, si huviere 
cosa de sustancia, avisaremos a Sus Altezas, que por no avella hasta 
aora, se a dexado de hacer 

De Granada, a xiin" de Marco i 5^9 . 

A servicyo de V. md. 

Sigfié : Don Bernardino de Alendoça. 
Archiva General de Simancas. — Eslado. — Legajo 79. — Original. 

1. Nunca eslo les admiliria.. On no peui, 3. \.infra. Doc. LV, p. i8i. 

h mon avis, leur accorder cela. li. Luis de Rueda. Il avait envoyé Diego 

2. IJabe. pour avo, oiseau. di' liulanos V. infra. p. i88 el note a. 



LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZ V 



i8i 



LV 



LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

JS' ayant pu visiter lui-même les fronteras, il a écrit aux capitaines de Ceuta, 
d'El-Ksar es-Seghir et de Tanger de l'aviser de ce dont ils auraient besoin 
et il envoie la relation de ce fju'il a ainsi appris. — Il a remis à Luiz de 
Loureiro un mémoire sur la fortification de ces places. — L'équipement 
des galères est activé. — Les nombreux navires de Cadix qui vont à Larache 
et à Salé commercer avec les Maures du Chérif renseignent celui-ci sur 
les affaires d'Espagne. Cela ne devrait pas être toléré ; Don Juan a retenu 
jusqu'à nouvel ordre deux navires cjui allaient partir pour ces régions. 



Puerto de Santa-Maria, if\ mars l5l^g. 

Sur la couverture, alla fimnu : Puerto de Sanla Maria. — A Sus 
Allezas. — i549- — De Don Juan deMendoça, xuu''deMaiço 15/49. 

Adresse: A los muy altos y muy poderosos senores el principe 
Maximiliano y princesa Doua Maria, mis sefiores, etc. 

Muy altos y muy poderosos Senores. 

A siete deste mes, parti de Gibraltar con todas las galeras y. por 
no aver liecho tiempo liasta aquel dia para atravesar a Verberia, 
no fui a Ceuta ni lo ose hazer, por no perder el tiempo y por tencr 
orden de mi padre que biniese aqui con la mayor brevedad que fuese 
posible. Enbie un vergantin armado, con una persona de rrecaudo, a 
Ceuta y a Alcaçar y a Tanjar, y escrevi a los capitanes destas fron- 
teras' que me avisasen de lo que ubiesen menester y de lo que del 

I. Le capitaine de Ceuta était Âffonso Alvaro de Carvalho, celui de Tanger. Pedro 
de Noronha, c(lni d'El-Ksar es-Seghir, de Menezes. 



l82 1 4 MARS t5/^9 

Xarife se supiese, por que con las galeras les ayudaria y socorreria 
en todo lo nescesario. 

Con esta enbio a V"* Altezas rrelacion de lo que se save del 
Xarife ' y de lo que en las fronteras ay y de lo que abran menester 
para de présente. Aunque aqui esta Luis de Lorelo^ proveyendolas 
de todo lo nescesario, yo le e dado un mémorial de lo que a mi me 
paresce que an menester, porque la manera de fortificacion que 
ellos quieren hazer es con botas llenas de tierra y sera cosa que no 
aprovechara mucho. En el adobio de las galeras, me doy toda la 
prisa possible, para que esten prestas y en orden para, quando sea 
nescesario, salir todas o parte délias, porque, como este ano se a 
nabegado tanto, an rrecibido las galeras mucho dano y es nesce- 
sario tiempo para adreçallas. 

De Caliz ban muchos nabios a Alarache y a Cale a contratar con 
los Moros del Xarife y de alli ban a Fez ; y, en este tiempo, es cosa 
que no se debria consentir, porque no sirven sino de llevar abisos 
de lo que aca se liaze. Ay dos nabios aparejados para partir, y por 
parecerme que no es bien que Ueven abiso de lo que aca se haze, los 
e detenido hasta que V'^' Altezas sean servidos de mandar otra cosa. 

] Nuestro Senor las muy altas y muy poderosas personas de V"' 
Altezas guarde con mayor acrecentamiento de rreinos y senorios ! 

Del Puerto de Santa Maria, a xiin" de Marco de i549 afios. 

Menor criado de V'^' Altezas, 

Signé : Don Juan de Mendoça. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Lerjajo 79. — Original. 

i. Cette relation n'a pas été retrouvée. Arzila et le fort qu'on avait décide de cons- 

2. Luiz de Lourciro, adalid mayor de truire sur la hauteur du Seinal. V. An- 

Jean III, avait été envoyé en Andalousie drada, IV, 34, et /""^ Série, Portugal, à la 

afin d'y recruter des troupes pour Tanger, date du 29 juin lôi^g. 



PROCÈS-VERBAL D INTERROGATOIRE I 83 



LVI 

PROCÈS-VERBAL D'INTERROGATOIRE 

Trrns Maures sont venus à Melilla avec l'intention de se rendre auprès 
du roi d'Espagne pour lui offrir leurs services. — Ils donnent avis que 
le Chéri/ a conquis le royaume de Fez et fait prêcher la guerre sainte ; 
on ne sait s'il veut attaquer Mazagan ou Meltlla. — A Vêlez, ils 
ont entendu dire que le Cher if était en pourparlers avec Abou llassoùn 
pour une attaque sur Melilla. — Un caïd des environs de Melilla, Ali 
Aarass, a promis son concours au Cher if . — Les enquêteurs décident 
d'envoyer les trois Maures au duc de Médina- S idonia. 

Melilla, 14 mars iS^g. 

En la cibdad de Melilla, ques en la? partes de Africa, en catorze 
dias del mes de Maiço de mill y quinientos y quarenta y nueve 
afios, en presencya de mi, Ciistoval de ^illalan, escrivano publico 
desta dicha cibdad. el manifico senor Juan de Perea, teniente de 
alcayde y justicya mayor desta cibdad, mando juntar en casa de 
Juan d Avila, veedor y contador desta diclia cibdad. es saber al 
padre Baltasar dEscalera, clerigo vicario, y al dicho Juan d'Avila, 
veedor, y Andres d'Avila. alcalde mayor, y a Francisco Vazques, 
alguazil mayor, y Garcia de Eredia, tenedor de los bastimentos, y a 
Bartolome Sancbes, capilan del canpo, y a Sanclio de Escalante y a 
Lazare Mcrino y al bacliiller Aguslyn y a Migel Ruyz, entrepite de 
la lengua araviga, y a Francisco Gomez, alcayde de la puerta, yntre- 
pete de la dicba lengua. 

\ el dicho senor alcaide les dixo y plafico que bien sabian como, 
oy dicho dia, se avian venido a esta cilidad très Moros para se yr 
a Castilla al Rey, nuestro senor; por tanto quel quiere hazer cyer- 
tas preguntas a los dichos Moros, por lengua del dirho Migel Ruyz 
y de Francisco Gomez ynterpetes. Y las preguntas quel dicho senor 



i84 i4 MARS i549 

alcaide les hizo y la respuesta que los dichos Moros dieron es la 
syguiente, en esta manera. 

Juro el diclio Migel Ruyz y el dicho Francisco Gomez por Dios 
y por Santa Maria y por una senal de -ijf y por l^^s palabras 
de los santos Avanjelios que diran verdad lo que los dichos très 
Moros dixeren. E lo que dixeron que los dichos Moros dixeron es 
desta manera. 

El dicho senor alcaide les mando a los dichos ynterpetres que 
preguntasen a los dichos Moros que ^ a que venian ? Los quales los 
dichos ynterpetes dixeion que se lo preguntaron, e que los dichos 
Moros respondieron que venian por aqui para pasar adonde el Rey 
estava, para le contar lo que pasa e hazer lo quel mandase, porque, 
si los mandase ser cristianos, lo serian ; y, sino, hazer aquello quel 
Rey quisiese. 

Los dichos ynterpetres, por mandado del dicho senor alcaide, 
les preguntaron que ^ que era el aviso que querian dar al Rey ? 
E que los dichos Moros respondieron que era quel Xarife avia tomado 
el reyno de Fez, e quel Xarife avia mandado apregonar guera en Fez 
y su tierra y en Maruecos y en toda su tierra guera contra Cris- 
tianos, e quel comun de las j entes dezian que era para Mazagan e 
otros dezian que para Melilla ; e questo es lo que sal)en de Fez. E 
qucstos dichos Moros se partieron con voluntad de venir a Melilla, 
y vinieron por Vêlez de la Goniera, y se descubrieron a un Cris- 
tiano cautivo y le pidieron su parecer e consejo, que les dixese que 
por donde e como podrian venir a Melilla ; e quel dicho cativo, que se 
dize Francisco de Ecyja, que lavian cativado en esta dicha cibdad 
e avia estado aqui muncho tiempo ; y quel dicho catyvo les dio, a los 
dichos très Moros, una carta de aviso que truxesen para esta cibdad. 
E questando los dichos Moros en Vêlez, oyeron dezir como el Xarife 
avia enbiado a dezir al rey de Vêlez que ^ que arte ténia Melilla ? e 
que (1 que fortaleza hera.*^ e quel rey de Vêlez le respondio que era 
una buena fortaleza e bien cercada de buena muralla, pero que, si el 
Xarife queria venir sobre cUa. quel dichc rey de Vêlez juntaria 
navios y los enbiaria sobre Melilla para quilar los baslimentos que 
vienen a ella de Castilla, para que no vinieson. y quel Xarife vendria 
con su exercyto por tierra y que por hanbro u por fuerça la tomarian. 
Y quel Xarife mando pregonar por toda su licrra que todos los que 



PROCÈS-VERBAL D INTERROGATOIRE I 85 

fuesen tiradores se aparejasen para el cojer de los panes, quel les 
daria sueldo para lener guera contra Cristianos. E que un alcayde 
que fue desta tierra frontera a Melilla, que se dize Ali Airaez'. fue 
a besar las manos al Xarife y a le obedecer por sefior, e que le 
dixo que sabia muy bien esta tierra e las entradas e salidas e arma- 
deros y todo lo demas con que se pudiese tomar Melilla, e que le 
dièse favor y ayuda. quel daria yndustria como se tomase la cibdad. 
E en esta tierra frontera a Melilla, por donde pasaron los dicbos 
Moros. no se platicava de otra cosa entre los Moros, syno quel Xarife 
venia sobre Melilla con mucba jente. 

E questo dixeron e declararon los dicbos très Moros de su propia 
voluntad : e firmaronlo de sus nonbres : Migel Ruyz, FranciscoGomez. 

El dicho sefior alcaide pidio su parecer a los susodichos e a cada 
uno dellos de lo que en este caso dévia bazer. y todos acoidaron 
quel dicbo sefior alcaide enbie una baica a Castylla y le enbie los 
dicbos très Moros al Duquc'. mi sefior. juntamente con Francisco 
Gomez. ynlerpete de la lengua araviga, para que Su Ecelencya sepa 
lo susodicbo. Y ansy mismo dixeron que se devria bazer saber a 
Francisco Verdugo, vezino de Malaga, proveedor de Su Magestad, 
para que brevemente provean de jente y todo lo que fuero nccesario 
a esta dicba frontera. 

Juan de Avila, veedor, dixo que su parecer es. conforme a lo que 
munchos dias a que se dize en esta tierra y a la relacyon y avisos 
que aqui an dado Moros, especyalmente estos que de présente aqui 
an venido. que luego se flete un vergantyn questa aqui de présente 
en esta cibdad, que lleve a estos Moros al Duque, mi sefior, y le 
de aviso desto questos Moros dizen, para que Su Ecelencya provea 
lo que mas conviene a su servicyo y a la buena provision desta 
cibdad : y queste aviso y mensajero que de aqui va sea onbre de 
confiança y que no se entremeta en otro negocyo, ni este aviso 
lo de a Francisco Verdugo, ni pida otra socoro ni ayuda, syno al 
Duque mi sefior, porque ansy conviene a su servicyo. 

P- ^77 ' En-Nassiri, pp. -'4Ô-46 ; l-z- 
f . Arraez. Probablement Âarass ^J>^f\. Zaïa.m, p. i6(le traduclonr, qui a pris un 
Famille puissante du Rif et qui vécut Mtf pour un (/«d, transcrit ce nom : .\aradh). 
presque toujours dans une quasi-indépcn- Sur ce personnape, \ . infra. p. 335. 
dancc. Cf. EL-KAi)iRr, traduction Graille, 2. Le duc de Meilina-Sidonia. 



i86 lA MARS \b\() 

Y questo que tiene dicho es su parecer, y firmolo de su nonbre: 
Juan dAvila. 

El dicho senor alcaide, \dsto lo susodicho, mando a mi, el dicho 
escrivano publico, saque un traslado synado. y firmado se lo de, 
por quel quiere enbiar un vergantyn, quesla aqui al présente surto 
en esta cibdad, a la cibdad de Malaga, e a Francisco Gomez, ynter- 
pete, para que vaya ante el Duque, mi senor, y le Ueve los dichos 
très Moros juntamente con lo susodicho, para que a Su Ecelencya 
conste lo que los dichos Moros dixeron en esta cibdad. 

Yo, el dicho escrivano, saque un traslado de lo susodicho, y 
firmado y sinacio se lo di y entregue al dicho senor alcaide, que fue 
fecho e paso en la dicha cibdad de Melilla, el dicho dia, mes e ano 
susodicho, siendo testigos Juan Notario e Juan Martin. 

E yo Cristoval de V^illalan. escrivano publico de la cibdad de 
Melilla, por el mui exelente senor duque de Médina Sydonia, mi 
senor, lo fize escrevir e fiz aqui mi signo ques a tal. en testimonio 
de verdad. 

Signé: Cristoval de Villalan, escrivano publico. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo^74- — Expédition 
certifiée. 



RAPPORT DE LUIS DE RUED\ 107 



LVII 

RAPPORT DE LUIS DE RUEDV A MAXIMILIEN 
ET A MARIE DWUTRICHE 

// rapporte ce que lui a dit Diego de Bolahos de la part d'Ahou Ilassoùn. 

— Deux courriers sont arrives de Fez à Vêlez, porteurs de messa'jes 
verbaux. — Ils sont envoyés par les caïds pour savoir quelle réponse avait 
reçu Abou Hassoûn et s'il lai serait envoyé des soldais chrétiens, car ils 
croient qu'avec le moindre secours, il pourrait reconquérir le pays. — 
Le Chérif mécontente tout le monde par ses exactions. — Abou Hassoûn 
déclare que le moment d'agir est venu et offre de donner des otages. — 
Quant au Pehon, le Juif, son secrétaire, a laissé entendre qu'il céderait 
cette place. — Il faudrait promettre à ce Juif quelque avantage matériel ; 
un mot que lui adresseraient Leurs Altesses serait d'un excellent effet. 

— Abou Hassoûn attend avec impatience la réponse à ses propositions. — 
Lorsqu'on entrera en campagne, il tirera du pays l'argent nécessaire, 
mais, pour le moment, il n'a rien. — Le caïd de Salé s'est réfugié à 
Vêlez ; il dit que Salé ne résisterait pas ci une attaque des galères ; c est 
une base très convenable pour une expédition contre Fez. — Le Chérif 
a fait son entrée dans Fez, bien qu'il eût juré de ne pas le faire avant 
d'avoir repris les fronteras. — Il a fait battre monnaie, a édicté des 
peines et interdit l'exportation de l'or en pays chrétien. — // est mal 
disposé envers les trafiquants chrétiens. — Quatre-vingts esclaves chrétiens 
du roi de Fez, qui s'étaient réfugiés dans le camp du Chérif, se sont 
convertis à l'islamisme. — Le Pehon a été pourvu de vivres, de muni- 
tions et d'artillerie par Abou Hassoûn, qui dispose de trois galiotes. — 
Le cheikh des Bottouia, qui avait été dépossédé par Abou Hassoûn, a 
été rétabli par le Chérif; ses sujets ont exigé qu'il attaque MeliUa. ce 
qu'il a fait sans succès le 24 février. — Abou Hassoûn entretient à mi- 
route de Fez un renégat très habile, qui le renseigne sur tout ce que fait 
le Chérif. — Celui-ci a recueilli de nombreux captifs chrétiens et a 
ordonné de construire des navires. — // voudrait obtenir d' Abou Hassoûn 
une rade à cet effet; celui-ci temporise le mieux qu'il peut. — Les 
Maures de Vêlez ont été scandalisés quAbou Hassoûn, après avoir 
envoyé un présent au Chérif, nait pas fait proclamer celui-ci. — Pour 
détourner leurs soupçons, Dieqo de Bolahos a donné comme objet de 



l88 ENTRE LE 25 FEVRIER ET LE I /( >L\RS iS^Q 

sa mission le rachat des captifs ; Abou Hassoûn lui a recommandé, s'il 
rencontrait an vaisseau ennemi, de jeter sa lettre à la mer. — Le Chérif 
aurait fait appeler le corsaire Dragut. 



[Gibraltar, entre le 10 février et le i!\ mars' lô^g.] 

Au dos: Lo que dixo de palabra el que fue al rey de Vêlez. 

Muy altos, muy poderosos Senores, 

Lo que de palabra me dijo Diego de Bolaûos " quel rey de Bêlez 
le dijo que me dijese es lo siguiente. 

Que en este tiempo valia mas la palabra que no las cartas, por 
el riesgo questan en los caminos, porque de Fez no le osan enbiar 
letra, sino de palabras le enbian los avisos ; y que el dia que partie 
de Bêles, avian llegadole dos correos, uno poco despues de otro, 
sin cartas, y que los que los enbiaron, antes que les dixesen nin- 
guna cosa, los metieron en la mezquita y les tomaron juramento 
que, aunque los tomasen en los caminos, no dixesen ninguna cosa ; 
y que antes destos ténia cada dia correos. 

Dize que la cnbajada destos era saber del que : que despacho 
ténia de Su Mag' y V"' Altezas ; y que. si le daban Cristianos. que 
eran valientes onbres y guerreros, y aunque no fuesen taies, sino 
que fuesen Judios, que con ellos tomaria la tierra, porque estaban 
solevantados todos. por los muchos pechos y justicias que les haze 
y que les ténia fomadas muclias haziendas y espcran del mas mal ; 
y que tuviese por cierto que en A'iendo exercito que luego se jun- 
tarian con el lodos los Alarabes ; y que esto le enbiavan a dezir los 
alcaydes ; y que dize el rey de Bêlez que agora es tiempo, y que dara 
todos los relienes que le pidieren ; y que en el Penon no se déter- 
mine, mas que le dijo el Judio, que es el secretario, que lo daria y que 
el quedava barrenando ; y que no ay quien con el sea tanta parte, y 
que es necesario a este Judio prometelle alguna cosa que sea manual ; 

I. Le document doit ètro postérieur au courrier précédent, il a envoyé au roi de 

•ilx février, date qui y est mentionnée. V. Bohème le présent rapport. 

infra. p. 191. D'autre part, LuisdeRueda, 2. Diego de Bolanos avait été envoyé 

dans sa lettre du i5 mars i549 (V. infra. auprèsd'Abou llassoùn par Luisdc Rueda. 

Doc. LVllI, p. Kji), déclare que, par le V. supra, p. 180. 



RAPPORT DE LUIS DE RLEDA 189 

y que tiene por cierto que, si V'^' Altezas le mandan escrevir un 
renglon particular, que aprovechara mucho ; y tiene por cierlo que, 
segun la voluntad mostro y los juramentos que le hizo, que hara, 
si vee letra de V'"' Altezas, todo quanto le fuere posible ; y que tam- 
bien le dijo que convenia que V"' Altezas escriviesen al Rey. 

Dize mas quel Uey le dijo que, por amor de Dios, que le fuese la 
respuesta con brevedad y que no fuese gastar el tienpo en palabras ; y 
que le conto quantos dias avia menester el mensajero, que yo enbiase, 
hasta Uegar a V'"* Altezas, y quanlos para estar alla y para la buella. 
Asi que, si V"' Altezas le an de escrevir o mandar liazer sobreslo 
alguna cosa, conviene quel despacho venga a diligencia, porque 
Diego de Bolaùos estara aparejado con la fragada puesta apunto. 

Dize que le dijo que, quando Su Mag' fue a Tunez, fue menester 
tienpo para pasar la mar. y que, para pasar agora, esta el un pie 
en Gibraltar y cl otro en Cebta. y que en esto es menester gran 
brevedad . 

Dize que le dijo que, yendo la jente que a de ser mandado. que a 
los Moros que se dieren y a los lugares que no les hagan mal, y 
a los que no, que los saqueen : y que el promete que sacara de la 
tierra para pagar mas gente y muchos mas gastos de los que se 
hizieren, mas que al présente qucdaba muy gastado y que avia 
venido huyendo, que aun sus hijos no avian podido escapar, y que 
no le sostiene al présente otra cosa, sino la respuesta desta caria ; y 
que sea la respuesta muy brève y cosa cierta ; y que dara el aviso 
por donde a dentrar la gente, que sea a muclio mas provecbo 
y dano de los enemigos. 

Dize que el alcaide de Cale* vino huyendo del Xarife a Bêlez, y 
dexo en Çalc las mugeres y los hijos ; y que le dijo que lo traxese 
consigo y que el daria a Cale, y que, con solamente las galeras, 
con poca mas ayuda no se le podria escapar, por la parte que tiene 
dentro, y que, en llegando se levantarian por el ; y que es buena 
fortaleza, y el puerto que tiene el rio questa entre Alarache y La 
Mamora^ y que es lugar muy convenible para el enlrada de Fez : 

I. Ce caïd, nommé El-Hadj Abou el- à la date du 8 janvier i547- 
Faredj, avait propose en i546 de livrer la 2. Il n'y a pas de cours d'eau important 

ville de Salé à Luiz de Loureiro, gouvcr- entre Larache et La Mamora. Diego de 

ncur de Mazagan. V. /'"'' Série. Portugal, Bolanos a voulu désigner, sans doute pos- 



igO ENTRE LE 25 FEVRIER ET LE 1^ MARS l5/l9 

y que, si V" Alteza manda que lo trayga, si lo embiare alla con 
alffun despacho, que lo trayra, poique le dezia el Moro que no desea 
cosa al présente mas de pasar aca, porque tiene por muy cierto que, 
pudiendolo aver, el Xarife lo a de mandar matar. 

Dize mas quel Xarife avia jurado de no entrar en Fez hasta tomar 
las fronteras de aquellas partes, y que los principales de su exer- 
cito le suplicaron que entrase dentro y asentase los almagazenies, 
ques la gente de la guarnicion que solia tener el rey de Fez, y que 
les dièse de comer, lo quai hazia, y asentase en la cibdad las demas 
cosas necesarias ; y que quedaria desenbaraçado para quando Uegase 
su hijo de Marruecos, que séria, a mas tardar. de mediado Marco. \ , 
por conplazelles, entro en la cibdad, y luego mando hazer la moneda 
y puso justicias, y mando pregonar que no sacasen de la cibdad ni 
toda su tierra ningun oro para sacar a tierra de Crisiianos'. 

Dize que tiene mala voluntad a tener mercaderes cristianos en su 
tierra", porque dize que Malioma manda que no tengan mas trato 
con los Cristianos de para dalles de lançadas. 

Dize que, luego que entraron en la cibdad, antes que se acabase 
de tomar, huyeron oclienta Cristianos de los cativos del rey de Fez, 
e se fueron al Xarife y se tornaron Moros: y que la guarda que 
trae es toda de Cristianos tornados Moros. 

Dize que el rey de Bêlez a proveydo el Peùon de mucho trigo, y 
cevada. y agua, y lefia, y azeyte y manteca, y que liasta quarenta 
pieças de artilleria, entre cbicas y grandes, que ténia por Bêlez, a 
metido en el Penon, y que una pieça, que allaman Barreto, aun no 
la avia podido sulnr a lo alto del Penon, porque es muy grande. 

Dize que tiene très galeotas aparejadas con remos y vêlas y todo 
lo que es menester; no se determinan los cativos si yra a tierra 
de Cristianos o de Moros. 

Dize que un xeque \ a quien el rey de Bêlez avia tomado el val de 
Botoya*, ques cabe Melilla. se fue a quejar al Xarife ; y que el Xarife 

sible, l'oued Sebon, qui ouvre une commu- a marqué dans tout le Maroc un ralentis- 

nication facile entre Salé et Fez. sèment des relations commerciales avec les 

I. On recherchait beaucoup en Europe Chrétiens, ainsi qu'une diminution des 

et spécialement en .Vnglelerre l'or du Maroc. libertés religieuses accordées aui esclaves 

V. i" Série. Angleterre, Introduction, t. I, et aux traficpiants. 
pp. IV et V. 3. Sur ce cheikh, V. m/ra. p. aoo et n. I. 

a. L'avèncmcnl de la dynastie saadicnne 4- Bollouia. \ . inj'ra, p. 35i, note 3. 



RAPPORT DE LUIS DE RLEDA IQI 

le dio su poder y mando a todos los de aquel valle que le obede- 
ciesen, lo quai hizieron, con condicion que hlziescn la guerra a los 
de Melilla : y que luego, ei domingo xxnii" de Hebrero, le rueroii 
a visitai- y que recibieron dano. De lo quai dize que a pesado mucho 
al rey de Bêlez, y que le dijo que me dijese que avisase luego a V''^ 
AUezas que se piovca Melilla, porque tienen muy poco que hazer en 
tomalla. Yo despachare a ha/ello saber al duque de Médina, para 
que vea lo que conviene, mientra V""^' Altezas mandan lo que se 
a de hazer. 

Dize que tiene a un cavallero que se dize Gilhayre', que es rene- 
gado, onbre muy abil y de quien se confia mucho, puesto en el 
medio del camino de Fez, para saber todo lo que se haze de parte 
del Xarife y dalle aviso. 

Dize que a rrecogido muclios cativos cristianos el Xarife y manda 
que se de orden para hazer los mas navios que ser pudieren ; y que 
halaga al rey de Bêlez, porque le de lugar para hazer alli navios ; y 
que el rey de Bêlez se entretiene lo mejor que puede, porque no 
venga nadie a su lierra a hazer ninguna cosa. 

Dize que, quando enbio el rey de Bêlez el présente al Xarife, 
creyeron todos los de la cibdad que mandaria luego pregonar : j que 
Dios ensalçase al Xarife^ ! y que, como no lo a pregonado, estan los 
Moros como escandalizados. 

Dize que, quando llego cerca de Bêlez, le salieron a recilnr dos 
l)ârcas y le preguntaron que a que yba ; y dijo que yva a hazer 
saber al Uey como la limosna era venida a Gibraltar, y que queria 
pasar alla, e yva por seguro y a hazer las condiciones de los resgates 
y a tomar razon de los cativos ; y que el Rey se holgo dello, porque 
los Moros no sospechasen a lo que yva. 

Dize que el Rey le aviso que, si en el camino encontrase algun na- 
vio deenemigos, queatasesu caita a una piedra y la echas-' en la niar. 

Dize mas quel Xarife a enbiado a llamar a Argut Arrac//. 

Signé: Luys de Rueda. 

Archiva General de Siniancas. — Eslado. — Le'iajo '47U. — Orltjinnl. 

1. Gilhayre. Peut-être: Djilali. consacrait rélévatioii an pouvoir. 

2. G'tHait par cette acclamation que se 3. Dragut-Raïs. V. m/ra, p. a^/, noie a. 



ig2 10 MARS 15^9 



LVIII 

LETTRE DE LUIS DE RUEDA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D AUTRICHE 

Le Chéri f prétend non seulement s'emparer des fronteras, mais encore 
passer en Espagne. — Luis de Rueda joint à sa lettre deux autres lettres, 
l'une de Juan de Herrera occupé d'an rachat de captifs à Tétouan, l'autre 
du gouverneur de Ceuta. — // demande l'autorisation de ravitailler, en 
cas de nécessité, cette dernière place, par dérogation- aux lois du royaume. 
— Urgence de mettre en état les fortifications de Gibraltar. — Les Maures 
ont consigné leurs ports, ce qui est l'indice que le Chérif se met en cam- 
pagne. — Une fuste envoyée aux renseignements par Luis de Rueda 
a débarqué quarante hommes près de Targa, mais ceux-ci, assaillis par 
les Maures, ont dû reprendre la mer. 

Gibraltar, i5 mars lô^g. 

Sur la couverture, alia manu: Gibraltar, i549- — ^^ ^^^ Altezas. 
— Del corregidor de Gibraltar, xv de Marco 1549- 

Adresse: A los muy altos y muy poderosos Seâores, el principe 
Magimiliano y princesa Doua Maria, gobernadores de Espana, etc. 

Muy altos y muy poderosos Seâores, 

Despues que enbie a V"' Altezas el despacho de Bêlez, e tenido 
algunos avisos de como el Xarife hazia grandes aparatos de guerra 
y que no solamenle prétende conquistar las fronteras de aquellas 
partes, mas pasar en estos reynos ; y por eslar mas cierto del aviso 
ques justo dar a V''' Altezas, escrevi a Cebta a Juan de Herrera, 
que sfava alli tratando la redincion de algunos cativos, que con- 
venia muclio que bolviese a Tutuan y se ynformase muy secre- 
tamente de lo que se hazia y dezia ; el quai fue y me escrivio la carta 
que con esta eubio. y el capitan de Cebta olra, que taiibien va en 
este despaclio, remitiendose a el y quexandose de lo que en ella V"* 
Altezas veran. 



LETTRE DE LUIS DE RUEDA IqS 

Pareceme, si V"' Altezas son ser\ddos, que es justo hazelles lodo 
favor y socorro, asi de bastimentos como de los cavallos que ovieren 
menester, porque las necesidades de las fronteras suelen ser grandes, 
y qualquier socorro y favor que se les haze los alienta de manera 
que cobran muclio animo. Suplico a V"' Altezas me den facullad 
para que yo les paeda socorrer. con lo que tengo dicho, quando 
tuvieren necesidad, porque, aunque soy muy aficionado al capitan 
de Cebfa. por ser muy buen cavallero y onbre de guerra, no e 
permilido que pasen por esta cibdad ninguna cosa, si no viene de 
Portugal y registrada, por ser contra las plemalicas* destos reynos 
y no tener mandado de Su Mag' ni de \ "' Altezas para podello hazer. 

Sobre lo que toca a la fortificacion y provision desta cibdad, no 
digo ninguna cosa, pues ya V"' Altezas saben y lienen eiitendido 
quanto conviene tenellas a buen recabdo y ponerselo con toda 
brevedad. 

j Nuestro Senor guarde y prospère con mucbos reynos y 
senorios las muy allas y muy poderosas personas de \ "' Altezas ! 

De Gibraltar, en xv de Marco de lO/ig afios. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 
Besa los reaies pies y manos de V"' iVltezas, 

Signé: Luys de Rueda. 

Post-scriplam : Acabando descrevir esta, me llego otra carta del 
capitan de Cebta, en que dize, como V"' Altezas por ella veran, lo 
que sucedio a dos vergantines que enbio a enlrar, y como los Moros 
avyan cerrado los puerlos, lo quai tengo por scnal de qucrcr ol 
Xarife mover su real, porque asi lo suelen bazcr los Moros quando 
determinan de hazer alguna cosa de guerra, porque no se tenga 
aviso dello. 

Tanbien, como escrevi a V"' Altezas. avia yo enbiado una fusta 
mia a tomar lengua, la quai llego ccrca de Taraga y écho en tierra 
quarenta onbres antes del dia, los quales se pusieron en el salto ; \, 
como deve aver en la tierra buen recabdo, fueron sentidos ; y jun- 
taronse cantidad de Moros y vinieron metiendose por una rambla 
abajo; y, al pasar de una traviesa, vido parte dellos el atalaya que 

I. Plematicas. pour: pragmaticas. 

De Castries. X- — '3 



Iq4 ^^ MARS l5^|9 

tenian, la quai dio rebato a los otros ; y, por mucha priesa que se 
dieron a recojer, llegaron casi juntos al enbarcadero, y, con el 
favor que dcnde la fusta se les hizo con una lonbarda y otros versos' 
que llevavan, se pudieron enbarcar con liarto trabajo y medio a nado. 
Ya la tengo despachada^ para que vaya adelanle de Bêlez. Confio 
en Dios que trayran algun Moro, de quien se pueda tomar aviso 
de lo de aquellas partes. 

Décision \ 

Remercier le corrégidor des nouvelles relatives au Chérif et l'inviter à 
transn\ettre celles qu il recevra. — La perte de lafu^sie est regrettable. — 
Il faut empêcher tout armement qui ne soit pas autorisé et se conformer 
pour Ceuta aux instructions royales Jusqu'à nouvel ordre. — Accuser 
réception du plan de fortification. 

Que no arme nadie syn dar parte al capitan gênerai de mar y 
de tierra. 

Garta al corregidor, agradesciendole la diligencia que pone en 
avisar de lo que se entiende del Xarife, y que siempre avise de lo 
que mas se entendiere. 

Que le ha desplazido de la perdida de su fusta, y fue bien no 
averla enbiado, pues por otras vias se puede tener estos avisos ; y 
que provea que ningund vecino de aquella cibdad arme para enbiar 
en Verberia, ni baya armado, syn licencia del capitan gênerai de las 
gale ras y del capitan gênerai del reyno de Granada. 

En lo que dize cerca del socorro de Gepta que, j^or agora, hasla 
que se le mande otra cosa, guarde lo que Su Mag' por sus carias 
liene hordenado se haga quando tenga necesydad. 

Quel plan que enbio sobre la fortificacion se harecibido, y breve- 
menle se tomara resolucion en ello, y se le enbiara. 

Archiva General de Simancas. — Eslado. — Legajo 79. — Original. 

I. Versos, bcrços, piôccs d'artillerie. lotiro ci-rlossus du 19 mars cl it colle du 3n 

a. Cette fuste fut capturée par les Turcs mars, où se trouve relatée la capture de la 

d'Alger. V. infra. Doc. LXV, p. 216. fuste du corregidor do Gibraltar. V. injra. 

3. Cftlc décision répon<l à la fr)is à la Doc. LXV, p. uifi. 



LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA 1 96 



LIX 

LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA 
A FRANCISCO DE LEDESMA 

(Extrait) 

Envoi d'une lettre de D. Juan de Mendoza. — Démarches du ChérîJ pour se 
procurer des navires. — L'adalid major du roi de Portugal est un homme 
estimable et au courant des choses du Maroc, mais peu expert en travaux 
de fortification. — D. Bernardino lui a envoyé son avis, etsonfîts lui 
a laissé un mémoire. — Les Portugais réunissent des troupes avec 
activité, elles ne dépassent pas encore trois mille hommes; les Espagnols 
ont en conséquence licencié une partie des leurs. 



Aymuz, 19 mars lo^g. 

Sur la couverture, alia manu . Granada. — Don Bernardino de 
Mcndoça. — xiiii" y xix de Marco i549'- 

Adresse: A mi sefior, cl senor Francisco de Ledesma, secreltario 
y del consejo de [SuMag'']. 

ScMor, 

Despues de aver scripto, pensando quel senor condo de Tcndilla 
despacliara coirco, porque con lo que avia no me parecia que inqior- 
tava para hazello, a venido cl despaclio de Don Juati' que con esta 

I. Le présent document n'est en réalité 3. V. supra. Doc. LV, p. 181, Lettre de 

qu'un post-scriplum daté d'Avmuz, 19 mars Don Juan de Mendoza d\i l 'j mars. Dans 

15^9, et ajouté par Don Bernardino de ce courrier se trouvait également la rela- 

Mendoza à un courrier qu'il avait espédié tion sur les affaires du Cliérif dont il est 

de Grenade le i4 mars. parlé ci-apris, p. 19-. 



igG 19 MARS i5/i9 

va, por donde vera V. md. lo que es el poder del Xarife, y como 
es hombre que liaze diligencia para tener navios ; mas yo spero en 
Dios que, si en otras cosas no nos ocupan, no le daremos lugar a 
que tenga tantes como piensa. 

Aquel adalid mayor del rey de Portugal' me dizen ques hombre 
muy honrrado y muy platico en las cosas de Berberia ; mas, de lo 
que aora se trata, es muy diferente, por ques defender y reparar 
tierras, y desto ninguna spiriencia ni platica tiene. Aca le avisa- 
mos de lo que nos paresce, y Don Juan les a dado su mémorial, 
como V. md. vera ; plega Dios que lo provean de manera que no 
nos hagan verguença, que por lo que a nosotros toca no quedara 
de hazer el dever, aunque es mala burla tener hombre la reputacion 
en lo que olro a de proveer, y que por ventura podria ser que no 
entendiese lo que haze. 

En el hazer de la gente ponen diligencia, y por aora no hazen 
mas de très mil hombres ; y, visto que ellos se empieçan a proveer, 
nosotros emos començado a despedir de nuestra gente, por escusar 
un poco la costa y porque mas facilmente la hallen ellos, que con 
los ofïiciales que Don Jaan les a dado y otras personas que sii^len 
hazer gente para nosotros, creo que brevemente haran la que an 
menester. 

Desde Aymuz, a xix de Marco 1549- 

A servicyo de V. md. 

Signé: Don Bernardino de Mendoça. 

Post-scriplum : Por que podria ser que conviniesse avisar al 
serenisimo rey de Portugal de alguna cosa o proveella, y para que 
se tenga cntendido el poder del Xarife, si se huvieren de hazer 
algunas provysiones, despacho este correo. V. md. mande que alla 
se le pague, aca se le an prestado diez ducados para servir. V. md. 
mandara que se den a Joan de Aguilar. 

Archiva General de Siniancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 

I. Lui/, de Loureiro. V. supra, p. 182 et note a. 



LETTRE DU COMTE DE FENDILLA A LEDESMA IQ' 



LX 

LETTRE DU COMTE DE TENDILL.V A FRANCISCO DE LEDESMA 

(Extrait) 

Il est heureux que Ledesma ait approuvé les mesures qu il a prises pour 
la déjense de la côte de Grenade. — Il a toujours pensé qu'Abou Hassoùn 
était d'accord avec le ChériJ et se prévalait auprès de ce dernier des néfjo- 
ciations en cours avec l'Espagne. — L'a (faire aurait peut-être mieux 
tourné, si elle eût été menée par des gens de plus d'autorité, car il parait 
qu'Abou Hassoûn a fait peu de cas de ce que Luis de Bueda et Francisco 
Verdugo lui ont envoyé dire. 

Alhambra, 19 mars lô^g. 

Sur la couverture, alla manu: Halaabra. — Conde de Tendilla, 
XIX de Março iB^g. 

Adresse: Almuy magnificosenor, el senor Francisco de Ledesma, 
secretario [y del consejo de Su] Mag'. 

Muy magnifico Senor, 

Rescibi la caita de V. ind. de siete de Março, y por la merced que 
con ella me hizo le besso las manos y por avelle parescido bien lo 
que e ordenado para seguridad de los lugares de la costa deste reyno, 
lo quai hare que se ponga en essecucion. 

En lo que loca al Xarife y al rey de Vêlez, no tengo que dezir 
mas de lo que V. md. vera por la relacion que Don Juan de Mendoça 
embia'. Siempre sospeche que el rey de Vêlez se avia de concertar 
con el Xarife, y que lo que aca tratasse avia de ser para hazer mejor 
su partido con el. 

I. Sur cette relation. V. supra, p. igô, note 2. 



iq8 19 ^ï^Rs 15^9 

Si lo que con el rey de Vêlez se a tratado uviera sydo por mano 
de personas de mas autorldad, pudiera ser que se uviera hecho 
mejor el négocie, porque, segun e entendido, el luvo en tan poco 
lo que por parte de Luis de Rueda y Francisco Yerdugo* se le embio 
a dezir, que no es de maravillar que respondiese de la manera que 
respondio. A algunos les paresce que, en tratarse cossas desta calidad 
por mano de particulares, teniendo Su Mag'' aqui dos capitanes 
générales", se les liaze disfavor y agravio. Yo tengo por tan acer- 
tado todo lo que ay se provee que nadie puede enmendallo, y, por 
lo que a mi toca, V. md. tenga entendido que de ninguna cosa 
que se me dexare de cometer me tendre por agraviado, todas las vezes 
que paresciere que se a de hazer por otra mano mejor que por la 
mia lo que cumpliere al servicio de Su Mag**. 

Del Alhambra, a xix de Marco de ibhQ- 

A servicio de V. md. 

Signé: El conde de Tendilla. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Lerjajo 79. — Original. 

I. Luis de Rueda avait envoyé Diego infra. p. 218, note i. 

de Bolanos au roi de Vêlez. V. supra, p. 2. Dos capitanes (jenerales, Don Bernar- 

180 et note 4 ; p. 188 et note 2. Francisco dino de Mendoza, capitaine général de la 

Verdugo av.iit de même envoyé à ce prince mer, et le comte de Tendilla, capitaine 

Francisco de Molina. V. supra, p. 175, et général de Grenade. 



LETTRE DE VERDLGO ET DE CAÇALLA I QQ 



LXl 



LETTRE DE VERDUGO ET DE G.VÇALLA A MAXIMILEN 
ET A xMARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

D'après le gouverneur de Melilla, le Chérifa dit quil attaquerait la ville. — 
Le nouveau caïd qu'il a placé près de cette frontera razzie la contrée. 
— Le duc de Medina-Sidonia envoie cinq nouveaux canons à Melilla, 
où l'on aurait besoin d'artilleurs. — Abou Hassoùn a écrit que le secours 
qu'il demande à Leurs Altesses n'est pas seulement pour défendre son 
pays, mais pour chasser le Chéri/ de tout le royaume de Fez. — S'il 
a envoyé à ce dernier son plus jeune fils avec un présent, c'était pour 
obtenir la liberté de quatre de ses fis et de deux de ses files qui sont 
restés à Fez. — On ne sait rien de plus du Cher if, les ports étant con- 
signés. — On dit qu'il envoie le roi de Fez à Merrakech. 



Malaga, 21 mars iS^g. 

Sur la couverture, alla manu : Malaga. — A Sus Altezas. — i549. 
— De los proveedores de Su Mag' en Malaga, xxi de Março ioAQ- 

Adresse : A los muy altos y muy poderosos Senores, el principe 
Maximiliano e princesa Dona Maria, governadores destos reynos 
de Espafia. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

A los treze del présente, llego aqui una fragata con cartas del 
capitan de Melilla' para el duque de Médina e para otras personas; y 
por el teslimonio que enbian paresce que un Moro, que otras vezes 
les ha traydo avisos, vino de noche e dixo al alcaide como el Xarife 
avia diclio a algunos cavalleros moros que vernia sobre Melilla ; y 

I. Capitan 'Je .\îeliUa. Francisco de lui qui est désigné deuï lignes plus loin 
Médina. V. supra, p. 17J et note 3. C'est sous le nom d'alcaidc. 



200 2 1 MARS l5/|9 

que el nuevo alcaide' que el Xarife avia puesto en aquella frontera 
avia venido a correr, y que no les dexavan tomar lena. Y, a este pro- 
posito, escrevimos al Duque que converniaqueproveyesede alguna 
quantidad de vizcocho que estuviese de respetto en aquella plaça. 
De todo esperamos respuesta. 

El Duque esciive que, demas de las pieças de artilleria que 
ay en Melilla, enbia agora otras cinco ; pero para las unas e para las 
olras, y para las siete que V" Alteza manda que se le den, convernia 
que huviese buen rrecaudo de artilleros ; y, en tanto que aquella 
plaça se fortifica, séria bien que algunos artilleros, de los que estan 
al sueldo de Y" Alteza, rresidiesen alli, porque en esta tierra el 
que se quiere llamar artillero es tenido por tal, aunque no sepa 
nada, y desto ay gran falta en las fronteras. 

Francisco de Molina', que fue a Yelez de la Gomera, no es buello ; 
y por carta del rey délia savemos que enbio a su liijo minor ^ con un 
présente al Xarife, y tanbien escrive que el corregidor de Gibraltar 
le escrevio y que el socorro que el pide a Y" Alteza no es para lo 
que toca a su tierra, sino para hechar al Xarife de todo el rreyno 
de Fez, y que el présente que le enbiava es para sacar de Fez quatro 
hijos e dos liijas suyas, que alla dexo. 

Del dicho Xarife no se save otra cosa, por que los puertos estan 
cerrados. Hase dicho que enbiava al rrey de Fez a Marruecos^. 

Malaga, a xxi de Marco ib[\ç). 

De vuestras muy altas y muy poderosas personas. 
Humilldes criados que sus reaies manos besamos. 

Signé: Francis<"0 \erdugo. — Diego de Caçallci, 
Archiva General de Simancas. — Eslodo. — Legajo 79. — Original. 

I. El nuevo alcaide, le cheikh des Bol- 3. V. supra, p. 170, note i. 

tonia. V.iupra, Doc. LVII, p. igoetnoteS. ^. Le roi de Fez, Ahmed el-Oualtassi, 

3. Sur ce personnage, V. infra. p. '.nS, était parti le i4 mars de Fez pour Merra- 

note I. kech. V. Andrada, l'art. IV, cap. 34. 



L EXPEDITION DE TLEMCEN 



20 1 



L'EXPÉDITION DE TLEMCEN' 



(lÔ^Q-IOÔl) 



I>TRODLCTIO> CRITIQUE. 



Comme les Almora vides et les Almohades qui, une fois maîtres du Maroc, 
avaient assujetti à leur autorité toute l'Afrique du Nord, le chérif saadien, 
reconnu successivement à Merrakech et à Fez ^, devait ambitionner d'étendre 
sa domination à l'Est sur le reste du Maghreb. Mais, dans le même temps où 
il accédait au pouvoir, supplantant les Béni Merin, un nouvel Etat se fondait 
sur les côtes de la Barbarie : Moulay Mohammed ech-Cheikh allait rencontrer 
dans les Turcs d'Alger un redoutable adversaire^ ; tout mouvement d'expansion 
du Maroc vers l'Est serait désormais arrêté, le Maghreb el-Aksa resterait con- 
tenu vers la Moulouïa dans ses limites géographiques. 

A l'époque qui nous occupe, vers le milieu du xvi^ siècle, la situation politique 
était des plus troublées dans la région confinant à l'Est de l'empire chérifien. 
C'est à peine si le royaume de Tlemcen, pour lui donner son nom historique, 



I. Cf. Historiens espagnols: Fka.ncisco 
DE LA. CuEVA, Relacion de la guerra de 
Tremecen ; Baltasar de Morales, Dia- 
logo de las guerras de Oran; Diego Suarez, 
Historia del Maestre ultimo que fue de Mon- 
tesa; Haedo, Epitome de losReyesde Argel; 
Marmol, Descripcion gênerai de Africa. 
Comme historien arabe, on ne peut guère 
citer, pour cette époque, que l'auteur ano- 
nyme des notes qui se trouvent sur le dernier 
feuillet de VHisloire des Sultans Abd el- 
Ouarft/es par Yahi A ib.n KHALooû.f , manus- 
crit de la Bibliothèque d'Alger, et dont 
une traduction a été publiée par l'abbé 
Barges. Complément de l'Histoire des Béni 
Zciyan, pp. 5 17-533. — Les ouvrages de ces 
historiens ont permis, pour certaines pé- 
riodes, une reconstitution des événements 
(RuFF, La domination espagnole à Oran sous 
le gouvernement du comte d'Alcaudete), mais 



la chronologie en est sotivcnt erronée. 
L'histoire des derniers temps de la dynastie 
des Boni Zeïan à Tlemcen, pour être écrite 
d'une façon définitive, exigerait une docu- 
mentation beaucoup plus complète que celle 
utilisée jusqu'à présent. Il n'a été publié 
ci-après que les documents intéressant le 
Maroc ; ils fournissent un exemple de ce 
que donnerait vme exploration ayant l'his- 
toire de Tlemcen pour objet. 

2 . Cf. Tableau généalogique des princes de 
la dynastie saadiennc, p. 4i6. Pl.^ .n.3et^. 

3. La domination des Turcs sur le Ma- 
ghreb central (Maghreb cl-Oust) remonte à 
l'occupation de la \ille d'Alger par Baba 
Aroudj en i5i6. Elle fut délinilivement 
établie en iSag, lorsque Kheired-Din, frère 
et successeur de Baba Arondj. prit le Penon, 
forteresse fondée par les Espagnols sur un 
ilôt en face d'Alger. 



202 



INTRODUCTION CRITIQUE 



ce rovaume qui avait autrefois dominé Oran et presque tout le Maglireb el-Oust, 
pouvait être considéré comme un Etat autonome. Les luttes intestines qui 
divisaient les populations, tant nomades que sédentaires de la région, avaient 
permis aux Espagnols ' et aux Turcs d'y exercer une suzeraineté presque alter- 
native, qu'avaient dû subir les émirs des Béni Zeïan, famille dans laquelle le 
pouvoir était héréditaire. Dès i5ii, le roi Abou Abdallah Mohammed avait 
dû reconnaître l'allégeance espagnole. Les Turcs intervinrent quelques années 
plus tard; Abou Hammou, l'un des successeurs d'Abou Abdallah Mohammed, 
fut dépossédé par eux en 1017 et rétabli par les Espagnols en i5i8. Son frère 
Abdallah et-Tabti lui succéda et régna jusqu'en i53/|. Après sa mort, six de 
ses iils, Abou Abdallah, Mohammed, El-Montasser, Ahmed, Hassen et Amar 
furent tour à tour intronisés et déposés, soit par les Espagnols, soit le plus 
souvent par les Turcs. Ces derniers se trouvaient, en lô^g, maîtres de la situa- 
tion ; leur suzeraineté était reconnue à Tlemcen, où ils avaient installé Moulay 
Hassen-, leur protégé du moment; deux cents Turcs, commandés par le caïd 
Mahmoud ^ tenaient garnison dans le Mechouar*. Mais, en dehors de la ville, 
l'autorité du vassal d'Alger restait précaire : les exactions des Turcs étaient 
insupportables aux tribus, parmi lesquelles s'était formé un parti d'opposition 
dont le chef était le mezouar '' El-Mansour ben Bou Ghanem ^ ; ce personnage 



I. La domination espagnole qui, en 
i5i5, s'étendait à toute la côte méditerra- 
néenne du Maglireb, était réduite au milieu 
duxvi^ siècle à MelUla, Mers el-Kebir, Oran 
et Bougie. 

3. Il avait été installé en octobre i548. 
Cf. lettre du comte d'Alcaudete du 9 octobre 
i5A8, Simancas, Estado, Legajo 473. 

3. V. infra, p. 535. Le nom du caïd 
Mahmoud est donné par Marmol, Lib. Il, 
cap. 4o, f. 260 \°. 

Il .CenomdemechouaryJL^, quirevient 
si souvent dans l'histoire de Tlemcen, et 
qu'U faut se garder de confondre avec le 
mot mezouar (V. la note suivante), désignait 
l'enceinte fortifiée renfermant le palais du 
souverain et les bâtiments officiels. Il est le 
synonyme exact du mot Kasba, prxcipua 

pars oppidoram (Freytag, siib voce 'U.iâJ) 
LWlhambra de Grenade, comme IWlham- 
bra de Merrakech, sont des spécimens de 
ces palais-citadelles. 

5. Mezouar (jljL; pluriel JJ V*) est un 
mol vonu Hu berbère j'jy*' , qui signifie 



(t premier » et qui comporte toutes les accep- 
tions dérivées de ce sens originel. Il s'ap- 
plique à un maître-ouvrier aussi bien qu'à 
un chef de tribu (cheikh). Le mezouar de 
Tlemcen occupait les plus hautes fonctions ; 
c'était une sorte de vice-roi ou de capitaine- 
général, chef suprême de l'armée; il exer- 
çait en tout l'autorité du roi lui-même. Il 
en était de même des mezouars de Timez- 
guida et de Tinzoulin dans le Draa. — On 
appelait également mezouar le premier 
chambellan chargé de garder la porte du 
souverain. Gomme le tittdaire de cette fonc- 
tion est aussi appelé « caïd el-mechouar », 
il a été fait souvent une confusion entre 
les mots mezouar et mcchouar. Cf. Dozy, 
Suppl. aux dict. arabes, I, p. 6i3; Ibn- 
Khaldoùn. Ilisl., Trad. t. II, p. 435 et p. 
466; Proie [lomenes, I, 16; Mar.mol, Lib. 
V, cap. 4o, f. 177, et Lib VII, cap. 9; 
ToRKEs, cap. i5 ; Liio.\ l'Afkicain, f. 65. 
6 . Deux puissantes tribus, les Béni Rached 
(berbères) et les Béni Amer (arabes), inter- 
viennent fréquemment dans les compétitions 
pour le royaume de Tlemcen, chacune sou- 
lonant un prétendant. Les Béni Rached, 



L EXPEDITION DE TLEMCEN 



2o3 



soutenait les prétentions du prince qu'avaient détrôné les Turcs en i5-'j8, Moulay 
Ahmed, et qui était à la fois son neveu et son gendre'. 

Cependant l'ambitieux Chérif suivait avec attention ces événements. Dès 
i5:!j9, il avait envoyé dans l'Est un parti de 6000 cavaliers, qui avait occupé 
Guercif (mars i5^t))-. Cette manifestation de force détermina les Mediouna et 
les Bcni Snassen ^ à se prononcer pour lui. Oudjda et Nedroma ouvrirent leurs 
portes, les Trara firent leur soumission. Partout les Chérifiens étaient accueillis 
en libérateurs'. Comme toujours dans les temps troublés, les bruits les plus 
exagérés circulaient parmi les indigènes. Le Chérif, disait-on, entrerait à ïlemcen 
au printemps ', de là il marcherait sur Oran pour en chasser les Chrétiens; la 
tribu des Mediouna s'offrait à faire le blocus de la ville, en attendant la venue 
de l'armée chérifienne '\ D'après une nouvelle qui avait plus de fondement, le 
Chérif avait fait des offres au pacha d'Alger ', en vue d'une action commune 
contre l'Espagne ^ 

Le comte d'Alcaudete', gouverneur d'Oran, dont le service de renseignements 
était des mieux organisés, ne laissait pas que d'être impressionné par ces infor- 
mations ; il faisait réparer d'urgence les remparts de la ville et demandait à la 
cour d'Espagne des renforts et des subsides'". Ses craintes n'étaient pas chimé- 
riques: il se rassemblait à Fez une armée imposante. Moulav Mohammed el- 
Harrân, l'aîné des enfants du Chérif et le plus qualifié pour diriger une opé- 
ration militaire", fut désigné pour commander l'expédition ; ses frères Moulay 



venus du Djebel Amour et installés dans la 
région du Tessala, avaient à leur tète le caïd 
El-Mansour ben Bou Ghanem (le Bogani 
des documents et des historiens du temps). 
Chez les Béni Amer établis entre le Tessala 
et Oran, l'autorité était entre les mains du 
caïd Ben Radouan. Celui-ci, partisan de 
Moulay Abou Abdallah, et qui s'appuvait 
sur les Espagnols, disparaît de la scène en 
i5^3. El-Mansour ben Bou Ghanem fut 
mezouar de Moulay Mohammed (i534- 
i544) et lutta contre l'Espagne, jusqu'au 
moment où ce prince fit emprisonner son 
frère Moulay Ahmed, fils de la sœur d'El- 
Mansour. Ce dernier chercha alors son 
appui chez les Espagnols, avec l'aide 
desquels il parvint à assurer le trône de 
Tlemcen à son neveu en i546. Les Turcs 
rentrèrent dans cette ville le 19 avril lô^S, 
y réinstallèrent Moulay Abou Abdallah, et 
depuis lors le Mezouar tenait la campagne 
en compagnie de Moulay Ahmed (^Legajos 
/tjS-^jâ). — Le caïd des Béni Rached 
continua d'être désigne sous le litre de 



Mezouar, même après son expulsion de 
Tlemcen. 

1. Marmol, Lib. V, cap it. 

2. V. infra, pp. 210, 266 et 269. 

3. V. infra, p. 209. 

^. Sur ces soumissions et sur la faveur 
avec laquelle les tribus, excédées de la domi- 
nation turque, accueillaient le Chérif, V. 
infra, p. 268. 

.T. V. infra, p. 209. 

6. V. ibidem. 

7. Hassan, fils de Khcir ed-Din, qui fut 
trois fois pacha d'Alger : i54i-i55l, i557- 
i56i et i562-i5')7. Ilmouruten 1D70. 

8. Sur l'offre do concours faite par le Chérit 
aux Turcs, V. infra. Duc. LX\\1F, pp. 

246-2/18. 

9. V. supra, p. 77, note i. 

10. Il passa dans ce but en Espagne à la 
fm do iS^g, et son absence se prolongea 
durant quatre années, pendant lesquelles 
il fut remplacé dans le gouvernement 
dOran par son fils Don Martin. 

11. V. infra. p. '4 16, PI. V, Tableau 



2o4 



INTRODUCTION CRITIQUE 



Abd el-Kader et Moulay Abd er-Rahman l'accompagnèrent. L'armée se mit 
en marche à la fin de mai i55o'. Non seulement elle ne rencontra aucune 
résistance, mais elle vit arriver dans ses rangs les contingents des Béni Rached, 
conduits par le mezouar El-Mansour, qui, après la mort de Moulay Ahmed 2, 
le prétendant dont il soutenait la cause, venait se rallier au Chérif. Quant 
à la ville de Tlemcen, elle avait déjà fait des ouvertures de soumission' et 
les troupes de Moulay el-Harrân l'occupèrent sans coup férir* le 9 juin t55o^. La 
garnison turque se rendit et fut envoyée à Fez avec le pseudo-roi Moulay Hassen *. 

De Tlemcen, les Chérifiens, razziant le pays, se portèrent sur Debdou '', où ils 
installèrent un caïd ^. Le souverain de ce petit royaume, Moulay Amar, obtint de 
se retirer avec les siens; il gagna Melilla, où il arriva, le 12 juillet i55o, avec 
une suite de 3oo personnes'. 

Après cette double soumission , on s'attendait à voir les Chérifiens s'avancer vers 
l'Est. MaisMoulayel-Harràn, atteint de maladie, repartit pour Fez (juillet i5do), 
ramenant le gros de l'armée, qui passa sous le commandement de Moulay Abd er- 
Rahman et qui fut envoyé au Tafilelt opérer contre Moulay Ahmed el-Aaredj *''. 



généalogique des princes de la dynastie saa- 
dienne, note 7. 

I. Le départ de cette armée est annoncé 
comme avant déjà eu lieu ou étant imminent 
à la date du 24 mai iS^Q- ^ ■ infra, p. 4i3. 

3. Le prétendant zeïani Moulay Ahmed 
dut mourir à la fin de lo^g ou au commen- 
cement de i55o. — Le mezouar El-Man- 
sour fit connaître ultérieurement à Don 
Martin de Cordoba les motifs de sa déter- 
mination. V. infra, p. 5o3. 

3. V. infra, p. 535. 

!\. V. infra, pp. A4i-442. 

5. Le lundi 3 Djoumada 1" 957 (El- 
OuFRÀNi, p. 55). C'est le seul auteur qui 
donne la date. On ne voit pas sur quelle 
autorité s'appuie l'abbé Barges pour justi- 
fier la date de la fin du mois <le mars 1 55 1 . 
V. op. cit., p. 528. 

6. V. infra, pp. 44i-4'ri et p. 535. 

7. Debdou est un groupe de quelques 
villages sitiié sur un plateau montagneux 
(Gada Debdou), qui surplombe de 5oo 
mètres environ la plaine de Tafrata et qui 
prolonge sur le flanc droit de la Moulouïa le 
massif du Moyen Allas. Lcs(igneur(cheikb) 
do ce petit pavs avait plus ou moins sous son 
autorité les tribus de la vallée de l'oued Za 
et son influence s'étendait jusqu'à Taza. 



Longtemps vassal des Béni Merin, il était 
devenu indépendant ; les Espagnols lui 
donnaient le titre de roi de Debdou, comme 
ils appelaient Abou Hassoùn « roi de Yelez » . 
B. DE Morales le nomme plus exactement 
reyecilloÇjp. 3o2). Le « petit roi » de Debdou 
était, à l'époque qui nous occupe, Moulay 
Amar (transcrit parfois Ammar) ; il s'était 
fait proclamer en i542, après avoir assas- 
siné son frère. V. /''* Série, Portugal, 
Lettre de Bastiâo de Vargas à Jean III, a5 
juillet i542. — Lorsque les Turcs eurent 
repris Tlemcen, Moulay Amar partit de 
Melilla le 23 février i55i et rentra dans sa 
capitale le 2 mars. V. infra, p. 558. Mais 
bientôt, en octobre i55i, il en fut de nou- 
veau expulsé par le mezouar El-Mansour et 
le caïd deTaza, Abdallah ben ech-Gheikh. 
V. infra, p. 61 1 . Il erra alors dans le Sahara 
et ne rentra à Debdou qu'à la fin de i553, 
lors de la marche d'Abou Hassoùn et de 
Salah-Roïs sur Fez. Marmol, Lib. II, cap. 
4o. Moulay Amar fit sa soumission au 
Ghérif en juillet i554. V. /'"« Série, Portu- 
gal, Lettre d'Alvaro de Gar\alho à Jean III, 
i5 août i555. Il mourut en i563. 

8. V. infra, p. 443. 

9. V. infra, pp. 42 1, 423 et 442. 

10. V. infra, p. 4 16, PL V, Tableau 



l'expédition de tlemce\ 2o5 

Deux mois après (22 ou 24 septembre i55o), Moulay el-Harrân succombait à 
Fez'. Quant à Moulay Abd el-Kader, il avait été laissé seul à Tlemccn avec de 
simples forces de garnison. 

Justement irrité de la prise de ïlemcen, que le Chérif semblait vouloir occu- 
per d'une façon déllnitive, le pacha d'Alger rassembla une armée, dont il donna 
le commandement au renégat Hassan-Corso'-. Dès le mois d'août, les forces 
turques étaient concentrées sur la rive droite du Cliélif ; elles s'élevaient à 5 000 
arquebusiers, auxquels se joignit la cavalerie des tribus soumises à la domi- 
nation d'Alger; l'artillerie comprenait 3o pièces, tant de siège que de cam- 
pagne ^ Hassan-Corso franchit le Chélif et s'avança jusqu'à l'oued Tlélat, 
chassant devant lui le mezouar El-Mansour et les Béni Rached, qui se replièrent 
sur Tlemcen*. 

Moulay Mohammed ech-Cheikh, inquiet du danger auquel était exposé son 
fds Moulav Abd el-Kader, trop faible pour résister à l'armée d'Alger, fit partir 
de Fez à la fin d'août'' toutes les forces qu'il put réunir'' et en confia le comman- 
dement à un autre de ses fils, Moulay Abdallah'. 

Cependant Hassan-Corso et ses Turcs, dépassant le Tlélat, étaient arrivés 
devant Tlemcen, où les attendait Moulay Abd el-Kader. La bataille eut lieu 
le 4 septembre, près de l'oued Zadidja*. Les Chérifiens, fort maltraités, furent 
refoulés dans la ville. Leur situation était des plus critiques. Mais, dans la nuit, 
Hassan-Corso fut informé par un transfuge de l'arrivée de Moulay Abdallah avec 
des troupes de renfort ; il leva immédiatement son camp et battit en retraite. Les 
Chérifiens se lancèrent à la poursuite de leurs vainqueurs de la veille, qui durent 
se retrancher sur une hauteur pour leur échapper ; quant aux auxiliaires indi- 
gènes, ils subirent de grosses pertes'^. Les opérations furent momentanément 
ralenties à cause du Ramadan '". Les Turcs se retirèrent sur Alger par Mosta- 
ganem et la Kalaa des Haouara ". Les fils du Chérif regagnèrent Tleaicen '-. 

A la fin de septembre, ils en sortirent et se postèrent dans la région du 

généalogique dos princes de la dynastie 10. V. infra, p. ^gS. Le mois de Rama- 

saadienne, note 3, où il faut lire i55o au dan correspondait, celle année, à la période 
lieu de iS^g. Cf. infra, p. 206. du i3 septembre au la octobre. 

1. V. infra, p. 5o5 et note i. » 1 - c 

„ r- ' . !'• . • < il II. Sj fc* *ui3 « .\lcala de Ilacuara « 

2. Le renégat exerça 1 mlerim a Alger "^ j^ •»**' b 

en i556, après la mort de Salab-Ileïs, et (Siniancas, EsUido, Leg" 4?^, Instructions 

iil inutilement le siège d'Oran. Il fut pour Juan Martin, annexées à une lettre 

massacré la même année. d'Alcaudele, en date du 3 juin i54S). Cette 

3. V. infra, pp. 455 et 45g. Kalaa se trouvait sur le territoire des Béni 

4. V. infra. p. 469. Rached (Marmol, Lib. V, cap. i4), et pour 

5. V. in/ra, p. 482. cette raison elle est parfois appelée Kalaa des 

6. 20 000 cavaliers et 1 5 pièces d'artillc- Béni Raclied. V. infra, pp. 5o5-5oG, et Gram- 
rie. V. infra, p. 472. mont, p. 2O. Elle est située à 35 kilomètres 

7. V. infra. pp. 479 et 493. au N.-E. de Mascara, et elle est connue 

8. V. Barges, Complément, p. 628. aujourd'hui sous le seul nom d'El-Kalaa. 

9. V. infra, pp. 472 et 473. 12. V. infra. p. 49^^. 



2oG 



INTRODUCTION CRITIQUE 



Tessala, d'où ils interceptèrent le ravitaillement de la ville d'Oran * . Le 23 octobre , 
Moulay Abdallah ayant été rejoint par son cousin Moulay Messaoud^, qui lui 
amenait de Fez i ooo cavaliers, i 5oo arquebusiers et 6000 chameaux, l'armée 
chérifienne marcha contre les trilius dissidentes, qui s'étaient rassemblées dans 
la plaine de Sirat, non loin de Mostaganem. Après quelques escarmouches 
malheureuses, elle fut contrainte de se retirer sur Tlemcen ^ 

Ces engagements n'étaient que le prélude de la lutte décisive qui se prépa- 
rait entre le Chérlf et les Turcs. Moulay Mohammed ech-Clieikh lit remonter 
du Tatîlelt vers le Nord l'armée de Moulay Abd er-Rahman, qui avait contraint 
Moulav el-Aaredj à se retirer au Gourara ; il la concentra vers Taza, d'où elle 
pouvait, en cas de besoin, se porter rapidement au secours de Tlemcen^. A Alger, 
le pacha confia au caïd Saffa ' le commandement des troupes turques, compre- 
nant 3 4oo arquebusiers et /|000 cavaliers ''. Elles se mirent en route en décembre 
K)5o et rallièrent sur leur passage les goums d'un graad nombre de tribus'. 

De son côté, Moulay Mohammed ech-Cheikh fit partir de Taza pour 
Tlemcen l'armée de Moulav Abd er-Rahman *. Les fils du Chérif, toutes leurs 
forces réunies^, attendirent les Turcs à une lieue de Tlemcen, près de la rivière 
de Bou Azzoun*'\ Le choc eut lieu au commencement de février i55i ". Les 
Chérifiens subirent une défaite complète; leur camp fut pris par l'ennemi; 
Moulay Abd el-Kader périt dans le combat et sa tête fut envoyée à Alger'-; 



I. V. infra, p. 498- 

1. V. infra, p. 5o3 et note 2. 

3. V. infra, pp. 5o3 et 5ii. 

[\. V. infra, p. AgA et note 3, pp. ô3i-532. 
Cf. Marmol, Lib. II, cap. 4o. 

5. Ce caïd turc, originaire d'Anatolie, 
dont la présence à Alger est constatée dès 
i544 (Haedo, p. 71), négocia avec le 
comte d'Alcaudete, en i546, le traité par 
lequel Hassan-paclia s'engagea à évacuer 
Tlemcen et à reconnaître Moulay Ahmed 
comme roi. Y. Lettre du comte d'Alcau- 
dete au caïd Saffa, annexée à la lettre 
du 17 décembre 15^8, dans Lcfjajo 473; 
Makmul, Lib. V, cap. 11, f. 188 v». En 
1547, il fut envoyé en ambassade auprès du 
Chérif pour l'inviter à mettre en liberté le 
roi de Fez, Ahmed cl-Ouatlassi. V. infra, p, 
2/18 et note i. En i5i8-i549, il commanda 
le corps d'obser>ation turc dans le royaume 
de Tlemcen (V. la correspondance du comte 
d'Alcaudete pour ces années, passim, dans 
Lerf" 473-474)- Après avoir repris Tlem- 
cen en février i55i, il gouverna cette ville 



comme caïd, sous le roi titulaire Moulay 
Amar, jusqu'en juillet i55i. V. infra, p. 
r»02. De septembre i55i à a^TÏl i552, il 
exerça l'intérim à Alger, avec le titre de 
khalifa, entre le départ d'Hassan ben Kheir 
ed-Din et l'arrivée de Salali-Reïs. SafTa 
devint ensuite caïd de Tenès et mourut en 
i56f .àTàgedecinquanteetun ans. Haedo, 
p. 84 delà traduction Gra.mmo.nt. 

6. V. infra, p. 535. 

7. Les Béni Amer, entre autres, auraient 
rejoint les Turcs en route. Haedo, p. 78. 

8. V. infra, p. ^94 et note 3. 

g. Elles s'élevaient à 17000 hommes, 
d'après le caïd SaËFa. V. infra, p. 535. 

10. Barges, pp. 528-629. 

11. La nouvelle de la bataille arriva à 
Mchlla le 11 février. V. infra. p. 532. Le 
caïd Saffa en rendit compte aux autorités de 
cette ville le 17 février. V. infra, p. 534- 

12. V. infra, p. 554- Cf. Barges, p. 
629. La tête d'Abd cl-Kader resta suspen- 
due dans une cage de fer au-dessus de la porte 
Bab-,\zoun jusqu'tm i573. Haedo, p. 79. 



I> EXPEDITION DE TLEMCEN 207 

Moulay Abd er-Rahman, blessé à la main, parvint néanmoins à s'échapper*. La 
cavalerie s'enfuit bride abattue jusqu'à Fez"^. Les pertes marocaines furent très 
élevées^; les débris de l'armée furent poursuivis par les vainqueurs jusqu'à 
la Moulouya*. Quant à jMoulay Abdallah et au mezouar El-Mansour, ils durent 
se réfugier dans des douars fidèles, d'où ils gagnèrent Fez, faisant à pied le 
voyage avec leurs enfants. Le Mezouar ne devait plus quitter le Maroc; il y 
jouit à la cour des Ghérifs d'une grande faveur \ 

Les Turcs entrèrent victorieux à Tlemcen '' ; Moulay Amar, un des princes 
des Béni Zeïan, frère de ceux qui avaient régné précédemment, fut installé 
nominalement comme roi', le véritable pouvoir appartenant au caïd SafTa. 

Le désastre de 1 oued Bou Azzoun marque l'échec des desseins du Chérif 
sur Tlemcen; il eut pour conséquence immédiate la défection de tout le pays 
situé entre Oudjda et Taza ". L'emprise du Maroc vers l'Est devait, comme nous 
le disions en commençant, s'arrêter à la vallée de la Moulouïa, limite géogra- 
phique que ne put dépasser non plus, au cours des siècles suivants, la domina- 
tion des Turcs sur le Maohreb. 



1. Le bruil courut que Moulay Abd cr- 
Rahman était mort do sa blessure, en arri- 
vant à Fez. V. infra, pp. 54 1 et 548. 
Celle nouvelle était inexacte, car à la fin 
de mars i55i, Moulay Abd er-Rahman 
partit de Fez avec 3 ooo cavaliers pour ' 
débloquer Taza assiégé par le roi de Deb- 
dou. Y. infra, p. 572. Mais il mourut peu 
après. 

2. V. BARGÎis, op. cit. p. 029. 

3. 1 4 000 hommes, d'après Juan de Pcrea, 
p. 554; 20000 d'après Dorador, p. 55i. 
Ces cliifTres paraissent très exagérés. 

4. V. infra, p. 536. 

.'). Longtemps après, dans une lettre qu'il 
écrivait à un de ses fils, le sultan Moulav 
Ahmed el-Mansour appréciait ainsi la con- 
duite du Mezouar. « 11 était un des servi- 
teurs les plus fidèles et les plus intimes 
de nos pères ; il était de nos familiers et 
de notre entourage, à cause de la haute 
estime que nos prédécesseurs lui avaient 
accordée. C'était, en outre, un ennemi des 
Turcs, qu'il avait souvent combattus en per- 
sonne. 11 avait pris part avec noire i'rère 
El-Harrân à tous les grands combats qui 
avaient été livrés sur le territoire des Turcs 



ot ailleurs, à l'époque de la conquête du 
Maghreb central ; il avait ensuite accom- 
pagné Abd el-Kader, partageant avec lui sa 
bonne et sa mauvaise fortune. Lorsqu'il 
vint de Tlemcen, il amena ses enfants et 

fit le voyage à pied M»-J Ll^ ii/ju^l>- 

comme Baba Abdallah, qui lui aussi amena 
ses enfants, et comme bon nombre de nos 
fidèles de cette contrée. Il continua toujours 
de servir avec zèle et dévoucment'et acquit 
ainsi une haute considération auprès de nos 
prédécesseurs ». Ei.-Ol"iuÀn;i, p. 284. 

6. Sur la conduile des Turcs après leur 
entrée à Tlemcen, \ . Tohres, cap. 85 ; 
Haedo, p. 79. D'après ce dernier histo- 
rien, une garnison de i 5oo ioldachs fut 
laissée à Tlemcen sous le commandemenl 
du caïd Saffa. 

7. V. infra, p. 535. Ce prince ne doit pas 
être confondu avec son homonyme Moulay 
Amar, roi de Debdou. V. supra, p. 2o4. 
note 7. Son règne fut court: en juillet 
1 53 1 , il fut déposé et envoyé à Alger par les 
Turcs, qui dès lors administrèrent direc- 
tement Tlemcen. V. infra, p. Goi et note '|. 

8. V. infra, pp. 554 et SSg. 



2o8 28 MARS i5^9 

LKII 

AVIS DL COMTE D'ALCAUDETE' 

D'après un ûvis d'un Juif de Tlemcen du 34 mars, un caïd du ChériJ est 
arrivé à Dar hen Mechal avec 6000 cavaliers. — Les Béni Snassen se 
sont déclarés sujets du Chérif; on pense que leur exemple sera suivi et 
que le Chérif sera à Tlemcen pour la fin d'avril. — // a juré de ne pas 
entrer dans les villes appartenant aux Maures, qu'il n'ait conquis celles 
que détiennent les Chrétiens ; aussi pense-t-on qu'il va tenter de s'emparer 
d'Oran. — Quinze notables des Mediouna sont allés demander au Chérif 
un caïd pour organiser le blocus d'Oran. en attendant sa venue; ce rensei- 
gnement a été confirmé par divers espions. — Deux cents arquebusiers de 
Tlemcen sont partis avec bannière et tambour pour demander au ChériJ 
de les prendre à sa solde. — Le cheikh El-Mansour ben es-Seghir écrit 
pour demander secours contre le Chérif. — Un espion donne avis qu'un 
caïd du Chérif se fortifie à Guercif, que les cheikhs de Dar ben Mechal 
ont accepté un caïd chérifien et que les Arabes d'Ayxa ont envoyé un pré- 
sent. — L n autre espion écrit le 26 mars que les Mediouna ont demandé 
un caïd au ChériJ' et qu'ils se sont déjà partagé entre eux les maisons 
d'Oran ; le ChériJ' viendrait avant la moisson avec des soldats plus nom- 
breux que l'herbe des champs. — Les Mediouna attendent bientôt le retour 
des notables envoyés au Chérif pour lui demander un caïd; ceux-ci 
reviendront avec des troupes pour tenter d'envahir le royaume de Tlemcen, 
à moins que les Arabes de la région ne se joignent au prétendant Moulay 
Ahmed et au Mezouar pour leur en interdire l'entrée. 

[Oran, 28 mars iS^g.]* 

Las nuevas que ay del Xerife son las siguientes : 

Por caria de un Judio de Tremecen escripta a su suegro, de 

I. Sur ce personnage, V. supra, p. 77, joints en duplicata aune lettre du comte 

note I. d'Alcaudcte du 28 mars 10^9, accréditant 

j. Co document et le suivant étaient Pedro de Los Rios auprès de Leurs Altesses 



AVIS DU COMTE D ALCAUDETE 20q 

veinte y quatre del pasado, dize que es llegado a Dar bel Mixar', 
tierra de Tremeeen, un alcayde del Xarife con seis mill cavallos, 
y que la sierra de Béni Zenete^, que es doze léguas de Tremeeen 
y tierra del rrey de Tremeeen, se pregonaron por vasallos del 
Xarife, y que lo mismo se crée que haran todas las otras sierras y 
llanos, y que lo esperavan en Tremeeen parael fin de Abril, y que 
avisa a su suegro que mire como esta en Oran, porque el Xarife 
a jurado de no entrar en ningun lugar de Moros, sino en los que 
ganase de Ghristianos, y que todos dizen que a do pasar luego a 
tomar a Oran, porque dizen que tiene rruynes murallas y poca jente. 

Dize asimismo que quinze cavalleros de Mediona ^ an ydo al 
Xarife para que les de alcayde que venga con ellos, si el no pudiere 
venir luego, para que tengan cercado a Oran hasta que el llegue, 
para no sentir entrar bastimentos ni dexar salir la jente de Oran a 
ninguna cosa al campo, y eslo se sabepor Moros de Mediona y por 
otras espias. 

Avisa este Judio de Tremeeen que se fueron dozientos vezinos de 
aquella ciudad escopeteros con vandera y atanbor a pedir sueldo al 
Xarife para ellos y para los que quedavan en la ciudad. 

Porcarta de Mançor Benazeyer^, xeque de una parcialidad de los 
Alarves deste rreyno. esciive lo siguiente : 

El Xarife es enemigo vuestro y nuestro, porque dize que no tiene 
otros enemigos sino a los Ghristianos y a los Alarves ; nosolros 
somos vueslros amigos. j Y Dios ensalce al rrey de Castilla I \ si vos 
nos ayudais, el Xarife no entrara en esta tierra. Queremos de vos 

I. Dar bel Mixar, Dar bcn Mochal, nomcnt do la dynastie lilalieniic; le l'ail est 

grande kasba situé(! chez les Boni Snassen, relaie par les chroiiiquexirs arabes dans d( s 

dans la fraction des Oiilad (încrroudj, à i3 n'cits peu concordants. V. a^ Sérir. Franco, 

kilomètres environ au S.-E. do Berkano. Lo à la date de i66^. 

nom de Ben Mechal serait celui d'un Juif 2. Déni Zciicle, les Boni Snassen. 

qui, d'après la légende, aurait mené dans 3. La tribu des Mediounaélail fixée enlri' 

la région l'existence d'un grand seigneur Oran et Tlemcon, près du Djobol Tessala. 

féodal; il aurait été tué, mais la kasba n'au- 4- Mançor ïienazeycr, El-Mansour bon 

rait pas cessé d'être occupée par ses dcsccn- os-Segbir, qu'on retrouvera qualifié do 

danls convertis 'a l'islamisme. Cette légende clieikb des Boni Snassen et qui semble avoir 

et ce nom se retrouvent au Maroc dans des été un dos correspondants les plus fiilMes du 

endroits différents. La prise d'une kasba Ben comte d'Âlcaudote. \ . i'"' Série. Espagne, 

Mechal par Moulaver-Recbid marqua l'avè- t. II. année i555. 

Df. Castkifs. X. — i.'i 



2 10 28 MARS 10/19 

obras que parezcan en el mundo, pues estais en lugar del rrey de 
Castilla ; no os descuydeis, por que tenemos el enemigo a la cara, 
y nuestros Alarves an peleado con el y an vencido a su jente. 

Y desta manera Lan escripto la mayor parte de los Alarves deste 
rrey no. 

Por aviso de una espia se sabe : 

Las nuevas del Xarife son que a tomado todas las tlerras, y esta 
un alcayde suyo fortificando en Garcif ' : y los xeques de Dar ben 
Mixar fueron a el, y truxeron un alcayde suyo ; y los Alarves de 
Avxa le llevaron présente. Mira lo que hazeis, que va a Levante. 

Otro Alarve espia, por letra de xxvi de Marco, dize lo siguiente : 

Los de Mediona an ydo a traer alcayde del Xarife contra vos, y 
tienen ya rrepartidas las casas y haziendas de la ciudad. ^ el Xarife 
dize que vHene antes del segar del pan, porque los Alaraves no se 
lo quitemos delante. Trae mas jente que las yervas del campo. 
Ouiero de vos que me faborezcais, que yo os servire como servia a 
vuestro liijo quando Acen Aga' vino a las tierras de Oran. 

Estos de ^lediona tienen gran locura y esperan presto a su jente 
con alcayde. A este proposito an escripto muclios, y tienese por 
cierto que eslos de Mediona trayran jente, si los Alarves del rreyno 
no se juntan con el Rrey y el Mezuar^ para defendelles la entrada. 

Esto solicito yo, con toda la ynstancia que puedo. 

Signé : El conde de Alcabdete. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — I^egajo Ul^. — Original. 

i. Garcif. Gucrcif sur la Moulouïa, au Alonso, fils aîné du comlc, remplissait les 

confluent de ce fleuve avec l'oued Amlillou. fonctions de gouverneur intérimaire. Sur 

2. Acen Aga, Hassan-Aga, dont il a été cet événement. Cf. Ruff. p. 74, d'après 

question supra, p. 80, note i; le corres- Diego Suarez, p. 99. 
pondant rappelle sans doute la tentative faite 3. Sur le prétendant Moulay Ahmed et 

en juillet 15^2 par les T>ircs pour enlever son oncle le mezouar El-Mansour. V. supra, 

par surprise Mers cI-Kebir, alors que Don p. 202 et note G. 



INSTRUCTIONS DU COMTE D ALCAUDETE 2 11 



LXIII 

INSTRUCTIONS DU COMTE D'ALCAUDETE POUR PEDRO DE 
CARDENAS ET PEDRO DE LOS RIOS 

Le comte d'Alcaudete a envoyé son fils Don Martin demander secours à 
Leurs Altesses, avec mission de passer ensuite en Flandres pour solliciter 
et renseigner Charles-Quint ; Don Martin étant tombé malade, le Comte 
craint cju'il n'ait pu aller à la Cour. — D'autre part, le Comte a reçu 
depuis lors des nouvelles plus certaines par des avis d'espions et des lettres 
interceptées, qu'il transmet; il en résulte que le Chéri/ doit venir assiéger 
Oran. — La conquête des royaumes de Tlemcen et d'Alger lui sera facile, 
si l'Empereur ne prête pas assistance au roi de Tlemcen et au Mezouar, 
son oncle. — Comme le temps presse, le Comte adresse, par Pedro de Los 
Bios, un double du mémoire remis à Don Martin et il envoie des capi- 
taines pour lever en diligence les mille hommes qu'il demande, à Murcie, 
à Montiel et à Villena. — // mande aussi à Don Martin de ne pas aller 
en Flandres, car, si Oran doit être assiégé, ce sera prochainement et avec 
de grandes forces] aussi Don Martin et, à son défaut, Pedro de Carde- 
nas et Pedro de Los Bios, prieront-ils instamment Leurs Altesses de 
donner les ordres nécessaires pour la levée et le transport des mille 
hommes, tant à Carthagene qu'à Malaga. — De la région qu'a atteinte 
le Chérif jusqu'à Oran, il n'y a, pour des Maures, pas plus de dix 
journées; ses foires s'accroîtront à mesure qu'il avancera \ les gens de 
Tlemcen et les Berbères se sont déjà rcdliés à lui; il en sera de même 
dans le royaume d'Alger et dans celui de Kouko, car il donne une solde 
fort élevée et il fuit bonne justice. 



[Oran, 38 mars] ij/i;)'. 

Sur la couverture: Oran, 1549- — Mémorial. 

Lo que el licenciado Pedro de Cardenas mi solicitador, y Pedro 
de Los Rrios, criado de suMagS diran a Sus Altéras es lo siguienle : 

I. Sur celle date rcstiluée, V. supra, p. 20<S, noie 2. 



212 28 MARS l5^9 

Oue vo despache a Don Martin de Cordova', mi hijo, a suplicar 
a Sus Altezas mandasen prover. para la defensa y seguridad destas 
plaças, lo que por mis cartas y memoriales se vera, con determi- 
nacion que, en dandolos despachos en lacorte de Espana, y despues 
de aver suplicado a Sus Altezas lo que por ellos suplico se provea, 
con la brebedad que la necesidad que se ofrece rrequiere, pasase a 
Flandes a suplicar a Su Mag'' lo mismo y a dalle particular cuenta 
del estado en que estan las cosas deste rreyno. 

Y porque he tenido rrazon, por la via de Cartagena, que mi hijo 
ha tenido alguna falta de salud y podria ser que no fuese Uegado 
con el despacho que digo ; y porque tengo de présente mas ciertas 
nuevas. por espias moros y judios, y por cartas de aviso que 
se an tomado de Moros y Judios de Tremecen que escrivieron a 
otros desta ciudad, en que certifican la venida del Xarife a este 
rrevno, para sitiar estas plaças, como. por la copia délias y por el 
dicho de las espias Sus Altezas mandaran ver^ ; y porque este viene 
conquistando como honbre cuerdo y poderoso, y tiene mas credito 
con los Moros que su Mahoma, no tengo dubda de la brevedad 
que certifican de su venida, y principalmente porque. para seguir 
su proposito, ynportale mas que lo que ha hecho conquistar este 
rrevno y el de Argel. Y en lo uno y en lo otro terna poco que hazer, 
si Su Mag'' no favoreciese al rrey de Tremecen y al Mezuar, su tio, 
y a los Alaraves para hazelle resistencia. 

Y, porque para esto es menester mas tienpo que el que nos dara 
el Xarife hasta venir a sitiarme, enbio el duplicado del despacho 
que mi hijo Uevo con Pedro de Los Rrios, criado de Su Mag*^, a dili- 
gencia, y capitanes que hagan con ella los mill honbres que enbio 
a suplicar que se provean para aqui, en el rreyno de Murcia y canpo 
de Montiel v marquesado de Villena : y escrivo a Don Martin que 
no pase a Flandes, porque tengo por muy cierto que, si este ha de 
venir a sitiarnos, como se certifica, sera con muy gran poder y pres- 
ieza, y, si se esperase a consultar con Su Mag** la provisyon de lo 
que suplico, llegaria tarde el socorro. 

Que suplico a Sus Altezas manden que se despache luego correo 
con condutas para los capitanes que enbio, y mandamienlo para que 

1. Don Martin ('lait lo li^ fils du comtr. 2. V. lo Doc. procèdent. 



liNSTHUCTlONS J)L COMTE D ALCAUDETL 2l3 

las justicias de los pueblos donde esta jente se a de hazer les favores- 
can, para que se puedan juntar mas brevemente, y que alproveedor 
de Cartagena se le enbie a mandar que tenga los navios que an de 
traer esta gante a punto, y todas las otras cosas necesaiias para su des- 
pacho, como lo suplico por mi mémorial ; y que lo que se huviere de 
proveer de aquellas cosas en Malaga, por no avellas en Cartagena, se 
embie a mandar al proveedor Francisco Yerdugo las provea con ver- 
gantines, por escusardilacion. Ysuplicaran, congran vnstanciay con 
el acaiamiento que se rrequiere, se provea loque en aquellos memo- 
riales y aora suplico , y sobre ello haran los rrequerimientos necesarios 
para mi descargo, porque, acabando en estas plaças, cumplamos el 
dever, en qualquier desgracia que se ofreciese por estar mal proveydas . 
Todo lo quai hara Don Martin, mi hijo, si fuere Uegado, y, si 
no, el licenciado Pedro de Cardenas, mi solicitador, y el dicho 
Pedro de Los Rrios; porque se ha de tener entendido que, dende 
donde oy esta el Xarife hasta aqui, no ay mas que diez jornadas de 
exercito de Moros, y que, quanto mas se acercare, mas se le ha de 
acrecentar el poder de gente y dineros. Y para certificacion a esto, 
diran a Sus Altezas que ya los de la ciudad de Tremecen y todos los 
Zenetes * deste rreyno le han ydo a dar la obidencia y a ofrecelle 
gran servicio, porque venga a tomar estas plaças ; y, en entrando en 
el, haralo mismo toda la buena gente de guerra del rreyno de Argel 
y del Cuco*, porque su sueldo es muy largo para la gente de guerra, 
y en su canpo y en toda su tierra haze muy gran justicia, que es 
el camino derecho para senorear a toda Berveria. 

Signé : El conde de Alcabdete. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legago hlU. — Original. 

les Béni Mcrin (Maroc); le? Bcni Abd el- 
I . Zenetes. Zenata Ïj t}- H faut entendre q^^^j (Tlemcen) et les Béni Toiuljin (Ouan- 
sousce nom, sans entrer dans des précisions cherich). Ces tribus étaient généralement 
généalogiques, les populations berbères du favorables au mouvement chérifien, tandis 
Maghreb el-Oust (Maghreb central). Elles que les tribus de race arabe lui étaient plutôt 
étaient en si grande majorité dans ce pays hostiles. V. infra. Doc. LXXXIII, passlni. 
qu'on lui donnait le nom de « Terre des 3. Cuco. le royaume de Kouko, étal qui 

groupait une bonne partie des tribus de la 
Zenata» ijlij ^J (Ibx Khaldou.n, t. 111, Kabylic du Djurdjura et dont la capitale 
Trad. p. 180). Trois grandes branches de était Kouko, dans les Ait-Yahia, à 8 k. E. 
lafamillezenatiennefondèrent des empires: de Michelet. Cf. injra, p. a^D. 



2l4 29 MARS 10/19 



LXIV 

ORDONNANCE DE CHARLES-QUINT 

Prohibition de toute relation commerciale entre les ports de l'Andalousie 
et les places de Salé, Larache et autres sous la domination du Chérif. 

Valladolid, 29 mars loig. 

El Rey, 

Nuestros corregidores de las ciudades de Gibraltar e Cadix e vues- 
tros lugares tenventes, e justicias de las otras ciudades, villas e 
lugares, puertos de mar del Andalusia, a quien esta mi cedula 
fuere mostrada e lo en ella contenido toca y atafie, y a cada uno 
y a qualquier de vos en vuestros lugares e juridiciones. 

Porque a nuestro servicio y bien destos rreynos conviene que, 
por el présente fasta que otra cosa mandemos, ninguna ni alguna 
personas bayan a tratar ny contratar mercaderias algunas, ansi de 
las questan vedadas y proy vidas como de las que no estan, a los 
lugares de Alarache e Cala, ny a los otros puertos e lugares quel 
Xarife, enemigo de nuestra Sancta Fee Catolica, tiene en Africa, 
so las penas en que caen e yncurren los que no guardan y cumplen 
nuestros mandaniientos, e vos niandamos que lo fagays pregonar 
y publicar ansi en las ciudades. villas e lugares. 

E quiero que no consintays ny deys lugar que contra ello baya 
ninguna persona a tratar ny contratar las dichas partes suso dichas 
sin nuestra licencia y mandado, e que tengays especial cuidado que 
ansi se guarde y cumpla y no fagades ende al. 

Fecha en Valladolid, a veinte y nueve dias del mes de Marco de 
mill y quinicntos y quarenta y nueve anos. 

Maximillano. La Princessa. 

Por mandado de Su Mag** : Sus Altezas. 
En su nombre : Francisco de Ledesma. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo U77 . — Copie. 



LETTRE DE LUIS DE RUEDA 2l5 



LXV 

LETTRE DE LUIS DE RUEDA \ MAXIMILIEN 
ET A MARIE D AUTRICHE 

On est toujours sans nouvelles du Maroc, les ports ayant été' consignés par le 
ChériJ. — Navires envoyés aux informations : trois brifjantins de Ceuta, la 
fuste de Luis de Rueda et deux autres brifjantins de Gibraltar, l'un apparte- 
nant à un Portugais nommé Diego Viera, l'autre à un habitant de Gibraltar, 
ancien captif à Vêlez. — Les brigantins de Ceuta ont fait une descente 
infructueuse , dans laquelle ils ont perdu six hommes. — Le brigantin 
portugais n'a pu prendre aucun Maure et a perdu deux hommes. — Le 
patron de l'autre brigantin a appris d'un Maure que le Chérif avait 
refusé de mettre en liberté les femmes et les enfants du roi de Vêlez, qui, 
de son côté, ne veut pas consentir à une entrevue avec le Chérif; ce dernier 
enverrait contre Melilla dix mille cavaliers. — La fuste de Luis de Rueda 
a été capturée par unegaliote d'Alger et par une autre de Vêlez ; le brigantin 
de l'ancien captif a pu s'échapper. — Les marins d'Alger passent au 
service du Chérif. — Deux navires maures ont été vus la veille près 
de Ceuta. — // est urgent de réparer les fortifications de Gibraltar. 
— Luis de Rueda demande qu'on fasse racheter l'équipage de sa fuste. 

Gibraltar, 3o mars iD^g'. 

Sur la couverture, alla manu : A Sas Altezas. — Del corregidor de 
Gibraltar, xxx de Marco ibl\Q. 

Adresse: A los muy altos y muy poderosos Senores, les prin- 
cipes de Espana etc. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

Ya escrevi- a Y"' Altezas como el Xarife avia mandado cerrar los 
puertos, por lo quai no se avia podido tomar platica de lo que hazian 
los Moros ; y tanbien escrevi como avia enbiado mi fusta a tomar 

I. La décision publiée ci-dessus p. 194 bien qu'à celle du i5 mars, 
se réfère à cette lettre du 3o mars aussi u. V. supra, Doc. L^ lll. p. 192. 



2l6 3o MARS 15^9 

lengua. Despues deslo el capitan de Cebta enbio très vergantines 
a lo mismo. y yo, demas de mi fusta, di lugar a otros dos vergan- 
tines, el uno de un Portugues que se dize Diego Viera, y otro de 
un vezino de aqui que estuvo cativo catorze aiïos en Bêlez, porque 
por una parte o por otra se pudiese efetuar el yntento. 

Los de Cebta armaron en un salto que solian armar otras vezes, 
y, como ya esta toda aquella tierra con otro recabdo que solia, fueron 
sentidos, y los Moros dieron en ellos y tomaron seys onbres de los 
mejores y mas platicos que avia en aquella frontera, de los quales 
tomaron aviso de los otros navios. 

El otro vergantin del Portugues, de los dos que e dicho, no 
pudo tomar ningun Moro y perdio dos onbres en otro salto. 

Mi fusta y el otro vergantin fueron bien adelante de Bêlez ; y el 
vergantin, por ser chico, se pudo esconder en tierra, con un ten- 
poral de lebante que se metio, y eclio gente en ella ; y, teniendo su 
atalaya tomada, vieron cerca de alli unos camellos, y fueronse 
metiendo lo mas secreto que pudieron bazia ellos y tomaron un 
negro ; y apellidose la tierra y ellos se recogieron con gran priesa 
al vergantin. Y acudieron a hablalle algunos Moros, y entre ellos 
un cavallero que conocio al patron del vergantin del tienpo que 
estubo cativo, y, asegurandole, se llego a ellos con otros dos Moros 
que tanbien lo conocian, y preguntaronle que porque bazia la 
guerra, aviendose ya perdido otra vez. Y respondio que porque del 
poder del rey de Bêlez avia salido pobre y que no pensava valerse 
sino por ella. Y el les pregunto por el rey su amo y que como le 
y va con el Xarife. Dixeronle como avia enbiado présente al Xarife, 
pensando sacar sus bijos y las mugeres que avia dexado en Fez ; y 
que el Xarife no le dio ninguno, y le respondio que fuese a ver su 
cara, y que se avria bien con el ; y que el Rey dezia que antes se 
yria a poder de Turcos o de Cristianos que ponerse en su poder. 
Dixeronle mas que yvan bazia Melilla de la gente del Xarife basta 
diez mill de cavallo ; y no les quisieron dezir otra cosa, y asi se 
despidieron. 

Mi fusta vino a meterse. con el tienpo, en una ysleta ' que esta a dos 
léguas de Bêlez; y, estando puesta en el salto, dieron con ella una 

I. L'îlot de telles, V. infra, p. 330 et note 3. 



LETTRE DE LUIS DE RUEDA 2 1 "y 

galeota de Turcos. que avia bajado de Argcl, y otra de Bêlez, y 
tomaronla. Y, viniendo el vergantin haziendo su viaje. vido en la 
mar, cerca de Bêlez, una barca pescando, yfue haziaella, tomandole 
la tierra, de manera que se juntaron ; y hallo que era de un navio 
de Cristianos que estava alli contratando ; y dixeronle que no parase 
poco ni mucho, porque una galeota de Turcos, que avia llegado alli, 
y otra de Bêlez avian tomado mi fusta. Y no pudo pasar su platica 
mas adelante, porque vido venir los navios contra el, los quales le 
dieron caça un rato, y, visto que se les salia, se bolvieron. Pesarame 
mucho mas que se perdiera este vergantin que mi fusta, porque ylba 
armado de la gente desta cibdad, y en mi fusta no fueron délia mas 
de très onbres. Lo que a mi toca desto tengo en poco por ser en ser- 
vicio de Su Mag' y de V"' Altezas. 

Ya de aqui adelante sera muy dificultoso poder tomar ningun 
Moro, porque tienen mucho recabdo ; y, segun parece, comiençan 
a bajar de los navios de Argel, y creo para mi que a de quedar 
despoblado de los onbres de guerra, porque lodos se an de pasar 
al Xarife, en vello tan prospero y por las buenas pagas que haze. 

Ayer tuve aviso de Cebta que pasaron junto a ella dos navios 
de Moros ; y fue gran ventura no lomar unas barcas que estavan pes- 
cando, por ser de noche ; luego di aviso por las guardas en esta costa. 

Suplico a V"' Altezas que en el reparo desta cibdad aya brevedad, 
porque se pueda poner en defensa antes que se ofrezca alguna nece- 
sidad ; y tanbien que V'*' Altezas me hagan merced de mandar a los 
que sacan, o an de mandar sacar cativos, que tengancuydado de le» 
que se perdieron en mi fusta, porque sera animar a los que se les 
mandare de aqui adelante hazer algun servicio. 

j Nuestro Senor las muy altas y muy poderosas personas de V"' 
Altezas guarde y prospère con senorio de muchos reynos ! 

De Gibraltar, a xxx de Marco de 10/19 afios. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 
Besa los reaies pies y manos de V"' Altezas, 

Signé: Luys de Rueda. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 



2l8 3o MARS 1549 



LXVI 

LETTRE DE FRANCISCO DE MOLINA^ A DON JUAN DE MENDOZA 

Abou Hassoûn a déclare qu'il ne pourra livrer le Penon que lorsque des 
secours suffisants pour une action contre Fez lui seront parvenus. — 
Pour l'éprendre cette ville, il faudra, d'après lui, soixante mille hom- 
mes, et il estime que, pour défendre le royaume de Vêlez, dix mille 
sont nécessaires, ainsi que les galères de Mendoza. — Le Chérif n'a pas 
encore attaqué Abou Hassoûn, parce qu'il espère que celui-ci se rendra 
à Fez, mais, comme il n'y paraît pas disposé, il est à croire que le 
Chérif va marcher sur Vêlez. — Le Chérif a écrit à Abou Hassoûn de 
venir le voir pour s'entendre avec lui sur la construction de trois cents 
(jalères et d'autant de bateaux plats. — Une fusie du corrécjidor de 
Malaga a été capturée par les Maures à une lieue de Vêlez. — Le Chérif 
a convoqué tous les caïds des royaumes de Fez et de Merrakech ; on dit 
que c'est pour attaquer les fronteras. 

Malaga, 3o mars i549- 

Sur la couverture, alla manu : Copia ^ de la carta que Francisco 
de Molina escrivio al sefior Don Juan de Mendoça. 

Adresse : Al niuy ilustre senor Don Juan de Mendoça, en las 
galeras de Su Mag', mi senor. 

Muy ilustre Senor, 

V" Senoria sabra como yo parti desta cibdad ; y fue el tiempo 
tan contrario que estube en llegar a Bêlez onse dias. Y, llegado 
que llegue. hize lo que V" Senoria me mando; y quisiera yr a bcsar 

I. Francisco de Molina était un marchand de Mendoza. V. supra, pp. 176, 17601 200 

doMalagaenvoyc à Abou Ilassoùn par Fran- el infra. Doc. LXVIII-LXX, pp. 223-326. 
cisco Verdugo ; il était passé par Gibraltar oi!i a. Malgré cette mention, le présent docu 

il avait reçu des instructions de Don Juan ment est un original. 



LliTTRE DE FRANCISCO DE MOLINA 2I() 

las manos a V" Senoria, y, por venir un poco mal dispueslo, no 
pude. 

Y lo que pasa es que, ansi como Uegue, meti al rey de Bêlez en 
una guerta y hize y dixe todo lo que por V" Senoria me fue man- 
dado. Y el me oyo todo lo que yo le dige, y se holgo muclio en 
pensar tener al senor Don Bernaldino y al sefior marques de 
Mondexar y al senor conde de Tendilla y a V" Senoria por amigos. 
Y le dige aserca del socorro ; y en la verdad el esta de muy buena 
voluntad, mas no se atrebe por agora a dar el Pefion, por no poderse 
fiar de nenguno, mas de que dize que, como estubiese el socorro 
alla, y abia de ser para Fez, y des pues que alla estubiese el socorro, 
haria de si lo que quisiese y lo daria ; que de olra manera se le 
haze cuesla arriba. Y dize que a menester para el socorro de Fez 
L\IS onbres ; y, entretanlo questo se hiziese, abia menester para 
guarda de su tierra x 13 onbres y a V" Senoria con las galeras. El 
Xariie no a heclio cosa nenguna con el, porque le dize que vaya 
todabia a Fez. El esta en puesto de no lo oyr ni vello, ansi que creo 
yo quel Xarife no dexara de yr sobre el. 

El me enbio, luego como lleguc, con una carta para Su Mag', 
y otra para el senor marques de Mondexar, y otra para el senor 
conde de Tendilla, y otra para Y" Senoria, y otra para el senor 
Francisco Verdugo '. El me queda esperando para ver lo que se 
puede hazer. El senor proveedor enbia todas las carias ; por ellas 
vera V" Senoria lo que se podra hazer, por que yo hize y hare lo 
que V" Senoria me mandare. 

El Xarife escrivio al rey de Bêlez que le fuese a ver y a dar orden 
con el dicho Rey de hazer tresientas galeras y otras tantas tafureas, 
y que no quiere sus tesoros syno para dar guerra a los Cristianos. 
El Rey me enseno esta carta y me la leyo, y al cabo me dixo que 
no pensava de bello. El dicho Rey esta en gran nesecidad y me que- 
da esperando para ver lo que a de hazer de sy. 

Lo que pasa de présente es que fue una fusta a entrar del corre- 
gidor desa cibdad " y un hijo suyo, segund dizen, y llegaron una 



1. Aucune de ces lettres fl'Abou Hassoûn braltar. dont la capture a été annoncée plus 
n'a été retrouvée. haut. V. supra. Doc. LMIl, pp. igS-i»)'» 

2. C'est la fustc du corrégidor de Gi- el Doc. L\^ , pp. ^15-217. 



220 3o MARS 10^9 

légua de Bêlez y se echaron a dormir. Y armavan de présente dos 
nabi os ' para Alonso Guillen, ques de Gibraltar, que andaba resca- 
tando unos Moros y una barca que abia tomado^ Ya que yban a 
buscallos, vino un Moro de Iles' y dixo que alli estaba la fusta ; y 
pensaron que era la del dicho xVlonso Guillen y la tomaron con 
XXXIX Gristianos. \ esto es lo que pasa. 

El Xarife a mandado juntar a todos los alcaydes del reyno de 
Fez V Marruecos. Dizen que es para dar orden para venir sobre las 
fronteras ; no se que sera. De présente no se ofrese otra cosa. 

j Nuestro Sefior Dios lamuy lustre persona de V" Senoria guarde 
con acresentamiento de mayor estado que V" Senoria desea ! 

De Malaga. a 3o de Marco de 10^9 anos. 

Beso las manos de V" Senoria. 

Signé : Francisco de Molina. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — J^egajo 79. — Original. 

i. Ces navires étaient deux galiotes, l'une de \elez, dans la baie dénommée anse 

d'Alger, l'autre de Vclez. ^ . supra, p. 217. d'Iris sur la carte du Maroc au 1/200000. 

2. Sur ce navire et sur cette barque, V. Il est appelé lelles par Léon l'Africain, 
ibidem. éd. de i55o, f. 54 v", et Yellezpar Marmol, 

3. Iles, ilôt situé à 10 kilomètres à l'ouest Lib. IV, cap. 68. V. supra, p. ai6, note i. 



LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA 221 



LXVII 

LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

// a envoyé un rapport sur la situation des fronteras du Détroit. — Une 
caravelle de Santa-Cruz-da-Cap-de-Guir a apporté la nouvelle que le 
Chérif avait ordonné à un grand nombre de Maures de se rendre à 
Fez avec des pics et des pioches. — Le gouverneur de Ceuta a donné avis 
que les Maures avaient consigné leurs ports: c'est le signal de quelque 
entreprise. — D. Juan de Mendoza a envoyé un de ses agents à Tétouan 
et un indigène à Fez. 



Puerto de Santa-Maria, i«' avril iS^g. 

Sur la couverture, alla manu : Puerto de Sanla Maria. — A Sus 
Altezas. — Don Juan de Mendoça, primero de Abril lô/ig. 

Adresse : A los muy altos y muy poderosos senores principe 
Maximiliano y princesa Dona Maria, mis senores, etc. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

Recebi la carta de V'^' Altezas de nueve de Marco y, luego como 
llegue aqui, escrevi a V"' Altezas y enbie rrelacion de lo que del 
Xarife se sabia y del estado en que estan las fronteras del Estreclio 
y lo que me parece que al présente se debria proveer. Despues aca 
a benido una carabela de Cabo de Aguer, y los que en ella bienen 
dizen que el Xarife abia enbiado por municion de picos y açadones 
y espuertas aquella tierra y a las otras que tiene en aquella comarca, 
y que le abian llevado cantidad de todo este y yban Moros de pie 
de toda aquella tierra con estas municiones a Fez. 



292 



I*' AVHIL l5'|() 



Del capitan de Ceula e tenido abiso que a dias que los Moros 
tienen cerrados los puertos, y que es sefïal que el Xarife quiere 
hazer alguna cosa '. Yo e enbiado un ombre a Tituan y un Moro a 
Fez, Venidos, enbiare a V"* Altezas rrelacion de lo que se supiere 
del Xarife, y de lo que se crée que hara. 

Del Puerto de Santa Maria, a primero de Abril i5A9 anos, 

Cryado de V"' Altezas, 
Signé : Don Juan de Mendoça. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 



I. Celto nouvelle élail fondée. Le 20 
mars, le Chcrif avait réuni tous ses caïds 
et leur avait déclaré que, la paix avant été 
rétablie dans le royaume, il fallait faire la 
j,'ucrre sainte contre les Chrétiens; on los 
alla([ucrait dans les fronleras, en leur fai- 
sant tout le dommage possible. Sept caïds, 
Mohammed ber-Rachcd, caïd de Checha- 
ouen, Mohammed el-Aroussi. caïd d'El-Ksar 
elKebir, Sidiïalhaei-Aroiwsj, caïd d'Azcd- 
jen, En-Nasser, caïd de Laraihe, Sidi cr- 



Rami, caïd venu de Merrakech, Homoriao, 
caïd des Turcs, et EI-Hassen, caïd de Té- 
touan, avaient rassemblé, en vue de cette 
expédition, 35oo lances et convoqué les 
Berbères de la montagne. V. /'* Série, 
Portugal, à la date du i5 mai iS^Q- Arzila 
fut attaqué dès le i4 avril (lettre de Don 
Juan de Mendoza du 20 avril iS^Q, Legajo 
jg). Les Maures se portèrent ensuite sur 
Tanger. Y. infra, p. 255 et note i ; pj). 
256-207 et 274. 



LETTRE DE VERDUGO ET DE CACALLA 2 2.3 



LXVIII 

LETTRE DE VERDUGO ET DE CAÇALLA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

L'émissaire envoyé à Vêlez est revenu hier avec la lettre d'Abou Hassoûn 
pour Leurs Altesses jointe à la présente. — D'autres lettres du roi de 
Vêlez dénotent ses inquiétudes. — On croit à Vêlez que le C/térif marchera 
sur Melilla : urgence d'envoyer l'arrjent nécessaire aux travaux de défense. 



Malaga, i'"" avril 15^9. 

Au dos, alia manu : Malaga. — A Sus Altezas. — i549- — ^^ 
los proveedores de Malaga, primero de Abril iS^Q. 

Adresse : A los muy altos y muv poderosos senores el principe 
Maximiliano e princesa Dona Maria, governadores destos reinos. 

Muy altos e muy poderosos Senores, 

La persona^ que Don Joan de Mendoça enbio a Vêlez de la 
Gomera vino ayer y trae la carta que va con esta para V" Alteza del 
rrey de Vêlez. Tanbien escriAe al eonde de Tendilla e a nosotros, 
y en lo que pide se paresce la turbacion que tiene. El mensajero 
dize que lialla se tiene por cierto que el Xarife verna sobre Melilla. 

V" Alteza mande proveer los dineros para las obras e lo que mas 
fuere servido. 

Malaga, a primero de Abril iblic). 

Signé : Francisco Verdugo. — Diego de Caçalla. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 

I. La persona. Francisco de Molina. V. supra, p. 21S d note i. 



22^ 5 AVRIL 15^9 



LXIX 



LETTRE DU COMTE DE TE>DILLA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

Francisco de Molina est de retour de Vêle:. — Le comte de Tendilla 
communique à la Cour une lettre que Molina à écrite à D. Juan de 
Mendoza pour rendre compte de sa mission. — Capture d'une Juste 
envoyée par Luis de Rueda pour opérer dans ces parages. — Abou 
Hassoûn est indigné de cette tentative sur soji territoire, et le comte de 
Tendilla, pour cette raison, a écrit à Luis de Rueda de suspendre la 
négociation. — Il ne semble pas qu'il y ait entente entre Abou Hassoûn 
et le Chéri/. 

Âlhambra, 5 avril 16^9. 

Sur la couverture, alia manu : A Sus Altezas. — Del conde 
de Tendilla, v de abril \h!\Ç). 

Adresse : A los muy altos y niuy poderosos sefiores el ley y reyiia 
de Boliemia. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

Rescibi la carta de V"' Altezas de xxix de Marco, y vi lo que a 
Don Bernaldino de Mendoça escriven sobre lo que toca al trato del 
rey de Vêlez. Y lo que cerca dello tengo que dezir es que Francisco 
de Molina, mercader de Malaga, que Don Bernaldino y yo embia- 
mos a Vêlez de la Gomera', es venido ; y lo que dize entenderan 
\ "' Altezas por la copia, que con esta va. de una carta que a Don 
Juan de Mendoça escrive'^ ; y, para tcncr masparticularrelacion do 
lo que con el rey de Vêlez passo, le e escrito que venga aqui, y de 
lo que del entendiere dare a V"' Altezas avisso. 

Francisco Verdugo no a embiado otra persona al rey de Vêlez. 

I. \. supra, ji. ai8. iiotc i. 2. V. supra. Doc. LWI, p. 218. 



LETTRE DU COMTE DE TEXDILLA 2 2 

segun me a escrito, sino este que Don Bernaldino y yo cmbiamos ; 
y el llevo la carta que V"' Altezas escrivieron al Rey. 

El corregidor de Gibraltar, despues que embio cl ombre ' que a 
V"' Altezas escrivio al rey de Vêlez, acordo de embiar una fusta a 
entrar en aquella tierra, la quai se perdio con xxix o xxx ombres 
que Uevava. Y, porque me a parescido que lo que agora se tratasse 
por mano del corregidor de Gibraltar danariaantesqueaprovecharia % 
porque el rey de Vêlez esta yndinado contra el por aver embiado 
la dicha fusta a hazer guerra a su tierra, y aun tendria razon de 
sospecliar que los primeros que embio fueron por espias, para 
eniijiar despues la dicha fusta, y los que aora embiase no yrian 
muy seguros, le e escrito que deve de suspender el trato, hasla que 
V"' Altezas. ynformados de lo que pasa y de lo que Francisco de 
Molina truxo, provcan lo que sean servidos. 

El rey de Vêlez, segun paresce, no deve estar concertado con el 
Xarife, porque no ossa fiarse del. V'^^ Altezas, visto lo que Fran- 
cisco de Molina trae, podran mandarnos dar avisso a Don Bernal- 
dino y a mi de lo que son servidos que hagamos. 

; Nuestro Sefior ensalce y prospère las muy altas y muy poderosas 
personas y estado de V"' Altezas ! 

Del Alhambra, a v de Abril iô[\g. 

Besa las manos de V"' Altezas. 
Signé : El conde de Tendilla. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — i-cgajo 79. — Original. 

I. Diego de Bolafios. V supra, Doc. Doc. lAX et LXXI, où Don Bcrnardino de 

LVII, p. 187. Mendoza s'associe aux récriminations du 

u. V. supra, p. 198, note i, et infra, comte de Tendilla contre Luis do Rueda. 



De Casthies. 



!26 5 AVRIL 10/19 



LXX 



LETTRE DE DON BERXARDINO DE MENDOZA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE DALTRICHE 

(Extrait) 

Le comte de Tendilla a transmis le rapport de Francisco de Molina. — 
Fâcheuse capture de la fuste de Luis de Rueda. 

Grenade, 5 avril lô^Q. 

Sur la couverlure, alia manu : A Sus Altezas. — De Don 
Bernaldino de Mendoça, v de Abril lô^g. 

Adresse : A los muy altos y muy poderosos senorcs los reyes de 
Bohemia, governadores de Espafia. etc. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

El conde de Tendilla lia embiado lo que truxo el que Don Juan 
embio a trattar con el rey de Yelez ; V"' Altezas podran proveer lo que 
les paresciere que conviene cerca del trato. Parcsce que no conviene 
tratar con ninguna persona por muchas manos ; y con Moros es 
mayor ynconvinienle que con otra qualquier gente ; de donde creo 
que a nacido pedir el rey de Vêlez lo que pide y no olTrecer nin- 
guna cosa. 

El corregidor de Gibraltar embio a entrar una fusta suya y, una 
légua a ponicnte de Vêlez de la Gomera, la tomaron dos fustas de 
Vclez con quarenla y nueve Cristianos ; y por esto creo que se 
rrccaltara mucbo mas el Rey, creyendo que los que van a tractar 
es para espiar su ticrra y bolver a bazer algun.dano en ella. 

De Granada, a v de Abril 10/19. 

Besa las reaies manos de V"* Altezas su servidor, 
Signé : Don Bernaldino de Mendoça. 

Archiva General de iSimnncas. — Eslado. — f^cgajo 79. — Original. 



LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA 2 2 "T 



LXXI 

LETTRE DE DON BEliNARDINO DE MENDOZA 
A FRANCISCO DE LEDESMA 

(Extrait) 

Sa santé laisse encore à désirer. — Il s'en réfère aux lettres de Don Juan de 
Mendoza pour ce qui touche les nouvelles du Chéri/et V attitude des Por- 
tugais : ceux-ci d'un côté font des dépenses exagérées, et de l'autre 
négligent des choses nécessaires. — // s'en remet à sa propre lettre à 
Leurs Altesses pour ce qui est des nouvelles d'Abou Hassoûn. — Le soin 
d'entrer en pourparlers avec ce prince pourrait être utilement confié au 
comte de Tendilla, qui offre la compétence et l'autorité nécessaires. — 
Le Chérif a refusé de recevoir Abou Hassoûn. 



Grenade, 5 avril i5^g. 

Sur la couverture, alla manu : De Don Bernardino de Mendoça, 
V de Abril lo/jg. 

Adresse : A mi seùor el senor Francisco de Ledcsma, secrctlario 
y dcl consejo de Su Mageslad. 

SeTior, 

Recibi la caria de V. md. de xxix de Marco, y a très de Abril 
tengo scriplo largo al senor Juan Vazqucz. a que me icmillo. Des- 
pues que a V. md. scrivi, he eslado mcjor, aunquc lodavia ando 
acliacoso. 

En lo que toca al Cliarifie, Don Juan, que esta mas ccrca y lo 
enliende, havra scripto parle de la rremision de los Porluguescs. 
Creo que deve ser no entender lo que tractan, poique por una parte 
liazen mas costas de las que serian menester, y por otras no quie- 
ren gastar aquello que no se puede escusar. 



2 28 5 AVRIL i5/i9 

En lo que toca al rey de Vêlez, scrivoa Sus Altesas loque V. md. 
vera. Lo mas sano creo que séria rremitillo al senor conde de Ten- 
dilla, porque, si por alguna mano se a de hazer algo, a de ser por 
la suya, que essotros ' ni tienen autoridad ni manera, ni saben 
essaininar los que vienen ni preguntalles lo que séria necessario 
para passar el negocio adelante ; y, aunque tengo tan poca con- 
fîança como V. md., es bien que los negocios se traten como se 
deven y con autoridad y por personas que los entienden. 

Don Juan me scrive que el Xarife no a querido recibir al rey de 
Vêlez ; y por esta via podria ser que se hiziesse algo, sino lo a haze- 
dado la entrada de la fusta del corregidor. 

De Granada, a 5 de Abril iB/ig. 

A servicyo de V. md. 

Signé: Don Bernardino de Mendoça. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 

I. Allusion à Luis de Rneda, dont Fini- Bernardino, et peut-être aussi à Francisco 
tiative avait piqué au vif Tendilla et Don ^e^dugo. V. supra, pp. 198 et aaS. 



LETTRES DE JUAN ET DE BEKNARDINO DE MENDOZA 2 39 



LXXII 

EXTRAITS DE LETTRES DE DON JUAN ET DE 
DON BERNARDINO DE MENDOZA 

Le Chérif dispose de mille Turcs, la plupart marins. — Son dessein est 
d'avoir un port sur la côte ouest du Maroc. — // possède Larache, El- 
Mamora, Salé et Saji, où peuvent entrer quelques galères et navires. — 
// peut construire des galiotes à Fez et les amener par l'oued Sebou 
jusqu'à El-Mamora. — Ailleurs on ne sait pas où il pourrait en con- 
struire. — Les Français pourraient fournir au Chérif certains 
matériaux, car il est l'ami de leur roi et les laisse faire du commerce 
dans son pays. — Nécessite' pour le Chérif de prendre l'une 
des fronteras du Portugal pour y loger ses navires. — Quarante 
cavaliers d'Arzila envoyés en reconnaissance ont capturé huit Maures et 
en ont tué cinq. — Le Chérif a ordonné à ses caïds de réunir leurs con- 
tingents et de rejoindre son plus jeune fils ; le bruit court que c'est pour 
prendre Arzila. — Les capitaines portugais demandent l'envoi de cinq cents 
pionniers et de munitions à Ceuta, Arzila et El-Ksar es-Seghir. — Don 
Juan de Mendoza a répondu qu'il irait les leur conduire lui-même, les 
avisant que, pour plus de sûreté, ils en fissent aussi envoyer à Tarifa, 
d'où il les ferait passer à El-Ksar es-Seghir. — Le Chérif préférerait 
son plus jeune fils à l'aîné, qui est resté à Merrakech. — Les Portugais 
ont une grande crainte du Chérif; la nuit dernière , ils ont livré un vif 
combat et déjà ils commençaient à Juir vers El-Ksar es-Seghir. — Le 
Chérif et le roi de Vêlez sont brouillés. — Le roi de Portugal a envoyé 
un ambassadeur à ce dernier, lui offrant son aide. — Don Bernardino 
demande s'il doit envoyer cinq galères contre les navires d'Alger et secou- 
rir les Portugais avec les cinq autres. 

I £et 19 ami iSig. 

Sur la couverture, alia manu : Lo que Don Juan de Mendoçay Don 
Bernaldino * scriven en las cosas del Xarife y de los Portugueses 
y los navios que salieron de Argel. 

1 L'extrait de la lettre de Don Bernardino de Mendoza est daté du 19 avril. 



230 l\ l^i 19 AVRIL lÔ/JQ 

Lo que Don J uan de Mendoça scrive por carta de 1 4 de Abril de 

16/19. 

Que lo que entiende del Xarife ' es que tiene myll Turcos y los 
mas son marineros ; y todo su disigno es tener lugar cerca destas 
bandas, para poder armar, a ponienle de cabo de Espartel, que es 
al mediodia^. Tiene Alarache, que es un nio de pequena barra, 
donde entran fustas con travajo. Tiene a Cale y a la Maniora y a 
Çafy, que son otros rrios que, aunque son lexos, pueden entrai- 
galeras y naves en algunos. Por el rrio de la Mamora, puede traer 
galeotas desde Fez ^ y hazellas ally ; y que en otra parte no sabe 
donde pueda bazer navios, por el mal aparejo que tiene asi de 
madera como de lo demas ; aunque de algunas cosas destas se 
podra proveer de Francia por ser amigo del Rey \ y segun ha sydo 
ynformado, tienen tratos Franceses en sus tierras ; y que, si no 
toma alguna destas fronteras de Portogal, no le paresce que tiene 
donde poder tener navios. 

Que a i3 del dicho Abril llego a el un hidalgo de Alcaçar ; y, 
por lo que Luys de Loureyro ^ y Don Alfonso ^ scriven y el dixo de 
palabra, paresce que el jueves pasado embio el conde Redondo ', 

1. On lit en marge : « Para Su Mag* ». que vous aviez envoyé devers luy, ils 

2. A poniente de cabo de Espartel, que es craignent que par cette praticque vous 
a/ mediodia. II faut entendre :« A l'ouest du vouliez vous séparer d'eux (GharrièrEj 
cap Spartel, ou plutôt au midi de ce cap ». Négociations de la France dans le Levant, l. 

3. Sur la navigabilité de l'oued Sebou II, p. i3i). » Les recherches faites pour 
de Fez à El-Mamora, V. i'''^ Série, France, trouver de plus amples renseignements sur 
t. I, p. 3o3, note 3. ces relations et sur l'envoi d'un agent 

!\. Dans une lettre adressée à Henri II, français au Maroc à cette époque n'ont 

le i3 décembre i55o, par le baron d'Ara- pas donné de résultat, 

mon, notre ambassadeur à Constantinople, 5. Sur Luiz de Loureiro, V. supra, p. 

il est fait allusion aux relations cpii exis- lai, note i. Il était arrivé à El-Ksar au 

talent entre le roi de France et le Chérif, début d'avril, pour conférer avec Affonso de 

relations dont le Grand Seigneur avait pris Noronba. V. Andrada, part. IV, cap. Sg. 

ombrage : « Et je ne puis penser d'où pro- 6. D. Affonso de Noronha, gouverneur de 

cède, ce qui est contre leur couslume, qu'ils Ceuta depuis iS/Jô pour son frère Fernando 

ne laissent point entendre à l'endroit de V. de Noronha, marquis de Villareal. Il occupa 

M., sinon pour ce qu'il leur semble que le Scinal le 7 avril ib!\Ç}. Ibidem. 

depuis quelque temps V. M. procède 7. D. Francisco Coutinho, comte de 

froidement envers eux... ou pour la decou- Redondo, fils de D. Joâo Coutinho; il fut 

verte qu'ils ont que V. M. tient pratique le dernier gouverneur d'Arzila. Celte fron- 

avec le Serif de Maroque qu'ils tiennent tera fut évacuée par la population à la fin 

pour leur grand cnnemy. Ayant entendu d'aoïU iS/jQ, et par les troupes en i55o. 



LETTRES DE JUAN ET DE BERNARDINO DE ME.NDOZA 2.3 I 

capitan de Arcila, xl de cavallo a tomar lengua, y hallaron xin de 
cavallo, tomaron los viii y mataron los cinco y que los an apretado. 
Y dizen que el Xarife abia scripto a sus alcaydes que recogiesen la 
gente de pie que pudiesen y tiradorcs, y con la que tcnyan de 
cavallo se vinyesen a juntar con un hijo suyo el menorVNo saben 
donde, mas de que era fama que y van a tomar a Arzila ; pero que 
ellos la tienen por fuerte y creen yra a otra parte. Y que le a pedido 
de parte de los capitanes que le llevase en las galeras d aradoneros 
y 3oo soldados y otras muchas munyciones para hazer la fuerça, 
por que, por falta desto, no hazen en Alcaçar casi nada en la fuerça ^; 
y que eP les^ ha respondido que a llevar esto y a ayudalles que no 
quiere que vaya nadie sino yr el ; y que ha hecho despachar qua- 
tro galeras y la de Domingo \ y que saldra y tomara las municiones 
y la gente que pudiere, y yra a Alcaçar ; y que el les ' ha avisado 
que embien por tierra a Tarifa alguna cantidad desto y de otros 
aparejos nescesario, por que, si lo uno no llegare tan presto, llegue 
lo otro ; y que aviso al capitan Domingo que fuese a Tarifa a tomar 
aquella gente ' y se vaya a Alcaçar ; y que an tenydo en mucho 
los Portugueses que vaya el alla, porque piensa hazer que los sol- 
dados travajen y animarlos; ha mucho que le dizen estan medrosos; 
y que, Uegado y visto lo que ay y lo que del Xarife supiere, y 
buelto, el dara aviso de lo que oviere. 

Que el fidalgo portogues le ha dicho que el Xarife quiere mas a 
su hijo mcnor que al mayor que qucdo en Marruecos : y que por 
agora no osara salir de Fez y embiara a su hijo a hazer el efeto que 
se oviere de hazer ; y que. segun se dize, no traera artilleria y que, 
no trayendola, puede hazer poco mal ; y que, con sabcr ellos esto, 
le an harto myedo, porque dize que hizieron " la noche pasada 
una arma recia y que empeçavan ya a huyr la buelta de Alcaçar ^ 

I. Probablement Moulay Abdallah. V. Arrioia. V. supra, p. i68. 
Tableau généalogique des princes de la dynas- 6. Les, les agents portugais, 

tie saadiennc, p. 4i6, PI. V, note 9. 7. yiguc/ia gente, les troupes que les agents 

3. La fuerça, le Scinal. portugais auraient fait réunir à Tarifa, sui- 

3. El, Don Juan de Mendoza. vant les instructions de Don Juan. 

4. Les, Don Luiz de Lourciro et Don 8. Hizieron. Le sujet de la phrase est ; 
Affonso de Noronha. les troupes portugaises du Seinal. 

5. Dominijo, le capitaine Domingo de 9. Akaçar, El-Ksar es-Seghir. — Les 



232 i/i ET 19 AviuL lo/ig 

y que la * quyeren asolar ; que el Xarife y el rey de Vêlez estan 
desavenydos ; y el de Portogal le a embiado enbaxador^, ofrescien- 
dole socorro y todo lo demas que oviere menester, y que le paresce 
que, ofresciendole por tantas partes ayuda, que hara bien su negocio 
con tratar con todos y respondelles aun, que no es mala manera 
de entretenerse. 

Don Bernaldino de Mendoça scrive por carta de xix de Abril : 
Que se vea si sera bien que cinco galeras vayan a buscar los 
navios de Argel que son salidos ; y con las otras cinco se socorreran 
los Portogueses y las que mas se adresçaren, aunque se tardaran 
en adresçar las que quedan ; y que tambien se vera si yra el con 
las cinco galeras a buscar las fustas o embiara un capitan^ que a 
Don Juan no es de quytarle lo de Portogal, porque lo tiene enten- 
dido y es mas platico que el de las corryentes y navegacion del 
Estrecho. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — L^gojo 80. — Copie. 

troupes portugaises se repliaient du Seinal mune avec Moulay Zidàn, fils de Moulay 

sur cette place. Ahmed el-Aaredj, le chérif dépossédé 

£. La, la place d'El-Ksar es-Seghir. (A^DRADA, Part. IV, cap. 4o). Nunez Gato 

2. A la nouvelle de la prise de Fez, le n'eut pas le temps de remplir sa mission, 

roi Jean III avait envoyé à Vêlez un agent II n'arriva à Ceuta qu'au commencement 

nommé Ignacio Nunez Gato (sur ce per- d'avril (V. /'"* Série, Portugal, à la date 

sonnage. V. infra, p. 290, note 3), qui du 3 avril i549) et Abou Hassoûn, fuyant 

devait offrir à Abou Hassoùn l'appui de Vêlez, était déjà arrivé à Melilla le 17 

du Portugal et s'entendre avec lui sur les avril. V. infra, Doc. LXXIII et suivants, 
moyens de nuire au Chérif, contre lequel 3. On lit en marge: « Que no vayay de 

on lâcherait d'organiser une action com- priesa a aderesçar las galeras ». 



LETTRE DE BARTOLOME DORADOU 2 33 



LXXIII 

LETTRE DE BARTOLOME DORADOR A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

Abou Hassoûn est arrivé à Melilla, le mercredi ij avril, sur une barque 
avec cinq Chrétiens et cinq Maures, dont un caïd de Fez nommé Sidi 
Ali ben Chakroun. — // désire avoir une entrevue avec Sa Majesté. 

— Les lettres favorables qu'il avait reçues de Sa Majesté par l'entremise 
de Francisco de Molina l'avaient enyagé à partir avec ses femmes, 
ses enfants et trois cents captifs ; il avait même J'ait équiper des 
navires à cet effet. — Sur ces entrefaites , le caïd du Penon se souleva. 

— Abou Hassoûn se décida alors, d'accord avec ses partisans, à aller 
demander du secours à Sa Majesté, et, pour tranquilliser le commun du 
peuple, il annonça qu'il partait en pèlerinage pour La Mecque; puis il 
monta sur une barque qu'il avait fait préparer à deux lieues du cap de 
Vêlez. — Questionné sur le Chérif, Abou Hassoûn dit que celui-ci a 
l'intention de s'emparer de toutes les f routeras et de passer ensuite en 
Espagne sur deux cents galères et bateaux plats qu'il veut faire construire. 

— Le Chérif lui aurait écrit de venir, lui promettant Fez, car son inten- 
tion, était de Jaire bien d'autres conquêtes. — Abou Hassoûn aurait 
répondu au Chérif qu'il ne voulait pas le voir et qu'il était sujet de Sa 
Majesté. — Nécessité de pourvoir Melilla de troupes et de vivres, car, 
d'après Abou Hassoûn, le Chérif est décidé à attaquer cette place. 

Melilla, ïS avril iS^g. 

Sur la couverture, alla manu: Oran. — A Sus Altezas. — i^Ag. 
— De Bartolome Dorador. 

Muy poderosos Sefiores, 

Miercoles, a diez y siete del mes de Abril, llego el rey Muli 
Ba Haçon a esta cibdad, en una varca de quatro vancos con très 
remos, el Rey, diez onbres, los cynco Cristianos y los cynco Moros, 
entre los quales veni un cavallero alcayde que se dize Ci Ali ben 
Xocon*, de Fez. 

I. Andradà (IV, 5i) l'appelle Xacron. Il faut rétablir : Ali ben Chakroun. 



2 34 ï8 AVRIL 15^9 

Dize Su Alteza' que le mobio esta venida a verse cou Su Magestad, 
fue la buena respuesta que Su Magestad le escribio por parte de 
Francisco Verdugo, las quales cartas le dio Molina, un mercader 
de Malaga'; v que luego mando proveer de echar a la guerra dos 
galeotas y una fusta, en que avia metido parte de sus tesoros, por 
que la otra inayor cantidad de sus tesoros tiene escondida muy 
ocultamente donde no lo sabe nadie syno Dios y el ; y en estos 
navios creyo Uebar sus mugeres y bijos con trezientos cauiivos 
chicos y grandes; y que, andando ansy probeyendo para efetuar 
su volunlad, se le alço el alcayde del Penon^ 

Y ansy dize el Key que, quando vido el Peiion alçado, se acon- 
sejo con sus cavalleros de dentro de ^ elez y les dixo que, para el 
bien dellos y el Rey poder sustentallos, que conveni yr a pedir so- 
corro a Su Magestad y a meterse debaxo de su anparo, para que de 
todo, de su persona y senorio, Su Magestad disponga a su serbicyo; 
V que todos los cavalleros y xeques questaban debaxo de la mano 
del Rey quedan obidientes a lo que el Rey con Su Magestad concer- 
tare y hiziere, que estaran por ello ; y que, despues que uvo consul- 
tado con los grandes, para conplir con la otra jente comun, les 
dezi, quando le preguntavan, que se yba la buelta de Llevante a la 
casa de Meca en romeria; y que, a dos léguas deste cabo de Vêlez, 
le tenian aparejada la dicha varca en que aqui vino, a los quales^ 
les dio mas de mill ducados por ellos y aun dize mill y quinientos. 

Y dize el Rey, preguntado que dize el Xarife, dize que a de 
hazer de manera que tomar todas las fronteras que en Africa estan ; 
y que, tomadas las fronteras, a de liazer dozientas galeras y tafureas 
para pasar en Espana. Preguntandole yo al Rey como lo sabe, dixo 
que le abia escrito el Xarife que se fuese a vello y que le daria a 
Fez, por que el ténia pensamiento de pasar adelante a entender en 
senorear otras mucbas provincyas ; a lo quai dize el Rey que le respon- 
dio quel era vasallo de Su Mag' y que en ninguna manera el le queria 
ver la cara, sino conplir lo que a Su Magestad le teni ofrecydo". 

I. Su Alteza, le roi de Velcz, Abou Mak.mol. Lib. 11, cap. 4o, f. aOo. 

Hassoùn. /». .4 los quales, c'est-à-dire: aux marins 

a. Sur ce pcrsormage, V. supra. Doc. qui montaient la barque. 

LXVI, p. 2 18 et note i. 5. Abou Hassoùn, qui assistait à la 

3. Ils'appelaitEz-Zcrhouni(Zoriioni). \ . rtVlaclion de celte lettre, a, sur la requête 



LETTRE DE BARTOLOME DORADOR 235 




4IU aI'1 ^\ 

V" Real Alteza mande provcer a esta cibdad de mas gente de pie 
y de a cavallo a su real sueldo. y vizcocho. y harina, tocino, y 
hava, y garvanço que este de respelo, porque, segun este Moro 
dize, que no ay ora segura, segun lo que el Xarife dizc que déter- 
mina de venir sobre esta frontera, porque le a certificado un alcayde 
que esta en esta tierra, que se dize Ali Araez', que tiene poco que 
hazer en tomalla. Por tanto suplico a V" Real Alteza nos mande 
enbiar el socoro real, para que aca, medianteDios, hagamos lo que 
somos oblisrados al servicio de V"^^ Real Alteza vo^uarda desta cibdad. 

Las obras anparado por falta delos materiales ; y, por la voUintad 
del capitan Perea, que no le falta para reparallas con toda breve- 
dad, entiendese en ahondar la cava y teraplenar en donde ay mayor 
necesidad. Suplico a ^ " Real Alteza sea servido de mandar hazer 
la cava por donde el capitan Perea tiene traçado, para que se haga 
isla esta cibdad ; la cual si se haze, a trueque de dos mil ducados que 
todos dizen que tendra de costa, sera la cosa mas fuerte que se 
hallara en toda la Cristiandad. 

j Guarde Nuestro Senor y acreciente los muy poderosos y reaies 
principe y princesa archiduques de Auslria, mis seùores, etc ! 

De Melilla, a diez y ocbo dias del mes de Abril de mil y quynien- 
tos y cuarenta y nueve aùos. 

Besa los reaies pies y manos de V" Real Alteza. 

Siyné : Bartolome Dorador. 

Archiva General de Simancas. — Estndo. — Lefjajo U7^. — Original. 

de Dorador. apposé son seing manuel sous « Dieu au-dessus do tout I » et i< Diiu 

le paragraphe où il est fait allusion à sa fasse prospérer ses ontroprisosl » 
loyauté à l'égard de l'Espagne, en le faisant i. Sur ce personnage, \ . supra, p. i85 

précéder et suivre des deux invocations et note i. 



236 l8 AVRIL 15^9 

LXXIV 

AVIS DES AUTORITÉS DE MELILLA 

Juan de Perea, lieutenant-gouverneur de Melilla, a réuni les autorités de 
la ville et leur a exposé quAhou Hassoûn était arrivé la veille, ij avril, 
dans une barque, avec le dessein de passer en Espagne pour y solliciter 
l'appui de Sa Majesté. — Délibération sur le point de savoir si on doit 
envoyer Abou Hassoûn dans la Péninsule, ou s'il faut attendre les ordres 
de Sa Majesté; et, dans ce cas, comment pourvoira-t-on à son entretien? 
— Avis du capitaine Miguel de Pei^ea, du veedor Bartolome Dorador, du 
contador Juan Davila, deValcalde mayor Andres Davila et de Garcia de 
Heredia. — D'après V ensemble de ces avis, il est convenu quon enverra 
en Espagne la frégate de Melilla pour y porter la nouvelle de l'arrivée 
d'Abou Hassoûn, qu'on gardera celui-ci jusqu'à ce que le prince Maximi- 
iien ait envoyé des ordres, qu'on lui donnera une escorte assez forte quand il 
partira, vu qu'il est guetté par des navires embusqués à Vêlez, et qu'enfn 
on l'entretiendra à Melilla aux frais de la Couronne plutôt qu'à ceux du 
duc de Medina-Sidonia. — Juan de Perea sera, comme il le demande 
indemnisé du fret de la frégate qu'il enverra en Espagne. 

Melilla, i8 a\Til iS^g. 

Sur la couverture, alia manu: Melilla. — ioAq- — Los voctos 
de los queslan en Melilla sobre la venida a estos reynos del rey de 
Bêlez. 

En la cibdad de Melilla ques en las plaças de Africa, en diez e 
ocho dias del mes de Abril de mille e quinientos e quarentas e 
nuebe anos, el magnifico sefior Joan de Perea, teniende de alcaide 
e capitan e justicia mayor desta diclia cibdad, en presencia de mi 
Cristoval de Villalon, escrivano publico desta dicha cibdad, el dicho 
senor alcaide hizo juntar en casa del sefior capitan Miguel de Perea 
a el dicho senor capitan, y a Bartolome Dorador, beedor de Su 
Magcslad, y a Juan Davila, beedor c contador délia, y a Andres 



AVIS DES AUTORITÉS DE MELILLA 287 

Davila, alcalcîe mayor desta dicha cibdad, y a Garcia de Heredia. 
criado del senor duque de Médina Sidonia e thenedor de los basti- 
mentos desta dicha cibdad : et les dixo e platico como ya sabian 
que ayer miercoles, diez e siete dias deste présente mes de Abril, 
avia llegado al puerto desta cibdad una barqueta pequena y en ella 
avia venido el rey de Bêlez de la Gomera para pasar en Espaiia e 
yr a ver a Su Magestad e le pedir socorro ; por tanto le diesen su 
parescer si lo enviaria a Castilla en el vergantin questa cil)dad tiene, 
ques buen nabio, o si primeramente lo enbiaria a hazer [saber] a Su 
Magestad, para que Su Magestad enbiase a mandar lo que mas 
fuere su serbicio ; e que ansy mismo que, en el entretanto quel tal 
nabio fuese a Espafia, que de donde e como se probceria cl dicho 
rey de Bêlez de gasto e lo que fuese menester : de todo ello les 
pidio su parescer como personas mas principales desta cibdad e 
oficiales délia que lo digan. E lo que cada uno dellos dixo e bolo 
es lo siguiente en esta manera : 

El dicho senor capitan Miguel de Perça dio su boto en este caso 
e dixo que lo que le paresce es queste negocio se deve hazer saber 
a Su Alleza' para que probea lo que fuere servido ; y que, en el 
entretanto que biene mandato de Su Alteza, se ienga buena guarda 
e bigilancia sobrel dicho rey de Bêlez e sobre los Moros que aqui 
a traydo, e que se le haga todo buen tratamiento, e que se le de 
todo lo que uviere menester a quenta de Su Alteza o del senor duque 
de Médina Sidonia, quel tendra cargo de lo hazer saber a Su Alteza 
si el gasto que se hiziere en esta dicha cibdad con el dicho rey de 
Bêlez si lo pagara Su Alteza o el dicho senor Duque. 

Otrosi dize que, porque en Bêlez de la Gomera avia très o quatro 
nabios puestos en horden y armados para salir c que va en Bêlez 
saben queste rey es benido aqui, que podria ser questubiesen espe- 
rando en el cabo de Entrefolcos u en la costa de Espana ; que le 
paresce que no le deben de consentir ni dalles aviamiento para que 
se baya, por lo mucho que aventura si este rey se perdiesc, hasta 
tanto que Su Alteza sepa e probea lo que sea su real servicio. Y 
este es su final parescer en este caso e firmolo de su nonbre : Miguel 
de Perea. 

1. Su Alteza, Maximilien. 



238 T(S AVRIL t549 

E luego Bartolome Dorador, beedor de Su Magestad en esta dicha 
cibdad, dixo que lo que a el le paresce en este caso es quel aprueba 
por bueno el parescer del senor capitan Miguel de Perea e lo que 
a votado e dicho en este caso, porque ansi conviene al servicio de 
Su Alteza. Y, en lo de la costa e gasto queste dicho rey de Bêlez en 
esta cibdad hiziere, por quanto la enpresa es de Su Alteza y a su 
serbicio toca, que dize quel gasto que con el se hiziere que sea costa 
de Su Alteza. En ansi pidio quel senor alcaide lo mande proveer et 
lo nescesario a ello de lo que aqui tiene el senor duque de Médina 
Sidonia para el probeymiento desta cibdad, que de alli se probea en 
nonbre de Su Alteza. E firmolo de su nonbre : Bartolome Dorador. 
E luego Joan Davila, veedor e contador desta dicha cibdad, dixo 
que su parescer es que, pues el rey de Bêlez a benido a esta cibdad 
a favorescerse en ella para pasar a Su Magestad y pedille socorro 
que suele dar a otros, que aqui se le debe hazer todo buen trata- 
miento como a quien es. porque Su Magestad y el duque mi Senor 
en su nombre sera serbido dello. \ porqueste negocio es de mucha 
calidad, que toda la tierra por donde a venido, ques la costa de 
Berberia, se abra sabido, y quatro nabios questan en el Penon de 
Bêlez, dondel salio, estan armados y podrian salir a buscalle o 
esperalle en el cabo de Entrefolcos, y un buen vergantin quel Duque 
mi seâor tiene en esta cibdad no séria parte para pasar, si los dicho s 
nabios estubiesen esperandolc. por tanto que le parescia e parescio 
que se debria anbiar una fregada que aqui esta ligera e manual a 
dar aviso a Su Magestad y al Duque mi senor en su nonbre, para 
que manden enbiar nabio o nabios en que baya el dicho rey, sin 
que se aventure su persona, o lo que mas su servicio sea. Y esto 
dixo que daba e dio por su parescer. Firmolo de su nonbre : Joan 
Dabila. 

E luego el dicho Andres Dabila, alcaide mayor desta dicha cib- 
dad, dixo que lo que le paresce es quel rey de Bêlez se a benido a 
valer e faborescer en esta cibdad para se pasar en Espana e yr a 
besar las magnos a Su Magestad ; y, por los muchos ynconbinienles 
que le podrian acaescer en el camino por nabios que dizcn que ay 
en Bêlez de la Gomera armados, que le paresce quel senor alcaide 
lo detcnga en esta cibdad hasta tanto que Su Magestad probea lo 
que sea su servicio ; e que, si mencsler es, le requirio a el dicho 



AVIS DES AUTORITKS DE MELILLA sSo 

sefior alcaide lo detenga en esta dicha cibdad liasla tanlo que Su 
Magestad lo sepa, por el malo aparejo que ay en esta cibdad de 
nabios para lo enbiar. Y en lo del mantenimiento, dixo quel senor 
alcaide lo mande probeer en nonbre de Su Magestad de lo que 
uviere menester. E firmolo de su nombre : Andres Davila. 

E luego el dicho Garcia de Heredia dixo que su parescer es que 
se escriba a Su Magestad e se le liaga saber la benida desle rey de 
Bêlez a esta cibdad y a que biene, e quel seûor alcaide no lo debe 
de dexar yr hasta tanto que Su Alteza probea lo que sea serbido, 
por razon que en esta cibdad no ay nabios para que se pueda llel)ar 
una persona como la del rey de Bêlez seguro, por los peligros e 
ynconbinientes que se podrian recrescer en la mar. Y que, en 
quanto a lo probeer de lo cjue ubiere menester, que a quenta de 
Su Magestad se le probea lo que ubiere menester, ])ues que dello 
Su Magestad sera servido. E firmolo de su nonbre : Garcia de 
Heredia. 

E luego el dicbo senor alcaide Juan de Perea dixo que declaren 
sy se enbiara a Castilla un vergantin quesla cibdad liene, o una 
fregata quel dicho senor alcaide tiene en esta dicha cibdad. E lo que 
dixeron os lo siguiente : El dicho senor capitan Miguel de Perea 
dixo que le paresce que debe yr una IVegada questa en esta cibdad 
del senor alcaide a Castilla, en que pueden yr diez o doze honbres 
en ella, ansi por menos costa como por mas prcsteza, es ligera de 
la mar. E, porque es justo que gane su flete lo que se acostunbra 
dar a una fregata, porque se le toma mas por fuerza que por grado 
para esto que toca al servicio de Su Alteza, porquel vergantin 
desta cibdad conviene queste de respetto para mas necesidad. e 
que, en quanto al flete que la fragada dcvc de a ver por su viajc, 
que Su Alteza se lo mandara pagar : y que debe luego a la liora 
encontinente mandalla aprestar a costa de Su Magestad, como esta 
hordenado, porque saïga de aqui a média noclie, porquel mayor 
peligro que aqui se puede recrescer es el cabo de Entrefolcos. E 
todos los sobredichos se tubieron a este parescer del senor capitan 
e firmaronlo de sus nonbres : Miguel de Perea, Bartolome 
Dorador, Juan Davila, Garcia de Heredia. 

E luego el dicho senor alcaide Joan de Perea dixo que Su 
Magestad y el duquc de Mcdina Sidonia lioiicn on esta cibdad un 



2/io l8 AVRIL 10^9 

verganlin para estos négocies y otros que susceden, mas, no enbar- 
ganle esto, que, por queslo toca al serbicio de Su Magestad quel 
quiere dar la fregada para que baya a Gastilla para hazer lo suso- 
dicho, pagandole su flete lo que fuere justo. ^ el seîior capitan 
Miguel de Perea y Bartolonie Dorador, beedor de Su Magestad, 
dixeron que en Gastilla se tasara el flete de lo que meresce e que 
dello serapagado, y quellos, si es necesario, se obligan en nonbre 
de Su Magestad de le pagar todo el flete que la dicha fregada 
meresce en biniendo que benga de Gastilla a esta cibdad con la 
respuesta de lo que truxere. 

E el diclio sefior alcaide mando a nn, el dicho escrivano, saque 
un Iraslado de lo susodiclio, e firmado e signado de mi nonbre e 
signo se lo dièse. E yo, el dicho escrivano publico. saque un 
traslado de la susodicho segun que ante mi paso, ques fecho en la 
dicha cibdad de Melilla. en diez e ocho dias del mes de Abril de 
mill e quinientos e quarenta e nuebe anos, siendo testigos Joan 
Martin e Joan de Torres, estantes en Melilla. 

E yo. Gristoval de Villalon, escrivano publico desta cibdad de 
Melilla, lo escrevi e fiz aqui mi signo ques a tal, en testimonio de 
verdad. 

Signé: Gristoval de Villalon, escrivano publico. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo U7^. — Original. 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA 2 /l I 



LXXV 

LETTRE DE MIGUEL DE PEI\E.\ A >L\XIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

Abou Hassoûn est arrivé à Melilla hier mercredi ij avril sur une petite 
barque avec dix hommes tant maures que chrétiens. — Par crainte de 
plusieurs navires mouillés à Vêlez, on a retenu Abou Hassoûn à Melilla. 

— Leurs A Itesses Royales décideront si on doit l'envoyer chercher ou si 
on doit l'embarquer, à tout risque, sur un brigantin qui se trouve dans le 
port. — Si l'on s'en rapporte aux dires d'Abou Hassoûn, il est urgent 
d'envoyer au plus tôt à Melilla des approvisionnements et des troupes 

— // sera exercé une surveillance de jour et de nuit autour d'Abou 
Hassoûn. — Les gens du duc de Medina-Sidonia ne veulent rien donner 
pour l'entretien d'Abou Hassoûn et de sa suite. — Perea est obligé d'y 
pourvoir à ses frais. — // prie Leurs Altesses Royales de prendre des 

nesures à cet égard. 

Melilla, 18 avril lô!^g. 

Sur la couverture, alia manu : Melilla. — A Sus Allezas. — 
1549. — ^^^ capitan Perea, xviii de Abril i5i^g. 

Mui poderosos Sefiores, 

Ayer miorcoles de linieblas, que son a los dezisiete del présente, 
llego aqui el rei de Belex, con diez Moros y Cristianos, amedio dia, 
en una barquilla mui pequena con dos remos, tan espanlado que 
aun aqui no se liene por seguro, segun lo que le acaecio eu Helex 
de la Gomera al tiempo que se quiso cnbarcar para yr a Caslilla a 
besar las manos a V" Alteza, segun el dize. 

Y por que tenemos nueva cierla que en Belex ay très o quatro 
navios prestos para poder salir, tienese por cierto que, como ban 
sabido queste rei moro se a venido aqui, que pornan diligencla en 

De C.vstkies. X. — iG 



^'la 18 AVRIL lO^O 

podello aver a las manos, avran puesto navios en el cavo de Entre- 
folcos* y en las yslas de Albolanche^ que son las ladroneras de 
las entradas y salidas desla cibdad ; y, por que vaya este rei seguro 
a informar a V" Alteza de algunas cosas que cunplen a su real 
servicio y estado, le hemos delenido liasta que V" Alteza envie 
por el u mande que le aventuremos en un bergantin que ai aqui 
de onze bancos. Suplico a ^ '" Alteza me baga merced de respon- 
derme vrebemente en esto y en lo demas que be escrito en las 
carias pasadas. 

Y, porque lia pocos dias que escrevi a V" Alteza mas largo, en 
esta no ai mas que dezir, sino que, si es verdad lo queste rei moro 
nos ba dicbo, ternemos brevemente necesidad del favor y socorro 
de Y""^ Alteza en mandarnos barina y vizcocbo de respecto y alguna 
gente de bien a su real sueldo, porque con la lai gente se suelen 
defender semejantes plaças quesla. 

En lo que toca al Rei, aqui se terna con el muy buen recabdo, 
guarda de nocbe y de dia; y, en lo que toca al manlenimiento 
que se le da, a el y a un alcaide del rei de Fez ^ y a otros qualro Cris- 
tianos cativos y otros cinco Moros que son onze por todos. Y" Alteza 
tenga por entendido que los oficiales que aqui ai del duque de 
Médina Cidonia no son parte para dar un maravedi de pan ni de 
vino, porque no tienen comision del Duque para dallo. ^o les, be 
hecho dar de comer a my quenta. Por tanto suplico a ^ " Alteza, 
sino fuere servido de mandarlo pagar, mande al Duque que lo 
pague. Y con tanto qucdamos todos los desta cibdad con muy buen 
animo para servir a Dios y a ^" Alteza. 

i Dios, ^uestro Sefior, guarde y acreciente las muy poderosas 
personas de Y"' Allezas, y reaies eslados acreciente como los 
servidores y criados de Y" Alteza deseamos ! 

De MelilU., a deziocbo de Abril de 10^9 anos. 

Muy poderosos Senores, 
Besa los realcs pics y manos de Y"' Allezas, 

Signé: Miguel Perea. 

1. El CJV3 de Enlrefolcos, le caji Trop boran. 

Forças. V. supra, p. G2, note i. 3. Le caïd Ali ben Cbakroun. V. supra, 

2. Las islas de Albolnnche. l'île d'Al- Doc. LWIII. ji. 2.33, noie 1. 



^ lettre de miguel de perea 2^3 

Décision. 

Qu'on embarque Abou Hassoûn sur le brigantin ou sur une frégate. — 
Que Perea et les autres voient quels services pourrait rendre Abou Hassoûn , 
tandis qu'il est à Melilla, quels renseignements il peut donner, s'il dispose 
de forces suffisantes pour occuper Tazouta ou Caçaça et pour s'y main- 
tenir avec l'aide de l'Espagne; qu'ils sachent ce qu'il en est du Penon et 
si ion pourra traiter avec celui qui tient cette forteresse. — Qu'en 
attendant, on surveille rigoureusement Abou Hassoûn. 

Que lo enbien en el vergantin o en una fragata. 

Que Perea que entiendan ' del en lo que podra ayudar y servyr 
estando alla, y los avisos que ténia, y sy avra aparejo para tomar 
a Taçota' o Caçaça^ y sostenerse ally con el favor de aca, v como 
esta lo del Penon, y sy se puede tratar con el que lo tiene que lo 
entregue. Para entretanto y que ellos tengan quenta con el y esten 
a buen recaudo. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo ^7U. — Original. 

1. Lapsus du sccrélairo qui aura oublié delta città. Ma, 'bsscndo venuta Chasasa in 
de cancoUer « Que Perea ». mano d'i Clirisliani, un capitano del re di 

2. Taçota, alias Tczzoïita, dans le Rif. Fez di nation granalino, valentissimo 
— «Tezzotaè una terra in Garctdiscostada huomo, dimando licenza al Re di rinovar 
Chasasa in terra ferma ccrca a quindici Tezzota, il qnale gliela concessc. Cosi la 
miglia. È fabbricatasopra un lofo altissimo città fu rifatta ; e oggidi i Cliristiani di 
c ha una piccola via, per oui si va d'intorno Chasasa con i Mori di quesla città fanno di 
al dette tofo. Dentro non si truova acqua, continove correrie : e hor questi, hor quelli 
scnon in una cistcrna. Gli edificalori di sono porditori. « Léon l'Africain, éd. 
questa città furono délia casa di Béni Marin, ,o5o, f. 57. —Tazouta (Ilissen Tazouta 
avanti chc fussero signori, i quali vi tcne- .» .. 

vano dentro i loro grani e le loro facullà, ^-^^ 0^) « ''^^'^ "" '^^^ châteaux los 

cpolevanoandar sicuri per li deserti, perche plus forts du >LTghrcb. Les princes des 

a que tempi non erano Arabi in Garct ; Béni Mcrin attachèrent une telle impor- 

ma, dipoi che costoro hebbero dominio, tance à la conser>'alion de cette place qu'ils 

lasciarono questa città e la retrione di Garct en donneront toujours le commandement 

a certi loro vicini, e si diedero a provincie à dos ofliciers habiles et d'un dcvoùment 

piu nobili. In questi mutamenti, Giuseppe, éprouvé ». V. Ib.n Khai.doù.n, t. l\', 

figliuolo di Giacob, socondo re dolla casa p. i35. 

di Marin, per giusto sdegno fcce rovinar la 3. Sur Caçaça, V. supra, p. fia, note 1. 



2[\l\ APRÈS LE 18 AVRIL lO/lQ 



LXXVI 

MÉMOIRE DU DUC DE MEDINA-SIDONIA 
(Extrait) 

Abou Hassoûn est arrivé le ly avril à Melilla dans une barque avec cinq 
Maures et cinq Chrétiens. — Le Pehon s'est révolté contre lui et s'est dé- 
claré pour le Chérif. — Le Duc donne immédiatement des instructions afin 
qu'Abou Hassoûn soit amené à Malaga et de là auprès du roi de Bohême. 
— // envoie quatre Maures qui se sont réjugiés à Melilla et qui sont fils 
de caïds et de cheikhs tués par le Chérif. — Ils témoigneront des pro- 
qres de ce dernier, qui s'est emparé du royaume de Kouko dont il a tué 
le souverain. — Une partie de son armée serait en marche sur El-Ksar 
cs-Seghir. — // cherche à construire une flotte. — // envoie des forces 
contre chaque f routera pour éviter qu^on ne lui oppose une grande armée, 
avant qu'il n'ait construit ses navires. 

S. 1., [après le 18 avril j549']- 

Sur la couverture, alia manu: El duque de Médina Sydonia. — 
Castilla. — 15/19. 

Mémorial de lo que de mi parte abeis, Senor^ de dezir al muy 
poderoso senor rey de Boemia y a los senores del Gonsejo de la 
Guerra de Su Mag'. 

E, porque Su Alleza me escribio le abisase de todo lo que suce- 
diese e supiese delJarife, me parescio enbiar este correo con algunos 
de los abisos que de présente ay. 

I. Lo roi cIcAcIpz était arrive à Melilla le écrit quolcjucs jours après celte date. 
17 avril, comme lo duc (le Mcdina-Sidonia a. Ce mémoire était adresse à Fran- 

r;imi(iii(c> dans son iin'moin', (pii a di'i être cisco de llt^rrera. \ . p. 'i.'if), note 3. 



MEMOIRE DU DUC DE MEDINA-SIDOM\ 2 /j O 

A los 17 deste, el rrey de Bêlez vino a Meliya en una barquilla 
de quatro remos con diez honbres, cinco Moros y cinco Cristianos, 
que el Peilon se alço contra el por el Jarife. E, a la ora que me vino 
el correo, lo terne a despachar para que truxesen al Rrey a Malaga 
y se enbiase a Su Alteza. 

Tanbien se binieron a Meliya otros quatro Moros, huyendo del 
Jarife, que les mato a sus padres, que eran alcaides e personas 
principales, los quales enbio a Su Alteza, para que dellos se mande 
ynformar del poder grande de aquel enemigo, el quai tanbien a 
tomado agora el reyno de Cuco' e muerto al Rey. Ay nueba que 
parte de su exercito a enbiado sobre Alcaçar. 

El rey de Bêlez y los otros Moros que embio an dicho que el 
Jarife quiere hazer cien gâteras y cien tafureas, y que tiene cortada 
la madera para ellas. 

Su Alteza estara bien ynformado del poder grande deste enemigo, 
y la mucha gente y mucho dineros que tiene, y muy grandes 
mineros de métal ; de manera que ninguna cosa le falta para prose- 
guir su proposito, que es hazer guerra a Cristianos; y por esta 
caria deste captibo' se entendera mas particularmente. Paresceme 
que, en el hazer de la guerra de présente, husa de gran mana, 
repartiendo su gente por las fronteras para gastar lo destas partes y 
entretener que no se haga exercito grueso hasta que se hagan sus 
nabios \ 



Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 

1. Sur le royaume de Kouko (Grande 3. A la fin du présent mémoire, Francisco 
Kabylie), V. s«pra. p. 2 r3, note 2. La nou- de Herrera a ajouté la mention suivante: 
vello de la prise de ce royaume par le Chérif « Francisco de Herrera, en nombre de Don 
était un de ces bruits sans fondement, comme Juan Alonso de Gusman, duque de Mcdina 
il en circule parmi les indigènes, quand Sidonia, suplica a V" Alteza mande proveer 
leur imagination est surexcitée. lo en este mémorial contenido y se le dcn 

2. Dcslc coptibo, sans doute le portctirdu los despachos ilcllo; y en cllo rccibira mer- 
courrier, ccd ». 



2^6 ~ 2 1 AVRIL l549 



LXXVII 

MÉMOIRE DU COMTE D'ALCAUDETE POUR DON MARTIN 
ET POUR PEDRO DE CARDENAS 

(Extrait) 

Le Chéri/a écrit au pacha d'Alger, pour lui proposer une action commune 
en vue de la conquête d'Oran et de Mers el-Kebir, qui resteraient aux 
Turcs. — Il a envoyé un présent au corsaire Dragut, en lui offrant de 
prendre ses vaisseaux à sa solde pour faire la guerre à l'Espagne ; plu- 
sieurs corsaires d'Alger auraient rejoint Dragut pour passer avec lui au 
service du Chéri/. — Ce dernier aurait écrit au pacha d'Alger pour 
lui proposer, s'il voulait faire la guerre avec lui contre l'Espagne, de 
venir avec toutes ses forces sous prétexte de rétablir Moulay Ahmed sur 
le trône. — Les troupes turques se Joindraient ci celles du Chérif, le roi 
de Tlemcen serait décapité ; le Chérif, avec son artillerie, prendrait 
Oran et Mers el-Kebir, les donnerait au pacha d'Alger, et garderait 
pour lui Tlemcen et le reste du royaume ; ils pourraient ensuite faire la 
guerre à l'Espagne, quand ils le voudraient. — C^est à ce sujet que le 
secrétaire du pacha d'Alger est venu à Mostaganem. — On suppose que 
ces négociations ont lieu par l'intermédiaire du caïd Saffa, qui connaît 
le Chérif, auprès duquel il a été précédemment envoyé. 



[Oran, 31 avril iS^g'-] 

Lo que vos, Don Martin de Cordova, mi hijo, o, por su absencia, 
el lisenciado Pedro de Cardenas, mi solicitador, direis a Sus 
Altezas, es lo siguiente : 

Que este vergantin se a detenido por el tiempo. Y en esta ora 
me a llegado el mensajero que enbie al alcayde de Mostagan con 
rrespuesta de la carta que le avia escripto en rrespuesta de la suya, 
y trae la carta de que a Sus Altezas enbio copia". El mensajero que 

I. Ce document doil être do la même 2. La lettre du caïd de Mostaganem, la 

date que le suivant, qui le résume en partie. réponse du comte d'Alcau<ltte et la réplique 



MÉMOIRE DU COMTE^ DALCAUDETE 2^7 

le enbie es un criado mio, con quien el suele traltar otras cosas ; 
avisame que el Xarife ha escripto al rrey de Argel' que se con- 
clerte con el y que vengan ambos sobre Oran y Maçarquibir, y 
que los tomaran ; y que estas plaças y los otros puertos deste rreyno , 
que los tengan los Turcos y que todos hagan guerra a Su Mag' ; y 
que, si esto liaze, que no tenga miedo del, que no le hara dampno 
en sus lierras. Y dize asimismo que a enbiado el Xarife a Dargut 
Arraez^ muclias pieças de plata y dineros, y que le ofrece paga para 
sus navios y para todos los que truxere, y que se venga a sus puer- 
tos para hazer la guerra a Espana ; y que de Argel se an ydo algu- 
nos navios y jente a Dargut x-Yrraez, para pasarsc al servicio del 
Xarife ; y que ha escripto que travaje para traer de Turquia todos 
los cosarios y jente que pudiere, que el los pagara. 

Dira asimismo a Sus Altezas que un Christiano captivo que esta 
en Mostagan, y olro rrenegado que a ganado sueldo en esta ciudad, 
avisan que, estando cenando con el alcayde este escrivano que dize 
en la carta^ y otros Turcos con el, despues de aver bien cenado y 
bebido, dixeron que el Xarife avia escripto al rrey de Argel que no 
huviese miedo si queria concertarse con el para hazer guerra a los 
Ghristianos, y que, si lo queria hazer, que avia de venir con toda 
la jente quepudiese, diziendo que queria faborecer a Muley Hamet 
y ponelle en cl rreyno ; y que esto ha de hazer quando scpa que 
el Xarife viene sobre ïremecen ; y que, llegado alli, se juntaria su 
jente con los Turcos y degollaria al rrey de Tremecen y que vernia 
sobre Oran y Maçarquibir y las podrian luego tomar, trayendo 
artilleria por la mar ; y que, tomadas estas plaças, las dara al rrey 
de Argel, y se quedara el Xarife con Tremecen y todo lo [demas] 
del reyno, y podrian hazer la guerra a Gasfîlla como quisiesen *. 

du dit caïd se trouvent en copie dans la lettre du caïd de Mostagancm au comte 

môme liasse !\'jli. d'Alcaudcte (même liasse 474), citée supra, 

I. Ilassan-Pacha. V. supra, p. 2o3, n. 7. p. 2liù, note 3. 

a. Darfjut Arracz : Dragut-Raïs. En 4. Dans la première de ses Icllrcs au 

mars, Diego de Bolailos avait déjà signalé le comte d'Alcaudcte (V. ibidem), le caïd de 

bruitque le Chérif avait fait appel à Dragut. Mostaganem lui écrivait à ce sujet : « El Xa- 

V. supra, p. igi et note 3. rife a tomado al rrey del Dubdu y viene so- 

3. L' « escrivano )) INlanii, secrétaire du bre Ar^iila, y lienen pcnsadodo venir aTrc- 

pacha d'Alger, nommé dans la seconde mecen y a Oran, y, si toma a Tremecen, 



2^8 2 1 AVRIL l5A9 

Enbia a dezir el captivo que dio aviso desto por ser cosa quG 
convenia rremediarse luego, y que a este tratto vino el secretario 
del rrey de Argel a Mostagan, y sospechase que se trata pormedio 
del alcayde Çafa*, porque tiene noticia del el Xarife, por aver 
enbiadolo a el el rrey de Argel sobre los negocios del rrey de Fez, 
antes que se perdiese. Y dize este captivo que de otras cosas puede 
avisar que ynportan mucho al servicio de Dios y de Su Mag*, las 
quales no dira, si no le rrescato. Quedo entendiendo en su rrescale, 
por el aviso que ha dado y por los que podria dar. Aunque lo diga 
por solo su libertad, que yo terne el aviso posible para saber lo que 
todos tractaren. 

Dira asimismo que en esta ora me a llegado otro correo del 
Mezuar, con una carta que le enbiaron los Halafes. que confinan 
con la tierra de Fez, de que enbio copia con esta" ; que lo mismo 
he sabido por aviso de Moros desta sierra, que enbie a saber nue- 

Signé : El conde de Alcabdete. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 4^74». — Original. 



no quedara a Oran ni nosotros, y el rrev 
[de Argel] quierc cnbiar buenajente, mill 
gcniçaros demas de la que esta en el 
Poniente ». Il ajoute : « Si viene este hom- 
brc, no quedara ni nosotros ni vos,... y 
este alcayde que viene del Poniente nos 
iicne a todos por negros y piensa de qui- 
tarnos nuestras tierras ». Cet « homme », 
ce « caïd qui vient du Ponant » n'est autre 
que le Chcrif. — • Sur ces négociations 
entre le Chérif et les Turcs d'Alger, V. 
infra, p. 3oo et notes i et 3. 

I. Sur ce caïd, V. supra, p. 206, note 5. 
On voit par ce passage que le caïd Saffa 
est cet ambassadeur qui vint trouver le 
CluTif à Merrakoch pour lui demander la 
mise en liberté du roi de Fez Ahmed el- 
Ouallassi, fait prisonnier à la bataille de 
l'oued Derna (septembre i5i5). Le récit 
de cette ambassade se trouve dans Ïorres, 
cap. 64- Cet auteur la place à tort en juil- 



let i548, puisqu'à cette époque Ahmed el- 
Ouattassi était assiégé dans Fez par le 
Chérif. L'ambassade est de i547, ainsi 
qu'il résulte du contexte même de Torres. 
2. D'après cette lettre, sans date, écrite 
par Youssef ben Ahmed el-Ahlafi au me- 
zouar El-Mansour, le Chérif se serait 
entendu avec le roi de Vêlez, Abou 
Hassoûn, et le roi de Debdou, Moulay 
Amar : « El Xarife a hecho paz con el rrey 
de Vêlez y lo a asigurado, para que haga 
guerra a Christianos, y a el a dicho : « Vos 
soys guerrero y sabeis hazer navios ; yo darc 
hazienda para ello, y haze quantos pudie- 
rcdes ». Y csto podcis créer que ya el rrey 
de Vclez esta siguro. Tanbicn os hago saber 
que el rrey del Dubdu esta asigurado del 
Xarife y es venido a su casa ». Lecjajo 474- 
Ces nouvelles étaient controuvées, mais elles 
sont »m exemple des rumeurs alarmantes 
qui couraient. 



-LETTRE DU COMTE d'aLCAUDETE 2^1 



2^9 



LXXVIII 

LETTRE DU COMTE D'ALCAUDETE A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

La venue du Chéri/ à bref délai est confirmée de divers côtés, notamment 
par le mezouar El-Mansour et par les lettres qu'il a reçues d'Arabes et 
de gens de Tlemcen. On doit donc tenir pour certain qu'il attaquera 
Oran. — Le Chérif s'est entendu avec le roi de Vêlez pour avoir des 
navires et il a écrit à Dragiit pour obtenir son concours sur mer, en lui 
envoyant de l'argenterie et des subsides. — Il s'est aussi entendu avec le 
roi de Debdou et avec le pacha d'Alger, afin d'opérer sans tarder contre 
Oran et Mers-el-Kebir ; il a offert à ce dernier de lui remettre ces places, 
ainsi que tous les autres ports. — // n'y a pas de temps à perdre; le 
Comte va faire réparer d'urgence les fortif cations et il insiste pour avoir 
de l'argent et des provisions de bouche. — El-Mansour et Moulay Ahmed 
sont à une demi-lieue de Tlemcen et ils vont sans doute y entrer. Le 
secours qu'ils sollicitent est pour garantir leur conquête, car ils ne 
pourront s'y soutenir qu'avec une garnison chrétienne. — Le Comte ne 
leur a pas donné satisfaction, attendant des instructions de Leurs 
Altesses; mais il estime qu'à défaut de ce faire, ils s'entendront avec 
le Chérif. — La prompte arrivée des renforts demandés, en garan- 
tissant la sécurité d'Oran, aura pour effet de mettre obstacle à cette 
entente. 



Oran, 21 avril 15^9- 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

Por lo que Don Martin, mi hijo, avra dicho a V"' Alte/as, por 
le que ultimamentc screvi con Pedro de Los Ilrios. avran entcndido 
V"' Altezas el estado de las cosas deste rreyno, y de la venida a 
el del Xarife. Despues aca lie tenido esta nueva por muchas partes, 



25o 2 1 AVRIL 1.549 

y por todas se certifica con gran brebedad; y lo mismo he enten- 
dido por car tas que me ha scripto el mezuar Mançor*, y por otras 
que a el an scripto Alaraves del Poniente y otros cibdadanos de 
Tremecen. Y no ha podido sahr navio de aqui, porque han sido 
los tiempos contrarios. De todo embiare larga rrazon a V"' AUezas, 
en vergantin armado ; que, por no serlo este, no me parecio que 
convenia enbiar en el despacho con las cartas de aviso que digo, ni 
que este fuese sin alguna rrazon. Hazello he, estandoadereçado, que 
sera al fin desta Pasqua. 

Las nuevas que en suma ay de que dar cuenta a V"' Altezas son 
que la venida del Xarife a este rreyno y a sitiar estas plaças se puede 
tener por cierta, por que todas las espias y avisos que tengo con- 
forman en lo que dizen ; y asimismo que el Xarife se a concertado 
con el rrey de Yelez, y ofrecidole todo el dinero y gente que fuese 
menester para tener navios en buena cantidad ; y que ha scripto a 
Dargut Arraez^ que se venga a el con todos los navios que pudiere, 
al quai ha ofrecido que le encargara gruesa armada para que haga 
dampno en tierra de Christianos, y por cierto se sabe que le pide 
esto con gran ynstancia, y que le ha embiado ciertas pieças de plafa 
y dineros, para atraelle a su servicio. Y tanbien se sabe que el 
Xarife se ha concertado con el rrey del Dubdu, que es en los con- 
fines des te rreyno, y que tiene tratto con el de Argel, con fin de 
venir brevemente sobre estas plaças, y que le ha ofrecido de darse- 
las, y todas las otras fuerças de la costa de la mar, para hazer dende 
ellas toda la guerra que pudieren en las fronteras de Castilla. 

Suplico a Y"' Altezas, si, quando esta llegare, no huvieren 
mandado despachar lo que lie suplicado, que con grandissima 
brevedad lo manden, porque la necesidad que se ofrece y cada dia 
se acerca no sufre ninguna dilacion. Por lo quai dende manana, 
sogundo dia de Pasqua, se comiença a entender en algunos rre- 
paros de que ay muy gran necesidad, tomando fiado, liasta que 
vengan dineros de obras, el vino y carne que fuere menester para 
los que travajarenpor jornal, y para mêler mas gente en esto; porne 
yo las manos en ello, porque todos hagan lo mismo. Y por esto 



I. Sur ce personnage, V. supra, p. 202, 2. Darijul Arraez. Dragut-Raïs. V. supra, 

noie 0. p. 2/j7 et note 3. 



'LETTRE DU COMTE DALCAUDETE 201 

suplico a V"' Altezas que, asi la gente como el dinero de obras y 
todas las otras cosas, se provean con la presteza que digo, porque 
estas plaças se puedan asegurar del peligro que ternian, si no se 
hiziese. 

Del Mezuar y del Rrey su sobrino tengo oy nueva, que esta a 
média légua de Tremecen. Certificanme que entraran en la ciudad. 
Lo que en esto tengo que dezir a V"' Altezas es que creo que lo 
podran hazer, y que el socorro que cada dia me piden es a fm de ase- 
gurarse despues de ganado Tremecen ; porque tienen entendido que. 
sin Christianos dentro, no pueden sostenerse. No les he osado cer- 
tificar este favor que piden, liasta ver lo que a V"' Altezas les parece 
en este negocio. Lo que yo entiendo del es que, faltandoles el favor 
de Su Mag'", no pueden dexar de concerlarse con el Xarife, porque 
otros rreyes mas poderosos hazen lo mismo, por no poder soste- 
nerse de otramanera. 

Esto es lo que de présente tengo de que dar quenta a V"* Altezas ; 
dalla hemos particularmentc quando digo, y de lo que mas cnton- 
ces huviere. Aprovechara mucho para entretener a estos en cl 
servicio de Su Mag"' venir con brevedad la gente que he suplicado 
para la defensa destas plaças, porque, sabiendo ellos y todos los 
Moros deste rrey no que estan aseguradas, no se concertaran con el 
Xarife ' . 

I Dios jNuestro Senor la vida y muy real persona de V"' Altezas 
guarde y prospère, con acrecentamienlo de otros muchos rreynos y 
senorios ! 

De Oran, xxi de Abril ïb^g. 

De V"' Altezas muy verdadero servidor, que las muy reaies 
manos de V"' Altezas besa, 

Signé: El conde de Alcabdete. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Lerjajo U7^. — Original. 

I. Dans la même liasse 474, se trouve le Chcrif, de donner, le plus promp- 

une lettre, du i5 avril, du Conseil de ville tcment possible, une suite favorable aux 

d'Oran, sollicitant Leurs Altesses de façon demandes de secours présentées par le comte 

pressante, à raison des craintes qu'inspire d'Alcaudctc. 



253 36 AVRIL l5/|9 



LXXIX 

LETTRE DU COMTE D'ALCAUDETE A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

Moulay Ahmed et le Mezouar sont dans la montagne au Sud de Tlemcen, 
sur le chemin du Sahara, par crainte du Chérif, ayant avec eux toutes 
les tribus de la région. — Ils n'ont pas répondu au Comte et il est sûr 
qu'ils traitent avec le Chérif en leur nom et au, nom des tribus, parce 
qu'ils n'ont pas confiance dans les secours de l'Espagne. — Le Chérif 
sera certainement heureux de s'entendre avec eux, et aussi avec le pacha 
d'Alger, pour avoir des navires et des marins. — Avis reçus de l'armée 
turque, de la Zafma et de Tlemcen, d'où résulte la certitude de la venue 
du Chérif et de son accord avec les Turcs et les Maures pour attaquer 
Oran et Mers el-Kebir. — Le Comte insiste pour qu'on lui accorde ce 
qu'il a demandé, offrant d'entretenir les soldats à ses dépens pendant un 
mois ou deux. 

Oran, 26 avril i549- 

Adresse : A los niuy altos y muy poderosos senores, mis senores 
los reyes de Bohemia. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

Este vergantin se ha detenido por el rrezio tienpo que ha hecho, 
y por esperar rrespuesta delrey Muley Hamet y del Mezuar su tio, y 
mayor certificacion de los negocios del Xarife. Lo que del Rrey 
y del Mezuar se sabe es que se han puesto en la sierra de sobre 
Tremecen, en el paso de la Zahara. de miedo del Xarife y del tratto 
que trae con los Turcos, y han acudido a ellos todos los Alaraves 
de aquclla comarca y los deste rreyno. No me han rrespondido*, y 
tienese por cierto que tractan con el Xarife, en nombre suyo y de 
todos los Alaraves, para concertarse con el ; y yo creo que lo 
haran porque estan desconfiados del socorro de Espafia. Y tanbien 



I. i. 



I réponse d'El-Maiisuur n'arriva quo U- 3o. V. infra. Doc. LWXII, p. 361, note 1. 



LETTRE DU COMTE DALCAUDETE 2 53 

tengo por cierto que el Xarife holgara de concertarse con ellos, por 
concertarse con el rey de Argel, para poder juntar navios y génie 
que los sepa menear, con que poder mejor conseguir sus malos fines. 

Del campo de los Turcos y de la Çafina ' y de Tremecen he leriido 
aviso por cartas que han escripto a particulares y a mi, que contie- 
nen lo que Y"' Altezas mandaran ver". Por todos estos avisos y 
por otras cosas que se y entiendo deste rreyno, no tengo dubda de 
la venida del Xarife, y, viniendo, tanpoco la tengo de junlarse 
Turcos y Moros con el y de ayudalle con gente, artilleria y basli- 
mentos, y todas las otras cosas necesarias para tomar estas plaças. 

Hasta aora no se me lia rrespondido ni proveydo ninguna cosa 
de lo que enbie a suplicar. La necesidad que se espéra y la que estas 
plaças tienen de fortificarse no sufre tanta dilacion. Supplico a V"' 
Altezas sean servidos de mandar proveer lo que he supplicado a 
Costa mia, quando a la de Su Mag'' no se proveyere. y con muy 
gran brevedad, porque no quiero hazienda ni vida, sino para ase- 
gurar el servicio de Su Mag'' como lo tengo scripto, y manden Y'" 
Altezas que, por un mes o dos, venga la gente a mi costa. \ , si en 
este tienpo no pareciere que avia necesidad délia, mio sera el gasto 
y holgare mas de perdello que de tener estas plaças en el aventura 
en que ov estan ; porque la necesidad que oy se les puede ofrecer 
no se puede rremediar en tienpo, si se ha de proveer despues que 
alla se sepa, especialmente siendo tan necesaria la gente para la for- 
tificacion como para la defensa. 

; Dios Nuestro Senor la vida y muy real persona de ^ "' Altezas 
guardey prospère, con acrecentamiento de muchosreynos y senorios ! 

De Oran, a xxvj de Abril lô/ig. 

De Y"' Altezas muy verdadero servidor, que las muy reaies 
manos de Y"' Altezas besa. 

Signé: El conde de Alcabdete. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Lega/'o Ul^t. — Original. 

I. La Çafma. 11 semble que les Espa- a. Ce sont les documents publiés injra. 

gnols d'Oran aient ainsi désigné la région Doc. LXWllI, p. 267. Le courrier n'étant 

qui s'étend à l'E. de la Scbkba d'Oran. V. parti que le 3o avril, le comte dWlcaudete 

RufF, p. 113. note V y ajoula un avis du 28. 



254 ^8 AVRIL i5/i9 



LXXX 

LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait.) 

Pm^ti de Puerto de Santa Maria le 20 avril, il n'a pu arriver à Tanger 
que le 24. — // y avait deux jours que les Maures qui avaient attaqué 
cette ville s'étaient retirés; ils étaient allés auparavant sur Arzila. — 
Cinq Maures et un renégat de Lucques sont venus à Tanger pour se con- 
vertir. — D'après ce renégat, les Maures qui ont attaqué pouvaient être 
3 000 cavaliers et 5 000 fantassins ; ce sont des gens de Chechaouen et 
des environs d' Arzila et de Tanger ; ils étaient commandés par Mohammed 
ber-Bached, seigneur de Chechaouen. — Leur intention était d'occuper le 
Seinal, mais, ayant reçu avis que les Portugais tes avaient devancés, ils 
se sont contentés de venir brûler les récoltes autour d'Arzila et autour 
de Tanger, sans avoir aucunement l'idée d'assiéger ces deux places, 
car ils n'avaient pas d'artillerie, -r- Les Maures se sont retirés, en appre- 
nant l'arrivée des galères de secours. — Il y avait avec le caïd de 
Chechaouen un^capitaine turc et 200 arquebusiers. — D'après le gou- 
verneur de Tanger, lé nombre des Maures serait beaucoup plus élevé ; 
mais D. Juan de Mendoza s'est rendu compte par lui-même de l'exactitude 
des dires du renégat. — D. Juan a amené à Tanger 200 arquebusiers 
et 3o barils de poudre. — Les Maures ont levé le camp de jour et se sont 
séparés à 3 lieues de Tanger ; ceux qui rentraient à Tétouan ont tâté 
Ceuta en passant et y ont tué deux vigies. — Suivant D. Juan, cette 
incursion des Maures accompagnés de Turcs aurait eu pour but de recon- 
naître la force respective des fronteras ; il se pourrait également que le 
Chérif ait voulu accroître son prestige auprès des Maures, en attaquant 
les Chrétiens. — Cinq Maures, dont un de bonne famille, sont arrivés à 
Arzila pour se convertir. — Ceux qui sont venus à Tanger dans le même 
dessein sont peut-être des espions et D. Juan a conseillé de les envoyer en 
Portugal. — Le 25 avril, D. Juan s'est rendu à El-Ksar es-Seghir pour 
inspecter les travaux. — La position du Seinal est très forte par elle- 



LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA 200 

même. — D'après le gouverneur de Ceula, le Chérif est à Fez et ne se 
risquerait pas pour le moment à s'éloigner; c'est aussi l'avis des Maures 
venus à Tanger ; ils ajoutent que l'intention du Chérif serait de s'emparer 
de Tlemcen. — D. Juan est arrivé le 26 avril à Gibraltar. — Il a fait 
armer à Malaga un brigantin qu'il enverra aux renseignements à Melilla 
et, s'il en est besoin, il se rendra lui-même dans cette ville, — Il a 
appris par Verdugo l'arrivée d'Abou Hassoûn à Melilla et la défection du 
PeTion et de Vêlez, qui se sont déclarés pour le Chérif. — Etant donné l'es- 
prit d'intrigue d'Abou Hassoûn, il serait prudent de l'envoyer en Espagne 
et l'on en profiterait pour s'entendre avec lui sur la reprise du Penon. 



Gibraltar, 28 avril iS^g. 

Sur la couverture, alla manu: Gibraltar. — A Sus Allezas. — 
i549- — De Don Juan de Mendoza, xxvni" de Abril i549. — No 
ay que rcsponder. 

Adresse: A los muy altos y muy poderosos senores el rey y reyna 
de Bohemia. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

A veyntc desle sali ' del Puerto de Santa Maria con oclio galcras: 
y, por liazer agua la una, la liizc toriiar al puerto, y, por ser el 
tienpo contrario y fortuna, no pude salir de Caliz hasla los veynte 
y qualro desle. Llegue aquel dia tenprano a Tanxar y halle que dos 
dias antes se abian ydo los Moros, y eran los que estubieron sobre 
Arzila. 

Binieronse a tornar Cristianos cinco Moros y un Luques que era 
rrenegado desde pequeno ; y lo que del capitan de Tanxar' supe y 

I. D. Juan do Mendoza avait été envoyé 266, 25" et 274. 

pour secourir la garnison de Tanger qu'on 2. D. Pedro de Monezes, fils de D. Duarto 

disait assiégée par les Maures. L'Espagne (V. Andrada, Part. III, cap. 3^). Il était, 

avait un trop grand intérêt à la défense des depuis i5/|G, gouverneur de Tanger par in- 

frontoras de Tanger, Arzila el Ceuta pour térim, en l'absence de son frère D.Joâo de 

ne pas intervenir, quand ces places étaient Menezes, titulaire de la cliarge. Il fut tué 

menacées. Sur celte démonstration des le 16 juin i55o dans un combat avec les 

troupes cliérifiennes devant Arzila et Tan- Maures. Cf. Fernando de Me.nezrs, His- 

ger, V. suprd. p. 222, noie i, ci. infra. pp. torin de Taïujere, pp- Og-72. 



206 aS Avr.iL i5^'i9 

lo que entendi del rrenegado por las preguntas que yo le hize, dire 
en esta y lo que yo entiendo y me paresce. 

Dize este rrenegado que estos Moros serian très mill de cavallo y 
cinco mill de pie, poco mas o menos ; y es gente de Xixuan' y de 
su comarca y de los lugares que estan a la frontera de Arzila y 
ïanxar ; y que por capitan dellos benia Mahamete el Barrax", que 
es senor de Xixuan y de toda su tierra, ques amigo y vasallo del 
Xarife ; y que su yntencion, segund lo que el entendia, era venir a 
tomar el Saynar ^ y ponerse alli a defender que no se hiziese la fuerça 
que agora se haze. aunque yo no lo lengo por cierto, porque, pri- 
niero que la gente saliese para yr Arzila, esta van ya los Portugueses 
en el Saynar ; y que, como tubieron abiso que eslava ya tomado, 
que ordenaron de yr a Arsila y quemalles los panes y las guerlas, y 
bolbieron a Tanxar a hazerlo mismo, sin pcnsamiento de enprender 
(le tomar ningund lugar destos, porque no Iruxeron artilleria ; y 
lanbien se fueron luego como supieron que las galeras benian a 
socorrer la tierra. Dize que benia con este alcayde un capitan turco 
con dozientos arcabuzeros de pie y de cavallo, y que abia entre toda 
esta gente liasta mill tiradores, escopetcros y ballesteros. 

El capitan dize que era mucha mas gente y que llegaron a tiralles 
los arcabuzeros, de manera que no osavan asomarse a la muralla 
los tiradores de denlro. Yo fui a ver donde se aloxaron y, segund 
el sitio tenian, me paresce que era tanta cantidad como dize el rrene- 
gado. Destruyeronles los panes y lasguertas. \o me di todalapriesa 
que fue posible y llevava dozientos arcabuzeros que podelles dexar, 



1. Xixuan, Chechaouen, Chcfchaouen, Scghir. Le 27 février 1 549, des instructions 
Chaoucn, chef-lieu d'un petit état indé- avaient été envoyées à Affooso de Noronha, 
pendant fondé vers ilt~i par des chérifs gouverneur de Ceuta, en vue de l'occupation 
venus du djebel Alam. V. supra, p. 108, et de la mise en état de défense de cette 
note I. position. Luiz de Loureiro devait aller en 

2. Mahamete el Barrax, Mohammed her- même temps en Andalousie pour recruter 
Rached. Ce personnage s'appelait en réa- des troupes el approvisionner en vivres et 
lité : Mohammed ben Ali ben Moussa bcr- en munitions les fronteras du Détroit. Le 7 
Rached. V. ibidem. avril lô'ig, AfTonso de Noronha occupa le 

3. Après la prise de Fez par le Chérif, Seinal et fit immédiatement commencer les 
le roi Jean III avait jugé nécessaire de ren- travaux. V. supra, p. 280 et notes 5 et 6. 
forcer les places du Détroit, et il avait décidé Cf. Andkada, Part. IV, cap. 34 et Sg, et 
la construction d'une citadelle sur la posi- SS. IIist. Maroc, /" Série, Portugal, aux 
tion du Seinal, qui dominait El-Ksar es- dates février à avril iD^g. 



LE;;rTRE de don juan de mendoza 267 

qiiedando las galeras con el rrecaudo que conbiene para su segu- 
ridad, y tanbien les llevaba treynta barriles de polbora de canon 
para, si tubiesen nescesidad délia, darsela y estar alli ayudandoles lo 
que el tiempo dièse lugar. 

De alli se fueron los Moros de dia, y a très o quatro léguas del 
lugar se partieron y se fueron cada uno a su lierra ; los que fueron 
la buelta de Tituan corrieron a Ceuta y le mataron dos atalayas. 

Lo que yo entiendo delà benida destos Moros, abiendo venido el 
Turcos con ellos, es que bienen a rreconoscer estas fronteras para 
ver quai podrian acometer ; y tanbien querra el Xarife ganar rrepu- 
tacion con los Moros y que bean que haze la guerra a los Cristianos. 
En Arzila se binieron a tornar cristianos cinco Moros y entre ellos 
un cavallero que dizen que es ombre de buena rrazon ; y entre los 
que se binieron a Tanjar ay otro ques cavallero y de buena rrazon ; 
puedese sospecliar que son espias. \o e abisado al capitan de Tanxar 
(jue los embie a Portugal, porque alli no estan bien. 

De alli bine otro dia a Alcaçar y sali em tierra a ver lo que se 
abia liecbo en la fuerça; y, como tubieron nueva de los Moros, tra- 
Ijajaron a gran i'uria todos los que abia. En el cerro estan bien fuerlcs. 
porque el sitio lo es lanto que, qualquiera cosa que liagan, basta 
para que, peleando la génie que esia aUi, no les haga enojo ol 
Xarife, ni otro que pueda mas. 

An becho loda la muralla de palizada por de fuera y por de 
dentro, y puesto sus traos y maderos a manera de bestion, de braça 
y média de anclio la muralla : y, porque tienefalta de tierra y mucba 
piedra y alli no puedcn ponclles baterla y por hazersc fucrtes con 
brevedarl, ban bincbiendo de piedra de manposleria todo lo que 
abia de vr de tierra y faxina, y un cavalleio an lieclio de tcrrapleno: 
piensan acabar la fuerça desta manera y despues liazella tlespacio de 
obra perpétua. 

Del capitan de Ceuta e entendido que el Xarife se esta en Fc/. y 
que le paresce que no saldra de alli por agora, porque no osa dcxar 
el reyno ; y lo mismo dizen los Moros que binieron a Tanjar, pero 
que tiene proposito de yr o eid)iar a tomar a Tremecen ; pero no se 
certifican si lo hara por agora. 

Llegue aqui a Gibraltar a veynle y seis deste. y balle un correo 
que mi padre me despacbo con la caria de V'" Altezas; y e enbiado 

De Gasthies. X. — 1" 



258 28 AVRIL l5^|9 

a armar el vergantin a Malaga, para que venga aqui armado y enbiallo 
a Melilla, y en el un capitan de galera ques soldado y onbre de 
rrecaudo, para que bea lo que alli se haze, y entienda lo de alli y lo 
que por aquella bia se save del Xarife, para, si nescesario fuere, yr 
alla como V"' Altezas lo mandan. 

Francisco Verdugo me a escrito que aporto el rrei de Bêlez a 
Melilla, y que el Penon y Bêlez se an alçado por el Xarife. Y, segund 
es cauteloso el rrey de Bêlez y de la manera que alU le traen , séria 
mejor que biniese a Castilla, porque, fuera del ynconviniente que 
ay estando el alli, siendo Moro y tan sabio con su persona, podria 
ser que se hiziese algund trato para lomar el Penon. 

De Gibraltar, a 28 de Abril de i549. 

Signé : Don Juan de Mendoça. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 



LÇTTRE DE DON JVAN DE MENDOZA îiOg 



LXXXI 

LETTRE DE DON JUAN DE MENDOZA 
A FRANCISCO DE LEDESMA 

(Extrait) 

]x Chéri f se proposerait de faire un de ses fils roi de Tlemcen. — Il n'a 
pas présentement l'intention de quitter Fez. — // serait prudent de faire 
sortir Abou Hassoûn de Melilla. 

Gibinllar, 9,8 avril i5^(). 

Sur la couverture, alla manu: Gibraltar, la/ig. — De Don Juan 
de Mendoça, xxviii de Abril iB/ig. 

Adresse : Al muy magnifico sefior, el sefior Francisco de Ledesma, 
secretario de su Mag' y de etc. 

Muy magnifico sefior. 

Segund io que yo e entendido del rrenegado que bino a 'J'aujar y 
de los Portugueses de alli y de Alcaçar, el Xarife fiene proposilo de 
baser a un liijo suyo rey de Treniecen, pero no piensa el salir de 
Fez por agora, ni avia nueva que enbiase génie mas de que se pla- 
licaba que lo haria. Paresceme que a sido muy buena provision 
que vengan aqui personas que tambien entiendan lo de la fortilica- 
cion. para que se tome resolucion de lo que mas conl)ienc. 

Lo del rey de Vêlez sabra V. md. por la bia de Francisco Verdugo : 
y no e sabido otra cosa, despues que el escrivio como al)ia aportado 
a Melilla y el Penon y Belcz alçado por el Xarife; y a mi parescor 
convernia que el rey de Bêlez saliese de Melilla por los rrespclos 
que a Sus Altezas escrivo. . . 

De Gibraltar, a xxvin" de Abril de lo^Q- 

Signé: Don Juan de Mendoça. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Le;/ajo SO. — OrKjinal. 



200 AVANT LE 3o AVRIL l549 



LXXXII 

LETTRE D'EL-MANSOUR BEN BOL GHANEM 
AU COMTE D'ALCALDETE 

// a reçu la lettre du Comte, qui lui propose une entrevue, mais il croit 
s apercevoir que les intentions de celui-ci à son égard ont changé. — 
Moulay Ahmed et lui avaient spécifié ce qu'ils feraient pour l'Empereur 
lorsqu'ils seraient en tranquille possession de Tlemcen, et, bien que leurs 
ennemis en soient encore maîtres, on leur demande d'exécuter leurs 
promesses. — Les Turcs ont aidé leurs amis et les ont fait triompher. 
Eux sont restés sept mois en solliciteurs à la porte du Comte, offrant de 
niettre leurs personnes et Tlemcen en ses mains, et ils n'ont rien obtenu. — 
Après être allés au Sahara, ils auraient voulu ensuite venir à la Mléta 
pour y rencontrer le Comte ; mais celui-ci a fait savoir qu'il ne pourrait 
sortir d'Oran avec ses soldats. — El-Mansonr agrée les excuses du Comte, 
ajoutant que leurs intérêts sont conimuns. — Au sujet de la lettre du 
ca'idde Mostaganem , El-Mansour dit que cet homme et son maître le pacha 
d'Alger sont des traîtres, avec lesquels on ne peut traiter. Lui et son neveu 
sont entre ces deux feux, Alger et le Chérif, n'ayant d'espoir qu'en l'Es- 
pagne. — S'ils sont aidés, les Arabes ne rechercheront pas l'amitié du 
Chérif et, avec eux, on pourra soutenir la latte contre celui-ci; mais, si 
le .secours de l'Empereur fait défaut, tous et eux-mêmes s'accorderont avec 
le Chérif, pour ne pas perdre leurs amis et leurs têtes ; ce sera la faute 
du Comte et la volonté de Dieu. — Après avoir écrit ce qui précède, El- 
Mansour vient d'être rallié par les fils d'Ahmed es-Seghir et les Oiilad 
Talha, qui sont campés à Ilennaya, ainsi que les Ahlafet les OuladHarrax ; 
lui-même et son neveu sont sur lisser et demandent que le Comte leur 
J'a.<i.<ie connaître sa décision. — S'ils entrent dans Tlemcen et qu'ils doivent 
espérer du secours, ils l'attendront ; il ne leur serait pas possible de s'y 
lunintenir sans Chrétiens. — Ayant appris de Tlemcen, au cours de leurs 
palabres avec les Arabes, que Moulay Hassen serait mort, ils se sont 
rapprochés de la ville; ayant envoyé aux nouvelles, ils ont su que Moulay 
llassen avait fait décapiter quatre de ses frères, sur l'ordre du pacha 
d'Alger, que le diable lui était entré au corps et qu'il était au plus mal. 
Les Tlemrêniensleiir ont écrit de venir promptement . — Les Oulad Harrax 



LETTRE D EL-MA>SOUR BEN BOU GHANEM 26 I 

sont sur la Tafna avec i5o douars des Ahlaf. Avec leur concours, l'oc- 
cupation de Tlemcen s'effectuera sans difficulté; les gens de la Xequia ne 
peuvent rien et les Oulad Sliman ben Moussa sont partis, ainsi que les 
Turcs, ces derniers pour Ben Yacoub, Mendcs ou Alger. — Il ne dépend 
plus que des Espagnols de s'attacher El-Mansour et son neveu, en les 
secourant promptement. — Les Arabes vont maintenant aller au Sahara 
et la saison est bonne. 



[Avant le 3o avril iS^g'.] 

Copia de las cartas que escrive el mezuar Muley Mançor al conde 
de Alcabdete. 

j Gracias a Dios ! 

Del siervo de Dios, el que confia en Dios, Mançor ben Bo Ganim, 
al conde, el honrrado, el extimado, el alabado, que esta en lugar 
de la Mag'' alla. 

Recebi vuestra carta y supe lo en ella contenido, y a lo que me 
pedis, que vaya a veros para dar asiento en el cumplimiento de lo 
pasado y para lo que aora pediinos", parece que conozco en vos 
otra boluntad de lo que pensava, y quexome de mi poca vcntura 
con vos. No es este el fabor y ayuda que en este tiempo aviamos 
menester de la casa alta del senor Rey y Enperador y de vuestra 
honrra. A esto os avemosdicho y escripto muchas vczes que, de que 
estemos en Tremecen descansados de nuestros enemigos, lo menos 
que podremos cunplir es esto. Y a la Mag'' alta avemos escripto lo 
que aveis visto que haremos en su servicio quando Dios nos de, 
con su ayuda y poder, descanso para senorear nuestras tierras, que 

1 . Ce document et l'annexe qui le suit des garanties réelles en versant des subsides 
étaient joints à une lettre du comte d'Alcau- ou en fournissant des otages à interner à 
dete à Maximilien et à Marie d'Autriche du Oran. Il l'avait fait, dit-il dans une lettre du 
3o avril 1 549 (même liasse), dans laquelle il 26 avril (différente du Doc. LXXI.X.). parce 
disaitqucla lettre d'EI-Mansour elles pièces que les Turcs, d'une part, et le Chérif, de 
jointes venaient de lui arriver le jour mémo. l'autre, agissant siu- ces deux personnages, il 

2. Effectivement, le comte d'Alcaudctc avait voulu les presser également, aGn de 
avait mis Moulay Ahmed et El-Mansour voir, par leur attitude et par leur réponse, 
en demeure de remplir les engagements s'ils étaient, ou non, d'intelligence avec le 
qu'ils avaient pris, c'est-à-dire de donner Chérif (même liasse ^v'i)- 



262 AVAM LE 3o AVRIL iS^Ç) 

nos pedis aora que nuestros enemigos son senores de nuestras 
haziendas y no buscan sino nuestras cabeças. 

Los Turcos han ayudado a sus amigos y los an ensenoreado sobre 
nosotros v sobre nuestras cabeças y sobre nuestro rreyno. \ avemos 
estado siete meses a las puertas de vuestra casa, pidiendo fabor de 
Christianos a la Mag'* alta, y queremos poner nuestras personas y 
a Tremecen en vuestras manos : y nunca aveis dado ningun rremedio 
a nuestros negocios. Y, viendo esto. los Alarves desconfiaron de 
vuestra ayuda, y a esta causa salimos a aquella ora que vistes para 
la Zahara ; y por Dios que no me dexaron veros ni los ose dexar, 
porque no fuese cada uno a su parte. \o quisiera llevarlos por 
Meleta*, para llegarme a vos, y, conio me dixistes que no podiades 
salir en canpo con la jente de Oran, no me detuve, busqué de Dios 
otro camino. Aveis os desculpado : yo rrecibo vuestra disculpa, y 
pienso que lo que cunple a Muley Hamet y a mi, que, en esto que 
Dios haze sobre nuestras tierras, cunple a la Mag*' alta y a vos; y 
si nos perdemos, vosotros perdeis, por que no liallareis otra bolun- 
tad como la nuestra ni otro liijo entre los Moros como Muley Hamet. 

Lo que os escrivio el alcayde de Mostagan lie visto^ Aquel es 
traydor y su amo tanbien, y no se a de tractar con ellos, porque no 
buscan sino perdicion de nuestras personas y de nuestro rreyno ; y 
esto es sin dubda, y nO créais otra cosa. Y nosotros estamos entre 
este fuego y el del Xarife, que viene con grau poder. Nosotros 
queremos vuestra ayuda y no conocer otra casa sino la vuestra y 
por vos somos nombrados en Levante y en Poniente, y teniamos por 
cierto que nos aviades de quitar desta fatiga. Y aora pedisnos que 
en tal tiempo paguemos. Vos estais en vuestra voluntad y nosotros 
estamos en las tierras de Dios, que son anchas para nosotros, y no 
sera nuestra la culpa, y esto sabed y tened por cierto y que no me 
perdera nadie sino vos, y si otra cosa os pareciere de buen consejo 
sea en buena ora. Que si nos ayudaredes, los Alarves del Levante y 
del Poniente no quiercn al Xarife, porque es perdimiento de todos 
ellos, y nosotros podriamos con ellos defender nuestras tierras y 
hazer la guerra al Xarife y cunplirlo que tenemos ofrecido y lo que 



I. Melela, la plaine tic la Mléta, au S.- 2. Corrrspondancc dont il est question 

O. de la Scbkha d'Oran. supra, pp. 2^6, note 2, et a/j-, note 4. 



LETTRE D EL-MANSOUK BEN BOL (JIIA.NEM 263 

pedis ; y, si nos falta el fabor de la Mag'' alla en el lienipo desla 
fatiga, todas las jentes hazen sus négocies con el Xarife, y nosotros 
no avemos de perder nuestros amigos ni nuestras cabeças. Vuestra 
sera la culpa, que nosotros no querriamos buscar otra casa sino la 
vuestra, y, si nos falta vuestro cunplimiento, no podemos hazer 
sino lo que Dios quisiere'. 

Teniendo escripta esta carta, me an venido los hijos de Hamete 
Çaguer y los de Llet Talha y queoy an posado en el Hanaya^ con 
todos los Halafes y los de Lied Harrax, y nosotros posamos en el 
rrio de Yçar^ Esperamos lo que hara Dios. Avisadnos de vuestra 
determinacion en lo que os tenemos escripto y aora escrevimos. Y 
si entramos en Tremecen y nos aveis de faborecer, miraremos esto 
y esperaremos vuestra ayuda ; y, si no nos la podeis dar, escrevime 
lo cierto, porque nosotros no podemos defender a Tremecen sin 
Christianos. Y si Dios no os da esta boluntad, vuestra sera la culpa 
y nosotros haremos lo que nos cunple. 

Tanbien os liazemos saber que, estando tractando nuestros nego- 
cios con los Alarves y Benarax, rrecebimos cartas de Tremecen, con 
la muerte de Hacen, hijo de Muley Abdala, en que nos hazen dar 
priesa. Y avemos posado debaxo del Cob, y enbiamos jente de 
cavallo y peones a Tremecen a saber lo cierto ; y oy an venido con 
la certinidad, y las carias que nos truxeron os enbiamos * : el corlo las 
cabeças a quatro hermanos suyos, por mandado del rrey de Argel, 
y entrole el diablo en el cuerpo, y esta muy malo perdido. Los de 
Tremecen nos an escripto que vamos con brededad ; y los de Uled 
Harrax estan en el rrio de Tafena ' con los Ilalafes, todos ciento y 
cinquenta aduares de los Ilalafes, sin los de Lied Harrax ; y nosotros 
les avemos escripto y enbiado jente de cavallo. Si vinieren a este 
aposento, posaremos en Tremecen, si plaze a Dios. Tremecen esta 

I. Dans sa lettre du 3o avril, citée 5((/}ra, hara el rrcy de Argel cl tlia que supierc 

p. 26i,notei,àlaquelleleprcscnldocumeiit rpie estos son^cn la obidiencia del Xarife ». 
étaitjoint, le comte d'Alcaudete faisait la ré- 3. Hanaya, Hennava, à ii kilomètre» 

flexion suivante: «Loque yoentiendodestos N. de Tlomcen. 

es que, favoreciendoles Su Mag**, holgaran 3. Rrio de >Var. loued Isser, affluent 

mas de serville como lo ticncn ofrecido que de la Tafna. 

de concertarse con el Xarife, porque, no A- Voir ces lettres de Tleuiccn à la suite 

favoreciendoles, no puedcn dexar de hazer du présent document, pp. 26^-266. 
todoloqueelXarifelesmandare.ylomismo 5. Rrio de Tafena. la Tafna. 



304 AVAM LE 3o AVRIL l5^9 

muv facil. v no queda sino lo que es en vos. Si Dios nos da de vos 
la fama, v la Mag*" alla nos quiere ayudar, esto nos aprovechara 
hasta que nos de Dios con que podamos traer mas jente. Porque 
entre nosotros y Tiemecen no queda nada, los de Lied Çuliman 
ben Muça se an partido, y algunos dellos nos quieren, y los que 
son de la Xequia no pueden hazer nada, y los Turcos se an partido. 
algunos estan en Ben lacob y algunos en Mendaz* y algunos son ydos 
a su tierra. Y en esta coyuntura, nos podreis ganar y aprovechar 
sin gasto ; si déterminais de hazer esto, enbiadnos los cavalleros con 
brebedad, y nosotros estamos a vuestro mandado. Y sino. lo que 
Dios quisiere haremos. 

A los Alaraves se leva estrechando el tiempo, y dende esta tier'^a 
se yran a la Zahara, y los que son nuestros amigos estan con noso- 
tros, y este es buen tiempo. 

i Nuestro Senor lo cunpla y encamine los negocios por su viiiud ! 
Rrespondednos con determinacion de lo que se a de hazer con bre- 
bedad. 

Signé: El conde de Alcabdete^ 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^lU. — Copie. 

Lettres de Tlemcen. 

Le bruit de la mort de Moulay Hassen ayant couru, Tlemcen s'est soulevé; 
pillages et meurtres ; le Roi revint à lui et se montra, ce qui rétablit un 
peu le calme. — Moulay Hassen est malade depuis qu'il a fait tuer ses 
frères; il a le diable dans le corps. — Si Moulay Ahmed et le Mezouar 
s'avancent jusqu'à Safsaf, les Turcs se retireront à El-Eubbad. — Un 
caïd du Chérif se fortifie à Guercif. — Les Oulad Seba ayant demandé 
au Chérif d'occuper Tlemcen, celui-ci a répondu qu'il n'y manquerait pas 
et qu'il ferait au Levant ce qu'il avait fait au Couchant. — Les Oulad 
Talha sont venus de l'Oued Zitoun à Hennaya. 

Le diable est entré dans le corps de Moulay Hassen et on l'a cru mort ; 
ses serviteurs se sont enfuis et on a proclamé Moulay Ahmed; Moulay 
Hassen est malade à mourir; quEl-Mansour se hâte de venir. — On 
dit que le Chérif a partagé ses royaumes entre ses fils, donnant le Sous 

I. Mendaz, Mcndés, au S. de Zemmora, licrlalctlre ii'El-.Mans<nirbon BuuGhanem. 
sur la route de Relizane à Tiaret. Les lettres qui suivent étaient jointes au 

3. Le comtcd'Alcaudclcsignepourccrli- présent document. 



LETTRES DE TLEMCEN 205 

à Abdallah, Merrakech à Ahder-Rahman, Meknès à El-Harrân, le Levant 
et le Couchant à Abd el-Kader. El-Harrân est parti en expédition contre 
les Chrétiens. — Qii El-Mansour et Moulay Ahmed entrent dans Tlenicen. 
— Les Oulad Moussa et les Ahlaf sont vers Coadéïat ez-Zebboudj . — 
Le roi de Debdou a demandé au Chéri/ de lui céder Oadjda et les Béni 
Snassen; celui-ci lui a répondu de venir le trouver. — Les gens de 
Nedroma ont écrit au Chérif de venir. 

[Avant le 3o avril] iS^g. 

Sur la couverture, alla manu: Oran, i^^Q- — Copia de unas 
cartas que el Mezuar scrivio al conde de Alcaudete y olras que le 
scrivieron a el los Alaraves. 

Copia de dos cartas que scrivieron dos cavalleros de Tremecen 
al Mezuar. 

Hagos saber que, despues que os escrevi, se levanlo grau grita 
en la ciudad : murio Haçen, y se levanto la ciudad y rrobaron a los 
Judios, y murio Ben el Gordo ; matolo Zeyen ben Gayud. Y baxa- 
ron todos los que estavan desterrados en la ciudad, cada uno dellos 
buscando por su contrario. Despues desto, desperto el Krey, y lo 
hizo cavalgar el hijo del rrey de los Andaluzes* y Yucef Xarif, y le 
hizieron baxar a la ciudad, para que lo viesen las jenles. Enlonces 
descanso un poco la ciudad. Y esta malo desde el dia que malo a 
sus liermanos, y en gran fatiga. j Nuestro Sefior le afiada mas ! A 
le enlrado el diablo en el cuerpo ; queda con todo el cuerpo de 
noclie y de dia. Penso que Cidi Bu Midien " no liera nada, que liizo 
juramento en el a sus liermanos y les liizo Iraycion. Los Turcos 
queestan en Tremecen, en posando vos en Çafcif\ todos se yran al 
Ubed\ No solteis la mano del Cliristiano y del'endereis vuestra casa. 

De nuevas del Poniente, el alcayde del Xarife esta fortificando 
en Jarcif ", y el Xarife dize que le an diclio los de Uled Ceba : « Nues- 

1. Les Morisques émigrés d'Espagne 'l'iomron. 

avaient un caïd spécial. 4- Vbed, ElEubbad, à 2 kilomètres S.- 

2. Çidi Bu Midien, Sidi Bou-.Médinc, le E. de Tlemcen, où se trouvent le tombeau 
saint patron de Tlemcen. et la mosquée de Sidi Bou-Médine. 

3. Çafcif, Safsaf, petit village sur la 5. Jarcif. Guercif. V. supra, p. a 10 et 
rivière de ce nom, à 5 kilomètres E. de note i, et infra. p. aOg. 



206 AVANT LE 3o AVRIL l5^9 

tro Sefior, no os queda sinoTremecen ; que miraporella, por amor 
de Dios. porque esta perdida ». \ que les dixo : « \o sere luego por 
alla y hare del Levante lo que lie hecho en este Poniente. y luego 
entendere en la vengança de la ynjuria de nuestra ley ». Esto nos 
dixeron unos que vinieron del Poniente y subieron a ver al Xeque. 
De nuevas de los de Ulet Talha. dizen que les vino Ali ben Najar 
y les hizo posar en el rrio de los Azeytunos ' , y que posaron en el 
Hanaya a esperaros. \ dizen que les vino un criado de Ben el Najar 
y les dixo esto : « Cidi Mahamete el Xarqui se os encomienda muclio 
y da os priesa ». 

Despues que os escrevi, hagos saber que el rrey de ïremecen se 
le entro el diablo en el cuerpo, hasta que dixeron que hera muerto, 
y se huyeron sus criados, y ensalçaron los jentes a Muley Hamet, 
y se holgaron todos. Despues desto esta rnuy malo para morir. Vos 
venid con muy gran priesa. no os detengais. 

Hagos Sciber que a venido jente del Poniente, y dizen que el 
Xarife rrepartio las lierras a sus hijos. Dio a Çuz a Abdala, y a 
Marruecos dio a Abdurrahaman, y a Mequinez dio al Harran, y a 
Abdelcader dio la parte del Poniente y el Levante^ ; y el Harran a 
salido con mahala para tierra de Cbristianos. 

Vos entended de entrar en Tremecen y no tengais cuydado de 
otra cosa. \o soy vuestro criado y criado de Muley Hamet, y vereis 
que liara el que no liazeis caso del. despues de aver le provado. 

De nuevas del Poniente, los de Lied Muça y los Halafes eslan 
desde el Jazani ^ hasta el cerrillo del Azebuche. Y el rrey del Dubdu, 
elperdido. pidio vuestras tierras al Xarife, a Lxda y a Béni Zenete, 
y le dixo el Xarife : « Si quereis servir, veni a mi ». Los de Xadroma 
an escripto al Xarife sin dubda ninguna que venga. 

Y vos daos priesa, y si Imvieredes de tardar avisadnos. 

Signé : El condc de Alcabdete. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo Ul-i. — Copie. 

1. Urio de los Azeylunos, loucd Zitoun, 4i6, Pl.V,Tabloaugcnéalogi(iucdcsprinccs 
à 1"0. de Tlemccn, affluent de la Tafna. de la dynastie saadicnnc. 

2. Sur les fils du Ghérif. V. infra, p. 3. Nom dilRcilc à identifier. 



AVIS DL COMTE D ALCALUEIE 267 



LXXXIII 



AVIS DU COMTE D'ALGAUDETE' 



Le 10 avril, on a su que les soldats lares campes à Béni Yacoab attendaient 
la venue du Chérif à Tleincen pour passer à son service ; ces hommes 
disaient que les soldats restés à A Iger feraient de même, que le pacha parti- 
rait pour la Turquie et que le Chérif prendrait sa place. — On disait 
aussi que les Arabes de Tlemcen et d'Alger attendaient que le comte d'Aï- 
caudete secourût le roi de Tlemcen pour se joindre à lui contre le CheriJ, 
car celui-ci leur enlève leurs terres et les trente en Berbères. — Un espion 
Juif de Tlemcen, arrivé le 20 à Oran, a rapporte que le Chérif cwait écrit 
aux notables tlemcéniens qu'il serait à Tlemcen en mai et quil en agi- 
rait avec ceux qui se soumettraient comme il en avait agi avec les gens 
de Fez, les exemptant d'impôts durant deux années, ainsi que les Juifs. 
— Des contingents chéri/icns sont à Oudjda, dont le caïd turc s'est 
enfui à Tlemcen; les habitants de Nedroma, les Trara et les Oulhaça 
ont fait leur soumission ; tous les Zénètcs attendent joyeusement le 
Chérif — Un fils de celui ci est venu du Sahara avec une nombreuse 
cavalerie, et partie de l'armée chérifienne a été dirigée sur les J'ronteras 
portugaises. Un caïd chérifien construit une kasba éi Guercif; il traite 
fort bien les Juifs. — D'après une lettre d'un Maure de Tlemcen, le 
Chérif possède tout le pays de Fez à Oudjda et il marche sur Arzila et 
Tanger. A Tlemcen, on attend un de ses fils avec 4oooo cavaliers; les 
Zénètcs, les Tlemcéniens et les Juifs son t partisans de ce prince, les A rabes lui 
sont hostiles. Sécurité absolue du pays de Fez à Oudjda. Le Chérif ayant 
demandé des otages aux Ahlaf, ceux-ci ne se sont pas raliiés à lui; ils 
tiennent pour Moulay Ahmed, le Mezouar et le roi d'Espagne. — Le 
28, lettre des cheikhs de la Zafna rendant compte d'une escarmouche 



1. Ces avis sont ceux, que le comlo aOi, note i), et le gouverneur d'Oran en 

d'Alcauclele mentionne dans sa lettre du profita pour ajouter à ce document une 

36 avril. Y. supra, p. 353 et note 2. Le lettre des cheikhs de la Zafina reçue le a8 

courrier ne partit que le 3o (V. supra, p. (V. ci-après, pp. 269-270). 



208 3o AVRIL lo/tg 

rjuils ont eue avec les Hamyan. partisans des Turcs: leur messager dit 
que si l'on ne veut pas porter secours à Moulay Ahmed et au Mezouar, 
il faut les en aviser, afin qu'ils s'arrangent avec le Chérif. 



Oran. [3o avril] loig. 

Sur la couverture, alla manu: Oran, 1549- — Avisos de espias. 

Adiezde Abrill de mill y quinientos y quarenta y nueve. 

Se supo, por espias del campo de los Turcos que estan en Ben 
Jacob garrameando, que se dezia entrellos que esperavan la venida 
del Xariie a Tremecen para pasarse todos los soldados del reyno de 
Argel a el a ser ville, porque da muy grandes pagas a la jente de 
guerra que trae ; e que lo inisnio liaran los de Argel, y que el Rrey se 
yriaaTurquia, y que lodos los del rreyno alçaran por rrey alXarife. 

Dize asimismo que todos los Alaraves del reyno de Tremecen y 
del de Argel esperan el socorro que el conde de Alcabdete ha de 
traer en fabor del rrey de Tremecen para junlarse con el contra el 
Xarife, por que es enemigo de Alaraves y les quita sus tierras y los 
haze Zenetes. 

Otro de un Judio de Tremecen. espia que llego aqui a los xx del 
présente : 

Que en Tremecen se sabe que el Xarife escrivio a los principales 
de aquella ciudad, diziendoles que por todo el mes de Mayo séria en 
aquella ciudad con gran poder de jente, y que todos los que le sir- 
viesen y obedeciesen. los tractaria como a los de Fez, y que no les 
locara en sus liaziendas, y que, por hazellcs bien y merced, les rre- 
servara de todos los servicios por dos afios, y lo mismo haria con 
los Judios. 

Y que ya sus jentes llegaran a Ugeda, que es dos jornadas de 
Tremecen, y el alcayde turco ([ue alli estava era venido huyendo a 
aquella ciudad, y que tanbien le obedecian los de Xadroma y Tarara 
y Bulliaça', y que todos los Zenetes le esperan con muclia alegria '. 

I. Bui/iapa, Oulhaça. Berbères pour le mouvement chérifien, 

a. Sur les dispositions favorables des V. supra, p. 2i3 et note i, et ci-dessous. 



AVIS DU COMTE n ALCAUDETE 26q 

Dize que un hijo del Xarife hera vonido de la Zaliara con gran 
numéro de jente de cavallo, y que parte del exercito del Xarife hera 
ydo sobre las fronteras de Portugal, y que un alcayde suyo esta 
edificando en Jarcif, y que tracta muy bien a los .liidios e les liaze 
mucha honrra. 

Otra carta de un Moro de Tremecen, que escrivio a un xeque de 
la sierra de Guiza, dize : 

Gracias a Dios etc. Hagos saber de nuevas del Xarife que le an 
obedecido dende Fez basla Ugeda , y dizen todos | que Dios le ensalce ! 
y el va sobre Arzila y Tanjar '. \ luego esperamos a un hijo en esta 
ciudad con mas de quarenta mill de cavallo : los Zenetes y ciuda- 
danos y los Judios ensalçan al Xarife, los cavalleros y Alaiaves no 
le quieren ; esperanlos Christianos que a de traer Mançor. 

El Xarife a puesto seguridad dende Fez hasta Ugeda, que va la 
muger y el chico y el grande seguros con sus hijos y sus haziendas, 
sin que nadie los ose mirar. Fueron a el los Halafcs y les dixo : 
« Quien de vosolros me quisiere servir, trayga rrehcnes ». Los 
Halafes se fueron, y no lian buelto mas a el. A todos ensalçan al 
rrey Muley Hamet y al Mezuar y al rrey de Caslilla. ^ los saludes 
y encomiendas en vosolros. 

De los xeques de la Çafina" para el Conde. rrecehida a xxviij de 
Abril. 

Gracias a Dios etc. Hazemos os saber que avemos peleado con 
Hamian, amigos de los Turcos, en el lugar a donde vosquitastes las 
vanderas a los Turcos \ y los seguimos hasta Ciret% y nos mataron 
dos personas y el cavallo de Arialio y hirieron el cavallo de Zequeri : 
y nosotros les matamos siete personas y honzc cavallos. Aqui os 
avemos menesler, que ellos son amigos de los Turcos y del Xarife y 

1. V. supra, p. 322, noie i. Turcs avant arbore aussi la leur, le comlo 

2. Sur la Zafina, V. supra, p. 253, noto I . dAlcaudolo envoya un délachomont ospa- 

3. En aoi"lt ij'il), la garnison turque do pnol, q>u lit abattre cette bannière. Cela 
Tlemcen avant évacué celle ville, à la suite se passait près de l'oued TIélat. Marmot, 
du traité conclu entre Hassan-Pacha et le Lib. \ , cap il, f. 189. 

comte d'Alcaudele, se rendit dans le camp '4. Ciret, la plaine de Siral. sur la rive 

du mezouar El-Mansour ben I3ou Ghancm, droite do l'oued Habra, à l'est des marais 
où floltail la bannière de lEmpereur. Les de la Maeta. 



2-70 -^O AVUIL l5V,) 

enemigos nuestros, y quando fuymos a ellos, nos dezian : « Mira los 
hermanos del Conde ». Y nosotros avemos sacado vuestra cara de 
verguença en presencia de Muley el Montaçar', que aquella ora 
posa va en nuestros aduares ; lo demas sabreis de nuestro amigo el 
portador. 

Dize la creencia deste : 

Que ellos an seguido a Muley Hamet y al Mezuar por mi manda- 
miento, como vasallos desta ciudad, y que no han de hazer sino lo 
que se les mandare, por no merecer otrocastigo'. Que si el rrey de 
Caslilla a de enbiar socorro al ri ey de Tremecen y al Mezuar, que 
se lo dlga, porque estaran aperccbidoscon todos sus amigos ; y sino, 
que los avise, porque tengan tiempo de hazer sus negocios con el 
Xarife para no perderse. 

Signé : El conde de Alcabdete. 

Arcliivo Gcnenil (h' Slmancas. — Eslado. — Legajo ^7^i. — Original. 

I. Moulay el-Montasscrful un inslanl roi 2. Lors de l'expédition d'HassanPacha, 

de Tlemcen en 1 544-1 5/|5 ; il fut dépossédé la ZaGna avait pris parti pour les Turcs. Le 

parles Turcs. V. Balthasar de Morales, comte d'Alcaudete, en juillet i546, marcha 

Dialogo de las (jiierras de Oran, p. 3o2. sur Canaslcl, dans la ZaGna, saisit deux cents 

Conirairoment à ce qui a été dit dans habitants, en Gt pendre trois et réduisit 

l'Introduction critique (V. p 202), Moulay les autres en esclavage. Marmol, Lih. V, 

el-Monlasscr n'était pas Gis, mais ncvoii de cap. i r, f. 187. 
Moulay Abdallah. Cf. Bargks, p. SaG. 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA 3 "71 



LXXXIV 

LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEX 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Aboa Hassoûn est toujours à Melilla, où il s'impalienle de ne pouvait 
marcher contre le Chérif. — Un cheikh de Fez, qui se trouve avec lui, 
est également très monte contre le Chérif. 



Melilla, 3 mai lô'ig. 

Sur la couverture, alla manu: Melilla. — 1^)49. — A Sus Altezas. 
— Del capitan Perea, très de Mayo lÔ/ig. 

Muy poderosos Sefiores, 

Del rey de Belex no escryvo a \ '' Alleza cosa ninguna mas de 
questa aqui debaxo de buena guardia, espeiando lo que V" Alteza 
sea servydo de envyar a mandar. El se désespéra, por que ya querria 
andar a buelto con la gente del Xarife, segun le muestra enemistad. 
Un xeque', que tiene con el, de Fez, se nos a quesydo morir entre 
manos del coraje que tiene contra el Xarife. ^a esta mejor cada 
momento. Se le haze un ano questan aquy. 

De Melilla. a .S dias de Mayo de loV) anos. 

Muy poderosos Seilorcs, 

Rosa los rcalcs pies \ manos de V"' Allczas 

Signé: Miguel Poroa. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Logajo ^ù'i. — Original 
I. Le caïd Ali Ix'ii Gliakroiin. \'. supra, p. aSiî, noie i, cl iiifru. p. a8o. 



272 I I MAI I.J_i9 



LXXXV 

LETTRE DE LUIS DE RUEDA A MAXLMILIEN 
ET A MARIE D AUTRICHE 

(Eîtkait) 



La révolte du caïd du Pehon a obligé Abou Hassoûn à se réfugier à Melilla. 
— Userait avantageux d'occuper le Pehon, car cette forteresse, au pou- 
voir du Chéri f, pourrait devenir plus dangereuse qu'Alger. — C'est 
aussi l'avis d'Ignacio .\uhes Gato, que le roi de Portugal avait envoyé 
à Vêle: pour négocier la remise du Pehon à Leurs Altesses, et qui, 
ayant appris que cette forteresse avait été livrée au Chér'if, vient de 
rentrer de Ceuta à Gibraltar ; il assure que le roi de Portugal se prêterait 
à l'entreprise par l'envoi des caravelles d'El-Ksar es-Seghir et d'un fort 
galion. — La mahalla qui a paru devant A rzila et Tanger comprenait 
4oo Turcs, 3oo Renégats et 8000 cavaliers ; elle s'est retirée après avoir 
détruit les récoltes. — Diego de Bolahos, arrivé à Vêlez le lendemain 
de la fuite d'Abou Hassoûn, a été fait prisonnier et envoyé à Fez au 
Chéri f. — Les gens de Vêle: se sont révoltés lors du soulèvement du 
Pehon, parce que le bruit courait que la place allait être livrée aux 
Chrétiens. — Rueda ne croit pas que cette révolte ait été fomentée par 
le Cher if, car. s'il en était ainsi, on aurait satisfa'it le plus grand désir 
de ce dernier, en lui livrant Abou Hassoûn. — Le Cher if fait couper 
beaucoup de bois pour construire des navires. — Des Maures convertis, 
arrivés de Tanger, assurent qu'il se préparerait à marcher sur cette 
v'dle qui est mal fortifiée ; la forteresse du Seinal est à présent en état 
lie défense. — Tous les anciens sujets d'Abou Hassoûn reconnaissent 
l'autorité du (Shérif; les amis qui restent au roi de Vêle: ne se déclareront 
en sa faveur que s'ils h voient appuyé par des troupes de secours. — 
Affonso de Noronha fait connaître que le Chérif a ordonné de réunir 
tous les impôts du royaume de Fez à El-Ksar el-Kebir et à El-Kharroub, 
dans l'intention de marcher contre Tanger ou contre le Seinal. 



LETTRE DE LUIS DE RLEDA 278 



Gibraltar, 11 mai lb!^g. 

Sur la couverture, alla manu : Gibraltar. — A Sus Altezas. 

15^9. — Del corregidor de Gibraltar, xi de Mayo 1049. 

Adresse: A los muy altos y muy poderosos seâores, reyes de 
Bohemia, principes de [UngriaJ, governadores de Espana. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

Dos cartas de V"' Altezas recibi, la una de veyntisiete del pasado 
y la otra de quatro deste. Lo que a la primera tengo que dezir es 
que yo supe por carta de Francisco Verdugo, como escrevi a Y'"* 
Allezas, quel rey de Bêlez avia huydo del, porque el alcaide del 
Penon se a via aiçado por el Xarife, y que avia ydo a Melilla ; y que 
no sabia ninguna cosa de Diego de Bolanos. Y tanbien dixe quanlo 
convenia barajar a Bêlez y trabajar de tomar el Penon antes que se 
rebiziese de lo que le faltava ; lo quai al présente se podia liazer 
mas facilmenle, por no tener los Moros armada por la mar y no 
averlo proveydo ni fortificado. como adelanle lo podrian liazer. Lo 
quai digo (|iir conviene nuicho, porque, como Y"' Allezas scran 
ynlormados, si aquello permanece en poder del Xarife, sera muv 
peor y mas dafioso para estos reynos que Argcl, por tener mas 
aparejo para hazer navios y tenellos y tanbien por eslar tan cerca 
desta Costa : en lo quai Y"- Altezas manden proveer lo que mas 
lucren servidos, tenicndo consideracion a que lo que agora se podra 
liazer con algun gasto y aventura, adelante no se pucda con niuclio, 
ni estorvar los danos que pueden suceder, sino con grandisima 
Costa y perdida de jente. 

Un cavallero portugues', persona de calidad. y en la verdad de 
buen entendimiento y. segun fue ynformado. que a Iralado muclio 
con los Moros, quel Rey cnbiaba a Bcleza contratar que se enlregasc 
el Penon a \"* Altezas, vino agora, despues que supo que se avia 
entregado al Xarife. de Cebta ; y, bablando con el en cosas de 

I. Ignacio Nufios Galo, V. snpra, p. 202 , noie 2. 

Di. Castkiis. . X . — |^^ 



27^1 II ^i^i i5'i9 

Africa, me dijo lo que entendia del gran dafio que podria redundar 
destar el Penon en poder del Xarife, y quanto convenia quitarselo 
presto, V que ténia por cierto que, si V"' Altezas fuesen servidos de 
mandar entender en ello, quel Rey, su senor, daria para ello las 
caravelas questan en Alcaçar y un galeon que tiene, ques tan rezio 
que en el bordo del por lo ancho se pueden echar très onbres, y 
tan artillado que basta a derribar qualquier cosa, porque fue hecho 
para solo este efeto, y que, poniendole sus sacas de lana y otros 
reparos que se suelen poner, se podria acercar sin miedo al Penon 
para tiralle y destruyr a Bêlez. Entendi del que le pesaria muclio al 
Rev, su senor, de saber quel Penon estuviese en poder del Xarife, 
y que liaria buen ayuda para la toma del. 

De Alaracbe vino una caravela de contratacion, y en ella un 
Cristiano tratante que venia de Alcaçar Quibir, y tiene su padre en 
Fez, tanbien mercader; del quai supe que la gente que avia venido 
sobre Arzila y Tanjar era mucba, aunque la mas délia desarmada, 
V que venian basta quatrocientos Turcos y trezientos Renegados y 
oclio mill de caballo, y que avian destruydo los panes de aquellas 
fronteras, y que a las arboledas no bizieron ningun dano, y avian 
linpiado y alumbrado todas las aguas de pozos y fuentes que avian 
en aquella comarca y que, becho esto, se retiraron'. 

Dijome que Diego de Bolanos avia llegado a Bêlez un dia despues 
que buyo el Rey'; y que, antes que se desenbarcase, pregunto por 
el, y le dixeron que era ydo a caça. que saliese en tierra, que ya 
no podria tardar ; y asi salto en tiena, diziendo que yba con una 
caria mia para resgatar los de mi fusta. la quai caria yo le avia dado 
para disimular las otras que Uebava ; y, despues dentrado en Bêlez, 
le tomaron a el y a los seys marineros que llebava por cativos, y 
llebaron a Diego de Bolanos a Fez al Xarife, el quai le mando ecbar 
un bierro, y dize que no lo tratavan mal. Preguntele si le avia 
escrilo su padre si se dezia que Diego de Bolanos oviese ydo a olro 
negocio mas de al rcsgale de los calivos ; y dijome que no se sabia 
que fuese a otra cosa. 



1 . Sur celle altaquc d'Arzila cl do Tnn- 188, note 2. — Après èlrc revenu en Espa- 
pcr, V. supra, p. aaa, note i. pne, il avait été ronvovc à Volez par Luis 

2. Sur Diofrn do Rolnfios, V. siiprn. [>. do Rueda. 



, LETTRE DE LUIS DE RUEDA 27.5 

Dixo mas que muchos cavalières de Bêlez se avian alçado, quando 
se alço el Penon, diziendo que lo querian entregar a Cristianos, y 
tanbien por promesas del Xarife, lo quai yo no creo, porque, si 
asi fuera, aiite todas cosas lo prendieran, porque sabian quel mayor 
servicio que podian liazer al Xarife era entregalle al \\e\ . ^ asi dizen 
que lo dixo cl, quando supo que era huydo, y que pensava que no 
avia heclio nada, pues se a via escapado el Rey. Lo que para mi 
lengo es que. desque el Rey se vido sin el Penon y que en la cibdad, 
por ser flaca, no se podria sostener, no quiso tener su persona en 
aventura, ni esperar a que le viniese mas dano ; y que por esto 
huyo. 

Dixome que se dezia quel Xarife avia mandado cortar mucha 
madera para hazer navios. 

A Tanjar vinieron cinco Moros y un renegado, de los quales 
vinieron aqui los très Moros, que por ser ya cristianos van a la 
corte de Portugal ; y tanbien vino el renegado para yr a su tierra ; 
es levanlisco. Yo les e preguntado, y conformanse con lo que me 
dijo el mcrcader que vino de Alcaçar Quibir : y los de Tanjar acre- 
cientan quel Jarife adereça para venir sobrella, la quai, segun e 
sabido de presonas que lo enlienden, es tan llaca que tiene peligro. 
El Saynal de Alcaçar' esta va puesto en defensa, ques miiy gran 
bien por ser tan ynportanle. 

A lo que Y'"' Altezas mandan que les ynformc si el rey de Belcz 
tendra alguna parte en su tierra, o si reconocen al Xarife, digo que 
lodos reconocen al Xarife; y, aunque el Rey tenga algunos amigos 
y servidores, que no podra ser menos, no avra ninguno que se ose 
mostrar, sino lo viesen poderoso y con gentc que le dièse favor ; y 
sera bien, si V'"' Altezas son servidos, que dende Melilla tratase con 
sus vasallos y con los que demas tiene por amigos y sabe questan 
agraviados, para que, si fuere necesario, este proveydo esto. 

Acabando descrevir esta, tuve aviso de Don Alfonso, el capilan 
de Cebta, quesla en el Saynal de Alcaçar, que el Xarife avia proveydo 
que toda la garrama del reyno de Fez se pusicse en Alcaçar Quibir, 
ques nueve léguas de Tanjar y Arcila, y en el Farrobo", ques a 

I. V. xupra. p.i 56, noto 3. a. Ef Fnrro6o. El-Kharronh. 



2^6 IJ MAI l5/|9 

cinco (la garrama es las rentas del reyno de trigo y cevada y miel 
y manteca y otras cosas de bastimentos y cavallos y camellos y otros 
servicios anejos a la guerra) ; y que ténia ya fuera de Fez toda el 
artilleria. Queria venir sobre Tanjar o sobre el. No tengo otro nin- 
gun aviso que dar a V"^^* Altezas. Gada dia vienen ; todos los que 
oviere que fueren para ello dare. 

j Nuestro Senor las muy altas y muy poderosas personas de V"^^^ 
Altezas guarde y prospère con acrecentamiento de muchos reynos 
y senorios ! 

De Gibraltar, en xi de Mayo de 15/^9 anos. 

Muy altos y muy poderosos senores, 

Besa los reaies pies y manos de V"' Altezas, 

Signé: Luys de Rueda. 



Dé 



ECISION. 



Remercier Luis de Rueda et lui demander de continuer à donner des nou- 
velles du ChériJ. — Diego de Bolanos et ceux qui ont été capturés avec 
lai seront assistés pécuniairement. 

Que lo dize bien, y gracias, y que siempre avise de lo que supiere 
del Xarife. — Que de Bolaûos y los que fueron captivos con el se 
terna memoria, para que sean ayudados de la limosna de la Princesa. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 



LETTRE DE FRANCISCO DE MEDINA 2']'J 



LXXXVI 

LETTRE DE FRANCISCO DE MEDINA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Abuu Hassoûn est arrivé à Melilla. — Il y sera retenu jusqu'à nouvel ordre, 
conformé/nent aux instructions reçues. — L'objet de sa venue est expliqué 
en détails dans une lettre que Miguel de Perea écrit à Leurs Altesses. 
— Vu les inconvénients que présente le séjour du roi de Vêlez à 
Melilla, il est urgent de prendre une décision à son égard. 



[Melilla, 12 mai]' i549- 

Sur la couverture, alla manu: San Lucar. — i549- — ^^ duque 
de Médina". 

Adresse : A los muy poderosos senores, rei de Boemia, principes 
mis senores. en \alladolid. 

Muy poderosos Senores, 

El rey de Vêles vino a esta cibdad, como V" Alteza avra entendido 
por las cartas que de aqui fueron. Yo no escrevi a \" Alteza porque. 
saliendo el despacho de Melilla una noche, yo Uegue otro dia a 
ella y no me halle, quando se hizo, en ella. 

Pareceme que, por el que V" Alteza enbia agora, manda se detenga 

I. Ce document est postérieur à la récep- 2. La mention « El duquc de Médina n 

tion de la lettre de Maximilien du 37 avril provient sans doute d'une confusion. Il ne 

et doit porter la même date que la lettre s'agit pas ici du duc de Medina-Sidonia, 

es Perea à ce prince, soit le 12 mai iS^Q. mais de Francisco de Médina, son gouvcr- 

V. Doc. LXXXVII, p. 279. ncur à Melilla. V. infra, p. 867. 



2-8 12 MAI i5A9 

aqui hasta que V" Alteza mande otra cosa. Asi se hara como 
Y" Alteza lo manda, aunque me pesa dello, porque Moros es mun- 
cha congoxa tenerlos en frontera, como ^ " Alteza mejor sabe, 
especialmente este, que tan bien sabe todos estos rincones. 

A lo que viene, y como va \" Alteza lo sabe, y por no ser largo, 
no lo digo aqui : y tanbien porque, en esto y en todo lo que con- 
viene a esta cibdad y al real servicio de V" Alteza, el capitan Perea 
escrive muy largo a V" Alteza. 

Suplico. por los ynconbinientes que tengo dicho y por otros que 
se podrian seguir destar este rey en esta cibdad, \" Alteza mande 
lo que mas sea servido que se haga del, como con viene a su real 
servicio. 

I Guarde Nuestro Senor las muy poderosas personas de V" Alteza 
con mavor acresentamiento de mas rey nos y seiïorios, como los 
vasallos y criados de V" Real Alteza [deseamos] ! 

Muy poderosos Senores, 
Besa los pies de V'" Real Alteza su criado, 

Signé: Francisco de Medyna. 
Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 



LETTRE DE MIGUEL DE PERE A 



LXXXVII 

LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

C'est sur les instances de ses femmes et de ses enfants qu'Aboii Hassoûn 
s'est enfui de Vêlez. — Il s'est réfugié à Melilla, parce que les navires 
sur lesquels il se disposait à passer en Castille se sont révoltés en même 
temps que le Pehon. — A son avis, Caçaça et Tazoula ne valent pas la 
peine d'être occupés. — D'après lui, il conviendrait, pour faire la guerre 
au Chérif, de débarquer des troupes à proximité de Melilla, et de se ren- 
dre les Arabes favorables par des distributions d'argent ; lui-même pren- 
drait le commandement de l'avant-garde et marcherait sur Fez. — Pour 
le Pehon, il ne sait quel en est maintenant le caïd et il doute qu'il y ait 
quelque chose à faire avec lui. — Miguel de Perea espère que, si le ChériJ 
attaque Melilla, l'artillerie fera échouer sa tentative. — Depuis qu'Abou 
Hassoûn est arrivé, il n'a eu aucune communication avec les Maures de 
Melilla. — Le duc de Médina- Sidonia lui a fait donner des vêtements 
ainsi qu'à ses compagnons , Maures et Chrétiens. 



Melilla, la mai iS^Q. 

Sur la couverture, alla manu : Melilla. — io^9- — A Sus Altezas. 
— Del capitan Perea, xii de Maio jS/jg. — Duplicada. 

Muy poderosos Senores, 

Recevi la carta de V" Alteza de los veintc y siete del pasado. \o 
lie tratado algunas vezes con el rei de Belex sobre csla su venida a 
esta cibdad tan despojado coino vino ; \ lo que lie podido entender 
del a sido que sus propias mugeres y liijos le hizieron que se saliese 
fuera de la cibdad ; y, como se vio desta manera, totno por rremedio 



aSo 12 MAI 10^9 

de venirse a esta cibdad, porque los navios que ténia para \rse a 
Castilla a besar las manos de V" Alteza. segun el dize, se le rreve- 
laron juntamente con ell Penon. 

En lo demas que V" Alteza me manda, que entienda con el como 
de mio si sera parte para poderse entretener, tomando a Caçaça y 
a Taçota' con algun favor que Y" Alteza le dièse a esto, dize que no, 
porque Caçaça es una cosa perdida, y Taçota es un valle con un 
castillejo peor que Caçaça; y, para poder el ser parte para poder 
hazer guerra al Xarife con este xeque que aqui tiene de Fez, ques 
un principal entre ellos que se Uama Ali Ben Xaqaron, que séria 
menester buen golpe de gente y venir a desenbarcar cerca daqui ; y 
ante todas cosas se avia de procurar de traer a si a todos los AlarvTS 
de la tierra, que con mui poco aver le basta el animo de traerlos 
todos asi ; y dize que yra en la delantera con ellos derechos a Fez a 
buscar al Xarife. 

Asi mesmo le acometi si podria por alguna manera o alguna 
contratacion con el alcaide questa en el Penon ^ A esto me rrespondio 
que no sabe si lo tiene su alcayde o otro por parte del Xarife, y 
que en esto no se puede tener ninguna certidumbre que tanta 
virtud de ellos saïga. 

Yo tengo esperança en Dios quel Xarife ni su poder no ha de 
ser parte para podernos hazer ningun mal; antes, si viniese. sera 
por su dano, por que ledaremos tanta guerra con artilleria y fuegos 
que a el le pesara de venir a esta cibdad. 

En lo que toca a la guarda del Rrei, se haze conforme a lo que 
V" Alteza envia a mandar ; y el no ha hablado con nyngunos Moros, 
despues questa aqui, de los de la tierra ; y si algunos Moros viniesen, 
tomarseya lengua dellos para veer si podriamos lomar alguna viso 
de que nosaprovechasemos ; mas son tan malignes y tan rreccitados 
que, despues quel Rrei aqui esta, no han venido a darnos habla : 
y cada dia los tenemos a vista de los ojos. especialmente agora que 
andan segando. 



1. V. supra, p. 2'j3 cl note 2 et 3. entendre : si Ton pourrait gagner de quel- 

2. La plirase est incomplète. Il faut qtje manirre le caïd qui est dans le Penon. 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA t8i 

Quando esta carta de V" Alteza rrecebi, ya avia aqui mandato 
del duque de Médina que diesen al rrei de Belex lo que ubiese 
necesidad asi en lo pasado como en lo présente, y que le diesen de 
vestir a el y a sus Moros y Cristianos que consigo truxo. Yo me 
holgado mucho por quitar a V'" Alteza de gastos y a mi de quentas. 
El vestir se ha dentender que fue lienços para camisas y caraguelles, 
y del pano que se acostunbra aqui traer. 

i Dios, Nuestro Senor, ençalce y prospère las muy poderosas y 
reaies personas de Y"' Altezas, como los vasallos y criados de Y"' 
Altezas deseamos ! 

De Melilla. a doze dias del mes de Mayo de mill y quynientos y 
quarenta y nueve anos. 

Muy poderosos Senores, 
Besa los reaies pies y manos de Y"' Reaies Altezas, 

Signé : Miguel Perea. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^7^. — Original. 



282 19 ^lAi i5/j9 



LXXXVIII 

LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

Le capitaine Francisco de Médina a envoyé la Jrégate de Melilla du côté de 
Vêlez pour avoir des renseignements sur le Pehon. — Un brigantin de 
Malaga a apporté à Abou Hassoûn des nouvelles de ce qui s'était passé 
à \'ele: depuis son départ. — Abou Hassoûn déclare qu'avec l'aide de 
l'Espagne, rien n'est plus facile que de reprendre Vêle: et le Pehon. — 
Il prie leurs Altesses de l'autoriser à quitter Melilla, car, si les Maures 
venaient à savoir qu'il s'y trouve, il perdrait son prestige auprès d'eux. 
— Si la frégate apporte quelques nouvelles importantes, Miguel de Perea 
les enverra immédiatement. 



-Melilla, 19 mai iS^Q. 

Sur la couverture, aliu manu: Melilla. — A Sus Altezas. — i549. 
— Del capitan Perea, xix de Mayo lô/jg. — Los avisos del Xarife. 

Muy poderosos Senores, 

Los dias pasados respondi a una carta de V" Alteza de la data de 
los veynte y siete del pasado ; y por ella avra visto V" Alteza lo 
que aca pasa, asi en lo que toca al rey de Vêlez como en todo lo 
demas que V" Alteza embio a mandar. 

La fragada desta cibdad embio el capitan Francisco de Médina 
la buelta de Vêlez, a ver si pueden tomarlengua y saber que a lieclio 
Dios del Penon. Y pareceme que, en quanto a eslo, ya V" Alteza 
estara ynformado de pcrsonas de credito que de alla an venido, 
las quules dichas personas o parte délias los proveedores de Y" 
Alteza que residcn en la cibdad de Malaga an embiado aqui, en un 
vergantin, a hazer saber al rey de Vêlez y dalle nuevas de todo lo 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA 2^3 

que a pasado, despues que el de alla partio. De lo quai esta el mas 
alegre lionbre del muiido en aver tenido nuevas de su cibdad y de 
sus mugeres y hijos ; y dize que lo que en menos tiene es en ganar 
a Vêlez y el Penon, dandole V" Alteza favor para ello. 

Suplica a V'' Alteza el dicho rey sea servido de mandalle llevar 
de aqui, porque no vengan los Moros a saber por alguna desgracia 
que el esta aqui, que séria perder muncho credito con los Moros 
para lo de adelante. 

Como venga la dicha fragada, si truxere nueva alguna de que 
V" Alteza deva de ser avisado, luego a la oru con loda diligencia se 
hara saber a V'"* Alteza. 

i Dios, Nuestro Senor, guarde y acreciente las muy poderosas 
personas de V"* Reaies Altezas como los vasallos y criados de ^'"' 
Allezas deseamos ! 

De Melilla, a xix de Mayo de lÔ/ig. 

Muy poderosos Senores, 

Besa los reaies pies y manos de V"' Altezas, 

Signé: Miguel Perea. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo U7U. — Original. 



284 T9 ^'^^ ï^^9 



LXXXIX 

LETTRE D'ABOU HASSOIJN AU DUC DE MEDINA-SIDONIA' 

Il a déjà informé le duc de Médina- S idonia du bon accueil que lui ont fait 
les autorités de Melilla. — // le remercie de sa bienvedlance . — // s'in- 
quiète de la prolongation de son séjour à Melilla, sans qu'une décision à 
son égard soit intervenue. — // demande qu'il ne soit plus mis obstacle à 
son départ pour la Cour d'Espagne. 

Melilla, 19 mai i549- 

Sur la couverture, alia manu: El rey de Vêlez. 
Adresse : Al muy ecelente senor duque de Médina Gidonia en 
San Lucar. 

Ecelente Senor, 

Luego como vine a esta cibdad de Melilla, hize saber a V" Ece- 
lencia como avia Uegado y como estos senores capitanes me hizie- 
ron muy buen recebimiento ; y ansy mismo beso las manos de V" 
Ecelencia por el fabor" que me mando hazer. Yo lo e recebido de 
sus criados con la voluntad que ellos se an ofrecido, ques muy 
buena. 

Yo estoy espantado como, en tanto tiempo questoy en Melilla, 
Su Mag'' no averse determinado en una cosa que tanto ynporta a su 
real servicio ; y en lugar de despacharme, an me mandado detener 
aqui, que lo siento mas que la perdida de mi reyno. Soplico a V" 
Ecelencia despache un coreo a la Corte con toda brebedad, para 
que yo no sea detenido aqui, syno que pueda yr en Espana a verme 

I. f-ettc lettre fut transmise à Maximi- 2. Les vêtements qui avaient été fotirnis 

lien par le duc de Medina-Sidonia, à la date à Abou Hassoùn et aux Maures et Chrétiens 
du 26 mai iS^g. V. Lcyajo 79. de sa suite. V. supra, p. 381. 



lettre' d'aBOU HASSOUN AL" DUC DE MEDINA-SIDOMA 2^5 

con Sus Altezas ; y no permitan que yo este en Melilla como atalaya, 
mirando los canpos y gastando el tiempo en valde. 

Soplico a ^ " Ecelencia me de fabor en esle caso de vr a la Gorte 
con toda brebedad, pues como su amigo me vine a su fortalcza, cie- 
yendo que se me haran estos fabores y olros. 

j Nuestro Senor Dios la muy ecelente persona y casa de V" 
Ecelencia guarde y prospère con otro maAor estado, como \o su 
amigo deseo ! 

De Melilla, a xix de Mayo iUdxlix anos. 




Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 

I. Sur ce seing manuel et l'invocation arabe qui l'accompagne, ^ . p. i.'ii, noie ."> 



>HG 5 JUIN 10^9 



XC 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREÂ A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Deux cjalcrex d'Alger sonl passées en vue de Melilla; elles ont pris au cap 
de Gâta un navire catalan ou valencien chargé de thon et de sardines, mais 
ce navire a été repris par une frégate de Melilla. — Cn Chrétien capturé 
avec Diego de Bolahos et retenu à Vêlez a réussi à s'échapper au prix 
de grandes privations. — Le caïd du Pehon ne veut pas remettre sa for- 
teresse au Chéri f et déclare qu'il mourra plutôt que de sortir du Pehon ; 
Abou Hassoûn le croit homme à tenir parole. — Abou Hassoûn et le 
caïd Ali ben Chakroun ont été malades par suite, prétend Abou Hassoûn, 
de la prolongation de leur séjour à Melilla. — Perça supplie Leurs Altesses 
d'autoriser Abou Ha-^isoùn à partir de Melilla. oii il ne peut trouver la 
nourriture qui lai convient. — Le Chérif a dû être informé de la pré- 
sence d'Abou Hassoûn à Melilla par un atalaya quia été capturé il y a 
onze jours. — Fertilité de la région de Melilla. — On pourrait à peu 
de J'rais aménager de grandes salines dans la lagune de Mar Chica. 
— Utilité de faire croiser les galères pour protéger la côte contre les 
pirates d'Alger, qui s'abritent près du cap Très Forças. — Tant que le 
Chérif sera occupé des fronteras portugaises, il laissera Melilla tranquille. 



MoliUa, ') juin lâ^g. 

Sur la ronvcrlure, alia manu : Melilla. — A Sus Altezas. — iÔAq- 
— DcI capilan Perea, v de .hinio iTi^iQ. — Lo del corcliapin' que 
dio en aquella costa, que liavian lomado los Tuicos. 

I. Corchapin, petite caravelle V, infra. Doc. XCI, p. aiji. 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA 287 

Muy poderosos Senores, 

El viernes proximo pasado pasaron por aqui a vista desta cibdad 
dos navios de remos ; y como aqui no se tuvo lenirua dellos, no supv- 
mos que gente era hasla ai^ora, que parecen eran de Turcos de Argel. 
^ eslo se sabe, por que ha diez dias que tomaronen el cavo de Gâta 
[un corchapin] caiyado de atun y sardinas, que parece ser del con- 
dado de Cataluna o del reyno de Balencia, el quai dicho corchapin 
vino junto ha esta cibdad con treze Moros que venian dentro ; y 
de aqui envio el capitan Francisco de Medynaa reconocele. y, como 
reconocieron que avia en el Moros. armo aqui una fregada y dos 
barcas que fueron a el y le tomaron. \ , antes que llegasen a el los 
navios de aca, se hecharon en la mar los très dellos, y, de los diez 
que quedaron mataron el mas principal dellos, y los nueve que 
truxeron ha esta cibdad los tyene el dicho capilan en su poder. 
Doy aviso dello a \" Real x\lteza, para que proveea en ello como 
convenga a su real servicio, pues fueron robados sobre treguas'. 

Olrosi, en la carta pasada escrevi a \" Alteza que havia enviado 
el capitan Francisco de Médina a tomar lengua la buelta de Bclex; 
que dexaronse alla un Cristyano y vinieronse syn ella a lomar 
lengua. 

Ayer martes amanecio un Cristiano aqui que se llama Diego 
Herreras. qucs de los que tomaron en la fusta do Gibraltar, quando 
prendieron a Bolanos que lebava cierto despacho de \" Alteza 
para el rey de Belex, que a ya deciseis o dezisiete dias que paitio 
de Belex, y a venido todo este tiempo por montanas, comiendo 
trigo y ccbada. y vino tan desmayado que hemos tcnido cpie hazer 
en tornallo en si. 

Dize quel Peùon de Belex no le quierc entregar el alcaydo" al 
Xarife, sino quel lo puede tener en su nonbre y no por cira persona 
ninguna. Dize que le a enviado a llamar el dicho Xarife al dicho 
alcayde, y el alcayde dize que no quiere yr a vcUe, y que antes 
morira ally que salir del castillo para y rie a ver. El Rei se ha hol- 
gado mucho desto, y dize quel tiene por cierto que antes morira 
heclio pedaços dentro del castillo que entregalle al Xarife. ni menos 
y rie a ver. 

I. \. supra, p. i53, noir- 2. 3. \. snprn. (>. i.'î'i, auto 3. 



288 o jLiN i549 

El Rev hemos tenido muy malo y el alcayde questa con el ; y 
esto crehe que ha sido mas de congoja y pesar que tiene de verse 
aqui V ver que se pasa el tiempo sin saber el remedio que V" Alteza 
le lia de dar. 

A me dicho muclias vezes que quiere enviar hun honbre a Y" 
Alteza, y, porqueeste alegre y deslieche de si todo el pesar que tiene, 
podra ser que vaya en esta IVegada. Suplico a Y" Alteza sea servido 
de mandarle enviar daqui, porque, haun ques honbre de gran cora- 
çon, ay aqui tan pocos refrigerios que en verdad no ay que podele 
dar, especialmente carneros ques la cosa quelmejor comia, que aves 
no las puede oy aver. 

Oy a doze dias que los Moros nos prendieron un escudero que era 
atalayd ; cayo el cavallo con el, vyniendo dando rrebato, y llegaron 
los Moros y prendieronle. Oy se ha sabido que lo tienen en la sierra, 
de un Moro que vino a rrescatar otro Moro que esta aqui ; por manera 
que la ora de agora el Xarife sabra del questa aqui el rei de Belex. 
\ . como no hemos tomado len^ua, no sabemos cosa ninguna, 
questamos aqui como gente ynutil. por que la gente de a cavallo 
no es para mas de sahr a la vega y traer un haz de yerva para su 
cavallo. 

Enviome Y" Alteza a mandar que le dièse aviso de las tierras de 
la comarca de Melilla. Digo que ay, de aguas berlientes aca, dos 
léguas poeo mas o menos ; es toda tierra de bendicion para pan y 
huertas. Xo av mas que pedyr, porque las que aqui sienbran los 
desta cibdad — cada ano las sienbran — son tan abundosas que 
levan el fruto que hechan hasta los pechos, y a quarenta anos que 
cada ano las sienbran. Y esto es todo lo que juegan la artilleria, 
que, si lo demas se atreviesen a senbrar, bastaria aver pan para 
medio reyno, que son dos léguas largas de tierras. 

Olrosi, sepa Y" Alteza que aqui ay una laguna que dura cinco 
o seys léguas y la punta délia viene poeo mas de média légua desta 
cibdad, y se puede hazcr en ella a muy poca costa muy grandes sall- 
nas, donde se recreeceria muy gran provecho, aviendo paz con este 
dicho rey adelanle ; porque, aunquesto solia ser antiguamente del 
rcyno de Fez, a mucho que lo posée este. Suplico a Y" Alteza sea 
servido de mandar que las galeras escurran esta costa, por temor de 
las fustas de Argel, que dizen se a levanlado nuevamente este cosa- 



' LETTRE DE MIGUEL DE PERE.V 2 8() 

rio', o mandar a las naos o caravelas que aqui vinieren vengan a 
muy buen recabdo, por que no les acaezca alguna desgracia, por 
que este cativo que aqui vino nos dixo que vyo desde una sierra en 
la playa de Caçaça un navio que no supo si era manco o de remos, y 
es el cabo de Entrefolcos la ladronera de los navios que quieren 
mal hazer. 

Para mi tengo por entendydo quel Xarife, entretanto que andu- 
viere enbuelto con las conquistas de Portugal, que a nosolros nos 
dexara liolgar y fortificar esta plaça. 

De Melilla, a v dias de Junio de i^Sdxlix aùos. 

Si V" Alteza no ha liecho merced liasta agora del qynto de las 
cavalgadas que hizieren de aqui adelante y de las penas de camara 
que ubiere en esta cibdad, podra V" Alteza aplicallas para las obras 
y reparos que en esta fuerça de aqui adelante fueren menestcr, 
nonbrando un recevtor que cobre lo uno y lo otro y que de 
quenta dello, y desta manera no se encubriran mil cosas que se 
encubren. 

Muy poderosos Senores, 

Besa los reaies pies y manos de V"' AUezas, 
Signé: Miguel Perea. 

Archiva General de Simancas. — Eslado. — ^«^.7070 ^i7^4. — Orûjinal. 

I. Este cosario, Dragiil-Raïs. On était avec le Chôrif. Ci", supra, pp. 191, a '17 cl 
alors pivocoiipc on Espagne des projets de ce note 2, 200, et infra, pp. 3i6, 819, 829, 
corsaire et de l'éventualité de son alliance 33o et SSq. 



De Castries. X. 



2Q0 6 JUIN 15^9 



XCI 



LETTRE DE BARTOLOME DORADOR A MAXIMILIEN 
ET A MARIE DAUTRICHE 

Un captif évadé de Vêlez rapporte que le caïd du Pehon se refuse à livrer 
cette forteresse au Che'rif. — Les anciens sujets d'Abou Hassoûn sont 
désireux de revoir leur roi, car ils sont razziés par le Cher if . — Abou 
Hassoûn est impatient d'aller à la Cour ; le capitaine Miguel de Perea le 
calme le mieux qu'il peut. — Deux fustes d'Alger ont pris un brigantin 
allant de Majorque à Barcelone et fait 21 prisonniers ; elles ont ensuite 
capturé au cap de Gâta une petite caravelle chargée de thofis et de sardines, 
mais, celle-ci ayant été poussée sur la plage de Melilla, elle y a été reprise 
avec dix Maures de Djidjelli et de Cherchel qu'elle avait à son bord. 



Melilla, 6 juin i549- 

Sur la couverture, alia manu : Melilla. — A Sus Altezas. — 15/49. 
— Del teniente de veedor de Melilla, vi de Junio i549- 

Muy poderosos senores 

A très dias del mes de Junio, Uego a esta cibdad un cativo que 
dixo que se solto de Vêlez de la Gomera, y dixo que se avia huydo 
a diez y syete de Mayo, y dize quel alcayde questa en el Pcnon, 
ques el que se alço contra el Rey, no lo quiere dar al Xarife, aunque 
apellldado questa por el Xarife, ni consyente que otrapersona entre 
dentio. 

Otrosy, dize quel Xarife trata mal a los que se alçaron contra el 
Hcy, y que todos los Moros que son sus vasallos estan deseando 
velle la cara al Rey, su seûor, porque pura mente dizen quel Xarife 
los roha y otro bien ninguno los haze. 



LETTRE DE BARTOLOME DORADOR 2g I 

Otrosy, el Rey esta en esta cibdad por mandado de V"^* Alteza ; 
esta tan apasionado que me parece que, si algunos dias se dilatase 
de yr a besar las manos a Su Real Alteza, séria para acabarse sus 
dias, porque esta desconfiado, en ver una cosa que tanto ynporta 
al soalçamiento de nuestra Santa Fe Catolica, parecele que en ello se 
tiene dilacyon, en no aver bisto mandado de Su Real Alteza, aunque 
el capitan Miguel de Perea lo consuela quanto puede y lo syrbe y 
servimos de lo que aqui ay, y todos los criados del Duque, por que 
ansy lo a mandado dar todo lo que uviere menester a su costa. 

Otrosy, de Arjel se enpieçan a alçar cosarios con el aparejo que 
pietenden tener en Vêlez, por que ya an vcnido dos fustas de Arjel 
\ an lieclio prcsa en un vergantin que veni de Mallorca a Barceloiia, 
en que lomaron veynte y un anima ; y, en el cabo de Gâta, tomaron 
una caravelela que tray cyento y quinze botes de alun y sardina 
areiique ; vino a dar en la playa desta cibdad, en que se tomo cou 
(liez Moros de Ujijar y Sarjel'. El capilan usa dello como de cosa 
suya, diziondo ques pordido de buena guera ; y ansi la tomaron con 
très baxeles a una légua. 

Otrosy, la fortificacyon desta cibdad anda de muy grand priesa. 

Su Real Alteza sea servido de mandar que el Rey vaya a bcsar 
las manos de Su Real Alteza. 

Fecha en la cibdad de Melilla, a seys dias del mes de Junio de 
i?5dxlix anos. 

Muy poderosos Seûores, 

Beso los reaies pies y manos de V"' Reaies Altezas, Bartolome 
Dorador, veedor de \ "* Altezas. 

Signé : Bartolome Dorador. 
Archiva General de Simâncas. — Estado. — Legajo 'û'i. — Original. 

I. Ujijary Sanjel, Djidjclli et Gherchel. 



292 JLi>' 15/^9 



XCII 



AVIS DU COMTE DE TENDILLA 

(Extrait) 

// transmet les nouvelles données par Verdugo. — Il est arrivé à Malaga 
dans la frégate de Melilla un marin qui avait été capturé à Vêlez avec 
Bolahos ; il s'est enfui et rapporte que tout le monde, à Vêlez et dans le 
pays, est pour Abou Hassoûn et déteste le Cher if. — Le caïd du Penon 
ne veut pas se rendre à Fez, bien que le Chérif l'ait mandé. — Mauvais 
tour joué par le Chérif à Abou Zekri, beau-frère d'Ahou Hassoûn, 
celui qui a fomenté le soulèvement du Penon et du pays contre ce roi. 



Alliambra, [juin id^q]'. 

Sur la couverture, alla manu : Halanbra. — Xuevas que enbia el 
conde de Tendilla — i55o. 

Relacion de las nuevas que escrive Francisco Verdugo. 

Que, en la fragata de Melilla, viene un marinero', de los que 
fueron a Velex de la Gomera con Bolanos, y huyo y aporto a 
Melilla. Dize que toda la gente de la ciudad y de aquel reyno 
piden al Rey, y que no quieren al Xarife, y que el alcaide del Penon 
no a baxado mas a la ciudad ni a querido yr a Fez, aunque el Xarife 
le a cmbiado a llamar ; dize que el es su servidor y tiene por el ^ 
aquella fuerça, pero que no quiere ver su cara. 

Que el Xarife a becbo un lin» muy Imeno a Muley Zaycri, 

I. La date de juin iS^Q csl fournie par \C, p. aSH, et Doc. XCI. p. 290. La date 

la lettre de Pcroa du 5 juin et celle de portée sur la couvertnre est donc inexacte. 

Bartolome Dorador du 6 juin qui traitent a. Sur ce marin, appelé Diego Herrera?, 

en partie du môme sujet. V. supra. Doc. V. supra, p. 287. 



' AVIS DU COMTE DK TE.NDILLA 2()3 

cufiado del rey de VelezS el quai fue el que trato que se alçase el 
Pefion y la tierra contra el Hey, y el que aquel dia fue con gente de 
cavallo a matalle, por servir al Xarife. Tiene en las manos v en el 
pescueço unas manchas, como albaraces, que nascio con ellas ; el 
pago que el Xarife le dio fue que, en Uegando a Fez, mando que 
lo echasen en la casa de los leprosos e no saliese de ally, e mandole 
tomar la hazienda que ténia en Vêlez. Dize este cativo que lo conto 
al rey de Vêlez, e que se alegro tanto que se le quito el mal que 
ténia". 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 83. — Copie. 

I. Moulay Abou Zekri avait épousé une Abou Zekri, dont il sera parlé plus loin 

sœur d'Abou Hassoùn. D'après le présent (^'^- P- 35o el passiDi). 

document, il aurait fomenté la révolte du 2. Sur cette maladie d'Abou Hassoûn 

Penon de Vêlez, qui obligea ce prince à se et sur celle du caïd Ali ben Chakroun qui 

retirera Melilla. Il fut le père d'Ahmed ben l'accompagnait, V. supra, p. 388» 



29A APRÈS LE l^ JUIN 15^9 



XGIII 



DÉCLARAÏION' D'IGNACIO NUNES GATO' 

Ignacio Nuhes Gato, revenant des fronteras portugaises et se rendant de 
Malaga à Gibraltar, rapporte que, dans une localité située à neuf lieues 
de Malaga et dont il ignore le nom, il descendit dans une maison dont 
le propriétaire était Morisque. — // engagea avec celui-ci une conversation 
en arabe, se faisant passer pour le fils d'un caïd du Chérif, et racontant 
qu'il s'était enfui dans sa jeunesse par dépit d'une injure qu'il avait reçue, 
qu'il s'était rendu dans une f routera portugaise et converti au christia- 
nisme; mais qu'à présent, reconnaissant son erreur, il voulait revenir au- 
près du Chérif; Ignacio demandait au Morisque s'il pouvait le faire par 
cette côte. — Le Morisque répondit que lai et ses coreligionnaires avaient 
grand espoir que le Chérif viendrait les délivrer; que, dès qu'il paraîtrait, 
deux cent mille Morisques se soulèveraient dans les royaumes de Murcie, 
Valence et Grenade; qu'ils avaient de nombreuses armes cachées dans 
les montagnes. — Le Morisque conseilla à Ignacio Nuhes Gato de ne pas 
attendre de fustes mauresques sur cette côte, car les Chrétiens J'aisaient 
bonne garde, et, les jours passés, ils avaient massacré quelques Maures 
qui étaient descendus à terre. — Ignacio repartit le lendemain ; il assure qu'il 
était effrayé de voir la joie que ces Morisques éprouvaient des nouvelles 

1. Cette déclaration fut transmise par le ment (Ibidem; Andrada, IV, 66). Le roi 
duc de Mcdina-Sidonia à la Cour d'Espagne. Jean III l'avait précédemment envoyé en 
Bien que le Duc n'y soit pas désigné nomina- mission auprès d'Abou Hassoiin. V. stipra, 
tivement, c'est évidemment de lui qu'il p. 282, note 2. En août iSSa, il com- 
s'agit dans la dernière phrase du document. manda la flotte de cinq navires qui ra- 
V. infra, p. 297, note i. mena Abou Ila'ssoûn à Vêlez, et qui fut 

2. Ce personnage, dont le nom complet capturée par le pacha d'Alger Salah-Raïs 
nous est fourni par Andrada (IV, /40), (Andkada, loc. cit.). Vers la fin du ri-gnc 
accompagnait Yahia ben Tafouf lorsque de Munlay Mohammed ech-Cheikh. Ignacio 
celui-ci fut assassiné par trahison le i5 fé- Nuncs se rendit à Fez, où il eut une 
vrier i5i8 ; il fut alors fait prisonnier par entrevue <ivcc Moulay Abdallah el-Ghalib 
les Maures (Goiis, IV, 64). Il était très au et Moulay Abd cl-Moumen, fils du Chérif. 
courant des choses du Maroc et très versé V. SS IIist. Maroc, /""^ Série, Portugal, 
dans la langue arabe, qu'il parlait couram- i557, Mémoire d'Ignacio Nunes Gato. 



DECLARATION D IGNACIO NUNES GA TO 2i)0 

du ChériJ. — Ignacio est envoyé par le roi de Portugal à Melilla auprès 
d'Abou Ilassoûn ; il a reçu ordre avant son départ d'informer le duc de 
Médina- S idonia de sa mission. — Si, sur sa route, il rencontre le comte 
de Tendilla ou Don Bernardino de Mendoza, il leur communiquera ce 
quiprécède ; il est parti pour Puerto de Santa-Maria le r// juin i54g- 



[Après le i4 juin i549-] 

Sur la couverture, alla manu: Puerto de Santa Maria, iS/ig. 
— Relacion de lo que dixo Inacio Nunez, criado del serenisimo rey 
de Portugal, que paso con unos Moriscos del reyno de Granada'. 

Inacio Nunez, criado del serenisimo rey de Portugal, viniendo 
de sus fronteras de Africa, yendo deMalaga a Gibraltar, dize que le 
acaescio en el camino con unos Moriscos lo siguiente, en un lugar 
que es nueve léguas de Malaga. camino derecho de Gibraltar'. 

Antes deste de las nueve lesTuas. donde el dormio, av uno cinco 
léguas de Malaga, que dize que es buen lugar, y otro mas ade- 
lante otras doss, y el que el dormio adelante otras dos, que son 
nueve. De ninguno de los très lugares se acuerda como se llaman, 
ni del que dormio da otras senas, sino que le dixeron los Moriscos 
que solamente avia en el un clerigo y otro Cristiano, y que todos 
los demas heran Moriscos. 

El dicho Inacio habla tam bien algaravia como si huviera nas- 
cido en Africa. Dize que llego una tarde alli antes de la noche, y 

I . La décision notée à cette place porte : terre Gibraltar ; c'est alors que se placent 

« Que se enbie al Gonde para ver sy podra les faits dont il est question ici. Revenu en 

hallar rasgo dosto ». 11 s'agit du comte do Portugal, il avait été chargé par le roi 

Tendilla. Jean III de se rendre à Melilla auprès 

a. Ignacio Nunes Gato, arrivé à Ccuta d'Abou Hassoùn et de voir en passant le duc 

au commencement d'avril (V. supra, p. de Medina-Sidonia, pour lui donner les in- 

aSa, note a), n'avait pu se rendre auprès formations contenues dans le présent docn- 

d'Abou Hassoùn ; il était revenu de Gcula ment. Don Bernardino de Mendoza signale, 

à Gibraltar, où Luis de Rucda signale sa dès le 19 juillcl, l'arrivée d'Ignacio Nufies 

présence à la date du 11 mai lôVj. V. à Malaga (V. infra. p. 3 16), où ce dernier 

supra, p. 273. Il résulte du présent passage eut une entrevue avec Abou Hassoùn, au 

qu'Ignacio Nunes s'était rendu d'abord de commencement d'août. V. injra. p. 33a et 

Ceuta à Malaga, puis qu'il avait gagné par note 1. 



2q6 APRÈS LE I !{ JUIN i5^9 

que preganto a diez o doze hombres que hallo labrando si habria 
posada en aquel lugar, y que le dixeron que sy, y que asy se fue a 
apear a una casa ; y quel dueno délia hera un hombre ya de hedad, 
que començaron a hablar del camino ; y el que luego le hablo algara- 
via, de quel Morisco se holgo, y que le pregunto donde lieran, que 
le dixo que de Portugal. 

Y asy, començando platicas, el Ifiacio Nuiiez dixo al Morisco 
que, porque le paiescia hombre de bien, se queria fiar del y que 
por esto le dezia quel avia venido a aquella tierra teniendo aviso quel 
Xerife avia tomado a Fez, porque le dezian que venian fustas de 
Moros para se pasar a el ; porque hera liijo de un alcaide suyo que, 
siendo pequefio, por locura de enojo que le avian hecho, se avia 
pasado a un lugar de los Portugueses y avia venido al Rey, y \^ 
avia hecho tornar cristiano y hecho merced ; y que agora, viendo 
que su senor yva subiendo en tanta grandeza, y conociendo su 
locura, se queria pasar a cl ; que le aconsejase sy abria manera para 
poderlo hazer por aquella costa. 

Dize que, como el Morisco le hoyo hablar aquello y en el Xeriie, 
que se alegro mucho, diziendo que Dios le ensalçase, que ya tenian 
la nueva del, que si hera verdad que yba en tanta grandeza, que 
ellos tenian esperança que los avia de salbar de aquellos perros y 
restituyr en su ley, que ya muchos dias avia que tenian esta espe- 
rança en el. Y quel Inacio le pregunto con que podrian ellos ayudar 
al Xerife ; y que le respondio que, si el viniere, hallaria cclS Moros 
en los reynos de Murcia, Valencia y Granada que se alçarian por 
el. Y quel dicho Inacio le dixo^j Que podrian hazer syn armar.*^ 
Quel Moro le respondio que tenian muchas escopetas, ballestas, 
dardos y algunas lanças. Y que le pregunto que (.; A donde las 
tenian ? Que le dixo que en sus heredades y en las sierras escon- 
dido, donde no se lo viesen los Cristianos. 

Y que, como le oyeron hablar en algaravia y en el Xerife, que 
se llegaron dos hijos del Morisco y otros a oyr la platica ; y quel 
dixo al principal que le rogava que se fuesen, por que del se fiava 
y no de los otros, porque no le descubriesen alguno dellos ; y que 
asi se fueron. Y el Morisco le aconsejo que no esperase fustas por 
alli, porque estavan los Cristianos muy sobre aviso, y unas que 
avian venido los dias pasados y avian hechada gente en tierra, que 



DÉ'CLARATION d'iGNACIO NU>ES GATO 2Q'J 

avian salido los Cristianos y los avian muerto. Y quel dicho lîiacio 
avia dicho al Morisco que le paiescia bien su consejo, y que asi se 
queria yr a Alcaçar a cstar con los Cristianos, y dende alli yrsc al 
Xerifee ; y, porque el queria madrugar, que le rogava le dièse una 
guia. Que luego le llcvaron a una buena posada y le dieron bien de 
cenar; y otro dia antes del dia se parlio y fucron con el cinco o 
seys a acompanarle. Dize que se espantava de quan contentos y 
alegres esta van de las nuevas que les dezia del Xerife. 

A este Inacio ha embiado el Serenisimo Rey a Mclilla a visitar al 
rey de Vêlez y entender algunas nuevas del. Mandole que me' hahlase 
antes de su partida y me ynformase de lo que he dicho. Ha con- 
certado conmigo que a la buelta tomara por Marbella y hara otro 
camino, para ver sy podra aver mas ynformacion de otros de lo 
que supo en aqucl lugar, y que traera sabido el nombre del. Hele 
dicho que, si en el camino hallaro al conde de Tendilla o a Don 
Bernardino, que los avise. Partio de aqui para embarcarse en el 
Puerto de Santa Maria, a xiiii" deste mes de Junio i549. 

Archiva General de Simoncas. — Estadu. — Lejaju 80. — Original. 

I. Me, le duc de Medina-Sidonia. 



398 3 JUILLET i5^g 



XCIV 

INSTRUCTIONS DU COMTE D'ALCAUDETE POUR DON MARTIN 
ET POUR PEDRO DE CASTRO 

(Extrait) 

Moiday Ahmed et le Mezouar sont revenus du Sahara et campent à dix 
lieues d'Oran ; le Comte transmet leurs lettres ; si on les secourt, ils chas- 
seront les Turcs et obtiendront des Arabes quds résistent au Chérif. — 
On a su par an espion que celui-ci, reconnaissant son erreur, cherchait 
à s'entendre avec le pacha d'Alger — Depuis lors, ce dernier a laissé 
prendre la mer aux navires qui font à présent la course sur les côtes 
d'Espagne, ainsi que ceux pris à Arzeu, sur lesquels on a trouvé des 
armes pour le Chérif, un charpentier-calfat et des gabarits pour des 
fustes de 16 et de 18 bancs. — Auparavant, le pacha d'Alger avait 
offert son aide à Moulay Ahmed contre le Chérif et lui avait conseillé 
de demander secours à l'Espagne ; il a maintenant changé d'attitude, son 
dessein étant de s'approprier Tlemcen, de connivence avec le Chérif, et de 
se défaire de Moulay Ahmed et du Mezouar. — Il est autrefois résulté 
beaucoup de mtd de ce qu'on a traité légèrement la venue de Barberousse 
à Alger ; il en résultera plus encore si l'on permet aux Turcs de s'ins- 
taller à Tlemcen. — Le plus sûr et le moins coûteux serait de se débar- 
rasser d'abord du Chérif, en soutenant Moulay Ahmed et le Mezouar, 
de façon à profiter de la trêve avec tes Turcs pour arranger les affaires 
de Tlemcen; après quoi, l' Empereur pourrait facilement s'emparer d'Al- 
ger. — En somme, ce qu'il faut, c'est envoyer promptement des renforts ; 
si l'on portait ceux-ci jusqu'à 2000 hommes, on pourrait mettre garnison 
dans Tlemcen et opérer en campagne avec le surplus ; il faut se hâter: 
l'arrivée de renforts empêchera toute entente fâcheuse de Moulay Ahmed 
et du Mezouar avec les Turcs et avec le Chérif. — Le Mezouar vient de 
venir à Oran pour solliciter des secours ; qu'on envoie immédiatement 
les 1000 hommes demandés et, s'il est possible, 2000 ou 3 000 autres 
en plus. 



INStRUCTIOS DU COMTE DALCAUDETE 29g 



Oran, [3 juillet] lodg'- 

Sur la couverture, alla manu: Oran, iSAq- — Ynstracion. — 
Que se embie a Su Magestad. 

Lo que Don Martin de Cordova, mi hijo, y el alcayde Pedro 
de Castro diran de mi parte a los serenisimos rreyes de Bohemia. 
en virtud de la carta de creencia que escrivo a Sus Altezas. es lo 
siguiente : 

Que el rrey Muley Hamete y el Mezuar su tio son ya bueltos de 
la Zahara, y estan diez léguas desta ciudad, de donde me escrivieron 
las caitas queenbio, quepor ellas. y por otras que escrive el Mezuar 
a los Judios sus liazedores que aqui tiene, y por la creencia del 
mensajero", mandaran Sus Altezas ver lo que dizen y ofrecen. Que 
yo pienso que he hecho muy gran servicio a Dios y a Su Mag' en 
poner los négocies deste reyno en tal estado que estos pidan el 
socorro con taies condiciones, y que tengo cnlendido que. si se les 
da fabor para que puedan senorear su rreyno y cobrar lo que les 
pertenece y otras cosas que con ellos tengo concertado. que podrian 
pagar a Su Mag' los gastos pasados y ternan cabdal con que pagar 
la jente que pidieren, asi para la defensa de Tremecen como para 
ecliar los Turcos del rreyno, por averse entrado en el en quebran- 
tamientode la tregua, y que asi animaran los Alaraves para rresistir 
al Xarife. si quisiese enprcnder lo deste rreyno. 

Aunque tengo enlendido por todas las espias de la una parte y 
de la otra, y por las cartas que el Mezuar a lomado de los Turcos, 
que, enlendido el Xarife el yerro que bizo en enprender tierra de 
Cbristianos hasta averse becbo senor deste rreyno de Tremecen y 
del de Argel, tratto de concertarse con elrrey de Argel. ^ dizen que es 
cl concierto delà manera que Sus Altezas mandaran ver por el dicbo 

I. Cette date est restituée d'après une 3. Ces documenta se trouvent dans la 

plirase du document, qui indique le 3 juillet même liasse 1\-'a, précédés d'une lettre 

comme étant le jour du départ du brigan- d'envoi à Francisco de Ledesma, en date 

lin chargé du courrier. "V. infra, p. 3o3. du 3o juin. 



3oO 3 JUILLET i5A9 

de una espia que vino del campo de los Turcos'. \ que eslo se 
entiende muy claro por aver el rrey de Argel alargado, despues 
deste concierto, los navios que oy andan haziendo dampno en la 
Costa d'Espafia, y esfos que se tomaron en Arzeo armados para yr en 
corso y con armas para el Xarife y un maestro de hazer navios y 
los ^alivos para hazer fustas de diez v seis v diez v ocho vancos ". 

Diran asimismo que tanbien se a entendido que, an tes que esle 
concierto se hiziese, el rrey de Argel ofrecio al rrey Muley Hamet y 
al Mezuar que le ayudarian, y que ellos pidiesen fabor a Su Mag' 
para defender este rreyno del Xarife. y que escrivio a los Alaraves 
que sejuntasen consu Rrey : y que. despues del concierto, anmudado 
de consejo y començado a hazer dampno en los Alaraves. Y que 
por esto se puede créer que el rrey de Argel tiene fin a quedar con 
fabor del Xarife seiîor deste reyno para los efPetos que Sus Altezas 
entenderan por su relacion. A que el rrey de Argel tratta con el 
Mezuar lo que por su carta se vera, aunque tienen entendido el Rrey 
su sobrino y el que el fin de los Turcos es cortalles las cabeças por 
las ocasiones que a ellos les pareciere, y quedar el rrey de Argel 
senor del reyno sin contradicion. 

Que, si el dampno de lo que desto se puede seguir se juzga por 
lo que se a visto que se a seguido por aver tenido a los principios 
en poco la entrada de Barbarroxa en Argel. que el que deste rreyno 
se seguira, dexando los Turcos senorearse del, sera sin conparacion 
mayor, por que el menor que parece que pueden hazer sera necesi- 
tar a Su Mag' a doblar el gasto de sus fronteras y ocupar su armada 
de galeras en proveellas cada afio. Y que, si Dios no los cegase para 

I. Cette armée était commandée par 2. D'après un renégat capturé à cette 

Je caïd Saffa. Le rapport d'espion dont il affaire d'Arzeu, le Grand Turc avait écrit 

s'agit est transcrit à la suite des lettres pré- au Chérif par l'intermédiaire du pacha 

citées du Mezouar. On y voit que SafiFa et d'Alger, et celui-ci, disait-on, allait entrer 

ses familiers, ainsi que beaucoup de Turcs, en campagne aVec une armée. D'après un 

disent qu'il y a entente entre le Chérif et le autre, le Chérif avait demandé au pacha 

pacha d'Alger, le premier devant laisser au d'Alirer de l'artillerie pour assiéger Oran, 

second le royaume de Tleracen et le second lui promettant des avantages territoriaux ; 

devant donner aide au premier sur terre el le Pacha avait répondu qu'il ne le pouvait 

sur nuT, nonobstant la trêve, contre Moulay faire à raison de la trêve conclue avec l'Es- 

Ahmcd et les Chrétiens ; l'attaque d'Oran pagne, mais qu'il considérait le Chérif 

fait partie du plan convenu. Sur ces négo- comme son père et qu'il se réjouissait de 

cialiMMs, V. sitra. Doc. LWVII. p. 2^6. sa victoire (même liasse ^/A). 



INS*rRUCTIONS DU COMTE d'aLCAUDETE 3o I 

que no conociescn otras mny grandes cosas que podrian hazor, que 
a mi parecer los négocies de Su Mag' recibiran muy gran dampno 
y sus fronleras corrcrian gran peligro. Que yo tengo por mas siguro 
y menos costoso, como lo tengo escripto, advcilir a desliazcr el 
Xarife, faboreciendo al Rrey y al Mezuar para cobrar \ conservar 
su rreyno, para que a su cosla se haga muclia parte del gaslo que 
fuere necesario para lo del Xarife, porque con esto los Turcos no 
podran sicutar su malicia ; y que, durante el tiempo de la Iregua', 
se hordenaran las cosas deste rreyno, con el ayuda de Dios, de 
manera que, quando se acabe, Su Mag' pueda facilmente tomar a 
Argel, sin ninguna aventura de las pasadas y con mucho menos 
gasto de los que se an heclio en aquello. 

Que el fundamento de todo esto pende de mandar luego con gran 
brebedad enbiar la jente que bastare la cantidad del dinero que se 
a puesto aca en los libros de Su Mag', y que, si fuese cumplimiento 
a dos mill hombres seiia muclio mejor, porque, llegada la jente 
aqui, hazerseya con ella lo que convenga, para que estos enbien 
mas cabdal con que traer mas cantidad de jente, para poner en ïre- 
mecen en la fortifîcacion del Mexuar- la que fuere menester, y que 
con el rresto andaremos por el rreyno baziendo los efettos necesa- 
rios para conservalla y acrecentalla, segun las ocasiones que el tiempo 
ofreciere. Por lo quai suplico a Sus Altezas que si, quando llegare 
el dicho Pedro de Castro, no estuviere despacbado lo de la jente. 
manden que con gran brebedad se baga, porque, ya questos estan 
en el rreyno, conviene que luego vean que se enbia jente, porque 
sera escusar que no se concierten con los Turcos, porque, si lo 
liazen, los unos y los otros y el Xarife son concertados ; de lo quai 
no podria dexar de rresultar muy gran desservicio a Su Mag', como 
Sus Altezas mejor lo entenderan. 

Diran asimismo que. estando despacbado el dicbo Pedro de Cas- 
tro, el Mezuar se llego a esta ciudad y se vino a ver conmigo, y que 
con ynstancia pide el socorro como lo tiene suplicado, y que ofrece 
lo que el dicbo alcayde dira por la creencia de la caria que con cl 



I. Sur coUo trè\o. V. supra, p. i53, 2. ^[rTuar, le Mccliouar, la k.asha dr 

nolo 2. Tlemccn. V. s(i/jra, p. 20a. note '(. 



3o2 3 JUILLET 10[\Ç) 

escrive : que sera de gran vnportancia que Sus Altezas manden que 
los mill hombres vengan luego, y que lo séria de muy mayor si 
mandasen Sus Altezas que se enbiasen otros dos mill o très mill 
hombres, porque se haria con ellos tan grandes efetlos que Su Mag' 
fuese muy servido para cosas muy grandes, y con ellos podrian el 
Rrey y el Mezuar garramear el rreyno, para pagar descansadamente 
los gastos pasados y los que con esta jente se hiziese, demas de otros 
servicios que an ofrecido a Su Mag'. 

Diran asimismo que por el tienipo se a detenido este vergantin 
liasta oy très de Julio y que, con este dia que se parte el alcayde, 
llego el Mezuar an les que amaneciese a esta ciudad a hazerme saber 
que lo que yo lie hcclio en fabor del Rrey a sido de tan gran efetto, 
(jue ya se an dividido los Alaraves que seguian a los Turcos, y que el 
lirey y el se mudavan para yr a dar en los que quedavan y a pedirme 
(|ue yo hiziessc demoslraclon de salir a faborecelle y a dar gran 
priesa a la venida de la jente, para que tienen dado el rrecabdo que 
enbiaron sus Judios. Que suplico a Sus Altezas manden que con 
gran brebedad venga esta jente. porque sera parte para asigurar las 
cosas deste rreyno como conviene al servicio de Su Mag'. 

Signé: El conde de Alcabdete. 

Archivo General de Simancas. — Eslado. — Legajo UlU. — Original. 



DETTRE DE FRANCISCO DE MEDINA 3o3 



XCY 

LETTRE DE FRANCISCO DE MEDLNA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

Don Bernardino de Mendoza, arrivé à Melilla avec les galères, y a embar- 
qué Abou Hassoûn ; de là, il s'est rendu au Penon, où il n'a pas été bien 
reçu; la nouvelle que l'Espagne accordait sa protection à Abou Hassoûn 
a suffi à agiter tout le pays. — Deux Jils de ce dernier et plusieurs 
chefs maures sont arrives à Melilla; ils assurent qu'il suffirait à Abou 
Hassoûn de paraître dans le pays avec quelques troupes pour provoquer 
un mouvement général contre le Chéri/. — // fait partir dans un bri- 
gantin cinq de ces chefs maures et un religieux captif qu^ ils ont amenés. 
— // demande ce qu'il doit faire des Jils d'Abou Hassoûn et des autres 
Maures qui ne manqueront pas d'arriver à la suite de leurs maîtres, ce 
qui sera fort embarrassant dans une frontera comme Melilla. 



Melilla, 12 juillet lô/Jg. 

Sur la couverture, alla manu : Melilla. — A Sus Allezas. — 15/49. 
— De Francisco de Médina, 12 de JuUio. — Respondida. 

Muy poderosos Senores, 

Despues que escrebi a V" Alteza, no avido cosa nueba en lo del 
Xarifee ; y en la fortificacion desta plaça el capitan Miguel de Perea 
lo haze con toda diligencia. 

Ya Y''' Alteza avra entendido aqui la venidadcl rey de Yeles, por 
el correo que se despacho a dar este aviso a Y" Alteza, como despues 
vino aqui Don Bernaldino con las galeras, y se lo llevo, y fuc a 
dar visla a el Penon, y no fue tan bien recebido en el como el qiii- 
siera'. Parece que desta yda a nacido alterarse loda la tiena, enlcn- 

I. Maximilion avait envoyé D. Bcrnar- à Melilla avec i6 galères. On fit voile vers 
dino de Mendoza prendre Abou Hassoûn lo Peilon, mais le caïd Ez-Zerhouni, qui 



3o/| 13 JUILLET lÔ/JQ 

dido que V" Real Altcza le daha el favor y calor que a dado y da a 
ios que se quiereii ayudar de su real poder. 

A venirse aqui a esla cibdad dos liijos del diclio rey y otros hijos 
de alcaides y cavalleros principales, preguntado porlos lenguas que 
ay aqui de lo arabigo, dizen que vienen a seguir a su padre y a morir 
en la demanda. Tanbien dizen que toda la tierra esta alterada y 
levantada contra el Xarifee, y que no séria menester mas de oyr 
quel rey Muli Ba Haçon esta en estas partes con alguna jente para 
seguirle. 

A me parecido enbiar einco destos Moros principales y un frayle 
catibo, que vino con ellos, en un vergantin, para dar este aviso a 
V'" Alteza, para que mande que se liara destos hijos del Rey que aca 
quedan, y de Ios demas Moros que se presumen que cada dia ven- 
dran a esta cibdad en seguimiento de sus senores ; y si vinleren, 
como digo, si Ios acoxere dentro de la cibdad, porque me parece 
muy grande ynconviniente estar tantos Moros en una frontera como 
esta. En todo me mande ^ ^^ Alteza lo que mas convenga a su real 
servicio. 

; Guarde Nuestro Sefior las muy poderosas personas de V"' Altezas 
con mayor acresentamiento de mas reynos, como Ios criados y vasa- 
llos de \" Alteza deseamos ! 

De Melilla. 12 de Julio de lô^Q anos, 

Muy poderosos Senores, 
Besa Ios pies y manos de V" Alteza. 

Signé: Francisco de Medyna. 
Arcliico General de Simancns. — Eshido. — Legajo ^7^i. — Original. 

commandait la forteresse, ne voulut pas la que D. Bernardino fut contraint de se 
livrer, malgré les ofTrcs qui lui furent faites. retirera Malaga avec Abou Ilassoùn. Cf. 
Il fil même tirer sur les galères, de sorte Mar.mol, Lib. II, cap. 4o, f. 261. 



'lettre de MIGUEL DE PEKEA 3o5 



XCVI 

LETTRE DE MIGUEL DE PERE A. A MAXIM [LIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Le lundi 8 juillet, est arrivé à Melilta un fils d'Abou Hassoûn nomme 
Moulay Ahmed, accompagné de deux cavaliers de Vêlez et de quatre 
cheikhs de la montagne des Gsennaïa. — Le lendemain mardi, est venu par 
la route de Vest le fils aîné de ce roi, nommé Moulay en-Nasser, avec sept 
ou huit Berbères et Arabes, parmi lesquels deux cheikhs de la montagne de 
Tazouta. — Tous disent qu'ils viennent voir leur roi et que toutes les 
tribus montagnardes l'attendent pour exécuter ses ordres. — Us annon- 
cent l'arrivée de plusieurs cheikhs de Vêlez, de Fez et du Rif. — Perea 
demande s'il faut les accueillir, car ils pourraient par leur nombre devenir 
un danger. — Les deux fils d'Abou tiassoûn, qui viennent de Fez, sont 
impatients de rejoindre leur père. — Cinq cheikhs de Vêlez et un religieux 
qui était leur captif sont à bord du brigantin qui part pour l'Espagne : 
ils pourront renseigner Leurs Altesses. — Tous ces Maures ont été mis 
à la solde de Melilla, à l'exception des deux fils du roi de Vêlez ; Perea 
demande ce qu'il doit faire à leur égard; ils sont dans un complet dénûment . 



Melilla, i3 juilM i5/|(|. 

Sur la couverture, alla manu : Melilla. — A Sus Altezas. — 1 54|). 
— De Myguel de Perea, xiii de JuUio lo^(). — Kespondida '. 

Muy poderosos Seûores, 

El lunes proximo pasado" amanecio aqui un hijo del rey de Helex, 
que se llama Mula Hamel\ con otros seisde a cabalio, dos caballeros 
principales de Belex, ciiados del diclio \\er\ . y quatio xe(|es de la 

1. La décision royale notée à cette place 3. Pour les doux fils d'Abou Hnssoùii, 
porte: « Que los cnbie aca a los Mores y En-Nasser et Ahmoil. N. infra. p. lOa, PI. 
questc sobre aviso ». IV, Tableau généalogique des princes de la 

2. C'est-à-dire le lundi 8 juillet. dynastie ouattasside, notes i4 et i5. 

De Castrif.s. X. — au 



3o6 i3 JUILLET lo^g 

sierra de Gicine*, los quales xeqes no vinieron mas de aconpanalle 
y ponelle aqui en Melilla en salvo. Yluego, el martes adelante, vino 
por la parte de levante el hijo mayor del Rei, que se llama Muli 
Naçar, con otros siete o ocho Barbares y Moros, entre los quales 
venian dos Barbaros principales desla siéra de Taçota, giandolepara 
ponelle aqui en salvo. \ todos a una boz dizen que vienen en busca del 
Rey , su padre y su senor, y que todas estas sierras lesperan y no desean 
otra cosa sino velle la cara y hazer lo que le mandare hasta la muerle. 

Dizen que se vernan muchos principales de Belex y de Fez y 
destas sieras aqui derechos. V'^ Alteza envie a mandar lo que sea 
servido si los acogeremos, porque tantos pôdrian venir que nos 
pusiesen en cuidado y recelo. Eslos dos hijos vienen derechos de 
Fez, donde queda el Xarife ; mueren por yr a ver a su padre, que 
llevaron daqui las galeras. 

Alla van cinco caballeros, de los mas principales de Belex, y 
un frayle que lian tenido cativo ; van en este vergantin. Suplico a 
V" Alteza sea servido denviar a mandar lo que en este caso sea mas 
servido que se haga ; y dellos se podra V"^* Alteza ynformar de lo 
que fuere servido. 

El capitan Francisco de Médina y yo y los veedores de V" Alteza 
y del Duque, nos ha parecido de poner al sueldo de Melilla a estos 
Moros, excevtos los dos hijos del Rey", para que se entretengan 
hasta el entretanto que V" Alteza envia a mandar lo que sea ser- 
vido, asi en quanlo a lo que toca a los hijos del Rey, a su sus- 
tentamiento, como a estotros, por que ellos vienen tan pobres que 
bien parccen que vienen huyendo y despojados de los bienes que 
podian tener 

De Melilla, a xni de Julio de iUdxlix afios. 

Signé: Miguel Perea. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo U7U. — Original. 

I . ^'(cmp. LcsCisonnaïa 4.'uj5 sont une a. On lit en marge: « Que scies de cl 

tribu ilu Rif établie dans la bauto vallée de tiempo que sirvieren moderadamente y no 
l'oued Kert. se pongan a sueldo. n 



ENQUETE SUR LÉVACU.VTION DE TANGER ET d'aRZILA 3()- 

XCVII 

ENQUÊTE SUR L'ÉVACUATION DE TANGER' ET D'ARZILA 

Le bruit s' étant répanda que langer et Arzila allaient être évacués par le 
Portugal, le juge suprême de Cadix a ouvert une enquête à ce sujet. 
— Simon Lopes et Gomes Vaes, marchands portugais, ont simplement 
entendu dire à Cadix que le roi de Portugal a ordonné d'abandonner 
Tanger et Arzila. — Paulo de Majuelo, marchand génois, dit que les 
habitants d' Arzila lui ont écrit que l'on veut abandonner la ville et que 
quelques-uns d'entre eux ont affrété des navires pour se retirer à Xerez de 
la Frontera et a Cadix. — Juan de Urquira, prêtre, qui a été dix-neuj 
jours à Arzila, doit il est revenu il y a trois ou quatre jours, déclare 
qu'il a vu des habitants s'embarquer pour Cadix, Puerto de Santa- 
Maria et Xerez, parce qu'ils redoutaient l'abandon de leur ville ; qu'une 
compagnie de trois cents Castillans venue au secours d'Arzila avait 
été congédiée: que le comte de Redondo, capitaine de la place, inter- 
rogé sur l'évacuation, lui a dit qu'il n'avait pas d'ordre précis, mais 
qu'il s'attendait à en recevoir; qu'à bord du navire sur lequel le témoin 
e/it revenu se trouvaient plusieurs soldats congédiés. — Alvaro Gutierres, 
habitant d'Arzila, déclare qu'il arrive d'Arzila, oii l'on dit publiquement 
que le roi de Portugal fait évacuer cette frontera ; que beaucoup d'habi- 
tants s'apprêtent à partir pour l'Espagne, bien qu'aucun ordre formel ne 
soit encore arrivé. — Juan Fernandes, marchand portugais, dit que son 
beau-frère, serviteur du comte de Redondo, lui a écrit en date du y juUlet 
qu'il avait affrété un navire pour transporter sa J'amille dans cette région ci 
d'E^paqne. — Paulo de Majuelo, dans une nouvelle déposition, dit qu'il 
a reçu deux lettres d'Arzila, en date des deux ou trois derniers jours , 
dans laquelle des habitants de cette ville lui donnent des indices certains 
de l'évacuation : on arrache les palissades, on coupe les arbres, on rase le 
terrain à cinq cents pas d'Arzila, des experts sont nommés pour éi'aluer 
les indemnités que le roi de Portugal veut payer aux habitants. — Vicente 
Fernandes, marchand portugais, rapporte qu'il a reçu des lettres d Arzila 

I. La ville de Tanger est seulement dé- l'enquêle porte ciclusivcm<^nl sur \rzila. 
signée dans le préambule du document et V. inj'ra, p. 3a8, note 2. 



Oo8 l3 JUILLET lÔ'lf) 

portant que le roi de Portugal a donné l'ordre d'évacuer Arzila et que 
plusieurs habitants se sont embarqués pour gagner la Cast'dle ou le Por- 
tugal. 

Cadix, i3 juillet iblt^. 

En la muy noble e leal ciudad de Cadiz, sabado treze dias del 
mesde JuUio, ano del nacimiento de Nuestro Salvador Jesucristode 
mill y quinientos e quarenta e nueve anos, el muy magnifico sefior 
licenciado Rodrigo Martines, jues de rresidencia e justicia mayor 
desta ciudad por Sus Magestades, y en presencia de mi Diego 
Gonçales, escrivano del concejo délia y de Sus Magestades, dixo 
que por ques ynformado e se dize publicamente por esta ciudad 
que la ciudad de Tanjar y villa de Arzila, fronteras que tiene el 
serenisimo senor rey de Portugal mui cercanas a esta ciudad, las 
manda despoblar y se despueblan, especialmente la dicha Arzila, 
de alli se salen y vinien por estas partes los moradores y fronteros 
que alli estavan ; e, porque, si esto fuese, asi séria muy grand 
desservicio de Su Mag' y dano destos sus rreynos y especialmente 
desta ciudad e de la costa de la mar, atento questa mui cercana a 
las dichas fronteras e tanbien en frontera de Moros y enemigos. 
como es notorio, y por saber verdad y lo que pasa en el dicho caso 
e dar dello nolicia a Su Mag' c Altezas y a los sefiores del su muy 
alto Consejo, por ende que mandava y mando aver ynformacion 
del caso y sobrello secretamente. La quai ovo y rescibio en la 
manera siguiente : 

Testigo Simon Lopes, mercader portugues résidente en esta 
ciudad, juro en forma de derecho ; e, siendo preguntado cerca del 
dicho caso, dixo quesle testigo tiene noticia de la ciudad de Tanjar y 
villa de Arzila, que son en Africa, fronteras del serenisimo senor re\ 
de Portugal, e que a oydo dezir en esta ciudad a Castellanos y a 
Portugueses en esta ciudad publicamente quel dicho senor rey de 
Porlugal qiiiere mandar que se despueblen el dicho lugary villa de 
Arzila ; pero no lo sabe de cierta ciencia ni por aviso de ninguno de 
la (licha Arzila, ni de otra parte alguna ; e que crée que, si fuoia 
cslii lama voidad. i-slc Icsligo lo suplcra. poi- que tiene deudos en 



ENQUÊTE suit LBVAGLATION DK TA^GKK Et D \H/AL\ 6o() 

Arzila y en Portugal e trato con muchas personas que alla avian 
avisado ; e questo es verdad por el juramento que hizo, e firmolo: 
Simon Lopes. 

Testigo Gomes Vaes, mercader portugues estante en esta ciudad. 
juro en forma de derecho ; e, seyendo preguntado en el dicho caso, 
dixo queste testigo tiene noticia de Tanjar y de Arzila, que son 
fronleras de Berberia cerca desta ciudad, e que muchos mercaderes 
e personas que alli residen le suelen escrevir y escriven a la contina ; 
e que a oydo désir a algunas personas en esta ciudad, a Castellanos, 
que se manda despoblar anbos lugares de Tanjar y Arzila por el 
serenisimo seîior rey de Portugal, pero que de cierta sencia no lo 
sabe ; anles sabe que se fortalesen por mandado de Su Alteza e se 
proveen de bastimentos, e no sabe mas de lo dicho, lo quai es verdad 
por el juramento que fizo. e firmolo : Gomes Vaes. 

Testigo Polo de Majuelo, mercader ginoves, morador en esta 
ciudad, juro en forma de derecho ; e, seyendo preguntado en el 
dicho caso, dixo que a noticia de los lugares de Arzila, fronteras 
en esta Berberia cerca desta ciudad, que Arzila es dies y ocho léguas 
desta ciudad, e que a estado en ellas ; e que lo que sabe es que 
algunos vezinos de Arzila le an escripto a este testigo que la tierra 
se quiere dexar e que algunos dellos tienen fletados navios para se 
venir a Xerez de la Frontera y a estas partes ; e que no sabe otra 
cosa des te caso, ni lo que Su Alteza a mandado ni proveydo, por el 
juramento que fizo, e firmolo: Paulo Majuelo. 

Testigo Juan de Urquiça, clerigo presbitero, vezino desta ciudad, 
juro en forma de derecho ; e, seyendo preguntado cerca del dicho 
caso, dixo que lo que sabe es queste testigo viene de Arzila y estovo 
alli dies y nueve dias, poco mas o menos, e llcgo a esta ciudad 
très o quatro dias antes ; que en Arzila vido que ciertos moradores, 
fronteros de la dicha villa, se salian délia y enbarcavan su ropa en 
caravelas para Cadiz e para la villa del Puerto de Santa Maria e para 
Xeres, porque tenian muchos dellos, segund dezian, que se avian 
de mandar despoblar e dexar a Arzila ; y tanbien despidicron una 
A^andera de trezientos onbres de Castellanos que avian ydo en guardia 



3lO l3 JUILLET 10^9 

e defensa de la dicha villa de Arzila, e que lo ténia por mala sériai, 
porque dezian que asi se avia fecho quando Çafi se despoblo ; e 
qucste testigo platico con el conde do Redondo, capitan de la dicha 
Arzila, este négocie, el quai le dixo que no ténia mandado cierto del 
rev de Portugal para que aquella villa se despoblase, pero que 
tanbien lo creyya como todos lo crevyan, e que sobrello avia enbiado 
un su escudero a saber la certeficacion del negocio, por quel pueblo 
estava amotinado y escandalizado y se salian muchos moradores 
de alli, como dicho tiene ; e que, en el navio donde este testigo 
vino, vinieron con ellos algunos soldados que despidieron e un 
morador que venia a pagalles e a buscar casa para traer y aposentar 
su gente ; e que esto es lo que sabe para el juramento que fizo, e 
firmolo de su nombre: Juan de Lrquiça. 

Testigo Alvaro Gutierres, résidente e morador en Arzila, que asi 
se nonbro, juro en forma de derecho : e, seyendo preguntado. dixo 
que lo que sabe es queste testigo viene de la dicha Arzila, dondes 
fama publica y se dize publicamente que la manda despoblar el 
sefior rey de Portugal ; y, aunque no ay fasta agora espreso mandato, 
muchos moradores de alli de Arzila, con sus mugeres e fijos e 
ropas, estan prestos para se venir a estas partes de Castilla e dexar 
la dicha Arzila, por el gran temor que tienen quel Rey la a de mandar 
desanparar : e que sabe questa ciudad esta cerca de Arzila e Tanjar 
e que séria grandisimo daiio e ynconveniente para estos reynos de 
Su Mag', si lo tal pasase ; y asi es notorio e verdad por el jura- 
mento que fizo e firmolo : Alvaro Gutierres. 

Testigo Juan Ferrnandes, mercader portugues estante en esta 
ciudad, juro en forma de derecho ; e, seyendo preguntado, dixo 
que lo que sabe es que a noticia de la ciudad de Tanjar y villa de 
Arzila, que son en Africa fronteras del serenysimo senor rey de 
Portugal, cercanos lugares desta ciudad ; y queste testigo oyo, desde 
avra un mes, poco mas o menos, que se despoblava Arzila ; y escrivio 
una carta a un cunado suyo, casado con una su prima hcrmana. 
qucs criado del conde do Redondo, capitan de Arzila. diziendo que. 
SI queria venir a estas partes y enbiar a su prima, que se lo avisase, 
e le enbiaria navio en que viniese con su hato ; e quel dicho su 



ENQUÊTE SUH L ÉVACUATION DK TAXGEK ET I) AH/ILA 3l I 

cunado le respondio por una su carta fecha a los siete deste dicho 
mes de Jullio, e le dezia por ella que ténia embarcado su hato en 
un navio que ténia fletado para lo traer e a su muger e fijos y otros 
sus parientes e venirse en estas partes de Castilla, por que no queria 
aguardar a quando quisiese venir e no poder fazello ; e que por 
esto este testigo crée e tiene por mala sospecha que se a de despoblar 
la dicha Arcila, e asi es publica boz y fama en esta ciudad, e verdad 
por el juramento que fizo e firmolo : e que de Flandes le escrevian 
a este testigo que se vaya a Sevilla, porque an temor quel Xarife 
a de fazer mucho dano a esta ciudad : Juan Ferrnandez. 

Testigo. E el dicho Paulo de Majuelo, demas de lo que dicho 
tiene so cargo del juramento que fizo, dixo que tiene este testigo 
cartas de vecinos de Arzila de dos e très dias a esta parte, por las 
quales le certifican ser verdad que la dicha villa de Arzila se manda 
despoblar, por presunciones e seûales e yndicios que veen de mui 
a la clara, especialmente que se mandan derrocar ciertos vallados e 
cortar ciertos arboles, e que allanen quinientos pasos de Arzila; e 
que se toman personas, para que se valien los daûos, para que los 
quiere el Rey pagar a los moradores de la dicha Arzila ; e que las 
cartas son de personas de credito, a las quales este testigo da fee e 
creencia ; e asi es verdad para el juramento que fizo, e firmolo: 
Paulo de Majolo. 

Testigo Vicente Ferrnandes, mercader portugues estante en esta 
ciudad, juro en forma de derecho ; e, seyendo preguntado en el 
dicho caso, dixo queste testigo tiene cartas de vezinos y moradores 
de Arzila de quinze desde e veynte dias a esta parte, e tanbien otras 
de quatro o cinco dias a esta parte ; e que son personas de credito 
quescriven a este testigo e a otras personas que tienen por nuevas 
quel Rey manda despoblar a Arzila e que ay ciertos vecinos con sus 
casas embarcadas para se venir a estas partes o a Portugal : e questo 
es verdad por el juramento que fizo, e firmolo: Vicente Hernandes. 

E asi tomados e recibidos los dichos testigos, el dicho sefior jues 
los mando dar a la parte de la dicha ciudad para lo enbiar ante 
Sus Mag**" y Sus Altezas. 



8l3 l3 JUILLET 10/49 

E To, el dicho esciivano, di la présente, firmada de su nombre 
e sinada con mi signo. 

Testigos: Francisco de Ayllon e ÏNiculas, flamenco. 

Signé : El licenciado Martinez. 

E yo Diego Gonçalez, escrivano del concejo de la muy noble e 
leal cibdad de Cadiz y escrivano de Sus Mag''*', lo fiz escrevir e fiz 
aqui mi signo a tal en testimonio de verdad. 

Signé: Diego Gonçalez, escrivano del Concejo. 

[Seing manuel.] 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 



LETTRE DU COMTE d'aLCAUDETE 3i3 



XCVIIl 

LETTRE DL COMTE D'ALCALDETE A iMAXlMlLIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

Un Maure arrivé de chez les Oulad Talha a donné avis que te caïd Yahia, 
serviteur de Moutay Ahmed et- Aaredj, frère aine du Chcrif, était venu 
pour s'entendre avec le roi de Ttemcen et avec le Mezouar, afin d'obtenir 
par leur intermédiaire et celui du Comte l'aide de l'Espagne contre le 
Chérif. — On attribuerait à Moulay Ahmed el- Aaredj , outre le Tafdelt, 
le royaume de Merrakech : l'Empereur disposerait de Fez et du reste des 
États du Chérif. — Le Comte n'a encore reçu aucune communication à 
ce sujet. Il tâchera de faire venir à Oran le caïd Yahia; l'affaire lai 
semble importante. 



Oran. 17 juillet i5^fj 

Adresse : A los serenissimos y muy poderosos Senores, mis sefiores 
los reyes de Bohemia. 

Serenissimos y muy poderosos Sefiores, 

Despues de cerrado el pliego que con esta seia. llego aqui un ca- 
vallero moro amigo mio, que a eslado en el Poniente con los de L led 
Talha; el quai vino a darme aviso que un alcaide Yahaya. criado de 
Muley Hamete, ley de Tafileli', hermano mayor del Xaril'e. viene 
a tratar con el rey de Tremecen y con el Mezuar su tio. que le ayu- 
den con la gente de Alarves que tienen para desvaratar al Xarife, y 
que traten conmigoque yo de razon a Su Mag'' desto. para que sea 
servidodedarle favorpara el mismoclecto. Y que. despues de liecho, 

I. Moulay Ahmed el-Aaredj. le roi de- Tatilelt. V. p. !nû, PI. V. Tableau gëné:ilo- 
Irôné de Merrakech, alors relégué dans le g'q^ic des princes de la dynastie saadicnnc. 



3l/i 17 .TUILLET l5/if) 

le den a Marruecos y le dexen el reyno de Talileli que el oy tiene, y 
que, del reyno de Fez y de lo que mas el Xarife tiene que se conquis- 
tare, Su Mag"* dispongaa toda su voluntad. 

Hasta esta ora no me an dado razon alguna el Rey ni el Mezuar, 
ni creo que les sea llegado. Yo procurare de traer aqui al dicho 
alcaide Yahaya, y entendere del todo loque pudiere en el caso, y 
avisare a V"^" Alteza. A me parecido negocio de grande ynportancia, 
y espero en Dios que por esta via se an de hazer grandes servicios a 
Su \lag'' y a V"* Altezas, cuvas vidas y muy reaies personas guarde 
Nuestro Seûor y prospère con acrecentamiento de mas reynos y 
senorios. 

De Oran, y de Julio 17 de iS^g. 

Serenisimos Senores, besa las muy reaies manos de V"' Altezas, 

Signé : El conde de Alcabdete. 
Archiva General c/e Siniancas. — Estado. — Legajo Um. — Original. 



LETTRE DE DON BERiVARDTNO DE "MENDOZA SlO 

\CIX 

LETTRE DE DON BEKNAHDINO DE MENDOZA A MAXIMIEIEN 
ET A MAIUE D'ALTHICIIE 

(Extrait) 

H laisse A bon llassoùn à Malarja dans la maison de Francisco Verdiu/o. 
— Il lui a paru qu'il y avait de V inconvénient à lai faire voir Gibraltar 
et Cadix, ainsi qu'à le garder ciMalaga. — // demande à Leurs Altesses 
ce (ju'il doit en faire, puisque les circonstances ne permettent pas de le 
ramener dans son pays et qu'on ne peut faire voile pour la côte d'Afrique, 
avant d'avoir des nouvelles de Dragut-Raïs. — .Abou llassoùn est tout 
à fait qualifié pour une entreprise en Afrique ; il est intelligent, habile et d 
a une grande influence sur les Maures. — Ignacio N unes, envoyé par le roi 
de Portugal, est arrivé à Malaga. — // a mission de faire parvenir à 
Moulay Zidân, neveu du Chérif, des lettres et un Maure porteur d'ins- 
tructions orales. — Don Bernardino de Mendoza l'a fait patienter en 
attendant la décision de Leurs Altesses. 



Malaga, tf) juillet if>^r). 

Sur la couverture, alia manu : Malaga. — A Sus Altezas. — iS/lg. 
De Don Bernaldino, xix de JuUio lÔ^C). 

Adresse : A los muy altos y muy poderosos senores, rey y rcyna 
de Bohemia, gobernadores de Espana, etc. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

Al rey de Vêlez de la Gomera dexo aqui en casa de Francisco 
Verdugo, porque me a parecido ques ynconviniente que viesse a 
Gibraltar y a Caliz, y aun no dexa de seello tenellc en Malaga. V" 
Altezas cmbien a mandar lo que son servidos que se baga dol, pues 
el tiempo no dio lugar que yo le pudiesse bolverdonde le tomamos', 

I. V. supra, p. 3o3, et note i. 



3l6 19 JUILLET 1.5^9 

ni por agora se deve yr a la costa de Berberia hasta saber lo que a 
:j , do de Dargut Arraez. Es hombre harto provechoso para qualquiera 
enpresa que se quiera hazer en Africa, porques sabio y querdo y 
tiene grandissimo credito con los Moros. 

Ignacio Nunez, criado del rey de Portugal, a venido aqui para 
embiar cartas a Muley Ziden, hijo de su ermano del Xarife', y un 
Moro que le hable ; y hasta saber lo que V"' Altezas son servidos en 
estos tractos, le he entretenido con dezille que a la buelta podra yr 
comigo aMelilla y despachar el dicho Moro como quiere. V"*Altezas 
embien a mandar si son servidos que en todas estas cosas se ayude 
a los ministros del Serenisimo Key, y si mandan que se despachen 
los Moros que fueren necessarios. 

j Nuestro Seiior las muy altas y muy poderosas personas de V"' 
Altezas guarde con acrecentamiento de mas reynos y senorios ! 

De Malaga, a xix de Jullio 1549- 

Beso las manos de V"' Altezas, 
Su servidor, 
Signé : Don Bernaldino de Mendoça. 

Archiva General de Simancas. — Esiado. — Legajo 79. — Original. 

». Moulav Zidàn, fils aîné de Moulay \hmed el-Aaredj . \. supra, p. 3i3 et note i. 



LETTRE DU CONSEIL DE VILLE DE CADIX .j 1 - 



LETTRE DU CONSEIL DE YTLLE DE CADIX A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D AUTRICHE 

Le bruit court à Cadix que les places d'Arzda et de Tanger vont être évacuées 
par le roi de Portugal. — Dangers que l'abandon de ces fronteras ferait 
courir à Cadix, qui n'en est distant que d'une quinzaine de lieues. 

Cadix, ilx juillet rSi^g. 

Sur la couverture, alla manu: Cadiz. — A Sus Altezas. — lô^Q- 
De la ciudad de Cadiz, iiii°' de JuUio lÔAg. 

Adresse : A los muy altos y niuy poderosos senores Maximiliano 
y Dona Maria, reyes de Bohemia, governadores deslos reynos de 
Su Mag', etc. 

Muy altos y muy poderosos Senores. 

La cibdad de Cadiz besamos las inanos de V" Alteza y dezinios 
que, como estan ynformados, esta cibdad esta en frontera de Moros 
y enemigos, muy cercana y propinca de Arzila y Tanjar, que son 
fronteras de Berberia que posée elserenisimo sefior rey de Portugal, 
de los quales ay quinze o veynte léguas fasta esta cibdad, la quai 
esta ynformada y se dize publicamente por ella que las dichas fron- 
teras, especialinente Arzila, se despucbla de los moradores y vczinos 
que alli resyden, no porque fasta agora se sepa de espreso inandado 
del dicho senor rey de Portugal, sino por la fama comun que tiene 
que se a de despoblar. 

E si esto fuese asy verdad. séria muy grand dcservicio de Su 
Mag' y dano destos sus reynos, principalmcntc desta cibdad. por 
las dichas causas e por ser ysla cercada de la mar e syn defensa ; 

I. Mention orrumV'. V. la date vcritablc à la lin du docnmcnt. 



3l8 y'i JUILLET l5V) 

y el Xerife tomaria mas animo y atrevimiento del que liene para 
fazer todo mal y dano por el gran aparejo que en Arzila podria 
tener de navios y otros aderentes de guerra. 

Damos notycia a V" Alteza para que manden y provean en ello 
lo que convenga a servicio de Su Mag* y vuestro y bien y conser- 
vacion de sus reynos y senorios. 

j Prospère Nuestro Senor sus muy allas e muy poderosas per- 
sonas y estado acreciente 1 

De Cadiz, a veynte e quatre dias del mes de Jullio de mill e 
quinlentos e quarenta y nueve aûos. 

Resan las manos de V"' Altezas, 

Siijné: Llicenciado Martinez. 
P" iMarrufo. 
Dy" de Rroa. 
Diego Gonralez, escrlvano del Goncejo. 

Archiva General de Siniancas. — EsLado. — Legajo 79. — Original. 



LETTRE DE FRANCISCO DE ECIJA A LA VILLE DE CADIX '^lg 



Cl 

LETTRE DE FRANCISCO DE ECIJA A LA VILLE DE CADIX 

(Extrait) 

Dona Maria d'Eça, femme du (puverneur de Ceuta, a été avisée par un 
Chrétien de Téiouan que le fils du Cher if se disposerait à assiéger Ceuta 
avec dix mille hommes et cinquante et un navires. — Le Conseil de vdle 
de Gibraltar a communiqué cette nouvelle aux villes de Cadix, de Ximena 
et de Ronda, parce qu'il pourrait se faire que celte entreprise visât plus 
loin que Ceuta. 

Gibraltar, j 9 juillet 10:^9. 

Sur la couverture, alla manu : Cadiz. — Avisos por la costa. — 
Avisos enbiados a Cadiz de Gute Arraez' y las armadas y enemigos. 

Aviso que se enbio a Cadiz de la cibdad de Gibraltar. 

Muy magnifiées Sefiorcs, 

A esta ora, que seran las cinco oras de la tarde, enbio a avisar la 
senoraDofia Maria, mugerdelsenorDon Alfonso", capitandeCebta, 
como amanecio una caria escrita de Cristiano, fecba en Tituan a 
la puerta de Cebta, como el hijo del Xorifee les venia a poncr sityo 
con diez mill onbres y con cincuenta e un navios que cstavan pres- 
tos en Tituan. Parcsciome cosajusta avisar a V. ind. porque podria 
ser pasar adelante. Aquy se pone el mejor recabdo que podemos. 
A este correo mande V. md. pagar dos ducados. llegando manana 

I . Dragut-Raïs. V. supra, p. 289, note i . Dona Maria d'Eça exerça à diverses reprises 
a. Don AfTûnso de Xoroniia. Sa femme l'autorilé pendant son absence. 



32C) 99 JUILLET i5/j9 

martes en todo el dia, e sy V. md. manda que se haga todavia el 
aviso, porque a este paso cada dia de oy demas avra nue va desta 
armada. 

j Dios, Nuestro Sefior. guarde y prospère las muy magnificas per- 
sonas de V. md., con acrecentamiento en todo estado, como sus 
servidorcs deseamos ! 

De Gibraltar, a veynte e nueve de Jullio. 

Esta cibdad a esta ora da aviso a las coniarcas, que es a Ximena 
e a Ronda e a los demas logares, para que esten prestos, sy fuere 
menester ser socorridos. 

Servidor de V. mds., Senores, 
Signé: Francisco de Ecija. 

Suplico a V. md. mande estaoreginal a mi senor Don Bernaldino 
de Mendoça, gênerai de Espaûa'. 

Yen las espaldas desya : A los muy magnificos Senores, justicias 
V regidores de la cibdad de Cadiz, mis Senores, 

Recebida esta oy miercoles treynta y uno de Jullio de mill e 
quinientos quarenta e nueve. 

Signé: Diego Gonçalez, 

escrivano del Conccjo. 

Arcliivu General dt Sinmncas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 

I. Gencrn/ficEspa/îa, c'ost-à-cHro: ra|iitaine g-éiit'ral delà mer. V. supra, p. 1 58, note i 



' AVIS DE PEDRO HERNANDEZ iJ2 I 

Cil 

AVIS DE PEDRO HERNANDEZ 

lia vu, alors qu'il était à Vêlez, des lettres oh le Cher if offrait à Dragut 
tout ce qu il pourrait demander, s'il consentait à venir avec lui faire la 
querre aux (Chrétiens. — Le bruit s'est répandu aussitôt à Vêlez que 
le Chérif allait assiéger Ceutapar terre et par mer, car il estime plus Ceuta 
que toutes les autres fronteras . — Les Morisques de Grenade qui demeurent 
à Fez, où il en arrive tous les jours, ont dit au Chérif que la prise de 
Ceuta causerait un grand embarras à l'Espagne. — Les Morisques de 
Valence et d'Aragon, qui sont nombreux à Alger, ont mandé au Chéri/ 
de leur envoyer son fils, promettant de se donner immédiatement à lui, 
par haine des Turcs. — Hernandez offre de donner tous les rensei- 
gnements sur le royaume de Fez, dans le cas où l'on enverrait une armée 
sous la conduite d'Abou Hassoûn pour le conquérir ; il indiquera la route 
à suivre et se chargera de faire fournir à bon compte les approvision- 
nemenUi par les Maures. — Le Chérif s'est fait amener de }elez à 
Fez un habile constructeur de navires, maître Geronimo, génois, qui 
était attarhé à Abou Hassoûn. — Hernandez demande à servir d'in- 
terprète auprès d'Abou Hassoûn. qui le connaît et qui sera très satisfait 
de ce choix. — Inquiétude que came au Chérif le passage d'Abou 
Hassoûn en Espagne. 

[Fin jtiillel i jVj '.] 

Sur la couverture, alla manu: Avisos que da Podro Hernandez de 
lo de Vêlez. 

Como, estando en Bêles de la Gomera, vino un correo del Xarife 
(•on cartas para Durgote Arraez, mandandolo llamar y que le haria 
el parlido que quisiere, porque cra para liazer guerra a Cristianos. 
El mismo que Uevava las cartas. por darme mal guslo. diziendo 

I. Sur cette date restituée, V. supra. en date du 19 juillet i5^9, oà il est qucs- 
Doc. CI, p. 319, et Doc. XCIX, p. 3i5. tionde l'arrivée dAbou Hassoi'in à Malaga. 
Df Castrif.s. X. — il 



322 FI>' JUILLET l5/^9 

que me pesaria, me lo dixo y me enseno las cartas ; y lo vide 
enbarcar. 

Luego se dixo por todo el lugar mas largamente, diziendo que 
tomarian a Ceuta por mar y por tierra, porque todas las otras Mon- 
teras no las tiene en tanto como a Ceuta. Dixeronle los Moriscos 
de Granada, los que moran en Fez*, de los que cada dia se pasan, 
que, tomando a Ceuta, dara muy gran trabajo a Castilla, que cada 
dia estan en esto. 

Tanbien le mandaron dezir de Arjel que enbiase a un hijo suyo, 
que luego se darian, porque no pueden ver a los Turcos, que dizen 
que son Cristianos, pues tienen pazes cou ellos ; que esto mandaron 
dezir los Moriscos de Valencia de Aragon, que son muchos los que 
estan en Arjel" ; y esto a dicho de los mismos que venian a Fez, 
porque en los Moros no ay secreto. 

Y, si V""* Magestad se quisiere ynformar del reyno de Fez, yo le 
dare larga ynformacion, que, si ovieren de pasar gente para con- 
quistallo, yo dire por donde y como sea mas proveclio de los Cris- 
tianos, que quanta gente es menester, llevando por caudillo al rey 
de Bêlez y sus hijos. Yo dare orden con los Moros, estando con el 
canpo de nuestros Cristianos en Berveria, que traygan manteni- 
miento al real de nuestros Cristianos, y que valga tan barato como 
en Espana, dando los pregones que yo dire, porque lo e platicado 
con ellos. 

1. Voir note ci-après. dr l'arabe. — On lit dans un mémoire 

2. Les Morisques de Fez ont toujours été adressé à Henri I\ par les Morisqucs : « Nos 

distingués de ceux d'Alger: les premiers, bons frères, aussi de notre nation, les Ta- 

vcnus de Grenade et d'Andalousie, étaient garinos du royaume d'Aragon » La 

FoRc.ii, Mémoires, t. I, p. 3^i. — Au xvn* 
appelés Andaless ^SA (Andalous) ; les ^j>.^.|^^ jj ^ ^^.^-^ ^ ^jg^^ p^.^ j^ ^^ ^^^.^^ 

seconds, sortis d'Aragon, do Catalogne et de Bab ol-Oiied, un fort construit par les 

Valence, étaient désignés sous le nom de Morisques de Valence, qu'on appelait le 

Tagarins (Tagarinos), forme altérée de Ta- « Fort des Tagarins « (Rocqueville, 

f ^j Relation des mœurs et du rjouvernement des 

gbnriii ^^j::, pluriel d,i mot tagiiri ^Ju, j,„.^^ d'AUjer. Paris, 1675', p. 9); Icurnom 

s'est conservé jusqu'à nos jours pour dési- 
cll.nique dérivé du substantif j^: frontière, ^,,jj,,. j„, quartier d'Alger, celui des Taga- 

confins. L'Aragon était appelé « la Fron- vins, entre la Kasba et la porto du Sabel, sur 

. la roule d'El-Biar. — Sur la distinction 

tière Supérieure JUJI ^1. «Doz y, G/os- ^^^^^ Tagarins et Andalous, V. P. Dan, 

saire des mois espafjnols el porlugais venus llist. de P.arbarie..., p. 82. 



AVIS DE PEDUO HEU.XANDEZ 32.3 

Luego como se apodero en Bêlez, mando que le llevasen a Fez a 
un maestro que ténia el rey de Bêles, que hazia navios, muy grande 
oficial de galeras, que se dize maestre Gironimo, ginoves, que le 
hizo muclia coitesia y lo agunto con otro que el lenia, que se llama 
maestre Graviel, catalan, muy gran maestro de navios. A estos 
dos haze muclia cortesia ; a los otros no haze lanta. 

Suplico a \ '* Magestad que me hagan lengua con el rey de Bêles, 
que el sera muy contento, que bien me conocc. 

Como tomo muy grande enojo por la venida del rey de Bêlez en 
Castilla, mas que si fuera en Portugal, porquc teme mucho a Su 
Magestad que le dara favor, porque bien sabe lo que liene en los 
Moros, que le an de ser traydores. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo fû^. — Copie. 



FI> JUILLET l5^9 



cm 



LETTRE DE FERNANDO DE AGUILAR A CHARLES-QUINT* 

Il remet au Roi, pour être examinés au Conseil de la Guerre, une lettre de 
la municipalité de Cadix et le procès-verbal d'une enquête sur l'abandon 
éventuel d'Arzila et de Tanger par Jean III. — Dangers que cet abandon 
ferait courir à Cadix. 



[Valladolid. fin juillet lô^ij.] 

Au dos: La cibdad de Caliz. 

S. C. C. M'. 

Fernando de AsfLiiLir. solicitador de la cibdad de Caliz en esta 
Corte. digo que la dicha cibdad me enbio esta caita' para V" Alteza 
\ esta ynformacion \ para que yo lo presentase en el nuestro Consejo 
de la Guerra, lo quai es sobre que se dize y tyene por cierto que 
Tanjar e Arzila. fronteras del rey de Portugal, se comiençan a des- 
poblar e lo quieren hazer del todo por el dano quel Xarifee en ellas 
haze. A V'' Mag''pido e suplico lo mande ver todo e proveer en ello 
lo que convenga a su servicio y a la defensa de aquella cibdad, por 
que, si estos pueblos se despueblan, aquella cibdad queda a muy 
mayor peligro, e para ello etc. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Copie. 

i. Le protocole de la lettre ne laisse gouvernement de l'Espagne par Maximilicn 

aucun doute sur son destinataire, bien et par Marie d'Autriche amenaient une 

qu'on y trouve une fois: ¥"■' Alteza. L'ab- certaine confusion dans l'emploi des titres, 
scnce de l'empereur Charles-Quint, alors en 3. V. supra, Doc. G, p. 817. 

Allemagne, et son rem|)lacement dans le 3. V. supra. Doc. \CVII, p. 807. 



LETTHE DE MIGLEL DE PEKE A 320 



CIV 



LETTRE DE iMIGUEL DE PEREA' A MAXIM ILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Un caïd du Cher if marche contre le Rif, rjui s'agite en faveur d'Abou 
Hassoûn et refuse de payer l'impôt. — Les Maures porteurs de cette 
nouvelle font appel à Moulay en-Nasser pour les aider à résister à ce caïd, 
proposant de le pourchasser jusqu'à Fez. — Moulay en-Nasser a répondu 
que son père s'était rendu en Espagne pour voir Leurs Altesses et qu'on 
ne pouvait rien entreprendre avant d'avoir reçu des ordres. — Travaux 
de fortification à Melilla. 



Melilla, 4 août lô^Q- 

Sur la couverlure, alla manu: A Sus Altezas. — De Miguel de 
Perea, iiii" de Agosto iS/ig. — Respondida. 

Mui poderosos Sefiores, 

Pocos dias ha que escrevi mas largo a V"' Altezas, y esta no es 
para mas de darle aviso como, el postrero dia de Julio en la noche, 
vinieron aqui dos Moros desta siéra avisarnos como venia un gran 
alcaide del Xarife a ver toda esta comarca, que esta algo levantada 
por el rei Muli Bacon; y, como no an quesido consentir reparli- 
miento', viene con arma en la mano contra ellos ; los quales rcqui- 
rieron, en presencia del capitan Francisco de Médina y de mi, a 

I. Miguol de Pcrea écrivit à la mcmc ras, Estado. legago ^yj. 
date une lettre au secrétaire Francisco de 3. La lettre de Perea à LeJcsma (\ . 

Ledesma, lui transmettant les mômes nou- la note précédente) dit : « repartimicnto m 

velles en termes presque identiques. Siman- garama (ni contributions, ni impôts) ». 



326 4 AOUT i549 

Muli Xaçai\ su hijo, que les dièse favor y les ayudase a resistir a 
este alcaide que viene, que no solamente se defendcrian del, mas 
yrian tras el la buelta de Fez, y que querian mas que la vida ver la 
cara de su padre, y desto desen los Barbaros de esta tlerra mas que 
la vida. 

El Muli Naçar le respondio que su padre yra ydo a besar las 
manos a V" Alteza y que, sin su boluntad y mandate , no enpren- 
derian cosa ninguna de géra contra el Xarife, hasta quel se lo envie 
a mandar lo que sea servido. 

Esta tarde, plaziendo a Dios, que sera a très de Agosto', subimos 
quatro piezas d'artilleria en el muro nuevo y terrapleno que hemos 
hecho^, y el lunes, plaziendo a Dios, que seran a cinco del pré- 
sente, encomençarse a a seguir la obra adelante, hasta que se acave 
todo lo ques frontera de la villa vieja. 

De aca no ai mas que dar aviso a \" Alteza de présente, mas de 
que Nuestro Senor guarde y prospère las muy poderosas y reaies 
personas de V"^ Altezas por muy largos tiempos. como sus criados y 
vasallos de V"' Altezas deseamos. 

De Melilla. a un" de Agosto de 1 15 dxlix anos. 

Muy poderosos Senores, 

Besa los reaies pies y manos de V" Alteza, 

Signé : Miguel Perea. 

Archiva General de Siniancas. — Estado. — Legajo ^7^. — Original. 

I. La lettre est datée du l\ août, par a été commencée, 
conséquent du lendemain du jour où elle a. On lit en marge : « Bien » 



LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA -^2"] 



cv 



LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZÂ A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

A la demande du roi de Portugal, il s'est joint à Don Pedro Mascarenhas 
et à Don Juan de Mendoza pour inspecter les places de Tanger, du 
Seinal et de Ceuta. — Il a été décidé que Tanger serait conservé. — 
Don Bernardino a approuvé les propositions des Portugais pour la défense 
de cette f routera, parce qu'il les voyait trop disposés à l'évacuer pour 
les contredire. — L'abandon d'Arzila est décidé, ce qui accroîtra le 
prestige du Chérif. — Les Portugais auront du mal à embarquer l'ar- 
tillerie et la garnison de cette place, à cause de l'attitude des Maures 
qui font bonne garde. — Le caïd de Tétouan est déjà sur les lieux; les 
autres doivent l'avoir rejoint. — La place d'Arzila aurait dû être gardée 
par le roi de Portugal de préférence à toute autre f routera, parce qu'elle 
est la plus rapprochée de son royaume, qui ne peut être protégé par les 
galères d'Espagne et qui est exposé, en dépit des caravelles, aux entre- 
prises des corsaires. — Don Pedro et Don Juan ont demandé à Don 
Bernardino de ne pas quitter le Détroit avant qu'ils aient embarqué la 
population d'Arzila, par crainte d'une attaque de Dragut. — Don Bernar- 
dino a répondu qu'il avait des instructions pour déjendre les fronteras et 
non pour les abandonner, qu'en conséquence il ne voulait en rien coopérer 
à l'évacuation d'Arzila; mais que, si Dragut venait, il saurait faire son 
devoir. — // est revenu ensuite à Malaga pour prendre des vivres et des 
munitions et embarquer quatre cents soldats, afin d'être prêt à combattre. 



Malaga, 6 août lôig. 

Sur la couverture, alla manu : Malaga. — A Sus Altezzas. — 1 5^9- 
— De Don Bernardino de Mendoça, vi de Agosto 10^9. 

Adresse : A los muy altos y muy poderosos senores rey y reyna 
de Bohemia, governadores de Espana, mis senores, etc. 



328 



6 AOUT i5/ig 



MuY alto y muy poderoso Sefioi-, 

Don Pedro Mazcaienas y Don Juan me embiaron una cai ta del 
serenisimo rey de Portugal, para que me junlase con ellos a ver a 
Tanjar y al Saynal y a Cepta* ; y, por despachar mas presto, sali con 
quatro galeras y Don Juan quedo con las otras, adercçando la bas- 
tarda, que aunque esta harto pcligrosa para navegar, es de gran 
ymportancia para pelear, si se offreciere. 

Y, aviendo visto a Tanjar, aunque a ellos les parecia que no era 
de la vmporlancia que es, entendieron que convenia al Uey sosle- 
nella. Diose cierta manera de atajo como a éllos parecio, enmen- 
dando algunas cosas, y, assi en esto como en la gente que sera 
necessaria para la guarda, me e conformado con ellos, porque venian 
tan puestos en dexar, que a sido necessario andar a su voluntad en 
todo, encaminandoles lo mejor que lie podido. 

Ya V"' Altezas avran sabido como dexan a Arzila', que es la 



I . D. Pedro Mascarcnhas avait été envoyé 
par Jean III pour inspecter les travaux du 
Seinal, avec ordre de passer d'abord à Tan- 
ger, aGn de rechercher les moyens de ren- 
forcer les défenses de la ville (Axdrada, 
IV, cap. Itli). Il se rendit à Tanger le 30 
juillet lô^g, puis passa au Seinal, où il 
arriva le 7 août (^Ibidem, cap. 46). Son rap- 
port, en date du même jour, ayant été peu 
favorable à la conservation de cette for- 
teresse (Ibidem, cap. '4-), le Roi ordonna de 
de suspendre les trarvaux du Seinal et prit la 
résolution d'abandonner El-Ksar cs-Seghir, 
dont la citadelle du Seinal était la princi- 
pale défense (/tidem, cap. Sa). L'évacuation 
d'El-Ksar es-Seghir n'eut lieu qu'en i55o 
(Menezes, Hist. de Tangere, pp. 70-71). 

3 . C'est en juin 1 5^9 que Jean III décida 
d'évacuer Arzila, parce que cette ville n'avait 
pas de port et n'était pas assez forte par 
elle-môme. Luiz de Loureiro, chargé de 
l'opération, partit de Lisbonne à la fin de 
juin (Anurada, IV, cap. /|i). Au mois 
d'août, Abou Ilassoùn ayant demande qu'on 
lui remît Arzila (Ibidem, cap. 48, et injra, 
Doc.CVlI,p. 333),D. Pedro Mascarcnhas 



fut chargé de traiter cette affaire avec lui ; 
il rencontra, à Puerto de Santa-Maria, Luiz 
de Loureiro sur le point d'exécuter sa mis- 
sion et le pria de surseoir à l'évacuation de 
la place; mais le 17 août, sur l'ordre de 
Jean III, elle dut être effectuée. Les femmes, 
les enfants et les habitants impropres à la 
guerre furent embarqués, et Luiz de Lou- 
reiro resta dans Arzila avec la garnison, en 
attendant l'issue des démarches d'Abou 
Hassoùn, qui était allé en Allemagne solli- 
citer de Gharlcs-Quint un secours de mille 
lances pour défendre ArzUa contre le Cliérif 
(Andrada, IV, cap. 48). L'évacuation des 
non-combattants et de la cavalerie se fit sur 
Tanger; elle eut lieu du i8 au 26 août 
i549 (if>i<f<^'n- cap. 49, et Menezus, Hisl. 
de TaïKjere, pp.' 70-71). La ville d'Arzila 
continua d'être occupée par une garnison 
portugaise, jusqu'au moment où le refus de 
Charles-Quint d'aider Abou Hassoùn fut 
définitif. Le roi Jean III prescrivit alors à 
Luiz de Loureiro de détruire les fortifica- 
tions et de rembarquer la garnison, en 
prenant toutes les précautionspossiblcspour 
éviter une surprise des Maures; l'opéra 



LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA 39,Q 

mayor poquedad y tlaqueza que nunca vi y con que mas autoridad 
dan al Xarife, teniendo agora menos razon de lemelle que nunca. 
Sigun e entendido, por los avisos que ellos mismos tienen, los 
Moros saben que an de despoblar el lugar y tienen buena guardia ; 
de manera que, sigun su diligencia y el miedo que los Porlugueses 
tienen, tengo por muy cierto que no an de poder embarcar el 
artilleria y aun parle de la gentc. El alcaide de Tituan es ya ydo 
alla, y assi lo deven aver liecho los otros. \ , aunque Arzila esta 
dezisiete legoas de Caliz y alli los Moros tendran navios que podran 
liazer daiio, quien mayor lo recibira seran los vasallos del rey de 
Portugal ; y tengo por cierto que, antes de muchos anos, a de 
gastar mas en guarda de su reyno que lo que le costava sostener 
el lugar; y, si alguno convenia al rey de Portugal guardar para 
lo que toca a la siguridad de su reyno, era este, por questa mas 
cerca y en parte que las galeras no pueden guardar su tierra, y las 
caravelas quctiene son depoca ymportancia contra navios de remos '. 
An me pedido el dicbo Don Pedro y Don Juan que no me aparté 
del Eslrecho liasta que ayan recogido la gente de aquel lugar en 
el armada que tienen, porque, si Dargut Arraez tuviesse el aviso 
y viniesse, facilmente la perderian, y que se juntaran comigo con 
dos galeones y seys caravelas de armada que tienen. Y, aunque 
navios mancos no es buena compailia para navios de remos, parece 
que, aunque se juntasen todas las fustas que se pueden juntar, sériâ- 
mes parte para desliazer a Dargute, si por caso se Uegase al Estre- 
cho, por que, fuera del, no e entendido que tienen comission para 
salir. Respondiles que no ténia comission de Su Mag** ni de V"' 
Altezas para ayudar a dexar, sino para ayudar a sostener las tierras 
que el Serenisimo Rey tiene ; que, si para esto me quisiessen. pidies- 
sen lo que fuesse su voluntad ; y, en essotras cosas que tocavan 

tion eut lieu à la fin de l'ctc de i5oo (An- r. Il faut enleiidrc : la place d'Ar/ila. 

DRADA, IV, cap. 66). — L'historien El-Ou- occupée par le Portugal, contribue à assurer 

FRÀNi ne fait aucune mention de cette pre- la sécurité de ce royaume, qui ne peut 

mière évacuation d'Arzila ; la ville fut réoc- être protégé par les galères d'Espagne, 

cupée en 1578 par les Portugais, qui l'cva- dont le rayon d'action ne dépasse pas 

cuèrent définitivement le i3 septembre le Détroit ; d'autre part, le Portugal 

1589. ^- i" Série. Portugal, à ces dates; n'ayant que des caravelles, est incapable 

Luiz DE Menezes, //is/. Je Portugal restau- de lutter contre les navires à rames des 

rado, t. I, p. 87. corsaires. 



33o 6 AOUT i549 

al dexar a Arzila, que no las comunicasen comigo, porque por nin- 
guna via me queria hallar en dexar nada a los enemigos, special- 
mente no aviendo necessidad; mas que, si Dargute* viniesse, yo, 
por mi parte, haria contra el lo que era obligado. Y con esto me 
parti dellos para venir aqui a Malaga, para llevar algun vizcocho 
y polvora y bolver luego con todas las galeras a tomar quatro- 
cientos soldados que tengo liechos, porque, si por caso se offreciere 
pelear, me halle bien en orden. 

; Nuestro Sefior las muy altas y muy poderosas personas de V"' 
Altezas guarde con acrecentamiento de mas reynos y senorios ! 

De Malaga, a vi de Agosto lô^g. 

Besa las manos de V"' Altezas su servidor, 
Signé: Don Bernardino de Mendoça. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — ^sgajo 79. — Original. 
1 Dragut-Raïs, \ supra, p. 289, noie i . 



LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA 33 



CVl 



LETTRE DE DON BERNARDINO DE MENDOZA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE DALTRICHE 

Entretien de Don Bernardino avec Abou Hassoûn. — Abou Ilassoûn désap- 
prouve l'abandon d'Arzila par les Portugais et s'engage à garder cette 
place, si on veut la lui remettre. — Le Cliérif, d'après lui, serait plus 
exposé à perdre ses conquêtes qu'il n'aurait de chances d'en faire de nou- 
velles. — Abou Hassoûn a fait mander Ignacio .\uhes, l'envoyé du 
Portugal, mais celui-ci venait pour l'entretenir d'autres affaires que de 
l'évacuation d'Arzila, et Abou Hassoûn lui a dit que, si les Portugais 
abandonnaient leurs anciennes possessions, il ne négocierait pas avec 
eux. — Avantages qu'il y aurait pour l'Espagne à soutenir Abou 
Hassoûn à Arzila: il tiendrait en respect le Chér'if qui n'oserait sortir 
de Fez. — Don Bernardino fera patienter Abou Hassoûn, en attendant 
les ordres de Leurs Altesses. 



Malaga, 6 août ioj^q. 

Sur la couverture, alla manu: A Sus ARezas. — De Don Ber- 
nardino de Mendoça, vi de Agosto lôAg. 

Adresse: A los muy aUos y muy poderosos senores rey y reyna 
de Bohemia, governadores de Espana, etc., mis senores. 

Muy alto y muy poderoso Senor, 

Despues de aver scripto a V"* AUezas, plalicando con el rey de Vêlez 
en la dexada de Arzila. me dixo que, si se la diesscn a el. que la 
guardaria, y que no era cosa que convenia dexalla, por que el 
Xarife mas esta en termines de perder de lo suyo que de tomar a 
nadie lo que tiene. Embio a llamar un criado del rey de Portugal, 
que se Uama Yfiacio Nufiez, con quien le embio a visitar' ; y de las 

r. Con quien le embio a visitar. Il faut leembio... — Sur Ignacio Xufies, V. supra, 
entendre : con quien [<I rcv de Portugal] p. 282, noie 2 ; 29^, note 3,ot agS, note a. 



332 6 AOUT 15^9 

platicas resulto que venia a tractar con el otrascosas', por que el 
Rey le dixo : jjSi dexays lo que teneys, que venis a tractar comigo? 

Parece que, si se pudiesse hazer aun que Su Mag'^ le ayudase 
en alguna manera al rey de Vêlez, séria cosa provechosa sostenella 
en Arzila, porque, sigun es bien quisto y tiene parte, liaria gran 
contradicion al Xarife y no osaria salir de Fez a hazer la guerra a 
otras parles. Procurare de entretener lo de Arzila liasta que V"' 
Altezas me embien a mandar lo que son servidos que haga ; que, 
por lo mucho que importa y el animo que se da al enemigo, no 
puede dexar de pesarme que la dexen. 

; Nuestro Seàor las muy al tas y muy poderosas personas de 
V"" Altezas guarde con acrecentamiento de mas reynos y senorios I 

De Malaga, a vi de Agosto lo^Q- 

Besa las manos de V"' Altezas su servidor, 
Signé : Don Bernardino de Mendoça. 

Archiva General de Siniancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 

i . Ignacio Nufies avait charge de saluer envoyer un Maure pour porter des lettres 
Abou Hassoùn et de s'informer de ses pro- à Moulay Zidàn, fils du Chérif détrôné 
cls (V. supra, p. 297). Il devait aussi Moulay Ahmed eZ-j4arec(/. V.supra, p. 3i6. 



LETTRE d'aBOU HASSOUN A DON PEDRO MASCARENHAS 333 



CVII 
LETTRE D'ABOU HASSOTJN A DON PEDRO MASCARENHAS 



Propositions qu'il a Jaites de profiter du mécontentement causé par la 
tyrannie du Chérif pour chasser celui-ci non seulement du royaume de 
Fez, mais encore de ceux de Merrakech et du Sous. — On dit aujourd'hui 
que le Conseil du roi de Portugal aurait discuté le projet d'abandonner 
Arzila. — Abou Hassoûn ne peut croire que le roi Jean III permette l'exé- 
cution d'un dessein si préjudiciable au Portugal et à l'Espagne. — Il est 
allé à Arzila et il sait que cette ville, défendue par les Portugais, est impre- 
nable. — Le Chérif a perdu son crédit auprès des Maures, parce que 
ceux-ci se rendent compte du peu de mal qu'il peut faire aux Chrétiens ; 
l'abandon d' Arzila prouverait le contraire et donnerait aux Maures le désir 
de conquérir d'autres fronter as . — Don Pedro Mascarenhas a le devoir de 
faire à ce sujet des représentations à son souverain ; mais, si celui-ci 
persiste dans son projet d'abandonner Arzila, Abou Ilassoùn demande 
que cette place lui soit cédée, pour la défendre avec ses partisans et de 
là faire la guerre au Chérif, qu'il espère chasser jusqu'au pays des 
Noirs. — Ne fiouvant quitter Malaga sans l'autorisation de l'Empereur, 
il envoie à Don Pedro Mascarenhas un de ses serviteurs nomnfé Ahmed 
Amar. 



Malaga, 6 août iS^g. 

Sur la couverture, alia manu: Oran'. — Copia de la carta que 
el rey de Yelez scrivio a D. Pedro iMazcarenas. 

Copia de una carta quel rey de Vêlez escrivio a D. Pedro Mazca- 
renas, criado del sefior rey de Portugal, en vi de Agosto lo^g. 

I. Cette mention est difïiclle à expliquer. 



6 AOUT i5/j9 



Illustre Sefior, 



Yo vine a esta ciudad de Malaga por las cosas acaecidas en el 
reyno de Fez e despues en el de Vêlez; las quales abra V. md. 
savido. Y dcsde aqui di noticia al sefior Emperador e a los senores 
rreyes de Bolieinia de mi venida e de los grandes efetos que se 
podrian hazer a esta sazon en Africa, porque rauclia parte de la 
jente esta revelada en lo publico, y en lo secreto toda, por la tirania 
del Xarife ; y séria cosa facil hecharle de aquel reyno e aun del de 
Marruecos e Çuz. 

Oy se a dicho aqui que se platica en el Consejo del senor rey de 
Portugal de desanparar a Arzilla ; y no puedo créer que el senor 
Rrey permita que se haga cosa tan en perjuizio de la auttoridad de 
su real eslado y en tanto daîîo de estos rreynos de Castdla y tan sin 
causa, porque yo lie estado en Arzilla y se ques lugar muy fuerte, 
e que no basta el poder de toda Africa para lomalla, mayormente 
syendo los Porlugueses tan buenos cavalleros como son y son onbres 
de guerra. Arzilla es lugar que los Moros desean mucho por lo que 
les ynporla, y el que menos esperan poder aver, ansi por ser fuerte 
como por la bondad de los que le guardan ; y una de las cosas 
porque el Xarife a pcrdido credito con los Moros es porque tienen 
entendido el poco dano que puede hazer a los Cristianos. E si agora 
desanparasen a Arzilla, creerian lo contrario e cobrarian animo de 
conquistar las otras fronleras. \ menor afrenta es perder un lugar 
haziendo los cercados lo que deven a ley de guerra, que desanparalle 
para que le ocupen los cncmigos. Xo permita Dios Todopoderoso 
quel senor Hey mande cso, porque a lodas las jentes parescera muy 
mal, mayormente avlendole ganado sus antecesores. 

V. md., pues tiene lanla autoridad en su casa rcal, le deve avisar 
de lodo y representar al senor Uey los grandes' ynconvinientes que 
en eslo ay ; pero, si se delerminare el senor Rey de dexallo, demela 
a mi, que yo la dcfcndere con mi persona y con las de mis amigos 
e basallos, y desde alli are la guerra al Xarife ; y espero en Dios 
Todopoderoso que en brève ticmpo le sacare de aquel reyno. del 
de Marruecos e Çuz, basta encerralle en ticrra de Xegros. 

V. 111(1. de aviso de todo al senor Rey y respondame lo que 



LETTRE D AIÎOL HASSOUN A DON PEDRO MASCARENHAS O.'lo 

determinare de hazer, que tienpo tenemos aparejado para ganar e 
no para perder. Yo quisera yr en galeras a platicar con V. md. 
estos negocios ; y, porque no puedo ni he de sallir de acjui sin man- 
dato del scnor Emperador, embio a Amete Amar, mi criado. que es 
cavallero e onbre principal en mi tierra, e save las cosas de aquel 
reyno de Fez. V. md. le de crédite. 

j Dios Todopoderoso prospère vucstra illustre persona ! 

De Malaga, vi de Agosto lô/ig. 

Muley Bo Açon. 

Al illustre seûor Don Pedro Mazcarenas, criado del sefior ley de 
Portugal. 

Archiva General de Simancas. — Estadn. — Leyajo 4^7//. — Copie. 



33G 20 AOUT i5'i9 



CVIII 



LETTRE DU DUC DE MEDINA-SIDONIA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

Abou Hassùûn se rend à la Cour. — Le duc de Medina-Sidonia a maintes 
fois exposé l'urgence qu'il y a à s'opposer aux progrès du Chérif. — 
Ahou Hassoûn expliquera à quel point l'occasion présente est favorable. 

San Liicar de Barrameda, 20 août lô^g. 

Sur la couverture, alla manu : S' Lucar. — A Sus Altezas. — i549- 
— Del duque de Médina Sydonia. 

Adresse: AI muy poderoso seàor. ml sefior el rev de Bohemia, 
principe de Ungria. etc.. mi senor. 

Muy poderoso Senor, 

El rey de ^ elez va a besar las manos de V" Alteza y ynformarle 
de las cosas del Xarifey de aquella tierra ; y. aunque yo por algunas 
mias he dado quenla a V" Alteza lo niucho que al servicio de Su 
Mag' y bien deslos rey nos conviene yr a buscar aquel enemigo y 
bazerle guerra, y no dexarlo ser tan senor por la mar quanto esta 
por liena, mas particularmente se podra ynformar del y quan buena 
disposicion ay de présente, ^o le be escrito a Su Mag' y al Principe 
nuestro senor. Plega a Dios encaminar el negocio como Su Mag' 
sea mas servido y sus reynos acrcscentados. que cierto muy gran 
coyuntura es esta al parecer de todos. 

; La muN real persona de V" Alteza guarde \uestro Senor con 
acrescenlamiento de muchos scnorios ! 

De San Lucar de Barrameda, xv de Agosto io/jq. 

De V" Alteza, 
Servydor que sus muy realcs manos besa, 

Signé: El Duque. 
Arcliivo General de Siniancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 



LETTRE DE PEDRO DE HERRERA A LUIS DE RUEDA 3^J 

CIX 

LETTRE DE PEDRO DE HERRERA A LUIS DE RLiEDA 

Il y a sept mois que le port de Tétouan, ainsi que les autres ports du royaume 
de Fez, sont consignés par ordre du Chéri/. — Celui-ci a envoyé l'ex-roi 
de Fez Ahmed el-Ouattassi à Merrakech et a épousé une de ses filles. — 
Il fait fondre à Fez une nombreuse artillerie et fait couper des bois pour 
construire des navires. — // dispose de cinquante mille arquebusiers, de 
nombreux fantassins, de cinquante mille cav<Uicrs, de plus de mille Turcs 
et Renégats; ces troupes sont payées chaque mois. — Le Chérif voulait 
attaquer les fronteras, mais les caïds El-Aroussi, Ber-Rached et El- 
Hassen lui ont conseillé de remettre cette opération après les chaleurs; ses 
vues se portent sur Tanger, dont la faiblesse est notoire. — Effet produit 
par la nouvelle de l'évacuation éventuelle d'Arzila; le Chérif en a tiré 
gloire, disant que pareille chose n'était Jamais arrivée à aucun roi de 
Fez. — Cela a rendu courage aux Maures, qui auparavant n'étaient 
pas bien disposés envers le Chérif à cause de sa dureté et parce qu'ils 
craignaient que sa domination n'amenât une invasion des Espagnols. — 
Ils savent la présence d'Abou Hassoùn en Castille et ne doutent pas 
que les Espagnols ne secourent ce prince; Abou Hassoùn a un grand 
parti chez les Maures et, s'il vient en force, ils passeront en nombre 
avec leurs caïds de son côté. — Trois caïds sont devant Arzila avec 
de nombreux cavaliers et fantassins, prêts à y entrer après l'évacuation. 

— Le Chérif a nommé El-Hassen caïd à vie de Tétouan, mais ce dernier 
est mécontent : il reproche au Chérif ses procédés de Justice sommaire, 
son attitude peu bienveillante à l'égard des Andnloas et de ne pas con- 
sulter les gens du royaume de Fez. — Des Turcs sont venus de Tlcmcen 
se mettre au service du Chérif et celui-ci a écrit à Alqer pour en recruter 
d'autres. — On tient pour certain que Draqut viendra à ]etez. — .1 
Tétouan, il y a huit navires, grands et petits: il y en a di.r à 1 cA*:. 

— Le caïd du Pehon, bien que rallié au Chérif. ne lui re/net pas la 
forteresse et attend les événements. — Abou Ua.'isoùn repré.'ienle une 
grande force, si l'on veut attaquer le Chérif, car toute la montagne de 
Vêlez est pour lui. — Ilerrera envoie une lettre de Diego de Uolartos. 
qui est captif à Fez . 

De Gastrîes. ' X. — aa 



338 2 3 AOUT 15^9 



Tétouan, 23 août lô^g. 

Sur la couverture, alla manu : Tiluan. lô^g. — Al corregidor de 
Gibraltar. — De un hijo de Juan de Herreia' que esta en Tituan. 

Adresse : Al mui magnifico senor Luys de Rueda, capitan y 
corregidor de la cibdad de Gibraltar, mi senor. 

Muy magnifico Senor, 

rso piense Y. md. que se me olvida lo que V. md. me mando 
quando pase por esa cibdad, y en ello lie puesto la diligencia que 
a sido menester para conservar la boluntad de ^ . md. 

Eslos puerlos de Tituan y lodos los demas deste rreyno de Feez 
an estado cerrados, mas ha de siete mcses, a causa del Xerifee querer 
dar horden en su reyno, como la a dado. \ lo primero que liizo fue 
embiar al ley de Feez" que solia ser a Marruecos ; y se caso con 
una hija de las suias, la mas hermosa que ténia, y, a lo que se dize, 
ni aun en estos reynos ; y le tomo olra para casar con su hijo. 

El Xeiifee funde mucha artilleria en Feez. y corta mucha madera 
para navios, y asse alarde en Feez; y halla en la misma cibdad ay 
mas de cinquenta mill tiradores, y gente de pie en gran cantidad. 

Tîallase que en todos sus reynos tiene mas de cinquenta mill de 
cavallo, y de Turcos y Renegados pasan de mill soldados ; y les liaze 
largos pagos cada mes, por que su costumbre es pagar cada luna. 

El Xerifee queria venir sobre las fronleras ; y los alcaydes. que 
son Alaroz^ y Muley Mahamed Baraxe ' y Hacen^ le dixeion que 
no viniese en tiempo de tan gran calor ; que. venido el tiempo 
templado, podra conseguir su proposito. Tiene su fin venir sobre 

1. Sur cp personnage, Y. supra, p. 96, IV, cap. 34 ; Torres, cap. 69; Marmoi , 
note 3. Lib. H, cap. ^o, f. aSg v». 

2. Alimcd el-Ouallassi partit de Fez 3. Alaro:, Mohammed el-Aroussi, caïd 
pour Merrakech le i4 mars lô^g avec ses d'El-Ksarel-Kebir. V. supra, p. i^S.notc^. 
femmes et ses enfants. — Le Chérif, malgré li. Mohamed Baraxe, Mohammed ber- 
son grand âge, épousa la plus jeune des trois Rachcd, caïd de Chechaouen. Sur ce pcr- 
filles du souverain mérinidc et donna les sonnage, V. supra, p. 108, note i. 

deux autres à SCS fils Mo>ilav Abdel-Kader et 5. Hacen, El-Hassen. caïd de Tétouan. 

Moulav Alxl er-Rahmau. Andhada. Part. \ . supra, p- 97. note 3. 



LETTMR DK PKDllO DK IIEUKERA A LLIS DE RUEDA 3.^9 

Tanjar y ponello gran cerco, porque es lugar flaco y dizen los Moros 
que luego es tomado. 

De un mal honbre que se fue de Arzila liuiendo a los .Moros, 
supo el Xerifee conio el rey de Portugal la despohlaha ; y a sido en 
esta tlerra grand alboi'oto, y algunos alcaydes les a pesado porqucl 
Xerifee dixo en puhlico que ç si algund rey de Feez que avia sido 
antes del, algund rey cristiano que avia sido en Portugal le avia 
desmanparado algund lugar de sus fronteras como a el ? y que, 
desmanparado este lugar, los mas lugares se le lomaria por fuerça, 
pues eslavan en su tierra, y que esperava pasar en Caslilla. Esto de 
Arzila a puesto gran animo a los Moros, por que antes desta nucva 
no eslavan bien cou el Xerifee. porque le sirven por leinor, por- 
que liaze grandes juslicias en ellos, y porque dezian quel Xarifee 
avia de ser causa que Castellanos pasasen en su lierra, y sabiendo 
como saben quel rey de Bêlez esta en Caslilla, y crelien que Su 
Mag' le a de liazer gran favor ; al quai temen y tiene muclia parte 
con los Moros, y desean que pase a mui força, por que se pasaran 
cori ol gran numéro de gente y muchos alcaydes y cavalleros sus 
amigos. 

Sobre Arzila eslan 1res alcavdes con mucba sjenle de cavallo \ de 
pie, para se enlrar alla en saliendo los Gristianos ; y piensan cnlrar 
a la buella con ellos. 

El Xerifee dio a Tituan por su bida al alcayde Hacen ; no esta 
mui contenlo, por quel Xerifee es mui executivo y grave, y no esta 
l)ien con Andaluzcs. y no loma consejo de ninguno del reyno de 
Feez'. 

De Tremecen se le an venido Turcos ; y el a escrito Argel y a 
olras partes por ellos y les a enbiado a ofrccer gran sueldo, a lo (jue 
se dize. 

Gule Ariaes se tiene por cierlo, a lo que los Moros dizon, (jue 
vendra a Bêlez a rrequirimienlo del Xerifee. y cadaldia lo esperan. 

En Tiluan ay oebo navios grandes y pequenos y en Bêlez ay diez, 
a lo que se dize. con los que avia en la lierra. El alcayde del Penol 
esta mui recalado, que no sale sino mui en orden y no dexa enlrar 

I. Les (lynaslirs chcrifieiincs venues du ont toujours ou teriflancoà s'entourer iriiom- 
Draa (saadienne) et du Tafilalet (fila'ienne) mes du Sud. V. infra. p. G3i, et noie a. 



34o 2.3 AOUT 10^49 

en el Penol a nadie, sino dize que esta por el Xerifee, y no le entrega 
la fuerça ni se la niega, sino esta esperando tiempo. 

Tenga V. md. entendido que el rey de Bêlez es gran gente para 
ofender al Xerifee, porque todas las sierras se le an alçado de la tierra 
de Bêlez, y a nuestra casa vienen muchos Moros de Bêlez y su 
tierra a preguntar por el Rey secretamente, asi los de su reyno como 
fuera del ; de todo lo que mas supiere sera V. md. avisado. 

Aqui me enbio Bolafios'de Feez esta carta para V. md. Justo 
es, pues que cativo por servicio de Sus Altezas, que lo manden sacar. 

Por o^ran cosa me dio el alcayde un Moro que fuese a Cebta con 
un mercader a entender en esta limosna, que ay gran cantidad de 
ninos e mugeres que no se puede dezir. 

j Guarde Nuestro Sefior la mui magnificapersona de V. md. y en 
estado acreciente ! 

De Tituan. 28 de Agosto lo^Q anos. 

Besa la manos a V. md., 

Signé : Pedro de Herrera. 
Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo U7U. — Original. 

I. Diego de Bolatîos, envoyé par Luis de débarquait à Veloz, un jour après la fuite 
Rueda, avait été fait prisonnier, comme il d Abou Hassoûn. V. supra, p. 2~l^. 



LETTRE D ABOL H.VSSOU.N A JtA> III 3^1 



ex 

LETTRE D\\BOL HASSOLN A JEAN IIP 

Àbou Hassoân a appris de Don Pedro Mascarenhas l'intention du roi de 
Portugal de lui venir en aide, ainsi que son désir de savoir, avant de lui 
remettre Arzila, quel était le nombre de ses partisans et son plan d'action 
pour défendre cette place. — Il a reçu l'autorisation de se rendre à la cour 
d'Espagne et il espère qu'avec l'aide de l' Empereur et du roi de Portugal 
il pourra reconquérir les pays que le Cher if a usurpés. — Il propose le 
plan d'action suivant: ses fils et le caïd Ben Chakroun iront à Arzila; 
le roi de Portugal maintiendra dans cette place quatre ou cinq cents 
soldats avec de l'artillerie ; le gouverneur de Tanger devra mettre quarante 
ou cinquante cavaliers à la disposition du caïd Ben Chakroun, qui ira 
traiter avec les Maures du pays. — // eût été bon de donner à ses fis 
une escorte de trois cents lances, afin de leur permettre de faire des sor- 
ties, ce qui eût encouragé ses amis à se déclarer, mais Don Pedro 
Mascarenhas ayant objecté que la cavalerie d' Arzila était déjà rapatriée 
et que, pour la ramener, il faudrait envoyer une flotte, cette question 
a été ajournée au retour d'Abou Hassoûn de la cour d'Espagne ; d'ici 
cette date, on aura les renseignements demandés par le roi de Portugal. 
— Don Pedro Mascarenhas a approuvé ce plan et a engagé Abou 
Hassoûn à le soumettre au Roi, car il n'avait pas pouvoir pour l'accepter . 



Malaga, 3o août lô^g. 

Sur la couverture, alla mana : Oran^ — lô/iQ. — Copia de la 
carta que el rey de Vêlez scrive al rey de Portugal. 

En tête : Copia de una carta que el rrey de Vêlez escrivio al sere- 
nisimo rrey de Portugal, xxx de Agosto. 

I. Ce document était joint à la lettre Doc. CX.VIII, p. 36i et note i. 
d'A.bou Hassoûn à Maximilien et à Marie a. Sur cette mention erronée, V. supra, 

dWutrichc du 3 octobre loig. V. infro. Doc. GVII, p. 333 et note i. 



3^2 3o AOUT 10^9 

Muy alto e muy poderoso Senor, 

Don Pedro Mazcarenas me a dicho la voluntad que V" Alteza 
tiene de faborescerme y liazerme merced en lodo lo que se me ofre- 
ciere, y que quiere saber de mi que caudal terne de parientes y ami- 
gos y allegados, para sostener la ciudad de Arzila, queriendomela 
V" Alteza dar, y que manera pienso tener en la guarda délia, para 
que, teniendo V" Alteza entendido mi posibilidad. disponga en 
este negocio a su voluntad. Yo beso las manos a V" Alteza por el 
ofrescimiento que me a mandado hazer y por la voluntad que mues- 
tra de faborescerme ; ofîcio es de V" Alteza a que le obliga la gran- 
deza de su rreal estado, y tengo a muy buena dicha que mis négocies 
sean de calidad que, tratandose del rremediodellos, rresulte servicio 
a V" Alteza. 

Emos tratado, Don Pedro Mazcarenas e yo, de algunos apun- 
tamientos, de que el dara quenta a V'^ Alteza. Y la rresolucion por 
mi parte a seydo y es que los senores rreyes de Bohemia, gover- 
nadores destos rreynos, me escrivieron que avran por bien y hol- 
garan que yo vaya a ver a Sus Altezas y, como es cosa que tanto e 
deseado, ponerlos luego por obra ; y tengo esperança que me seran 
buenos yntercesores con Su Mag' para que, con su fabor y socorro 
y con el de V" Alteza, pueda yo hazer la guerra al Xarife y cobrar 
las tierras que con tirania a ocupado ; de lo quai rredundara mucho 
servicio a Su Mag' y a V" Alteza y seguridad a sus fronteias, e yo 
sere rrestituydo en lo que lie perdido y en lo que mas Dios Todo- 
poderoso fuere servido. 

En este medio tiempo, enbiare a mis hijos, o al uno dellos, e al ^ 
alcaide Xocron ' a Arzila, teniendolo V" Alteza por bien y poniendo 
en guarda de aquella ciudad quatrocientos o quinienlos soldados. 
y el artilleria y municiones nescesarias para su defensa. Y, porque 
el alcaide Xocron' yra a tratar con los Moros de aquella comarca, 
converna que V" Alteza mande al capitan de Tanjar que para este 
efeto le de quarenta o cinquenta de a cavallo que le acompanen, 
en tiempo que sin peligro se pueda hazer. Y bien quisiera yo que 
desde luego mandara V" Alteza poner en aquella ciudad trezienfas 

I. Xocron, Ali ben Chakroun. Sur ce personnage, V. supra, p. 333 et note i. 



LET^TRE d'aBOU HASSOUN A JEAN 111 3/|3 

lanças, para que mis hijos pudieran salir al campo a pelear con los 
enemigos y no estuvieran encerrados, y tanbien por que mis amigos 
se ossaran mejor declarar y me acudieran; pero, visto lo que Don 
Pedro Mazcarenas en este caso dize que la gente de cavallo questava 
en guarda de aquella ciudad es ya salida délia y que, para tornalla 
a traer alli, séria menesler hazer de nuevo otra armada y que el 
Yvierno que viene cerca no daria lugar a ello, quedarse a para 
quando (plaziendo a Dios ïodopoderoso) yo buelba de la jornada 
que voy. 

Y, en este medio tiempo, se avra conoscido la parte que yo tengo 
en aquella tierra, con la quai y con la gente de cavallo que V" 
Alteza me diere, siendo bastante para que mi persona no este 
encerrada, sino que pueda salir al campo y hazer rrostro a mis ene- 
migos, yrc a estar en Arzila. Y tengo por cierto que, estando yo en 
ella, me acudiran muclias gentes, y que Su Mag' avra por bien de 
socorrerme para que yo pueda cumplir lo que tengo diclio. 

A Don Pedro Mazcarefias le a parecido bien este medio, y quiso 
que yo le escribiese a V'^ Alteza, pues el no ténia comision para ace- 
tarlo. Yo pongo de mi parte todo lo que al présente puedo. V" 
Alteza mandara lo que conviene a su servicio, que deste principio, 
aunque pequeiïo, se podria seguir algund grand fin, plaziendo a 
la voluntad de Dios, el quai prospère y enxalce la rreal persona y 
estado de V'" Alteza. 

Hecha en Malaga, a xxx de Agosto de i549 '^'^os. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^7^. — Copie. 



34 A ^1 -^OLT i549 



CXI 



LETTRE D'ABOU HASSOUN A JEAN III 

A bou Hassoûn a écrit hier le résultat de son entretien avec Don Pedro Masca- 
renhas. — Modifications qu'il propose à son plan: il ira d'abord à Arzila 
avec ses fils pour connaître les dispositions des Maures à son égard ; puis 
il se rendra auprès du roi de Portugal pour lui exposer la situation; il 
passera ensuite à la cour d'Espagne et accomplira ce qu'il a dit dans 
sa précédente lettre; le caïd Ben Chakroun ira traiter avec les Maures, 
escorté par les cavaliers que lui donnera le gouverneur de Tanger, pendant 
que les fils d'Abou Hassoûn resteront dans cette dernière ville. 

Malaga, 3i août 10^9. 

Sur la couverture, alia manu: Al rey de Portugal. — iS^C)- — 
Del de Vêlez. 

Mu\ alto \ muY poderoso Scnor. 

Por otra carta mia, di qiienta a Y" Alteza de lo que Don Pedro 
Mazcarenas y yo abiamos platicado sobre mi yda a Arcilla, y dixe 
en ella lo que al présente podria hazer. \, demas de aquello, digo 
que yo yre a Arcila y Uevare a mis liijos, y estare alli los dias que 
me paresciere que conbiene para rreconoscer la voluntad que tienen 
los Moros de aquella frontera, que creo que sera a mi proposito. Y 
de alli yre a ver a ^ " Alteza y a bcsalle las manos y dalle cuenta de 
la voluntad que hallo en los Moros y de todo lo demas que con- 
benga. Y, con licencia de V'^ Alteza, yre a besar las manos a los 
senores reyes de Boemia, y cumplire lo que en la otra mi carta 
tengo dicho. Y, quando el caide de Tanjar diere gente de cavallo 
al alcaide Jocron para que baya a liablar a los Moros de aquella 
comarca, quedaran mis hijos en Tanjar, si el capitan dcUa quisicrc 
rrecibillos. 

De Malaga, a wxi de Agosto de lô/JO- 

Archivo General de Simancas. — Estado. — f-cgftjo /9. — Copie. 



' LETTRE DE MIOUEL DE PEREA 3^5 



CXII 

LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Départ des fils d'Ahoa Hassoùn et de leur escorte sur une caravelle et 
sur le brigantin de Melilla. — Le fjouverneur Francisco de Médina les 
accompagne sur un autre brigantin, laissant pour le remplacer Juan de 
Perea. — Mauvaise qualité des soldats de la garnison, qui a pour cause 
une maison de jeu, et nombreuses désertions d'hommes qui passent aux 
Maures. — Miguel de Perea a Jait rayer des registres les Maures qui 
touchaient une solde; il fera établir le compte des dépenses des fis 
d'Abou Hassoûn. — Deux émissaires du roi de Debdou viennent d arriver, 
porteurs de lettres pour Leurs Altesses et pour Abou Hassoùn; ils 
déclarent que tout le pays se soulève en faveur d'Abou Hassoùn; ils 
partent avec les fils de ce dernier. — Irrégularités constatées par Miguel 
de Perea et par le veedor dans les comptes relatifs à l'entretien des fils 
d'Abou Hassoûn et de leur suite. — Miguel de Perea demande une 
augmentation de solde. 



Melilla, a septembre 15^9- 

Sur la couverture : Melilla. — A Sus Altezas. — i5^9. — De 
Miguel de Perea, dos de Setiembie lô/iy. 

Muy poderosos Senores, 

La carta de V" Alteza de très de Agoslo recebi n he cntendido 
en ella todo lo que V" Alteza dize. Los hijos del Rei con los Moros 
que aquy ay con sus cavallos van en una caravela que truxo cal a 
esta cibdad y en el vergantin de aqui de Melilla. El capitan Fran- 
cisco de Médina va con cllos en coupania en un bcrgantin armado, 



346 2 SEPTEMBRE lÔ^^ 

que me parece, se^un dize, que tiene licencia del duque de Médina 
para yr a visitar su casa. 

Dexa aqui en su lugar por capitan y alcayde a Juan de Perea, un 
honbre muy honrado, aunque no es muy esprimentado en las cosas 
de la guera : para aquy, para Melilla, es persona que enliende muy 
bien la guera de los Moros y como se ha de hazer. 

^ o lie tomado alarde para ver la gente que aquy ay, como lo manda 
V" Alleza, el quai dicho alarde va aquy. \ " Alteza mandara verlo 
en su real Consejo y vera la horden y manera de la gente que aquy 
ay agora al présente, que es la mas ynutil gente de guera que he 
visto jamas en mi vida y menos armada. 

Los sctenta soldados que envio aquy el duque de Médina desde 
San Lucar, que fue de la gente que dispidieron que y van a Portugal, 
era buena gente y vinieron como gente de guera con vandera, pifano 
y atanbor; agora parecen todos unos. ellos y los que de antes avia 
aqui. ^ esto causalo una casa de juego que se consiente aqui, donde 
se juegan las espadas y otras armas y vestidos', y esto se consiente 
porque dan dineros a un alcaide de las puertas desta cibdad. \ 
destos desconciertos, juegos y taurerias y otros semejantes vicios 
y maldades que aqui ay an sido causa que se ayan ydo a tornar 
Moros, despues que yo estoi aqui, dyez o doze, y irse de en dos en 
dos, y entre ellos un escudero y un caporal. 

Los Moros que escrivimos estavan al sueldo hizimoslos borar 
desde el dia que se asenlaron, por que no parezca en los libros del 
situado desta cibdad Moros al sueldo ningunos. Y, lo que ubieren 
gastado los hijos del Rei y ellos, tomalles hemos la quenta Bartolome 
Dorador, tiniente de veedor, y yo, para que V" Alteza mande pro- 
veer sobre ello lo que sea servido". 

Eslando escriviendo esta, Uegaron dos Moros del rei del Dubdo, 
con cartas para V" Alleza y para el rei de Belex ; y el dicho rei del 
Dubdo' escrivio una carta al capitan Franscisco de Médina, encar- 
gandole que con toda diligencia enviase a V" Alteza este despacho \ 



I. On lit en marge : « Que se mande al 3. Moulay Amar. V. supra, p. 2o4, n. 7. 

capitan que no la ava ». 4. On lit en marge : « No ha venido ». 

a. On lit en marge : « Bien». Au sujet de ces lettres, V. infra, p. 35i. 



' LETTRE DE MIGL'KI, DE PERE V 3^1" 

Segun dizen estos Moros que la tierra toda esta levantada por Muli 
Ba Açon, esto deve ser mas promision de Dios por donde este Jarife 
se pieida. Van estos dos Moros con los hijos del l^ei. 

Al tiempo quel veedor de \ " Alteza y yo tomamos las quentas 
a las personas que avian dado mantenimicnlos y otras cosas para lo 
necesario de los hijos del Rei y de los Moros que con ellos vinieron, 
hallamos cierlas parlidas, que no fue licito ni servicio de V'" Alfeza 
ni menos justicia que se pagasensemejan tes cosas '. Elcapitan Fran- 
cisco de Médina se enojo y mando al escrivano que no me dièse fe 
de las quentas que alli pasaron para liazello saber a V" Alteza ; anles 
dixo que lo queria pa^u^ar. \ , si por caso pareciere alguna fe destos 
gastos, V" Alteza entienda que van mas de sesenta ducados de 
fraude y engano ; y, si V" Alteza fuere servido de mandallo alla pagar, 
no vaya sobre mi concencia, que ya doy dello aviso a V" Alteza". 

Suplico a V" Alteza sea servido de mandarme sefialar salaria 
para que pueda estar aqui sirviendo a V" Alteza, por que yo tengo 
muy poco y para poder sostentar dos casas, una en Malaga y olra 
aquy. Suplico a V" Alteza sea servido de hazerme meiced de man- 
darme prover en ello de manera que me pueda sustentar como 
quien yo soi^ 

Sancho d'Escalante, maestro mayor destas obras, suplica a V" 
Alteza lo mesmo, aunque sea a quenla del alcance que \ '" Alteza le 
hizo*. 

j Dios Nucstro Senoi' guarde y prospère por muy largos tiemposlas 
muy poderosas y reaies personas de V"' Altezas, como los vasallos 
y criados de \"' Altezas deseamos ! 

De Melilla, a ii de Setienbre de i^xlix aiios. 

Muv poderosos Seûores, 
Besa los reaies pies y nianos de V" Alteza, 

Signe: Miguel Perea. 

Archiva General de Simancas. — Esloflo. — Lc'jajn 'ù'i — Orii/ma/. 

I. V. infra, Doc. GXXII, p. 378. dar y viene, que brevemento se provecra»'. 
•i. On lit en marge : « Bien ». -'i. On lit en marge: « Que avise de lo 

3. On lit en marge : « Al proveedor, qvic queste sirve y deve y de lo que se deve 

haga saber el salario que le parece se le deve hazer con el » . 



348 l5 SEPTEMBRE 15^9 



CXIII 

LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

Un corsaire turc a capturé, le 2 septembre, près du cap Très Forças, les 
(Jeux brigantins sur lesquels se trouvaient Francisco de Médina et les Jils 
d'Abou Hassoûn ; il ne s'est échappe' que cinq hommes. — Le corsaire 
a mouillé ci Vêlez, où le Cher if, prévenu, a envoyé réclamer les fils cVAbou 
Hassoûn et Francisco de Médina pour en faire justice : mais le capitaine 
turc, agissant en honnête homme, partit de nuit et revint quelques jours 
après aux environs de Melilla pour négocier le rachat de Francisco de 
Médina, du frère de ce dernier et de quatre de leurs serviteurs. — // 
emmène à Alger les fils d'Abou Hassoûn dans V intention d'en faire 
présent à Barherousse ; on espère que celui-ci les renverra à Leurs Altesses 
ou à leur père. — Francisco de Médina se rend à Or an à bord du 
corsaire, dans l'espoir d'y trouver les dix mille écus de sa rançon. — 
Juan et Miguel de Perea ont racheté au corsaire turc dix hommes pour 
cinq cents ducats en espèces ; ils demandent qu'on leur rembourse cette 
somme. — Le 3 septembre, est arrivé à Melilla Moulay Ahmed, cousin 
d'Abou Hassoûn, avec cinq Berbères de la montagne. Ce Moulay Ahmed 
avait été nommé caïd par le Chérif, mais, ayant su le bon accueil qui 
avait été fait à Melilla à Abou Hassoûn, il est parti avec sa femme et 
ses enfants pour le pays du roi de Debdou. — // est porteur de lettres 
de ce roi pour Leurs Altesses et pour Abou Hassoûn; on lui a égale- 
ment confié les autres lettres du roi de Debdou parvenues antérieurement 
à Melilla. — Moulay Ahmed est ce caïd auquel le comte de Tendilla et 
bon Bernardino de Mendoza ont accordé autrefois un sauf-conduit dans 
la vallée des Bottouia : il part pour l'Espagne avec les cinq Chrétiens qui 
se sont échappés, lors de la capture du brigantin de Francisco de Médina. 
— Miguel de Perea écrit au duc de Medina-Sidonia, lui demandant 
d'envoyer au plus tôt à Melilla un brigantin et une frégate, ainsi que le 
comporte son « asiento ». — // demande un traitement qui lui permette 
de tenir son rang ; Sancho d'Escalante présente la même requête. — Le 



LETTRE DE MIGUEL DE PERKA .S/jQ 

duc de Médina- Sidonia a fait enlever tous les reqisires des montres et des 
payes de la garnison . 



Melilla, iD septembre i54y 

Sur la couverture, alla manu: A Sus Altezas. — Del Capitun 
Miguel de Perea, xv de Seliembre lô/jg. 

Mui poderosos Senores. 

Despues descrita la de dos del présente, se partie cl capitan Fran- 
cisco de Médina en un berganlin armado ; y llevo çonsigo, en otro 
vergantin de aqui de Melilla armado, a loshijosdel reiMuli BaAçon, 
con todos los Moros que con ellos estavan, que eran catorzc o 
quinze. Y fueles la ventura tan esquiva, aunque salieron del puerto 
desta cibdad a la oracion', llegando que Uegaron al cavo d'Entre 
folcos, salio a ellos una galeota de veinte y dos bancos y prendio 
ambos vergantines con toda la gente que en ellos y va, salvo cinco 
honbres que se hecharon a nado, de los quales supimos esta nueva 
Y, porque no se supo la ccrtinidad de como el caso avia pasado, 
envio el alcavde" un Moro a Belex a saber del capitan y de los hijos 
del Rei lo que liavia Dios beclio dellos ; y. basta saber la verdad 
del negocio, no dinios luego aviso dello a V" Alteza hasta agora. 

V" Alteza sepa que, como el capitan de la galeola fue dircclo a 
Bêlez con la presa, y. en llegando, fue avisado el Xarifo y envio apcdir 
al capitan Francisco de Médina y a los bijos del rei Muli Ba Açon 
que se losllevasen a Fez, para que queria dellos bazer justicia y de 
los otros Moros que con ellos y van. Y el dicho capitan de la galeota 
fue tan bonrado que a média nocbe se salio de Belex con su navio. 
y vinose a contratar con nosotros a una cala que esta junto a esta 
cibdad, a bonze del présente. Y el quai Moro rcscato al capitan y 
a su bcrmano y a quatro criados suyos en diez mil escudos ; } a los 
dos hijos del rei Muli BaAçon. Muli Naçar y Muli Hamel. llevalos 
consigo y vase la buelta de Argel. con detterminacion de presentar 



I A la oracion, à l'heure de l'Angelus 2. El alcayde. Juan de Perea. \ . supra' 

du soir. p. 3^6. 



35o I«^ SEPTEMBRE l549 

los liijos del rei a Barbaroxa, rei de Argel', y suplicalles que les 
perdone el desacato y atrevimiento" quetuvo a salarir^andar cosario ; 
tienese esperança que, como cl rei de Argel es muv aniigo de Muli 
Ba Açon, que los enviaia a \" Alleza o a su padre. 

El capitaii Francisco de Médina va dereclio a Oran, con esperança 
que alli hallaran los diclios dicz mil escudos para su rescale ; si por 
caso hallare alli recabdo, ^ " Alleza tenga por cierto que alli saldra 
de calivo, el v todos los que mas pudiere sacar de los que se per- 
dieron con el, de Malaga y de aqui, porque es I}ueno, liara toda 
virtud quel pudiere. 

Luego que aqui llego el capitan turco con su navio, contratamos 
con el dicho Turco y sacamos de cativo diez honbres, que costaron 
mas de quinienlos ducados, lodos en dineros, que los Turcos no 
quixeron lienços ni panos. Suplico a V" Alteza sea servido de nos 
mandar liazer merced de alguna limosna para ayuda al rcscate destos 
(liez so'.dados que agora sacamos. ^ . si mas dineros ubiera en esta 
cibdad, mas Cristianos sacaran, porque ha grandes tiempos que 
nunca tan desgracia acaecio que en lermino de en très oras fuesen 
presos de Turcos ; y el bien lue que no murio mas de uno, de un 
alcabuzazo que le dieron por los peclios. El alcayde Juan de Perea 
y }0 y el veedor de \" Alteza cstamos obligados al saneamienlo 
destos dineros que se dieron por estos pobres soldados ; torno a 
suplicar a V" Alteza nos liaga merced en limosna de ayudar con lo 
que V'" Alteza fuere servido para avuda del rescate destos soldados. 

A los très del présente, llego a esta cibdad Muli Hamct*, primo 
licrmano del rei de Belex, con cinco Barbaros desta siéra, de los 
qualcs se tornaron luego los très, y el uno dellos fue el que envia- 
mos a Belex a saber del capitan y de los liijos del rei. y dexo aqui 
su cavallo en prendas ; basta agora no ba buelto. Este Muli Hamct 
esta aqui con olros dos criados suyos. Es un cavallero muy lionrado ; 

I. [iarbaroxa. Ce surnom était celui flo Cf. supra, p. i53 et note 2. 
Klicir ed-Dia, beglierbey ou vice-roi d'Al- 3. Salarir. lapsus pour: snlir. 

gcr, mort le ^ juillet i546 ; il est donné 4- Ahmed ben Abou Zekri. 11 était en 

parextension à son fds Hassan, qui gouverna réalité le fils d'Aboii Zekri mentionné plus 

Ak'ur de i544 à i55i, d'abord comme haut (V. p. 298 et note i) el d'une sœur 

khalifa de son père, puis à partir de ibltCt d'AboulIassoùn. Cf. p. 1G2, PI. IV, Tableau 

avec le litre de beglierbey. géuéalogicpie des princes île la dvnasiie 

J. On était alors en Irève avec le Turc. ouallasside, note lO. 



LETTRE DE MIGUEL DE PEHEA 35 1 

era alcayde del Xarife, y, como supo que V" Alteza avia mandado 
hazer aqui buen recibimiento al rei de Belex v a sus hijos, acordo 
de llevar su mujer y bijos a tierras del rei del Dubdo. Trae cartas 
del dicho rei del Dubdo para V" Alteza y para su primo bermano 
el rey Muli Ba Açon. \ las cartas que lie escrito a V'^ Alteza bavia 
enviado aqui el rei del Dubdo', las guardo de tal manera Muli Naçar 
que se las dio a Muli Hamet, por manera que lleva dos despacbos 
del rei del Dubdo y de otros muclios xeques de Moros \ Alarves 
que ay en lodas estas sieras y llanos basta el reino del Dubdo v de 
Tremecen. Este cavallero Muli Hamet es el alcayde a quien el conde 
de Tendilla y don Bernaldino de Mendoça ' dieron el seguroen bal de 
Botoya '. 

Aqui dexo Don Bernaldino de Mendoça una fusla que tomo en 
el cavo de Entrefolcos, quando aqui Uego. En esta va xMuli Ilamel*, 
con los cinco Cristianos que se cscaparon, que yvan eu el vergantin 
de Malaga en que VAa el capilan Francisco de Mediiia, v mas irente 
que a j^roveido el alcayde Juan de Perea, la que vasla para yr 
desarmada, porque para armarla aquy no ay gentc, porque loda 
la gente remera se a perdido, y porque aqui no ha avido otro navio 
cbico ni grande para poder hazer saber a V" Alteza esta nueva. 

\o escrivo al duque de Médina, para que mande prover luego 
de un bergantin y una fregada, como es obligado por su asiento '; 

1. V. supra, p. 3'|6. BuUuuia liaient frères des Boni Snasson. Cf. 

2. Don Bcrnardinode Mondoza avail fail Ib.n Khai.doÙx, Tradiiclion de Slanc, t. II 

en juillet lô^Q une croisière sur les côtes pp. laS-ia/j. — Il est très probable que ce 

du Rif. \ . supra, p. 3o3 cl note i. nom de Bottouia, disparu aujourdliui, a 

„ r. T n .. • ~ t été souvent cmploYé pour celui de Boccouia 

0. Bolova. Les Bollouia 4j »ia) apparie- » j r 

-■^ • dans les documents espagnols, par suite de la 

naient à la famille sanhadjienne ; ils étaient similitude de consonance. Cf. infra, p. Ci;. 

fiïés dans cette partie du Rif comprise entre q,-, i'q,, ,ro„ve les formes Botoya et Bocoya. 

Badis (Vêlez) et Tafersit, qu'Ilm Kbaldoùn /; Moulay Ahmed ben Abou Zekri ne 

appelle « le massif de Taza ^'JC JU >,. V""'^'^ pas à cette date (i 5 septembre 10^9) ; 

. ■ ■ il ne quitta Melilla que le l3 novembre. V. 

Los Bi)ttouia se divisaient on trois bran- . ,. r, 

mfra. p. 879. 

cbes : les Boccouia <> Ja , près do Badis; 5. Le duc de Medina-Sidonia devait, aux 

termes de cet asiento, fournir .Melilla de 

les Boni Ouriaghel J>^uJJjVî' P""^'^ ^^^' « navios y fustas de remos ». ainsi que de 

Mezemma (Alhucemas) ; et les Oulad lt>ul ce qui était nécessaire pour la garde 

- . et la sécurité de la place. V. supra. Doc. 

Malialli lît.^ iiijl, près de Tafersit. Les WU n 8" 



3")!? iF) SKPTRMBUF, I^^IÇ) 

y, porque creo que sera largo en el proveerlo, suplico a V'* Alteza 
sea servido de escrivillo por alla que lo mande prover brevemente, 
porque nos ynporta mucho y nos va la vida en ello, aunque no 
sea para otra cosa sino para traer lena por la mar por el horno y 
para quemar en casa los que tuvieren que gisar'. 

En otras muchas cartas he suplicado a V" Alteza me haga merced 
de senalarme salario de manera que me pueda sustentar honrada- 
mente, como honbres que han de sustentar una casa en Malaga y 
otra aqui ; y en ello me hara V" Alteza merced. Sancho de Escalante, 
maestro mayor destas obras, suplica a V'' Alteza lo mesmo, aunque 
sea a quenta del alcance que se le liizo por parte de V'^^ Alteza. 

j Dios Nueslro Senor guarde y prospère las muy poderosas y reaies 
personas de \ "' Ailezas por muy llargos tiempos, como los criados 
y vasallos de V" Alteza deseamos ! 

De Melilla. a i5 de Selienbre de io/f9 anos. 

Muy poderosos Senores, 

Besa los reaies pies y manos de Y" Alteza, 

Signé: Miguel Perea. 

Post-scriptiim : Aviso de V" Alteza como el duque de Médina ha 
llevado de aqui todos los registros de los alardes y pagas y gente 
que aqui a residido, sin dexar un ringlon dello a quel veedor de 
V" Alteza pudiese hecliar mano para tomar la razon de la gente que 
aqui ha residido. 

Archiva (ienrrnl de Simanma. — Estado. — Leqajo U7k. — Original. 
I . En marge : « Al Duque. )i 



LETTRE DE BARTOLOME DORADOR 353 



CXIV 

LETTRE DE BARTOLOME DORADOR A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Le 2 septembre, une galiote turque a capturé près du cap Très Forças 
les brigantins à bord desquels se trouvaient les fils d'Abou Hassoûn et 
le gouverneur Francisco de Médina, et les a conduits à Vêlez. — Le 12, 
la galiote turque est venue à Melilla et Dorador est allé à bord. — Fran- 
cisco de Médina lui a appris qu'il avait traité à dix mille ducats pour sa 
rançon, celle de son frère et de deux pages. — Le Cher if avait fait réclamer 
les fils d'Abou Hassoûn, ainsi que Médina, et voulait faire couper la tête 
à ce dernier, si on ne lui remettait pas Melilla. — Le capitaine turc, 
nommé Hidi er-Raïs, a refusé de livrer ses prisonniers et est parti pour 
Oran, afin de voir si Médina pourrait y trouver les dix mille ducats de 
sa rançon. — // a l'intention de remettre au vice-roi d'Alger les fils 
d'Abou Hassoûn. — Moulay Ahmed ben Abou Zekri, neveu du roi de 
\'ele:, qui se rend auprès de Leurs Altesses, est porteur de lettres du roi 
de DebdoLi, par lesquelles celui-ci se place sous la protection de la cour 
d'Espagne ; tous les Maures de Debdou désirent rendre hommage à 
Leurs Altesses et à Abou Hassoûn. 



Mflilla, i5 septembre lô^g. 

Sur la couverture, alla manu : A Sus Altezas. — Del veeJor de 
Melilla, XV de Seltiembre lo^g. 

Muy poderosos Senores, 

Eli dos de Setiembre. partio desta cihdad el capitan Francisco de 
Médina con Muli Naçar y Muli Hamcte, liijos de Mulev Ba Ilaçon, 
rrey de Bêlez, con ofros Moros sus escuderos ; y, esa noche que 
partieron, salio una galeota del cabo de Entrefolcos, que es très 
léguas desta cibdad, y tomo al vergantin donde yvan los hijos del 
De Gastries. a. — 23 



354 iS SEPTEMBRE iB/lQ 

Rrey y sus criado?, y al capitan Francisco de Médina que yva en 
otro ver^antin con un liermano suvo ; y llevaronlos a Yelez de la 
Gomera. Y, a los doze' deste diclio mes. yinieron el capitan de la 
galeola a esta plaça con el capitan Francisco de Médina y su hermano 
y los liijos del Rrey. ^o entre dentro en la galeota y liable al capi- 
tan : y me dixo que yva rrescatado el y su hermano y dos pages en 
diez mill ducados ; y quel Xarife avia enviado por el y por los hijos 
del Rrey con dozientos de a cavallo, y que ténia hecho pleyto ome- 
nage que, si no le davan por el a Melilla, que le avia de cortar la 
cabeça, que no ténia necesidad de dineros. 

Este capitan de la galeota se dize Hidi Arraez ; es el que tomo la 
galera del comendador Benedito sobre los Alfaques de Tortosa". 
Hyzolo bien con los hijos del Rrey y con el capitan Francisco de 
Médina, porque no quiso enlregallos al Jarife por ninguna via. Y 
el mismo dia que aqui llegaron, se parlieron la buelta de Oran, 
para si ay se podran pagar los diez mill ducados en que yva rresca- 
tado, Pregunte al capitan de la galeota donde dexarian a los hijos 
del Rrey ; dixome quel yva la buella de los Gelves^ y que en Argel 
los daria al Rrey. Muli Naçar me dixo que escriviese a Y''' Rreal 
Alleza como estarian en Argel y que Y" Rreal Alleza enbiase por 
ellos, pues son sus vasallos. El capilan llevolos consigo por mcjor 
servira Y'' Alteza; subcediole como Dios fue servido. 

Melilla queda desproveyda de navio y de hombres de la mar, que 
es harta falla para esta plaça. Unas cartas lleva a Y" Rreal Altezaun 
sobrino del rrey de Yelez, que se dize Muli îlamete Bu Zczacari^, el 
quai dize que va a bcsar las manos a Y'" Rreal Alteza ; y el Moro 
que truxo estas cartas dixo de palabra como eran del rrey del Dugudu 
y que por ellas se sometia al amparo de Y'" Rreal Alteza, y que 
todos los cavalleros moros desta tierra dcsean besar las manos de 
Y" Alteza y a Muley Ba Haçon 

De Melilla, y de Setienbre los i5. 

Signé : Bartolomc Dorador 

ArcJlivo General de Simancas. — Eslado. — Lojcijo ^û'4. — Original. 

1. Le onze, d'après la lettre île Miguel 3. G.-lccs, Djerba. 

de Perea. V. supra, p. S^g. 4- Moulay Ahmed bon Abju Zekri. Sur 

2. Puerto de los Alfaques, port à l'eni- ce personnage, V. supra, pp. 35o, note 4, 
bouchurc do TLbre. et 3ji, note '4. 



lettres' de FRANCISCO VERDUCO A TENDILLA 355 



cxv 

LETTRES DE FRANCISCO VERDUGO AL COMTE DE TENDILLA 

Capture (te Francisco de Médina et des fds d'Ahon Ilassoun. 

[Malaga'.] iG tt iS septembre iS/JQ. 

Sur la couverture, aliainanu: Ilalanbra, ibliÇ). — Copia de dos 
carias de Francisco \erdugo para cl conde de Tendilla. 

Copia de un capilulode una carta que Francisco Verdugo escrivio 
al conde de Tendilla, en xvi de Setiembre de lô^g. 

A esta ora llego una carta del capilan de Cepta y olra del corre- 
gidor de Gibraltar ^ Dize Don Alfonso ' que a los xnii° deste embio 
los almogavares a entrar, los quales traxeron très Moros, que dizen 
que avia très dias que vinieron a Tiluan très fusias de Turcos, las 
quales tomaron un vergantin que vcnia de Melilla, y en el los liijos 
del rey de Vêlez de la Cornera, con quarenla Crislianos y una 
muger de un capitan, y que losnavios estavan a lapuntapara cnlrar 
en el rio ; y escrivio al senor Don Bernardino de Mcndoça dandole 
este aviso. 

Copia de olra caria que el dicho Francisco Verdugo escrivio al 
conde de Tendilla en xvni" de Setiembre lô^iQ. 

Muy illustrissimo Senor, 
Despues de escrita la que va con esta, llcgo aqui una fusla que 

I. Francisco ^'crJugo tlait provecdor do est celle de la ri'sideiicc du comte do Tcn- 

Malaga et toutes ses lettres antérieures sont ditla, qui transmit la présente lettre, 

datées de cette ville. V. supra, pp. 1)3, 2. Luis de Hueda. 

l4o, iS^et 174, etc. La mention Halanbra 3. D. Affonso de Xoronha, gouverneur 

qui figure sur la couverture du document do Ceuta. 



356 i8 SEPTEMBRE lô/ig 

el senor Don Bernaldino de Mendoça dexo en Melilla ; y. por lo que 
dizen los que vienen en ella y por lo que escriven de Melilla. paresce 
que el capilan Francisco de Médina y Don Hernando, su hermano, 
e los dos hijos del Rey partieron de Melilla a los très del présente ' 
en anocheciendo, en el vergantin de Melilla e en otro que avia ydo 
de aqui armado para traer a Francisco de Médina. A aquel mesmo 
dia sobre tarde, avia llegado una galeota de Turcos al cabo de Entre- 
folcos y salidoles al camino, por que Botello les hizo tomar aquel 
mareaje", e tomo aanibos vergantines con toda la gente, ecebto cinco 
remeros que se echaron a nado. 

La galeota llevo los vergantines a Vêlez de la Gomera. El Xarife 
fue luego avisado y escrivio a sus alcaides que le embiasen luego a 
los hijos del Rey y al capitan Francisco de Médina y a su hermano, 
para cortarles las cabeças, si no le davan a Melilla. Francisco de 
Médina y los hijos del Rey fueron avisados desto por los Moros de 
la tierra, la quai esta toda por el rey de ^ elez ; y el dicho Francisco 
de Médina hizo su rescale con el Turco por si y por Don Hernando, 
su hermano, e por cinco criados suyos ; prometio de dar diez mil 
escudos. 

El Turco entreluvo a los alcaides en palabras y dioles treze Moros ; 
y, venida la noche, pico el cabo e vinose a Mohlla a los xn desle. 
\. echa su alafia, tralo del rescate y, como alli no uvo possibilidad 
de dineros ni ropa, rrescato diez soldados de Melilla en quatrocien- 
los y cinquenta ducados que le pagaro:i en ropa. Y de alli tomo 
la buelta de Oran, porque Francisco de Médina le dixo que el 
conde de Alcaudete pagaria alli su rescate. Muley Nazar, el hijo 
mayor del Rey, Ueva esperança que el Turco los dexara en Arjel. 

Siendo esta nueva verdad, paresce que la nueva que vino de 
Tituan era por oidas y no de vista. 

N. S. &c\ 



I 



Archiva General de Simancas. — Estado. — Lcgajo 80. — Copie 

I Lo 2, d'aprosDorador. \ . supm.p. 353. erroiir de sa pari que les deii\ navire 

2. Ce BolcUo était le patron du brigan- firent capturer par la galiotc corsaire 

tin de Melilla et ce fut par suite d'une infra, p. 358 et note ^. 



LETTRE DE CRISTOBAL DE ABREO A MEDINA-SIDONIA 357 



CXVI 

LETTRE DE CRISTOBAL DE ABREO AU DUC 
DE MEDLNA-SIDONIA' 



Arrivée à Malaga d'une faste montée par cinq hommes. — Ceux-ci 
ont fait le récit de la capture par un corsaire turc des deux hrifjantins 
qui portaient Francisco de Médina et les fils cVAbou Hassoûn. — Huit ou 
dix hommes ont réussi à s'échapper à la nage. — Le Turc s'est rendu 
avec ses prises à Vêlez et en a avisé le Cher if. — Celui-ci a ordonné qu'on 
lui remit les fis d'Abou Hassoûn pour être mis à mort; il a réclamé 
également Francisco de Médina et son frère, au.rquels il voulait faire 
subir le même sort, si on ne lui remettait pas Mclilla. — Le Turc, 
craignant d'être dépouillé de ses prises et ne voulant pas exposer ses 
prisonniers à la cruauté du Cher if, a remis douze Maures et un captif 
chrétien au caïd du Pehon et à celui de Vêlez pour se les rendre favorables , 
puis il s'est enfui. — Il est allé à Melilla où il a négocié la rançon de quel- 
ques Chrétiens. — Le capitaine Francisco de Médina avait convenu de 
dix mille ducals pour sa rançon, celle de son frère et de deux serviteurs : 
cette somme n'ayant pu être trouvée à Melilla, il a promis qu'elle serait 
payée à Oran ; en cas contraire, le corsaire doit le mener à l'île de Djerba, 
son port d'attache. — Le corsaire a quitté Melilla le i3 septembre et on 
est depuis sans nouvelles. — Arrivée à Melilla sur ces entrefaites d'un 
neveu d'Abou Hassoûn, homme estimable et dont ce prince fait grand 
cas. — Ce Maure est allé à bord de la galiote turque et a remercié le 
corsaire de ne pas avoir livré ses cousins au Chérif; il les lui a recom- 
mandés. — Le corsaire a l'intention de les remettre au pacha d'Alger, 
afin d'obtenir son pardon, car il s'est mis en faute en parlant en course 
malgré la trêve. — Cristohal de Abreo demande an duc de .Mcdina-Sido- 
nia d'envoyer à Melilla une frégate et un brigantin. 



I. Le rlnc de Medina-Sidonia, bien que p^t certainement le destinataire de cette 
son nom ne figure pas dans le document. lettre. V. infra. p. 3(io, note 3. 



358 l8 SEPTEMBRE 15^9 



[Malaga, i8 septembre lô^g- '] 

Sar la couverture, alla manu : ïreslado de la carta del capitan 
Cristoval de Abreo. 

Muy excelente Seûor, 

Teniendo va este correo la otra caiia mia' que va con esta para 
parlirse, Uego a esta ciudad^ una fusta que esta va en Melilla, que 
las paieras avian alli dexado amarrada en el puerto, y en ella cinco 
honbres que la trayan ; y, aunque no tiuxeron cartas para V. S. 
ni para mi. por que se salieron del puerto apriesa con un levante 
que se melia, de manera que de tierra no les pudieron dar les des- 
pachos, ellos de palabra, y como honbres que todos se liallaron en 
aquella desgracia, la cuentan desla manera: 

A los dos dcste mes, cl capitan Francisco de Médina y Don Her- 
nando. su liermano, se cnbarcaron en Melilla en un vergantin que 
de aqui fue fletado por el, y en el olro vergantin de Melilla se cnbar- 
caron los dos liijos del rey de ^ elez con doze Moros sus criados ; 
partieron en anocheciendo. Llegados al cabo en derecho de una cala 
que se dize de las Yifms, dos léguas de Melilla, vieron una galeola 
que venia la buella dellos. El patron del vergantin del capitan, que 
venia adelante, dixo que era carabo, y otro Botello\ que alli venia, 
lionbre liarto de mal seso ; y esperaron a reconocerlo. La galeota 
vinose a ellos, y, porquel vergantin donde venia el capitan se les 

1. Sur la restitution de la date, V. ci- Abreo (le présent document) racontant les 
apr<"s note 2. mêmes faits que la seconde lettre de Ver- 

2. Cette prcmiîre lettre de Crislobal de dugo (\ . ibidem, pp. 355-356). doit comme 
Abreo transmettait au duc de Mcdina-Sido- cette dernière être datée du i8 septembre. 
nia des nouvelles venues de Ceuta et poste- 3. C'était à Malaga qu'avait aborde la 
rieurcment reconnues inexactes (V. infra, fuste venant de Melilla. V. supra. Doc. 
p. 3t')o); elle devait être datée du lO scplem- GW, pp. 355-356. 

bre, comme celle dans laquelle Vcrdugo rap- ff. Y olro Bolello, et Bolollo prétendit 

portail au comte de Fendilla des nou>clles que ce n'était pas un carabo (sorte de navire 

de même provenance (V. supra. Doc. C\V, corsaire), mais un navire d'un au'.rc modèle. 

p. 355). La seconde lettre de Crislobal de V. supra, p. 356, note i. 



LETTRE DE CRISTOBAL DE ABREO A MEDINA-SIDONIA So^ 

salio por un lado, llego al olro donde venian los hijos del Rey y 
tomolo luego, y desocupose del presto y dio Iras el otro con tal 
priesa que luego lo alcanço y lomo ; de los quales se escaparon ocho 
G diez honbres a nado, que vinieron a tierra. 

La galeota bolvio con la presa a Vêlez de la Cornera, y el Turco, 
capitan délia, dio aviso cou un Turco suyo al Xerife questa en Fez. 
Vino la respuesta del Xerife en siete dias, mandando quel Turco 
dièse luego los liijos del Rey e que los degollasen ally, y que al 
capitan y a su liermano se los llevasen, porque, sino les diesen a 
Melilla, les haria lo mesmo. El Turco fue avisado desto de unos 
amigos del rey de Vêlez; y, viendo que le querian quitar la caval- 
gada y persuadido dellos que no los entregase a tan gran crueldad. 
temiendo que arremeterian a el o del Pefionle tirarian, corto presto 
el cavo y apriesa saliose del puerto huyendo. Avia primero dado 
en tierra los doze Moros criados y un cativo cristiano al alcaide 
del Penon. por tenerlos contentes a el y al alcaide de la tierra. los 
quales doze Moros metieron en una mazmorra, y asi se quedaron 
en Vêlez. 

Hecho esto, vinose a Melilla el Turco y alço vandera de alafia 
y Irato que le rescalasen algunos de los Crislianos ; resgataronse 
algunos que pudieron pagar. Para yr a Melilla y hazcr lo que liizo. 
dixo al capitan que se resgatase, el quai se resgato el y su hermano 
y dos criados suyos en diez mill ducados. Visto que no los davan 
poi' el en Melilla ni los avia, prometioles de tocar en Oran. y. si alli 
oviesequien los pagase, que los dcxaria ally, y, no avicndo recaudo. 
que los llevara a su estancia. que es en los Gelves. Partie de Melilla 
a los treze del présente : no sabemos mas lo que ha hecho ni donde 
fue ; podria ser que. an les que llegase a su casa, tope en la mar 
quien lo desvalije. 

Olro dia despues que acontecio esta perdida', llego a Melilla un 
cavallero, honrrado lionbrc, sobrino del rey de Vêlez, que vino en 
su seguimienlo. que yo conozco", y qucda agora alli^, y es houbrc 
a quien el rey de Vêlez liene y precia mas que a sus hijos, y con 

I. C'était le 3 septembre, les deux bri- p. 6i, noie i. 
gantins ayant été capturés le 2 septembre. 3. Alimed bon Abou Zckri. Sur ce per- 

3. Cristobal de Abreo avait été prccé- soniiage, V. supra, p. 35o, note ^, p. 35i, 

dcmmcnt gouverneur de Melilla. V. supra. note /(, cl inj'ra, p. 37g. 



36o '^ SEPTEMBRE 15^9 

razon. por que es otra cosa que ellos. Este entro en la galeota y 
hablo al Turco. agradeciendole no aver entregado sus primos al 
Xarife v se los encomendo. Ellos van sueltos y bien tratados : dizen 
quel Turco piensa darlos al rey de Argel, y por ellos acabar que le 
perdone por aver andado de corço contra la tregua ' ; y aun podria 
ser que tan bien se hiziese por aqui algo que bien estuviese al 
capitan. 

Esto es lo que pasa ; y la nueva que vino por Ceuta era por oydas ", 
como creo que yo escrevia en la otra a V. S. 

Digo, Sefior, que en Melilla no queda navio de remos con que 
hazer mensajero. si huviere para que. \o tengo aqui la fragata del 
capitan, que hize traer de Almeria como V. S. mando ; pareceme 
que séria bien enbiarla luego, armada de génie, para que este la 
gente alla al sueldo, y el navio lo varen en tierra. A . pues se perdio 
el arraez, es menester buscar aquy arraez ; y, para socorrer a el y a 
la gente, son menester dineros. V. S. mande a su ihesorero que los 
enbie luego. Demas de la fregadilla. es menester que se conpre un 
vergantin nuevo y que se arme gente y un arraez. Ansi mismo mande 
V. S. que se enbien dineros para esto, todo muy cunplido. porque 
ansi conviene al servicio de \ . S \ 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 70. — Copie. 

I. Sur cette tràvc, V. supra, p. i53, 3. Tout ce passage établit que la présente 

note 2. lettre était adressée au duc de Medina- 

3. A rapprocher de ce que dit Francisco Sidonia, puisque nous savons que celui-ci 

^ crdugo au sujet des premières nouvelles possédait Melilla, en ficf de la Couronne, 

qu'il a transmises au comte de Tendilla. à charge d'y entretenir les navires néces- 

V. supra, p. 356. saircs. \ .supra. Doc. X^ If, p. ^7. 



LETTRE DU COMTE DE TENDILLA A LEDESMA 36 1 



CXVII 

LETTRE DU COMTE DE TENDILLA A LEDESMA 

// lai transmet les renseifjnements que lui a adressés Verdugo dans sa lettre 
du 25 septembre. — D. Pedro Mascarenhas est arrivé ce jour-là à Malaija 
et a déclaré à Abou Hassoûn que le roi de Portugal consent à lui remettre 
Arzila avec l'artillerie nécessaire, cinq cents soldats de garnison et soixante 
lances; il y aura deux mille lances à Tanger. — Quant à Abou Hassoûn, 
il enverra ses fils à Arzila et il ira de sa personne à la cour d'Espaqne, 
où il sollicitera l'envoi de mille lances à Arzila. — Abou Hassoûn a 
accepté. 

Alliambra. 28 septembre i5/ig. 

Sur la couverture, alla manu : Halaiibra, loln^. — Del conde de 
Tendilla, xxviii de Septiembre lô/jQ. 

Adresse: Al muy magnifico sefior, cl sefior Francisco de Ledesma. 
secretario de Su Mag'' 6cc'. 

Muy magnifico Senor, 

Teniendo despachado este, me dieron una carta de Francisco 
\ crdugo de xxv del presenle, en que venia un capitulo del tenor 
siguiente : 

Oy es venidoaqui Don Pedro Mascarenas por tierra, con creencia 
del senor rey de Portugal, por la quai le' dixo muy bucnas palabras 
y muchos ofrescimientos, onrrando y estimando mucbo su persona. 
Y dize que es contento de dalle a Arzilla. y cl arlillcria y municiones 
que fueren menester para su defensa, y quinientos soldados de 
guarda y sesenta lanças; y que terna en Tanjar dos mil lanças; y 

I. Le, Abou Ha^^soùn, rjui n'a pas encore été nommé dans la lettre. 



362 28 SEPTEMBRE l5^9 

que, por que este es poco caudal para meterse alli su persona, que 
embie sus hijos y criados, y que el se vaya a dar quenta de sus 
négocies a los sefiores reyes de Bohemia y les pida que yntercedan 
con Su Mag'' para que, si el Xarife le viniere a cercar, le mande 
socorrer ; y tambien les pida que, para el verano venidero, le den 
mil lanças puestas en Arzila. para que. con ellas y con las dos mill 
que terna en Tanjar y con los Moros que acudieren al rey de Vêlez, 
se comience a hazer guerra al Xarife. El Rey acepto lo que el por 
su parte puede cumplir, y, en quanto a lo que Su Mag'' a de hazcr, 
que yra a suplicarselo. 

V. md. mandara avisar de lo que passa a Sus Altezas, si Fiancisco 
\erdugo no se lo a escrilo. 

j ÎNuestro Senor la muy magnifica persona de \. md. guarde y 
acrescientc ! 

Del Alliambra, a xwni" de Setiembre io!\(). 

A serAicio de V. md. 

Signé : El conde de Tendilla. 

Anhivo General de Siinancas. — Estado. — Legajo 80. — Original. 



LETTRE DABOU IIASSOUN 363 



CXVIII 

LETTRE D'ABOU HASSOLIN A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

// a reçu de Leurs Altesses i autorisation de se rendre à la cour d'Espagne 
et il serait parti immédiatement sans son dénûment. — Il a écrit à Don 
Pedro Mascarenhas pour demander qu'Arzila lui fût remis. — Celui-ci 
s'est rendu à Malaya, sur l'ordre du roi de Portugal, et y est arrivé le 3o 
août, mais n'ayant pas de pouvoir pour conclure l'affaire, il s'est borné à 
transmettre à son souverain deux lettres d'Abou Hassoûn relatives à ta ces- 
sion d'Arzila. — Le roi de Portugal a renvoyé Don Pedro Mascarenhas 
à Malaga, oii ce dernier est arrivé le 20 septembre. — Ln accord a été 
conclu et Abou Hassoûn en adresse une copie. — Abou Hassoûn s'était 
offert à (dler 'immédiatement à Arzila, mais le roi de Portugal préfère 
qu'il aille d'abord à la cour d'Espagne. — // prie Leurs Altesses de lui 
en fournir les moyens avant la saison des pluies, car son désir est d'aller 
le plus tôt possible à Arzila et de commencer la guerre contre le ChériJ. 
— lia reru récemment des lettres du roi de Debdou et de chefs influents 
qui assurent qu'ils se déclareront pour lui, s'il est aidé des Chrétiens. — 
Capture des fils d'Abou Hassoûn par une qaliote turque. — Arrivée à 
Melilla de son parent Moulay Ahmed ben Abou Zchri. — D'es que ce 
dernier sera venu à Malaga, Abou Hassoûn l'enverra à Arzila avec le 
caïd Ali ben Chakroun. — Il prie Leurs Altesses de faciliter leur voyage 
jusqu'à Puerto de Santa-Maria, d'oii Don Pedro Mascarenhas les dirigera 
sur leur destination. 



Malaga, 2 octobre iS^g. 

Sur la couverture, alia manu: En Oran'. — A Sus Altezas. 
15^9- — Del rey de Vclez, dos de Olubrc lolg. 

I. Sur cet'e mention erronée, V. supra, p. 333, noie 1. 



364 ^ OCTOBRE 15^9 

Muy altos y muy poderosos Senores. 

Resccvi la carta de V"' Altezas y la merced que con ella me 
hizieron, que fue muy grande en darme licencia que fuese a besarles 
las manos ; y luego me huviera partido si tuviera posibilidad para 
ello, pero yo llegue a esta ciudad tan desproveydo de todas las cosas 
como si hubiera pasado a nado, porque la priesa con que sali de 
mi tierra no dio lugar a otra cosa. 

Y no he dado quenta desto a V"' Altezas, ni de la tardança de mi 
paitida, hasta ver en que parava un negocio que lie tralado con el 
senor rrev de Portugal, sobre que no se desanparase Arzilla y que 
yo me yria a meter en ella. Y, porque yo huve escrito sobre esto a 
bon Pedro Mazcarenas y el comunico mi carta con el senor Rrey, 
Su Alleza le mando que me viniese a ablar. y llego aqui a los treynta 
de Af^osto. Y. porque cl dicbo Don Pedro Mazcarenas no traya 
poder ni comision del senor Rrey para poder concluyr este negocio, 
enbio a Su Alteza dos cartas mias', cuyo traslado enbio con esta, 
por las quales me ofresci de yrme luego a meter en Arzilla, con 
tanto que cl senor Rrey me dièse alguna jente de cavallo para que, 
si los del Xarife viniesen a correr a Arzilla, yo pudiese salir al canpo ; 
porque, silos Moros mis amigos me viesen solo y encerrado, no me 
acudirian ni osarian venirse a encerrar conmigo. 

El senor Rrey me rrespondio a eslo palabras de muclio agrades- 
cimiento, y torno a enbiar aqui a Don Pedro Mazcarenas a los 
veynle e cinco de Seliembre, con una carta de creencia e comision 
para tomar asiento sobre mi yda a Arzilla. Y lo que se capitulo" 
veran V"' Altezas por la copia del asiento que va con esta ; y, como 
quiera que yo me avia ofrescido por mis cartas de yr primero a 
Arzilla, la voluntad del senor rrey de Portugal es que vaya primero 
a besar las manos de Y"^ Altezas y a darles quenta de todo, y asi 
quedo asentado. 

Y por que, como lengo dicbo, yo no tcngo posibilidad para salir 

1. Ces deux Icllres à Jean III sont en Les conditions furent, à peu de chose près, 
date des 3o et 3i août iSig. \. supra. Doc. celles qu'avait proposées \bou Hassoùn. V. 
ex et CXI, pp. 34 1 et 3V.. snpra. Doc. CX, p. 3/, i . Don Pedro Masca- 

2. L'accord fui signe le 37 septembre rcnhas se rendit ensuite à Puerto de 
i549 par Abou Hassoùn et Don Pedro Sanla-Maria, d'où il repartit pour Lisbonne 
Mascarcnhas(.\Ni.KADA,Part. IV,cap.5i.) le 3 octobre (Andrad.^, ibidem). 



LETTRE d'aBOU HASSOUN 365 

de aqui, suplico a V'^' Altezas lo manden proveer como fueren 
servidos antes que entre el tiempo de las agoas, porque vo querria 
con la mayor brevedad que pudiese meterme en Arzilla, para que a 
la primavera començase desde alli a hazer la guerra al Xarife. con 
el favor e socorro de Su Mag' e del senor rrey de Portugal, e con 
mis amigos, que me estan esperando. 

Gartas tengo frescas del rrey del Dugudu y de algunos xeques 
principales, que me estan esperando. Dizen que, como vean favor 
de Gristianos, luego seran conmigo. 

Mis liijos se embarcaron en Melilla con el capitan Francisco de 
Médina y Don Hernando, su liermano, en dos vergantlnes ; y, por 
venir desarmados y desapercebidos, los tomo una galeota de Turcos ; 
e, aunque lie sentitlo su prision como padre y me haran alguna 
falla en esla jornada, pero en su lugar es venido a Melilla mi primo 
Muley Amete Vu Zacari, que es un cavallero muy preciado entre los 
Moros y muy esprimentado y venturoso en la guerra. El quai, venido 
aqui, yra a Arzilla y el alcaide Ali Xocron y algunos Moros de los 
que aqui tengo, donde me espcraran hasta que yo vaya. Y porque 
Don Pedro Mazcarefias no quicre embaraçarse en su yda ni encar- 
garse de hazellos llevar hasta que esten en Arzilla, suplico a V"' 
Altezas manden que aqui se les de rrecaudo para pasar en Arzilla, 
que el camino es corto ; y Don Pedro dize que, Uegados al Puerto 
de Santa Maria, si huvicre alli alguna caravela de armada, se la 
dara para que los llcve desde alli, seyendole pedida por mi parle o 
de la del proveedor Francisco Verdugo, si yo aqui no estuviere. 
Suplico a V"' Altezas que manden proveer en lo uno y on lo otro 
como fueren servidos. 

l Dios Todopoderoso ensalce las rreales personas e estado de V" 
Altezas ensalce ! 

De Malaga, a n de Otubre de i5/i9- 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Lec/ajo 'i7U. — Orhjlnal 
L. Sur ces lettres Ju roi de Debdou, V. supra, pp. 3^0 el 35 1. 




3(36 3i ocTOBKE i5^9 



CXIX 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Le comle d'Alcaudete a racheté Francisco de Medïna et les fils cVAboii 
Hassoûn ; le manque de ressources avait empêché -de le faire à Melilla. — 
C'est à peine si on a pu racheter dix des Chrétiens capturés avec eux; 
appel à la libéralité de Leurs Altesses en leur faveur. — Le duc de Medina- 
Sidonia a chargé Miguel de Perea de remplir par intérim les fonctions de 
gouverneur de Melilla pendant la captivité de Francisco de Médina. — 
Ahmed ben Abou Zekri va partir ^ur une caravelle envoyée par le duc 
de Medina-Sidonm. — Les travaux de fortification avancent rapidement. 
— Les proveedores de Malaga ont écrit que les dépenses d'entretien des 
Maures venus pour rejoindre Abou Ilassoûn ne doivent pas être payées 
sur les crédits des travaux. — Perça demande qu'on règle la question et 
qu'on envoie de nouveaux fonds . 

Melilla, 1 octobre lôVj- 

Sur la couvcrUirc, alia manu : Melilla. — A Sus Altezas. — i 0^19. 
— Del capilaii Myguel de Perça, postrero de Ottubre 5^19. — 

Respondida. 

Adresse: A los muy poderosos seûores rcycs de Bohemia. prin- 
cipes Magimiliano, mis senores, en \alladoIid. 

Muy poderosos Senores, 

Los dlas pasados, hlze saber a V"^ Allezas la desgracia que avia 
acaecido al capllan Francisco de Medlna y a los hijos del rei MuU 
Ba Açon. j Ya bendllo Nuestro Senor que lo remedio y el conde de 
Alcaudele, como buen cavallero ! Y, si aqul no se liizo, lue porque 
ay tan poca posibilidad que las fuerzas de lodos los que aqui residen 
no baslaron a mas de sacar diez Crislianos, de los que cativaron con 



'LETTRE DE MIGUEL DE PEREA 36" 

los hijos del Rei y con el capitan : en lo quai torno a suplicar a V'^ 
Alteza les mande hazer algana limosna, porque son todos mui 
pobres y dellos con liljos y muger. 

Como el duque de Médina supo que era preso su lugartiniente. 
enbio aqui una provision para que yo' tubiese esta cibdad en su 
nonbre hasta quel entrelanto que Su Seùorla proveyese lo que fuese 
servido ; y yo, visto que eu n plia al servicio de Dios y de V'^ Alteza 
y al buen recabdo desta cibdad, acete su provision hasta tanto que 
V" Alteza o el Duque enbien a mandar otra cosa^ 

Despues que vino Muli Hamet, no a venido ^loro a esta cibdad, si 
no an sido algunos ladrones que nos an traydo avisos, aunquealgunos 
nos an salido al contrario, porque son ellos en si tanlibianos que pocas 
vezes dizen verdad. Muli Hamet yra agora en una caravela bien arma- 
da \ que enbio aqui el duque de Médina con mucha provision. 

Las obras ban de buena manera, porque no paramos fiestas ni 
Difuntos, que no se Irabajan todo lo posible. 

Los provedores de Malaga me ban escrito que el gasto que se ha 
beclio con los Moros que aqui en venido en busca del rei Muli 
Bacon que no se deven pagar de dineros de obras, sino de otros ; 
suplico a \ " Alteza sea servido de enbiar a mandar que se paguen 
dellos. y asi mismo de provcer mas dineros para las dichas obras. 
porque, segun dizen los provedores, ay ya pocos de los cinco mil 
ducados que V" Alteza proveyo ; o de mandar dineros de alla con 
que se paguen, porque aqui no ay otros de que se pucdan pagar 
estos diclios mantenimientos y gastos que ban liecho'. 

De Melilla, a postrcro de Otubrc de iSV) aûos. 

Signé : Miguel Peiea. 

Archivo General de Simancas. — Eslado. — Lecjajo h7U. — Original. 

1. Francisco de Mcdiiia, en partant, avait 3. C'est Abou Ilassoiinqtiiavaitdcmandé 
laissé à sa place comme gouverneur et alcado avi duc de McJina-Sidonla d'envoyer une 
Juan de Perça. V. supra. Doc. CXII, p. caravelle à Melilla pour ramener son parent 
346. On voit que ce clioix no fut pas Ahmed ben .Vbou Z .kri. \ . infra. Doc. 
ratifié par le duc de Medina-Sidonia, qui C\X, p. 308. 

chargea Miguel de Perça de l'intérim. 4- On bt en marge: u Enbiesc rclacion 

2. On lit en marge : « Todo bien ». de lo que se ha gastado ». 



Qgg 3 NOVEMBRE l549 

cxx 

LETTRE DE VERDUGO A LEDESMA 

Abou Hassoûn a quitté Malacja, des le retour de rémissaire qu'il avait 
envoyé au duc de Medina-Sidonia. — Mesures prises par T erdugo pour 
faciliter son voyage. - Les efforts cjuon a faits pour le retenir n'ont 
'cibouti quà précipiter son départ : il napas voulu attendre le retour du 
brigantin envoyé à Melilla pour y prendre son parent Ahmed ben Abou 
Zekri. — Le Chérif aurait été malade: des gens ayant fait courir le 
bruit de sa mort, il aurait ordonné de leur couper la tète. — Miguel 
de Perea réclame un traitement convenable peur soutenir sa charge. 



Malaga, 3 novembre lôAg- 

Sur la couverture, alla manu : Malaga. — ib\c,. — La informa- 

,n de las de Portugal. — El salario del capilaii Perea. 

Adresse : Al muy magnifico scùor, el seùor Francisco de Ledesma, 
secrelario de Su Mag' e de su Consejo. 



cio 



Muy magnifico Seùor, 
No se ofrece cosa de nuevo que escrevir a V. md. sino la parlida 
del rey de Vêlez de la (îoniera, que fue tan supila como pudicra ser 
de un soldado, porque a la ora que Uego hun Moro suyo que havia 
cnbiado a pcdir al duque de Médina hun vergantin para traer de 
Melilla a su primo, y le Iraxo recaudo del vergantin y dozientos 
ducados que le enbio el Duque, liizo cortar alguna ropa para el 
camvno, y partiose ayer con seys Moros de cavallo y quatro a pie, 
y Diego Vinel por lengua. Pareciome que no era bien dexarle lur 
solo N^'enbie con el a D^ego Çapala, que le aposentase, y a Rodrigo 
Vallejo, que le aconpaniase. El senor obispo le dio huna azemila. 
yo le di la cama ) otros adereços de camyno. 



I^TTRE DE VERDUGO A LEDESMA .SHc) 

Aca se pupo tanta dilip^encia en estorvarle esta jornada que le 
puso mavor sospecha y le hizo darse mas priesa, porque presupuso 
que lo haziamos para detenerle hasta que el senor rey de Bohemia 
fuese partido de Cigales' ; y el tieneentendido que, dandose priesa, 
le podra alcançar antes que se parla, porque ansi se lo han serli- 
ficado algunos con quien comunyca. ^o estoy corrido de la poca 
parte que he sido con el, porque no le pedia que esperase mas de 
hasta que el vergantin bolvyese de Melilla y traxese su primo v lo 
enbiase de aqui a Arzila, porque en este medyo tienpo terniamos 
respuesta de lo que aviamos escrito a Su Altcza con el correo que 
despachamos a los xxii de Otubre. 

De aca no ay cosa nueva, porque los puertos de Verberia eslan 
cerrados ; dyzen que el Xarife estuvo malo y que algunos dixeron 
que era muerto : y que, quando sano y lo supo. les mando cortar 
las cabeças. 

; Nuestro Sonor la muy magnifica persona de V. md. prospère ! 

De Malaga. y de Noviembro a très. 

A servycio de V. md., 
Signé: Francisco Verdugo. 

Post-scriplum. — Elcapitan Perea me scryveque, pues es capitan 
gênerai de Melilla. que le senale buen salario. pues lo lia meneslcr 
para la autoi ydad de aquel cargo. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Oriqinal. 

I. Bourg lio la province de \alI<Tdolid, à i.") kilom'"trPS O.-S.-O. d<' Valoria la Bucna . 



De Castries. • X. — 2^ 



3^0 3 NOVEMBRE lÔ^Q 



CXXT 

LETTRE DE VERDUGO ET DE CAÇALLA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D^AUTRICHE 

(Extrait) 

Abou Hassoûn avait l'intention de se rendre auprès de Leurs Altesses, dès 
que son cousin Ahmed ben Abou Zekri serait arrivé. — Le duc de 
Medina-Sidonia ayant envoyé à Melilla le 3o octobre un brigantin pour 
ramener celui-ci, Abou Hassoûn a décidé de partir immédiatement. Bien 
n'a pu l'en détourner. — // s'est mis en route le 2 novembre, avec six 
Maures à cheval et quatre à pied ; tous les gentilhommes de la ville lui ont 
fait cortège à son départ. — Le caid Ali ben Chakroun et les autres 
Maures sont partis le même jour pour Puerto de Santa-Maria, d'où l'agent 
du roi de Portugal les fera passer à Arzila. — Ahmed ben Abou Zekri les 
rejoindra, ainsi que les fis d'Abou Hassoûn. — Pas de nouvelles du 
Maroc, par suite de la J'ermeture des ports. — On dit que les Maures sont 
très irrités contre le Chérifet qu'ils se soulèveront , s'ils se sentent appuyés 
par les Chrétiens. — Les Turcs voudraient s'entendre avec les Maures pour 
occuper le Pehon et conquérir tout le pays. 



Malaga, 3 novembre id^q. 

Sur la couverture, alla manu : Malaga. — A Sus Altezas. — iôAq- 
— De los proveedores de Malaga, m de Noviembre iblig. 

Adresse: A los muy altos y muy poderosos senores, los rreyes 
de Boemia, governadores deslos rreynos. 

Muy altos y muy poderosos Senores, 

Por nuestra carta de veyntc y dos de Otubre, dimos quenta a 
\ " Alteza de lo que aviamos pasado con el rrey de Vêlez de la Gomera 



LETTRE DE VERDLOO ET DB CAÇALLA 3"! 

) la determinacion que ténia de parlirse para yr a besar las manos 
de Su Mag' y V" Alteza, en viniendo de Melilla su primo Muley 
Amele Bu Zacari. y que ninguna cosa de las que le a^iamos dicho 
abasto para quitarle deste proposito. 

Lo que despues a subcedido es que, a los xxx de Otubre, vino 
un Moro criado suyo, que avia enbiado al duque de Médina apedirle 
un verganlin armado para que traxiese de Melilla a su primo ; y, 
como le traxo buen rrecaudo de lo que pedia, delermino de parlirse 
luego otro dia, y rrogonos que le diesemos una guia. Diximosle lo 
que antes le aviamos dicho para estorbarle su partida, y, visto que 
no aprovecliava, pedimosle que, pues el correo que aviamos despa- 
cliado avia parlido a los xxn de Otubre, que espcrase siquiera a que 
se cunplicsen quinze dias, que liera el termino en que el dicho correo 
podria avcr Uegado a esa Corte y ser despachado y bolver aqui. 
Rrespondionos que el tiempo liera bucno para caminar y que ténia 
por cierto que. dandose prisa en el camino, hallaria a \" Alteza 
en Valladolid, y que no queria agoardar a que entrascn las agoas 
ni a otros enbaraços que estorbasen su camino. \ con esto se parlio 
ayer sabado por la manana. 

Salieron con el todos los cavalleros y jente onrrada desta ciudad. 
porque le es todo el pueblo aficionado ; y enbiamos con cl a Diego 
Çapata, correo, para que le guiase e aposentase, y a Uodrigo de 
Vallejo, vezino desta ciudad, que le acompanase. porque no fuese 
por tierras de Su Mag' solo. Lleva seys Moros a cavallo y qualro 
a pie'. 

El alcaide Ali Xocron con los otros Moros se partio el misnio 
dia para el Puerto de Santa Maria, rremitido al fattor del senor rroy 
de Portugal, para que de alli los enbie luego a Arzilla : y, vcnido 
aqui su primo que esta en Melilla, a de azcr lo mismo, y sus hijos 
quando vengan de Oran. Parescionos que cra bien dar quenta a 
V" Alteza desto, pues aca no aviamos seydo parle para detcnello'. 



I. On lilen margo de cet alinéa: «Quo, 2. .\l)i)u Ilassoi^n, arriv<' h \ allailnlid, 

puesnosepudodetener por amoncslacioiios, ne put obtenir do Maxiniilien, roi de 

fiie bien dexarle venir; y que los d ducados Bohême, le concours qu'il domanilail, cVsl- 

quc se les havian scripte se le dieren, se le à-dire l'envoi de 1000 hommes à .\rzila, 

daran aca. » concours auquel le roi de Portugal subor- 



3'72 3 NOVEMBRE lô/lp 

De Berveria no se saven nuevas, por que los puertos estan cerra- 
dos. Todos dizen que los Moros estan muy alterados contra el Xarife 
y que, si sintiesen algun favor de Gristianos, se declararian publi- 
camente ; y que se sospecha que los Turcos an de enprender esta 
Jornada, juntandose con los Moros, y que tomaran el Pefion de 
Vêlez e ganaran toda aquella tierra, y que deste trato ay algunos 
yndicios ' . 

j Nuestro Senor las muy allas e muy poderosas personas e estado 
de V"' Altezas ensalce ! 

De Malaga. a très de Noviembre de lô/ig anos. 

De V"' muy allas y muy poderosas Altezas, 
Humilldes vasallos que sus reaies pies y manos besamos, 

Signé: Francisco Verdugo. — Diego de Caçalla. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 79. — Original. 

donnait le sien. Pensant être plus heureux Part. IV, cap. 6G ; Mahmol, Lib. II, cap. 

avec l'Empereur, il partit pour se rendre l\o). Sur les pourparlers qui curent lieu cn- 

auprès de lui. En juin i55o, il était de suite entre l'Empereur et le roi de Vêlez, 

passage en Flandres (A'. /'"« Série, France, V. infra. Doc. CXLIX, p. /^Sg et note a. 

t. I, p. id5). Ce fut à Augsbourg qu'Abou i . On lit en marge, de la main de ^laxi- 

Hassoùn rejoignit Charles-Quint (Andrada, milien : « Bien y que siempre avise )i. 



ÉTAT DE DÉPENSES 3 y. 3 

CXXIl 

ÉTAT DE DÉPENSES 

Juan de Perea, Miguel de Perea et Bartolome Dorador ont examiné le 
compte de Juan Flores, majordome des fils d'Abou Hassoûn. — Ce 
compte s'élève à 82600 maravédis et demi. — Ils proposent de ramener 
le chiffre des dépenses à ôgg^i maravédis et demi. 

Melilla, 2 février i55o 

Sur la couverture, alla manu : Relacion de lo que gastaron los 
Moros en Melilla. — Melilla. — i55o. 

En la cibdad de Melilla ques en las partes de Africa, en dos dias 
del mes de Hebrero, afio del nascimiento de Nuestro Senor Jesu- 
Cristo de mill y qainientos e cinquenta aiios, se juntaron los senores 
Juan de Perea, teniente de alcaide e capitan desta dicha cibdad, e 
Miguel de Perea, capitan de Su Mag' e de las obras de la fortifica- 
cion desta dicha cibdad, e Bartolome Dorador, teniente de veedor 
de Su Mag' en esta dicha cibdad ; y, en presencia de mi, Cristoval 
de Villalan, escrivano publico desta dicha cibdad, vieron la quenta* 
que [dio] Juan Flores, mayordomo e despensero que fue de los hijos 
del rey de Vêlez e de los Moros que con ellos vinieron ; e vislos 
por ellos los gastos que se avian fecho, parescio que montavan, 
sumados por mi el dicho escrivano publico, oclienta e dos mill e 
seiscientos maravédis e medio lxxxiiUdc- 

E, vista por los susodichos la dicha quenta e queparescia en ella 
averse gastado algunos maravédis mal gastados e que no es justo 
que Su Mag' los mande pagar, mandaron quitar, e rrebatir, e des- 
contar de la dicha quenta los maravédis siguientes : 

Primeramente, mandaron quitar de los dichos maravédis doze 

I. Le présent compte ne comprend que ainsi qu'il résulte du document suivant 
les dépenses faites jusqu'au 23 août iS^g, V. p. 375, note a. 



37'l 2 FÉVRIER l55o 

mill e diez e ocho maravedis que parescio quel dicho Juan Flores 
saco de cedulas del bastimento e las vendio a menosprecio a cier- 
tas personas, la quiebra de las quales monto los dichos doze mill 
e diez e ocho maravedis xii IS xviii 

Iten, mandaron quitar y descargar de los dichos maravedis qua- 
trocientos e quarenta maravedis de quatro arrovas de carbon que 
diz que el dicho Juan Flores se aprovecho del e lo saco para el 
probeymiento de los dichos Moros ccccxl 

Iten, mandaron descargar de los dichos maravedis dozientos et 
un maravedis que montaron très pares de çapatos que diz quel dicho 
Juan Flores conpro para los dichos Moros, e no se los dio e se apro- 
vecho dellos CCI 

Por manera que suman e montan los maravedis que los dichos 
senores mandaron quitar desta dicha quenta e gastos que dixeron 
ser mal gastados doze mill e seiscientos e cinquenta e nueve mara- 
vedis, los quales sacados de los dichos ochenta e dos mill e seiscientos 
maravedis emedio, quedan netos sesenta e nueve mill e novecientos 
e quarenta e un maravedis e medio. . . lxix^ dccccxli- 

La quai dicha quenta los dichos senores alcaide e capitan e 
teniente de veedor de Su Mag' la dieron por buena e mandaron a 
mi el dicho escrivano publico de délia un traslado abttorizado en 
publica forma e manera que haga fe : e yo el dicho escrivano publico 
saque un traslado de lo susodicho ; e firmado e signado de mi nom- 
bre e signo e firmado de los dichos senores Juan de Perea e Miguel 
de Perea e Bartolome Dorador, lo di al dicho seîior capitan Miguel 
de Perea ; que fue fecho e paso en la dicha cibdad de Melilla. en 
dos dias del mes de Hebrero de mill e quinientos e cinquenta anos, 
siendo présentes por testigos Juan Davila, veedor de Su ExC, e 
Sancho de Scalante, estantes en Melilla. 

Signé : Juan de Perea. — Miguel de Perea. — Bartolome Dorador. 

E yo el dicho Cristoval de Villalan, escrivano publico susodicho, 
lo escrevi, segun que ante mi paso, e fiz aqui mi signo ques a tal en 
testimonio de verdad. 

Signé: Cristoval de Villalan, escrivano pubhco. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo U75. — Original. 



{ 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA li~jÔ 



CXXIII 

LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Miguel de Perea envoie le compte des dépenses faites pour les fils d'Abou 
Hassoûn et leur suite, antérieurement à la date de la réception des ins- 
tructions de Leurs Altesses, ainsi que le compte des dépenses effectuées 
postérieurement à cette date. — Arrivée de plusieurs Maures à la recher- 
che d'Abou Hassoûn et d'un soi-disant secrétaire du Chér'if qui veut 
aller à la cour d'Espagne. — A la suite de la mise en liberté de Fran- 
cisco de Médina, le duc de Medina-Sidonia a rendu le gouvernement 
de Meli/la à Juan de Perea. — Un caïd du Chérif se trouve dans la 
région avec soixante lances et fait chaque jour des incursions dans la 
plaine de Melilla. — Un captif chrétien, échappé d'une galiote turque, 
vient d'arriver de Vêlez. 



Melilla, 3 février i55o. 

Sur la couverture, alla manu : Melilla. — 1 55o. — A Sus Altezas. 
— Miguel de Perea, très de Hebrero i55o. 

Muy poderosos Senores, 

Recebi la letra de V" Alteza de deziseis de Novienbre data en 
Cigales. Coti esta enbio a V" Alteza la memoria de los gastos ' que 
hizieron los hijos del Rey y los Moros que con ellos vinieron hasla 
el dia^ que rrecebi la carta de V" Alteza, en que envio a mandar 

I. C'est le compte du 3 février i55o a. Ce jour est le a a août 1 549 • V. in/ra. 

publié ci-de?sns, Doc. CXXII, p 873. Doc. CX.W.p. 879; Doc. CXLVIII,p. 4a8. 



376 3 FÉVRIER l55o 

que se le dièse todo io necesario que uviesen meiiester moderada- 
mente. El gasto que hasta alli a\ ian heclio no le quise rrecibir en 
quenta al capitan Francisco de Médina, porque uvo ciertas deshor- 
denes en el gasto, de las quales deshordenes algunas se han reme- 
diado, que an sido unas cedulas que vendian y conpravan'. 

Y lo que despues gastaron a quenta de V" Alleza los dichos hijos 
del Rei y los otros Moros que despues dellos vinieion y los que 
agora van. va declarado los gastos que liizieron'. ^o los lie dado 
libranças dello al pagador que esta aqui de las obras por los pro- 
veedores, y tomada la razon délia Bartolome Dorador, teniente de 
veedor de V"' Altezas. como \" Alteza lo lia enbiado a inandar'. 

Los dias pasados Uegaron aquy ciertos Moros *, que van en demanda 
de Muli Ba Açon ; y despues dellos vino otro que dizen que hera 
secretario del Xarife. Este Moro dize que va en demanda de V" 
Alteza ^ Lo que trae encima de si es de muy poco valor ; dize que le 
an robado los otros Moros. Si alguna cosa buena trae en su pecho, 
que sea servicio de \" Alteza, aqui no nos a quesydo dar senal de 
nada dello. Son por todos cinco : van en esta caravela. V" Alteza 
mandara proveer en ello lo que sea servido. 

El duque de Médina, como supo que el capitan Francisco de 
Médina, ssu alcayde, era libre de la prision de los Turcos, proveyo 
questa governacion desta cibdad se le tornase a un alcaide quel 
dexo aqui muy honrado, que se Uama Juan de Perea ; y, demas 
proveer con justicia, yo rrecebi en ello muy senalada merced, por- 
que el capitan no rrecibiese agiavio, y yo y bastame que soy criado 
de V" Alteza'. 

Aqui no tenemos nuevas ciertas del Xarife, mas de que tenemos 

1. On lit en marge : k Bien ». 6. On lit en. marge: u Bien ». — On se 

2. C'est le compte du 6 février i55o. rappelle que Fr. de Médina avait délégué 
publié inj'ra. Doc. CXXV, p. 879. ses pouvoirs à Juan de Perea, mais que le 

3. On lit en marge de cet alinéa le mot Duc en avait dessaisi celui-ci et qu'il avait 
« Bien », suivi des mots raturés « y que désigné Miguel de Perea comme gouver- 
siempre se moderen ». neur intérimaire; l'élargissement de Fr. 

4- Sur ces Maures, V. infra, p. 38o et de Médina le fit revenir sur cette décision 

note 3, et p. 43 1. et agréer lo choix de Juan de Perea. V. 

5. On lit en marge : « Que no ha ilegado supra, Doc. CXII et GXIX, pp. 3^6 et 

aca ». 367 et note i. 



LETTRE DE MIGLEL DE PEUEA ^~~ 

aqui por vezino un alcayde del Xarife con sesenta lanças, y mas los 
vezinos de la lierra, que nos coren cada dia liasla la vega ; y esto 
develo de causar la sementara que hazen, que a muchos afios que 
nunca lanto an senbrado tanlo ni tan ceica desta cibdad como 
ogano ' . 

Un Cristiano caubtivo, natural del reino de Toledo, salio de Bêles 
de la Gomera, que andava forçado en un galeota do Turcos. No 
dize nuevas que de contar sean. 

Al présente no ay mas que hazer saber a \ " Alteza. 

j Dios, Nuestro Senor. las muy poderosas y reaies personas de V"^ 
Altezas guarde por muchos anos, con acrecentamientos de mayores 
reinos y senorios, como los vasallos y criados de V" Alteza 
deseamos ! 

De Melilla, a 3 de Hebrero i55o. 

Muy poderosos Senores, 

Besa los reaies pies y manos de \'"" Altezas. 

Signé : Miguel Perça. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Lecjajo U75. — Or'ujinal. 
I . On lit en marge : « Que siempre avise de lo que supiere ». 



378 h FEVRIER l55o 



CXXIV 

LETTRE DE BARTOLOME DORADOR A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

La garnison de Melilla s'élève à trois cent soixante-cinq hommes, dont 
trente-deux cavaliers. — Cet effectif est si faible qu'on ne peut pas même 
sortir pour faire du bois à cause des Maures, qui enserrent la ville. — 
// conviendrait d'envoyer des soldats et des vivres. 



).fclilla. '4 février i55o. 

Sur la couverture, cdia manu : Melilla. — i55o. — A Sus Altezas. - 
— Del veedor de Melilla, Ix de Hebrero i55o. 

Décision : Al veedor gracias y sumariamente lo que se provee en 
estas cosas, conforme a lo del capitan Perea. 

Muy poderosos Senores, 

La gente que de présente esta en esta plaça, asi de pie como de 
cavallo, son trecientos y sesenla y cinco ; entrellos son treynta y 
dos a cavallo. Es tan poca gente que no se pueden prover de lena, 
a cabsa de los Moros de guarnicion que estan a esta frontera corren 
a menudo y bienen en canlidad. Conviene al servicio de V" Real 
Alteza prover de gente asi de pie como de cavallo, porque, no avien- j 
dola, no se conpadece el Irabajo. A dos o très meses que no comen " 
sino bizcocho ; y este si oviera faltado, no dexara de averse pade- 
cido muncho mas. A V" Real Alteza supplice mande en todo pro- 
veer lo que su real servicio sea. 

De Melilla, y Hebrero los /j. 

Signé : Bartolome Dorador, m 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Leyajo U75. — Original. 



ÉTAT DE DÉPENSES S'yg 

cxxv 

ÉTAT DE DÉPENSES^ 

Les sommes dépensées pour le défrayement des fils d'Abou Hassoûn et de 
leur suite, du 22 août i54g au 6 février i ')5o, s'élèvent à 60 6j i mnrn- 
védis et demi. 

Melilla, G février i55o. 

Relacion de los maravedis que se han gaslado con los hijos del 
rci Mulei Ba Açon y sus criados y con otros Moros que aquy han 
venido, desde veinte y dos de Agosto de mill y quinientos y qua- 
renta y nueve afios hasta seis de Hebiero de mill y quinientos y 
cinquenta. 

Gastaronse sesenta ducados con los diclios hijos del rei de Belex 
y sus criados, desde veinte y dos de Agosto hasta dos de Setienbre 
que se enbarcaron", y en lo que se les proveyo que comiesen por 
la mar xxhUd 

Que se pagaron a Pedro la Pena, patron de su barco, seis duca- 
dos por el flete de nueve cavallos que llevo a Espaîïa de los suso- 
dichos iiUccL 

Que se dieron a Pedro Ruiz de Sobremonte doze ducados por 
[)roveer de bastimentos el vergantin en que se enbarcaron los hijo? 
del Hei y sus criados, para provision de gente que yva en el a remo 
para llevallos hiiUd 

Que se pagaron Alonso de Truxilloquatro ducados y treinta y dos 
maravedis que gasto con los dichos nueve cavallos que llevo a cargo, 
desde Almeria donde se desenbarcaron hasta Malaga. . lUoxxxii 

Que se gastaron con Muli Hamet Bu Zacari y sus criados y caval- 
los, desde très de Setienbre* que vino hasta seis de Novienbre 

I. Tous les articles de ce compte se des détails plu.»; circonstanciés sur les dates 

retrouveront dans celui du i-^ juillet i55o des événements. 
(V, infra. Doc. CXLVIII, p. 428). On a 2. V. supra, pp. Sig et 353. 

crunéanmoinsdevoir le publier, carildonnc 3. ^. supra, pp. 35o, 35i et note ^. 



38o 6 FÉVRIER i55o 

que se fue, y con lo que se le proveyo para la mar, deziocho mill 
trezientos y dos maravedis y medio xviiiUcccii- 

Quese gastaron con dos Moros, criados, eluno delrei del Dubdo, 
y el otro del rei de Belex, que vinieron con despachos para Sus 
Altezas y para el rei de Belex, quatro mill y trecientos y noventa 
y très maravedis ' , desde deziocho de Diziembre que vinieron hasta 
treze de Henero que se enbarcaron, con lo que se les dio para la 
mai' y lo que se dio a un Moro que vino con ellos a mostralles el 
camino inilScccxcin 

Que se ha gastado con très Moros ^ uno, hijo del alcayde Ben 
Aonzar\ que vino con un cavallo miercoles porlamanana quinze de 
Henero, y los dos, el uno secretario del Xarife y elolro un cavallero 
suyo del dicho Xarife, a veinte y très del dicho mes hasta sels de 
Hebrero que se fueron, con lo que comio el dicho cavallo y se les 
proveyo para la mar, y con lo que se les dio para vestir a los dichos 
dos Moros postreros. que vinieron desnudos porque los robaron 
los Barbaros en el camino, siete mill y ciento y noventa y quatro 
maravedis viitScxcnii 

Por manera que son los maravedis que se han gastado, con los 
dichos hijos del Hei y sus criados y otros Moros que han venido a 
esta cibdad. sesenta mill y seycientos y setenta y un maravedis y 
medio lxUdclxxi- 

Como mas particularmente parecera por la quenta que se a tomado 
a las personas que han tenido cargo de los dichos gastos, que estan 
en poder de Alonso de Melgar, pagador de las obras de la fortifica- 
cion desta cibdad, juntamente con las libranças que se le han dado 
para su descargo de los maravedis que para el dicho efecto a dado. 

Fecha en Melilla, a seis de Hebrero de mill y quinientos y cin- 
quenta anos. 

Signé: Miguel Perea. — Bartolome Dorador. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^75. — Original. 

I. A ce même article figure, dans le i545, la kasba de Fichlala pour le roi de 

compte du 17 juillet i55o, une dépense de Fez, Ahmed el-Ouattassi. Ce fut lui qui la 

4563 maravedis et demi, soit en plus 170 rendit au Chcrif. V. Marmol, Lib. II, cap. 

maravedis et demi. V. infra, p. /i33. 40, ff. 253 et 206; Tokrks, cap. 02. Ce 

a. V. supra, p. 376, et infra, p. 43 1. caïd est appelé Bem Onizar dans les docu- 

3. Le caïd Ben Aonzar commandait, en ments portugais. 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA 38] 



CXXYI 

LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Un serviteur d'Abou Hassoûn arrivé de Vêlez rapporte que le caïd de 
Tazouta a réuni les cheikhs arabes pour les rallier au parti du Chéri/. — 
Le Chérif, d'après lui, projetterait pour le mois de mars une expédition 
sur Arzila ou sur Melilla. — On fait diligence pour fortifier la place. 



Melilla, 8 fr-vrier i55o. 

Sur la couverture , alla manu : Melilla. — i55o. — A Sus Altezas. 
— De Miguel de Perea, ix de Hebrero' i55o. 

Muy poderosos Senores. 

Dos dias ha que^ llego aqui un Moro que viene de Bêles, ques 
criado de Muli Ba Açon ; ha estado en el Penon liasla agora, Dize 
quel alcayJe de Taçota, ques el mas principal honbre quel Xarifc 
tiene, tiene juntos alli todos los xcques de los Alarves, para ver si 
los puede convertir que sirvan al Xarife ; y muchos dellos dizen 
que antes moriran que sirvirlo, sino a Muli Ba Açon. IVo se sabe 
en que parara esto fin ; son Moros. dellos no se puede tencr certini- 
dad. Si por esta parte alguna nueva deslo en que para supieremos, 
luego lo haremos saber a V" Alteza. 

Asi mismo dize este Moro Amete Avdala quel Xarife tiene aper- 
cebida toda su jente para este mes de Marco, para yr sobre Arcila 
sobre esta cibdad ^ Porque aquy pocas vezes podemos aver lengua 

I. La date réelle de co dnciimcnt est le 3. On lil en marge: « Que teiigan 

8 février i55o. V. p. 382. presto los vergantines que lienen para avi- 

a. On lit en marge, delà main de Maximi- sar de lo que sucediere y esten con cuydado 

lien : « Que avise de lo que mas supiere ». va buen recaudo » . 



^g2 !^ FKVRIKR l5oO 

de los Moros, sino es de alguno que viene en busca de Muli Ba 
Açon, por la parte de Arcila y desas froiiteras del rri de Portugal 
podra V" Alteza ser mas avisado de las cosas del Xanfe. 

Al présente no ay que liazer saber a V" Alteza mas de aquestas 
nuevas del XarifV>. Nos haze despertar a lodos los que aquy estaraos 
y poner diligencia en ibrtificarnos', porquesto es lo que conviene 
al servicio de Dios y de V^^ Alteza y a la seguridad de todos nosotros. 

■ Dios, Nuestro'Seùor. las may poderosas y reaies personas de 
V'='^41tezas guarde y prospère con mayores reynos y sefiorios, como 
los vasallos y criados de \""' Altezas deseamos î 

De Melilla, a 8 de Hebrero de i55o afios'. 

Mu\ poderosos sefiores, 

Besa los reaies pies y maaos de V"' Altezas. 

Signé: Miguel Perea. 

Archiva General de Simuncas. — Estado. — Legajo Ulo. — Original. 

.. On lit en marbre de Talinéa : . Que ^it à Maximilien et à Marie dAutricliO une 
asv lo hagan ». ^ 't'ire conçue dans des termes presque iden- 

\ Le lendemain 9 février. D.^rador écri- tiques (même liasse). 



ENQUETE SUR l'ÉVACU.VTION DAHZILX ,'^83 



CXXVII 

ENQUÊTE SUR L'ÉVACUATION D'ARZ[LA' 

Enquête faite par ordre d'Inigo Hurtado de Mendoza. — Dépositions de 
Pablo de Majuelo, Gomez Vaez et Simon Lopez. — // est certain que 
Jean III se dispose à abandonner A rzila: il a donné l'ordre de démanteler 
la place et a envoyé des navires pour ramener les troupes. — Il céderait 
la ville à Abou Hassoûn, se réservant la citadelle. — Mendoza envoie 
à la Cour le procès-verbal de cette enquête pour être examiné au Conseil 
de la Guerre. 

Cadix, 9.~ mars i5co. 

Sur la couverture: Informacion de Caliz sobre quel rey de Por- 
tugal mando derrocar a Arzila. 

En la mu) noble y leal cibdad de Cadix, jueves veinte e siete dias 
del mes de Marco, ano del nascimiento de Nuestro Salvador Jesu- 
cnsto de mill e quinientos e cinquenta anos, el mny magnifico 
senor Inigo Hurtado de Mendoça, corregidor y justizia mayor desta 
cibdad, dixo que, porque es ynformado quel serenisinio senor rey 
de Portugal manda derrocar e dexar a Arsila e que asi se dice 
publicamente en esta cibdad, por ende mando rescebir ynformacion 
dello, por ante e en presencia de mi, Diego Gonçales, escrivano 
del concejo de la dicha cibdad y escrivano de Sus Magestades ; la 
quai dicha ynformacion se rrcscibio en la manera siguiente: 

Testigo Paulo de Majolo, mercader résidente en esta cibdad, 
juro en forma de derecbo ; e, siendo pregunlado cerca del diclio 
caso, dixo que lo que sabe es queste testigo tiene una carta de qua- 
tre deste mes de Marco en questamos. fecha en Lisbona de una 

I. Il s'agil du départ de la garnison évacuée entre le 17 et le 28 anù( lô^q. V. 
d'Arzila. La population civile avait été supra, p. 828, noie 2. 



OO» 3- MARS 10.10 

presona honrrada e de credito, y que por ella le manifiestan y 
avisan de cierto quel rey de Portugal manda derrocar a Arzila e 
que queria enbiar ciertos navios de armada para traer la génie que 
alli esta; v que. segun lo que se dize, este testigo lo tiene por 
cierto si Su Mag^ no lo ynpide, e aun asi lo avisan en la dicha 
carta; e questo ^es verdad por el juramento que hizo, e firmolo : 

Pablo de Majuelo. 

Testigo Gomez Vaez, mercader portugues, résidente en esta 
cibdadjuro en forma de derecho : e, siendo preguntado en el dicho 
caso. dixo que lo que sabe es queste testigo tiene carta de un su 
bermano. mercader que rreside en Lisbona. fecha a los doze dias 
deste mes de Marco, por la quai le avisa que lo que sabe del negocio 
de Arsila es que tiene por cierto que Su Alteza del senor rey de 
Portu-al la manda despoblar e le da al rey de Vêlez, e que sola- 
mente^dizen quel castillo estara por el dicho rey de Portugal, aunque 
esto no lo tienen por cierto. sino que del todo la dexarian ; y que 
lo mismo a oydo dezir a muncbos Portugueses que vienen de Lis- 
bona y estan en esta cibdad ; e asi es notorio y verdad por el jura- 
mento que hizo, y firmolo : Gomez Vaez. 

Testigo Simon Lopez. mercader portugues, estante en esta cibdad , 
juro en^^forma de derecho: y siendo preguntado, dixo que lo que 
sabe es que a visto munchas carias de presonas de Lisbona y a 
hablado con muncbos que de alla vienen. y todos dizen notoriamente 
que Su Alteza manda despoblar a Arzila. y que por cierto lo tienen : 
y que asi es notorio y verdad por el juramento que hizo, y firmolo : 

Simon Lopez. 

E asy recebidala dicha ynformacion, el dicho senor corregidor la 
mando^dar en publica forma para enbiar ante Su Mag» en el su Con- 
sejo de Guerra: e yo, el dicho escrivano, la di e fiz escrevir e liz 
aqui mi signo a tal. 

Signé : Ynigo Hurtado de Mendoça. 

En testimonio de verdad. 
Signé : Diego Gonçales, 
[Seing manuel.] escrivano del Concejo. 

Archiva General de Simancas — Estado. — Legajo 83. — Original 



ENQUÊTE SUR LE TRAFIC AVEC LE MAROC 385 

CXXVIII 

ENQUÊTE SUR LE TRAFIC AVEC LE MAROC 

(Extrait) 

Pedro de Qiiintos demande à Inigo Ilurtado de Mendoza de Jaire procéder 
à r audition de plusieurs témoins au sujet du commerce que les Portugais 
et les Français font au Maroc et notamment à Santa-Cruz-du-Cap-de 
Guir et à Safi, depuis qu'une cédule royale du 2g mars lô^g a interdit 
aux Espagnols le commerce avec ce pays. — Dépositions concordantes 
de Francesco Marin, Alonso Nunez, Hernando de Vargas et Hernando 
de Qmros. — Ils ont pratiqué les principaux ports du Maroc et sont 
unanimes à affirmer que, depuis la dite interdiction, non seulement le 
commerce des Français et des Portugais a continué, mais encore a 
augmenté ;^ les Français importent au Maroc des draps, qui auparavant 
venaient d'Espagne, et des calottes. 

Cadix, 28 mars i55o. 

Sur la couverture: Ynformacion sobre el trato de la Berveria. 

En la muy noble y leal cibdaJ de Cadis, viernes vefnte e ocbo 
dias del mes de Marco, aûo del nascimienlo de Nuestro Salvador 
Jesucristo de mill e qulnienfos cinquenla aùos, ante el muy magni- 
fico srûor Inigo Ilurtado de Mendoça, corregidor ejuslicia mayor 
desla dicba cibdad por Sus Magestades, y en presencia de mi, Diego 
Gonzalez, escrivano del Concejo de la dicba cibdad y escrivano de 
Sus Magestades, parescio présente Pedro de Qulntos, vecino desla 
cibdad, procurador sustituto délia por virtud delpodcr y suslilucion 
que presenlo, y en el dicbo nombre presenlo un escriplo de pedi- 
miento con ciertas personas, su tbenor del quai dicbo poder e sus- 
lilucion y escriplo, uno en pos de otro, es el siguiente* : 

I. Suit le texte du pouvoir donné à Cadix, et de la subrogation de ce pouvoir 
Uemenle de Ochandiano, le i3 janvier faite, le 21 janvier i55o, par Ochandiano 
laao, d'ester en justice pour la ville de à Pedro de Quinlos. 



De Castries 



X. — a5 



386 



28 MARS l55o 



Muv magnlfico Seûor, 
Pedro de Quintos. en nombre desla cibdad. cuyo poder tengo de 
que hago presentaclon, digo que es ansi que de Francia^ e de Por- 
tucral van tratantes v négociantes y Uevan mercaderias con naos e 
na°-ios a Berberia. al Cabo de Aguer e a Çafi e a otras partes de Ber- 
beria ; e, porque conviene al servicio de Sus Mag"- e beneficio 
de sus rentas e al tralo e comercio de la negociacion desla cibdad 
ynformar desto a Sus Mag"", pido a V. md. mande rescibir los tes- 
ti^ros que sobrella se presentaren. por la via que mejor de derecho 
aya lugar, mandandolos examinar por los articulos de yuso escrip- 
tos. y Ve lo que dixeren e depusieren me lo mande dar en forma 
publica, sobre lo quai pido justicia y el oficio de Y. md. ynploro. 
Lo primero. sean preguntados si tienen noticia del Cabo de Aguer, 
que es en Berveria, y del puèrto de Çafi, que ansi mismo es en Ber- 
veria y de los otros puertos de Berveria. 

Iten, si saben que, despues del mes de Abrib^ del ano pasado de 
mill e quinlentos e quarenta e nuevc anos, quando se defendio por 
cedula real el trato de Berveria destas partes a Berberia aca, siempre 
y de présente van navios de Portogal e Francia a las dlchas partes 
de Berveria, el Cabo de Aguer, Çafi y otros puertos. con merca- 
derias, V mercaderes con ellas, e tratan como de antes del diclio 
ano lo solian bazer, e mas copiosamente, por no yr destos rreynos 
con mercaderias a las dichas parles: digan lo que saben e porque 

e como lo saben. 

Iten, si saben que de todo lo susodlcbo es publica bos e fama. 

El llcenclado Frias. 

E ansi presentado, el senor corregldor mando que traiga los les- 
ligos el dicho Pedro de Quintos, e mandava e mando que se rresciban 
te°tlgos Alonso de los Cobos, escrivano pnbllco, e Pedro de Godoi. 

E lue-o este dlcho dia parescio el dlcho Pedro de Qumtos en 
el dlcho^nombre, e présente por testlgos en la dlcba rrazon a Fran- 
cisco Marin, e Alonso Nunes, e Hernando de Vargas, e Hernando 
de Quiros, de los quales e de cada uno dellos fue recebido juramento 

, . Sur le commerce des Français avec le ^- • I-a cédule ou ordonnance royale est en 

Maroc, à celle époque, V. supra, p. aSo el r.'alitc- du 29 mars 10^9. V. supra. Doc. 
note 4. LXIV, p. 2i4. 



ENQUÊTE SUR LE TRAFIC AVEC LE MAROC gg-J 

en forma de dorecho por Bios e por Santa Maria e por las palabras 
de les banlos Evangelios e por la senal de la Cruz, en que pusie- 
ron sus manos derechas e prometieron de decir verdad todos los 
dichos. 

E le que los dichos tesligos dixeron e depusieron es lo siguiente • 
estigo. - Francisco de Marin, mercader, lestigo presenlado en 
a dicha razon, juro en forma de derecho e, siendo preguntado dixo 
lo siguiente: 

A la primera pregunta, dlxo que lienc noticia de los dichos puer- 
tos de Cabo de Aguer e Çaf,. que es en Berberia, porquesle lestigo 

a cstado en ellos. ^ 

Preguntado por las générales preguntas, dixo que es de hedad 
de mas de veynte e seis anos. 

A la segunda pregunta, dixo que lo que sabe desta pregunta es 
que a mucho liempo que este testigo trata en Berberia, e que siem- 
pre continamente a visto negociar en ella Franceses por via de 
Francia, ansi en los puertos de Cristianos que posée el serenvsimo 
rey de Portugal, como en los puertos questan subgelos a los Moros 
viniendo directamente de Francia; e ansi mismo a visto tratar à 
los Portogueses e a otras muchas personas de divei sas partes ; e que 
de treze o catorze meses a esta parte, que este lestigo sabe e a visto 
el vedamiento que Su Mag' a puesto en los dichos puerlos de Berbe- 
ria para en lo tocante a sus subdilos e vasallos, que desta cibdad no 
a ydo nadie a contratar que aya visto, pero que los Franceses veni- 
dos de Franca an venido del dicho tiempo a esta parte con naos e 
mercadenas, an Iratado e tienen sus negocios en la dicha Berve- 
ria; e tanb.en dentro deste termino despues del dicho vedamiento 
ansy mesmo a visto venir Portogueses e Iralar en la dicha Berveria 
con naos e caravelas que van e vienen e gozan como de antes 
gozavan. por que lo a visto y a eslado en la dicha Berveria ; e ansy 
es notorio y es verdad por el juramento que hizo, e firmolo de su 
nombre: Francisco de Marin. 

Testigo. — E el dicho Alonso Nunes, lestigo presentado. juro 
segund derecho e, siendo preguntado, dixo lo'siguienle : 

A la primera pregunta, dixo quel a noticia del Cabo de Aguer e 
de todos sus puertos e de los otros puertos que posée el serenisimo 
ley de Portugal. 



388 28 MARS i55o 

Preguntado de que hedad es, dixo que de treinta anos, poco mas 
o menos. 

A la segunda pregunta, dixo que sabe e a visto de doze meses a 
esta parte, poco mas o menos, vr navios con mercaderias de Fran- 
ceses e Portogueses e tratar como de antes que se fiziere el veda- 
miento de la dicha Berveria, e que ningunos vasallos de Su Mag' no 
an ydo al dicho trato ; e que los dichos Franceses tratan e van e 
vienen copiosamente, mas que de antes, a causa del vedamiento de 
Espana ; y les a visto llevar mercaderias que no solian llevar, porque 
solian yr por mano de Espaâoles ; e agora las llevan como de antes 
por no yr destos rreynos; e que esto es publico e notorio en toda 
Berveria a los contratantes que suelen yr e venir. E ansi es verdad 
por el juramento que hizo, e firmolo. Alonso rSunes. 

Testigo. — E el dicho Hernando de Yargas, mercader, jaro en 
forma de derecho e, siendo preguntado, dixo lo siguiente : 

A la primera pregunta, dixo quel a noticia de los puertos e partes 
de Berveria, porque a eslado en los mas dellos. 

Preguntado de que hedad es, dixo que de veinte e cinco afios, 
poco mas o menos. 

A la segunda pregunta, dixo que sabe e a visto lo contenido en esta 
pregunta, porque de doze meses a esta parte este testigo a estado 
en la dicha Berveria e a visto yr e venir navios de Franceses a los 
dichos puertos con diversas mercaderias e tratar como de antes que 
Su Mag' fiziere el vedamiento ; y aun los Franceses llevan alganas 
mercaderias que no solian llevar por questas yvan por mano de los 
vasallos de Su Mag' ; e, como por razon del vedamiento de Espana no 
van, gozan los Franceses como dicho liene ; e que esto es notorio 
e verdaJ por el juramiento qae fizo ; e que del dicho liempo a esta 
parte no a visto que nadie vaya de Gastilla a contratar ; e firmolo de 
su nombre : Fernando de Yargas. 

Testigo. — E el dicho Fernando de Quiros juio en forma de dere- 
cho e, siendo preguntado, dixo lo siguiente : 

A la primera pregunta dixo que a noticia de Berveria e de los 
puertos délia, porque a estado en ellos. 

Preguntado de que hedad es, dixo que de treinta anos. poco mas 
o menos. 

A la segunda pregunta, dixo que de treze meses a esta parte e de 



ENQUÊTE SUR LE TRAFIC AVEC LE MAROC 389 

antes vido yr a tiatar a los puertos de Berveria muchos Fianceses 
con diversas mercaderias, como de antes del vedamiento de Su Mag' 
lo solian hazcr ; e que a los Portogucscs los a visto de quatre meses 
a esta parte e con cedulas del serenisimo senor rei de Porlogal e 
tratar como de antes ; e que ningund Caslellano no a visto yr ni 
va, a causa del dicho vedamiento ; e que los dichos Franceses llevan 
paiîos que no solian llevar, porque yvan destas partes, e ansi mismo 
bonetes ' ; que los vasallos de Su Mag' resciben detrimenlo e los estran- 
geros beneficio ; e que esto es nolorio e verdad por el juramento que 
fizo, e firmolo de su nombre : Fernando de Quiros. 

E ansi tomados e rescibidos los dichos testigos, el dicho senor 
corregidor los mando dar al dicho Pedro de Ouintos en publica 
forma ; e yo, el dicho escrivano, le di la présente flrmada de Su 
md. e signada con mi signo. Testigos Pedro de Godoy e Francisco 
de Escobar, portcro de cabildo. 

Signé: Yiïigo Hurtado de Mendoça. 

Y yo Diego Gonzalez, escrivano del concejo de la muy noble y 
leal cibdad de Cadiz y escrivano de Sus Mag''*^', lo fize escrevir e 
fiz aqui mi signo a tal. 

En teslimonio de verdad, 
Signé : Diego Gonzalez, 
[Seing manuel.] escrivano del Concejo. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 83. — Original. 

1. Bonetes. Il s'agit de ces calottes de laino en Roussillon, etc. II s'en fonda plus lard 

rouge appelées en France « bonnets de une importante manufacture à Orléans. La 

Tunis» et au Maghreb chacliias, chéchias. France avait tellement accaparé ce com- 

On les nommait aussi « bonetes de Toledo «, niorce, que les trafiquants français étaient 

parce que c'était également une industrie appelés quelquefois à Smyrne « mercanli 

de cette ville (V. infra, p. 614, note i). di barrclli ». Cf. Savarv, Dictionnaire uni- 

Eii France, les centres de fabrication de cet versel du commerce, t. I, article Bonnets, ri 

article étaient à Marseille, à Toulon, à Aii t. IV. arlicle Commerce de Smyrne. V. aus^i 

en Provence, à Nav en Béarn, à Prades Arch. départ. Loiret, G. 62. 



Sgo AVRIL i55o 



CXXIX 

LETTRE DE FER>J.VNDO DE AGUILVR' A CHVRLES-QU INT 

// transmet à C Empereur une enquête sur le commerce que les Français et 
les Portugais font avec le Maroc, ainsi que la demande des habitants 
de Cadix tendant à être autorisés à trafiquer dans ce pays, comme aupa- 
ravant. 

S. 1.. [avril i55o.] 

Sur la couverture, alla manu : Cadix. — La ciudad de Cadix 
présenta informacion de como, despues que por Su Mag' se proyvio 
el trato de Berberia. Franceses y Portugucses an tralado y tratan 
como antes lo hazian, y suplica se de licencia para que elles puedan 
tratar. 

S. C. C. M. 

La cibdad de Caliz dize que. como consta por esla ynformacion 
que presenta^ en los reynos de Francia e Portugal se permite e da 
licencia para que los suditos dellos traten en Berberia en las merca- 
durias e cosas premitidas ; e, pues al servicio de V. Mag* e creci- 
miento de sus renias e bien de la dicha cibdad de Caliz e vecinos 
délia cumple que tambien puedan los dichos vecinos lener el dicho 
trato, suplican a V. Mag' les haga merced de les dar licencia c facul- 
tad para ello e para que libremenle lo puedan hazer, como lo an 
hecho otras vezes, e para cllo. etc. 

Signe : Fernando de Agnilar. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 83. — Original. 

I. Il était « solicitador » de In ville de 2. Cotte enquête con?lituL- le Document 

Cadix. V. supra, p. Sa^. précédent. 



ENQLÈTE SUR LENVOl DE NAVIRES AU MAROC .SqI 

cxxx 

ENQUÊTE SLR LENVOI DE NAVIRES AU MAROC 

Résultat d'une enquête ouverte par le corrérjidor de Cadix sur les navires 
qui ont été au Maroc avec des marchandises depuis la prohibition du 
commerce avec ce pays. 

[Avril i55o.] ' 
En tête, alla manu : Cadiz. — looo. 

Haviendo V" Alteza embiado a mandar al conegidor de Cadiz 
huviese ynformacion de los navios que lian salido délia con merca- 
derias para Berveria despues de la proyvicion, la huvo. Y por ella 
paresce que a aquella ciudad han venido algunos navios franceses 
y poitugueses que fueion de aquellos reynos con mercaderias a 
las dichas partes, y que. despues que délias volvian, Ucgaron a 
aquella ciudad y traxeron mercaderias de Berveria, y que aquellas 
fueron visitadas por la justicia. Y que, asi misnio, de la diclia ciudad 
fue un vergantin para Ceuta con mercaderias que dicen que le 
enibiava Francisco Berveran a Juan de Herrera^ para rescale de 
captivos, para que diz que ténia licencia de V" Alteza. \ que el 
conde de Tendilla y Don Bernardino de Mendoza dieron liceucia 
para cargar un navio para Berveria, el quai partio dende Malaga. 
y que tanbien se a Iraydo ropa de Berveria a aquella ciudad de lo 
procedido de la que Uevaron de Malaga en el diclio navio. ^ un 
testigo dlze que de Marvclla y de Malaga lian ydo navios a las dudias 
partes con licencia de V" Alteza y de los dichos Condc \ Don Ber- 
nardino y de los proveedores de Malaga en su nombre ; no déclara 
quando se le dieron ni quantas. ni cl lo afirma sino de oydas, 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo 83. 

I. Celte pièce se place nalurcllement à aAec le Maroc, 
côlc des Doc. CXXYIII et GXXIX, rela- 2. .Sur ce personnage cl .«ur «a situation, 

tifs à la levée de la prohibition du commerce \'. supra, p. 96, note 3. 



392 i2-i3 



AVRIL 1000 



CXXXI 

ENQUÊTE SUR L'ÉVACUATION D'ARZILA 

Dépositions de plusieurs trafiquants portugais résidant ou ayant résidé à 
Arzila. — Us sont unanimes à déclarer que le roi de Portugal a décidé 
l'évacuation d' Arzila; on mine les murs de la citadelle. — Luiz de Lou- 
reiro, gouverneur de la ville, a pris des mesures rigoureuses pour ne rien 
laisser transpirer de cette décision : on ne laisse plus débarquer les mar- 
chandises dans le port. 

Cadix, i2-i3 avril i55o. 

Sur la couverture : Ynformacion sobre lo de Arzila. 

En Cadix, sabado doze dias del mes de Abril, aâo del nacimienlo 
de Nuestro Salvador Jesucristo de mill e quinientos e cinquenta 
afios, por mandado del seîior Yîiigo Hurtado de Mendoça, corregidor 
desta cibdad, se recibio la ynformacion siguiente: 

En doze de Abril del dicho aîîo fue recebido juramento en forma 
de derecho de Francisco Vaez, Porlugues, vecino que dixo que fue 
de Arsila, agora résidente en esta cibdad, e, syendo preguntado, 
dixo que este testigo tienc una caria misiva de un amigo suyo, fecha 
ayer en el Puerto de Santa Maria y anoche, que le avisa por ella 
que alli, en el rio de la dicha villa, entro una caravela ayer de Arzila, 
e dizcn de cierto como la dicha Arzila la estan minando agora de 
nuevo para echalle fuego y derriballa e dexalla ; y quel capitan de 
Arzila no dexa que nadie avise de lo que alla se haze, anles toma 
juramento a los que van y vienen que no den quenta de nada ; y 
tanbicn sabe este testigo que csto es verdad, porque tiene un fijo en 
Arsila mercader, y le enbiava este testigo a Arsila cierlas mercaderias 
en un navio, y quel capitan de Arzyla no se la dexo descargar e la 
mando venir, y esta en el rio del Puerto de Santa Maria e quiere yr 



ENQUÊTE SUR l'ÉVACUATION d'aRZILA 3g3 

por ella ; e questo manifiesta ser verdad la dexada de Arzyla e man- 
darse derrocar, e que asy lo crée por lo que se le escrive e tyene 
dicho ; e asy es verdad por el juramento que fiso, y firmolo : Fran- 
cisco Vaez. 

Este dia fue recebido juramento en forma de derecho de Manuel 
Fernandez, mcrcader portugues, resydente en esta cibdad, e pro- 
metio de desvr verdad, y dixo quel tienc una carta de una persona 
dina de credito del Puerto Santa Maria, fecha oy sabado, por la quai 
le avisa aver entrado en el Puerto una caravela de Arsyla, que parlio 
ayer a las diez oras y amanecio en el diclio puerto de Santa Maria, 
edize que vino alli el maestre Sébastian Alvares, vezino del Puerto, 
y certifico ser verdad que agora nuevamente se mina la diclia Arzila 
para derrocalla; e que publico Luys de Loredo', el capitan, que 
las minas son puertas falsas e que no consiente que se trayan carias 
y toma juramento que todos tengan secreto ; de manera quel se 
tiene entendido de feclio derribarse y dexarse Arzila, e que lo diga 
en esta cibdad para que se haga saber a Su Mag' o se provea sobrello, 
por ser tan necesario ; y queste testigo lo crée y tiene por cierto syn 
ninguna duda, por que se a sabido del minador que Su Altesa mando 
pasar a Arsyla e que lo dixo en secreto ; e asy es verdad por el jura- 
mento que fyso, y firmolo : Manuel Fernandez. 

Este dia fue recebido juramento en forma de derecho de Simon 
Vaez, Portugues, vezino que dixo ser de la villa del Puerto de Santa 
Maria, y prometio de desyr verdad ; e dixo ques verdad que anoche 
llego Sébastian Alvares, maestre de una caravela, al Puerto de Santa 
Maria, que partio ayer de Arsila, e dixo e certifico ; e le preguntaron 
que nuevas avia en Arsila, e dixo que no sabia, porque no traya 
cartas, que Luys de Loredo no se las consyntio traer de merca- 
dercs ni de otras personas, antes les tomo juramento el dicho Luys 
de Loredo que aca en Castilla no dixeren cosa alguna de lo que 
pasava en Arsila; e que, entre la gente de la dicha caravela, vino 
un onbre a quien no tomaron juramento, e dixo e publico que se 
minaban los muros de Arsyla a la redonda y la fortaleza para lo 
derribar, y este testigo se lo oyo désir al propio onbre ; e que en el 
Puerto de Santa Maria se enbargan navios para yr por la gente de 

I. Loredo. pour Lourciro. 



3q4 12-1 3 AVRIL l55o 

Arzila, et que muchas mercaderias que llevaron di versas personas 
a Arsila se tornan a traer, porque no las dexa Luys de Loredo, 
capitan, descargar y se buelven ; y que es notorio entre todas las 
personas que vienen de Arsila que, defecho e sin duda. el senor rey 
de Portugal la manda derrocar y desanparar, y por cosa cierta lo 
tienen los de la nacion de Portogueses ; e asy es cierto y verdad por 
el juramento que fiso ; e dixo que no sabe escrevir. 

En treze de Abril del dicho ano fae recebido juramento en forma 
de derecho de Francisco Vaez, Portogues, vezino que dixo que fue 
de Arzila e vezino que agora es del Puerto de Sanla Maria, e, siendo 
preguntado, dixo que lo que sabe es que, avia ocho dias, este tes- 
tigo vido pasar para yr a Arsyla a un onbre que desyan que heia 
minador e que yva por mandado del rey de Portugal a Arzila ; e que 
ayer entro una caravela en el rio de la diclia villa del Puerto que 
viene de Arsyla, y toda la gente que en ella vienen dizen publica- 
mente que Arzila se mina e que la minaba aquel onbre que fue por 
mandado del Rey ; e defendio el capitan Loredo que no truxeren 
ninguna carta, porque no supiesen lo que alla se hazia; e un amigo 
deste testigo secre lamente le enbio una carta de Arsyla por la quai 
le dize que la villa se mina por la parte de tierra, ques lo mas peli- 
groso ; e que mercaderias que fueron desla cibdad para Arsyla no 
se consienten descargar alli e son bueltas a esta cibdad ; segun lo 
quai se tiene por cierto que Arsyla se derroca e se dexa por mandado 
de Su Alteza ; e asy es notorio e verdad por el juramento que fiso. 
y firmolo : Francisco A aez. 

Asy recebida ynformacion, el seîior corregidor mando dar copia 
para enbiar ante Sus Mag'''* en el su Consejo de Guerra ; e se dio 
lirmada e synada de my el dicho escrivano : e la escrevi e fiz aqui mi 
signo a tal. 

Si'jnc : Vnigo Hurlado de Mendoça. 

En leslimonio de verdad. 

Signé : Diego Gonçalez, 
[Seing manncL] escrivano del Goncejo. 

Archœo General fie Simancas. — Estado. — l^^O^J^ ^^- — Original. 



LETTRE DE MOULAY AMAR A JEAN III 



395 



CXXXII 

LETTRE DE MOULAY AMAR ' A JEAN III 

Il remercie Jean 111 du bien qu'il a fait à Abou Hassoûn, et l'adjure de 
venir au secours de ce prince. — L' intervention portugaise sera d'autant 
mieux vue au Maroc, que la plupart des tribus haïssent le Chéri/. — 
Moulay Amar promet à Jean III d'aller en personne au devant de lui, 
s'il vient à Melilla pour défendre la cause des Béni Ouattass. 

[Avant le i3 mai i55o.]2 



j Los loores a Dios solo ! 

Del siervo de Dios rey del Dugdu — que Dios guie — al rey 
grande, onrrado, cumplido, hidalgo, acabado, el rey Don Juan, rey 
de Portugal y de la tierra y mar. 

Despues desto, nos estamos en vuestro ainor y obidiencia hasta 
que se acabe el mundo y lo que en el esta. 

Rrescibimos vuestra carta y fuenos como ver vuestra vista, y nos 
alegramos mucho del bien que hizisles a Muley Bo Haçon.^ j Dios 



I. Sur ce personnage et sur le nivnuine 
'le Dobdou, V. supra, p. 2o'i, nute -. 

'2. Cette lettre et les cinq suivantes 
n\ aient clé confiées à un personnage in- 
fluent des Oulad Ahmed ben ^ asin nommé 
Moussa bcn Omar (V. infra, pp. l\o!i et 
hob). Ce Maure avait déjà séjourné à IMelilla 
flu 18 décembre lO.'ig au i3 janvier iô5o. 
lors d'un premier vovagc en Espagne (V. 
infra. p. 433) et en Portugal (V. infra. 
p. iii3). Sun rrlour à Melilla à la date 
du i3 mai i55o est signalé dans deux 
lettres du 2^ mai publiées infra. pp. 'i i i 
el^iS. Les lettres en question floivent donc 
avoir été écrites peu de temps avant le 
i3 mai. Moussa ben Omar ne s'embarqua 
pour l'Espagne que le i6juin(V. infra. p. 



l\?)')). Ou le fit passer par Grenade, où il 
communiqua les lettres dont il était porteur 
au comte de Tendiila, qui en envoya copie 
au roi de Bulièiiie. \'. infra. p. '|i8. 

3. A la date de celle lettre, Jean II! 
n'avait pas encore reçu Abou Hassoùn ; ce 
d( rnier ne vint à la cour de Portugal qu'à 
son retour d'Allemagne. Le bon accueil 
dont Moulay Amar remercie le roi Jean U\ 
est sans doute celui qui avait été fait à 
Ahmed ben Abou Zckri ; c'est, d'ailleurs, 
à l'insligation de ce dernier que Jean III 
avait renvoyé au roi de Debdou Moussa 
hen Omar(V. infra. Doc. CXLI, p. 4i3). 
Comme, en fait, il s'agissait toujours de 
la cause d'Abou HassoAn, on comprend 
les rcmercimenls de Moulay .Vmar. 



3f)(] ATA>T LE t3 mai I 55o 

OS lo sratifique con bienes ! Y todo el bien que le bizistes, lo tene- 
mos por hecho a nos, por lo quai se a ynclinado nueslra voluntad 
a amaros. \ queiemos de vos la ayuda y delcrminacion de guerra 
con Muley Bo Haçon, porque el os a ensalçado y levantado su cabeça 
a vos, sin quererse ayudar ni favorescer de Moros, por lo quai 
teneis obligacion de le favorescer por lierra y mar, porque no a 
alçado su cabeça a vos, sino para que le quiteis del gran dano que 
puede rrescibir. Yqueremos de vos la delerminacion en su socorro ; 
y en cslas partes no ay cosa que os lo impida. e yo os fio a los Moros 
que ninguno alce piedra conira vos, porque este Xarife del todo lo 
aborrescen los Moros. 

E yo delermino de embiaros mis parias ; y, quando rrescibimos 
vuestras cartas, creymos que vinierades a nuestros reynos ; y, si 
vinieredes a Melilla, os yre a rrescibir, Dios quiriendo, y nuestra 
casa es vuestra. ^ , viniendo al favor de Béni Guataz, no solo no avra 
quien os liaga impedimento, mas todo el mundo os rrescibira ; y 
como. por el contrario, si ffavoresciesedes a este Xarife, de nadie 
sereis rrescebido ; y esto tenemos ser assi. 

Archiva General de Si/nancas. — Estado. — Lejajo Ù75. — Traduction 
contemporaine . 



LETTRE de' MOULAY AMAR A D. LUIZ DE PORTUGAL 3^"] 

CXXXIII 

LETTRE DE MOULAY AMAR A D. LUIZ DE PORTUGAL' 

Il a appris le bon traitement fait à Abou Hassoûn, d'après les ordres de 
l'Infant. — // invite celui-ci à porter secours au dit Abou Hassoûn. — 
Si l'Infant se rend au Maroc pour appuyer les prétentions de ce dernier, 
Moulay Amar l'accompagnera personnellement. — Hostilité générale 
des tribus à l'égard du Chérif. 

[\vant le i3 mai i55o.] 

j Los loores a Dios solo I 

Del siervo de Dios, rey del Dugdu, al herniano dcl rey grande, 
nombrado, cumplido, el infante Don Luys, hermano del rey de 
Portugal. 

Despues desto, nos estamos en vuestro amor y obidiencia, hasta 
que se acabe el mundo y lo que en el ay. 

A nuestra noliciaa venidoelbien que hizistesa Mulei Bo lIaçon^ 
i Dios os lo gratiiïîque ! Esto tuvimos entendido que hariades, y Muley 
Bo Haçon es rey y hijo de rey y a alçado su cabeça a vosotros e ydo 
alla para que le quileis el dano que se le haze. Y queremos de vos su 
ayuda y favor, y que hagais con el lo que sea nombrado en ambas 
partes ; y queremos de vos la determinacion y animo. 

Y, si ayudaredes con gente a Muley Bo Haçon, os rescibiremos 
donde qulera que saltaredes y nos liallaremos personalmcnle con 
vos. Y queremos de vos que os delermineis a ello, porque este Xarile 
no ay quien bien le quiera. Y nos estâmes esperando vuestra venida 
y se a ynclinado nuestra volunlad a amaros, y vosotros soys mi 
parte y yo vuestra. Y toda cosa de que en nucslros reinos fucredes 
servido, dadnos aviso dello, y lo cumpllrcmos sobre nuestra cabeça. 

Y lo que rresia os hara sabidor dello cl portador de la présente. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo U75. — Traduction. 

I. D. Lmi, duc de Beja, fils du roi vcrlic, D. Antonio, prieur de Cralo, qui fut 
Emmanuel le Fortuné ; il eut d'une union plus lard prétendant au trône de Portugal, 
illégitime avec Violante Goraez, juive con- 3. V. supra, p. 3y;), note 3. 



3q8 AVANT LE i3 MAI 1 55o 



CXXXIV 

LETTRE DES OULAD YAHIÂ BEN ABDALLAH 
A ABOU HASSOIJN' 

Les Oiilad Yahia hen Abdallah annoncent ù Abo,u Ilassoûn que les Mar- 
niça, les Sanhadja, les Sanhadja de Gheddou, les Branis et les Tsoiil 
ont reconnu son autorité. — Tout le Maghreb a le Chéri/ en exécration. 
— Ils reprochent à A hou Ilassoûn de n'avoir pas répondu à leurs pré- 
cédentes lettres et l'assurent que, s'il vient, tout le pays lui obéira. 



[Avant le i3 mai i55o.] 

j Los loores a Dios solo, y su conicnlo seade sus amigos y sacazes I 

Esia caria es del pequeûo sicrvo de Dios Allissimo y el menor de 
sus siervos, el sicrvo Abcayday", de poca cslinia, que espéra en la 
piedad de su senor Diriz aben Hamcl, y lodos los hijos de \ahaya 
aben Avdala. 

Al emperador delos Mores Multy Abul Haçon, ; que Dios guie 
y haga viloi-ioso ! 

(i Como estais y como eslan vuestros heclios ? Loamos a Dios por 
vuestra salvacion y liberlad ; y, despues de os saludar, os hazemos 
saber — hagaos Dios sabidor de bien y de liberlad — que Marniça^ 

l. GfUc lollrc elles trois suivantes. Ira- V. snpra.p. 'Si.p, noie 2. 
duites l'une à la suile de l'autre, forment 2. Abcuyduy. Nom difficile à identifier 

un seul document. En tête on a inscrit les sous sa transcription défectueuse. On peut 

mentions suivantes : » Africa. — i55o. — admettre, en rétablissant une Ci'dillc, Ab 

Carias escritas al rey de Vêlez. — Copia de Çayday, soit Abou Saïd. 
las qualro carias que se escrivicron al rey 3. Marniça, tribu du Rif à 5j kilomètres 

de Vêlez ». Sur la date de ces lettres, dont environ de Vêlez (Badis), à la tète de la vallée 

le Maure Moussa bon Omar fut porteur, de l'oued Oucrgba. 



LETTRE DES OULAD VAlllA A ABOL" IIASSOUN Sqq 

y Cinheja ' os obedescen, y Cinheja de Gatu" eslan levantados y 
tienen vuestro nombre y rruegan por vuestra vitoria, y los del 
Baraniz^ y Tuçul* ; y este ombre'' es aborrescido de todos los del 
Ponienle que no pueden sutVir del un cabello. 

Y os culpamos muclio en que no nos avcis escrito ni rrespondido, 
y a se enlremetido entre nosotros el demonio, creyendo que nos 
teneis olvidado ; mas con todo esto no os culparemos, por ser el 
caso mas grave que esso. Embianos rrespuesta y sena vuestra eu 
todo caso, en todo caso, en todo caso*' ; y tened animo y sed ani- 
moso ; y. si vinieredes solo, os obedesceran el Levante y el Poniente. 

Y en cl levador desta confiamos. y le dareis credifo, y nos embiad 
la rrespuesta en todo caso, en todo caso, y el Uevara vuestra carta 
adonde fuere menester. 

Y la salvacion sea sobre vos. 

El sobreescrilo de la carta dize : En manos de Muley Bo Haçon. 
j Dios le de vitoria ! 

Archivo General de Siinanca<. — Estaclo. — Legajo U75. — Traduction 
contemporaine . 

1. Cinheja, Sanhadja, dans la vallée de 5 Este ombre, le Ghérif. Mal|jré leur 
rOucrglia, au sud-ouest des Marniça. hostililé conire le Chcrif, les auteurs de la 

2. Cinheja de Gâta. Sanhadja de Glicd- Icllre n'auraient pas osé le désigner par son 
dou, au sud des Marniça, sur le flanc gauclie nom personnel. Sur ce rcspe.'t superslilicux 
de la vallée de l'Ouergha. de certains noms, cf. H. de C.vstries, La 

3. Barani:, Branis, tribu au sud des diplomatique des princes de la dynastie saa- 
Sanhadja de Gheddou, dans la vallée supé- dienne. à l'art. Onomastique. 

rieure de l'oued el-Lcben. 0. Le traducteur a voulu rendre l'expres- 

Ix. Tuçu/, Tsoul, tribu à l'oupst de Taza, -> . î.->s.\ 

dans la vallée de l'oued Innaoucn. ^'O" ^"^^ -^'.^ f - '.^ '< '' ^^"'^^ '• ^^''^- " 



4oO AVANT LE 10 MAI 1 OOO 



cxxxv 

LETTRE DES OULAD ZAINI A ABOU HASSOÛN 

Ils manifestent leur attachement à Abou Hassoûn et le mettent en garde 
contre Youssef ber-Rahho, dont le frère est dévoué au Chérif. — Ils ont 
fait un pacte avec les Bottouia et les Béni Belet. — Popularité d'Abou 
Hassoûn auprès de toutes les tribus, qui ont en horreur le Chérif à cause 
de sa tyrannie et de sa cruauté. — Ils sont en frelations avec les habitants 
de Fez et savent que ceux-ci se soulèveront à la nouvelle du débarquement 
d'Abou Hassoûn. 

[Avant le i3 mai x55o.] 

j Los loores a Dios I 

Al guerreador en servicio del Griador de todas las cosas, Muley 
Bo Haçon, a quien Dios de vitoria y aya piadad del. 

Escriven los de vos conoscidos, los hijos del Zaini ; y dellos son 
Juçaf hljo de Adau aben Zaini, y Avd ul Cadir, y Ali, y todos los 
liijos del Zaini, grandes y pequefios ; y vos saludamos con el desseo 
que de vos tenemos, y de saber como estais y como van vueslras 
cosas. Loamos a Dios por vuestra libertad y salvacion. 

Y despues desto, o buen Senor, nosotros rretenenios vueslro 
amor y amislad, y apresurad vuestro caso, sin lener descuido. 

Juçaf aben Rralio os a embiado cien cartas ; no le deis credilo, 
porque su ermano Feriz' piensa en vueslra perdicion, porque no 
tiene cosa que en mas tenga que al Xarife. 

Y nosotros tenemos nuestro trato con Botoya y Béni Belet ; y 
con todos los que pueden aconsejar. No temais cosa, porque todas 
las jentcs os eslan csperando, y este ombre es aborrescido de las 

I. Feriz, Farcs. 



LETTRE DES OULAD ZAIM A ABOU IIASSOUN 4O I 

jentes y arboles y tierra, porque esta dicho : a Si no conoscieredes 
al ombre, mira a les bienes que del se dixeren ». No sigue cosa 
porque tiraniza y quema y derrama sangre ; y nosolros vamos de 
nuestra casa a la casa de Fez, y sabemos sus secretos y, si sallasedes 
en tierra, los de Fez en un dia le darian grita. 

Y la salvacion sea sobre Muley al Naçar y Muley Mahamed* y 
mi senor Ali Xacron'^ ; y, por Dios, mirad al levador desta carta. 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo ^Û9. — Traduction 
contemporaine. 

I. A/uZe^3/a/iamed, pour Moulay Ahmed, ces de la dynastie ouattasside, note i5. 
second fils d'Abou Hassoùn. V. supra, p. 2. Ali Xacrun. Ali bon Chakroun. V. 

1G2, PI. IV, Tableau généalogique des prin- p. 233 et note i. 



De CIastries, ^' 3(1 



402 AVANT LE l3 MAI I 55o 



CXXXVI 



LETTRE DES OULAD ZIAN A ABOU HASSOUN 

Us reprochent à Ahou Hassoûn d'avoir oublié sa femme, ses enfants, ses 
serviteurs et eux-mêmes et d'avoir laissé l'année s'écouler sans leur 
répondre. — Toutes les tribus sont prêtes à se soulever en sa faveur. 
Les Béni Touzin, les Béni Ouriaghel et les Béni Omat n'attendent 
que sa venue et sa réponse. — Ils lui recommandent le porteur de la 
lettre. 

[Avant lo i3 mai i55o.] 

j Los loores a Dios solo ! 

Esta carta es a quien amamos y queremos, y se nos estrecha el 
mundo no viendole, Muley Bo Haçon — que Dios guie y de vitoria. 

De vuestros criados que os saludan, los hijos de Zeyen, dellos es 
Abralien aben Ozmin ' e Iça aben Ixo ' y Had aben Iça y Haçan aben 
Ican y lodos los hijos de Zeyen. Saludamos vos con la mejor salu- 
tacion ç- Y como estais y como estan vuestros negocios ? Y sca Dios 
loado por vuestra salvacion y libertad. 

Y despues desto, la causa de os escrivir es rrenovacion de la salu- 
taciort sobre vos ; y os culpamos muclio porque nos dexastes y 
dexastes vuestra muger y hijos y casas, y es cerrado el afio y no 
emos visto letra vueslra ni rrespuesla, y esto es lo peor de la obra ; 
y el animo qac en vos ay lo creced en mas y mas ; y si en nosotros 
os queda alguna duda, embianos a vucstro hijo en los navios y 
yrnos emos con el. 

1. .\brahen aben Ozmin. Co tlieikli dos mont rclablir : IbraliimhcnOlman. 

Oiilad Zian ost appelé dans un aiilro docn- 

„„ I VI I I t 1 \' ■ f 2. li'n abi'n I.vo. -rzj i'f a»_& Aïssa bon 

monl: Abrahom bon Admcn. \. mjra. ^_ *-'• o .. 

Doc. CCWXII, p. (yllr^. Il laul probabK- llvbkbnii. 



LETTRE DES OULAD ZIA> A ABOU HASSOLN 4o3 

Y Ziriali ' esta en poder del Xarife en prision. Y lo que os hazemos 
saber — hagaos Dios sabidor de bien y libertad — es que todos los 
del Poniente estan para se levantar en vuestra obidiencia, y dezid 
a Dios, el Poseedor de los reynos, que da el reynado a quicn quierc. 
y abaxa a quien quiere, y ensalça a quien quiere". 

Y nos Béni Tuzin^ y Béni Guiryagal' y Béni Omat, no miramos 
sino a vuesira cara y a vuestra rrespuesla ; j y el mando sea a vos ! 

\ lo que rresta, os dara relacion dello el levador desta. el quai 
es nueslro amigo ; liazelde mucha onrra, porque le ballcmos para 
que vaya entre nosotros y vos con las cartas y n-espuesta. 

j \ la salvacion sea sobre Muley Mabamad y Muley Naçar y mi 
senor Ali Xacron, y la salvacion sea sobre vos ! 

En el sobre escrito dize : En manos de Muley Ba Haçon, ; que 

Dios do viltoria ! 

Arcluro General de Simnncas. — Esiado. — Lefjajo 'i73. — Traduction 
contemporaine. 

I. Ziriali, pout-ètro : Djilali. C'était un ^lio 'v^. Sourale III, verset 20. 

roni'-gat très liabile qu'Abou Ilassoùn tenait o r^ • t, • .•-.-ri ■/■ - 

!' , . ' , ^ ,. 3. Bem Tuzin. iT )y c-'- Iribn nlaiiio 

a mi-chcmin onlre \ rloz et rcz pour s in- *»>• 

former dos .'vénements. V. mprn. p. 191 ''tablic sur le flanr ouesl do r.iuocl cn- 

ot note I. Nckour. 

-• ; !x. Béni Guiryi'inl et, dans le documenl 

a. lî.'miniscence coranique : ^\ Ji «uivanl. BemT/-/«;/,^/. à idontTu-r av.r Bmi 



9- jlJ ) -{t^j "kO-^U^^I ^\j »-4^ ' *-^ ''* Onriagbel lc-lj_j A), tribu rifaine cla- 

"(•:.' 1' C ' " ■ U ' 7* - ° ' s\y r ^l'*^ ^ 1 Est des Boccouia el à l'Ouest dis 
JX; } îUL; V« Uj^ j '-\^ \^* v-lU-'l Temsnman. V. p. i3C.. PI. II. earkdu Rif. 



4o4 AVANT LE l3 MAI 1 55o 

GXXXVII 

LETTRE DES OULAD AHMED BEN YASIN A ABOU HASSOÛN 

Tout le pays de Merrakech à Tlemcen est soulevé en faveur d'Abou Hassoûn. 
— // est temps que celui-ci se décide. — Ils t^ecom mandent Moussa ben 
Omar, porteur de la présente, qui a été victime des cruautés du Chéri/. 

[Avant le i3 mai i55o.] 

I Los loores a Dios solo y la salvacion sea sobre su Mensajero' sea 
su salvacion sobre el 1 

Esta carta es a quien guio Dios con contentamiento y sea con 
perdon y bienavenlurança su fin, claro sol y dia de Pascua. a quien 
tenemos por mas dulcc que la miel y por mas alto que la palma, 
guiado con vitoria de Dios, publico y secreto, principio y fin, el 
cavallero firme, animoso, que no teme los hierros de las lanças, 
Muley, hijo de Muley, Abu Haçon — que Dios guie y de vitoria. 

De los que os saludan, vucstros criados y servidores, y os dessean 
el bien, los bijos de Hamete aben lacini, el grande dellos y pequeno ; 
y es dellos Muça aben Omar^ hijo de Omar aben Hamet, el que 
vyno con su lio a Melilla y bolvio, y levador desta, que tue tomado 
con sus bijos y padoscio de manos del Xarifc cruelcs tormentos, 
hasla que Dios quiso librallo ; y Omar aben Rrozoc^ y luçafaben 
Omar, y Avdalla aben laxu, y todos los bijos de Hamet aben Yacini, 
todos os saludan y saludamos con la mejor salutacion y onrra. 

(j Gomo estais y como eslan vuestros hechos P Y loamos a Dios 
por vuestra salvacion y libertad. 

I. Sa Mensajero. Maliomct, renvoyé do Sq5 et note 2, et m/rfl, pp. /|ii,/ii3 ct/435. 
DIoii. 

a. Sur la mission de Moussa bon Omar ^- ^'"«'" ^^'' ^''''''''- ^*'3jl J. j^ ■ Omar 

en Espagne el en Portugal, V. supra, p. ben er-Uezzac. 



LETTRE DES OULAU AHMED A ABOU riASSOUN /io."") 

Despues desto -la salvacion sea sobre vos - sabed que estamos 
so vuestra sujecion y amor hasta que el mundo y lo que ay sobre el 
fenezca. \ sabed que el levador desta caria es nuestro tio y de nues- 
tra carne y sangre y no tenemos quien guarde nuestros secrètes 
sino el ; y lo embiamos a los hijos de Avdalla aben Ali y a los viejos 
de Béni UriagaP, ya los hijos del Zain lahadu aben Ali el Motalici '; 
y nos traxo carias dellos ; y todas las jentes estan esperando vuestra 
caria, levantados desde la casa de Marruecos a Tremecen, Alarabes 
y Barbaros, so la sujecion de Dios y vuestra. Y a este ombre^ se le 
a tornado el Ponienle escuridad grande. Y queremos de Dios y de 
Vuestra Nobleza gralificadora que luego que llegare a vos el levador 
desta, mandeis mover en todo caso de los casos y determinaos, o 
buen Rey, en la ora y tiempo y punlo. Y lo que rresta os hàra 
sabidor dello el levador desta. 

i Y la salvacion sea sobre Mulei Mahamel y Muley al Naçar y sobre 
vuestros amigos y companeros y los que con vos estan î Y al levador 
desta se le quemo la casa y la de su sobrino, y entro con el en 
Mehlla, y, desde el dia que salieron de la prision, estan con muclios 
maies y huidos de rrio en rrio, y de sierra en sierra, y el bien que 
aveis de hazer por nosotros lo hazed con el levador desta. 

j Y la salvacion sea sobre vos ! 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo U75. — Traduc- 
tion contemporaine. 

i. Béni Uriacjal. V. supra, p. 4o3, blie à l'Est des Béni Touzin. On rencontre 

le plus souvent ce nom sous la forme Lem- 
3. El Motalici, ethnique dérivé du nom talça. 

deEl-Melalça lj\k[\ , tribu rifa.ne éta- f f ^'''"*'-^' ^^ Chérif. V. 5«/,ra. p. 399 , 

note 5. 



io6 l3 MAI i55o 



GXXXVIII 

LETTRE DE FRANCISCO DE MOLINA' AU COMTE DE TENDILLA 

Francisco de Molina est arrivé à Vêlez; il a parlé au caïd du Penon, qui 
a d'abord rejeté bien loin sa proposition, mais qui, dans un nouvel 
entretien, s'est montré plus accommodant. — Tout dépendra de l'issue 
des opérations du Cher if du côté de Tlemcen. — Si le Chérif marche 
contre le Penon, il est possible que le caïd se décide à accepter les pro- 
positions de l'Espagne; mais, si le Chérif se désintéresse du Penon, il n'y 
aura rien à faire. — // demande d'urgence l'envoi d'un navire. 

Vêlez de la Gomera, i3 mai i55o. 

Sur la couverture, alla manu: Vêlez de la Gomera. — De Fran- 
cisco de Molina. — Fecha a xiii de Mayo i55o. — Rescibida a xi 
de Junio. — Respondida a xii del. 

Adresse: Al muy illustrissimo senor conde de Tendilla, capitan 
gênerai del reyno de Granada, mi senor. en Granada. 

Muy illustrissimo Senor, 

V. S. sabra como yo llegue aqui a Vêlez de la Gomera ; y. en 
quanto aquella mercaderia\ yo le meti un jiron\ y me lo rechaso 
muy muncho, que, por todo el aver del mundo, no darian ninguna 
cosa délia, porque aca se la pagan tanto que le embian el oro a 
costales; que es el rey el aora, y no sale, como alla decian, ni dexa 
guardas ningunas, sino esentamente se van y se vienen. 

I. Sur ce personnage, V. supra, p. 218 que Molina a proposé au caïd de céder à 

fl note I. l'Espagne. 

a. Celte lettre est en langage convenu 4- Yo le meti un jiron. littéralement: je 

pour détourner les soupçons en cas de saisie. lui ai mis une pièce. Il faut entendre : je 

3. Mercaderia : ce mot désigne le Penon lui en ai touché un mot. 



LETTKE DE FR . DE MOLINA VI COMTE DE TENDILLV !•)" 

Oy, dia de la fecha desta, le tome a tocar, y lo halle un poco mas 
blando, como honbre que esta entre dos aguas*. 

Yo me quede aqui a veamos en que para esta guerra que aora 
haze paraTremecen", porque, si por aqui se vienen, podria ser que 
se accilDara de determinar ; y, si no se vienen por aqui, es senal que 
lo dexaran en su lugar y no puede venir nada en efeto ; y, si por 
aca vienen, plazera a Dios que se hara algo segund me a parescido 
oy ; y esto es lo que se nos para. 

V. S. me hara merced que, para que no se pierda tiempo, escriva 
a Malaga pai a que se me embie luego el navio ; que yo aca lo pudiera 
detener tiempo fuera sospecha, porque Moros son muy sospechosos, 
especiulmente en este tiempo ; en lo que fuere en mi prometo a 
V. S. de me ofrescer al peligro. 

No tengo mas que escrivir a V. S. sobre esto, sino que V. S. me 
haga merced de su fabor para que el navio venga luego por mi. 

j Nuestro Sefiorla muy illustrissima persona de Y. S. guarde y en 
estado acresciente por largos tiempos como sus criados deseamos ! 

De Vêlez de la Gomera, a i3 de Mayo de i55o afios. 

Besa las muy felicisimas manos de V. S. su criado. 

Signé : Francisco de Molina. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 83. — Original. 

I. Como honbre que esta entre dos aguas. 'i. Sur l'expédition des fils du Chcrif à 

Le caïd du Penon est entre deux eaux: le Tlemcen, V. supra. Introduction critique, 
Chérif et l'Espagne. pp. 201-207. 



Ao8 3 2 MAI lOOO 



CXXXIX 

LETTRE DE VERDUGO A LEDESMA 
(Extrait) 

Les fils d'Abou Hassoûn sont restés quinze jours à Malaga. — Verdugo 
les a ensuite envoyés au duc de Médina- Sidonia, qui lésa bien traités. — 
Une caravelle de Melilla a amené sept Maures, dont quelques-uns font 
partie de la suite des fils d'Abou Hassoûn. — Ils ont été également 
envoyés au duc de Medina-Sidonia. — Sont en outre arrivés à Malaga 
deux autres Maures se disant porteurs de lettres du roi de Fez, du roi 
de Debdou et de Moulay Zidân, neveu du Chérif, pour Abou Hassoûn. 
— Leur imposture ayant été découverte, ils sont partis sans prendre 
congé de Verdugo. — Celui-ci demande des instructions au sujet des 
Maures qui viendront dorénavant à Malaga ; car chaque navire arri- 
vant de Melilla en amène des caravanes. 

Malaga, 22 mai i55o. 

Sur la couverture, alla manu : Malaga. — i55o. — De Francisco 
Verdugo, a xxii de Mayo. 

Adresse: Al muy magnifico senor. el senor Francisco de Ledesma. 



secretario de Su Mag' e de su Consejo. 
Muy magnifico Senor, 



Los hijos del rey de Vêlez' y el del alcaide Xacron reposaron aqui 
quinze dias ; no se parescen a su padre : enbielos bien aconpafiados 
y servidos por el camino al senor duque de Médina. Se que los 
rescibio muy bien y les haze buen tratamiento y que los a Uevado 

I. Lrs fils d'Abou Hassoûn, Moulav en- turc, en se rendant de Melilla à Malaga. 
Nasser et Moulay Ahmed, avaient été cap- V. supra, pp. 3^9 et 353. On ignore les 
tnrés, le a septembre iSig, par un corsaire circonstances de leur mise en liberté. 



'LETTBE DE VEKDUr.O A LEDESMA '|Of) 

a las Almadravas ' , donde podria ser que acudiese la armada de 
Argute, pero yo he avisado toda la costa con correo hasta Calix. 

Una caravela que vino de Melilla traxo otros siete Moros\ los 
quales tambien enbie al Duque. por que algunos heran criados de 
los hijos del Rey y avian catibado con ellos. 

El mismo dia que partieron de aquy, llegaron olros dos Moros 
hermanos, y me dixieron que ellos venian con carias del rey de 
Fez y del Dugudu y de Muley Zayran^ sobrino del Xarife, para el 
rey de Vêlez, con avisos de grande ynporlancia para Su Mag', y 
que se avian enbarcado en Mazagan y desenbarcado en Tabila que 
es en Portugal, y que de alli vinieron por camino dereclio a San 
Lucar al sefior duque de Médina, sin tocar en la corte del senor rey 
de Portugal, aunque sabian que estava en ella Muley Amete Bu Za- 
cari, primo hermano del rey de Vêlez, y el alcaide Xacron y los 
olros Moros criados del Rey ; y que el desino que traian hera venir 
derechos a mi casa e saver donde estava el Rey, para que yo los 
encaminase y enbiase a la corte de Sus Altezas, para dar los avisos 
que trayan y de alla pasar a Alemana en busca del Rey. Y el senor 
duque de Médina me escrivio con ellos como avian Uegado alli y le 
avian dicho el proposito que tenyan. Yo les respondi que no ténia 
licencia de Sus Altezas para enbiarMorosa su corte y que la jornada 
hera muy larga y que, pues dezian que las cartas eran de ynportancia, 
que me las diesen, que yo las enbiaria a Sus Altezas con correo a 
diligencia y que las mandarian enbiar al rey de de Vêlez. No les con- 
tento este partido, porque su traça hera pensar que yo les diera 
cavallos e dineros y quien les aconpanara hasta esa corte e yrse 
por las estaciones del rey de Vêlez, pidiendo al obispo de Cordoba 
e al arçobispo de Toledo. 

Subcedio que, el dia antes que de aqui partieren, vino a mi casa 
un vezino desta ciudad y ablolos muy familiar mente, porque los 
conoscio de la corte del senor rey de Portugal ', en la quai an estado 

I. Almadravas, pêcheries de thon. Il 2. V. infra. Doc CXL\ III, p. jS'i- 

existait un lieu de ce nom « .Vlmadrava 3. jVu^ev Zavran, Moulay Zidàn, fils aine 

de Zahara «sur la côte d'Espagne entre duchérif détrôné Moulay Ahmed ei-Aare((/, 

Tarifa et le cap Trafalgar. Il ne peut être alors relégué au Tafdelt. ^ . infra, p. ^itî, 

question ici de TAlmadrava située sur la PI. V, Tableau généalogique des princes 

côte marocaine entre Tahaddert et le cap de la dynastie saadienne, note 5. 

Spartel. 4- Cela établit bien l'imposture de ces 



^lO 2 2 MAT lOOO 

muchos dias con los otros Moros y, como onbres que no tenian 
que hazer, quisieron salir a usar su oficio, que es pedir. Y a esto 
vienen ellos y todos los otros. Los bestidos que llevan, les dio el 
sefior rey de Portugal, aunque ellos me dixieron que los avian con- 
prado en Azamor. V. md. los tenga por chocarreros, porque lo son. 
Y asi, visto que yo avia entendido su chocarreria, madrugaron y 
se partieron de mi casa syn despedirse de mi, aunque avian sydo 
en ella muy bien tratados. 

Ouerria tener mandatto de Sus Altezas de lo que se a de hazer 
con los Moros que de aqui adelante vinieren. porque tengo por zerto 
fjue, en todos los navios que enbiare a Melilla con cal e bastimentos 
c municiones, an de venir cafiUas dellos, como liasta aqui lo han 
becho ; y estoy ya muy arto dellos e con determinacion de no los 
acojer en mi casa, aunque se que, salidos délia, no an de allar 
quien les de un jarro de agoa. 

Esta escrivo de mano ajena, porque me di un golpe con una 
pelota de fierro coiado. 

; Nuestro Seîior la muy magnifica persona de V. md. prospère ! 

De Malaga, a xxii de Maio de i55o. 

Servidor de V. md., 
Signé: Francisco Verdugo. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 83. — Original. 

Maures, puisqu'ils avaienl déclaré ne pas être allés à la cour de Portugal. 



I.ETTHt: DE MIGUEL DE PEREA /j 1 1 



CXL 

LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXLMILÏEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Le Maure qui avait été enraye an roi de Dehrlou arec des lettres est revenu 
à Melilla le 1 3 mai, escorté de cinq cheikhs arabes qui sont repartis le soir 
même. — Ceux-ci ont apporté la nouvelle que les contingents du Chérif 
qui attaqmdent la ville de Manolias dans la montagne des Trara ont été 
battus par les tribus du royaume de Tleincen. — Le Chérif a quitté ou 
va quitter Fez; on croit qu'il se dirigera vers Tlemcen pour soumettre 
les tribus soulevées en faveur d'Abou Hassoûn. — La récolte dans la 
région de Melilla est la plus abondante que l'on ait vue depuis cinquante 
ans. — Le Maure qui revient d'auprès du roi de Debdou part par la 
même caravelle que la présente lettre; avec lui s'embarque un autre 
Maure qui se rend auprès d'Ahmed ben A boa Zehri. 



Melilla, a4 mai i55o. 

Sur la couverture, alla manu: Melilla. — i55o. — A Sus Alt". 
— Del capitan Perea, xxiiii de Mayo looo. — Respondida. 

Muy poderosos Senores, 

A los treze del présente llegaron aqni a esta cibdad cinco xeques 
de Alarbes', con el Moro que escrevi a \" Alleza que avia venido 
de Portugal que yva con carias al rey del Dugudu " ; y estuvieron 
aqui aquel dia, y en la noche en anocheciendo se tornaron a yr. 
Dieronnos nuevas como el xeque Muli Abdala^ que estava con las 

I. Us sont nommés dans la lettre qui CXXXIl, p. Sgô et notes a et 3. 

suit, V. m/ra, p. 4i3. 3. iMuU Abdala. Abdallah ben Cheikh, 

3. Les lettres que le roi Jean III avait caïd principal du Chérif dans la région de 

écrites au roi de Debdou, V. supra, Doc. Taza. V. infra. p. !\i!\. 



Il 2 ^'4 MAI IDOO 

cinco mill lanças del Xarife sobre una villa que se llama Manolias', 
que esta en la sierra de Tarara, fue huyendo de los Alarbes que 
vinieron del reyno de Tremecen en socorro desta diclia villa; y en 
la retirada perdio alguna gente y cavallos, aunque no tanta quanta 
aca quisieramos. 

Del Xarife tenemos nueva que quiere salir o es salido de Fez ; 
no sabemos a que parte sea su disigno. Lo que se a podido entender 
es que quiere yr la buelta de Tremecen y contra los Alarbes, porque 
no los a podido convencer, porque todos a una boz estan Uamando 
a Muley Ba Haçon. Por la via de Oran terna V" Alteza mas certe- 
nidad desto. si el Xarife fuere hazia alla. 

En toda esta comarca ay el mejor ano que avido cinquenta anos 
a ; digo esto a V" Alteza porque los niesmos Moros desta comarca 
dizen que sola esta sierra destos Barbaros bastan a dar de corner a 
un grueso exercito todo un aîîo. 

El Moro que vino del rey del Dugudu va en esta caravela^; y otro 
con el va encaminado a Muley Hamete, primo hermano de Muley 
Ba Haçon^ que creemos que a la ora de agora estara ya en Arzira. 

; Dios Xuestro Senor las muy poderosas y reaies personas de 
V"' Altezas guarde y prospère con acrecentamiento de mayores 
reynos y senorios como los vasallos y criados de V"' Altezas desea- 
mos ! 

De Melilla. a xxnii de Mayo de i55o anos. 

Muy poderosos Senores, 

Besa los reaies pies y manos de V"* Altezas, 

Signé : Miguel Perea. 

Archiva General de S imancas. — Estado. — Legajo U75. — Original. 

I. Ce nom de Uono/ios, qui dcsignf dune 2. En fait, Moussa ben Amar et son 

façon constante In Moulouva (V. supra, p. compagnon ne quittèrent Melilla que plus 

162, note i) est appliqué ici aune localité tard, le 16 juin, pour débarquer à Almeria 

située dans le massif des Trara (sierra de avant le 2() juin. V. infra, p. 4i7- 
Tarara), qu'il est difficile d'identifier. 3. V. supra, p. 35o et note 4- 



LETTRE DE BARTOLOME DORADOR \ 1 3 



CXLI 

LETTRE DE BARTOLOME DORADOR A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Le i3 mai, sont arrivés à Melilla cinq cheikhs escortant un Maure, porteur 
de la réponse da roi de Debdou au roi de Porturjal. — Tout le pays de 
Tlemcen à Taza, ainsi que le royaume de Debdou, sont dévoués à Abou 
Hassoûn. — D'après un indigène venu du Rif, le Chéri/ aurait proclamé 
la guerre, pour s'opposer à une tentative d'Abou Hassoûn, mais, si 
celui-ci ne se met pas en canipagne, le Chéri/ emploiera ses /orces à /aire 
rentrer dans l'obéissance ses sujets révoltés; les gens de la montagne 
de Melilla seraient dans l'intention de tuer le caïd du Chéri/, s'ils ont 
l'appui d'Abou Hassoûn et si sa venue est confirmée. — Le Pehon serait 
toujours occupé par le caïd qu'y a laissé Abou Hassoûn; le Chéri/ voudrait 
l'amener à lui livrer cette /orteresse, mais celui-ci entend la conserver 
our lui-même. 

Molilla, i'a mai i55o. 

Sur la couverture, alla manu : Melilla. — i55o. — A Sus Altezas. 
De Bartolome Dorador, iiii" de Mayo ' i55o. — No ay que ver'. 
Respondida. 

Muy poderosos Sefioros, 

En trece de Mayo, binieron aqui a esta eiudad cinco jcqucs, que 
son uno Ben Celiman', y otro su hcrmano Ali ben Avdala, y otro 
Avdala ben Xibe, y otro Muza ben Ali, y otro Timen Boayt : y estos 
binieron a traer un Moro^que bino con cartas de Portugal, ymbiado 
de Muli Ba Amete^ Bu Zacari, ques el que por mandado de V" Alteza 

1 . Montion erronée. V. la date véritable p. 4M et notes i et a) et tantôt Siili Ahmrd 
à la fin du document. (V. infra. p. 625 et note a). 

2. Annotation d'un commis pour indi- .\. Ce Maure était le courrier Moussa ben 
quer que la lettre lui a paru sans intérêt. Omar, V. supra, p. Sgô, note 2, et p. /ji i . 

3. Ce clieikli, qualitlé ailleurs de mara- 5. />a .l/tmt't/. appellation familière, père 
boul, est appelé lanlùt Sidi Amar (V. infra. Alimed. 



'j 1 /| Lj/j MAI l55() 

fue Arcila' ; y trae cartas este Moro del rey de Dugiidu y destos 
jequcs'^ que con el binieron ; y ha con todo el rrecado encaminado 
a Lisboa, porque cre allara alli a .Moli Ba x\mele Bu Zeçacari. 

Dicen estos cinco jeques que desde Tremecen asta Tezar, y el rey 
de Dugadu y todos los jeques de Alarbes y de sierras de Barbares 
que en esta tierra ay, que abra quarenta léguas de termine en anclio 
V en largo, y que todos estos jeques y las oUas jenles deste termine 
y dizen que Dios suaze a Su Mag' y a Muli Ba Azon y que por 
ellos an de mûrir ; y que, todas las bezes que fueren llamados para 
su serbicio, bendran con sus jenles aqui a esta ciudad. o adonde 
fueren llamados en olra qualquier parte. 

Asi mismo, a diez y ocbo deste dicho mes de Mayo, byno aqui 
una ajea ' ynbiado de un alcayde que nuebamente a benido a star 
en esta frontera por Avdala ben Jeque, ques al alcayde prencipal del 
Xarife ; y, preguntadole como estaba el Jarlfe, dixo que abia pre- 
gonado guerra. y que no sabia para donde, y que cre ques aperce- 
birse para la benida de Muli Ba Açon ; que, si Muli Ba Açon no pasa 
ogano, que se cre que entendera en sujuzgar su tierra, porque por la 
mayor parte esta rrebelada ; y que todos estos desta sierra^ estan en 
propia boluntad de malar al alcayde del Xarife, si ubiesen algun poco 
de fabor de Muli Ba Açon o tubiesen por cierto su pasada. 

Preguntamosle que como estaba el Peiion, y dixo que todabia lo 
tiene el alcayde que dejo Muli Ba Açon y quel Xarife anda gran- 
geando con el de quitaiselo si pudiese, y el se da tan a buen rrecado 
y dize que, como lo a de tener otro, que lo quiere tener el 

j Nuestro Senor guarde las poderosas presonas de Sus Reaies 
Allezas por muclios aûos y aumenle sus reaies eslados ! 

De Melilla, y de Mayo xxnii" de i55o anos. 

El (jue besa los reaies pies de Sus Reaies Altezas, 

Su criado, 

Signé : Bartolome Dorador. 

Arcfiivo General de Siinancas. — Estado. — Legojo U75. — Original. 

1. En réalité Ahmed ben Abou Zekri se LesqualntlcrnitTescmanaionlcnréalilt'dos 
rciidil à la cour de Portugal, puis de là on tribus dont faisaient parlie les cinq cheiklis. 
Mil lungne, où il rojiiignit M)ou llassoi'ln. 3 C/iott/Vo. Sur(•onaot,([uisombiec'lrosv- 
V• m/rd, p. /(.So, note I. nonymo d'ail'acjuoque et qui parail ilrsignor 

2. Il s'agit des lettres publiées ci-dessus. un rédcnipU'urd'i'sclaves, \. infni. \k 60ii. 
V. Doc. CXWII-CXXWH, pp. '6gô-!io'i. It. ha montagne de Meblla. 



LETTRE DE VERDUGO ET DE CAÇALLA !\ | 5 



GXLII 

LETTRE DE VERDUGO ET DE GAÇALLA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Deux galiotes turques ont jeté à terre un captif originaire d'Almeria qui 
avait été pris par une fuste de Vêlez. — Cx captif rapporte, le tenant 
des marchands chrétiens de Tétouan, d'un religieux rédempteur et des 
marchands de Vêlez, que les deux fils aînés du Chérif sont partis de Fez 
à la tête d'une forte mahalla ; le bruit courait que c'était pour agir contre 
Tlemcen, mais on croit que ces forces sont dirigées contre Oran et Melilla. 
— Les proveedores de Malaga transmettent cet avis au comte d'A Icaudete 
et au duc de Médina- Sidonia. 



Malaga, lojuin i55o. 

Sur la couverkire, alla manu : Malaga. — i55o. — A Sus Altezas. 
De los proveedores de Malaga, x de Junio i55o. — Respondida. 

Adresse : A los muy altos y muy poderosos Senores los reyes de 
Bohemia, governadores d' Espaiia. 

A noche llegaron dos galeolas de Turcos al paraje de Benalma- 
dana* y hecliaron en tierra un calibo, vecino de Almerla, el quai 
tomaron en Yclez de la Gomera, porque, teniendo seguro de los 
capitanes de las galeolas por veynte dias, el y su caravela y merca- 
durias, le avia tomado una fusta de Vêlez. 

Dize este cativo que los mercaderes cristianos de Tituan y un 
frayle que entiende en la rredencion y los mercaderes de Vclez le 
dixieron que nos avisase que los dos liijos mayores del Xarife par- 

I. \ illago (lo la province de Malaga, à aa kilomMros S.-O. de cette ville. 



10 JUIN lOOÛ 



4IU 

tian entonces de Fez, cori un graeso exercito de mucha jente de pie 
y treynta mill de cavallo y artilleria de campo y de bateria, y que 
se dezia que yban a ïremeceii', pero que ellos sospechavan que 
hera para Oran o para Melilla. 

Con este aviso y con las cartas de Y" Alteza, estâmes despachando 
un vergantin para Melilla, en el quai enbiaremos otros dozientos 
ducados para el gasto de las obras y la persona que Y'^ Alteza manda 
que vaya a traer razon de lo que alli se haze ' ; y en dos caravelas 
que estan cargadas de cal enbiaremos algunos bastimentos y muni- 
ciones que piden para los obras. Tanbien despacliamos otro ver- 
gantin que esta aqui de Oran, para que Dori Martyn de Cordova 
tenga este aviso ; y a la ora despachamos otro correo para el duque 
de iMedina. Tanbien dize este catibo que el Xarife embio quinientos 
onbres a cortar madera en la sierra de los Alerzes^ y que, quando 
el partio de Yelez, esperavan la maestrança. Las nuevas de los 
catibos no suelen ser muy ciertas. 

De Malaga, a x de Junio de i55o. 

De Y"^ muy altas y muy poderosas Altezas, 
Humilldes vasallos que sus reaies pies y manos besamos, 

Signé : Francisco Yerdugo. — Diego de Gaçalla. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — L,egajo 82. — Original. 

I. C'était bien sur ïlemcen que se diri- 3. Sierra de los Alerzes, la montagne des 

geaient les troupes du Ghérif ; elles entré- • ^ ■ 

rent dans celle ville le 9 juin i55o (El- ^^^^-e»' appelés en arabe jjl, Arez. Il y . ■ 

OuFRÀ.Nr, p. 55). L'armée chérifienne avait avait dans les environs de Vêlez une forêt H 

h sa této Moula)' Mohammed el-IIarràn et d'arbres de celte essence, très recherchés 

Moulay Abd el-Ivader, les deu.v ills aînés pour la construction des navires. Cf. Jime- 

du Chérif. V. supra, Introduction criticpic, nez de la Espada, La Guerra del Moro 

L'expédition de Tlcmccn, pp. 2o3-2o/i. dans Boletin rfe la Real Academia de la 

a. On lit en marge: « Que esta bien ». Hisloria, t. XXV, pp. 187-188, note 2. 



GÉNÉALOGIE DES PRIN 



N B - Dans ce iableou ne figurent que les princes ayant marqué clans 
ihistoi,- r-.. qui ont régné ont. leurs noms imprimes en rouge. 



AnMED* 

el-Aaredj 
i5i8-i5io 



Z.DÎ^3 En-Îs'asser Mohammed^ Abd el-Kader^ /«DAitAH 6 

el-llarrùn el-Ghalih bi Allah 

1557-1574 



StiiiAN Mohammed Au'» 



Meriem ' 



AdD ER-ÙaHMAN s AbD El 

167 



Mohammed En-Nasser ' '* 
el-Mesloukh 
i57i-i576 



Ech-Cheikh IS 



Mou 
EzZ 



, Moulay Ahmed el-Aaredj, déposé en i5io. — Ah ben Bou 
Bcker souvcrncur de !ilerrakech, le fait mettre à mort en i5o7 
ainsi que sept des fils et petits-fils de ce prince, afin d'assurer la 
couronne à Moulay Abdallah el-GImlib bi Allah. 

2 Moulay Mohammed ech-Cheikh eut quatre épouses princi- 
pales — De sa première femme il eut: Mohammed el-Harran, 
Abd el-Kadcr, Abdallah el-Ghalib bi Allah et Meriem. De sa se- 
conde femme, qui s'appelait Sahaba cr-Rahmania (El-Olfram 
pp. ,o5-.oo). il eut: Abd er-Rahman, Abd el-Malek, Ahmed el- 
Mansour. Olman, Abd el-Moumcn et Omar. 11 n'eut pas d'enfants 
de Dona Mencia, la fille de Don Gotcrre, le capitaine de banta Cruz, 
qu'il avait épousée en i54i, non plus que de Lella Lou. la fille du 
roi mérinidc qu'il épousa en i54ç) sous les murs de Fez. — Moulay 
Mohammed porta le surnom royal de El-Mahdi en même temps que 
celui de Hch-Cheikh. 

3. Moulay Zidàn. — 11 avait épousé sa cousine Meriem. ilarinol, 
(u.i le fré.pienta, dit que « c'cstoit im grand prince et qui ai- 
nioit les Chrestiens ». Quand il vit son père prisonnier et son 
onde Ujul-pulssanl, il conçut le projet de demander du secours à 
f.harles-Quint ou à Jean III, mais il en fut détourné. Après la 
défaite de El-Kehera (iij août i5.'i4) et l'entrée dans Merrakech 
do Moulay Mohammed ech-Cheikh, il alla h Fez demander du 
secours au roi mérinidc. Il se relira ensuite au Tafilelt, cl en sortit 
en iTi'iS i)our venir secourir Fez assiégée par Moulay Mohammed 
ech-Cheikh, puis « voyant ipic les affaire» du Roy de Fez nalloient 
pas aussi bien (pi'il le désiroit, il s'en retourna a Tafilet où cstoit 
son père. » (Dikc.o de Tobres, ch. Liiv). Il serait mort en i553 
(Ei.-OiniÀM, p. Vi). 

I,. Moulay Mohammed el-llarnin. — 11 eut la direction des opé- 
rations militaires et toutes les conquêtes faites par son père s'accoin- 
pliienl par se» soins (Ei.-Oi ikâsi, p. 108). Lors du parUigc fait par 



Moulay Mohammed ech-Cheikh entre ses enfants, il re 
verneùient du Sous (i55o), ce dont il se montra peu 
vint du Sous pour marcher contre le royaume de flci 
para de Tlemcen et de Mostaganem et, au retour de ses 
mourut à Fez (i55i), plus regretté du peuple que de m 
lui préférait Moulay Abdallah el-Ghalib bi Allah. 

5. Moulay Abd el-Kader. — H va soumettre le Ta( 
et assiège la Kasba de Fichtala qui tenait pour les M 
commande un corps de cavalerie à la bataille de Mc( 
(i5ii-'i)- En i5/|8, il opère de concert avec Ël-llarran ila 
et ravage le pays avec le concours des Khelotli. Il r 
ses deux frères El-Harrdn et Abdallah contre le royami 
cen (i55o). En i552, lors du retour offensif des Turc 
dans un eou.bat près de Tlemcen et sa tète est cnvo; 
Raïs. — Il avait un fils, Moulay Mohammed, qui fut t 
de Moulay Abdallah lors de son avènement. 

G. Moulav Abdallah el-Ghalib bi Allah. — Le prefor 
de Moulay "Mohammed ech-Cheikh. Ce fut en sa f:.j 
père dérogea à la coutume successorale instituée par 
dynastie saadicnne. . , 

7 Lella Meriem. — Cett« princesse, qui avait epou' 
Moulay Zidàn, joua un gran.l rôle dans les discor 
premiers Chérifs. En .5'. 2, après le condiat <le 1 Oue. 
Moulav Ahmed el-Aaredj avait été battu et lait pwor 
frère Moulav Mohauuned ech-Cheikh. et lors.p.e Mm'I. 
tait le projet d'une alliance avec Jean III pour .IcIiM 
son père, Lella Meriem fut choisie comme "^^^Z^^'^ 
deux Chérifs et les amena à signer un accord. K le « 
en .55', d'avoir hàlé les jours de Moulay Abd "" 
cause .lu'elle estoit jalouse de l'amour que le Clierii . 
et qu'elle craignoit que cela n'otast la succession a . 



Ilah 



PI. \ 



LA DYNASTIE SAADIFXXE 



^[OHAMMED^ 
fl- Cheikh 

I Ji8-i557 



Abhed 10 
el-Mansoar 
1578-1G03 



OrjiA-i 1 1 



Add Et-MoiME!I 12 O* 



AEDAtlAH 

Abou Farês 
i6o3-i6o8 



Z1DÂ5 
i6o3-i6a8 



DaOCD « ■ .MoHAV 



el-.Malek Abd el-MalekSO 4„ Af r, J 

Abd el-Maiek El-Oualid Ah 



.6.3..63. .es::^: e;:^. e.h.c^;:>:7Ze,h.r 

1637-1654 



Ahmed 

el-Abbas 
1 054-1 658 



re de père et de mère. ,, (D.ego oe Tohres, cL. «xvv) En 
orsque son frère Moulay Abdallah fut élevé au trône elle 
jar ruse a faire trancher la tête à AU ben Bou Beker, le 
.car de Merrakech : deux jeunes enfanU de cette princesse 
et Mohamced. avaient été compris dans le mastacre que 
.Bou Beker ava.t ordonné de faire, en ,557, du chérif 
Ahmed el-Aaredj et de sa postérité 

»!'•■ ÎM -^V^f ^r"- - ^ ^' ^'''^ précédente. 
usZ r1j\ f''\ r, ^' --' -^» 'e surnom roval de 
«sem bt Allah et celui de ELGhazifi sebil Allah ' 
loula, Ahmed el-Mansoar ne serait pas. daprès un pas- 
U-OcEBAN.. frère de père et de mère de Moulav \bd cl- 

I aurait eu pour mère Lella Messaouda, fille du fameux 
Ijnied ben Abdallah el-Ou.-rjaUi el-Ouer:erâii (E.-Oc^TtM 

II eu deux épouses principales. De la première Lelli 

2^ Abdallah .4 6o„ Farès: de sa seconde femme. Lella Ghe- 
loulaj Ahmed reçut aussi le surnom de ed-Dehebi (V mI 

Eot ""l "'■• "'''"^''•^^ ^' ^^"« expédition. 

ula> Otman. -Nomme vice-roi du Sous par Moulav Abdal- 

i Ilah '^^-^•""^°- - ->«--é vice-roi de Fe. par 
iKbd ah, lors de son avènement en .557; mandé à Merra- 
i5o6 pour rendre compte de son administration il se ri 

«7; a r"". "'^ '""^^'^ ' T''^'»-" — U ve - 
Se^un, ""%'"-1"ée -par ordre de Moulav 

eo el-Mesloukh, vice-roi de Fez. 

|»lûv Ali ben Zidàn ben Ahmed el-Aaredj. _ Pendant les 
-Unes entre les trois fils de Moulav Ahied e^ilûr! 



-^ii^r^abrtai^^iè^^^^^^^^ 

je en Portugal, puis en Espagne, où Philip^: lUoi;:^.^^^ 
Ahmed elManso^r. Il débarque à .Melilla en .5.5 Tsa.^ c tr 
Fe. pa^r Ja.a. ,1 est battu . Kobr er-Roumia. Vait prisoanier^:; 

.5. Moulay Ismail. _ H nvait été laissé à Alger par «on rn-re 
lorsque celu.-ci partit pour le Maroc. Il se réfugia à ConZu 
nop e. ou le sultan chercha à lopposer à Moulay Ahmed .SC?; 

hv '^^dël NM^r"'^- ~ " ^«'"--'J-' "- des armées de Meu- 
bla Abd el-Malek en .078 et ce prince lenvova à Maza^an pour 

el-Meloukh. ciuo ï>ebast.en avaat fait partir pour cett^ pl.,ce. II «e 
révolta en ,o8, contre son oncle Moulay Ahmed el-Man^oar et ^ 
fit proclamer souverain par les Berbèr« du Djebel Seksaoua Battu 
par les armées de El-Mansour. il se réfugia chez les Oudaia II 
mourut en 1089-90. 

.8. Moul..y èch-Cheikh. _ II avait douze ans environ. lor, de 
1 expédition de D. Sebastien au Mar^c. On le chargea dal"r a 
Mazagan so-.s la conduite .le D. Martin Correa. Il rentra en Por' 
tugal après a défaite de El-Ksar el-Kebir et la mort de son p"^ 
(. aou .07,» Il passa en Espagne, lors de lunion des courx.n';!! 
de Por uga et d Espagne, et se convertit au christianisme. 

.9; Moulay .^bdallah Commande les années de son pé.. 

C^etait le meilleur et le plus vaillant cavalier de la BarblS 

.0. Moulay Abd el-Malek. - Commande 1« années de son père 



Lettre du comte de tendilla /j i 7 



CXLIII 

LETTRE DU COMTE DE TENDILLA A MAXLMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Arrivée de deux Maures à Almeria, l'un de Vêlez, l'autre des environs de 
Melilla ; ils ont été envoyés à l'Alhambra. — Ils veulent rejoindre Abou 
Hassoùn, mais désireraient auparavant voir le duc de Médina- Sidon'ia 
et le roi de Portugal. — Les lettres dont ils sont porteurs annoncent que 
le Cliérif est haï et que le roi de Debdou, ainsi que de nombreux cheikhs du 
royaume de Fez, attendent la venue d'Abou Hassoùn pour se soulever. 

— Le Maure de Vêlez dit qu'il a été déjà en Portugal et qu'il y retourne 
avec des lettres pour le Roi et pour Ahmed ben Abou Zekri. — D'après ce 
Maure, le caïd du Peîion serait pour le Chérif, mais il entend que le 
commandement de cette forteresse ne soit pas donné à un autre que lui. 

— Le comte de Tendilla a donné des ordres à tous les capitaines de la 
côte de Grenade de diriger sur l'Alhiinbra les Maures qui viendraient 
du Maroc sans sauf-conduit, pour voir ce qu'ils apportent et en aviser 
Leurs Altesses. 



Alhambra, 39 juin i55o. 

Sur la couverture, alla manu: Halanbra. — A Sus Allezas. — 
io5o. — El conde de Tendilla. — 29 de Junio i55o. — Respondida. 

Adresse: A los muy altos y muy poderosos sefiores el rey y reina 
de Bohemia. 

A Almeria aportaron dos Moros, el uno de Vêlez de la Gomera, 
criado del Rey*, y el otro un xeque de los fronteros de Melilla ' ; 

1. Moussa ben Omar. V. supra, p. 3y5. i55o. Y. infra, p. .i35. 
note 2. Il était parti de Melilla le lôjuin 2. Sur ce cheikh, V. ibulern. 

Dk. Castkies. ■ ^- — ^7 



4i8 29 jL'i.N i55o 

embiaronmelos aqui. No traen siguro, sino una carta del capitan 
de Melilla y otra del capitan Perea. Vienen cargados de cartas de 
Berveria para el rey de Vêlez y para sus hijos, y dizen que vienen 
en su busca y que an de yr al duque de Médina, para quien assi 
mismo traen cartas, y de alli passar al rey de Portugal. 

No me paresce buena introducion que todos los Moros que quieren 
se vengan de Berveria a esto reyno sin seguro y que traigan de alla 
cartas. E, visto todas las que en aravigo traen, de que embio a V"' 
Altezas copias', la sustancia délias es dezir que el Xarifle esta muy 
mal quislo, y que el rey del Dugdu y otros muchos xeques del reino 
de Fez estan esperando a Mulay Bo Haçon para hazer la guerra al 
Xarife, y que toda la tierra se levantara contra el. Este Moro de 
Vêlez dize que a estado en Portugal y que aora buelve alla y lleva 
cartas para el rey y para Muley Hamet Bu Zacari, sobrino^ del rey 
de Vêlez, que esta en la Corte ; dize este Moro que el alcaide del 
Penon dize que esta por el Xarife, mas que no le entregara el 
Penon porque, como el Xarife a de poner otro alcaide, el quiere 
sello, que dara tan buena quenta del como otro qualquiera, y que 
si viese a Muley Bo Haçon, que se lo entregaria. Por espiriencia 
vimos aora un afio lo contrario \ si no tienen alguna contrasena. 

Ame parescido no detener a estos, y para lo de adelante e orde- 
nado a todos los capitanes de la costa deste reino que todos los Moros 
que de Berveria vinieren sin seguro de Su Mag' me los embien aqui 
para ver lo que traen y avisar a V'" Altezas dello\ 

Del Albambra, a xxix de Junio de i55o. 

De V"' Altezas servidor que sus manos besa, 

Signé : El conde de Tendilla. 
Archiva General de Siinancas. — Estado. — L,egajo 82. — Original. 

I. Ces copii'S sont les traductions qui ont d'Abou HassoAn, V. supra, p. 3jo, note [\. 

clé publiées ci-dessus, V. Doc. CWXH- 3. Lorsque lo caïd du Penon se révolta 

CWW [I, pp. 3y5-4o5. contre Abou Ilassoùn. V. supra, p. 17G, 

3. Dans certains documents, Abou Zekri noti i,etp. 23^. 

est dit à tort cousin « primo hermano » 4- On lit en marge: « Bien ». 



LETTRE DE VERDUGO ET DE CAÇALLA ^IQ 



CXLIV 

LETTRE DE YERDUGO ET DE CAÇALLA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Ils ont reçu l'oindre de faire partir de Malaga les Maures qui y viendraient, 
afin qu'il n'en résulte aucune charge pour les finances. — Abou Hassoûn 
est venu avec vingt serviteurs, et Verdiigo la hébergé trois mois et vingt- 
cinq jours. Sont arrivés ensuite, et ont été pareillement hébergés pendant 
quinze jours par lui, Ahmed ben Abou Zekri, cousin d'Abou Hassoûn. 
les fis de ce dernier, leurs serviteurs et le fis du caïd Ali ben Chakroun, 
plus quatre caravanes de Maures. — Les frais dépassent quatre cents 
ducats. — Sa Majesté na supporté, du fait de ces Maures, que les frais 
de leur nourriture depuis leur départ de Malaga. — Aujourd'hui sont 
arrivés trois Maures, porteurs de lettres du roi de Debdou et de plusieurs 
cheikhs révoltés contre le Chérif; ils ont débarqué à Almeria et ont vu 
à Grenade le comte de Tendilla. 



Malaga, i juillet i55o. 

Sur la couverture, alia manu : Malacra. — A Sus Altezas. — i55o. 
— De los proveedores de Malaga, un" de Julio 1 55o. — Respondida. 

Adresse : A los muy allos y muy poderosos senores los reyes 
de Bohemia, — governadores de Espafia. 

Manda \" Alteza que, si aqui acudieren algunos Moros, procu- 
remos que se bayan sin que se aga cosla a la liazienda de Su Mag'. 
Lo que en esto pasa es que el rey de Vêlez vino aqui en las galeras 
con veinte criados suyos, e yo Francisco Verdugo le tube en my 
casa très meses y veinte e cinco dias', tan bien servido y tralado 

I. ALou Hassoûn, étant parti de Malaga le samedi 2 novembre i5'i() (^ . S'tjjra, pp. 



^20 ^ JUILLET l550 

como en su casa, y sus criados mejor que en su casa, y nuebe 
cavallos que tubo. Despues vino aqui su primo Muley Amete Bu 
Zacari* y sus criados, e hize lo mismo. Despues vinieron sus hijos 
del Rey ^ y sus criados y el hijo del aicaide Xocron ; tanbien los tube 
en mi casa quinze dias, y fueron muy bien tratados. Y demas desto, 
an venido otras quatro cafilas de Moros ^ en diversas vezes ; a todos 
los he recogido y proveydo a mi costa. Que por cierto que pasan de 
quatiocientos ducados, los que he gastado con ellos, demas del tra- 
vaio que los huespedes de su calidad suelen dar. Solamente se a 
gastado de la hazienda de Su Ma»?' en darles de corner dende el dia 
que parten de aqui hasta entregallos en San Lucar al duque de 
Médina o en el Puerto de Santa Maria al factor del senor rey de 
Portugal, porque, como todos ellos vienen a favorescerse de Su 
Mag', no les puedo negar mi casa y hazienda. 

Oy son venidos aqui dos Moros a cavallo y uno a pie ; dizen que 
traen cartas del rey del Dugudu y de otros xeques que estan levan- 
lados contra el Xarife. Estos Moros vienen por la via de Melilla en 
una caravela del duque de Médina ; desenbaicaron en Almeria. Vinie- 
ron por Granada, donde dieron quenta al conde de Tendilla de todo 
lo que saben de aquella tierra ; y, porquel Conde lo escrivira mas 
largo a V" Alteza, no tenemos en esto que dezir .... 

De Malaga, a* ... de Julio de i55o. 

De V'^ muy alla y muy poderosa Alteza, 

Humilldes criados que sus reaies pies y manos besamos, 

Signé: Francisco Verdugo. — Diego de Caçalla. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 82. — Original. 

368 et 371), avait dû, si l'on s'en rapporte a. En mal lôôo. Cf. supra, p. 4o8. 

à cette évaluation, y arriver le 8 juillet. 3. V. i/i/ra, Doc.CX.LV[II,pp. 43i-437, 

Cette date est, d'ailleurs, très voisine de des détails sur le passage à Melilla de ces 

celle qui se déduit du Doc. XCI\, p. 3i5. caravanes de Maures. 

I. Ahmed ben Abou Zekri partit de 4. Le quantième laissé en blanc sur 

Melilla pour Malaga le 6 novembre iS^g. l'original a été rétabli d'après la mention 

V. infra. Doc. CXLVIII, p. 43o. portée sur la couverture. 



LETTRE DE MOULAY AMAR A FRANCISCO VERDUGO l\2l 



CXLV 

LETTRE DE MOULAY AMAR A FRANCISCO VERDUGO 

Il est arrivé à Melilla avec ses femmes, ses enfants, quatre vingts cavaliers 
et leur famille. — // prie Verdugo de lui procurer sans retard des navires 
pour passer en Espagne avec sa suite. — Si Verdugo a besoin d'instruc- 
tions, qu'il envoie de suite un exprès à Maximilien. — Le Roi demande 
qu'on pourvoie à l'entretien de sa suite. — // envoie quatre de ses ser- 
viteurs à la cour d'Espagne et en Portugal, et il prie Verdugo de leur 
faciliter leur mission. 

Melilla, i3 juillet i55o. 

Sur la couverture, alla manu: Melilla. — i55o. — Copia de la 
carta quel rey del Dugudu escrivio a Francisco Verdugo. 

Copia de la carta quel rey del Dugudu scrivio desde Melilla a 
Francisco Verdugo, en xni de Julio de i55o. 

Magnifico Sefior, 

Por cartas del alcaide Juan de Perea y del capitan Miguel de Perea 
entendereis, Sefior, de mi llegada* aqui con mi mugcr y doze hijos 
y ocho deudos myos y ochenla de cavallo con sus mugeres y hijos ; 
y, si en Uegando hallara navios en que podcr pasar, lo liizicra luego 
sin detenerme, por lo mucho que convicne al servicio de Su Mag' de 
que no aya tardança en mi pasada. 

Y pues estais, Sefior, en lugar de Su Mag' para hazer y proveer 
las cosas que convengan a su servicio, os pido por merced que, con 
toda la brevedad posible, me mandeis enbiar navios en que yo y mi 

I. Moulay Amar, roi de Debdou, arriva iaS. Les Icllres de Juan et de Miguel de 
à Melilla lo 12 juillet. V. infra, la lettre Perea, auxquelles se réfère Moulav Amar, 
d'Alonso de Mclgar, Doc. GXLYI, p. n'ont pas clé retrouvées. 



422 I^ JUILLET 1000 

muger y hijos y toda mi gente y cavallos podamos pasar. Y, si es 
cosa que no se puede hazer sin consultalla con el sefior rey de 
Bohemia, se despache un correo que haga muncha diligencia y que 
lleve mis cartas ; y en ell entretanto, porque aqui ay falta de provi- 
siones y la jente que yo traygo son mas de trezienlas personas, en 
algunos navios de rremos las mande proveer, que, demas de hazer 
lo que es servicio de Su Mag', me hareis a mi, Sefior, merced en 
ello, y ansi hare yo quando se ofrescan cosas vuestras. 

Quatro vasallos mios cnbio que van a la Corte y a Portugal ; 
hareisme, Sefior, merced de encaminallos y favorecellos en todo lo 
que huvieren menester. 

jNuestro Sefior su magnifica persona guarde y acreciente ! 

De Melilla, a xiii de Julio de i55o. 

A lo que, Senor, mandarcdes presto, 

El rey del Dugudu. 
Archivo General de Simancas . — Estado. — Legajo ^75. — Traduction. 



LETTllE D ALONSO DE MELGAR A LEDESMA l\23 

CXLVI 

LETTRE D'ALONSO DE MELGAR A LEDESMA 

Le roi de Debdou est arrivé à Melilla, le 1 2 juillet, accompagne de ses 
femmes, de ses enfants et de (juatre-vingts lances, en tout près de trois 
cents personnes, — // vient demander la protection de Sa Majesté et 
dépêche deux de ses serviteurs pour supplier Leurs A Itesses de lui envoyer 
des navires, afin de le faire passer en Espagne avec toute sa suite. — 
Urgence de prendre une prompte décision à son égard, vu l'inconvénient 
du séjour d'un si grand nombre de Maures à Melilla, tant au point de 
vue de leur entretien que de leur surveillance. — Le roi de Debdou est un 
homme de trente-cinq ans, bien proportionné, d'allure grave ; sa suite 
semble composée d'hommes de bien. — Leur entretien coûtera moins que 
celui des Maures venus précédemment. — Il faudrait les faire passer 
en Espagne sur les galères. — Avec l'obligation de nourrir tout ce monde, 
il n'y aura plus de vivres à Melilla à la fn de septembre. — // est 
nécessaire de ravitailler promptement la place. 

Melilla, i3 juillet i55o. 

Sur la couverture : Del pagador de las obras, xiii de Jullio i55o. 
Adresse : Al muy magnifico senor, el senor Francisco de Ledesma, 
secretario del consejo de Su Mag' &c., mi sefior. 

Muy magnifico Senor, 

Ayer sabado por la manana xii deste mes, llego a esta cibdad el 
rey del Dugudo', con lxxx lanças y sus mugeres y hijos y las de los 
que con el vienen. que seran por todos ccc personas muy poco 
menos. Viene a favorescerse de Su Mag' ; enbia dos criados suyos 
a suplicar a Sus Altezas le manden cnbiar navios en que pase en 
Espana con toda esta jente. De créer es que Sus Altezas los man- 
daran enbiar. 

1. Ce fut l'occupation de Tlemcen par réfugier à Melilla. V. supra, Introduction 
lé Chérif qui amena le roi de Debdou à se critique, p. 30^ et note -, et infra. p. 4^3. 



^2^ l3 JUILLET l55o 

Lo que yo tengo que dezir en ello es que convendra al servicio 
de Su Mag' que con brevedad se provea lo que se oviere de prover y 
mandar sobre ello, ansi porque no conviene que en esta plaça aya 
tantos Moros, aunque todos los mas estan en la villa vieja, como 
porque ynpiden las obras, por cabsa de la guarda doblada que agora 
se haze por cabsa dellos de dia y de nocbe, y no pueden trabajar en 
ellas los soldados, syno solamente hasta xxx açadoneros que av : y 
lanbien porque no ay bastimientos para podellos sustentar aqui, y 
sera trabajo y costa proverse de Spaûa. Tienese todo el buen rrecabdo 
y guarda que conviene. 

El Rey sera onbre de xxxv afios y gentil persona y gravedad de 
senor ; quatre hijos que lodos son de hedad de pelear, el menor 
dellos sera de xv anos, y siete ocho hijas mugeres y dos o très 
pequenas. La jente que trae consigo paresce toda jenle de bien y de 
buen arte. 

Lo que se gasta con elles es con mas moderacion y orden que con 
los pasados ; son menester xx hanegas de trigo para cada dia para 
ellos y sus bestias. Si se ovieren de enbiar navios para en que pase 
en Spana, seran menester en que quepan cien cavallos y azemilas, 
porque, aunque tienen mas de cxxx, algunos dexaran aqui, y tanbien 
los cavallos de los Moros son pequenos y cabran mas en ellos que 
de los Espanoles, y tanbien porque son mas domesticos. Y a estar 
las galeras de Spafia en tal parte que se les pudiese mandar venir 
por el Rey y su jente, séria a mucho menos costa de Sus Altezas y 
mas brève. Suplico a V. md. me perdone en meterme en screvir 
todas estas cosas, y escrivolas yo a V. md. como a mi senor ; rreciba 
V. md. mi voluntad. 

E con esta jente que se a rrecrescido no avra bastimentos en 
Melilla syno hasta fin de Setiembre muy tasadamente. V. md. enca- 
mine que manden al senor duque de Médina con toda brevedad 
provea de bastimentos, o a Francisco Verdugo mi seûor, que sera 
mas brève. 

Guarde y prospère Nuestro Senor la muy magnifica persona y 
estado de V. md. como V. md. desea. 

De Melilla, a xiii de Julio de iUdl anos. 

Suplico a V. md. sea servido de encaminar que se enbie el man- 



LETTRE D ALONSO DE MELGAR A LEDESMA ^25 

dato de Sus Altezas del gasto desta jente quai V. md. sabeque con- 
viene para el buen rrecabdo de mis quentas. 

Besa pies y manos de V. md. su servidor, 

Signé: Alonso de Melgar. 

Post-scriptum. — Los bastimientos con que se proveen el Rey y su 
jente se toman de los que aqui tiene el sefior Duque ; y el capilan 
Perea y el alcaide Juan de Perea y Bartolome Dorador, tenienle de 
veedor, e yo nos obligamos a dalle otros tantos bastimenlos taies 
y tan buenos al bastimentero que aqui tiene el senor Duque. 
Suplico a V. md. se provea para que se paguen. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo U75. — Original. 



^26 I'^ JUILLET l55o 

CXLVIÎ 

LETTRE DE MOULAY AMAR AU DUC DE MEDINA SIDONIA 

Moulay Amar est venu à Melilla, confiant dans le bon accueil qu'il y 
trouverait, d'après les dispositions bienveillantes que lui a toujours 
témoignées le duc de Medina-Sidonia. — // est arrivé, le 12 juillet, et, 
s'il avait trouvé des navires, il serait parti immédiatement pour se rendre 
auprès de Sa Majesté. — Comme sa suite est très nombreuse, il 
ne peut manquer d'être bientôt dans la gêne, si l'on tarde à envoyer 
des navires. — Il a écrit à ce sujet à la cour d'Espagne et aux pro- 
veedores de Malaga. — Il recommande le caïd Abdallah, porteur de 
la présente, qui doit se rendre en Portugal, après avoir eu audience 
du duc de Medina-Sidonia. 

Melilla, i3 juillet i55o. 

Sur la couverture, alla manu: Barrameda. — i55o. — Al du que 
de Médina Sidonia. — Del rey del Dugudu, a xxiii' de Julio i55o. 
Adresse : Al illustrissimo senor el duque de Médina Sidonia. 

Illustrissimo Senor, 

Con Hamu Arosi, Moro vasallo mio, escrevi a V. S. en respuesta 
de otra suya. Y el deseo que sienpre he tenido de servyr a Su Mag' 
me ha traido a casa de V. S. y a esta su cibdad, conosciendo que en 
ella avia de hallar cl recogimiento que esperava, conforme a la vo- 
lunlad que V. S. me ha mostrado y sus criados me lo han dado 
a entender. 

Yo llegue aqui a los xii deste y, si hallara navios en que pasar, 
no me deluviera hasla yr a bcsar las manosa Su Mag', y de camino 
vizilar a V. S., a quien yo deseo hazer lodo servicio, porque conosco 
que V. S. me hara toda merced y favor. Y juro por mi ley que la 

1. Sur cette mention erronée, V. ci-aprts, p. Ifi-j, noie 2. 



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LETTRE DE MOULAY AMAR A MEDINA-SIDOMA 'l 2 "] 

principal cosa que me truxo a Melilla, demas del deseo de servyr 
a Su MagS han sido las carias de V. S. ; y debaxo desta confiança 
he tenido mi presona y muger y doze hijos y ocho deudos y ochenta 
de a cavallo con sus mugercs y hijos, en que avra trczientas o mas 
personas. Y, por ser tanta gente, no podemos dexar de pasar nesce- 
sidad, si les navios en que ayamos de pasar se tardan. Yo escribo 
al senor rey de Bohemia' y a los proveedores de Malaga sobresto. 
Suplico a V. S. me preste su favor para que con brevedad vengan 
los navios. 

Y, porque el alcaide Abdala, llevador de la présente, hara mas 
larga relacion a V. S., en esta no dire mas, remitiendome a el, 
que es honbre honrrado y de confiança ; y suplico a V. S. le 
mande favorescer y encaminar para que siga su viagc hasta donde 
esta el rey de Portugal, a quien lleva cartas y encomiendas mias. 

Y Dios prospère el estado de Y. S. como desea. 

De Melilla, a xiii de Jullio " de mdl anos. 

Lela Mihala, mi muger, besa las manos de V. S., y yo y ella 
las de la senora Duquesa. 

A servicio de V. S. 



JUJJI '^\ ( Seing inanvcl \ ^ ^\ ^\ J^ ,,J^ 




Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 83. — Original. 

I. La lettre de Moulay Amar à Maxi- Jullio ». conforme à la rédaction ordinaire 

miiien, roi de Bohème, n'a pas été retrou- des dates, doit être tenue pour eiactc ; clic 

vcc. V. supra, Doc. C\LV, p. iai, le texte résulte, d'ailleurs, du conlestedudocument. 

do celle qui était adressée à Verdugo,provec- 3. A la droite du seing manuel : « Ecrit 

dor de Malaga, datée du i3 juillet i55o. par le secrétaire Abdallah. » A la gauche 

3. On serait tenté de lire : « De Melilla, de ce signe de validation se voit la formule 

XXIII de Julho », par suite de la grapiiie habituelle : a Dieu favorise ses entrcpri- 

du secrétaire (V. le fac-similé ci-con(ie) ; ses! » V. ci-contre, PI. VI, un fac-similé 

mais la lecture : « Do Melilla, a xiii de du seing manuel de Moulay .\mar. 



428 17 JUILLET i55o 

GXLVIII 

ÉTAT DE DÉPENSES' 

Dépenses Jaites pour les fils d' Abou Hassoûn , pour Ahmed ben Abou Zekri 
et pour d'autres Maures venus à Melilla, du 22 août i5/tg au ij juillet 
1000. 

Melilla, 17 juillet i55o. 

Data de maravedis que se gastaron con Muli Naçar y Muley 
Hamete, hijos del rey de Vêlez, y con sus criados, y Muli Hamete 
Bu Zacari, su primo hermano, y criados, y con otros Moros que 
vinieron en demanda del dicho rey de Vêlez, que se vino a socorrer 
de Su Mag' contra el Xarife, ano de iUdxlix y itXDL. 

[ Ano de I IS DXLix] 

A Juan Notario, estante en Melilla, veynte y dos mill y quinientos 
maravedis", que se le dieron para la despensa de los hijos del rey de 
Vêlez y de sus criados, desde veynte y dos de Agosto^ hasta dos de 

I. Une partie des dépenses qui figurent soit en maravedis, soit en réaus, soit en 

dans ce compte, savoir celles qui sont aiitc- ducats; mais elles sont reproduites en 

rieures au 6 février i55o, font l'objet d'un chiffres romains à la fin de chaque article 

compte précédent en date du 6 février (V. et toujours converties en maravedis, soit 

S(ipra, Doc. CXXV, p. 379). On doit présu- approximativement 875 maravedis pour 

mer que ces dépenses n'avaient pas encore i ducat et exactement 3A maravedis jiour 

été réglées au 17 juillet, et c'est pour cette i rcal. 

raison qu'elles ont été reproduites dans 3. Cette date est prise comme point de 

le présent compte. Il est à noter que départ du compte, parce que c'est celle où 

les articles, quoique identiques, ne parvinrent à Melilla les instructions de la 

sont pas donnés dans le même ordre; Cour pour le défrayement des Maures. ^. 

certaines dépenses sont réunies dans un supra. Doc. CWIII, p. 875, noie 2. Les 

compte et disjointes dans l'autre. dépenses faitcsantéricurementà la réception 

a. Les sommes, portées en toutes lettres de ces instructions font l'objet du compte du 

dans le détail de la dépense, sont exprimées 2 février. V. supra, Doc. CXXU, p. 378. 



ÉTAT DE DÉPENSES ^SQ 

Setyembre', que se embarcaron para yi%a Malaga ; los quales se le 
dieion por libiança del capitan Perea, fecha a xxii de Agosto de 
1 13 DXLix, ynserto en ella un capitulo de una carta de Sus Altezas, en 
que manda al dicho capitan se les dièse lo que oviesen menester a 
quenta de Su Mag' ; y tomada la nazon dello por el teniente del 
veedor", y conocimientos del dicho Juan Xotario de como rrecibio 
los dineros, y fenecimiento de la cuenta que se tomo dellos, firmada 
del dicho capitan y veedor, y cargados setenta y dos maravedis y 
medio en que fue alcançado el dicho Juan ?sotaiio a Alonso de Melgar, 
pagador de las obras de la fortification de Mellilla, a quien los dio el 
dicho Juan Xotario xxhISd 

A Alonzo de Trugillo, dos ducados para que gastase con nueve 
cavallos de los hijos del rey de Vêlez y de sus criados, que se embar- 
caron en Melilla en el barco de Pedro de la Pena, para los llevar a 
Malaga ; y, porque se avian de desembarcar en la primera tierra 
d'Espafia que llegasen, si no tuviesen tiempo para yr derechos a 
Malaga, y dende alli los llevase por tierra a la dicha Malaga, se le 
dieron los diclios dos ducados para el gasto que fuese menester en 
el camino ; y dello se dio aviso a Francisco Verdugo, pro veedor 
gênerai de las armadas de Su Mag', para que le tomase cuenta dello, 
como parece por librança del capitan Perea, fecha xxx de Agosto 
de i^DXLix anos, tomada la rrazon délia por el dicho teniente de 
veedor, y conocimiento del dicho Alonso de Trugillo. . . dccl 

A Pedro Ruis de Sobremonte, mayordomo de Francisco de 
Médina, capitan gênerai de la cibdad de Melilla, doze ducados, por- 
que dièse de comer a veynte y très hombres que y van al rremo en 
el vergantin de Melilla a Malaga a llevar los hijos del rey de Yelez 
hasta ser bueltos a la dicha Melilla en el dicho vergantin, como 
parece por librança del dicho capitan Perea, fecha a m de Setiembre 
de I y DXLIX anos, tomada la rrazon délia por Bartolome Dorador, 
teniente de Hernando de Bustillo, veedor de Su Mag', y conoci- 
miento del dicho Pedro Ruis de Sobremonte ihiUd 

I. Les fils d'Abou Hassoùn s'cmbar- qu'en mai i55o, époque où ils arrivèrent à 

quèrent à Melilla pour Malaga le 2 septem- Malaga. Ils séjournèrent quinze jours dans 

bre i5A9, comme il est dit dans le présent cette ville, après quoi Verdugo les envoya 

compte. Mais il furent capturés par un au duc de Medina-Sidonia. V. supra. Doc. 

corsaire turc (V. supra. Doc. CXIII-CXIV, CXXXIX, p. 4o8, et CXLIV, p. 4ao. 
pp. 3^8-35:4) et ne furent rendus à la liberté 3 . Bartolome Dorador, 



JUILLET I OOO 



400 

A Bernaldo de Léon, estante en la cibdad de Melilla, nueve mill 
y quinientûs v setenta y dos maravcdis, que se le dieron para la 
despensa de Muley Hamcte Bu Zacari y de sus criados, desde très 
de Setiembre, que Uego a Melilla, liasla seis de Noviembre, que se 
embarco para Malaga'; los quales se le dieron por librança del 
capitan Perea, fecha a très de Setiembre de i^oKLixarios, tomada la 
rrazon délia y de los conocimientos del dicho Bernaldo de Léon 

por el dicho teniente de veedor ix ^ dlxxii 

Al dicho Bernaldo de Léon ocho mill y setecientos y treynta 
maravedis y medio, por otros tantos que el gaslo con Muley Hamele, 
primo hermano del rey de Vêlez, y con sus criados, desde très de 
Setiembre hasta seis de Noviembre, demas de los nueve mill y qui- 
nientos y selenla y dos maravedis de la partida antes desta, como 
parece por la quenta que dello se le tomo en presencia del veedor 
y librança del dicho capitan, fecha a vi de Noviembre de i15dxlix 
anos, tomada la rrazon de todo ello por el dicho teniente de 
veedor vmnDCcxxx- 

A Pedro de la Pena, patron de su barco nonbrado « San Juan », 
vezino del Puerto de Santa Maria, seis ducados, que son dos mill y 
dozientos y cinquenta maravedis, por el flete de nueve cavallos que 
Uevo de Melilla a Espana de los hijos del rey de Yelez de la Gomera 
y de sus criados, como parece por librança del capitan Perea, fecha 
a XXX de Otubre iISdxlix afios, tomada la rrazon délia por el dicho 
teniente de veedor y conocimicnfo del dicho Pedro de la 
Pena iiUccl 

Al dicho Pedro de la Pena, vezino del Puerto de Santa Maria, 
patron de su barco, veynte y très reaies, que son setecientos y 
ochenla y dos maravedis, para que los dièse en Malaga a Alonso de 
Trugillo, por otros tantos que el dicho Alonso de Trugillo gasto 
con nueve cavallos de los hijos del rey de Vêlez y de sus criados 
desde Almeria, donde desembarcaron, hasla Malaga; demas de dos 
ducados que le dio el dicho Alonso de Melgar al dicho Alonso de 

I. Do Malaga, Alimcd ben Abon Zekri Cliarles-Quint (itidem, cap. 66). Le 3 sep- 

sc rendit en Portugal avec le caid Ali bon tcmbre i55o, ils étaient de passage à 

Ghakroun (Andrada, IV, cap. 5i). En Bruxelles, allant à Augsbourg où se trou- 

i55o, ils s'embarquèrent à Lisbonne pour vait l'Empereur. V. z" Série, France, t. 

aller rejoindre Abou Hassoùn auprès de 1, p. i5G. 



ETAT DE DEPENSES [\6l 

Trugillo, para el dicho efeto, por librança del capitan Perea, fecha 
a treynta de Agosto deste afio, que le estan recebidos en quenla. 
Esta quenta y los dichos veynte y très reaies dio al dicho Pedro de 
la Pefia, por librança del dicho capitan Perea, fecha en Melilla a 
XXX de Otubre de i^dxlix aîios, tomada la rrazon por el dicho 
teniente de veedor y conocimiento del dicho Pedro de la 
Pena dcclxxxii 

Ano de I i5 DL 

A Miguel Ruis, vezino de Melilla, lengua araviga en ella, siete 
mill y ciento y noventa y qualro maravedis y medio, por otros 
tantos que gasto en dar de corner a très Moros' y un cavallo, y el 
uno liijo del alcaide Ben Aonzar", y el otro un secrelario del Xarife, 
y otro Moro, y en otras cosas que ovieron menester, desde quinze 
de Enero hasia seis de Hebrero, en esta mancra : 

Ciento y seis reaies, que son très mill y seiscientos y quatro 
maravedis, que gasto en dar de comer y tener en su casa a los dichos 
1res Moros : el hijo del alcaide Ben Aonzar, desde quinze de Henero, 
que llego a Melilla, hasta vi de Hebrero, que son xxm dias, a dos 
rreales cada dia ; y a los dichos secretario del Xarife y al otro Moro, 
desde xxni de Henero, que llegaron a Melilla, liasla vi de Hebrero, 
que son quinze dias, a dos reaies cada uno, que son sesenta reaies, a 
cumplimienlo a los dichos ciento y seis reaies.. . . m ^ Dcini 

Ochocientos y sesenta y seis maravedis, que gasto en dar de 
comer veynte y très dias al cavallo del hijo del.alcaide Ben Aonzar, 
trigo y paja dccclxvi 

Ciento y quatro maravedis de paja y cevada, que se le dio para 
la mar al cavallo cnn 

Dozientos y sesenta y très maravedis y medio que se les conpro 
de vituallas que comiesen por la mar los dichos Moros. cclxhi- 

Dos reaies que pago a Alonso Baçan, herrador, porque euro al 
dicho cavallo que llego a Melilla maltratado, y por herrallo. Lxvni 

Mill y treynta y un maravedis por dos camisas de Ruan y dos 
çaragueles^ que se les hizieron al secretario del Xarife y su conpanero, 

I, V. 5upra, pp. 376 et 38o. 3. Çara^ucZcs, pluriel de çaragucl Jj^— 

•J. V. supra, p. 38o, noie 3. seronal, pantalon. 



432 17 JL'ILLET Io5o 

que llegaron a Melilla desnudos, porque los rrobaron en el camino 
los Alarbes y les quitaron los cavallos y lo que trayan. i^xxxi 

Mill y veynte maravedis por dos sayos de pano naranjado que 
se les dio lUxx. 

Dozientos y un maravedis por très pares de çapatos que se les 
dio a los dichos très Moros cci 

Veynte maravedis por una libra de xabon y diez y siete maravedis 
por una llave de una bajuleta del dicho hijo del alcaide Ben 
Aonzar xxxvii 

Que son los dichos siete mill y ciento y noventa y quatro mara- 
vedis y medio que se le pagaron al dicho Miguel Ruis, que los 
gasto en la manera susodicha, como parece por librança del capitan 
Perea, fecha a xi de Hebrero de iUdl anos, con conocimiento del 
dicho Miguel Ruis, tomada la rrazon délia por el dicho teniente de 
veedor. . . , vii?3cxciin- 

Al dicho Miguel Ruis otros mill y trezientos y noventa y quatro 
maravedis y medio, que gasto con los dichos Moros, otros très dias 
que los tuvo en su casa, que fueron siete y ocho y nuev€ Hebrero, 
porque no les hizo tiempo para enbarcarse ; y con otro Moro que 
vino el dicho nueve de Hebrero con aviso que el Xarife salia de 
Fez con exercito y artilleria el mes de Marco deste aîio, no se sabia 
para donde ; y lo que con ellos gasto fue en esta manera : 

Diez y ocho reaies por très dias que tuvo mas a los dichos très 
Moros en su casa el dicho Miguel Ruis, a dos reaies cada dia a cada 
uno Dcxn 

Dos rrcales por média fanega de cevada que se conpro mas para 
el cavallo Lxvin 

Quiniontos y setenla y ocho maravedis y medio por un sayo de 
Londres morado que se dio al dicho Moro que truxo el aviso de la 
salida del Xarife dlxxviu- 

Quatro reaies por unos çaragueles de prcsilla que conpraron 
para el dicho Moro cxxxvi 

Que son los dichos mill y trezientos y noventa y quatro maravedis 
y medio que se gaslaron con los dichos Moros, como parece por 
librança del dicho capilan Miguel de Perea y conocimiento del 



ÉTAT DE DÉPENSES 433 

dicho Miguel Ruis, fecho a ix de Hebrero de mdl aûos, tomada la 
rrazon dello por el dicho teniente de veedor. . . i^ cccxciiii- 

A Pedro Davila quatre mill y quinientos y sesenta y très mara- 
vedis y medio que gasto con dos Moros : el uno, criado del rey de 
Vêlez, que lo embio desde Malaga por la via de Oran con cartas 
para el rey del Tafilete' ; y el olro, criado del rey del Dugudu, que 
vino a traer cartas del dicho rey para Su Mag' y para otros sefiorcs 
de Espana^ ; los quales llegaron a Melilla a diez y ocho de Diezembre 
de MDXLix aûos y estuvieron en ella, esperando pasaje, hasta treze 
de Enero siguiente que se embarcaron. Y lo que se gasto con ellos 
en el dicho tiempo y se dio a un Moro que les vino a mostrar el 
camino, porque no fuesen tomados de los criados del Xarife, mon- 
tan los dichos quatro mill y quinientos y sesenta y 1res maravedis 
y medio, en la manera siguiente: 

Ochenta y un rreales por veynte y siete dias que el dicho Pedro 
Davila dio de corner y tuvo en su casa a los dichos Moros, a rrazon 
de très rreales cada dia por ambos iiUdccliui 

Cinco rreales por el bastimento que les conpro para que comiesen 
por la mar clxx 

Quatrocientos y cinquenta y quatro maravedis por una camisa 
y unos çaragueles que se les dio a los dichos Moros. . ccccLini 

Treynta y ocho maravedis por unos alpargates que se les 
dio xxxvni 

Mill y quaranla y cinco maravedis y medio que se dieron al dicho 
Moro que les mostro el camino, los cccLxxiin" maravedis en dineros, 
y los Dxxw maravedis en siete varas de Ruan, a dos rreales y 
quartillo la vara, y los cxxxvi maravedis en un boncte de 
grana itSxLV- 

Tres reaies por dos dias que tuvo y dio de corner on su casa al 
dicho Moro en 

Que son los dichos quatro mill y quinientos y sesenta y très 
maravedis y medio que se gastaron con los dichos Moros ; los quales 
pago el dicho Alonso de Melgar al dicho Pedro Davila, como parece 
por librança del dicho capitan Perea, fecha a xini" de Enero de 

I. Moulay Ahmed el-Aaredj. 2. V. supra, p. 3y5, noie 2. 

De Castries. . X. — aS 



l^'Sl^ 17 JUILLET looo 

iHoLarios, y conocimienlo del dicho Pedro Davila. lomadalarrazon 
délia por el dicho tenienle de veedor iiiiUdlxiii- 

A Pedro de Arenas, estante en Melilla, ocho mill y setecientos y 
veynte y dos maravedis y medio, que gasto con siete Moros que 
vinieron a Melilla en demanda del rey de Vêlez, en dalles de co- 
mer y otras cosas que ovieron menester, y lo que se les proveyo 
para la mar desde treynta de Marco liasta veynte y nueve de Abril 
que se enbarcaron ; y lo que con ellos se gasto es en la manera si- 
guiente : 

Cinco mill y dozientos y setenta maravedis gasto con los cinco 
Moros de los dichos, desde xxx de Marco que llegaron a Melilla 
hasta veynte y nueve de Abril que se enbarcaron, en dalles de 
corner, a rrazon de un rreal cada dia v^cclxx 

Mill y ciento y cinquenta y seis maravedis gasto con los otros 
dos Moros, desde xni de Abril que llegaron a Melilla hasta xxix del 
que se enbarcaron i^clvi 

Setecientos y onze maravedis y medio de bastimentosparala mar, 
con costal que se les dio en que fuesen parte dellos. . dccxi- 

Cinco rreales y medio por unos çaragueles de Ruan para un 
Moro cavallero de los dichos clxxxvii 

Quinientos y quarenta y quatro maravedis por quatro pares de 
çaragueles de presilla para otros quatro Moros. . . . dxluh 

Diez y ocho rreales por très camisas que se conpraron para los 
dichos Moros dcxii 

Treynta y ocho maravedis por unos alpargates que se dieron a 
un Moro de los susodichos xxwni 

Seis rreales a un Moro ' del rey del Dugudo porque fuese con 
cartas para el dicho rey, que las truxo del rey de Portugal. . ccnn 

Que son los dichos ocho mill y setecientos y veynte y dos mara- 
vedis y medio que gasto cl dicho Pedro de Arenas en la manera suso- 
dicha, como parecc por librança del dicho capitan y conocimienlo del 

1. Il s'agit de Moussa ben Omar, qui avril, lors du séjour des sept Maures mon- 

faisait l'ofïice do courrier entre la cour lionnes plus haut. L'article suivant (p. 435) 

de Portugal et Moulay Amar. V. supra, donne les dates do son retour de Debdou, 

Doc. CIWXII, p. Sy'i. Il était sans doute le i3 nnai, ot de son départ pour l'Espagne, 

arriv.' h Melilla onlro lo 8o mars ot lo 29 lo 1C1 juin i55(i. 



ÉTAT DE nÉPENSES /j35 

dicho Pedro de Arenas, fecha a v de Mayo de mdl aûos, tomada la 
rrazon délia por el dicho teniente de veedor. . viii^ dccxxii- 

A Alonzo Ferez, estante en Melilla, diez mill y dozientos y treynta 
y seis maravedis y medio, que gasto con très Moros : el uno criado 
del rey de Velcz, que fue a Espana a llcvar carias al rev del Dugiido 
y a otios cavalleros nnoros alarbes, a la buelta que bolvio a Melilla 
con la respuesta délias ; y el otro criado deste Moro ; v olro Moro 
natural de la sierra junto a Melilla; y con cinco cavalleros moros 
alarbes que vinieron aconpaûando al dicbo criado del Rey hasla la 
dicha Melilla, porque no fuese toniado de los criados del Xarife ; 
con todos ellos gasto los dichos diez mill y dozientos y treynta y seis 
maravedis y medio, en dalles de corner y oti'as cosas que ovieron 
mencster, y en lo que se les proveyo para la mar, desde treze de 
Mayo que llegarona Melilla hasta diez y seis de Junio que se enbar- 
caron, que es en la manera siguiente : 

Ouinientos y diez maravedis gasto en lo que dio de corner a los 
cinco cavalleros moros alarbes un dia que estuvieron en Melilla, y 
en lo que se les proveyo que comiesen en el camino, porque avian 
de yr por despoblado dos jornadas, por huyr de la génie del 

Xarife ox 

Dos mill y trezientos y ochenla maravedis por Ireynta y cinco 
dias que tuvo en su casa al dicho criado del dicho rey de Vêlez y al 
olro Moro su criado, y les dio de coiner por un rreal cada dia a 

cada uno iiUccclxxx 

Novecientos y cinqucnta y dos maravedis que gasto con Bucar, 
cavallero moro, natural de la sierra junto a Melilla. que fue a clla 
y paso en Espana en demanda del rey de Vclez y a ofrecerse a su 
servicio en nonbre de los Moros principales de la dicha sicria, 
desde dos dias de Junio que llego a Melilla hasta diez y seis del 

que se enbarco, a dos rreales cada dia dcccclii 

Quinientos y treynta y nueve maravedis cjuc gasto en biscocho 
y pasas y higos y queso, para que comiesen los dichos très Moros 
por la mar, y en un costal y un seron que se les dio en cjue lo 
llevasen y que llevasen la ccvada que se les dio para que comiesen 

sus cavallos por la mar dxxxix 

Un ducado que se dio al dicho Moro, criado del dicho rey de ^ elez, 



436 17 Ji^'iLLET i55o 

para con que pudiese yr desde qualquiera parte de la costa d'Espana 
que se desenbarcase hasta Malaga o a San Lucar\ . cccLxxnii 

Dos mill y ciento y quarenta y dos maravedis por seis pares de 
borzeguies, a siete rreales cada par, y por seis bonetes de grana, a 
très reaies y medio cada uno ; los cinco pares de borzeguies y cinco 
bonetes para los cinco cavalleros alarbes, y el un par y bonete para 
que Uevasen a un cunado del rey de Vêlez, principal de los Alarbes, 
que los pidieron porque no los podian aver de Fez, por la guerra 
que tenian con el Xarife iiUcxlii 

Dozientos y ochenta y quatro maravedis por una camisa y un 
par de alpargates que se dio al Moro que vino Con el criado del Uey, 
porque no ténia ninguna cclxxxiiii 

Novecientos y dos maravedis por onze varas de Ruan, que se 
dieron aldicbo Bucar, para que hiziese una camisa y una almalafa^ 
que pidio el dicho Moro, por no traer el capello de pano con la calor 
que haze dccccii 

Trezientos y cinquenta y un maravedis y medio por veynte y 
quatro herraduras y clavos hechizos que para ellas fueron menester, 
que pago al tcnedor de bastimentos del Duque para herrar los cinco 
cavallos de los cinco cavalleros alarbes y el del criado del dicho 
rey cccli- 

Cinco reaies que pago a Alonso Baçan, herrador, los très reaies 
por herrar los dichos seis cavallos. y los dos por curar el del criado 
del que estuvo malo clxx 

Mill y quatrocientos y veynte y ocho maravedis por diez fanegas 
y média de cevada a quatro reaies, que se gastaron, la una fanega 
y très celemis con los cavallos de los cinco cavalleros alarbes que 
vinieron con el criado del Rey, el dicho dia que estuvieron en 
Melilla, y con la que Uevaron para el camino ; quatro fanegas y 
quatro celemis y medio que comio el cavallo del dicho criado del 
Ucy en trcynla y cinco dias que estuvo esperando pasaje en Melilla, 
a cclcmin y medio cada dia ; una fanega y diez celemis y medio que 
comio el cavallo de Bucar quinze dias que estuvo en la dicha Melilla, 
esperando pasaje al dicho respeto ; las très fanegas restantes se les dio 

I. D.ins col article, lo iliicat a ôIp comjilé ■;.. Ahnalafa. du mol arabe <lœUl cl- 

poiir 37/1 maravi'clls. mulalifa, liaïk li'gcr pour l'été. 



ÉTAT DE DÉPENSES l\3l 

para que comiesen los dichos cavallos por la mar. i^ccccxxviii 
Seis rreales que pago al bachiller Agustin por las medicinas que 
a dado para curar los Moros que an eslado enfermos de los que 
vinieron con los hijos del Uey y de los que despues fueron a Melilla 
en su busca, hasta diez y siete de Julio mdl afios. . . cciiii 
Que son los dichos diez mill y dozientos y treynta y seis maravedis 
y medio que gasto el dicho Alonso Ferez con los dichos Moros en 
la manera susodicha, como parece por librança del dicho capitan 
Miguel de Perea, fecha a diez y siete de Julio de mill y quinientos 
y cinquenta anos, tomada la rrazon délia por el dicho teniente de 
veedor y conocimiento del dicho Alonso Ferez de como recibio los 
dichos dineros del dicho Alonso Melgar. . . xUccxxxvi- 

Archivo General de Simancas. — Estado. — Legajo U7d. — Coj)ie 
contemporaine. 



438 20 JUILLET i55o 



CXLIX 

LETTRE DE CHARLES-QUI^T A DON LOPE HURTADO 
DE MENDOZA 

(Extrait) 

Si le roi de Portugal a abandonné El-Ksar es-Seghir, c'est sans doute 
parce qu'il n'a pu faire autrement. — Tanger est certainement très 
exposé à une attaque du Chéri/, si la situation est telle que l'écrit Don 
Lope Hurtado. — Charles-Quint raconte l'entretien qu'il a eu avec 
Lourenço Pires, ambassadeur de Portugal. — Ce dernier voulait 
amener l'Empereur à acquiescer à la cession de Tanger à Abou 
Hassoûn. — Devant l'attitude réservée de l'Empereur, Lourenço Pires 
se contenta de dire qu'on devrait accueillir Abou Hassoûn à Tanger, parce 
que, de cette place, ce prince pourrait menacer les Chérijîens et sou- 
tenir ses amis. — // insistait pour que l'Empereur le chargeât de 
parler en son nom à Abou Hassoûn, mais Charles-Quint l'invita à 
agir d'après les instructions qu'il avait reçues et l'entretien prit fin. 
— Le soir même, Lourenço Pires reçut un courrier de Portugal et Jit 
annoncer au secrétaire Eraso et au prince d'Espagne qu'il leur parlerait 
le lendemain; mais jusqu'à présent il n'en a rien fait. 



Augsbourg, 30 juillet i55o. 

Sur la couverture, alla manu : Copia delà carta que Su Magestad 
scrivio a Lope Ilurlado. — De Augusta. xx de Jullio i55o. 

El Uey, 

Lope Hurlado de Mendoça, del nuestro Consejo y nuestro em- 
baxador. Vi vuestras letras de vu, xvi del passado. 



LETTRE DE CHARLES-QUINT A HURTADO DE MENDOZA /p^Q 

En lo que toca a haver dexado a Alcaçar y al Saynal y cegar 
el rio para que no se pueda navegar, pues el Serenisimo Rey lo 
ha hecho, de créer es que le parecio que convenla y que no se 
podia hazer otra cosa. Y en lo de Tanger, no hay dubda sino que, 
siendo el contorno de la tierra de la manera que dezis, podria el 
Xariffe ponerla en trabajo. 

El Embaxador nos liablo habra iiij o v dias, despues de haver 
hecho su visitacion', tocando livianamente en que queria dar 
razon al rey de Vêlez de la causa que huvo para desamparar a 
Arzilla^, mostrando tanbien que, si importara a Gastilla, no se 
hiziera. Y a este mismo proposito truxo que se le podria dar a 
Tanger (con harta dissirnulacion), diziendo que le hablaria conforme 
a lo que me pareciesse, porque assi le estava ordenado. Y, visto 
su inlento, le pregunte, casi maravillandome : (icomo a Tanger se 
quiere dar? de forma que conociese que ni lo loava ni aprobava. 
Y enlonces, entendido no salia a lo que pensava, bolvio y dixo 
que no havia advertido en aquella palabra que havia dicho, porque 
no se enlendia sino que havia de ser para que estuviesse dentro, 
sin enlregarsela, teniendo inteligencias con los de la tierra y haziendo 
el dafio que pudiesse en los del Xariffe, entreteniendo sus amigos. 
De manera que no pudo ygnorarlo, ni menos me quise embaraçar 
en lo que debia dezir al dicho rey. Y le remiti a que lo hiziesse 
conforme a la orden que de alla ténia, sin passar mas adelante. Y 
dexando la plalica pendiente, se fue. 

Y el mismo dia en la noche, le Uego de alla correo, y haviendo 



1. Le roi de Portugal avait chargé Lou- Jean III s'obligeait à mettre une force 
renço Pires de Tavora de rendre visite à double à Tanger (Andrada, Part. IV, cap. 
Charles-Quint et de s'informer de sa santé ; 5i). C'était pour obtenir le consentement 
mais, en réalité, l'ambassadeur de Portugal de Charles-Quint qu'Abou Ilassoùn s'était 
devait appuyer la négociation du roi de rendu en Allemagne. L'Empereur refusa 
Vêlez. V. note suivante. ce secours, et Lourenço Pires en informa 

2. Par l'accord conclu à Malaga le 37 son souverain par lettre du a mai i55o. 
septembre iSdg entre Abou Hassoùn et Jean III se décida alors à faire évacuer 
Manuel Mascarenhas, le roi de Portugal Arzila et il chargea Lourenço Pires d'en 
s'était engagé à remettre Arzila à Abou informer Abou Hassoùn, mais en même 
Ilassoùn, avec de l'artillerie, des munitions, temps, il devait offrir à ce prince de se 
5oo soldats et 60 cavaliers. De plus, dans ser\ir de Tanger comme base d'action con- 
le cas où. l'Empereur consentirait à entre- tre le Chcrif. V. 1''^ Série, Portugal, à la 
tenir à Arzila une garnison de 1 000 lances, date du 6 juin i55o. 



embiado a dezir a Eiasso* que esta va sacando la ciffra y que le 
hablaria otro dia, e dicho despues al Serenisimo Principe mi hijo 
que haria lo mismo, hasta ahora no ha tractado ni declarado nin- 
guna cosa^ Por lo quai es de créer que debe despachar este con lo 
que ha passado, para advertir de la manera que lo he tomado y 
como le e respondido. E. porque esteis prevenido, he mandado 
avisaros tan particularmente dello, para que, si os hablassen en 
algo, sepais lo que hay y podais satisfîazer con el miramiento que 
soleis hazer. 

De Augusta, xx de JulHo i55o. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — ^^gajo 6^5, f. 42. — 
Copie. 

1. Francisco d'Eraso, secrétaire du con- de recevoir était celle du 39 juin i55o (V. 

seil des Indes, président des Ordres, secré- i'''^ Série, Portugal, à cettedate), par laquelle 

taire d'Etat en 1547. Il mourut le 8 dé- Jean III, ayant changé d'avis, invitait son 

cembre 1570. ambassadeur à ne parler ni au roi de Yelez 

a. La dépêche que Lourenço Pires venait ni à l'Empereur de roffre relative à Tanger. 



LETTRE de' MEDINA-SIDOMA A MAXIMILIE.N DAUTRICHE ^^1:^1 



CL 



LETTRE DU DUC DE MEDINA-SIDONIA A MAXIMILIEN 
D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Le Cher if a envoyé son fils contre Tiemcen, qm a été occupé sans coup férir . 
— Le Roi et les Turcs qui se trouvaient dans la ville ont été envoyés au 
Chérif — Le vainqueur se rend à Alrjer pour faire alliance avec les 
Turcs contre les Chrétiens ; son dessein serait de réunir une grande flotte 
pour passer en Espagne. — Le royaume de Debdou a été occupé par les 
forces du Chérif. — Moulay Amar a capitulé, à condition qu'on le 
laisserait partir avec ses femmes, ses enfants et ses parents. — Il est 
arrivé à Melilla le 12 juillet avec trois cents personnes. — // demande à 
passer en Espagne avec les siens. — Urgence d'envoyer des navires à 
Melilla pour les transporter, vu le danger du séjour d'un trop grand 
nombre de Maures à Melilla. 



San-Lucar de Barrameda, 21 juillet i55o. 

Sur la couverture, alla manu : Barrameda, — i55o. — A Sus 
Altezas. — Del duque de Médina Sidonia, xxi de Jullio i55o. 

Adresse : [Al muy alto y] muy podeioso senor el rey de Bohemia 
mi senor. 

Muy poderoso Senor, 

De Melilla me an embiado un vergantin en que me hazen saber 
como el Xarife embio un hijo suyo o dos sobre el reyno de Tre- 
mecen ' ; y lo tomo a partido sin pelear, v al Rey' e a los Turcos que 

I. En fait, ce furent les deux fils aines 2. .Moulay Ilassenben Abdallah, le prince 

du Chérif, Moulay el-Harràn et Moulav Abd zcïanide que les Turcs avaient installé à 

el-Kader, qui conduisirent l'expédition. \'. Tiemcen au mois d'octobre id48. V. supra, 

supra, Introduction, pp. 2o3 et ao4- p- 2<i2 ot note a. 



442 2 1 JUILLET l550 

avia en Tremecen los embio al Xarife, e y va la buelta de Argel a 
confederarse con los de Argel. diziendo que, pues avian pregonado 
guerra contra los subditos de Su Mag', que el queiia dalles sueldo 
y tenellos por aliados suyos y confederados, para que se hiziese 
una gran armada y venir en eslos reynos. 

Y, demas desto, a tomado el reyno del Dugudu; y el Rey se dio 
a parlido y que lo dexasen venir con sus mugeres, hijos e deudos. 
Y asi, a los doze deste mes, llego a Melilla con trezientas personas 
por todos, y entre ellos ochenta de a cavallo' . Escriveme el Rey que 
quiere pasar a estas partes con toda su gente, como vera V" Alteza 
por su carta que con esta va^. Supplico a V" Alteza que mande pro- 
veer luego navios que los traygan, porque es muy gran peligro 
que esten mucho en aquella frontera, y pues las cosas de Africa 
estan en los terminos que \" Alteza sabe. 

De Sant Lucar de Barrameda, a x\i de JuUio i55o anos. 

De V" Alteza 
Servidor que sus muy reaies manos besa, 

Signé: El Duque. 
Archiro General de Simancas. — Estado. — Legajo 82. — Original. 
1 V. supra, p. 'lao. 2. N . sujira. Doc. CX.LMI, p. l\2&. 



LETTRE DE VERDUGO ET DE CAÇALLA f\flS 



CLI 



LETTRE DE VERDUGO ET DE CAÇALLA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Inquiétude que leur cause la. présence à Melilla du roi de Debdou avec une 
suite nombreuse. — Ce prince n'a pas l'intention de s'en aller, vu que 
les fils du Chéri/ ont laissé dans son royaume un caïd à leur dévotion 
et qu'il lui est impossible de rentrer dans son pays sans risquer sa vie. 



Malaga, 26 juillet i55o. 

Sur la couverture, alla manu : Malaga, io5o. — A Sus Altezas. — 
De los proveedores de Malaga, xxvi de JuUio i55o. — Respondida. 

Adresse : A los muy altos y muy poderosos seûores los rcyes 
de Bohemia, governadores de Espana. 

A nos puesto en cuydado la venida del rel del Dugudu a Melilla 
con tanta casa como trae, porque su estada alli es sospechosa y la 
venida aca es travajosae ynportuna. Emonos ynformado destos sus 
criados si podria el Rey bolverse a su tierra, pues los Xarifes son 
ydos a Fez; dizen que no, porque ya tienen puesto en ella alcaide 
de su mano y que ninguna parte les queda entre los Moros donde 
puedan escapar las vidas. 

; Nuestro Senor las muy allas y muy poderosas personas y estado 
de V"* Altezas ensalce ! 

De Malaga, a xxvi de Julio de i55o. 

De V'" muy allas y muy poderosas Altezas, 
Humilldes criados que sus reaies pies y manos besan, 

Signé: Francisco Verdugo. 
Diego de Caçalla. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 82. — Original. 



4a 



AOUT lOOO 



CLII 



LETTRE DU DUC DE MEDINA-SIDOMA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Leurs Altesses ont ordonné à Miguel de Perea de ne garder à Melilla que 
le roi de Debdou, ses femmes, ses fils et trois serviteurs. — Quant aux 
cheikhs, aux cavaliers et gens de la suite de ce prince, Perea doit leur 
persuader, comme de lui-même, de regagner leur pays. — Il sera impos- 
sible de dissimuler que cela se fait par ordre de Leurs Altesses, et ce sera 
désespérer les Maures qui ont recours à la protection de Sa Majesté, les 
livrer à leurs ennemis et décourager ceux qui ont l'intention de se soulever 
contre le Chérif — Les forces de celui-ci s'accroîtront au préjudice de 
l'Espagne et de toute la Chrétienté. 



San-Lucar de Barrameda, 8 août i55o. 

Sur la couverture, alia manu: Barrameda. — A Sus Altezas. — 
i55o. — Del duque de Médina Sydonia, viii de Agosto i55o. 

Adresse : Al muy allô y muy poderoso senor el rey de Bohemia. . . 
mi senor. 

Dize V" Alteza que a embiado a mandar que el rey de Dugudu 
y sus mugeres y hijos y très criados para su servicio queden en 
Melilla, y que cl capilan Miguel de Perea, como de suyo, trabaje 
que les xeques, cavalleros y gente y criados que vinieron con el se 
buelvan a sus tierras. 

Porque esto no puede scr tan secreto que no se entienda que es 
por mandado de V" Alteza, y es desesperar a los que se vienen a 
valor del favor de Su Mag' y entregarlos a sus enemigos para que los 



LETTRE DU DUC DE MFDINA-SIDOMA 445 

malen y dar ocasion a los otros Moros que estan de proposito de 
alçarse contra el Xarife en sei vicio de Su Mag' que, viendo esto, no 
lo hagan, sino que le obedezcan y se confederen con el, y asi allane 
toda la lierra y se vayan cada dia engrosando mas y tomando 
tanlas fucrças que pongan en gran Irabajo y confusion los reynos 
de Su Mag' y toda la Cristiandad. 

De Sant Lucar de Barrameda, a vni de Agosto i55o. 

De \" Alteza servidor que sas muy reaies manos besa, 

Signé: El Duque. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 82. — • Original. 



^4 



A G II AOUT i55o 



CLIII 

LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D AUTRICHE 

(Extrait) 

Le 2^ juillet, razzia effectuée par quatre caïds venus de Fez et par celui des 
Guelaya, à la tête de 800 lances et d'autant d'arquebusiers, sans compter 
des contingents locaux, en tout 2,000 à 2600 hommes. — On sut que 
ces caïds avaient reçu du Chérif mission de tenter une surprise de nuit 
contre la vieille ville, oii on avait d'abord installé le roi de Debdou et sa 
suite, et de iérjorger ainsi que tous ses gens. — La vieille ville n'étant pas 
défendable, on a logé le Roi et sa suite dans la nouvelle ville et orqanisé un 
service de garde pour lequel toute la garnison est nécessaire. — Le 20, un 
serviteur de Moulay Amar, venu de Fez en même temps que les caïds et qui 
s'était tenu caché, durant la nuit du 24 au 20, a confirmé les renseigne- 
ments reçus précédemment. D'après lui, les caïds ont reconnu la place du 
haut de la Horca et ont été étonnes de sa force ; ils la considèrent comme 
inexpugnable du côté de la terre. — Perea ayant communiqué au roi 
de Debdou les instructions de Leurs Altesses, celui-ci a renvoyé aujour- 
d'hui niême chez eux neuf cavaliers et cinq fantassins ; les départs vont 
se succéder ; on évacuera d'abord ceux qui n'ont à Melilla ni femmes ni 
enfants; mais la plupart, ayant avec eux leur famille, ne quitteront pas 
le Roi, dont ils sont parents ou serviteurs. — Le 25, arrivée de quatre 
Maures envoyés par un marabout de la sierra des Rousma avec des nou- 
velles de l'armée du Chérif: Moulay el-Harrân est parti de Tlemcen et, 
avec toute son armée et force Arabes, est entré dans le royaume de 
Debdou pour marcher contre son oncle le roi du Tafilelt : le Chérif n'a 
donc pas l'intention de faire attaquer Melilla. — Moulay Amar dit 
qu'au cas oii Leurs Altesses voudraient bien l'assister ainsi qu'Abou 
Ifa.'isoùn, la meilleure voie d'invasion du royaume de Fez serait la rivière 
de la Mamora, à travers un pays plat et bien pourvu d'eau. — Si cette 
entreprise doit être tentée, il serait bon que Moulay Amar fût envoyé 



'LETTRE DE MIGUEL DE PEHEA 4^7 

auprès du roi de Portugal ou du duc de Medina-Sidonia ; il leur serait 
très utile, et à Melilla on se trouverait débarrassé du tracas (juil y donne. 
— Le 26 juillet, départ d'un serviteur de confiance de Moulay Anmr 
pour r armée du Chérif, afin d'y avoir des renseignements : il n'est pas 
encore de retour et il a dû lui arriver malheur. — Aujourd'hui 1 1 août, 
on a su que Moulay el-Harrân serait revenu en toute hâte à Fez, on 
ignore pour quelle cause. — Dans les vingt derniers jours, désertion de 
trois Chrétiens, dont un certain Moriana, sergent et chef d'escouade 
d'arquebusiers, vieux soldat qui connaissait bien la guerre ; le caïd des 
Guelaya les a tous expédiés à Fez. — Moulay Amar envoie en Fspaqne 
son fis légitime et un de ses neveux ; Perea les a adressés au duc de 
Medina-Sidonia . 



Melilla, 1 1 août i55o. 



Muy poderosos Senores, 



A los veynle y quatro, vispera del seTior Santiago', vinicron a 
correr" quatro alcaydes, que vinieron de Fez a posta, y el alcalde 
desta comarca, que fueron cinco por todos, en que Iruxeron ocho- 
cientas lanças y otros tantos tiradores, sin la gente que se rrecojo 
de estas sierras ; dizen que podian ser por todos dos inill y quinien- 
tos o dos mill y seiscientos lionbres. Los que de Fez vinieron supi- 
mos de un Moro coino trayau proposito y mandato del Xarife que, 
si hallaran al rrey del Dugdu en la villa vieja, donde primero los 
aviamos aposentado, de degollallos una noche y no dexar chico ni 
grande que nopasasen todos a cuchillo, asi lionibros como mugeres ; 
y de acuerdo los mctimos denlro de la cibdad, porque la villa vioja 
esta por muclias partes rrasa y para no poderse defender'. Donde 
al présente qucdan debaxo muy buena guarda y rrccelo. donde 
loda la gente de la cibdad liazeii guarda cada no-cdic. la niilad en el 
muro y la mitad hazen cuerpo de guarda en la plaça, donde esta apo- 

1. Le 2/1 juillcl, vcillo delà fèlo de Sailli- milieu: « Que brcvenionic se le ordenara 
Jacques. lo que se ha de iiacer dellos, v que lodavia 

2. Sur cette razzia, cf. Doc. CLIV\ trabaje que se vayan los mas que ser pueda 

3. On lit en marge, de la main de Maxi- de los que vinieron con cl Rev ». 



448 II AOLT 1550 

sentado el dicho Rey, y con sus quadrillas que andan por la cibdad. 

Y a causa deste trabajo no andan soldados en la obra, sino muy 
pocos y los canteros y açadoneros. Y estas nuebas supimos de dos 
criadosde este rrey que vinieron de los que se avian perdido en una 
escaramuça pasada. 

Con la gente que viuo de Fez, viiio un criado deste rey del Dub- 
du el dia de Santiago, que se quedo aquella noche escondido en una 
brena, y certifiée estas nuevas que arriba e dicho desla gente que 
vino de Fez, como no vinieron mas de a ver la dispusicion de Melilla 

V a efetuar lo que arriba e dicho del Pirey y su gente. Ellos la mira- 
ron muy bien desde el cerro la Horca', y fueron tan espantados 
que dezian que por demas era venir a Melilla, porque un pueblo 
que esla todo dentro en la mar, mientras no oviere armada gruesa 
que le de molestia, que no basta todo el mundo a tomalla ; porque, 
por la parte de la tierra, ella se va parando de tal manera que poco 
puede temer a toda Berveria. 

Yo trate con el rrei del Dugudu lo que V'" Alteza me embio a 
mandar, y oy enbia nueve caballeros moros y a cinco peones a sus 
casas, y cada dia se yran desmenuyendo, especialmente los que 
no tienen aqui mugeres ni hijos ; porque todos en la mayor parte 
lienen sus mugeres e hijos, y estos, hasta que muera, creo que no 
se apartaran del, porque son todos sus parientes y criados. 

El dia de Santiago, Uegarou aqui quatro Moros que embio un 
alfaqui y morabito que rreside en la sierra de Rrosama'^. Escrivio 
a este rey y al alcayde Juan de Perea nuevas del campe del Xarife, 
y dize que el Herran, que es hijo mayor del Xarife. fue al reyno del 
Dubdu con todo el exercilo y todos los Alarbes quantos pudo 
Ilevar consigo, y con todo este exercito va contra su tio el rey de 
Ta^llete^ despues de la retirada del rreyno de Tremecen\ Y con 
estas nuevas Y" Alteza, siendo ciertas como son, deve de tener 
por enlendido que el Xarife ni su exercito no deben de tener yntin- 

1. La llorca osl à un kilomilrc cl deini note 3. Ci', supra, p. ao/|. 

au N.-O. de Melilla. /l. Le i,n-os do l'arnirp de iMoulay el-llar- 

2. Sur c(,' marabout et sur la sierra des ràn (juilla Tleinccn, mais celle ville resla 
Rousma, V. inj'ra, p. /|56, notes i et 3. occupée par des troupes cliériiiennes sous 

3. El rey de Tafilele, Moulay Ahmed el- les ordres de Moulay Abd el-Kader. V. 
Aarcrfj. V, p. ^i 6, PL V, Tableau géncalo- supra, Inlroduclion critique. L'expédition 
giipie des princes de la dynastie saadienne, de Tlemcen, pp. ao'4 el ao.'i. 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA ^^Q 

cion de dar fastidio a esta frontera. Digo esto a V" Alteza. porque 
no se pongan en gastos demasiados. 

Este rey del Dugudu dize que, si V" Alteza les a de hazer merced de 
dalles favor a el y a Muley Ba Haçon, que la entrada mejor para el 
rey no de Fez es por el rrio de la Mamora ' arriba, porque es tierra 
Uana y el agua en la mano, que es el rrio que pasa por medio de 
Fez. Y si esto ha de venir en efeto y Y" Alteza no fuere servido de 
embiar aqui a Muli Naçar' con alguna gente, porque todas estas 
sierras lo Uaman, séria bien, si Y^^ Alteza fuese dello servido, de 
embiar al serenisimo rrey de Portugal o al duque de Médina un 
huesped tan honrrado como este, porque para mi tengo que se bol- 
garan con el y daran por bien empleado lo que gastaren con seme- 
jante huesped. y a esta cibdad hara Y^^ Alteza grandisima merced de 
aliviarnos de tanto trabajo y cuydado. 

A los XXVI de Julio embio este rey un criado suyo. persona de 
confiança, que fuese al exercito del Xarife y entendiese bien las 
nuevas o el disigno que el exercito del Xarife haze^ Yenido que 
venga, se dara aviso a Y" Alteza dello : y. porque aqui no ay mas de 
un vergantin solo que embiamos a Malaga a hazer saber la venida 
deste rrey a Y" Alteza, detenerse a este que embiaron los provee- 
dores de Malaga cinco o seis dias. hasta saber mas nuevas del exercito 
del Xarife. 

Hasta ay no a venido el criado del rrey del Dubdu que arriba e 
dicho a \" Alteza que embio al campo del Xarife ; tienese sospecha 
no le aya acaecido alguna desgracia, porque tarda ; si por caso viniere 
y truxere alguna nueva que importe, darse a lue-zo aviso a Y" Alteza 
dello \ 

Oy dia de la data desta se tuvo aqui nueva que el Herran, hijo 
mayor del Xarife, era buelto a Fez a gran priesa' ; no se sabe por 
aca la causa dello. Por las fronteras de Portugal terna Y" Alteza 
desto mas cierto aviso. 

De XX dias aca se nos an ydo a los Moros très Christianos, entre 

1. El rrio de la Mamora, c'est-à-dire: 3. On lit en marge: « Bien ». 

l'oued Sebou. 4 On lit en marge : « Quando vengan, 

2. Moulay en-Nasser, ûls aîné d'Abou avise ». 

Hassoùn. V. supra, p. ^29, noie i. 5. V. supra, pp. 2o4 et 2o5. 
De Castries. \. 2Q 



45o II AOUT lOOO 

los quales fue uno que se llama Moriana, que solia ser aqui sarjento 
V cabo de esquadra de escopeteros y fue un poco de tiempo allcayde 
de la torie de la Guerta. Dize un Moro que a venido, que el 
alcayde de los Moros desta comarca los a Uevado todos Gristianos 
a Fez. Este Moriana era soldado viejo y entendiase de algunas cosas 
de guerra'. 

Este rrey del Dugudu enbia su hijo el ligitimo" y un sobrino suyo, 
hijo de un hermano suyo, a Gastilla. Yo los e encaminado al 
Duque, porque se que se holgara con semejantes guespedes\ 

j Dios, Nuestro Seîior, las muy poderosas y rreales per^onas de V"' 
Altezas guarde y acreciente por muy largos tiempos. con acrecen- 
lamiento de mayores reynos y senorios, como los vasallos y criados 
de V"' Altezas deseamos ! 

De Melilla, a xi de Agosto de i55o anos, 

Muy poderosos Senores, 
Besa los reaies pies y manos de V"' Altezas, 

Signé: Miguel de Perea. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legnjo ^75. — Original. 

I. On lit en marge: « Que se ponga (V. infra, pp. 545,555 et 56^-565). Il fut 

recaudo para que no se vavan ». renvoyé à Melilla en avril id5i. V. infra, 

a. Cf. infra, p. 451. note 2. — Ce fils p. 576. 
légitime du roi de Debdou resta à Malaga 3. On lit en marge : « Esta bien ». 



LETTRE DE JUAN DE PEREA 45 l 



CUV 

LETTRE DE JUAN DE PEREA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE' 

(Extrait) 

Juan de Pereaa demandé comme de lui-même à Moulay Amar de renvoyer 
ses gens chez eux; mais celui-ci a répondu qu'ils aimeraient mieux être 
captifs de Leurs Altesses que rois par la grâce du Cher if et qu'ils ne 
désiraient qu'une chose, aller trouver Leurs Altesses; Perea demande 
qu'on les fasse partir de Melilla. — Le 24 juillet, razzia de cinq caïds 
envoyés de Fez par le Cher if pour égorger jusqu'au dernier le roi de 
Debdou et ses gens, installés dans la vieille ville ; le coup aurait réussi, car 
celle-ci est démantelée en plusieurs points, mais on en eut avis la veille 
et, de commun accord, on logea ces gens de Debdou dans la nouvelle ville. 
Les Maures s'avancèrent jusqu'aux portes et enlevèrent trois ou quatre 
chevaux sans faire d'autre mal. — La suite de Moulay Amar est de 3oo 
personnes, c'est-à-dire aussi nombreuse que la garnison de la place, mais 
on n'y compte pas même cinquante combattants, tout le reste étant des 
femmes, des enfants ou des esclaves. — Bien que Leurs Altesses aient recom- 
mandé de ne recevoir dans la ville que le Roi, ses femmes, ses fils et deux ou 
trois serviteurs, il a paru qu'il y aurait moins d'inconvénients à y rece- 
voir également tous les autres, en leur enlevant leurs armes, au lieu de 
les laisser dans la vieille ville. — On a su que le Cher if avait rappelé en 
hâte Moulay el-Harrân de Tlemcen à Fez, pour l'envoyer dans le Sous. 
d'après les uns, contre Melilla, d'après les autres^. 

1. La lettre n'est pas signée. Ces inilica- que bourg du royaume de Grenade. On 
tions résultent de mentions qui se trouvent donire à ces Maures deux livres de pain par 
sur la couverture du document. jour et par tète, mais pas de vin, car il a 

2. Dans une lettre de même date de B. été convenu avec Moulay Amar qu'ils n'en 
Dorador (même liasse), on retrouve, dans boiraient pas « porevilaralgun escandalo » ; 
des termes à peu près identiques, les avis on fournit au Roi quelques poules, bien 
contenus dans la présente lettre. En outre, qu'il n'y en ait guère. Moulay Amar a 
Dorador insiste sur lintérèt qu'il y aurait décidé d'envoyer au duc de Medina-Sidonia 
à débarrasser Melilla de tout ce monde, celui de ses fils qui doit hériter de son 
qu'il serait préférable d'interner dans quel- royaume, ainsi qu'un do ses neveux cl un 



452 II AOLT lOOO 

Melilla. ii août i55o. 

Muy poderosos Senores, 

Por la carta que V" Alteza escrive al capitan Miguel de Perea, e 
visto manda que todavia este aqui el rei del Dugudu e su gente la 
que no se quisiere yr, hasta tanto que Su Mag'' mande lo que sea 
servido sobresto. Aqui se ha tratado con el Rey e su gente, de mi 
parte, que la despidiese e se fuesen a su tierra. El quai respondio 
el dicho Rei e su gente que mas querian ser captivos de V" Alteza 
que no reyes por mano del Xarife ; al fin, questan ynpuestos de no 
se bolver ninguno, sino que an de pasar adonde V" Alteza esta. A 
V" Alteza suplico mande que con toda brevedad se lleven de aqui, 
porque al fin no conviene al servicio de V" Alteza que esten aqui'. 

A esta ciudad vinieron a correr cinco alcaydes, en veinte e quatro 
de Julio, enbiados de Fez por el Xarife, que dizen que serian mill" 
e quinientos honbres, y que trayan hasta ochocientos tiradores. 
E venian con aviso quel Rei e su gente estavan aposentados en la 
villa vieja ; con este aviso, enbiaba el- Xarife para que al Rey e a 
toda su gente, mugeres e hijos, les cortasen las cabeças, hasta las 
criaturas. E, si no huviera este aviso el dia antes que corriesen, toda- 
via rescibirian muy gran dano, porque la villa vieja esta por muchas 
partes aportillada. Y por esta cabsa, de aquerdo del capitan Miguel 
de Perea e del veedor emio e de otras personas honrradas que en 
esta cibdad residen, los metimos en esta cibdad. para los anparar. 
Y corrieron hasta las puertas e se llevaron très o cuatro caballos de 
los Moros, y otro dano no hizieron. Y parescera a V" Alteza que, por 
ser el numéro de trezientas personas y dende arriba, que son casi 
tantos como los que aqui esfamos para la defensa desta plaça ; digo 
que no ay cinquenta personas de guerra, porque todos los demas 
son mugeres e mochachos y esclavos, porque pocos son los Moros 

un autre de ses fils par les galères h l'Empe- yzieren que no debiesen ». 

rcur, afin qu'ils lui servent d'otages « para i . En marge : « Que brevemenle y que 

dellos hazer justicia, si el padre o los cava- todavia se vayan «. 

lleros que con el qucdaren alguna cosa a. Dans le document précédent : doi' nu//. 



-' LETTRE DE JUAN DE PEREA 453 

que no traen a très u quatre mugeres; y esto, estan todos sin armas 
y con mucha gente de guarda, como conviene al servicio de V" 
Alteza y a la guarda desta cibdad. 

En lo que V'^ Real Alteza manda al capitan Miguel de Perea que 
no se reciban en esta cibdad, sy no fuere al Rei e a sus mugeres e hi- 
jos con très u quatro criados, el capitan Miguel de Perea e yo y el 
veedor de V" Alteza nos juntamos para cunplir el mandado de V" 
Alteza, para que salieren todos los Moros quel dicho Rei avia tray- 
do, ecepto su persona e los demas que V" Alteza manda, y sobresto 
nos juntamos, como dicho tengo, con otras personas honrradas desta 
cibdad; y, platicando sobrello y mirando los ynconvinientes que 
se podrian presumir, estando aposentados en la villa vieja, a todos 
nos parescio questabamos mas seguros teniendoles debajo de nues- 
tra jurisdicion que no enla villa vieja, con el recabdo que de noche 
y de dia con ellos tengo. Yo les e quitado las armas, porque en la 
villa avia disposicion para carlearse con nuestros enemigos ; y yo 
no puedo pasar a proveerme de lena e agua e otras cosas nescesarias 
al proveymiento desta cibdad sin dexallos a las espaldas en la villa 
vieja, y los demas los mas dias los tengo ciertos en el campo. Ansi, 
por esto como porque tambien se estorba el ahondar en el poso, 
fuymos de parescer que se estuviesen todos en la cibdad, hasta que 
Don Bernardino de Mendoça venga, pues V'^ Alteza ansi lo tiene 
mandado, y entonces se hara con su parescer lo que mas al servicio 
de V" Alteza convenga y a la seguridad desta cibdad. 

Las nuevas que del Xarife tengo son que enbio a Uamar a su hijo 
el Harran a Tremecen a gran priesa para que fuese luego a Fez, el 
quai fue, y dizen que ba la buelta de Çuz, y otros dizen que biene 
sobre nosotros, por ciertos avisos que tiene de unos malos Cristianos 
que de aqui se an y do. De qualquiera cosa que supiere del Xarife 
u de otras partes, dare aviso a V" Alteza con toda brevedad. 

jGuarde Nuostro Senor y acresciente las muy poderosas e reaies 
personas de \ "' Altezas por largos tiempos. como los vasallos y cria- 
dos de V"' Altezas deseamos ! 

De Melilla, xi de Agosto de iISdl anos. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Lerjajo W/o. — Original. 



/i54 12 AOUT i55o 



CLV 

LETTRE DE DON MARTIN A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Nouvelles rapportées à Oran par un captif chrétien. — Le pacha d'Alger 
envoie contre le Chérif une armée sous le commandement de Hassan 
Corso; elle est forte de 5 ooo arquebusiers, Turcs, Mudejars et gens 
d'Alger; elle comprend en outre des Zouaoua, des Arabes de l'Est et des 
Soueid. — Quant aux Arabes du royaume de Tlemcen, ils rallient tous 
cette armée, les adversaires aussi bien que les partisans du Chérif; ces 
derniers sont mécontents du départ de Moulay el-Harrân, qui a quitté 
Tlemcen avec ses troupes. 



Oran, la août i55o. 

Serenisimos y muy poderosos Senores, 

Por la via de Malaga escrevi a V"' Altezas a los 12 de pasado, 
dirigidas las carias al proveedor Francisco Verdugo, adonde dava 
quenta a Y'"' Altezas de todo lo que hasta entonces avia que darla. 

Despues aca he tenido nueva, por la via de Moros y espias que 
yo traygo por la tierra, que me an dicho como el rrey de ArgeP 
enbia cxercito contra estajenle del Xarife^ y, sin saberlo bien cierto, 
no he querido hasta agora avisar dello. 

Y, a primero deste mes, vinieron aqui dos Moros mudejares, que 
Iruxeron un Cristiano captivo, que yo he rrescatado a trueque de 

I. El rey de Argel, Hassan ben Klicir Chérif qui étaient demeurées à Tlemcen, 
ed-Din. V. supra, p. 9.o3, note 7. sous les ordres de Moulay Abd el-Kader. 

a. Esta gente del Xarife, les troupes du V. supra, Introduction critique, p. 3o5. 



LETTRE DE DON MARTIN 455 

un Moro, y este es un buen soldado y da muy buena razon de todo 
lo que se le a preguntado*. Dize que es verdad lo que se a dicho 
quel rrey de Argel a hecho campo, de que enbia por capitan gênerai 
a Haçan Corço^ y que abra en el hasta cinco mill tiradores de 
Turcos y Mudejares ' y jente de su reyno, y que demas desto trae 
jente de los Azuagos, porque tiene paz con su rrey*, de que son la 
mayor parte tiradores, y que trae todos los Alaraves de Levante y 
los Cuites', jente de cavallo. Y demas destos se juntan con ellos Ala- 
raves deste reyno que no estavan en la debocion de los hijos del 
Xarife, y otros de los que se avian hecbo sus servidores, despues 
quel mayor liermano se fue a Fez con su campo, que se an juntado 
y levantado con los Turcos, de manera que cada dia se les llega 
mas cabdal. 

Y pues tenemos a estos Turcos por tan vezinos que al présente 
estaran menos de très jornadas de aqui, suplico a V'" Altezas 
manden proveera Malaga que con brebedad se enbien los dozientos 
soldados que tengo pedido. 

j Nuestro Senor las vidas y muy reaies personas de V"' Altezas 
guarde. con acrecentamiento de muchos reynos y senorios ! 
DeOran, a 12 deAerosto i55o. 

Serenisimos y muy poderosos Senores, 

De V"' Altezas muy cierto servidor, que las muy reaies manos de 
V"' Altezas besa, 

Signé : Don Martin de Cordova. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^75. — Original. 

I. On lit en marge: « Que faze bien en Hassan Corso dans son expédition contre 

avisar y asi lo ha^a de lo que subcedierc ». Tlemcen (V. Marmol, Lib. II, cap. 4o, f. 

3. Sur ce renégat, V. supra, p. 3o5, 260 v», et Lib. V, cap. 68). 
note 3. 5. Cuites, les Soueid, tribu arabe de 

3. Mudejares, Maures, vassaux des Cliré- l'invasion hilalienne ; ils habitaient dans la 

tiens en Espagne et ayant émigré à Alger. plaine du Chélif, à l'Est de l'oued Mina. Cf. 

A. Ce roi des Zouaoua était Abd el-Aziz, Ibn Kii.vldou.n. Histoire des Berbères, t. I. 

cheikh des Béni Abbès ; il accompagna pp. f)4-io8. 



A56 23 AOUT i55o 



CLVI 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Nouvelles apportées par deux Maures : des caïds chérijiens occupés à lever 
l'impôt ont été attaqués et mis en faite par les partisans d'un marabout 
nommé Sidi Amàr ben Sliman. — Ce santon se dit serviteur de Leurs 
Altesses et grand ami d'Abou Hassoûn et de Moulay Amar. 



Melilla, 23 août i55o. 

Sur la couverture, alla manu: A Sus Altezas. — Del capitan 
Perea, aS de Agosto i55o. 

Muy poderosos Senores, 

A los XXI del présente, en la noche, vinieron aqui dos Moros con 
ciertas vacas hurtadas, y vnterrogados para saber dellos algunas 
nuevas, no podimosentender dellos otra nueva, mas de las pasadas, 
mas de ciertos alcaydes del Xarife andan garramando toda su tierra 
y cojendo sus renias : llegaron a la sierra de Rosama', y les descala- 
braron ciertos Moros, y se rretiraron los alcaydes a mal de su grado. 
AUi tienen por caudillo un morabito que se dize Gide Amar ben 
Cilimen^ y se nombra ser muy servidor de V" Alteza y muy amigo 
deste rey del Dugudu y de Muley Ba Haçon \ 

I. Lasierra de Rosama, la montagne des aujourd'hui, un Juif islamisé ; il passerait 

Rousma. Les Rousma étaient une fraction pourl'ancèlrcdes Rousma. Cf. Moulikras, 

de la tribu des Béni Snassen ; ils sont fixés Les Zkara, dans Bull. Soc. de Géogr. d'Oron, 

aujourd'hui sur le territoire des Zkara. Cf. igoi, p. io3, et igoS, pp. i-jj. V. supra, pp. 

Voi.NOT, Oitdjda et l'Amalal, pp. i88-i8f). ^ i3 et ^/i8,et iVi/ro, pp. 4o3, 532, 502, 554' 

a. Ce marabout Sidi Amar bon Sliman etôaS. 
serait,d'aprèsunclégcnilcqui acoursencore 3. On lit en marge de ce paragraphe 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA ^n'] 

Lo que aqui se tiens del Xarife es que se esta en Fez muy a su 
plazer, con su hijo el mayor. Si alguna otra nueva del se supiere, 
trabajarse a con diligencia de dar aviso a V" Alteza'. 

i Dios, Nuestro Senor, guarde y prospère las muy poderosas y reaies 
personas de V"' Altezas con acrecentamiento de mayores reynos y 
senorios, como los vasallos y servidores de V" Alteza deseamos ! 

De Melilla, a xxiii de Agosto de i55o anos. 

Muy poderosos Sefiores, 

Besa los reaies pies y manos de V"' Altezas, 
Signé : Miguel Perea. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^75. — Original. 



« A todos los avisos haze bien en avisar v 
siempre lo continue. « 

I. Dans une lettre de même date de B. 
Dorador (même liasse), on peut relever les 
renseignements suivants: Le ai août, arri- 
vée d'un captif de Vêlez, évadé de la galiote 
qui a capturé Fr. de Médina (V. supra, pp. 
3^9 et 353), et qui rapporte « que el Penon 
se lo ténia el alcayde que dexo Muli Ba 
Açon y que todavia dice quel se lo quiere 
tcner como lo ha de tener otro alcayde ». 
On a également appris qu'un des tils du 
Chérif était à Tlemcen, tandis que l'aîné, 
Moulcy el-Harràn, se trouvait à Fez auprès 



de son père « y que no havia nueva nen- 
guna que hicicse jente para salir a nenguna 
parte «. On a décidé d'envoyer deux Maures 
de confiance du roi de Debdou jusqu'à Fez. 
s'il le faut, en leur promettant bonne 
récompense s'ils en rapportent des nouvelles 
exactes ; on a déjà par deux fois fait partir 
des émissaires de ce genre, mais ils ne sont 
pas encore de retour. Le roi de Debdou est 
toiijours très désireux d'aller voir Leurs 
Altesses; dans les dix derniers jours, plus 
de vingt Maures de sa suite ont quitté 
Melilla avec son consciilement ; d'autres ont 
été tués par les gens du Chérif. 



[^bS 26 AOUT i55o 



CLVII 

LETTRE DE DON MARTIN A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Hassan-Corso a rassemblé au delà du Chélif toutes les troupes qu'il a pu 
lever et So pièces d'artillerie, tant de siège que de campagne. — Aujour- 
d'hui on a appris de trois côtés par des espions qu'il est entré dans le 
royaume de Tlemcen et est campé dans la plaine de Sirat. — Il a envoyé 
un détachement de Turcs et d'Arabes chez les Béni Rached ; le mezouar 
El-Mansour a dû battre en retraite, les autres caïds se replient sur Tlemcen. 
— Les Arabes de la région se joignent aux Turcs et abandonnent le 
ChériJ. — Des renforts sont expédiés de Tlemcen à El-Mansour et lejils 
du Chéri/ a écrit à son père pour lui demander du secours. 



Oran, 26 août i55o. 

Serenisimos y muy poderosos Senores, 

A los 12 del présente escrivi a V"' Altezas*, por via del dean pro- 
veedor de Cartajena, la nueva que entonces lenia de como el rrey 
de Argel sacava campo contra esta jente del Xarife y la cantidad que 
traya, y como estava menos de Ires jornadas desta ciudad con desi- 
nio de yr a Tremecen, y todo lo dcmas que por ella V'''* Altezas man- 
daran ver. 

Lo que mas ay de que dar quenta a V"' Altezas es que Haçan 
Corço, capitan gênerai del diclio rey de Argel, se a estado con el 
exercito que lengo escripto de aquel cabo del rrio de Gilef, rrcco- 
gendo toda la jente que apodido juntar, en mucho mas numéro del 

I. V. supra. Doc. CLV, p. !^^!^. 



LETTRE DE DON MARTI>f 4^9 

que tengo escripto, y treynta pieças de artilleria gruesas y de campo. 
Y oy, dia de la hecha desta, he tenido aviso de mis espias por très 
vias que es ya entrado en este reyno, y que quedava en una tierra que 
se dize Ciret', menosde dos jornadas desta ciudad, y de camino para 
poner en efecto lo que publican. Y e sido avisado que enbio parte 
de su jente y de Alaraves a Ben Arax, y pelearon con el mezuar 
Muley Mançor^ y le mataron alguna jente y le hizieron rretirar de 
aquella tierra. y que los otros alcaydes se y van rretirando la buelta 
de Tremecen. 

Y, por a ver dado aviso a V"' Altezas de como estos Turcos venian 
y lo que para el efetto V"' Altezas devian mandar proveer, no ay 
para que tornarlo aqui a suplicar, porque tengo por cierto que eslara 
ya hordenado. \ esta no es para mas de que \ "' Altezas sepan la 
novedad que a avido en el campo destos Turcos, de como comiençan 
ya a caminar, y que jeneralmente todos los Alaraves se les an jun- 
tado y dexado a los del Xarife, y, si algunos quedan, tanbien se 
les juntaran en brebe. 

De algunos Moros he sabido que de Tremecen sale socorro a 
Mançor del rresto que alli ay, y que avia nueva que el hijo del 
Xarife' avia escripto a su padre esto de los Turcos, y que le enbiava 
buen socorro : y asi es de créer. De lo que mas se entendiere de 
estos negocios, dare aviso de contino a V"' Altezas, como es razon. 

; Nuestro Senor las vidas y muy reaies personas de V"' Altezas 
guarde, con acrecentamiento de muchos reynos y senorios ! 
De Oran. a 26 de Agosto i55o. 

Serenisimos y muy poderosos Senores, 

De V"' Altezas muy cierto servidor, que las muy reaies manos 
de V''' Altezas besa. 

Signé: Don Martin de Cordova. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^75. — Original. 

1. Ciret, V. supra, p. 269, note ^. 3. El hijo del Xarife. Moulay Abd el- 

2. Le mezouar El-Man?our bon Bou Kader; ses frères, Moulay el-Harràn et 
Ghanem était caïd des Boni Rachcd. V. Moulay Abd er-Raliman. avaient quitté 

supra. Introduction, p. 202 et note tj. TIcmccn. V. supra, pp. 204 el ao5. 



46o 39 AOUT i55o 



CLVIII 

LETTRE DE DO^ MARTIN A MAXIMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Le 28 août, est arrivé un renégat transfuge qui a rapporte' que l'armée 
turque devait camper ce même jour sur lOued Tlélat à 4 lieues d'Oran. 
— Elle compte à 000 arquebusiers, 7 ou 8000 cavaliers et 16 pièces d'ar- 
tillerie. — Les Turcs disent qu'ils ne s'arrêteront pas à Tlemcen, mais 
pousseront jusqu'à Fez. — Le mezouar El-Mansour se replie sur Tlemcen 
avec ses gens. — Ces renseignements sont confirmés par les espions 
maures. 

Oran, 39 août i55o. 

Serenisimos y muy poderosos Sefiores, 

Por la via del dean proveedor en Cartajena, escrevi a V'" Altezas 
el martes pasado veinte y seis dias deste mes de Agosto, donde di 
quenta a V"* Altezas de la nueva que hasta entonces ténia del campo 
del rrey de Argel. 

Y ayer, 28 del dicho mes. aporto a esta ciudad un Crisptiano 
renegado que vino huyendo de su campo, a quien he pregunlado 
lo que del av que saber. Y dize que oy, dicho dia. vienen a asentar 
su rreal en el rrio de Tililet, quatro léguas desta ciudad, y que, a lo 
que pudo entender, el cabdal que trae es hasta cinco mill tiradores 
y siete o ocho mill de cavallo y dicz y seis pieças de artilleria, y 
que yran por sus jornadas la via de Tremecen, y que los Turcos 
dizen que no se contentaran de Uegar alli, sino que pasaran a Fez. 
El mezuar Muley Mançor se va rretirando con su jente la buelta de 
Tremecen a juntarse con su rreyV 

I. Sans doute Moulay Abdallah, fils du Chérif. V. infra, p. 5o3, note i. 



LETTRE DE DON MARTIN l\6l 

Y la misma nueva he tenido despues de los Moros espias que an 
venido a avisarme dello. Por ser esta nueva de la calidad que he 
dicho, quise enbiar a V'^' Altezas mensajero propio con ella. 

j Dios Nuestro Senor las vidas y muy reaies personas de V"' Alte- 
zas guarde con acrecentamiento de muchos reynos y sefiorios ! 
De Oran, 2g de Agosto i55o. 

Serenisimos y muy poderosos Senores, 

De V"' Altezas muy cierto servidor, que las muy reaies manos 
de V'"' Altezas besa, 

Signé : Don Martin de Cordova. 
Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo ^75. — Original. 



[if)2 3o AOUT i55o 



eux 

LETTRE DE MOULAY AMAR A MAXIMILIEN D'AUTRICHE 

// renouvelle ses instances pour être admis, avec sa femme, ses enfants et 
tonte sa suite, à passer en Espagne et il proteste de son attachement à 
l'Empereur. — // avait envoyé' deux caïds à Malaga, mais ces caïds, 
mal accueillis par Fr. Verdugo, sont revenus à Melilla. — L'arrivée de 
Don Bernardino de Mendoza à Melilla lui a causé une joie de courte 
durée : celui-ci ne venait pas pour le faire passer en Espagne, mais 
il a promis de revenir sous peu dans ce dessein. — Moulay Amar attend 
impatiemment la réalisation de cette promesse. 

Melilla, 3o août i55o. 

Sur la couverture, alla manu : Melilla. — i55o. — A Sus Altezas. 
— Del rey del Dugudu. 

Muy poderoso Seîior, 

Por las primeras cartas mias escritas en xii del passado y por otras 
escritas a xi deste', avra V" Alteza sabido mi Uegada aqui a Melilla ; 
y de las primeras se de cierto que V" Alteza las aya rrescebido, 
como me avisa de Malaga el proveedor Francisco Verdugo. Y yo 
hoviera rrescebido muy gran merced en que \ " Alteza me hoviera 
enbiado a mandar que fucra a besarlc las manos y a ver su cara, 
porque estonces pensara que ténia alcançado todo quanto deseo, 
ques servir a Su Mag' del Enperador, mi senor, y a V" Alteza ; y lo 
que por las otras suplico a V" Alteza, por esta buelvo a suplicarselo, 
quanto encarescidamente puedo, me liaga tan gran merced y favor 
de que sea servido de mandar dar horden en que yo, mi muger y 

1 . Ces lettres n'ont pas 6tc retrouvées. 



LETTRE DE MOULAY AMAR 463 

hijos y toda mi gente pasemos en Gastilla y me vea en presencia 
de V" Alteza. 

Luego que aqui llegue, enbie a Malaga doss alcaides mios, hon- 
bres honrrados, para que fuesen donde V" Alteza estava y de mi parte 
besarle las manos ; y me paresce que, por no hallar buen rrecogi- 
mienlo en Francisco Verdugo, dexaron de hazer el viage y se han 
buelto aqui. 

Don Bernardine de Mendoça, capitan gênerai de las galeras de 
Espafia, llego aqui a los xxix deste, y holgue tante con su venida, 
creyendo que V'* Alteza liera servido que yo pasase en Gastilla, que 
no oviera cosa en el mundo que me pidieran que yo no la conce- 
diera ; y puesto que no suscedio como yo deseava, quede consolado 
con que me dixo que muy presto bolveria por aqui y me llevaria. 
Y asi lo suplico yo a V" Alteza, que qualquier poco tienpo se me 
haze gran tardança de ver a V" Alteza, porque hasta verme en su 
presencia no me atrevo a descubrir mi coraçon. 

Y, porque quedo confiado que muy peresto V" Alteza me bara 
merced de mandar que yo pase en Gastilla, en esta no tengo mas 
que dezir de que yo, mi muger y liijos, besamos las manos a V" 
Alteza y de la senora Princesa mill vezes. 

i Y Dios Todopoderoso prospère el estado de V" Alteza ! 

De Melilla, a xxx de Agosto de i55o anos. 

Servidor de V" Alteza, que sus muy poderosas manos mill vezes 
beso, 

Muley Amar, rey del Dugudu. 



C^ \de Moulay Amar^ / • 




Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo U75. — Original. 
I. V. supra, p. 427, note 3. 



46^ l"^ SEPTEMBRE l55o 



CLX 

LETTRE DE MAXIMILIEN ET DE MARIE D'AUTRICHE 
A CHARLES-QUINT 

(Extrait) 

Us ont convoqué une assemblée composée du patriarche des Indes, des 
membres du Conseil de la Guerre, du Conseil de la Chambre, des conta- 
dores et de leurs avocats pour examiner la légitimité de la prohibition 
faite précédemment aux marchands espagnols d'aller commercer dans 
les places du Chérif. — Après avoir pris connaissance des enquêtes faites 
sur la demande des almoxarifes de Séville, il a été reconnu que la prohi- 
bition était fondée et légitime et quelle devait être observée à l'avenir. — 
La demande de compensation introduite par ces almoxarifes a été rejetée 
comme mal fondée. — Comme, antérieurement à la dite prohibition, il 
y avait dans le pays du Chérif des marchands espagnols et portugais 
qui n'ont pu en partir, faute de navires, Leurs Altesses ont autorisé dix 
navires à partir de Cadix avec quelques marchandises pour ramener les 
marchands espagnols et payer, le cas échéant, les dettes de ces trafi- 
quants. — Ces navires devront être de retour dans six mois avec les dits 
marchands et les captifs qu'ils auront pu racheter. — Leurs Altesses ont 
également mandé à Hurtado de Mendoza d'intervenir auprès du roi de 
Portugal, afin que celui-ci n'accorde plus à ses sujets de licences pour 
aller commercer dans les ports du Chérif, comme ils en obtiennent actuel- 
lement. — C'est sur l'instance du roi de Portugal que la prohibition du 
dit trafic a été faite en Espagne; il ne serait pas juste que, les Espagnols 
perdant le profit de ce commerce, les Portugais -le conservassent. 



S.I., t^' septembre i55o. 

Sur la couverture, alla manu : La consulta con Su Mag"* sobre 
la pro} vicion de la conlralacion de Berveria. 



LETTRE DE MAXIMILIEN ET DE xMARIE DAUTRICHE /^G'^ 

Segundo pligo' de lacarta para Sa Mag** de primero de Setiembre 
i55o. 

Despues que screvimos a V. Mag** que brevemente se tomaria 
resolucion en lo que se deviesse hacer ceica de la proyvicion^ que 
hizimos para que los destos reynos no contractasen en los lugares 
quel Xarife tiene en Africa, mandamos juntar para traclar sobrello 
al Patriarcha y los del Consejo de la Gueira, los del Consejo de la 
Camara y los contadores y sus letrados, \ haviendo visto todas las 
informaciones que por nuestro mandado y a pedimienlo de los 
almoxarifes de Sevilla se han hecho^ liaparescido que la proyvicion 
que mandamos hazer y se hizo para que los destos reynos no l'uesen 
a conlraclar ni contractasen en los lugares de Alarache, Zale, ni los 
otros lugares quel dicho Xarife tiene en Africa, fue bien y justa- 
mente hecha y que se deve mandar guardar de aqui adelante, assy 
por los inconvenientes que délia ^ resullan, como por el proveclio y 
gran utilidad quel Xarife consigne de la dicha contraclacion ; y que, 
en quanto al descuento que los dichos almoxarifes piden se les haga, 
no tienen justicia, por ser cosa proyvida de dereclio la dicha con- 
traclacion y que licilamente no se podia hazer sin expresa licencia 
de V" Mag'', y porque, demas desto, en la renta no se crée que por 
esta razon havra quiebra para adelante, pues por los lugares que 
V'^ Mag'' y el serenisimo rei de Portogal lienen en Africa se podra 
hazer la diclia contratacion ; y que, haviendose de hazer por los del 
dicho rey, convernia se tractase con el proveyese que los derechos 
que en ellos se llevaren sean moderados, pues, en qualqucr manera 
que por ally se haga, le verna dello mucho provecho. \" Mag'' man- 
dara en lodo lo que fuere servido. 

Porque, por informacion que ante nos se presenlo. parescio que 
en tierras del Xarife eslan, desde antes que se hiziesse la dicha 

1. Ce document était une minulccoinpo- ?>. A la demande du roi de Portugal, la 
sée de deux plis ; le second pli, celui qui est cour d'Espagne avait interdit aux mar- 
publié,seseraprobablementtrouvé,àlasuite chands espagnols de commercer avec les 
de divers classements, isolé du commence- ports du Ghérif. Les almoxarifes de Séville, 
ment de la lettre. C'est pour cela qu'il n'y a qui avaient affermé le revenu des douanes, 
aucune mention de l'auteur de ladite lettre. demandaient qu'on leur tint compte de 

2. Sur cette prohibition, V. supra. Doc. la diminution du commerce qui résultait 
LXIV, p. iil,, et CXXVJII-GXXX, pp. de la prohibition. 

385-39 1. ^- Délia, sons-eniendez: contratacion. 

De Castries. X. — 3o 



[^QQ l" SEPTEMBRE 1 55o 

proyvicion, algunos mercaderes y factures dellos, naturales destos 
reynos y portogueses, que biven en ellos, y criados y criadas suyos, 
y que no se han podido venir a ellos, por falta de navios, ni podrian 
hazerlo sv no se da licencia que vayan algunos navios por ellos y 
Ueven algunas mercaderias con que puedan pagar lo que alla deven 
y venirse, havemos permitido y dado licencia que desde Caliz vayan 
por ellos diez navios y que lleven en ellos las mercaderias que 
quisieren, conque no sean de las vedadas y conque se obliguen y 
den fianças que dentro de seis meses bolveran a la dicha ciudad y 
traeran las dichas personas que alla estan y los captivos que tovieren 
rescatados, so cierta pena'. Y se bordene al corregidor de aquella 
ciudad la quabdad de las personas que ban de yr en los dicbos diez 
navios y las dibgencias que se ban de bazer para que no lleven cosas 
vedadas. 

Assy mesmo ba parescido screvir y screvimos a Lope Hurlado 
de Mendoça bable de nuestra parte al dicbo serenisimo rey de Por- 
tof^al y procure con el que no consienta ni de licencia a sus subditos 
para yr a contractar a los dicbos lugares del Xarife, como por 
informacion ba parescido que las ha dado sin bazer en ellas min- 
cion de la excusa quel le dio, que las dava para sacar los Portogueses 
que en los dicbos lugares eslavan, y que les proyva que no vayan 
a ellos ; pues, por la instancia quel bizo, se proyvio a los naturales 
destos reynos, y no es justo que, quitando por la dicba causa 
a los vasallos dellos el provecbo que se les seguia de la dicba con- 
tractacion, lo tengan los suyos ; y que tainbien le diga lo questa 
dicbo que proveemos para que los dicbos mercaderes, factores y 
sus criados questan en tierras del Xarife se vengan, como V" Mag"* 
lo mandara ver por la copia de su caria que yra con esta. 

Archiva General de Simancas, — Estado. — Legajo 81. — Minute. 

I. I,e iodécombro iS'io. lo roi Jean III recommandait de ne mettre aucun obstacle 
écrivait il Lisuarte Pereira. lui annonçant à l'accomplissement de cette mission. \ . /"■« 
que 1.' roi de Castllle envoyait dix navires Série. Portugal, à la date ci-dessus. En dé- 
|.uur ramener dans leur pays les commor- cembre i5^9.Torres,s'étantrendudeMerra- 
çants espagnols établis depuis de longues kech à Taroudant, avait logé au fondouk (ai- 
années à Taroudant et dans la région. Il lui hondiga) des Chrétiens. V.Torres, cap. 79. 



LETTRE DE CHARLES-QUINT ^67 



GLXI 

LETTRE DE CHARLES-QUINT A MAXIMILIEN ET A MARIE 

D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Les troupes du Chéri/ ayant en grande partie évacué Tlemcen, où il ne reste 
plus qu'une faible garnison, il devient inutile de renforcer la vdle d'Oran, 
mais on devra veiller avec soin à l'approvisionnement de cette place. — 
Quant au roi de Vêlez, on a déjà fait auprès de lui toutes les instances 
possibles pour le décider à retourner en Espagne et de là en Afrique ; 
on n'a pu y réussir. Il opposera sans doute aujourd'hui les mêmes 
difficultés ; on tentera néanmoins une nouvelle démarche. — On a bien agi 
en faisant rester Francisco de Molina au Penon, car, bien que cette 
place se soit déclarée pour le ChériJ, le caïd peut changer de disposition 
d'un jour à l'autre. — Les soldats et les vivres qu'on a envoyés à Melilla 
étaient nécessaires, vu le voisinage du Chérif. On a bienfait d'envoyer Don 
Bernardino de Mendoza inspecter cette place. — Au sujet de Melilla, 
l'Empereur approuve qu'on en donne la lieutenance au duc de Medina- 
Sidonia, à charge par la Couronne d'assurer la solde, les vivres, etc. ; 
on aura ainsi toute facilité pour retirer les troupes et démanteler la place, 
au cas oii, comme la chose est à prévoir, il deviendrait opportun de le 
faire; il est, en outre, onéreux délaisser au duc de Medina-Sidonia le 
« situado » dont il jouit actuellement. — On a bien fait de recevoir à 
Melilla le roi de Debdou avec sa famille et sa suite et de les traiter 
convenablement. Néanmoins, si Debdou relevait de « la conquête » du 
Portugal, comme on le tient pour certain, U faudrait renvoyer ce roi et 
sa suite en Portugal ou dans tel pays qu'il voudrait, car on n'est pas 
obligé à leur entretien. — Dans le cas où Debdou relèverait de la 
« conquête » de Castille, il faudrait faire passer en Espagne le susdit 
roi et sa famille, avec le moins de serviteurs possible : on les traiterait 
avec simplicité, tout en tenant compte de leur rang, ainsi qu'il a été fait 
pour le roi de Vêlez. 

Augsbourg. II septembre i55o. 

Sur la couverture, alla manu : El Empeiador a Sus Allezas. — 



468 II SEPTEMBRE IOt)0 

Respondidas a xxxi de Otubre de i55o con Don Garcia de Ayala. 
Adresse : A los serenisimos rey y reyna de Bohemia, nuestros 
muv charos y muy amados hijos. 

Serenisimos Rey y Reyna. nuestros muy charos y muy amados 
hijos. 

Con Porlillo que partio de aqui a los xx del pasado, os screvi 
brevemente lo que havreys visto. En esta se satisfara a lo nesce- 
sario de las cartas que havemos rescebido de iiij, viij de Jullio y 
V del pasado. 

En lo de Oran, por las copias de las cartas que embiastes de 
Don Martin de Cordova y por los avisos que tovistes de Don Ber- 
naldino de Mendoça, havemos entendido que los hijos del Xarife 
se han apoderado del rey no de Tremecen^ y, quedando el mayor^ 
con alguna guarnicion, se bolvio lo restante a Fez. Y, pues parescio 
que no havia necesidad por esta causa de dexar gente ny otra provi- 
sion, porque, sienpre que fuese menester, podria ser socorrida por 
la mar, no ay que dezir sino tornaros a encomendar de nuevo se 
tenga especial cuydado del buen proveymiento de aquella plaçai 

En lo del rey de Vêlez, aca se hizo toda la instancia possible 
porque se bolviese a essos reynos, con fin que de ay podria ser per- 
suadido a pasar mas facilmente en Africa para los efectos que 
apuntays, porque no ay dubda sino que aquello séria lo mas conve- 
niente. Pero entonces no se pudo acabar con el, dando las causas 
que os escrevimos ; y agora creemos que havra la misma dificul- 
tad. Pero todavia se le hablara por la orden que pareciere para 
ver si se podra acabar con el. Y en lo del Penon, aunque aquel 
este por el Xarife, ha sido bien hazer detener alla a Francisco de 
Molina*, porque de un dia a otro se podria mudar el alcaide '. 

La gente y baslimentos que se han proveydo para Melilla ha sido 

1. V. supra. Introduction, p» ao^. 3. On lit en marge : « Asy se hara ; y 

2. C'était en réalité Moula v Abd el- avisarle de lo que despues ha scripto jl 
Kader, lo second fils du Glu'nf, qui était l^. Sur ce personnage, V. supra, pp. 218, 
resté en garnison à Tlemcen. L'aîné, Moulav note i, et ^06. 

el-Harràn, était revenu à Fez avec ses 5, On lit en marge: « Questa bien y el 

troupes. V. supra, p. .'iJS et note ^. Molina se a mandado venir ». 



LETTRE DE CHARLES-QUINT ^69 

nescesaria por razon de la vezindad del Xarife, y que Don Beiiial- 
dino la vaya a visitar y trayga relacion del estado en que esta la 
fortificacion y lo demas. Y visto lo que screvis cerca desto y la 
nescesidad que ay de proveerlo y de dar orden en lo del sueldo y 
numéro de gente de pie y de cavallo que deve haver y los demas 
que a esto conpete, haviendosenos consultado lo que de alla se 
embio apuntado cerca desto, tenemos por bien que se encargue y 
de la thenencia al duque de Médina Sidonia, quedando a nueslro 
cargo la provision del sueldo y bastimentos y otras cosas tocantes 
al sostenimiento de aquella plaça conforme al dicho mémorial, 
porque, siempre que paresciere convenir, como se entiendc que 
conviene, se pueda con livertad sacar la gente y derribar aquella 
fuerça y pasarla donde fuere menester; pues paresce que se viene 
a gastar poco mas por esta via. quedando el situado al dicho duque 
como lo ténia despues de la reformacion, y desta manera la gente 
sera util y estara contenta, por ser el sueldo mas crescido, y se 
escusaran los inconvenientes que hasta aqui ha havido por falta 
desto'. Y mandareys que lo sobredicho se cunpla y exécute y que 
de la provision de la paga y vituallas se tenga cuydado". 

En lo del rey del Dugudu, ya que llego a Melilla con sus mu- 
geres y hijos y los otros xeques y Moros que truxo y fueron resce- 
bidos y se proveyo que a todos se dièse de corner con moderacion, 
no ay en esto que replicar, sino que, si es de la conquista de Portu- 
gal, como se tiene por cierto, mandeys que se vayan alla o hagan 
lo que quisieren, que no ay obligacion para entre tenerlos. Pero, si 
fuese de nuestra conquista, como el rey de Vêlez, mandareys traer a 
essos reynos al dicho rey y a sus mugeres y hijos y los menos de 
sus criados que ser pudiere y que se les de moderado entreleni- 
miento, teniendo respeto a su calidad y a lo que se ha hecho con 
el dicho vey de Vêlez ^ 



1. Sur la rente (situado) et les charges ques de la conquista de Caslilla ». — La 
du duc de Mcdina- Sidonia, V. supra. Doc. recherche en question avait été prescrite par 
XVII, p. 86. le prince Don Philippe, qui avait fait tmn- 

2. On lit on marge: « Screvir al Duque, scrire par son secrétaire Pedro de Marmol 
venida la respuesta del Duque ». les articles du traité de Cintra (18 septem- 

3. Onliten marge: «Que sesepa. — Que bre iSog). Cette copie qui existe à la Biblio- 
schahecholadiligencia ysetieneenlendido leca Nacional de .Madrid (ms. 61 ig, f. 107) 



ll'jO II SEPTEMBRE l55o 

j Serenissimos Rey y Reyna, nuestros muy caros y muy amados 
hijos, Nuestro Senor sea en vuestra guarda! 

De Augusta, xj de Setiembre i55o. 

Signé: Yo el Rey. 

Contresigné : Erasso. 

Archiva General de Simancas. — Estado. — Legajo 6^5, f. U5. — 
Original. 



porte comme titre : Capitulas de la capilii- 
lacion entre los Reyes Catolicos y el de Por- 
tugal. — Antérieurement au traité de 
Cintra, cette question avait fait l'objet du 
traité d'Alcaçovas (4 septembre l^'^/0|), qui 
avait reconnu le royaume de Fez comme 
étant de la « conquête n du Portugal, mais 
sans en fixer les limites. Par le traité de 
Tordesillas (7 juin i^Q^), le Portugal admit 
que le royaume de Fez commençait « là 
où finit le territoire de Caçaça ». Enfin, 
par le traité de Cintra, le Portugal céda à 



la couronne de Castille le territoire de 
Vêlez, depuis 6 lieues à l'ouest de Yelez 
jusqu'à Caçaça. Debdou se trouvant appro- 
ximativement sous le méridien de Melilla, 
il pouvait y avoir doute, si l'on s'en rap- 
portait au traite de Tordesillas. Mais, si l'on 
admettait qu'en vertu du traité de Cintra, 
le Portugal avait cédé non seulement la 
côte, mais tout l'arrière-pays correspondant, 
Debdou était certainement, dans ce cas, de 
la (c conquête » du royaume de Castille 
— V. infra, Doc. CLXXVIII, p. 5i3. 



INSTRUCTIONS DE DON MARTIN A CARDENAS ll~j l 



GLXII 

INSTRUCTIONS DE DON MARTIN A PEDRO DE CARDENAS' 

(Extrait) 

Informations que Pedro de Cardenas devra donner à Leurs Altesses et 
demandes qu'il leur adressera. — Les Turcs, partant de l'oued Tlélat, 
ont rencontré, le U septembre, l'armée chérifienne devant Tlemcen ; les 
Marocains battus ont été contraints de s'enfermer dans la ville. — Vers 
minuit, Hassan-Corso ayant été informé de l'arrivée d'un fils dti Chérif 
avec 20 000 cavaliers et 1 5 pièces de canon, l'armée turque leva le camp 
en silence et se retira en bon ordre; elle J ut harcelée la nuit par les 
cavaliers chérifiens, qui durent renoncer à la poursuite, le matin, devant 
la résistance de l'ennemi retranché sur une hauteur. — Les Turcs se 
trouvent à présent tout près d'Oran sur la route de Mostaganem ; ils 
ont perdu leur artillerie, et leurs alliés arabes ont été très éprouvés. — 
Le bruit courait à Tlemcen que le Chérif était en marche avec de nom- 
breuses troupes et voulait poursuivre les Turcs jusqu'à Alger. — Don 
Martin a prévenu de la situation Don Bernardino de Mendoza, qui se 
trouvait avec ses galères à Mers el-Kebir, et il lui a demandé de lui en- 
voyer quelques hommes ou au moins de rester à proximité d'Oran. — 
Don Bernardino a répondu qu'il viendrait au premier appel. — ^a 
début de l'occupation de Tlemcen par les fis du ChériJ, Don Martin 
avait sollicité des renforts, puis il avait retiré sa demande, à la nouvelle 
du départ du fils aîné de ce prince; les nouvelles circonstances l'obligent 
à réclamer de nouveau l'envoi de ce secours. — // est urgent de ravi- 
tailler Oran en blé et en avoine. — Don Bernardino est reparti le 1 1 
septembre pour l'Espagne. 

Oran, ii septembre i55o. 

Sur la couverture, alla manu: Oran. — i55o. — Instruccion 
para el licenciado Pedro de Cardenas. 

I. Par lettre de même date, Don Martin auprès de Maximilicn et de Marie d'Autriche 
de Cordoba accréditait Pedro do Cardenas (Estado, legajo 475). 



[^n-2 II SEPTEMBRE l55o 

Lo que vos el licenciado Pedro de Cardenas direis de mi parte 
a los serenisimos senores rreyes de Bohemia es : 

Que, despues que di quenta a Sus Altezas* del campo que los 
Turcos llevavan contra Tremecen y como en aquella ora eran 
llegados al rrio de Tililet, quatro léguas desta ciudad, que, lunes 
dia de Nuestra Senora 8 deste mes de Setiembre, llego aqui un 
Gristiano renegado, cabo de esquadra de los Renegados del rrey de 
Argel, que yva en el dicho campo y se vino huyendo. Dize que 
desde el dicho rrio de Tililet continuaron los dichos Turcos su 
camino hasla llegar junto a Tremecen", donde los estava esperando 
el hijo del Xarife^ y pelearon con eleljueves pasado quatro del 
présente y lo desbarataron y le mataron cantidad de jente y le 
tomaron nueve pieças de artilleria, las dos délias gruesas que tiran 
veinte libras de hierro, y los metieron dentro de la ciudad. Y que 
los Turcos se llegaron mas a ella para entraria, si pudieran. Y 
siendo antes de medianoche, salio un Moro de dentro y fue al 
capitan gênerai de los Turcos * y le dixo que (^ Que hazia alli P, que 
supiese queMuley el Harran ", hijo delXarife, hera llegado a aquella 
ora con veinte mill de cavallo y quinzes pieças de artilleria, que se 
pusiese en cobro, porque de otra manera no escaparia ninguno 
dellos. Visto el aviso y la necesidad, se retiro luego el Turco con 
todo el silencio y buena obrden que hera menester, y ayudole 
mucho a ello que hera salida la luna. Lo quai venido a noticia de 
la jente del Xarife, los siguieron hasta que fue el alva, que con difi- 
cultad pudieron los Turcos tomar una montanuela donde se 
hizieron fuertes ; y, aunque les acometieron por todas partes, no 
pudieron entrarles, por ser los que los seguian todos jente de 
cavallo. Y en apartandoseles un poco, tomaron los Turcos una 
sierra y por ella se an venido, aunque siempre seguidos y peleando 
con cllos. Y ya los an dexado y quedan bien cerca desta ciudad y 



I. V. supra. Doc. CLVIII, p. /i6o. 5. Il faut rétablir ici: Moulay Abdallah . 

a. Les armées se rencontrèrent près de Ce fut lui en effet qui marcha au secours 

l'oued Zadidja. V. supra. Introd., p. 3o5. do Tlemcen. V. infra. p. ^qS. Quant à 

3. Moulay Abd el-Kader. V. ibidem. Moulay el-Harràn, il était retenu à Fez par 

4. Ilassan-Corso, V. supra, p. ao5 et la maladie dont il mourut le as ou a4 sep- 
note a, et p. 455. tembre i5no. V. infra. p. 5o5. 



INSTRUCTIONS DE DON MARTIN A CARDENA8 !l~S 

van la via de Mostagan, que esta por ellos. Perdieron en la mon- 
tanuela las diez y seis pieças de arlilleria que avian traydo, demas 
de la que ellos les avian tomado. Los Alaraves, que y van con les 
Turcos en la retirada del primer dia. los desbaiataron los del 
Xarife, y parte de su jente de cavallo enbiaron en su alcance, 
donde les an hecho mucho dampno. Y dize mas este renegado que 
se supo del que salio de Tremecen a dar el aviso como el Xarife 
viejo venia va camino para Tremecen, con gran cabdal de jente y 
artilieria, a socorrer a sus hijos y a seguir los ïurcos hasla Argel 
y a hazer otros efettos. 

Que a la ora que este renegado llego, Don Bernaldino de Mendoça 
estava en Maçarquibir, que no se avia ydo, por los malos tiempos 
que a hecho, aunque a salido a la mar una vez y se bolbio ; y se lo 
enbie para que le ynformase de todo lo subcedido, y se le dixo que, 
pues sehallava aqui en esta coyuntura y la necesidad que teniamos 
estava tan en la mano, que dévia darnr)s alguna jente o a lo menos 
no yrse de aqui hasta que Sus Altezas mandasen proveer estas 
plaças de jente y de lo demas que convenia; y que se rresumio en 
que se andaria por esta costa y acudiria quando fuese menester o 
yo le avisase, y asi me lo enbio a certificar. Creo yo que lo 
cunplira. 

Direis a Sus Altezas que despues, a los nueve del présente, vino un 
Gristiano, que yo a dias que traygo por la tierra. que se hallo en 
Tremecen a todo lo subcedido, y lo quenta de la misma manera 
quel rrenegado, el quai asimismo enbie a Don Bernaldino de Men- 
doça, para que le rrefiriese las nuevas y supiese que es cierlo quel 
hijo del Xarife trae de Fez veinte pieças de artilieria. la mayor 
parte délias gruesa. 

Direis a Sus Altezas que. quando primeramente vinieron a este 
reyno los hijos del Xarife, de que entonces di quenta, y como supe 
que se yva el mayor dellos, avise que no se me enbiase la jente 
que estava hordenado, porque me parecia que entonces no hera 
menester, y que se le podria escusar a Su Magestad aquella costa. 
Que agora torna esta jente a entrar ^n el reyno tan poderosos de 
jente y artilieria, que suplico a Sus Altezas manden proveer de la 
que es menester para agora, porque la que en esta ciudad ay hor- 
dinaria es poca para su defension. por ser el circuyto délia grande, 



l^n[^ II SEPTEMBRE l55o 

como tengo ynformado. Y lo mismo se puede entender de Maçar- 
quibir, adonde se deve poner mucho recabdo, por ser cosa muy 
ynportante. Y que en esto no aya dilacion, sino que luego lo manden 
proveer, mandando que, juntamente con lajente, se traygan losbas- 
timentos quefueren nnenester para ella, porque no pase necesidad*. 
Direis a Sus Altezas que les he suplicado por mis cartas que 
manden proveer de trigo estraordinario para la jente y cevada para 
les cavallos, que los Moros no trayan ninguna porque selo vedaron 
estos Xarifes ; que agora lo torno a suplicar, pues con lo pasado no 
entra ningun Moro en esta ciudad a traer bastimentos, y que la 
jente que tiene costa y los cavallos pasan mucha necesidad ; que 
para el estraordinario seran menester cada ano seis mill hanegas 
de trigo 

De Oran, a once de Setiembre i55o. 

Signé : Don Martin de Cordova. 

Post scriptam: Direis asi mismo a Sus Altezas que, estando de 
acuerdo con Don Bernaldino de Mendoça que se estuviese en el 
puerto de Maçarquibir hasta ver en que parava la llegada destos 
hijos del Xarife al socorro de Tremecen, hu si era para pasar a 
hazer otros efettos en este reyno como los rrenegados que de alla 
an venido nos an dicho, oy jueves honze de Setiembre se salio con 
las galeras que aqui ténia la buelta del Aguja', dexando dicho 
al capitan Luis Alvarez que el atravesava la buelta de Espana, que 
aca nos fortificasemos, que por ogano podriamos estar siguros. \ 
que, aunque yo entiendo que, para hazer dampno a estas plaças de 
Su Magestad, es menester gran cabdal de enemigos, no séria rrazon 
que en tal coyuntura Sus Altezas dexasen de proveerlas de manera 
que puedan rresistir ^ 

Fecho ut supra. 

Signé : Don Martin de Cordova. 

Archivo General de Sirnancas. — Estado. — Legajo W/b. — Original. 

I . On lit en marge : « Bastan, haviendo promontoire entre Oran et Arzeu, à l'Ouest 
necesydad ». du cap Ferrât. 

a. El Agujn. la pointe de l'Aiguille, 3. On lit en marge : « Sy ». ■ 



LETTRE DE MIGUEL DE PEREA 



CLXIII 

LETTRE DE MIGUEL DE PEREA A MAXLMILIEN 
ET A MARIE D'AUTRICHE 

(Extrait) 

Don Bernardino de Mendoza est arrivé le zy août à Melilla : le lendemain, 
ses galères ont évolué à la voile dans la Lagune, au qrand êlonnement des 
Chrétiens et des Maures. — Le duc de Medina-Sidonia n'a pas nommé 
de gouverneur à Melilla; la fonction est exercée par Juan de Perea, 
lieutenant de l'ancien gouverneur. C'est un homme considéré, mais 
manquant d'énergie dans l'administration de la justice. — Miguel de 
Perea demande qu'on hâte le départ du roi de Dehdou, dont le séjour est 
da